30/09/2008 à 19h52

Des femmes revendiquent le droit de montrer leurs seins

Camille | Mauvais genre

Un groupe de femmes souhaite militer pour que les femmes puissent se baigner torse nu à la piscine (ou qu’on impose aux hommes une combinaison). Elles jugent en effet que le corps d’un homme n’est pas moins érotique que celui d’une femme.

Avec pour devise « Des seins sexuels si je veux quand je veux ! », leur action consistera donc à se présenter à la piscine en groupe et à se baigner torse-nu.

Où et quand ? Elles gardent la surprise pour le moment.

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  • Panama
    Panama
    enseignant
    • Posté à 20h25 le 30/09/2008
    • Expert 49071
      enseignant

    Je suis pour l’option « combinaison pour tout le monde ». C’était tellement plus sexe en 1900 :

  • Panama
    Panama
    enseignant
    • Posté à 20h30 le 30/09/2008
    • Expert 49071
      enseignant

    Quant à l’argument « Des seins sexuels si je veux quand je veux »… je ne vois pas pourquoi le vêtement de plage serait moins troublant que son absence. Toujours vers 1900 :

  • Nébuleuse
    Nébuleuse
    Ras les Antennes
    • Posté à 22h08 le 30/09/2008
    • Internaute 51034
      Ras les Antennes

    Bof, il m’est arrivé de rattraper d’extrême justesse le haut de mon soutien-gorge, qui n’était que noué, et mes brasses dorsales ont fait que le lien s’était désserré...

    Je pense que se baigner toutes nues serait beaucoup plus fun (pour les autres)...

    « seins sexuels » : cela veut quoi dire ? De toute façon, avec le bonnet en plastique ou en tissu sur la tête, le sex-appeal en prend un coup !

    Les seins sont l’apanage des femmes... Les cacher, c’est peut être plus susciter l’envie ! M’enfin, si cela leur fait plaisir ! Rien de révolutionnaire là-dedans !

    • egide
      egide répond à Nébuleuse
      Littéral
      • Posté à 09h30 le 01/10/2008
      • Internaute 45067
        Littéral

      On pourrait classer cette information comme un fait divers divertissant et comique, une sorte de revival des d’extravagantes revendications de féministes radicales nostalgiques des mouvements de femmes des années 60-70.
      En fait, c’est plus sérieux qu’il n’y parait, comme souvent dans les médias tout dépend de la manière dont on présente les faits.

      « Seins sexuels » et si, à force d’en voir dénudés dans certains lieux publics, la vision de la poitrine des femmes devenait banale ? Outre, qu’on verrait qu’il existe une considérable variété de configuration corporelle, notre regard sur le corps féminin évoluerait, sans doute en désinvestissant la charge de désir focalisée sur cette partie du corps des femmes.
      Surtout, on considèrerait qu’une femme en dévoilant sa poitrine ne provoquerait pas une incitation à érotiser sa présentation, qu’elle ne prend pas le risque de se signaler comme complaisante à devenir un objet sexuel éventuellement disponible.
      Non, un femme sexy n’appelle pas à ce que des inconnus très entreprenants ne l’abordent comme des chalands en quête d’un service sexuel gratuit.
      Des femmes en monokini dans une piscine publique ne se mettent à l’étal du marché du sexe, elles sont là pour nager, pour éprouver sur leur peau nue la fraîcheur de l’eau et l’agréable sensation que leurs seins si volumineux soient-ils ne pèsent pas quand ils sont immergés.
      Je peux comprendre que des femmes revendiquent de se livrer sans risquer le harcèlement sexuel, sans qu’elles ne se déconsidèrent, aux joies simples du demi-naturisme.
      Nous, les hommes, nous devrions reconsidérer nos attitudes. On peut apprécier des plastiques mammaires et notre plaisir est esthétique. Si envie sexuelle, il y a, elle ne concerne que nous et le désir devrait se porter sur la relation elle-même, attendre pour investir notre libido que le contexte nous permettent de soumettre nos charmes, d’exprimer notre désir de ceux de l’autre dans une reconnaissance mutuelle entre sujets désirants.

      • Panama
        Panama répond à egide
        enseignant
        • Posté à 11h28 le 01/10/2008
        • Expert 49071
          enseignant

        Vous dites :
        « Si envie sexuelle, il y a, elle ne concerne que nous et le désir devrait se porter sur la relation elle-même, attendre pour investir notre libido que le contexte nous permettent de soumettre nos charmes, d’exprimer notre désir de ceux de l’autre dans une reconnaissance mutuelle entre sujets désirants. »

        Point de vue très intéressant, mais j’avoue rester un peu sceptique. La sexualité, pas plus qu’aucune autre dimension capitale de l’existence humaine, ne se laisse pas facilement enfermer dans le schéma (culturellement dominant aujourd’hui) du libre accord entre deux volontés.

        En fait, il y a toujours autre chose. On peut appeler ça l’imaginaire, le social, l’ethos, les mœurs, la culture, etc., mais le fait est que nos relations sont sans cesse débordées par des facteurs qui ne dépendent pas de nous, par des déterminations sur lesquelles nous n’avons qu’une prise limitée (si je puis dire, s’agissant des seins des femmes).

        La revendication des seins nus (qui fut en effet un thème porteur du féminisme des années 70) me semble ressortir d’un désir plus ou moins avoué de déterminer à volonté ce qui compte et ce qui ne compte pas, de maîtriser les effets de nos gestes et postures, en prétendant abolir tout ce qui est de l’ordre symbolique.

        En l’occurrence, l’exhibition des seins (au sens « littéral », comme égide, soit le fait de montrer ; on peut dire aussi « l’ostension », si le premier mot semble péjoratif) me semble garder généralement une forte charge sexuelle, sauf contexte spécifique (l’allaitement reste à mes yeux un des gestes féminins les plus profondément émouvants, et dépourvu de charge érotique).

        Du coup, je ne suis pas sûr de comprendre le sens de la revendication dont fait état Camille : s’agit-il d’érotiser davantage l’ambiance des piscines, ou de contribuer à désérotiser la nudité ? Et dans les deux cas, quel est exactement l’avantage recherché ?

         
        • Camille
          Camille répond à Panama
          Auteur(e) de l'article Mauvais genre
          • Posté à 13h43 le 01/10/2008
          • Internaute 48427
            Mauvais genre

          Au vu du mail que j’ai reçu, je pense qu’Egide a raison. Je pense également que ce groupe de femmes cherche avant tout l’égalité et dire qu’une poitrine de femmes n’est pas plus ou moins érotique qu’une poitrine d’hommes.Leur « papier presse » contenait toute une explication sur le fait qu’on cherchait toujours à masquer le corps de la femme vu comme érotique (le voile pour les cheveux, les jupes longues, etc.) et jamais celui de l’homme. Pour le reste,l’allaitement maternel est souvent perçu comme érotique (voir au cinéma plein de films qui le montre comme tel). Une amie m’a confié avoir eu un quasi orgasme en allaitant (une autre me disait avoir souvent très mal donc ça doit être variable d’une femme à l’autre). Un peintre disait être souvent très ému devant le corps d’un homme donc je partage avec ces femmes l’idée que le corps de l’homme n’est pas spécialement moins érotique que celui d’une femme : tout dépend de qui le regarde et du désir qui y est porté.

          • Panama
            Panama répond à Camille
            enseignant
            • Posté à 18h19 le 01/10/2008
            • Expert 49071
              enseignant

            « tout dépend de qui le regarde et du désir qui y est porté. »
            C’est exactement là-dessus que je ne suis pas d’accord. Ça dépend beaucoup de qui regarde, mais pas seulement. Ça dépend de qui montre ou laisse voir, ça dépend du lieu et du moment, ça dépend de ce que la culture définit comme sensuel, érotique, sexuel, innocent, vulgaire, chaste, etc. L’effet produit est au confluent de tous ces facteurs. Je suis, là-dessus, résolument relativiste, et je pense que la fascinante complexité des relations humaines tient justement à l’impossibilité de dire que « tout dépend » de ceci ou cela.

            Du coup, je crois qu’il faut clarifier la nature de la revendication. Comme souvent les postures militantes, celle-ci est brouillée parce qu’elle prétend à la fois changer l’ordre des choses, et se présenter comme l’expression d’une évidence objective.

