L'edito 03/10/2008 à 00h58

Crise financière : chacun pour soi, et dans la pagaille !

Pascal Riché | Redchef Rue89

Pour lutter contre la crise financière, les pays européens donnent l’impression d’avoir choisi la pire des stratégies : la pagaille et le chacun pour soi. Là où il faudrait fermement coordonner les discours et les actes, chaque pays fait sa petite tambouille dans son coin, comme si la finance n’était qu’un petit problème local.

Prenez l’Irlande : ce pays décide, sans se concerter avec les autres, d’offrir une garantie illimitée aux clients de ses grandes banques. Une garantie portant sur l’équivalent de deux fois le PIB irlandais annuel ! Que croyez-vous qu’il se produisît aussitôt ? Les Britanniques voisins ont commencé à basculer leurs dépôts vers les coffres des banques irlandaises ! Ce qui fragilise les banques britanniques (et les nerfs du Premier ministre Gordon Brown).

L’Irlande n’est pas la seule à ne pas réfléchir à ce qui se passe en dehors de ses frontières. En France, Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a déclaré sur Canal+, jeudi matin, que les critères de bonne gestion budgétaire de Maastricht « ne sont pas la priorité des priorités », laissant entendre que, pour éviter le désastre, il faudrait probablement accepter de dépasser le plafond autorisé pour les déficits publics (3% du PIB).

Sur le fond, il a raison : il n’est pas sain d’avoir le fétichisme de ces critères et ceux-ci ne résisteront probablement pas aux plans de sauvetage qui sont actuellement mitonnés dans les cuisines du pouvoir. Mais la déclaration de Guaino n’était pas nécessaire… Elle ne peut qu’envenimer les relations avec les Allemands, qui vouent un culte à ces règles européennes de bonne gestion. D’autant plus qu’Angela Merkel, la Chancelière, a déjà la tête dans les élections législatives de l’an prochain.

A l’Elysée, les propos d’Henri Guaino ont été qualifiés jeudi soir de « strictement personnels », mais trop tard, « es ist zu spät ».

Une crise financière internationale réclame une réponse internationale. La bonne stratégie serait donc, pour les pays de l’Union, d’afficher une réponse commune, d’organiser une solidarité entre tous les établissements financiers, que cela passe par un fond commun ou par une coordination affichée des différents fonds de garantie nationaux.

Nicolas Sarkozy, qui préside l’Union européenne ce semestre, a pris bien du retard pour organiser cette riposte commune. Le cafouillage qui a accompagné la rumeur sur le « plan de 300 milliards » (projet qui fait horreur à Angela Merkel, et qu’a dû démentir à trois ou quatre reprises la France), n’a pas contribué à la sérénité ambiante au sein de l’Union.

Nul doute que les dirigeants des quatre grands pays européens, qui se réunissent en mini-sommet samedi à l’Elysée, afficheront une union 100% sacrée. Mais pour les marchés, il restera de ces derniers jours un fumet de zizanie, qui ne facilitera pas le retour à la confiance, passage obligé pour résoudre la crise.


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  • -Candide-
    -Candide-
    Jardinateur
    • Posté à 08h11 le 03/10/2008
    • Internaute 40778
      Jardinateur

    Tout à fait d’accord avec vous au point d’exclamation près car je ne suis nullement étonné.

    L’adage « nationalisations les pertes et privatisons les profits » a toujours été pour l’Irlande : soyons européen quand on en a besoin et individualiste quand ça nous arrange.

    Et quand les nonistes ne s’écoutent plus entre-eux il vaut mieux en rire
    2 oct 2008 : Laurent Fabius estime qu’« il faut miser sur l’Europe » pour sortir de la crise financière et économique et invite l’Union européenne à « décider rapidement un plan massif d’investissements publics » afin de « muscler la croissance »

    Certes Fabius n’a jamais été contre l’Europe. Il a juste spéculé en disant
    un « tiens » c’est moins bien que deux « tu l’auras ».
    Eh bien, pour l’instant on n’a pas grand chose pour assurer la cohésion d’un plan de lutte contre la crise en Europe.

    • I.P
      I.P répond à -Candide-
      Flat4
      • Posté à 15h42 le 03/10/2008
      • Internaute 25391
        Flat4

      Mais quel rapport entre le cafouillage actuel, les nonistes et Fabius ?
      Voter oui au TCE aurait créé un gouvernement fédéral européen à la tête d’un budget propre qui lui aurait permis d’agir ? Si c’est ce que vous avez retenu du TCE vous avez dû vous tromper de version.

      Ça serait bien de cesser d’agiter le spectre des « nonistes » quand l’UE montre encore une fois son incurie, au même titre que nos gouvernants devraient arreter de dire « c’est la faute à Bruxelles » dès que quelque chose va mal en France.

  • alain69
    • Posté à 08h11 le 03/10/2008
    • Internaute 21342

    Europe,vous avez dit Europe ? Mais quelle Europe ?
    Il y a à ce jour 27 pilotes qui essaient de conduire la même voiture, sauf que certains enclenchent la marche arrière alors que d’autres veulent avancer, ou donnent un coup de volant à gauche alors que certains veulent aller à droite.
    Pendant ce temps, l’économie avance, avance inexorablement, en apportant quotidiennement son lot de mauvaises nouvelles.
    Attendrons nous d’être dans le décor pour réagir ?
    A quand une politique commune ?
    Réponse samedi ?
    Je crains que non..

