L'édito 02/10/2008 à 19h08

Nous irons aux Etats généraux de la presse... sans illusion


Ouf ! Nicolas Sarkozy n’a rien annoncé jeudi matin, dans son discours donnant le coup d’envoi des Etats généraux de la presse écrite. Il n’a pas refait le coup du financement de la télévision publique, annoncé sans la moindre concertation, y compris avec ses propres ministres, pour ensuite nommer une Commission destinée à trouver les moyens de mettre en oeuvre la réforme radicale en question.

Jeudi, devant un parterre très mixte de patrons de presse et de journalistes, Nicolas Sarkozy s’est contenté de décrire le tableau apocalyptique de l’état de la presse écrite en France, et d’énoncer quelques réflexions, avant de laisser faire quatre groupes de travail dont la direction a été confiée à des professionnels :

  • Bruno Frappat, PDG du groupe Bayard, pour l’avenir des métiers du journalisme.
  • Arnaud de Puyfontaine, ancien du Figaro et du groupe Mondadori France, pour le processus industriel de la presse.
  • Bruno Patino, récemment passé du Monde.fr et de Télérama à la présidence de France Culture, chargé de réfléchir à la place du numérique.
  • Et François Dufour, PDG du groupe de presse pour enfants Playbac, sur les rapports presse et société.

Un vrai processus de concertation ? Disons que Nicolas Sarkozy a su laisser un espace à l’expression de tous les points de vue avant de reprendre la main en fin de parcours et de choisir les dispositions réglementaires et législatives qu’il appuiera. C’est la limite de l’exercice, mais il est assurément moins dirigiste, à ce stade, que sur la réforme de l’audiovisuel.

L’objectif, pourtant, n’est pas très différent, car Nicolas Sarkozy voudrait voir émerger de ce « Grenelle » de la presse de grands groupes de média français, de taille européenne, susceptibles de concurrencer les « anglo-saxons », comme il dit. Le Président ne veut pas de tabou dans les débats, et en particulier pas celui de la concentration des médias, qu’il ne juge pas « incompatible » avec la protection du pluralisme qu’il appelle également de ses voeux.

De l’équilibrisme hasardeux, surtout quand on sait que les principaux bénéficiaires des mesures de relachement des règles anticoncentration seront d’abord et avant tout ses amis personnels et politiques - qui bénéficieront également de la disparition de la publicité sur les chaines de télévision publique.

De même, tiquera-t-on ici à la manière dont le Président parle d’Internet et de son « risque de relâchement de la qualité de l’information », ou du « respect incertain de la propriété intellectuelle »...

On espérait que la diabolisation d’Internet disparaîtrait avec le temps, face aux immenses potentialités de cette technologie pour les journalistes. La qualité de l’information sera le fruit de décisions humaines : Internet, tout comme le papier ou la télé, peut produire de l’info de qualité ou ... de la daube.

Etait-ce au Président d’organiser cet exercice ? Il est vrai que dans aucun autre pays démocratique on ne pourrait imaginer le chef de l’Etat se présenter en chef d’orchestre, parfois avec des airs d’instit’ prêt à punir si on est pas sage, devant des médias en principe privés.

Mais cette crise est aussi, comme il l’a rappelé, une crise « bien française », avec son lot de subventions de l’Etat (10% du chiffre d’affaires de la presse), de régulations et de lois, d’héritages historiques (le poids du syndicat du Livre, issu de la Libération)...

Ces Etats généraux devraient au moins permettre à tous les problèmes d’être mis sur la table. Ce qui signifie, par exemple, de notre point de vue, de faire en sorte que le nouveau secteur émergent des sites d’information indépendants soit traité de manière équitable par rapport aux médias traditionnels également présents sur le web.

Nous avons attiré l’attention publiquement sur certaines aides publiques à la modernisation des médias qui créent, de ce point de vue, des distorsions de concurrence, aux dépens d’un nouveau secteur créateur d’emplois et innovant sur le plan des pratiques d’information, mais encore fragile car très jeune.

Nous aurons l’opportunité d’aller défendre notre point de vue devant les groupes de travail des Etats généraux. La politique de la chaise vide n’a guère de sens dès lors que les débats sont libres et ouverts. Sans illusions sur un processus dans lequel l’Elysée aura le dernier mot, et avec toute la vigilance requise dans un secteur essentiel à la vie démocratique, déjà passablement mis à mal par des pratiques politiques douteuses et un environnement de plus en plus dégradé.