            Changer l’ordre des choses : il s’agit de contribuer à modifier le regard porté sur le corps des femmes. Pourquoi pas ? Il y a sûrement beaucoup à faire dans ce domaine. Mais alors, il ne faut pas prétendre en même temps que, de toutes façons, « une poitrine de femme n’est pas plus ou moins érotique qu’une poitrine d’homme ». Le fait est qu’elle est globalement perçue comme plus érotique, qu’elle a globalement une signification sexuelle dont le torse masculin est dépourvu (ici, maintenant, en raison de la longue histoire de nos mœurs). Comme toutes les généralités, celle-ci a ses exceptions. Si on trouve que c’est un état de chose déplorable, sexiste, inégalitaire, rétrograde, on peut militer pour le changer : mais il faut commencer par l’accepter comme état de choses. On ne peut pas décider qu’il n’existe pas. Ou qu’il n’existe que dans la tête de X ou Y.

        • egide
          egide répond à Panama
          Littéral
          • Posté à 15h29 le 01/10/2008
          • Internaute 45067
            Littéral

          @Panama, vous répondez
          En fait, il y a toujours autre chose. On peut appeler ça l’imaginaire, le social, l’ethos, les mœurs, la culture, etc., mais le fait est que nos relations sont sans cesse débordées par des facteurs qui ne dépendent pas de nous, par des déterminations sur lesquelles nous n’avons qu’une prise limitée

          Mais nous avons prise sur ces prédéterminations, ce n’est pas aussi difficile qu’il n’y parait : nous vivons dans une société patriarcale où le masculin prédomine, même si la condition féminine s’est améliorée, sinon en droits mais aussi dans les faits. Cependant, les femmes, en général, de par leur subordination au masculin, doivent se plier à des façons d’être féminine conformément à l’idée qu’en ont les hommes, dont, entre autres celles de se montrer sexy, attirante, érotisante, aimable et douce. De plus, une femme normale doit sans cesse parer le risque des abus ou des violences à caractère sexuel. C’est une seconde nature pour elle que de déjouer, sans dramatiser, les entreprises trop hardies de séduction de beaucoup d’hommes, y compris d’inconnus.
          On peut être regardeur et éprouver la joie pour soi-même de la vision des corps beaux et presque nus de quiconque sans y investir libidinalement et penser que la monstration de certaines parties du corps soit une incitation à des plaisirs charnels.
          Regarder la Maja Desnuda de Goya, sous son voile transparent qui laisse tout voir, ou des Odalisques allanguies, presqu’offertes, n’invite pas particulièrement à passer à l’acte sexuel.
          schéma culturellement dominant aujourd’hui du libre accord entre deux volontés
          j’entends bien de ce dont qu’il est question, l’homme, pas particulièrement violent, s’enquiert du consentement de sa partenaire. Mais la situation est rarement d’égal à égale. Il s’agit de relation sexuelle, bien que Lacan est dénié qu’il y ait relation à caractère sexuel.
          Le schéma habituel, la femme cherche la relation, l’homme le sexe.
          J’avoue que bien que je sois un homme, j’aimerais tant avoir de vrais relations d’amitié avec des femmes.

          • Panama
            Panama répond à egide
            enseignant
            • Posté à 18h51 le 01/10/2008
            • Expert 49071
              enseignant

            Je suis d’accord avec beaucoup des choses que vous dites, tout en relativisant, pour ma part, la caractérisation de notre société comme « patriarcale », qui me semble un peu abusive si l’on compare notre société à des sociétés qui le sont vraiment (patriarcales).

            Pour le reste, pas d’objection. Votre propos a le mérite de faire ressortir que ce qui est en question n’est pas un état de fait, mais une exigence qu’on peut qualifier d’éthique, dès lors qu’il s’agit, pour une bonne part, de discipline du désir.

            Il me semble que la « solution » classique (ou traditionnelle) à ce problème (ne pas laisser l’affect superficiel et potentiellement violent ou dominateur parasiter les relations) s’appelle justement la pudeur, qui vaut autant pour les hommes que pour les femmes. La-dite pudeur, faut-il le rappeler, n’est pas spécifiquement une vertu féminine (sauf dans la conception puritaine dégradée que nous devons à notre triste XIXe siècle), et ne concerne pas seulement, ni même en premier lieu, le vêtement.
            Si l’on juge cette solution dépassée ou répressive, on peut essayer d’abolir les voiles et d’imposer à chacun le devoir d’éteindre en soi-même tout désir. C’est la solution ascétique préconisée par certaines disciplines spirituelles orientales : être impassible devant un corps nu (de femme ou d’homme), réprimer toute velléité de possession, comme nous parvenons à le faire devant un tableau.

            J’espère qu’il est clair que je ne cherche ici à faire autre chose que d’explorer intellectuellement des solutions possibles : je ne porte aucun jugement de valeur, je m’efforce de rester aussi descriptif que possible, dans l’espoir de clarifier le débat.

            • jojo1er
              jojo1er répond à Panama
              27 mars 2010 - No Sarkozy Day
              • Posté à 10h19 le 02/10/2008
              • Internaute 10521
                27 mars 2010 - No Sarkozy Day

              Bonjour Panama,

              D’abord désolé de n’avoir pu poursuivre notre débat sur le sujet précédent, le temps m’a manqué dans le délai imparti pour les commentaires, votre réponse très riche ne pouvait souffrir de réaction improvisée.

              Concernant :
              « on peut essayer d’abolir les voiles et d’imposer à chacun le devoir d’éteindre en soi-même tout désir. C’est la solution ascétique préconisée par certaines disciplines spirituelles orientales : être impassible devant un corps nu (de femme ou d’homme), »

              J’ai constaté dans mon expérience naturiste (et oui aussi...) que le désir suscité par l’exposition des corps pouvait aussi se comprendre comme une réaction à l’inhabituel. Dans un environnement naturiste, la nudité est bien sûr la norme, et tout un chacun reste impassible à la vision de corps dénudés. Ainsi il est possible de contempler la beauté naturelle d’un corps nu sans être tenté d’y associer une image sexuelle. La beauté d’un corps est alors contemplée comme celle d’un arbre, d’un paysage, etc... de la même façon que nous sommes tous capables d’apprécier la beauté de nombres de création de la nature. Le plus surprenant est sans doute la rapidité avec laquelle cette désérotisation de la nudité se produit, la première fois c’est l’histoire de quelques heures, les fois suivantes, c’est quasi instantané et ce sans quasi aucune rechute dans cette érotisation. Dans cet environnement de nudité l’érotisme passe dans les comportements, dans les regards, dans les mots mais pas par le corps.

              Ces constatations m’amènent à me demander si l’érotisme ne serait pas que le fruit de notre imaginaire, ce nourrissant de ce qui n’est pas dit, ce qui n’est pas montré. Dans ce cas l’érotisation de la poitrine ne tiendrait qu’à sa dissimulation. Si celà était vrai, la solution pour la désérotisation de la poitrine ne pourrait-elle être que de prendre le problème à la racine et de suivre ainsi les demandes de ce groupe de femmes.

              Ainsi, si voir la poitrine des femmes à la piscine devenait la norme cette dernière perdrait la raison de son pouvoir érotique. Sans imposer à chacun d’éteindre en lui-même de désir ce qui est difficile à concevoir sans engendrer de frustrations, elle-mêmes suscéptibles d’engendrer des troubles du comportement.

              Et au final l’égalisation du pouvoir érotique des corps des hommes et des femmes ne pourrait elle se résoudre que par une égalisation des normes vestimentaires masculines et féminines ?

              Il est bien sûr entendu ici que je ne cherche qu’a partager des expériences et des réflexions sans jugement de valeur et dans l’unique espoir d’embrouiller le débat.

              Jojo1er, ...en fait j’aime bien les érotisations, mais faut pas le dire, hein...

              • Panama
                Panama répond à jojo1er
                enseignant
                • Posté à 11h21 le 02/10/2008
                • Expert 49071
                  enseignant

                Salut, Jojo1er ! Content de vous retrouver !

                Une fois de plus, votre expérience décidément riche apporte des lumières décisives et vous ne réussissez même pas à « embrouiller le débat » !

                Je crois que cette fois-ci, nous sommes bien d’accord : si le but recherché est de désérotiser les corps, la solution est toute trouvée. Mais, comme vous — et j’ose le dire ! — ça ne me plaît pas du tout comme objectif !