  • lesuperdidou
    lesuperdidou
    Saltimbanque
    • Posté à 08h44 le 03/10/2008
    • Internaute 46485
      Saltimbanque

    Il n’y a pas d’équipe de foot européenne donc il ne peut y avoir d’intelligence européenne.
    CQFD.

    PS : sympas,les effets de langue entre amoureux mais pour les néophytes une astérique et une traduction en fin d’article participeraient de notre éducation,merci.

    • KIKI21000
      KIKI21000 répond à lesuperdidou
      retraité
      • Posté à 09h32 le 03/10/2008
      • Internaute 53190
        retraité

      OK pour le post-scriptum.
      pour le foot je ne connais pas les régles

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 08h49 le 03/10/2008
    • Internaute 33755

    UN APARTHEID À L’ÉCHELLE MONDIALE

    « Aucun de nous n’aime l’idée d’apartheid. Lorsque nous entendons parler d’un tel système, quel qu’il soit et où qu’il existe, nous nous y opposons. Nous comprenons tous que nul ne devrait souffrir pour la simple raison qu’il appartient à une classe sociale, ou à une race, ou qu’il connaît certaines conditions économiques. Mais nos institutions financières ont pu créer un système d’apartheid sans que personne en soit choqué. Si vous n’avez pas de garanties, vous ne pouvez pas emprunter. Aux yeux des banque, vous n’appartenez pas à notre monde.
    Imaginez que l’ensemble du système de communication électroniques des banques vienne à s’effondrer et que toutes les institutions financières du monde cessent soudain de fonctionner. Partout, les banques fermeraient leurs portes. Les écrans des distributeurs automatiques de billets deviendraient inutilisables. Et des milliards de familles seraient dans l’incapacité de s’acheter de quoi manger. C’est exactement la situation que connaît chaque jour la moitié de la population mondiale : un cauchemar quotidien.
    Pour donner aux pauvres une chance de se sortir de la pauvreté, nous devons lever les barrières que nous avons posées autour d’eux. Nous devons supprimer les règles et les lois absurdes qui font des pauvres des personnes sans importance. Et nous devons imaginer de nouvelles manières de reconnaître un individu à sa juste valeur, en faisant fi des critères artificiels que tente de nous imposer un système biaisé. »

    Muhammad Yunus

  • marie 75
    • Posté à 09h33 le 03/10/2008
    • Internaute 3563

    Note Pdt liquidateur, vu du luxelbourg
    cf tageblatt... daniele Fonck
    (...)
    Que ceux qui sont responsables (du désastre financier, ndlr) soient sanctionnés et rendent des comptes et que nous, les chefs d’Etat, assumions nos responsabilités.« 
    Le propos, auquel on ne saurait que souscrire, est de Nicolas Sarkozy. Comment ne pas applaudir le président français quand il demande que soient responsabilisés (pénalement ?) ceux qui ont fait leurs indécentes fortunes en vendant du vent et comment ne pas se réjouir qu’un homme politique revendique le primat du politique sur l’économie ?
    L’ennui, c’est que le discours fut prononcé dans l’un des endroits les plus branchés de Manhattan devant un parterre justement de financiers ayant déboursé jusqu’à 75.000 dollars pour y assister. Et que les Bouygues, Messier, Owen-Jones, Lévy et autres grands patrons présents sont les meilleurs amis du chef de l’Etat qui, dès son entrée en fonction, n’a cessé de travailler à leur intérêt.
    Le problème est par ailleurs qu’on voit mal un élu local (et en politique tout a une dimension nationale et donc locale) maîtriser un système global, mondialisé, en l’occurrence l’économie et le système dénaturé qui la régente, à savoir un capitalisme outrancier.
    Redoutant de se voir reprocher le „bling bling“ de la soirée du Cipriani, Sarkozy a trouvé une porte de sortie pouvant s’avérer rapidement comme étant du „bla bla‘.
    Dommage.
    Cela dit, sa stratégie en termes de politique étrangère, elle aussi réaffirmée dans son milieu de prédilection, n’est pas que peu reluisante ; elle est carrément dangereuse. Autant que l’est celle d’un George Bush jr. qui, décidément, n’aura rien compris et rien appris jusqu’au bout. Pour preuve l’incursion de l’armée américaine dans cette poudrière qu’est le Pakistan avec les conséquences que l’on sait.
    Guère mieux
    (...)

  • Crevette2000
    • Posté à 09h51 le 03/10/2008
    • Internaute 11343

    Depuis un an ou deux avec des amis, on se disait (à moitié en rigolant) que la seule solution pour sortir de cette société incohérente ce serait La Crise...

    Aujourd’hui, tout le monde s’agite, brasse du vent pour nous dire qu’il faut à tout prix trouver une solution à cette crise financière... Et si la solution c’était justement qu’il n’y en ait pas ?

    L’Histoire nous a montré que les civilisations ne sont pas éternelles, elles se sont chacune effondrées à cause d’une utilisation excessive de ce qui les a construit et d’une raréfaction des matières premières (énergie+nourriture). A cela s’ajoutait bien sur des élites arrogantes qui amplifiait le phénomène en érigeant plus de temples, en faisant plus d’offrandes aux divinités courroucées, tout en piochant dans les réserves auquel le peuple n’avait pas accès...

    ça ne vous rappelle rien ?