Pierre Haski

  • 9585 visites
  • 89 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • marie 75
    • Posté à 09h20 le 03/10/2008
    • Internaute 3563

    sylvain besson (le temps) :
    (...)
    « Malgré cette aide, la plupart des journaux perdent de l’argent et des lecteurs, la publicité baisse, les investissements sont insuffisants. La faute, disent les éditeurs, au système conçu à la Libération, qui rend exorbitants les coûts d’impression et de distribution.

    Nouvel environnement

    A l’époque, les autorités devaient gérer la pénurie de papier, ménager le Parti communiste (dont le syndicat CGT tenait les imprimeries) et empêcher la reconstitution des trusts d’avant-guerre. Depuis, “l’environnement économique et sociétal de la presse a complètement changé”, a noté Nicolas Sarkozy en ouvrant, jeudi, une vaste consultation baptisée “Etats généraux de la presse écrite”.

    Le président s’intéresse aux médias. Il a un temps voulu devenir journaliste, et a publié des articles sous pseudonyme lorsqu’il était en disgrâce, dans les années 1990 (“il n’y a aucune solidarité entre les ministres, écrivait-il, ils sont tous tétanisés par la peur de commettre la moindre gaffe”). La modernisation de la presse lui semble inséparable de son projet de modernisation de la France. Si le pouvoir doit s’en mêler, c’est parce que “ce qui est mauvais pour la presse est mauvais pour la démocratie”.

    Dans les propositions soumises aux Etats généraux, on trouve la création - aujourd’hui interdite - de groupes combinant télévision, radio et presse écrite, la vente de journaux dans les supermarchés, la révision du statut des ouvriers imprimeurs, que certains trouvent trop bien payés. Le “saupoudrage” des aides publiques devrait être discuté.
    ===================================================
    Pour l’instant, les éditeurs sont ravis. Lorsque Nicolas Sarkozy est apparu pour leur lire son discours, ils se sont levés comme un seul homme. Qui a dit que la presse française était aux ordres ? “
    =====================================================

    excellente conclusion !

    • Network 23
      Network 23 répond à marie 75
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 17h37 le 04/10/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      Quand la presse « respectable » évoque le PCF, c’est en général pour rappeler l’influence de la CGT dans le Syndicat du Livre.

      Pourtant, L’Humanité , voix importante, bien que méprisée de-ci de-là, du paysage des quotidiens français, et officiellement affranchie de ses liens avec la Place du Colonel Fabien, fait depuis des années des propositions de lutte concernant la liberté de la presse.

      Nous n’avons jamais attendu de la part de R. Ménard et de RSF de donner un quelconque écho à ces propositions.

      Mais nous aimerions connaître l’avis de la rédaction de Rue 89  dessus, même si, en tant que média numérique, les intérêts de Rue 89 ne sont pas les mêmes que ceux de petits quotidiens tels L’Humanité ou La Croix .

      L’Humanité propose notamment* :

      - la création d’une Fondation , liée à la Fondation de France, qui pourrait recueillir des dons d’entreprise et de particuliers, défiscalisés, afin de soutenir la presse ; avec éventuellement un léger prélèvement sur les recettes publicitaires des gros conglomérats médiatiques ;

      - une modernisation, et non la suppression, du système mutualisé de distribution des titres de presse ;

      - l’amélioration du Fonds de modernisation (qui a servi notamment a financé les nouvelles imprimantes du Monde , et que les petits journaux se démerdent)

      - enfin, l’installation de bouquets de presse dans les lieux publics , l’encouragement et l’initiation à la lecture de la presse au lycée , et un crédit d’impôt aux foyers modestes qui s’abonnent à un journal.

      Nombre de ces propositions pourraient être soutenues par Rue 89, en particulier si ce dernier met en place un réseau d’abonnements « facultatifs ».

      Enfin, le soutien à la presse, en particulier dans les lycées, est une initiative qui devrait être appuyée par l’ensemble de la société, toutes opinions confondues.

      Aujourd’hui, seul Le Figaro et quelques canards économiques sont distribués gratuitement dans les facs.

      Etant donné les conditions économiques d’un jeune ou d’un étudiant moyen aujourd’hui, n’est-il pas tant de les encourager à lire une presse de qualité plutôt que de laisser les titres gratuits et le survol de la presse sur Internet (diverses études ont montré que sur le web, on scanne plutôt que de lire véritablement) prendre le relai ?

      Il en va de la vitalité de notre démocratie.