                Par ailleurs, vous le dites très bien : si l’érotisme ne passe plus (entre autres choses, bien sûr) par la subtile tension du voilé-dévoilé, il passera par autre chose — regards, poses, gestes, etc. On ré-inventera des codes, comme semblent l’avoir fait déjà les communautés naturistes.

                Ce que je crois impossible (remarque purement sociologique, une fois de plus), c’est de supprimer les codes, et de soumettre toute communication à l’arbitraire. Pour dire quoi que ce soit (par des mots ou autrement), on passe par des codes : on joue avec, on peut les détourner, les faire évoluer, mais jamais tout seul, jamais de façon purement individuelle et arbitraire, sur le mode du « si je veux quand je veux ».

                Mais, encore une fois, tout n’est pas seulement affaire d’être à poil ou non. Un corps nu peut très bien n’être pas érotique, on est bien d’accord là-dessus.

                • jojo1er
                  jojo1er répond à Panama
                  27 mars 2010 - No Sarkozy Day
                  • Posté à 12h18 le 02/10/2008
                  • Internaute 10521
                    27 mars 2010 - No Sarkozy Day

                  « si l’érotisme ne passe plus (entre autres choses, bien sûr) par la subtile tension du voilé-dévoilé, il passera par autre chose — regards, poses, gestes, etc. On ré-inventera des codes, comme semblent l’avoir fait déjà les communautés naturistes. »

                  En effet. Pour le milieu naturiste (que je préfère à communautés), on constate d’ailleurs une vraie différence entre les comportements selon les deux types principaux de lieux naturistes.

                  Dans le lieu naturiste familial (le seul qui soit vraiment naturiste) des codes se réinventent passant effectivement par des gestes, postures, regards qui ont l’avantage par rapport aux vêtements d’être plus directifs dans leur diffusion de l’information. Celui (ou celle) qui veut se signaler disponible ou en posture d’érotisation se signalera davantage à une population ciblée (celle qui suscite son propre désir) et pourra ainsi s’éviter des sollicitations non désirées. Mais dans ce contexte on s’aperçoit vite que même dans le nouveau code les sollicitations peuvent éventuellement devenir gênantes et si ce n’était le respect partagé par tous dans ces endroits qui écourte les échanges refusés, le frémissement de sourcil nous paraitrait vite aussi lourd que la bonne vieille drague dans la vie textile. Ce qui nous peut nous amener à la conclusion que la gêne ressentie à une sollicitation non désirée n’est pas tant liée à la forme de la sollicitation qu’au fait que tout simplement nous ne la désirons pas. Et si c’était le cas, tous les combats pour minimiser cette gêne deviendraient inutiles.

                  Dans le milieu naturiste libertin (ex : Cap d’Agde), aussi qualifié par certains de nudiste, il n’est pas nécessaire de remettre de nouveaux codes, il suffit de remettre des vêtements pour se ré-érotiser. Dans ces lieux en effet la sexualité est mise en suspens la journée et ces endroits ressemblent alors à tous les autres villages naturistes. Par contre, passé la fin d’après-midi, chacun remets des vêtements et à ce moment l’érotisme absent de la journée revient au galop. Chaque bout de peau dissimulé augmentant la charge érotique. Dans cette configuration qui frise la schizophrénie, il n’y a pas d’érotisme dans la journée quand tous les protagonistes sont nus et tout est érotisme dans la soirée au moment ou tout le monde est habillé. Ce qui me conduit à dissocier complètement nudité et érotisme puisque selon l’environnement (naturiste ou non) les pouvoir érotiques du vêtement ou de son absence sont totalement inversés. En plaisantant, mais pas absurdement, une femme en pantalon et col roulé serait sans doute la plus susceptible de subir un viol en ces endroits.

                  Il est certain que quel que soit l’environnement, personne n’a le pouvoir de choisir ou de faire évoluer ses codes de façon unilatérale, ce en quoi je vous rejoins, pour dire que le « des seins sexuels si je veux quand je veux » est du domaine de l’impossible.

                  Par contre je crois que le combat dont il est question ici n’est pas vraiment ce combat. Il s’agit plus d’être à égalité homme-femme dans l’érostisation du corps. Mais l’homme ne choisit pas non plus si ça poitrine est sexuelle ou pas. Les femmes souhaiteraient-elles avoir une position identique à celle des hommes...à savoir une poitrine quasi-jamais sexuelle ? Je ne crois pas.

                  On en reviens à la question identité-égalité-équité, et entre ces trois termes il faudra choisir un jour ce que les femmes veulent pour elles et ce que la société veut pour les femmes.

                  Il n’en reste pas moins que des combats sont encore à mener, et qu’une plus grande liberté des femmes quand à leurs habitudes vestimentaires serait un bien mais effectivement comme vous l’avez souligné ce slogan n’est sans doute pas le bon, les revendications y sont masquées et le postulat y est biaisé.

                  Bien cordialement,

                  Jojo1er, ...et on en ferait quoi de tous ces stocks de lingerie ? ...

                • egide
                  egide répond à Panama
                  Littéral
                  • Posté à 13h15 le 02/10/2008
                  • Internaute 45067
                    Littéral

                  @Panama & Jojo 1er

                  La dés-érotisation du corps féminin dans certaines situation ne conduit pas à se contraindre à une ascèse ni à l’extinction d’une communication infra-verbale socialement étendue.
                  Mais, nous ne pouvons pas nous opposer à ce qu’une femme, une personne singulière, un sujet social à part entière, affirme « du sexe ? si je veux quand je veux » et cela reste valable même si elle est complètement à poil seule sur une plage déserte naturiste ou pas. Si c’est individuel, ce n’est pas arbitraire.
                  Maintenant, j’ai, moi, homme hétérosexuel, le droit de fantasmer comme je l’entends, et si je trouve terriblement attirante sexuellement cette femme seule nue sur la plage, je n’ai absolument pas le droit de me laisser aller à des instincts de prédateur sexuel et tenter d’abuser cette personne en lui disant même poliment que je voudrais la baiser.
                  Quel arbitraire me permettrait un tel comportement ?
                  Comme je me considère une personne libre et responsable, je ne veux pas déléguer aux femmes en général la responsabilité de réguler mon comportement libidinal. Et si une femme est sexy, surtout si je ne la connais pas, qu’est-ce-qui légitimerait que je l’aborde malicieusement pour obtenir d’elle une faveur sexuelle ?
                  Peu d’entre vous ont eu affaire à une pauvre femme victime d’un trouble de la personnalité, qu’on nomme par hypocrisie, nymphomanie. Elles procèdent toutes de la même manière, chaque fois qu’elles ont affaire à un homme, elles ont une manière de signifier qu’on peut abuser d’elle. Rien d’autre. Un petit signe de rien. Un baiser trop près de la commissure des lèvres, un dévoilement impudique d’un sein, une robe remontée trop haut avec ostentation, le port de vêtement très transparent, etc ... Elles provoquent. Elles ne disent rien. Surtout pas. Elles attendent que l’homme l’entreprenne, se l’approprie comme l’objet sexuel qu’elle feint de vouloir être. Elle va terriblement souffrir de ce qui s’ensuivra, elle s’avilira en subissant la relation sexuelle que l’homme va lui imposer. Malheureusement, c’est de cette souffrance qu’elle tire sa jouissance, de ce mal en elle qui la pousse à son corps défendant de s’offrir au premier venu.
                  Si vous ne répondez pas à sa sollicitation de la violenter, elle ne vous relancera pas. La nymphomanie n’est qu’une forme particulière du masochisme. Si vous n’êtes pas sadique, vous trouverez normal et sain de ne pas accepter de battre une femme qui vous demande pourtant et quelquefois avec insistance de la brutaliser. Il en est de même avec les nymphomanes, on n’a aucune raison valable de la violer parce qu’elle vous le suggère.
                  Et si la loi, comme elle devrait le faire, réprimait comme une violence sexuelle, l’abus que certains hommes font des nymphomanes, comment réagiriez-vous ? En vous récriant que c’est de sa faute à elle parce qu’elle vous a provoqué ?
                  Si j’étais parent d’une de ces pauvres filles je poursuivrais en justice tous les abuseurs de sa souffrance.
                  Et je vous assure, c’est très facile, sans être moine, sans s’adonner au Za-Zen de maîtriser ses pulsions libidinales. Il suffit de les identifier comme telles et, avec responsabilité, de décider par vous-même, d’y céder ou pas, sans jamais faire pression sur quelque femme que se soit qui se trouverait près de vous par hasard. Allumeuse ou pas.