  • jjezfm
    jjezfm
    Internaute
    • Posté à 09h54 le 03/10/2008
    • Internaute 9633
      Internaute

    rafraichissez-nous la mémoire, c’est arrivé quand, déjà, la dernière fois que l’Europe a été unie ?

    déjà qu’au sein de chaque pays y a pas de ligne claire, alors à 27...

    faudrait un consensus, pourtant, l’échelon supranational est la seule réponse possible à la mondialisation des activités éco. Mais c’est pas pour demain.

    et de toute façon, qui dit consensus dit renoncement aux luttes essentielles.

    bref, on n’est pas dans la mouise. Enfin, qui vivra verra, pas vrai ?

  • Di
    Di
    • Posté à 10h35 le 03/10/2008
    • Internaute 8231

    En tout cas, d’après ce que je viens d’entendre sur France Into, il semble bien qu’il n’y ait aucune crise financière au sein de l’UMP : tous réunis en ce moment sur la côte d’azur, le champagne y coule à flot, il paraît, et les petits fours y sont excellents. La fête est si belle qu’ils ont décidé de la prolonger pour le weekend. Tout va très bien Madame la Marquise. Il n’y a aucune récession, dit Madame Lagarde !

  • VinceDeg
    • Posté à 10h54 le 03/10/2008
    • Internaute 36941

    Dans les pays européens que je connais, les préoccupations des citoyens et les grandes lignes de la politique de leur pays sont les mêmes, à quelques nuances près dans la réalisation. Et nous aspirons tous à une politique socio-économique juste et pérennisée... Enfin c’est ce que j’ai constaté en parlant avec des amis erasmus.

    Globalement, tout le monde constate que la classe moyenne se casse la gueule, il y a une vraie incertitude quand à l’avenir. On ne peut plus se dire en Europe : « j’ai un diplôme en poche, je suis un travailleur honnête, donc il est logique que je n’ai aucun souci à me faire sur mes conditions de vie, mon logement, etc... ». Mais il y a une décrédibilisation totale de la politique dans toute l’Europe, on ne croit plus que cela puisse avoir une vraie influence. Les jeunes, quand ils s’engagent, soit c’est dans un mouvement associatif, soit à l’extrême-gauche.

    On accepte tous à contre-coeur l’échec des politiques « socialistes ». Quand ils sont élus, ils ne font pas grand-chose de convainquant... Mais pourtant, il y a un attachement partout en Europe aux services publics, à la puissance de l’état...

    Alors, la solution, ça serait pas monter un mouvement politique transnational, à l’echelle européenne ? Un mouvement qui inspire confiance quand il dit qu’on peut tous avancer en même temps en proposant un système économique pérenne, qui nous fasse croire à nouveau qu’on est en train de monter une société de classe moyenne juste et solidaire ?

    Au moins, on pourrait essayer avec les élections de 2009 ! Au lieu d’avoir une juxtaposition de partis nationaux, ça serait pas possible, un grand mouvement progressiste européen ? Il proposerait une vision qui irait au dela des compétences du parlement européen qui lui servirait de tribune. Par exemple en parlant d’un nouvel ordre économique mondial, de régulation forte de la finance, de services publics et de minimas sociaux européens, d’importance de l’éducation et de la culture, on pourrait mettre en place une politique fiscale verte commune, etc...

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 12h38 le 03/10/2008
      • Internaute 33755

      Nazdar VinceDeg

      Comme toi, je voyage en Europe. Je débarque dans un pays, je découvre des gens, je trouve un boulot, j’y reste. 2 ans minimum, histoire de voir un peu en profondeur ce qui s’y passe.
      Dans la génération un peu au-dessus, la 30-45, j’ai constaté quelque chose de différent dans la pratique, mais avec les mêmes aspirations de solidarité. La grande différence se trouve entre une vision micro et macro : les gens ne veulent pas d’État fort qui contrôle tout. Ils sont d’accord pour lui laisser les pilliers de la civilisation que sont l’éducation, la santé et les contrôles de la nourriture ou de l’eau, mais ils veulent gagner une indépendance nouvelle, une indépendance dans l’emploi, s’ériger en tant qu’être multi-dimensionnels, c’est-à-dire en tant que travailleurs indépendants capables d’assumer un dévouement à la collectivité (il est vrai souvent la plus proche, le don d’ubiquité n’étant pas encore accessible) tout en se satisfaisant personnellement d’un minimum de profit, j’entends pécunier. Plus leur liberté d’action pour leurs propres désirs de travail grandit, plus ils pratiquent la solidarité et ce, sans passer par l’État. Incroyable !

      Le problème souvent rencontré, et c’est pour cette raison que je voue une admiration grandissante pour Muhammad Yunus que je cite plus haut, est que les barrières financières à ces élans généreux - « généreux » mais encore, et il faut le rappeler, normaux ! légitimes ! bref, tout simplement humain - sont beaucoup trop importantes et beaucoup trop nombreuses.

      C’est pour cette raison que je ne peux être d’accord avec le dogme du « plus de régulation ». Cette réflexion, si légitime soit-elle, est un coup d’épée dans l’eau. Ce dont les individus ont besoin, ce que la classe moyenne réclame, est une abrogation sans aucune nuance de l’adage « on ne prête qu’aux riches ». Prêtez aux gens de peu, et vous constaterez ébahit un retour du beaucoup pour une action qui fut altruiste. La nature humaine, c’est aussi ça - la spiritualité ! - et les théories économiques néoclassiques les ont repoussées dans la pénombre de ce que Yunus appelle les « angles morts ».