      Aussi, je réitère ma question : qu’en pense Rue 89 ?

      * Lien

  • alexisgirszonas
    alexisgirszonas
    Etudiant en Master de (...)
    • Posté à 19h25 le 02/10/2008
    • Internaute 4951
      Etudiant en Master de (...)

    Vous dites : « Nous aurons l’opportunité d’aller défendre notre point de vue devant les groupes de travail des états généraux. » J’ai une petite question qui peut paraître naïve mais je la pose : quels médias sont concernés ? A priori, tous mais dans la réalité, j’avoue que je suis sceptique...

    • kestiontoi
      kestiontoi répond à alexisgirszonas
      travailleur forcé
      • Posté à 20h26 le 02/10/2008
      • Internaute 30798
        travailleur forcé

      « De l’équilibrisme hasardeux, surtout quand on sait que les principaux bénéficiaires des mesures de relachement des règles anticoncentration seront d’abord et avant tout ses amis personnels et politiques - qui bénéficieront également de la disparition de la publicité sur les chaines de télévision publique. »
      La réponse est peut-être dans ce passage ?

  • zénon denon 84
    • Posté à 19h27 le 02/10/2008
    • Internaute 30028
      Bonne

    Et un titre ronflant
    pour une entreprise qui va faire
    diversion par ces temps de crise monétaire .(et+)
    Ah que d’imagination de la part de not chef !
    Rien que des idées ,
    et quelles idées . ?
    la presse : le mouton à 5 pattes .

  • Fred.H
    • Posté à 19h27 le 02/10/2008
    • Internaute 3347

    Donc l’avenir serait à des journaux détenus par de grands groupes multimédia, avec de grosses régies publicitaires capables de séduire les annonceurs.

    Pourtant, quel est aujourd’hui le journal français le plus solide financièrement ? Un 8 pages, sans actionnaires externes, sans site web, sans publicité.

    CQFD

    • Lairderien
      Lairderien répond à Fred.H
      • Posté à 19h47 le 02/10/2008
      • Internaute 22751

      Hé oui, bien qu’enchainé, ce canard reste libre de fouiller de son bec toutes les mares, tous les marigots, même les plus nauséabond et nous faire part de ce qu’il trouve parce que la seule chaine qui le tient c’est celle des lecteurs qui le plébiscitent depuis si longtemps.

    • kestiontoi
      kestiontoi répond à Fred.H
      travailleur forcé
      • Posté à 20h28 le 02/10/2008
      • Internaute 30798
        travailleur forcé

      Ce canard est-il del fête des états généraux ? ? ?

      • A déménagé le 13-10-11
        A déménagé le 13-10-11 répond à kestiontoi
        non connu
        • Posté à 04h01 le 03/10/2008
        • Internaute 29372
          non connu

        1) Ce n’est pas une fête AMHA.
        2) Le Canard n’a pas besoin d’y être, car
        3) Le Canard est le SEUL hebdo LIBRE
        4) Toute autre considération sur la liberté de la presse est esbroufe !

  • Lairderien
    • Posté à 19h40 le 02/10/2008
    • Internaute 22751

    Effectivement, vous ne pourrez aller à ces Etats Généraux que sans illusions.

    Mais au moins nul ne pourra vous reprocher la politique de la chaise vide et surtout vous pourrez nous informer de ce qui s’y passera.

    Qui sait peut être que les choses seront moins pire que pire, il restera peut être à coté de la grosse machine de propagande et de communication orientée par les puissants, une petite place sur internet ou ailleurs, pour une information libre non formatée ! ! !

    On peut rêver....

    • Tinhinane
      Tinhinane répond à Lairderien
      Médiatrice scientifique
      • Posté à 22h15 le 02/10/2008
      • Internaute 4901
        Médiatrice scientifique

      « et surtout vous pourrez nous informer de ce qui s’y passera. »

      Entièrement d’accord avec vous.

      • vincelle
        vincelle répond à Tinhinane
        • Posté à 10h51 le 03/10/2008
        • Internaute 31923

        « le dernier mot reviendra comme toujours à l’Elysée, et les belles recommandations des groupes de travail passeront pas la moulinette sarkozienne. »

        dixit Pierre Haski.

        en d’autres termes, ON SAIT DÉJÀ ce qui s’y passera.

        Tout le reste, c’est de la mauvaise foi ou de la connerie.
        ou du lèche-cul.