                  • jojo1er
                    jojo1er répond à egide
                    27 mars 2010 - No Sarkozy Day
                    • Posté à 15h25 le 02/10/2008
                    • Internaute 10521
                      27 mars 2010 - No Sarkozy Day

                    Oh là...j’en reste sans voix.
                    ...

                    Mais non :
                    « La dés-érotisation du corps féminin dans certaines situation ne conduit pas à se contraindre à une ascèse ni à l’extinction d’une communication infra-verbale socialement étendue. »
                    Ce n’était pas notre propos, la dés-érotisation du corps (féminin ou masculin, à ce stade on s’en fout) est une alternative à l’ascèse, pas une cause ou une conséquence. C’est aussi l’opportunité d’une nouvelle forme de communication infra-verbale et non son extinction. Si un aliment n’a plus de goût : inutile d’apprendre à ne plus avoir envie d’en manger, il n’y a pas d’envie, c’est tout. Un corps dés-érotisé, ne suscite plus le désir érotique, inutile donc de se mortifier les sens. Il y a une différence fondamentale entre quelque chose qui n’a pas d’odeur et un nez bouché, entre le silence et la surdité.

                    « nous ne pouvons pas nous opposer à ce qu’une femme, une personne singulière, un sujet social à part entière, affirme “ du sexe ? si je veux quand je veux ” “
                    Bien entendu mais force est de lui dire ‘Tu ne peux pas à toi seule définir pour la société ce qui est interprété ou pas par les autres comme sexuel’. Sinon accordez-moi au moins le droit de me promener nu en tous lieux dès que la météo le permet, pour moi ce n’est pas sexuel. Pourquoi aurais-je moins le droit dans ce cas de montrer mes testicules que vous de montrer le bout de votre menton. C’est bien que la définition de ce qui sexuel ne peut être écrite de façon unilatérale. Après il peut y avoir une volonté d’influer sur la définition mais il faut admettre un postulat qui ne soit pas faussé et ensuite agir, pour finir par obtenir ; commencer par obtenir ça ne marche pas, ce n’est pas que je ne le veuille pas.

                    ‘Si c’est individuel, ce n’est pas arbitraire.’ Ce n’est pas individuel puisque l’on parle de la perception qu’à l’autre (à l’échelle de la société), si il y a un émetteur et un récepteur cela fait déjà deux entités. Et l’individualité n’est pas une garantie contre l’arbitraire.

                    ‘je n’ai absolument pas le droit de me laisser aller à des instincts de prédateur sexuel et tenter d’abuser cette personne en lui disant même poliment que je voudrais la baiser.’
                    J’ai toujours eu du ma à accepter certaines interprétations du ‘prédateur sexuel’... Mais ce ne serait pas l’abuser que de lui dire que vous voulez avoir un rapport sexuel avec elle, il n’y aurait là que sincérité. L’abuser serait de lui dire ‘oh comme vous avez raison qu’il est agréable d’être ainsi nu au vent’ dans le but d’avoir un rapport sexuel. Être honnête n’est pas abuser.

                    ‘Comme je me considère une personne libre et responsable, je ne veux pas déléguer aux femmes en général la responsabilité de réguler mon comportement libidinal.’
                    Cette réflexion peut aussi vous être retournée : Si nous considérons les femmes comme des êtres libres et responsables elles n’ont pas à déléguer aux hommes la responsabilité de leur comportement libidinal. C’est pour cela que les hommes et les femmes ont inventé des codes à travers les âges, vouloir les remettre en cause c’est peut-être bien, les nier c’est se tromper.

                    ‘Quel arbitraire me permettrait un tel comportement ?’
                    L’arbitraire de ce qu’il y a de plus vrai et de plus naturel en nous, hommes et femmes : l’instinct de reproduction qui permet de perpétuer l’espèce. Inutile de nier ce qui nous est naturel, par pur plaisir de le nier.

                    ‘Et si une femme est sexy, surtout si je ne la connais pas, qu’est-ce-qui légitimerait que je l’aborde malicieusement pour obtenir d’elle une faveur sexuelle ?’
                    Et si une femme se fait sexy qu’est-ce qui légitimerait que vous ne l’abordiez pas avec candeur pour lui proposer vos faveurs sexuelles ? Ne soyez pas radin voyons.

                    ‘Peu d’entre vous’ ....il y a encore du boulot...pouvez-vous m’écrire ce paragraphe comme s’il traitait d’une maladie masculine ou d’un...trouble de la personnalité touchant un homme ?

                    ‘Et si la loi, comme elle devrait le faire, réprimait comme une violence sexuelle, l’abus que certains hommes font des nymphomanes, comment réagiriez-vous ?’
                    Par les armes je pense. Vous savez à une certaine époque, pas si lointaine que ça, les femmes ont acquis le droit de décider de leur sexualité, celui d’en avoir une sans être mariée, mais aussi sans l’avis de leur mari. Elles ont entre autre acquis le droit à la contraception. Il est juste que les femmes puissent un jour avoir les mêmes droits en termes de sexualité que les hommes. Il serait temps d’arrêter de considérer comme malade/masochiste/dépravée/perverse/impure une femme qui désire avoir une sexualité riche et variée.

                    Malheureusement il existera encore longtemps des mâles comme vous qui contesteront au femmes le droit à la liberté sexuelle, ce droit d’avoir une sexualité pro-active, vous êtes AMHA d’un autre millénaire mais ne vous en êtes pas encore rendu compte, et quand je vous dis ça, je suis infiniment plus aimable que ma femme ne le serait.

                    Jojo1er, ...

                    • Panama
                      Panama répond à jojo1er
                      enseignant
                      • Posté à 16h12 le 02/10/2008
                      • Expert 49071
                        enseignant

                      Ben dites donc ! Qu’est-ce que ce serait si vous n’étiez pas resté « sans voix » !

                      Mais globalement d’accord, donc moi je peux rester sans voix ; -)

                    • egide
                      egide répond à jojo1er
                      Littéral
                      • Posté à 17h01 le 02/10/2008
                      • Internaute 45067
                        Littéral

                      Je constate que nous avons atteint le point où l’argumentation contradictoire laisse la place à l’affirmation d’une opinion, d’une simple doxa.
                      Dommage qu’à la fin, vous vous sentiez obligé d’user de l’amalgame pour, faute d’argument de votre part, tenter de me discréditer.
                      Cette attaque ad hominem donne la vraie nature du rapport que vous entretenez avec l’autre, le pur et simple rapport de force.
                      Vos interventions ne sont pas guidées par une pensée mais seulement par une stratégie qui n’a d’autre objectif que d’instaurer votre domination par tout les moyens de la rhétorique, même les pires.
                      Au moins, vous auriez pu signifier simplement que vous êtes un hédoniste qui met au dessus de tout la satisfaction de ses désirs et que la réalisation de vos fantasmes sexuels vous est un mode de vie en soi.
                      Nous aurions pu en rester là après avoir débattu aux mieux de nos positions respectives. Et nos échanges en restant exemplaires auraient enrichi le débat.
                      Finalement vous êtes comme Jacques Brel, vous ne souhaitez rien tant que d’être beau, beau et con, à la fois !
                      Dommage que Panama ne soit pas un canal (d’infos) mais un chandelier éclairant un monarque qui se fait le contradicteur importun à la parfaite. Non mais !

                      • jojo1er
                        jojo1er répond à egide
                        27 mars 2010 - No Sarkozy Day
                        • Posté à 14h53 le 04/10/2008
                        • Internaute 10521
                          27 mars 2010 - No Sarkozy Day

                        Bien le bonjour à vous,

                        Je trouve dommage que vous constatiez des choses qui ne paraissaient pourtant pas aussi certaines dans mon propos.