      Na zdravi

      • VinceDeg
        • Posté à 13h27 le 03/10/2008
        • Internaute 36941

        Hola Blaise11 !

        Super intéressant ton commentaire, j’ai aussi bien apprécié le texte de Yunus.

        OK, on s’achemine peut-être en Europe à un affaiblissement des états, remplacés par une juxtaposition de cités, de territoires, où la citoyenneté et la solidarité est vécue à échelle humaine.
        Tant mieux, mais dans ce cas là il faudrait peut-être que l’Europe reprenne les prérogatives des états que tu as cité : éducation, santé, distribution d’eau, etc... Pareil pour les caisses de solidarité : retraite, chomage. On ne peut pas laisser privatiser ça et ça ne peut pas se faire à l’échelle de la cité vu notre mobilité.

        Je vais un peu jouer mon marxiste de base mais bon. Ton idéal de « travailleurs indépendants capables d’assumer un dévouement à la collectivité » marcherait si justement on était dans un système délivré de l’emprise du capital tel qu’il existe aujourd’hui. Ou, ce qui revient au même, si comme tu dis on ne « prêtait plus qu’aux riches », ce qui permettrait qu’au final tout le monde ait accès à un montant semblable de capital (immobilier, dans la boîte où on bosse, etc) qu’il gérerait à sa guise. Certes, dans ce cas, le travailleur participerait aux prises de décision dans sa boîte via ses parts de capital, et orienterait le travail collectif comme il le souhaite, sûrement vers une orientation plus utile, solidaire. D’ailleurs, peut-être que les grandes entreprises disparaitraient et seraient remplacées par un réseau de PME, de petits services travaillant ensemble mais étant gérés séparément. Moi j’amerais bien un truc comme ça, mais ça me semble un peu utopique et je vois pas trop de propositions d’économistes qui vont dans ce sens là. J’espère que je suis pas trop parti en zguèg’ et qu’on parle bien des mêmes choses.

        Donc, réalisation de cette utopie mise à part, on ne peut que demander plus de régulation de la collectivité si on garde les grandes lignes du système économique actuel, non ? Dans le cas contraire je ne trouve pas que l’action du système économique actuel nous amène vers une organisation de la société très judicieuse.... Et ces grandes lignes entraînent forcément (sauf régulation) qu’on « ne prête qu’aux riches » et que le capital s’accumule entre quelques mains, tout comme les profits (Marx, sors de ce corps !).

        Chao !

         
        • nemo3637
          nemo3637 répond à VinceDeg
          Déchoukeur
          • Posté à 13h52 le 03/10/2008
          • Internaute 44521
            Déchoukeur

          « Ton idéal de “ travailleurs indépendants capables d’assumer un dévouement à la collectivité ” marcherait si justement on était dans un système délivré de l’emprise du capital tel qu’il existe aujourd’hui. “

          Les prémisses que vous posez sont déjà orientés, de façon à faciliter votre argumentation qui ramène à une résignation envers le système capitaliste qu’il soit libéral ou d’état.
          Il s’agit justement de se délivrer de l’emprise du capital, non seulement tel qu’il existe aujourd’hui, mais à jamais.
          Il ne s’agit pas seulement de coordonner des ‘travailleurs indépendants’ mais tout l’activité productrice à travers ses acteurs.

          ‘Donc, réalisation de cette utopie mise à part, on ne peut que demander plus de régulation de la collectivité si on garde les grandes lignes du système économique actuel, non ?

          Faux. A qui voulez-vous le demander ? La régulation de la société’ que vous espérez, existe bien, dans le système capitaliste. Mais alors il s’agit de nourrir Léviathan : les pauvres sont destinés à être de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches. Après tout, c’est vrai, on pourrait imaginer une économie fonctionnant en relation avec simplement 10% de la population, comme c’est le cas dans les pays émergents. Belle régulation !
          Il n’y a pas de réformisme possible et on peut dire que nous sommes condamnés à aller de l’avant. Ce sera effectivement ‘socialisme ou barbarie’.
          Seule la Révolution Economique et Sociale permettra la satisfaction des besoins réels.

          • A déménagé le 25 octobre
            • Posté à 15h25 le 03/10/2008
            • Internaute 33755

            Votre constat concernant les pays émergents est juste, mais il ne prend pas en compte la volonté d’un pauvre de se sortir de la pauvreté. Outre qu’il n’a tout simplement pas le choix, Muhammad Yunus constate que si on lui donne les moyens, et peu, il propose en retour une force altruiste qui amplifie le don de départ : chacun y trouve son compte, et ce depuis 30 ans sans discontinuer.

            Le capital est nécessaire dans cette optique-ci. Sortir la moitié de la planète de la pauvreté.

            Sinon je trouve votre analyse trop pessimiste. Le prêt aux pauvres est une réalité qui marche car ces derniers savent se contenter de peu pour être heureux. Le « toujours plus » de nos sociétés de consommation, qui envoie aux oubliettes la satisfaction de nos besoins réels, leur est étranger tout comme l’adage précité, « on ne prête qu’aux riches ». C’est en ce sens qu’il y a un réformisme possible.

