Temoignage 02/10/2008 à 12h06

Pyrénées : nos moutons sont-ils plus avantagés que nos enfants ?

Elodie SOS | co-présidente sos ecoles de montagne

Mi-septembre, une internaute pyrénéenne a contacté Rue89 pour un coup de gueule. Mère de famille et élue locale dans un petit village, elle dénonce la politique de l’académie de Toulouse, qui ferme les classes en zone rurale en se basant sur les mêmes seuils qu’en ville. Sans tenir compte de la densité à la montagne.

Je m’appelle Elodie et j’ai deux petites filles de 4 et 2 ans et demi. J’habite dans un petit village de la vallée de Luchon, située dans le département de Haute-Garonne. Je suis née à Paris et j’y ai vécu jusqu’à la fin de mon adolescence.

Après la fac à Toulouse, nous avons, avec mon mari, choisi de vivre au village. Choix qui implique de renoncer à une carrière professionnelle plus intéressante permettant de valoriser ses diplômes supérieurs ou d’avoir une vie culturelle plus riche. Choix qui permet en retour une qualité de vie incomparable et d’élever ses enfants dans de bonnes conditions.

Ici, nous vivons presque tous du tourisme montagnard avec le ski l’hiver et les activités de montagne en été. Nous passons de moins de 6000 habitants hors saison à plus de 30 000. Venez nous voir, vous serez charmés par nos montagnes et nos jolis villages. Par contre vous serez consternés, comme nous, en apprenant, que pour maintenir les classes ouvertes, l’académie impose les mêmes seuils qu’à Toulouse.

D’un coup, six classes qui ferment

Ainsi, en septembre dernier, une classe a fermé le lendemain de la rentrée sans avoir respecté les procédures légales. Puis, juste avant les vacances de février, en catimini, l’académie a écrit aux maires concernés pour les informer de la fermeture d’une classe pour effectifs insuffisants (26 élèves). D’un coup, six classes qui disparaissent !

A la suite d’une manifestation, de 2962 signataires de la pétition exigeant une zone de montagne, de 48 délibérations communales pour exiger aussi cette zone, d’une bonne médiatisation locale, puis de la création de l’association SOS écoles de montagne, et pouf pouf ! Rien n’est supprimé.

En tant que co-présidente de l’association et maire adjoint, j’entreprends une recherche d’informations. Quelle fut ma surprise de découvrir qu’ailleurs, les choses ne se passent absolument pas ainsi : en Ariège et dans les Hautes-Pyrénées, départements limitrophes, il est prévu des zones de montagne avec des effectifs différents. Dans le Val d’Aran espagnol, à 9 kilomètres de chez nous, les classes ferment au-dessous de 6 élèves !

Nous sommes classés en zone montagne et haute montagne par la loi montagne de 1985 qui définit le statut propre à notre agriculture. Nos moutons seraient donc plus avantagés que nos enfants ? ! J’en conclus qu’il nous faut absolument voir l’inspecteur d’académie et mobiliser les élus locaux. Cela ne pouvait être qu’une erreur simple à réparer. Mais le constat est là : tous les courriers adressés à l’Inspecteur d’Académie par SOS Ecoles de montagne, par les conseillers généraux, par le député et le sénateur sont restés sans réponse. Un silence méprisant qui dit ce que nous sommes : rien.

Médiatiser votre cause est le seul moyen de déboucher les oreilles académiques, nous a-t-on soufflé. Mais que veut l’académie ? Faire des économies ? Plus de la moitié des écoles de nos cantons de montagne ont fermé, le temps de trajet de nos enfants a doublé. Les collèges ferment leurs options, leurs choix de langues, le lycée de Luchon est menacé de fermeture. Faudra-t-il que les lycéens fassent 90 km par jour, par des routes souvent difficiles en hiver ?

Qui vous donnera votre forfait de ski, Monsieur l’inspecteur d’Académie ?

Dans ces conditions, vivre avec des enfants en milieu rural devient absurde. Fermons nos maisons et regagnons la grande ville ! Mais qui vous donnera votre forfait de ski Monsieur l’inspecteur ? Qui entretiendra les pistes, qui vous accueillera à l’auberge ? Vous entrevoyez le cauchemar des vallées désertes ? Alors, mettons nous autour d’une table pour discuter et trouver des solutions. Nous ne demandons pas la lune, juste le statu quo.

Elodie a lancé une pétition sur le Net.

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 17h40 le 02/10/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    vous vous souvenez de la fable du rat des villes, et du rat des champs ?

    ben là c’est pareil, le ministre de l’éducation est un rat des villes, et il n’a aucune idée de ce que peut-être les problèmes, la sociologie des campagnes et autres lieu étranger autre que son univers...

    bienvenue dans le monde de l’uniformité, de la rationalisation.
    Ce qui induit bien sur : l’incompréhension, et le rejet de ce qui n’est pas uniforme...une espèce de racisme franco-français en quelque sorte. Un racisme campagnes-villes, plaines-montagnes ?
    on en a déjà assez avec celui des soit-disant races..non ?

    pôvre de nous...