  • zebboz
    • Posté à 19h49 le 02/10/2008
    • Internaute 33420

    « Donc l’avenir serait à des journaux détenus par de grands groupes multimédia, avec de grosses régies publicitaires capables de séduire les annonceurs. »
    C’est déjà le cas, les capitaines de navire ne sont plus des journalistes depuis un moment. Le couple info/pub est la seule valeur qui parle et dirige les « grands patrons de presse ». On le voit chaque jour, les journaux ont tous leur petite stratégie pour essayer de survivre.
    Je trouve que ce qu’il manque pour de nombreuses parutions (je connais mieux les quotidiens), c’est une réelle réflexion sur la forme que doit prendre l’information via internet. De nombreux groupes de presse intiment à leurs journaux de se développer comme des agences telles AFP, Reuters ou AP. Pour eux il n’y a rien d’autre que la rapidité à moindre frais puisque que tout est construit de bric et de broc (anciens rédacteurs ne connaissant que le copier/coller parachutés aux multimédia sans aucunes formations ni directives) Je travaille moi même pour un journal usant de cette politique. Sans parler de la place de photographes professionnels au sein d’une rédaction car cela « est trop cher et n’apporte rien ».
    Mais parlons d’avenir, grenellons donc.

  • yan
    yan
    loin
    • Posté à 19h52 le 02/10/2008
    • Internaute 9191
      loin

    Nous irons aux Etats généraux de la presse... sans illusion

    Alors pourquoi y aller ? ? ? ? ? ?

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à yan
      Cofondateur Rue89
      • Posté à 21h59 le 02/10/2008
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      @Yan : parce que l’absence d’illusion porte sur la fin du processus, qui donne le dernier mot à l’Elysée. Mais lors des groupes de travail, la parole sera libre. Pourquoi s’en priver ?

      • yan
        yan répond à Pierre Haski
        loin
        • Posté à 00h16 le 03/10/2008
        • Internaute 9191
          loin

        je comprends, mais à l’image du grenelle de l’environnement, qu’avons nous entendu, vu, ou retenu : les échanges des groupes de travail ou le coq sur le perron de l’Élysée ? ? ?

        Accepter un débat quand on connait la conclusion, plutôt rageant non....

      • vincelle
        vincelle répond à Pierre Haski
        • Posté à 09h04 le 03/10/2008
        • Internaute 31923

        @P HASKI

        > « Mais lors des groupes de travail, la parole sera libre. »

        Certes, certes... il y a aussi des personnes qui adorent pisser dans des violons.
        Les pisse-copies aussi.

        >« Pourquoi s’en priver ? »

        Vous avez bien raison : quand on aime, on ne compte pas.Et on se se prive pas.

        Mais avec sarko, les journaleux FRANÇAIS aiment jouer à sado-maso.
        À chacun ses goûts. Pervers quand même.

    • A déménagé le 13-10-11
      A déménagé le 13-10-11 répond à yan
      non connu
      • Posté à 04h02 le 03/10/2008
      • Internaute 29372
        non connu

      Parce que ne pas y aller, c’est renoncer à la liberté.

      • vincelle
        • Posté à 09h21 le 03/10/2008
        • Internaute 31923

        Si LIBERTÉ réelle il y avait, les journaleux n’y iraient pas. l’employé modèle se doit d’assister à la réunion imposée par son petit chef.

        Rappelons-nous d’une certaine « con-férence de presse » , grand-messe où ces journaleux rigolaient sans vergogne, LIBREMENT, avec leur gourou qui leur servait sa soupe...ils en redemandaient même !

        et LIBREMENT, ils n’ont pas émis la moindre critique sur ce qui s’est passé.

        LIBREMENT, ils sont restés à 4 pattes devant leur petit caporal.
        LIBREMENT.
        Pas un seul n’a osé (voulu ?)quitter la salle.

        nb : vous connaissez l’histoire des mecs qui regardent un violeur en pleine action et qui tiennent les jambes de la victime...
        mais qui se disent innocents, sous prétexte que ce n’est pas leur sexe qui est à l’intérieur de la personne violée ?

         
        • solstice
          solstice répond à vincelle
          pigiste
          • Posté à 11h22 le 03/10/2008
          • Internaute 38451
            pigiste

          Mollo sur les comparaisons, vincelle !
          Celle-la est vraiment immonde.

          • vincelle
            vincelle répond à solstice
            • Posté à 16h03 le 03/10/2008
            • Internaute 31923

            je ne compare rien ! je parle d’autre chose !
            Pourquoi y voyez-vous un rapprochement ou une comparaison ? ?