                        L’essentiel de mon commentaire me semblait à peu près argumenté ou illustré, c’est justement la majeure partie à laquelle vous vous abstenez de répondre. Le rapport dés-érotisation/ascèse, la possibilité de la définition unilatérale du champ sexuel, la définition de l’abus, la répartition sexuelle de la responsabilité de la régulation du comportement libidinal mais aussi ma demande de réécriture de votre paragraphe sur la nymphomanie sont autant de sujets sur lesquels vous restez muet préférant vous concentrer sur les 7 lignes d’opinion personnelle pourtant pondérées par la notification de l’expression d’un « avis personnel » signalé par ce que la pratique assidue des moyens de communication écrite sur le net me fait trop souvent réduire à l’acronyme « AMHA ».

                        Vous semblez avoir vaguement parcouru quelques unes de mes publications précédentes pour ensuite lancer un jugement lui aussi personnel, maniant l’adjectif comme une insulte, loin de toute pondération puisque sur un ton pour le moins sentencieux.

                        Sachez par exemple que je ne place pas mon plaisir au-dessus de tout car je le place au même niveau que celui des autres et pour une bonne moitié de l’humanité cela nécessiterait un travail de fond sur notre société et nos mentalités, raison pour laquelle je consacre davantage d’effort à ouvrir les points de vue sur la sexualité féminine plutôt que sur mes fantasmes contrairement à ce que vous semblez vouloir affirmer.

                        AMHA (une fois de plus vous voyez), la seule vérité à retenir de votre commentaire est que la rhétorique est inutile et que, comme l’emploi de locutions latines à tord et à travers, si elle donne de la « gueule » à une intervention elle ne suffit jamais à suppléer l’absence de fond.

                        J’apprécie beaucoup l’œuvre du grand Jacques et vous remercie toutefois de m’y avoir comparé, cela faisait bien longtemps que personne ne m’avait offert ce plaisir.

                        Enfin votre attaque contre Panama est complètement injustifiée et déplacée, ses contributions passées nous ont prouvé qu’il était toujours un contradicteur de grande qualité, capable de pédagogie, d’ouverture d’esprit et de combattivité dans une grande courtoisie.

                        Il semble que vous et moi ayons quelques difficultés à communiquer en toute cordialité, toutefois si vous consentez à me permettre parfois l’expression dument signalée d’un avis personnel, je suis disposé à reprendre ce débat là ou il en était avant nos deux commentaires. Bien entendu cette proposition est subordonnée à ce que vous acceptiez qu’un interlocuteur ne puisse être disqualifié par la simple constatation de ses tendances hédonistes.

                        Jojo1er, ...« A Mon Humble Avis »

                        • egide
                          egide répond à jojo1er
                          Littéral
                          • Posté à 11h19 le 06/10/2008
                          • Internaute 45067
                            Littéral

                          Ce blog est vraiment de bonne tenue. Pour tenter de faire meilleure figure et effacer les impressions mauvaises d’une chamaillerie qui nous ridiculise, aussi parce que j’apprécie votre volonté d’apaisement, j’accepte votre proposition de reprendre le débat. Je propose de laisser tomber les propositions les plus aigres-douces de nos échanges précédents parce qu’elles sont hors-sujet.

                          Je précise que j’interviens uniquement d’un point de vue littéraire. Je fais partie des lecteurs de livres de l’espèce la plus hystérique. Et, je pense que la littérature comporte une part de savoir sur le monde.

                          Je considère que toute information, et ça me parait particulièrement vrai pour les médias sur le web, sont des constructions fictionnelles de la réalité. Et donc, je les traite en les interprétant par les mêmes grilles de lectures que celles que j’utilise pour les romans et les biographies par exemple.

                          Pour faciliter la communication, je ne cite que très rarement mes références. Outre que cela alourdi le commentaire, je risque aussi de lui donner un ton extrêmement intellectuel, voire franchement paraitre faire un étalage vaniteux de culture.

                          J’ajoute que pour la compréhension de ce qui va suivre, je suis d’origine européenne, mâle hétérosexuel, ma formation et ma culture sont celles du médian de la classe moyenne. Je n’en tire ni aucun avantage ni prétends dominer une spécialité jusqu’au point de l’expertise.

                          La thèse que j’ai suivi tout au long des commentaires à propos de l’article passionnant qui nous était proposé par Camille est la suivante :

                          La société dans la quelle nous vivons est une sociéré patriarcale ou le masculin domine. Certes, depuis une cinquantaine d’années la condition féminine s’est améliorée. Cependant, dans les mentalités et les comportements, les rapports entre hommes et femmes restent fondés sur la domination de la classe masculine. Et j’ajoute que les rapports entre les hommes sont souvent des rapports de force plus ou moins subtils qui visent à établir une hierarchie.
                          Cette thèse n’est pas très éloignée de ce que pensent les féministes radicales et si je ne partage pas toutes leurs idées, je pense qu’elles ont globalement raison en ce qui concernent la réalité de la domination des hommes dans nos sociétés.
                          Enfin pour que cela soit bien clair, je ne place pas du tout d’un point de vue féminin mais au contraire, ma position est celle d’un homme dans cette société qui pèse les inconvénients et les avantages de cette situation de force dont les hommes sont bénéficiaires.
                          En général, la domination entraine que les dominé(e)s subissent certaines contraintes et violences de la part des dominants. Les actes de violences les plus graves, ceux qui attentent à l’intégrité physique et psychologique, à la dignité humaine des personnes, ceux qui font subir contre leur gré à certain(e)s des sévices sexuels dont le plus commun est le viol pur et simple, ces actes criminels et d’autres, simplement délictueux, sont réprimés et passibles de sanctions pénales sévères si la victime porte plainte.

                          La prédominance du masculin a pour conséquence qu’une part importante de violence à caractère sexuel est tolérée et reste impunie au bénéfice de la gent masculine. Je ne peux pas décrire exhaustivement toutes les actes de violences que subissent les femmes quotidiennement mais je crois que le vocable de harcèlement convient bien pour en regrouper la plupart.
                          Ainsi, dans tout lieu public, les jeunes femmes les plus belles, les femmes sexy, les femmes qui ont des fortes poitrines pourvues quelques soient « potables » si je puis dire, peuvent être prises à parti par des hommes inconnus qui leurs font des remarques salaces, certains vont même jusqu’à leur faire des avances, parfois avec une insistance inquiétante. Il faudrait parler aussi des regards ouvertement pesants de beaucoups d’hommes qui fixent sans discrétion les parties les plus érogènes des passantes à leurs goûts. Dans certains lieux, à certaines heures, toute femme seule et un peu mignonne risquent une agression sexuelle plus grave que ce harcèlement sans que cette brutalité n’aboutisse toujours à un viol caractérisé et il n’y a pas de répression de ce désordre.
                          Je pense qu’il est difficile de nier cette réalité là, sordide, extrèmement banale, et très largement tolérée. Tant et si bien que presques tous les hommes et la plupart des femment ont entériné cet état de fait. Les femmes toujours sur le qui-vive ont l’habitude de gérer ces débordements libidinaux et ont des conduites de prudence et d’évitement. Potentiellement, tout inconnu dans l’espace public est susceptible de dérapage sexuel par des mots, des gestes, des attitudes et, au pire des actes.
                          De plus, on a pris pour habitude de justifier cette violence tolérée, en culpabilisant les femmes de leurs apparence considérées comme incitative à faire réagir des hommes trop enclins à croire qu’une inconnue s’est faite belle et sexy pour allumer tout les hommes comme si elle n’était qu’une femelle en chaleur. Cette réduction de l’humanité féminine au statut d’animal domestique est à la base de toute l’argumentation de l’essence naturel de l’expression du désir des homme à l’égard de toute femme qu’il convoite.
                          Bien que je sois un homme hétéro-sexuel, je considère que je perd dans cette situation de violence tolérée la possiblité d’entretenir avec beaucoup de femmes des rapports cordiaux puisque je sais que je suis de prime abord suspecté d’être animé par des intentions érotiques.
                          Personnellement, j’en suis très géné puisque mes centres d’intérêts, arts et littératures, ont en majorité un public féminin à 60 %.
                          C’est un peu long, je le reconnais mais je crois qu’il était nécessaire de préciser ma position qui ne variera pas sensiblement tout au long de mes commentaires à venir même sur d’autres sujets (voilà, je dévoile toute mes batteries).