            Maintenant, le tout est de savoir s’il est possible de le faire dans notre société européenne où, pardonnez mon expression, la pauvreté n’est pas en crise comme elle peut l’être dans une les pays du Sud. Il faut se poser la question de savoir quelle est la frange de la population capable de répondre aux mêmes attentes et besoins que la frange pauvre du Sud. Un élément de réponse se retrouve dans l’altruisme naturelle de la jeunesse ; il n’y a qu’à constater l’engouement, même pour des jeunes issus de hautes écoles de commerce, qu’a suscité le micro-crédit et son concept d’accompagnement du prêt, rendu réalisable en confondant les objectifs du prêteur et de l’emprunteur. Où que se trouve le « jeune » dans le monde, son altruisme et son désir de changer la société sont les piliers d’un réformisme efficace et non utopique.
            Si vous « faîtes don de lui prêter » un pécule pour qu’il démarre son activité, il n’est pas forcément nécessaire de lui poser les conditions dictées par un social-business, à savoir la création d’une activité philanthropique qui refuse de verser des dividendes, se sert du profit pour s’auto-financer et si surplus il y a, l’investir soit dans d’autres activités, soit au sein de la même société (converti en capital humain, machines et/ou Recherche et Développement). L’esprit humain, libéré des chaînes de la contrainte misanthropique et inhérente au système financier actuel (la recherche de profit comme satisfaction ultime), ne pourra que nous surprendre par la force de sa créativité.

            Yona Friedman, architecte israélien, dans son ouvrage « Utopie Réalisable » suggère que les utopies ne sont réalisables que lorsqu’elle sont appliquées à petite échelle (cf. par exemple l’activité des poêles Gaudin au XIXeme s.). L’autonomie de ces centres est une condition pour former le réseau névralgique d’une utopie réalisée à plus grande échelle : VinceDeg s’interroge sur la création d’un tel réseau, Muhammad Yunus l’exerce depuis 30 ans et rêve désormais de l’appliquer à la Banque Mondiale en la transformant en une multitude d’infrastructures bancaires et autonome.

            • nemo3637
              nemo3637 répond à A déménagé le 25 octobre
              Déchoukeur
              • Posté à 05h44 le 04/10/2008
              • Internaute 44521
                Déchoukeur

              Le coopérativisme, le mutualisme, l’idée de banques mutualistes ne sont pas des idées nouvelles. Elles ont été théorisées par Proudhon qui a fortement influencé le mouvement ouvrier du XIXe siècle. Les tentatives de mises en pratique ont été nombreuses. Il y a eu quelques réussites passagères comme Godin ou les magasins Coop. Mais pourquoi n’ont-elles pas perduré ? Pourquoi les coopératives, les banques mutuelles, ont-elles eu finalement si peu de place dans notre société ? La réponse est simple si on regarde l’Histoire : elles ont vu leur esprit disparaitre en s’intégrant à la société capitaliste dominante et elles sont devenues, par la force des choses, des entreprises capitalistes comme les autres. Celles qui n’ont pas voulu suivre la voie imposée ont disparu. Symptomatique a été à ce propos la dernière grève récente des salariés de Godin : ils demandaient un retour aux principes qui avaient amené à la création de cette société. Mais la loi d’airain du capital, celle du marché, la concurrence, ne permettent pas de tel retour.
              Est-ce à dire qu’il faille condamner le micro-crédit au nom de la lutte contre le capitalisme. Certes non. Mais ce qu’il faut favoriser surtout c’est l’échange des biens, et non la circulation de l’argent.
              C’est d’ailleurs ce qui a désarçonné la fille de l’une de mes amies, travaillant en Equateur pour une association de micro-crédit : les Equatoriens où elles se trouvent achetent et empruntent uniquement par le troc refusant les échanges monétaires.
              Qu’en pense Monsieur Yunnus ?
              Au passage j’ai une pensée pour la population bolivienne qui doit se battre, armes à la main,pour conserver et pour pouvoir exploiter leurs terres dans certaines provinces. Le micro-crédit, face aux puissants, ne résoud pas tout.

              • A déménagé le 25 octobre
                • Posté à 14h57 le 04/10/2008
                • Internaute 33755

                Je finissais la lecture d’un article de l’ONG Grain sur « la résistance de paysans du Sud-Ouest du Bénin face aux multinationales agroalimentaire » lorsque je pris connaissance de votre réponse. Lien

                Effectivement, il serait urgent de penser un peu plus à eux. Mais il me semble, et d’après des juristes de terrain, que l’unique réponse et solution passe par une refonte de la législation accolée à l’exploitation de la biomasse, ce qu’on appelle la bioprospection. Le lobbying européen faisant très bien son travail de fond, les États Africains arrivent à être en total contradiction avec les indications de leurs communautés paysannes quant aux méthodes d’ensemencement, de récolte, du choix des hybrides, etc. ce qui a le don de transformer la bioprospection en biopiraterie.
                À l’évidence et comme vous le dîtes, le micro-crédit n’a pas la vocation à (r)établir un ordre juridique, mais le problème reste technique.
                On pourrait comparer cette situation avec le spaghetti bowl, bien connu des différents services d’administration travaillant pour la Commission européenne. Pour caricaturer, un échange équivaut à une spaghetti, une spaghetti équivaut à une loi. Chaque pays prend dans ce panier la spaghetti qui l’arrange et qui lui donnera raison, donc chacun peut être dans son droit (on est très loin de l’image idyllique proposée par la Belle et le Clochard...). Alors qui aura le dernier mot, sachant qu’il faille prendre en premier compte la pression de flux d’échanges qui doivent être rapides ? le plus malin ou le mieux armé financièrement ? Peut-être un peu des deux, mais gardons en mémoire l’aspect financier.