            étant donné que vous y avez vu autre chose, et que je ne peux pas « éditer » ou effacer, j’ai signalé le contenu comme problématique pour suppression. donc j’attends que Rue89 accepte de supprimer mon commentaire .

        • A déménagé le 13-10-11
          A déménagé le 13-10-11 répond à vincelle
          non connu
          • Posté à 12h42 le 03/10/2008
          • Internaute 29372
            non connu

          Votre « histoire », c’est du vécu ?

          Vous êtes hors sujet, au revoir.

      • yan
        yan répond à A déménagé le 13-10-11
        loin
        • Posté à 16h22 le 03/10/2008
        • Internaute 9191
          loin

        certains avaient le même discours avec le grenelle de l’environnement. On connait la suite.

  • adaunis
    • Posté à 19h59 le 02/10/2008
    • Internaute 4255

    La manière dont le Président parle d’Internet et de son « risque de relâchement de la qualité de l’information ». Ou du « respect incertain de la propriété intellectuelle »...
    Ah ça commence fort dans la bouche infatuée de cet immense homme d’état !

    Puis :
    « Internet, tout comme le papier ou la télé, peut produire de l’info de qualité ou ... de la daube. »
    Mais pourquoi ferions nous un commentaire M’sieur Haski, puisque vous faites les réflexions tout seul !
    Je plaisante, mais sérieusement, quand vous le voyez en vrai ce (zut alors, je serais hors charte..), vous arrivez à le prendre au sérieux, et garder votre calme, (je veux dire votre « fou rire » !)

    « Était-ce au Président d’organiser cet exercice ? »
    Là encore vous répondez pour nous autres, les « pôvres » qui commentons - à tort et à raison sur votre site !
    « on ne pourrait imaginer le chef de l’État se présenter en chef d’orchestre, parfois avec des airs d’instit’ prêt à punir si on est pas sage ».
    Ah je l’imagine le grand homme, en train de punir, et vous autres de dire : Oui not’ bon Maitre !
    Oui vot’ Monsieur « ! (C’est du grand Jacques Brel).

    Non mais encore plus sérieusement, (je me répète) allez donc visiter le Palais de L’Élysée, écouter ce que certains ont surement à dire de très intéressant (ce dont je ne doute point), et revenez nous dire Pierre ce qu’il en était de cette “couillonnade” !

  • actimem
    • Posté à 20h03 le 02/10/2008
    • Internaute 26918

    On essaie de sauver tout le monde (Banques, Assurances, Promoteurs immobiliers, presse) mais pas les entreprises qui sont au bord de l’asphyxie ni les pauvres ni les chômeurs ni les petits épargnants ...

    Too big to fail ? les puissants viennent au secours de leurs frères au détriment des contribuables et des petits épargnants.

    Super !

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 20h09 le 02/10/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Une idée, ramenez avec vous certains commentaires ou articles, d’ailleurs, genre Sarkobureau,, car notre bon président, qui « préfère un excès de caricatures que pas de caricatures du tout » pourra voir la vitalité entraînée par une certaine presse

    Lien

  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 20h11 le 02/10/2008
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    La stratégie démoniaque de la double contrainte paradoxale est encore en train de faire des ravages. On va une fois de plus voir de nouveaux dos se plier.

    Se rendre aux états généraux, y participer activement, essayer d’y apporter une contribution plurielle, alors que les jeux sont déjà faits avec et pour ses amis est un piège Vous avez raison d’y aller sans illusion. (De là à dire que vous avez raison tout court...)

    Il s’agit pour l’organisateur d’obtenir un arrière plan crédible pour cette énième mise en scène où il jouera comme à l’accoutumée la grande illusion, l’arnaque et peur sur la ville. Trois films pour le prix d’un.

    Ne pas s’y rendre est encore pire puisque, par définition, une chaise vide signifie de fait qu’il n’y a personne. Sauf s’il n’y a que des chaises vides. Mais Sarkozy sait que ce risque est inexistant.

    Voir le quatrième pouvoir à ce point en déroute fait vraiment peur pour la vigueur de notre démocratie.

    Je suggèrerais bien pour la fin des états généraux la création d’un nouveau prix pour la presse ; un truc du genre Ah ! la belle Ombre. Ca sonnerait bien. Non ?