                          Pour ce que est des nymphomanies, ce sujet est particulièrement complexe et sous ce vocable, on désigne avec une trop grande imprécision :
                          - des conduites assumées par certaines femmes en conscience et avec maitrise
                          - des comportements à risques d’autres femmes, souvent très jeunes, qui ne réalisent pas forcément les implications pour elles-mêmes de suivre leur pulsions libidinales sans discernement.
                          - un certain nombre de pathologies psychiques affectant quelques femmes, la plus courante et la moins grave, c’est l’érotomanie de femmes qui, d’une façon compulsive, multiplient les relations sexuelles, en usant de multiples partenaires. (Symétriquement des hommes ont ce besoin compulsif de relations sexuelles fréquentes)
                          - Des pathologies beaucoup plus graves, classées parmi les troubles de la personnalité que je ne peux pas décrire en détail mais auquelles je faisais allusion dans un de mes posts précédent sur ce fil de discussion, dont la nymphomanie à caractère masochiste pervers en ce sens que la personne qui en souffre recherche le plaisir de la douleur et de l’avilissement en s’arrangeant pour être traitée comme un objet. Elles sont souvent assez passive pendant l’acte et leurs cris n’ont pas avoir avec la jouissance. Souvent la maltraitance consistant pour ces femmes à sublir un simple coït qui leur fait mal et dont elles ont honte)
                          Au sujet de ces pathologies, il existe une littérature scientifique et médicale spécialisée, bien qu’assez complexe à lire, elle décrit bien la nature et les symptômes de ces troubles comportementaux et valide sans ancun doute la réalité de ces maladies particulières.

                          L’hédonisme, c’est à dire la recherche des plaisirs sensuels y compris sexuels, désigne une forme de comportement social et personnel qui n’a rien de répréhensible et qui, à mon sens, n’attente pas à la morale pourvu que ceux qui s’y prêtent, assument de respecter l’autre pendant leurs plaisirs. Les formes de ces plaisirs sont si variées qu’ont ne peut les citer tous. Aucune n’est condamnable tant que ces pratiques ne sont imposées à quiconque par la contrainte. Dans la vie, certes, ce n’est jamais aussi simple, mais avec de l’attention, de l’amitié, sinon de l’amour, et une éthique respectueuse du partenaire, la plupart des hédonistes y trouvent ce qu’ils recherchent, des satisfactions sensuelles.

                          Cependant, il faut être lucide, en marge de cet hédonisme de bon aloi, quelques uns se livrent à des pratiques plus cruelles et perverses, les jeux de la domination et de la transgression, voire le simple désir de lucre, entraînent à des expériences limites. Même si la contrainte est rarissime, quasi toutes et tous sont des majeurs consentants et responsables, il y a quelquefois des abus de faiblesse. On entraîne des êtres vulnérables à des pratiques qui les dépassent et dont ils souffriront certainement. Mais, c’est le propre des marges de côtoyer les dangers et parfois de s’y complaire.

                          Certains se livrent à l’amalgame de ces pratiques marginales à l’hédonisme pour le discréditer, je n’en fait clairement pas parti. je réprouve cette malhonnéteté intellectuelle.

                          J’ai lu avec attention vos posts sur d’autres articles et beaucoup de vos témoignages ont non seulement le mérite de la sincérité mais en plus ont valeur documentaire. Je les tiens pour authentiques

                          Nous ne serons probablement jamais tout à fait du même avis par le fait même de nos positions différentes. Je n’ai pas l’intention de vous convaincre, ni de stigmatiser vos avis pour les autres lecteurs. J’espère simplement que nous saurons tenir des conversation enrichissantes sans user de qualificatifs discréditants pour mieux faire valir nos propres thèse.
                          Et puis, sachez que j’ai rarement le sentiment d’avoir raison, bien au contraire.

                          Pour conclure je me permets cette citation de l’écrivaine créole Gisèle Pineau
                           »...l’image et le rôle un peu dépréciés des hommes de mes récits. Buveurs, joueurs, lâches, hypocrites, falots, fanfarons, ils ne sont guère montrés sous leur meilleur jour. (...)les hommes eux se reconnaissent. »

                          • egide
                            egide répond à egide
                            Littéral
                            • Posté à 15h48 le 06/10/2008
                            • Internaute 45067
                              Littéral

                            Cher Egide, que de fautes d’orthographes !

                            Je sais, ça va si vite !

                            Culpamissima

                          • jojo1er
                            jojo1er répond à egide
                            27 mars 2010 - No Sarkozy Day
                            • Posté à 16h28 le 06/10/2008
                            • Internaute 10521
                              27 mars 2010 - No Sarkozy Day

                            Heureux de vous retrouver egide, j’avais un instant eu peur que nous finissions peau de vache, Athéna et Zeus ne nous auraient sans doute pas pardonné de vous transformer ainsi ; -)

                            Nos hystéries, nous entrainent, pour les mêmes raisons, à nous modérer dans la citation pompeuse de références, ce qui ne nous empêche pas de comprendre que nous devons sans doute en partager certaines.

                            Pour poursuivre les présentations, je suis hétérosexuel, produit d’une éducation typiquement catholique à la sauce ouvrière. J’ai eu la chance de croiser ou côtoyer quelques esprits libres et érudits, j’espère avoir et j’essaie toujours de tirer le meilleur de ces rencontres, qu’elles soient physiques ou virtuelles.

                            Sans prétendre rejoindre Descartes en termes d’efficacité j’essaie toujours de remettre en cause mes préjugés, d’assoir ma réflexion du doute nécessaire. A ce titre je ne prétends détenir aucune vérité absolue et suis ouvert à toutes opinions qui peuvent être argumentées raisonnablement. Au même titre, je refuse, autant j’y parviens, de considérer tout dogme comme autre chose qu’une possibilité parmi une multitude.

                            Pour achever de vous convaincre de ma capacité à relativiser mes certitudes, sachez que je côtoie pour raisons professionnelles un nombre important d’experts dans des domaines variés, bien qu’ayant pour la majorité un rapport assez proche avec la santé physique ou mentale, que je les écoute avec attention même si je ne manque que rarement de leur soumettre une idée qui me viendrait et qui serait en conflit avec leurs enseignements, j’ai ainsi souvent l’occasion de voir une de mes suppositions renvoyée dans l’absurde qui lui convient. Il m’arrive parfois d’avoir des réflexions jugées pertinentes par les mêmes, ce dont je retire un grand plaisir sans pour autant m’en gaver l’égo, préférant jouir des réflexions ainsi ouvertes.

                            Je me considère plutôt ouvert d’esprit dans le sens ou je ne réfute jamais une opinion sans m’être au préalable intéressé, documenté, questionné. Au même titre je suis très critique y compris envers les idées qui iraient le plus dans le sens des mes thèses ou intuitions.

                            Ces présentations faites nous pouvons en revenir au sujet avant que le lecteur (s’il en reste) ne se lasse trop .

                            Concernant votre thèse je souscris à l’essentiel de ce qui y est contenu. Je vous opposerait toutefois que la liberté ne se limite jamais au droit de refuser, mais comporte en part égale le droit d’accéder. La liberté sexuelle, qu’elle soit celle des hommes ou celle des femmes ne peut se résumer à un pouvoir de dire non. Ainsi nous pouvons concevoir la possibilité d’une entrave à la liberté sexuelle sous la forme d’une privation autant que d’une imposition.

                            La thèse que je défends, et qui n’est pas forcément opposée à la votre, c’est que l’homme use de ces deux limitations à la liberté sexuelle de la femme pour construire et maintenir son pouvoir patriarcal.

                            L’homme tout à la fois impose une certaine sexualité à la femme et lui en interdit une autre.

                            La société toute entière est marquée de ce sceau. Il n’y a qu’à voir le nombre de qualificatifs dépréciatifs destinés à caractériser une femme qui choisit elle-même sa vie sexuelle, en fonction de ses désirs, non en fonction des convenances définies par notre société patriarcale. Je ne vous ferais pas d’inventaire à la Prévert et je me contenterais d’examiner le mot « nymphomane » que vous avez employé et pour lequel il n’existe pas d’équivalent masculin. Qualifier ainsi une femme qui vit une sexualité riche, ou très riche, en toute maitrise et sans altération de la personnalité est une façon, consciente ou non, de lui contester ce droit. Lui contester ce droit c’est faire entrave à sa liberté sexuelle, et si l’entrave n’est que verbale, elle n’en est pas moins forte puisque soutenue à l’échelle de la société et même par des féministes.