                Muhammad Yunus, après 30 années d’exercice de banquier des pauvres pour seulement 3 années déficitaires (dont les deux premières années je crois bien), fit le même constat que vous : les coopératives, les mutuelles auxquelles ils ajoutent les ONG, les oeuvres caritatives, les dons internationaux, la Banque Mondiale soit tout l’altruisme propre à la nature humaine, échoue.
                Je vous ai mentionné les termes de social business, venus dans son esprit après le concept du MC, mais qui donne à ce dernier l’aspect d’une apophyse du premier. Ce que Yunus, dans son Nouveau Capitalisme, tente d’insuffler à la philosophie entrepreneuriale occidentale et par des moyens techniques, est une réorientation des objectifs primes d’une entreprise vers l’humain, vers le matèriel, soit un échange des biens, et non plus un échange des profits. L’argent redevient un vecteur objectivisant, concept cher à Keynes. C’est pour cela que j’émettrerai une nuance à votre analyse : le capitalisme a noyé les échanges de biens, car le capitalisme s’est lui-même noyé dans le vecteur de ces échanges de biens, soit dans un argent, dans une finance, tous deux devenus les chantres subjectifs du spéculatif, but ultime d’une action entrepreneuriale. Ce projet, si spirituellement médiocre qu’il prend des aspects anthropophage, est inscrit dans les termes d’une firme, et est partagée bien évidemment par un nombre infime d’acteurs, ceux qui reçoivent les dividendes et qui contrôlent cette chaîne infernale.
                Le but de Yunus, par le social business, n’est pas comme celui des occidentaux actuellement, soit de reverser dans un élan de générosité jamais atteint une maigre part du gâteau aux gens de peu , mais, en plus de tout leur donner, de réorienter l’appareil productif vers des objectifs sociaux, de remettre aux premiers plans les besoins réels, de remplacer à terme la Bourse, ce joujou virtuel et finalement très peu ambitieux, par une Bourse Social, de rendre son rôle à l’argent en arrêtant de lui donner ce pouvoir d’alibi aux banquiers, de donner à toute personne les capacités d’exploiter son aspect multidimensionnel (combat ô combien important face à l’aspect obscurantiste que recèle le lissage marketing des désirs humains...) en distinguant ceux qui souhaitent maximiser leur profit et ceux qui souhaitent créer des avantages sociaux (le concept de fondations caritatives des multinationales est une aberration, les objectifs des deux étant incompatibles).

                « Mais la loi d’airain du capital, celle du marché, la concurrence, ne permettent pas un retour aux principes qui ont permit la création d’une firme comme celle de Godin. »

                C’est en tout point la critique à partir de laquelle Muhammad Yunus tire ce que j’ai tenté de vous décrire.

                Cordialement.

                • nemo3637
                  nemo3637 répond à A déménagé le 25 octobre
                  Déchoukeur
                  • Posté à 19h43 le 04/10/2008
                  • Internaute 44521
                    Déchoukeur

                  Vous remarquez fort justement la financiarisation du capitalisme et son obsolescence quant aux échanges de biens eux-mêmes. En un mot le capitalisme n’est plus basé sur des échanges marchand de biens mais sur l’échange de fonds spéculatifs comme nous le montre l’actualité.
                  Il serait important, vital, de rétablir des échanges permettant la satisfaction des besoins des populations. Et je suis d’accord avec vous pour trouver très louable cet objectif. A dire vrai il m’est arrivé, il m’arrive encore de soutenir des ONG.
                  Je remarque tout de même que ces efforts de Sysiphe sont à la merci de puissants, à la merci des intérets du capitalisme dominant, et que d’un revers de main, d’un bidon de défolliant, d’un dumping, il peut tout casser.
                  C’est pourquoi il faut mettre fin à un tel système, pour que puisse enfin s’épanouir ces projets qui nous sont chers.

                  • A déménagé le 25 octobre
                    • Posté à 12h55 le 05/10/2008
                    • Internaute 33755

                    La critique d’un système n’induit pas nécessairement son abrogation.
                    Mon sentiment est que de toute façon, nous avons besoin du capital, nous avons besoin d’une manne de départ dans toute entreprise individuelle ou collective. Le capitalisme est un moteur. Cependant il n’est placé actuellement que dans certaines petites bagnoles individuelles qui roulent en rond au dessus de la grande majorité de nos têtes.

                    Et si l’on montait ce moteur, en devant l’améliorer et l’adapter, cela va de soi, dans un gros bus capable d’emmener tout le monde, avec les pneus sur terre, « pour des projets qui nous sont chers » ?

                    (bref, je me demande si je ne suis finalement pas un anti-révolutionnaire... : -)

        6 autres commentaires
    • Ech-picard
      Ech-picard répond à VinceDeg
      au fond de sa campagne.
      • Posté à 20h51 le 03/10/2008
      • Internaute 280
        au fond de sa campagne.

      Entièrement d’accord ! Pour concrétiser cette utopie je vous propose de consulter ce site et d’écrire à son propriétaire.
      Lien
      Benoit HAMON est député Européen
      Dommage que je ne suis pas « Eramus » comme vous, mais chaque relation individuelle que j’ai pu avoir tant dans le domaine privé que professionnel avec des européens m’ont toujours conforté dans l’idée que les problèmes sont les mêmes et les avis pas si dissemblables.
      Je suis pour une constitution européenne NON libérale, élaboré par des députés européens élus au scrutin de liste Européenne le même jour en Europe. Accepté par le peuple Européen par référendum.
      Reste la barrière de la langue. Favorisons le multilinguisme ce doit être possible.
      Laisser la diffusion sur les territoires des états membres de toutes les TV nationales serait une bonne approche

      PS ma réponse est destinée à VinceDeg

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 10h57 le 03/10/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    -Fluctuat nec mergitur !
    -Nec mergitur ..nec mergitur, c’est pas si sur : c’est bien le moment de se goinfrer et de parler latin !