  • A déménagé le 8-10
    • Posté à 20h21 le 02/10/2008
    • Internaute 1001
      nc

    Cette affaire d’Etats Généraux de la Presse convoqués par Son Altesse Hautissime me rappelle la caricature suivante (XVIII° siècle ?) :

    Le singe a convoqué les autres animaux et leur demande à quelle sauce ils veulent être mangés.

    - Mais nous ne voulons pas du tout être mangés !

    - Allons, Messieurs, vous sortez de la question !

    Que Mon prince qui nous gouverne ait eu l’idée de convoquer se serviteurs, logique. Que ceux-ci, ne serait-ce que pour ne pas jouer à la chaise vide comme le souligne Pierre Haski, aient obtempéré, voilà qui en dit long sur l’état où NS met notre démocratie.

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à A déménagé le 8-10
      Cofondateur Rue89
      • Posté à 21h56 le 02/10/2008
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      @PMB : Si c’était pour négocier à quelle sauce nous allons être mangés, je comprendrais votre réaction. Mais nous y allons parce qu’on ne refuse pas une tribune quand on vous l’offre. Et nous ne sommes demandeurs de rien, sinon d’une égalité de traitement entre les médias indépendants non adossés à un groupe, et les autres. Qu’avons nous à perdre ? La seule vraie limite de l’exercice, est que le dernier mot reviendra comme toujours à l’Elysée, et les belles recommandations des groupes de travail passeront pas la moulinette sarkozienne. Mais au moins serons nous les témoins du processus.

      • A déménagé le 8-10
        • Posté à 22h39 le 02/10/2008
        • Internaute 1001
          nc

        Mon post n’est pas une critique de Rue89, de sa démarche d’y aller. Et vous auriez été les seuls à ne pas le faire : suicidaire.

        Quant à la tribune, vous verrez bien, et mieux que nous. et, comme témoin du processus, vous aurez à nous dire. on voit bine que vous êtes sans illusions sur le cut final...

        Vous allez manger avec le diable, et pour ça il faut une longue cuiller. Cette cuiller a deux fabricants : votre indépendance, et vos lecteurs dont le nombre tient et tiendra pour beaucoup à votre crédibilité. Ce n’est pas un hasard si le Canard Enchaîné est de plus en plus lu. Il faut bien dire que Libé en se débarrassant de x plumes pour essayer d’aller mieux (tu parles) leur a fait un sacré cadeau.

      • A déménagé le 13-10-11
        • Posté à 04h24 le 03/10/2008
        • Internaute 29372
          non connu

        Pierre,

        Plus haut j’ai répondu à un riverain : « Parce que ne pas y aller, c’est renoncer à la liberté. »

        Si vous pensez que la moulinette NS risque de vous priver de votre liberté d’expression, alors autant appeler à la révolution (pas nécessairement violente, cf. les années 89/90 en Europe) tout de suite.

        En auriez-vous l’audace et/ou le courage (auriez-vous aidé à faire chuter le mur en 1989, alors que Mitterand était contre) ?

        Peut-être, au fond, qu’une fois de plus, la France ne peut que se « réformer » par une révolution ? ! ? ! ?

        Alors, Pierre, donnez-nous le fond de votre pensée, svp.

      • vincelle
        vincelle répond à Pierre Haski
        • Posté à 08h46 le 03/10/2008
        • Internaute 31923

        @P. Haski

        >« Qu’avons nous à perdre ? »

        Effectivement, vu l’état de l’éthique des journalistes français et leur déontologie, vous n’avez pas grand chose à perdre.

        >« le dernier mot reviendra comme toujours à l’Elysée »
        « Mais au moins serons nous les témoins du processus. »

        Quand on ne veut pas être enc...., on ne se met pas à 4 pattes.

        Mais ce ne sera QUE de la sodomie passive nous direz-vous.
        Méfiez-vous : actifs ou passifs, certains finissent par y prendre gôut. Regardez parmi vos con-frères.

      • Wladimir
        Wladimir répond à Pierre Haski
        • Posté à 09h41 le 03/10/2008
        • Internaute 23813

        Bonjour,

        « Y aller » !
        N’est-ce pas un peu comme assister à la cérémonie d’ouverture de J.O. dans un pays qui ne respecte pas les droits de l’homme ?
        C’est pour être sur la photo ?