  • AmandineH
    AmandineH
    employée
    • Posté à 16h19 le 02/10/2008
    • Internaute 42565
      employée

    Rejoignez l’appel des 21 en le signant et le faisant signer L’éducation est notre avenir : il ne doit pas se décider sans nous !
    On se retrouve le 19 à Parsi des cars seront affrétés dans toute la France et d’ici là bonne lutte.
    Vous savez dans l’école de mon fils (dans une grande trop grande ville) ils n’ont plus le droit de courir, car trop d’enfants donc trop d’accidents. Ils jouent à chat marché....

  • Pierre de Vienne
    Pierre de Vienne
    Peintre,artiste
    • Posté à 16h22 le 02/10/2008
    • Internaute 7398
      Peintre,artiste

    Vous avez en choisissant de vivre en montagne opté pour une « qualité de vie inconparable », ce choix est un luxe que n’ont pas la pluspart des gens qui vivent dans les zones urbaines.Au nom de quel principe d’égalité vos enfants auraient plus de droits que les enfants des banlieues qui auraient bien besoin d’apprendre dans des classes non surchargées ? La montagne est par nature un désert que quelques privilégiés peuvent habiter,vos enfants ont de la chance.

    • Gedeon Grois
      • Posté à 17h15 le 02/10/2008
      • Internaute 11813

      Peins-tu aussi bien que tu raisonnes ? (résonnes ? ? ? ?).
      Où as-tu lu qu’il est demandé plus de droit (au nom du principe d’égalité ! ..) ?
      En tant que Pyrénéen moi-même, je fais mienne la demande :
      VOULEM VIURE AL PAIS.
      Tu as fait ton choix, camarade, laisse nous donc faire le notre, avec l’utilisation de nos impôts, qui valent bien les tiens.

      • Servais-Jean
        Servais-Jean répond à Gedeon Grois
        43
        • Posté à 17h39 le 02/10/2008
        • Internaute 4591
          43

        Hou la la, ça chauffe dans le landerneau pyrénéen, ils ne se laissent pas faire et puis faites attention car ils peuvent vous envoyer les ours aux fesses.
        Pardon pour les dames.

    • Wladimir
      • Posté à 16h15 le 03/10/2008
      • Internaute 23813

      Bonjour,

      Je n’imaginais qu’il y avait des interdictions pour certaines personnes (dont apperment vous faites partie) de vivre à la campagne
      C’est quand même dégueulasse !

  • Pierre de Vienne
    Pierre de Vienne
    Peintre,artiste
    • Posté à 18h18 le 02/10/2008
    • Internaute 7398
      Peintre,artiste

    Ben, oui, la peinture est suffisamment bonne pour qu’elle puisse subvenir à mes besoins (de rat des villes)et payer comme vous des impôts. Je m’étonne simplement que des choix de vie particuliers devraient bénéficier de traitements exeptionnels. Habiter dans son pays, oui, mais en accepter les inconvénients, prévoir les déplacements que cela suppose, sont des arguments qui me paraissent raisonnables. L’isolement est superbe, profitez en.

  • Yémanja
    Yémanja
    Dans l'eau
    • Posté à 21h17 le 02/10/2008
    • Internaute 15640
      Dans l'eau

    Normal, depuis le départ de l’ancienne rectrice, puis le « remplacement » de l’inspecteur de la Haute Garonne, le nouveau est un moine soldat du Sarkozisme.

    IL FAUT RENTABILISER LES INSTITS !
    Si vous n’êtes pas content allez dans le privé.

    Sa seule réflection, lorsqu’il se déplace dans une école, c’est de savoir si au moins les instits appliquent la méthode syllabique !
    Rien au contraire sur les classe surchargées de Toulouse (de 29 à 31 en CM2).

    Bref un idéologue réactionnaire appliquant son petit livre bleu et les instructions de son ministre à la lettre.

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 22h16 le 02/10/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Le rêve de certains ministres :
    éduquons des moutons !

    Lien

    • Wladimir
      Wladimir répond à skalpa
      • Posté à 16h16 le 03/10/2008
      • Internaute 23813

      L’outil pour le faire :

      La télévision ?

  • michel 13
    • Posté à 13h21 le 03/10/2008
    • Internaute 49378

    Nos politiques peuvent toujours dénoncer la désertification des campagnes et des zones montagneuses mais ils y contribuent largement en fermant les services publics (poste, écoles, etc.), ce qui entraîne la disparition des commerces puis des habitants qui s’exilent pour trouver de meilleurs services. Il va de soi qu’en diminuant le nombre d’enseignants il faut fermer des classes. Le budget 2009 sera pire que celui de 2008.

  • Alex Engwete
    Alex Engwete
    Consultant
    • Posté à 09h47 le 05/10/2008
    • Internaute 45440
      Consultant