  • BrunoC
    BrunoC
    ( ° ) ( ° )
    • Posté à 11h12 le 03/10/2008
    • Internaute 49016
      ( ° ) ( ° )

    Donc l’Europe qu’on croyait quasi strictement économique n’est même pas ça.
    Mais alors ? Qu’est ce que c’est ?

    • Numerosix
      Numerosix répond à BrunoC
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 11h17 le 03/10/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Elle est peut être juste strictement Lobbyiste ?

      • BrunoC
        BrunoC répond à Numerosix
        ( ° ) ( ° )
        • Posté à 11h23 le 03/10/2008
        • Internaute 49016
          ( ° ) ( ° )

        Lobbyistes de tous pays, unissez vous.

        A non, ça marche pas.

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 12h00 le 03/10/2008
      • Internaute 33755

      Aujourd’hui ?
      Une addition de contritions.

      Fallait l’inventer cette Euh...rope !

  • millesime
    millesime
    retraité
    • Posté à 12h05 le 03/10/2008
    • Internaute 26299
      retraité

    il est bon de lire Zbi BZREZINSKI (politologue US connu) qui accepte volontiers de l’Europe soit une grande zone économique.. ; mais doit rester selon lui un « NAIN » politique.. !
    « Washington devant absouument affaiblir ses rivaux, Russie, Chine,mais aussi Europe et Japon, les empêcher de s’allier entre eux.. ! »
    les US ont tout fait pour...et Sarko n’est-il pas allé faire allégence aux US... ?
    toutefois s’il y a un pays qui a du mourron à se faire c’est bien les Etats-Unis..car la crise des CDS qui est en gestation...et bien plus importante que celle des » subprime »... !
    lire :
    Lien

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 13h03 le 03/10/2008
    • Internaute 29846
      menuisier

    Je fais un hors sujet bref : Les couleurs de Eco89, rendent la lecture asser pénible. C’est tout.

    • BrunoC
      BrunoC répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
      ( ° ) ( ° )
      • Posté à 13h16 le 03/10/2008
      • Internaute 49016
        ( ° ) ( ° )

      Les multiples bugs aussi.

    • VinceDeg
      • Posté à 13h40 le 03/10/2008
      • Internaute 36941

      Je plussoie. Soyons plus francs dans les contrastes : que le texte des commentaires soit moins gris et plus noir... Genre plus du #151515 (pas complètement noir non plus) que du #3C3D49 (la couleur en vigueur actuellement). A l’essai, le confort visuel est vraiment amélioré. M. Cirotteau, si tu m’entends ; -) ...

  • parousnik
    • Posté à 13h36 le 03/10/2008
    • Internaute 18991

    Bien des choses se passent aux USA comme la montée de la révolte des citoyens contre la plan B Paulson ou sauvetage des voleurs par les honnêtes gens... ou d’un ultime pillage par l’administration Bush comme le suggère M.Moore ? Les banques de Londres auraient un besoin urgent de 100 milliards de dollars...tiens... tiens ?
    Ce prétendu sauvetage ne conduit-il pas l’occident a l’hyperinflation ? Angla Merkel n’est pas d’accord pour accorder 300 milliards d’euros pour renflouer les caisses des banquiers et autres financiers malhonnêtes en Europe comme l’a suggéré Bush a son fidèle p’tit Nicolas.. Il n’est pas du tout sur que le plan B soit finalement adopté aux Etats Unis car les populations que ces mêmes financiers véreux ont fait jeter à la rue regimbent et ils ne sont pas les seuls...D’ici a ce que l’on voit les troupes spéciales de surveillances rappelé d’urgence d’Irak par Bush fraterniser avec les populations insoumises nous pourrions assister a une révolution étasunienne type 1789...amusant non, juste après les premières nationalisations au pays de l’hyper libéralisme ?

  • CANARD SAUVAGE
    CANARD SAUVAGE
    Ingénieur
    • Posté à 15h27 le 03/10/2008
    • Internaute 54908
      Ingénieur

    Je voudrais simplement reprendre le texte de mon propre blog : Lien :

    Miracles à Wall-Street !

    Miracles ! Il pleut des milliards sur la haute finance mondiale : 700 milliards pour Wall Street, plus de 50 Milliards en Europe, … et tout cela en un seul week-end !

    Personne n’aurait pu rêver la distribution d’une telle manne ! Plus de deux fois le budget de la France !

    Il est vrai que les héros de la haute finance le méritent bien. Ils ont su exploiter habilement la volonté des laissés-pour-compte du peuple américain d’avoir un logement en leur accordant des prêts qu’ils étaient sûrs de ne pas pouvoir rembourser. Puis ils ont refilé intelligemment ces avoirs sur futurs remboursements à d’autres sans leur parler des risques encourus.

    Et la patate chaude a circulé, circulé, circulé, au point où on ne savait plus où elle était et qui l’avait. Et maintenant ce sont les derniers qui l’ont qui doivent payer l’addition. C’est le principe du jeu. Messieurs les banquiers, vous auriez du vous méfier ! Vous n’aviez pas joué à ce jeu dans la cour de récréation ?