      • george.B
        george.B répond à Pierre Haski
        • Posté à 10h51 le 03/10/2008
        • Internaute 12795

        Etre témoin , c’est déjà participé et ne rien dire ou faire c’est être complice , au moins en droit
        Ne pas y aller c’est refusé de se faire ...... ; c’est le début de la résistance
        Au tout début de RUE89, donc l’année dernière , je vous avais demandé pourquoi ne lancez vous pas une révolte contre la censure , pour retrouver la liberté d’expression et la démocratie ...
        Je vous renouvelle ma demande
        Je voyais en RUE89 une possibilité de sauver cette liberté mais rien a changé , cela s’est même empiré ! ! !

      • François René
        François René répond à Pierre Haski
        magasinier
        • Posté à 13h06 le 03/10/2008
        • Internaute 52909
          magasinier

        Cher M. Haski,

        Je ne comprends pas votre argument : si effectivement « La seule vraie limite de l’exercice, est que le dernier mot reviendra comme toujours à l’Elysée » (« seule » peut-être, mais quelle limite !), pourquoi apportez vous par votre présence une « caution » à ce qui sera vraisemblablement ajouté au crédit du bilan Sarkozyste en 2012 et face auquel la seule critique qu’il aurait été alors possible d’opposer est que des médias très suivis comme le votre, n’y ai pas participé par souci d’indépendance.
        « Nous y allons parce qu’on ne refuse pas une tribune quand on vous l’offre » : La résistance ne passe t-elle jamais par le boycot ?
        « Qu’avons nous à perdre ? » : mais qu’avez vous à y gagner ? ! Le président Sarkozy a lui par contre tout à gagner à ce qu’un maximum de médias participe à ses « Etats généraux ». Cela tient en un mot : la légitimité.
        Qu’en pensez vous ?

        A vous lire

      • Wladimir
        Wladimir répond à Pierre Haski
        • Posté à 15h23 le 03/10/2008
        • Internaute 23813

        N’y va pas Pierrot c’est un piège !

    • Zomenof
      • Posté à 18h14 le 03/10/2008
      • Internaute 20243

      Un « Président » qui convoque les journalistes à des états généraux de la presse est digne d’une RÉPUBLIQUE BANANIERE

  • Micka FRENCH
    Micka FRENCH
    Ecossaise, un corps de rêve (...)
    • Posté à 21h20 le 02/10/2008
    • Internaute 4614
      Ecossaise, un corps de rêve (...)

    Des nouvelles de Micka FRENCH...

    Ma clairvoyance et mon manque de modestie depuis Maastricht, (là où j’avais bien dit de VOTER NON), voire même encore avant, (voir mes 2500 articles, facéties et chroniques divers sur Zorpia et mes 500 sur Unblog depuis 1995), tendent à me faire penser que la véritable information viendra de sites indépendants tels que Rue 89 et d’autres qui verront peut-être le jour d’ici là, ainsi d’ailleurs que de nos appareils photo, de nos camescopes, et de nos sites personnels.

    Mais nos « Saigneurs » qui sont, malgré leur hargne et la terreur qu’ils engendrent, loin d’être des imbéciles, voient venir le coup de loin, voire de très très loin.

    Et c’est de ce côté-là qu’il va falloir s’attendre à de nouveaux coups bas, afin de museler l’info individuelle pour la laisser à la presse « officielle », donc aux ordres.

    Le public quitte le navire du « Attendons donc 20 heures du soir » pour avoir la vérité-vraie confirmée et estampillée bio par le spécialiste, le scientifique tchernobylien bidon de service et au service, ou le psy de garde, (ah celui-là j’ai failli l’oublier), pour lire l’info « quand je veux et où je veux », c’est très bien... pour l’instant...

    C’était Micka FRENCH en direct de « Ce ne sont pas les plus grosses queues qui font les meilleurs fruits » sur
    Lien
    A vous les studieux...

  • Anonyme

    « La politique de la chaise vide n’a guère de sens dès lors que les débats sont libres et ouverts. »

    vous donnez justement les raisons de laisser votre chaise vide.

    • Micka FRENCH
      Micka FRENCH
      Ecossaise, un corps de rêve (...)
      • Posté à 20h38 le 02/10/2008
      • Internaute 4614
        Ecossaise, un corps de rêve (...)

      Les débat n’est hélas ni libre ni ouvert.
      C’est de la pure illusion à la façon du lourd Monsieur Sébastien...
      M.F.

  • Thucydide
    Thucydide
    Que survive la Démocratie en (...)
    • Posté à 20h42 le 02/10/2008
    • Internaute 6396
      Que survive la Démocratie en (...)

    erreur de manip, excusez-moi ; o)

    • Micka FRENCH
      Micka FRENCH répond à Thucydide
      Ecossaise, un corps de rêve (...)
      • Posté à 20h45 le 02/10/2008
      • Internaute 4614
        Ecossaise, un corps de rêve (...)