                            Je considère pour ma part que la liberté sexuelle ne peut se départir de ses deux principes fondamentaux, le droit au « oui » comme le droit au « non », la liberté positive ou la liberté négative, si vous préférez.

                            Je considère comme violence faite aux femmes toute atteinte à l’une ou l’autre de ces libertés.

                            Par ailleurs à un échelon moindre les hommes peuvent aussi subir ces types de violences sexuelles, de la part de femmes ou d’hommes, je pourrais développer si vous souhaitez.

                            La liberté sexuelle ne peut donc se concevoir que dans l’acceptation complète de ces termes : « le libre consentement » et _uniquement_ dans ces termes. Ainsi si une femme désire un homme elle devrait pouvoir le lui signifier sans craindre de jugement, par exemple « nymphomane », ni des hommes, ni des femmes.

                            Vous vous plaignez de perdre nombre d’opportunités de relations intellectuelles avec des femmes par la cause d’une assimilation de votre approche à celle d’un dandy. Mais cette assimilation n’est, à mon humble avis, que le témoin de la liberté niée aux femmes, celle d’être aussi des initiatrices des relations sexuelles. Dans un monde ou la femme aurait toute liberté sexuelle, la responsabilité de la proposition d’un échange sexuel n’incomberait pas uniquement aux hommes comme aujourd’hui. Les hommes ne ressentiraient pas ce besoin de se faire pressants auprès de la gente féminine, puisqu’il saurait que si une femme à envie de lui elle pourrait le lui signifier clairement. A égalité sur ce point l’homme ne serait pas vu comme exclusivement dirigé par ses hormones et toute tentative d’approche ne serait pas assimilée à une invitation sexuelle.

                            J’ajoute par ailleurs que si des hommes sont parfois insistants, on ne peut exclure la responsabilité de notre modèle féminin idéal, à savoir que la femme ne doit pas être « facile ». Selon ce modèle, si elle n’est pas « facile » elle ne doit pas se laisser tenter au premier abord, et donc attendre que l’homme ait déployé un certain nombre d’efforts avant de lui signifier son accord, sous peine d’être déconsidérée. Ce modèle a cet effet pervers d’imposer aux hommes d’être insistants car si une femme modèle refuse sa première approche, ce n’est pas forcément qu’il ne l’intéresse pas, mais cela peut-être tout simplement qu’il s’agit d’une femme modèle, pas d’une femme facile et que pour savoir si il est attirant à ses yeux il se doit d’insister, sous peine perdre l’opportunité d’une relation pourtant désirée par les deux. Certains sont plus lourds que d’autres, j’en conviens mais la responsabilité des protagonistes ne peut-être jugée hors contexte et le contexte est cette négation du libre consentement féminin par la force de ce que l’on pourrait appeler l’opinion publique. Si une femme qui se sent tentée d’accepter les propositions d’un homme ne devait par convenance le faire « mariner un peu », sans doute que la première réponse négative ne serait pas soumise au doute comme dans notre société.

                            Je précise pour bien cadrer mes propos que l’on me reproche régulièrement de ne pas être assez pro-actif ou pas assez insistant dans mes « opérations » de séduction, je préfère me faire séduire plutôt que séduire.

                            Vous avez enfin raison de rappeler l’importance de l’éthique dans une pratique visant à satisfaire à l’hédonisme. Il faut de l’éthique en sexualité, quelle qu’elle soit. J’aimerais que tous les tenants du sacrosaint « pas de sexe sans amour/mariage/argent » disposent juste d’autant d’éthique que j’en vois dans les soirées dédiées au libertinage de mœurs, en toute lucidité. Mon éthique se base sur l’affirmation suivante : pas de sexe sans désir manifeste et manifesté.

                            Je conviens que nos divergences persisteront sans doute longtemps, mais je suis heureux de constater que nos conversations s’orientent dans un sens plus positif, à même d’enrichir chacun de nous, et nos lecteurs...

                            Jojo1er, ...

                            • egide
                              egide répond à jojo1er
                              Littéral
                              • Posté à 18h10 le 06/10/2008
                              • Internaute 45067
                                Littéral

                              La dernière utopie sociale pas encore réalisée malgré des progrès de la condition féminine dans nos sociétés, c’est celle de l’émancipation des femmes de toute tutelle.

                              Cependant, on constate, un peu partout, que beaucoup de femmes sont en forte demande de protection même si leur liberté s’en trouve diminuée. Le désir de sécurité l’emporte sur l’indépendance. Cela permet à certains d’entre nous de la jouer protecteurs et sécurisants pour séduire et souvent avec sincérité. Il faut avouer que ça leur réussit.

                              Il ne faut pas sous-estimer les vertus et le respect envers les femmes dans certaines sociétés. Des femmes ne vivent pas trop mal dans des sociétés très patriarcales et hiérarchisées. Ce sont les sociétés premières, celles que les tenants de la colonisation appelaient du vocable péjoratif de sociétés primitives.

                              • jojo1er
                                jojo1er répond à egide
                                27 mars 2010 - No Sarkozy Day
                                • Posté à 11h53 le 07/10/2008
                                • Internaute 10521
                                  27 mars 2010 - No Sarkozy Day

                                Le renoncement à la liberté en échange de la sécurité est une aspiration partagée par nombre d’être humains, indépendamment de leur genre, même le mauvais.

                                Toutefois ce renoncement peut-il être à l’initiative d’un tiers, qui pour la femme serait l’homme, ou doit-il être limité par la nécessité de l’expression préalable d’un désir de sécurité ?

                                En matière de liberté sexuelle, pour les adultes, la règle résultant de la révolution sexuelle se devait d’être une fois de plus la primauté du principe de libre consentement, contre lequel peut-être ne peut être opposé que l’incapacité à un consentement libre. La société reconnaissant ainsi à chacun la capacité, à priori, de déterminer sa vie sexuelle. Le paternalisme protecteur, même assorti des meilleures intentions, représente un effet inverse. Il conduit à considérer les femmes comme toujours mineures et ainsi incapables, au même titre qu’un enfant, de déterminer par leurs propres choix leur sexualité.

                                Qui pourrait avoir le droit de définir ainsi les femmes comme éternellement mineures ?

                                Je dis ceci sans chercher à dévaloriser le respect et l’admiration portées aux femmes dans certaines sociétés éminemment patriarcales, je pense juste que ce n’est pas la liberté.

                                Jojo1er, ...

        17 autres commentaires
  • fée.minista
    fée.minista
    féministe tant qu'il le faudra
    • Posté à 13h50 le 01/10/2008
    • Internaute 54603
      féministe tant qu'il le faudra

    Tou-te-s torse-nu à la piscine !

    Nous aurons tou-te-s remarqué qu’il n’y a pas de femmes se baignant torse-nu à la piscine.
    Pourquoi ? Question d’atteinte à la pudeur nous répondra-t-on certainement.
    Pourquoi le corps des femmes devrait-il être considéré comme impudique ?
    Le corps des femmes est toujours vu comme dangereusement sexuel. Or les seins ne sont sexuels que parce qu’on les voit comme tels. Le corps des hommes peut également exciter alors pourquoi ne pas contraindre les hommes à mettre des combinaisons ?
    Cette logique relève d’un contrôle toujours implicite mais agissant qui décrète que le corps des femmes est par nature sexuel. Il faut alors le cacher pour ne pas exciter, pour ne pas choquer l’autre et risquer d’entacher la réputation des femmes et l’honneur de leur famille.
    Aux femmes alors d’attacher en permanence une attention drastique sur la manière dont elles se tiennent (ne pas s’avachir, ne pas être dans une position d’attente dans l’espace publique qui serait assimiler à une position de disponibilité sexuelle). Aux femmes de surveiller la surface de peau découverte qu’elles laissent à voir.
    Il y a indéniablement un régime spécial qui s’applique toujours à la tenue des femmes, contre celui des hommes qui serait normal et neutre. Et qu’elles n’aillent pas se plaindre de se faire agresser ou emmerder si elles ont osé déroger à la règle !
    On s’insurge du voile (ou contre les femmes qui portent le voile), pourtant le haut de maillot de bain relève de la même idéologie : cachons cette peau qui risque d’exciter le mâle qui sommeille !
    Ne pouvons-nous tout simplement pas avoir le droit de nous habiller à notre gré, sans avoir peur du regard de l’autre ? Ne pouvons-nous pas abandonner cette idéologie ridicule qui continue de penser les femmes comme des proies par nature et qui fait passer les hommes pour des bêtes régies par leurs pulsions ? Système qui permet de faire passer un homme qui montre son cul comme un gai-luron et qui assimile forcément le cul des femmes à quelque chose de sexuel.
    Ce système est de plus hypocrite puisqu’il demande aux femmes de ne pas être impudiques tout en leur assignant le devoir d’être belle et de plaire (et de porter des petits bikinis mettant bien leurs formes en valeur).