    Mais ce qui est intéressant, c’est que l’aide ne se fait pas auprès de ceux qui ont tout perdu, ayant du abandonner leur maison, mais des banquiers et des financiers qui ont initié le système et en ont profité. Très fort ! Jérôme KERVIEL est un petit garçon à côté.

    De plus, si on y réfléchit, tout cet argent est bien quelque part, dans des poches qui ont su les retenir au bon moment. Cela fait plaisir de savoir que, par ces temps de débâcle, il y a des gens heureux, qui peuvent dépenser sans compter et se payer les plus beaux palaces !

    Je m’interroge cependant : si, pour faciliter mes fins de mois, je fais un hold-up et vole à ma banque 10 000 € (moins d’un cent millionième des sommes disparues), il me semble que je vais être poursuivi, traîné en justice et flanqué en prison. En outre, j’aurai une amende salée.

    Mon cas n’est sans doute pas transposable à ces hauts financiers. De l’argent a disparu, mais aucune enquête n’est diligentée. Aucun coupable n’est recherché. On se contente de boucher le trou. Quel est le secret ? Jouissent-ils de l’immunité diplomatique ?

    Les mafias doivent en baver de jalousie et être furieuses de ne pas y avoir pensé plus tôt. Ce qu’elles gagnent en exploitant femmes et enfants est de la roupie de sansonnet à côté. Elles se trouvent complètement surpassées par ces experts en costumes trois pièces qui, de surcroit, ne craignent même pas la prison !

    Parions qu’elles vont suivre leur exemple. D’autant que les possibilités sont vastes : les spéculations sur le pétrole, sur les céréales et les matières premières, sur les monnaies… ressortent du même principe : s’enrichir rapidement et faire payer in fine les cochons de citoyens de base que nous sommes.

    Mais j’ai peut-être l’explication à leur impunité : finalement, en nous prélevant tout cet argent, ils nous évitent bien des soucis : nous mangerons moins, ne deviendrons pas obèses et vivrons donc plus vieux, nous circulerons moins et polluerons donc moins, nous éviterons les placements hasardeux et aurons donc moins de soucis…

    Ça y est, j’ai trouvé ! Si nos arnaqueurs ne sont pas poursuivis, c’est qu’ils sont en fait d’utilité publique. Ils sont mandatés par nos Etats qui, las de nous seriner sans arrêt d’être plus sages, ont trouvé ce moyen pour nous pressurer sans y paraître.

    Je ne vois que cette solution !

    Le Vilain Petit Canard

  • touk
    touk
    Retraité
    • Posté à 15h49 le 03/10/2008
    • Internaute 24844
      Retraité

    pour l’instant tous ces milliards on les a jamais vus....on pleure sur des chiffres, quelqu’un peut nous dire à quelle échéance nous pleurerons sur nos assiettes vides ?

  • affreuxjojo
    • Posté à 17h00 le 03/10/2008
    • Internaute 29421

    Les plus ardents propagandistes des critères de Maastricht nous disent aujourd’hui que ces critères sont secondaires. Curieux...
    La crise étant principalement financière il semblerait naturel que les pays Européens ayant une monnaie commune réagissent de façon concertée face à cette crise.
    Ceci étant dit, la probabilité de décider de quoi que ce soit de façon concertée avec un certain Nicolas Sarkosy doit être assez faible. Son style c’est plutôt : je dis une chose pour en faire une autre. Je demande le point de vue de chacun pour, au final, imposer ce que j’avais décidé d’avance. Je prends tout le monde à contre pied. Je brouille les pistes et je prends tout le monde de vitesse. Pour pouvoir dire a la fin : je suis le plus fort, je vous ai bien baisé ! C’est certainement une bonne méthode pour prendre le pouvoir. Ce n’est peut-être pas le meilleur moyen de prendre des décisions collectives et cohérentes.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h05 le 03/10/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Sans surprise... le jour où les politiciens seront compétents, le Soleil se lèvera à l’Ouest...

    Enfin, cette histoire me permet au moins de rigoler, vu que je bosse en plein dans le quartier de la Bourse, en ce moment c’est un plaisir d’arborer un sourire narquois en croisant tous ces apprentis sorciers qui ont l’air au bord du suicide : D

  • Libelluless
    • Posté à 11h27 le 04/10/2008
    • Internaute 19697

    NS a voulu une Europe libérale avec des critère de convergence à géométries variables puisque qu’il n’y a pas d’harmonisation fiscale et sociale. C’est dans la panade que l’on s’aperçoit à quel point notre Europe est impuissante sauf encore une fois pour les puissants qui continueront à vivre en sécurité, leurs économies bien placées dans les paradis fiscaux. Ah elle est belle l’Europe.
    Et qu’en dit le peuple européen dans tous ça ? Aucune chaîne télévisée européenne parmi nos chaînes franco-françaises, aucun journal européen, aucune radio européenne, rien, rien ne me fait penser à une union européenne. Pas de référendum populaire. Pourtant une partie de nos impôts sert bien à payer cette assemblée supplémentaire qui nous impose des contraintes sans démocratie directe du peuple européen. On a inventé une nouvelle race de technocrates qui nous prive un peu plus de nos libertés d’action et d’opinion. Il m’avait semblé que les français avaient voté contre cette Europe là...