      Vous êtes tout à fait excusé ! ! !
      (Mais ne refaites jamais plus ça ici OK ?)
      (Je rigole) ! ! !
      M.F.

  • Thomas GREDAT
    • Posté à 20h55 le 02/10/2008
    • Internaute 23794

    Dans un entretien accordé à Marianne (mais oui !), Nicolas Sarkozy s’alarmait de l’état de la presse écrite en général, avant d’ironiser sur le fait qu’il faisait régulièrement la « Une » des journaux... y compris Marianne. « Je ne serai pas toujours là pour vous faire vivre ! » avait-il ajouté, avec la modestie dont il est si coutumier.
    Nicolas Sarkozy veut museler les media ? Interviewé par son ancien journal, Jean-François Kahn lui avait reconnu un mérite : celui de ne pas se cacher. Nicolas Sarkozy veut nommer le PDG de France Télévision parce qu’il se considère comme l’« actionnaire » de la télé publique (où il ne met pas plus de sous que n’importe quel contribuable). Il considère que l’avenir des media passe par les grands groupes, mais c’est parce qu’il ne voit ici que l’aspect financier : les notions d’indépendance de la presse et de qualité de l’information lui sont étrangères. Ce n’est pas forcément une volonté de censure, mais c’est pire que cela : il trouve naturelle sa mainmise sur les media.
    Vous êtes sans illusions, et vous avez probablement raison : la chose est déjà décidée, et on n’y reviendra pas. L’entreprise réussira-t-elle ? Si elle est aussi bien fagotée que la loi TEPA ou la réforme des institutions, il est à craindre qu’elle ne précipite le déclin de la presse écrite, Canard enchaîné excepté, puisque le groupe Maréchal-Le Canard enchaîné est indépendant.
    A mon avis, il y aura dans cette histoire un « effet album de Carla » : le public sera tellement enthousiasmé par la énième idée géniale de Nicolas Sarkozy... qu’il y aura encore plus de gens à se ruer sur Internet !

  • tinga
    • Posté à 20h57 le 02/10/2008
    • Internaute 35164

    Vous écrivez en conclusion :

    « ... et avec toute la vigilance requise dans un secteur essentiel à la vie démocratique, déjà passablement mis à mal par des pratiques politiques douteuses et un environnement de plus en plus dégradé. »

    J’ ai quelques doutes quant à la vigilance dont vous pourriez faire preuve, ce « secteur essentiel à la vie démocratique » s’est suicidé par trop de complicité et de soumission. Sarko a parlé d’analyse et d’investigation à la fin de sa récitation, ce bouffon croirait-il que ces choses existent encore dans la presse française ? (il est vrai qu’il est bon, comme le fait cet article d’entretenir l’idée qu’il existerait une presse indépendante)
    Si la presse veut sortir du marécage dans lequel elle s’enfonce, qu’elle fasse une véritable enquête sur le 911 (vous savez ce truc dont on parle beaucoup sur le net et qui fait tellement peur à la presse qu’elle a fini par sombrer dans le ridicule)

  • A.V.
    • Posté à 21h07 le 02/10/2008
    • Internaute 24685

    Qu’allez-vous faire dans cette galère ? ... Internet est le fleuron de la démocratie, le rêve de la représentativité directe devenu réalité, le cauchemar de la république monarchique sarkozyenne. Tout ce que vous pourrez dire sera utilisé contre vous quand l’heure de la censure sera venue. Passez au maquis réseautique, camarades ! Entrez en résistance comme de bons journalistes-plombiers-chauffagistes.

    • Micka FRENCH
      Micka FRENCH répond à A.V.
      Ecossaise, un corps de rêve (...)
      • Posté à 21h13 le 02/10/2008
      • Internaute 4614
        Ecossaise, un corps de rêve (...)

      Vous avez vu Brazil, vous au moins.
      Vous êtes Totol ?
      Avec les compliments de Micka FRENCH

  • Anonyme

    L’Afp est déjà annexée et bientôt privatisée, c’est vous dire l’état dictatorial du tableau de la presse !

    S’il passe le Cap des 2 ans de trône, je crois que nous sommes « morts » sur ce sujet et bien d’autres....

  • Aller à la page
  • 1
  • 2