    Des seins sexuels si je veux quand je veux !

    • Panama
      Panama répond à fée.minista
      enseignant
      • Posté à 19h20 le 01/10/2008
      • Expert 49071
        enseignant

      On ne peut contester à fée.minista le grand mérite de pointer vers quelques aberrations fort significatives de notre état social.
      Je voudrais juste lui demander pourquoi elle n’embrasse pas résolument la seule conclusion viable de son propos : imposer le port de la combinaison aux hommes, et poursuivre en justice toute exposition de chair masculine qu’elle jugerait offensante ? Pourquoi ne pas demander à Untel de reboutonner un peu sa chemise qui laisse voir son torse avantageux ? Militer contre le port du string masculin comme féminin (personne ne peut prétendre sérieusement que le bikini est « pudique », je suppose) ? Et bien sûr, traquer les regards concupiscents, trancher les mains baladeuses et botter les culs nus ?
      J’exagère un peu, certes, mais cela mis à part, je préfère nettement conserver la charge érotique de la nudité plutôt que de prétendre l’abolir. Et cela vaut, malgré quelques différences superficielles, pour les hommes comme pour les femmes. Les codes varient un peu, mais la présentation du corps reste, pour les uns comme pour les autres, une dimension essentielle de la présentation de soi.

    • hoshiko
      hoshiko répond à fée.minista
      • Posté à 16h25 le 07/10/2008
      • Internaute 28938

      « Il y a indéniablement un régime spécial qui s’applique toujours à la tenue des femmes, contre celui des hommes qui serait normal et neutre. »

      J’ai une autre explication à ça : nous vivons dans un monde fait pour des hommes et dirigé (donc regardé) par des hommes (hétérosexuels, s’entend : un homosexuel étant considéré comme femelle ou eunuque).

      Donc les hommes quasi-nus (mais quand même, faut pas montrer la taille de sa bip) n’excitant pas les autres hommes hétérosexuels, ils peuvent se balader en simple petit short, c’est pas grave*.

      * sauf que c’est interdit par la loi : la plupart des villes ayant des arrêtés municipaux qui prohibent le torse nu.

  • Camille
    Camille
    Auteur(e) de l'article Mauvais genre
    • Posté à 14h53 le 02/10/2008
    • Internaute 48427
      Mauvais genre

    Toute mon admiration aux commentateurs de ce quickie ! Décidemment les débats sont « haut de gamme » sur les quickies !

    • egide
      egide répond à Camille
      Littéral
      • Posté à 17h11 le 02/10/2008
      • Internaute 45067
        Littéral

      On a craqué sur la fin. C’était trop difficile. Il y a quelque chose d’indomptable chez les femmes. Faut toujours qu’elles fassent les belles et ça n’est même pas sexuel ! =))

      • Panama
        Panama répond à egide
        enseignant
        • Posté à 23h34 le 02/10/2008
        • Expert 49071
          enseignant

        C’est moi qui vous colle les 5 pastoches, parce que je ne suis pas rancunier ; -)

  • Panama
    Panama
    enseignant
    • Posté à 16h22 le 02/10/2008
    • Expert 49071
      enseignant

    Un bon quickie, c’est comme un sein juste entrevu : plus c’est bref, plus on y pense longtemps… D’ailleurs, comment s’étonner que le problème des hauts fasse débat ?

    Merci à Camille aussi, donc.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h31 le 02/10/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Le port de la combinaison intégrale à la piscine, ça me fait furieusement penser à « l’avènement des chats quantiques » de Pohl.

    Enfin, je soutiens de tout mon coeur leur action. Et j’assume parfaitement le fait que mon soutien n’a aucune conviction politique mais seulement lubrique : D

  • Pollo
    Pollo
    sort de chez Volkswagen
    • Posté à 17h33 le 02/10/2008
    • Internaute 49935
      sort de chez Volkswagen

    Si c’est visible, ça veut donc dire qu’on aura le droit de regarder, rassurez-moi ?
    (c’est fait pour, non ? comme les décolletés)

    • jojo1er
      jojo1er répond à Pollo
      27 mars 2010 - No Sarkozy Day
      • Posté à 10h17 le 05/10/2008
      • Internaute 10521
        27 mars 2010 - No Sarkozy Day

      Si c’est visible ce n’est pas forcément pour que vous le regardiez, vous confondez « visible » et « montré », « voir » et « regarder ».

      On montre ce que l’on veut que l’autre regarde. Ce qui visible c’est juste ce que l’on estime pas nécessaire d’être caché, ce qui peut être vu.

      Jojo1er, ...

  • Nébuleuse
    Nébuleuse
    Ras les Antennes
    • Posté à 00h16 le 03/10/2008
    • Internaute 51034
      Ras les Antennes

    Mais pourquoi les femmes n’auraient-elles donc pas le droit de montrer leurs attributs, leurs charmes, sans que les hommes aient envie de leur sauter dessus ou de les « dévisager » d’un regard lubrique ?

    @ Pollo :
    Un décolleté : ’est-ce fait pour être regardé ? ’... Pas de tout ? Tout vient de la coupe du vêtement, et vous, hommes naïfs, vous pensez que c’est un appel à vos regards sur les profondeurs des gorges de la vallée (quand elles en valent le coup !)... qu’est-ce que cela s’agite dans vos chères petites têtes !

    • jojo1er
      jojo1er répond à Nébuleuse
      27 mars 2010 - No Sarkozy Day
      • Posté à 12h52 le 05/10/2008
      • Internaute 10521
        27 mars 2010 - No Sarkozy Day

      Ne voyez dans mon commentaire aucune malice mais il semble que vous fassiez la même confusion que Pollo en employant le verbe « montrer ».

      Puis-je me permettre de traduire votre commentaire sous cette forme :
      « Pourquoi les femmes devraient-elles cacher leurs attributs pour éviter que les hommes aient envie de leur sauter dessus ou de les dévisager d’un regard lubrique ? » ou alors tenez-vous particulièrement au « montrer » ce qui donne un sens différent à la question et donc appelle une réponse différente.

      Il y a une différence, par exemple, entre le port d’un décolleté quand il fait chaud et celui d’un wonderbra.

      Jojo1er, ...oui je sais, je suis chiant.

  • alex75012
    alex75012
    debout
    • Posté à 13h26 le 03/10/2008
    • Internaute 53716
      debout

    Moi je soutiens ... ça c’est de la révolte comme j’aime.
    Féministe et obsédés sexuels même combats !

    Ceci dit, ça sera peut être pas très beau à voir...Des fois, un vêtement, ça avantage. Mouais...finalement, elles ont quel âge les révoltées du deux pièces là ?

    Nan parce que bon hein...à Montalivet ou au cap, des fois, un scrabble, c’est mieux.
    Moi je n’honore pas tout le monde de mes regards lubriques attention !

    Je me demande si c’est pas un regroupement de moches en fait. Des moches divorcées qui en ont marre qu’on bave sur leurs filles de 25ans...en maillot elles.

    Ouais, nan tout bien réfléchi, l’obsédé sexuel dit maillot !
    Pouah...on vois de ces trucs de nos jours...

    • Nébuleuse
      Nébuleuse répond à alex75012
      Ras les Antennes
      • Posté à 14h52 le 03/10/2008
      • Internaute 51034
        Ras les Antennes

      @ Alex75012 :

      Alex nous réinvente le « soutien gorge », comme certains la pompent à vélo.

      Je précise que certaines poitrines de jeunes de 25 ans tombent (comme des gants de toilettes !), alors que celles de femmes de plus de 50 ans sont souvent très jolies à regarder !

      A bas le jeunisse, et non les génisses, comme les bonnets de nuit !