vos critiques 29/09/2008 à 20h46

Entre les murs : la Palme de la démagogie

Laurent Dauré et Dominique Guillemin | Journaliste et enseignante

Laurent Dauré et Dominique Guillemin sont respectivement critique de cinéma et professeur d’histoire-géographie. Ils nous ont envoyé cette critique de « Entre les murs » que nous publions ici in extenso, en marge de la synthèse de vos critiques du film sorti le 24 octobre.

Sean Penn souhaitait récompenser un « film politique ». Politique, le film de Laurent Cantet l’est assurément. Une ambition dont nous ne saurions contester la légitimité, tant l’école de la République est au cœur des enjeux qui traversent la société française. Si l’on en juge par les commentaires qu’il suscite, Entre les murs ferait figure de réplique iconoclaste à une poussée conservatrice à l’œuvre dans l’éducation nationale. L’unanimité des éloges – jusqu’à ceux du ministre Xavier Darcos – atteste pourtant d’un profond malentendu sur le sens à accorder au film. En effet on peine à déterminer ce que Cantet sauve, dénonce ou prescrit dans l’école qu’il montre à l’écran. Une ambiguïté qui se retrouve dans les nombreux entretiens qu’il a accordés.

Ainsi, il a affirmé que « le débat sur l’Ecole est suffisamment idéologisé pour que nous nous soyons montrés très vigilants à ce qu’aucun discours idéologique ne se glisse dans le film (1) ». Les critiques ont loué cette posture neutre, mimant le documentaire, ainsi que le réalisme social de son cinéma. Mais Cantet déclare aussi :

« Mes positions politiques transparaissent à travers ma vision de l’école,
c’est certain (2). »

Un film politique pourrait ainsi se soustraire à toute idéologie… Que Laurent Cantet en soit conscient ou non, son film repose sur des prémisses idéologiques. Il le reconnaît d’ailleurs explicitement en approuvant la pédagogie de François Bégaudeau :

« C’est sans doute celle que j’aurais souhaitée pour moi et mes enfants (3). »

L’école comme laboratoire de la « civilisation mondiale »

Alors, de quelle école se fait-il le prescripteur (4) ? Il a voulu faire part de son « désir d’une école plus ouverte à la réalité qui nous entoure, plus ouverte au langage, à la diversité, à la transmission, au fait de vivre ensemble, d’une école qui ne soit pas
un sanctuaire où les élèves pourraient se débarrasser de ce qu’ils vivent et de ce qu’ils sont (5) ». Des propositions exprimées dans une phraséologie aussi vague que répandue – depuis le racolage publicitaire jusqu’à la communication politique – relevant d’un désordre intellectuel et langagier. Pour commencer, il faudra bien se pencher un jour sur cet usage omniprésent du terme « diversité », mot de passe privilégié du jargon de la mondialisation. Présentée comme le remède à tous les maux de la société française, la diversité se substitue à l’égalitarisme républicain jusqu’à devenir une fin en soi.

Mais de quoi s’agit-il au juste ? Pour Laurent Cantet, c’est la « diversité de profils dans la classe [qui] en fait la richesse :

“J’ai passé ma scolarité dans une petite ville de province. Nous étions entre ‘ petits blancs ’, de la classe moyenne, parce que le collège unique n’existait pas encore. (…) Mes enfants me semblent beaucoup plus ouverts sur le monde en allant au collège à Bagnolet, dans une classe ressemblant à celle que je décris, que moi à leur âge (6) ”.

De tels propos entretiennent une confusion malvenue entre la mission de brassage social de
l’école et une vision ethniciste de la société. Les jeunes français issus de l’immigration sont enfermés dans le rôle d’éléments “ exotiques ” d’une civilisation mondiale fantasmée dont l’école serait le microcosme (7). En somme, une version postmoderne du noir de service où l’on préfère sacrifier une assimilation possible pour
encourager des aspirations identitaires finalement conflictuelles.

L’école de la tchatche

Dans cet esprit, les termes “ diversité ”, “ métissage ”, “ multiculturalisme” ou “ mixité ” sont employés indifféremment, sans jamais être explicités, privilégiant une conception esthétique de la société au détriment d’une véritable critique sociale.
L’école de la “ tchatche ”. Refusant de proposer des références communes aux élèves, l’école de Cantet met l’accent sur leur personnalité et leur “ créativité ”.

Comme le réalisateur le dit lui-même, “ beaucoup de profs seront d’accord avec cette idée que les élèves n’apprennent rien si ils ne comprennent pas pourquoi ils doivent l’apprendre et que sans un certain plaisir à être à l’école, on n’apprend pas grand-chose. Le plaisir préside dans ces échanges, cette ‘ tchatche ’, ces passes d’armes –
les gamins aiment être dans l’opposition (8). ”

Il suffit donc juste de “ jouer le jeu de la confrontation, de la délibération, afin qu’une parole juste des élèves puisse surgir (9)”. Ce qui se traduit dans le
film par des scènes de “ stimulantes joutes verbales (10) ” où ni la “tchatche ” des collégiens, ni la répartie du professeur ne parviennent à nous convaincre qu’il s’agit là d’un réel apprentissage.

L’école ne sort pas grandie de la mise en scène appuyée de ce qui n’est qu’un pugilat verbal. Marin, le professeur du film, dialogue en effet, mais avec cinq ou six personnalités marquantes, et non pas avec l’ensemble de la classe. C’est la parole de ceux-ci qui est “libérée ”, et elle seule, écrasant celle de la majorité silencieuse
réduite au rôle de spectatrice du conflit de prestige engagé entre ses camarades et l’enseignant. Pour que son cours se fasse au bénéfice de tous, il lui faudrait limiter cette parole intempestive, et donc établir son autorité. S’il ne le fait pas, c’est parce qu’il refuse d’endosser la légitimité de sa fonction au prétexte d’une posture faussement égalitaire.

La médiocrité pour tous comme idéal démocratique.

Rejetant la mise à distance (l’école “ n’est ni une forteresse, ni un sanctuaire (11)”), le professeur adopte une approche compassionnelle qui relègue au second plan la transmission des connaissances. Qu’enseigner en effet lorsqu’il s’agit d’abord “ d’accepter une remise en question du savoir par les élèves (12)” ? Bégaudeau se refuse
à s’associer au rôle salutaire d’une école dont les murs devraient faire écran entre les difficultés quotidiennes des enfants et leur découverte des savoirs. Ainsi, flattant les petites individualités – la sienne y compris –, il adopte une pédagogie de la séduction qui révèle un désir de fusionner avec une éternelle adolescence qu’incarneraient ses élèves.

François Bégaudeau revendique lui-même une certaine immaturité :

“ Je ne suis pas né prof et je suis assez peu
adulte. Or, un prof se doit d’être un ‘ suradulte ’. J’ai toujours
eu du mal à dire à un élève : ‘ il faut penser à ton avenir ’ alors
que je n’aime rien tant que les jeunes qui s’en foutent (13)”.

Cet esprit de démission s’explique par la volonté d’instaurer un rapport
d’égalité entre le professeur et ses élèves. De toute façon, “aucun prof ne peut prétendre être un bon prof (14)”. On s’efforce alors de “ se mettre à leur niveau ”, “ d’aller les chercher ”, “de négocier avec la classe ”. Avant même d’enseigner quoi que ce soit, les prérequis de la transmission des connaissances sont eux-mêmes discutés (silence, discipline, autorité – rien ne va de soi).

Or,l’enseignement est une activité inégalitaire par essence, le savoir et la responsabilité étant d’un côté et pas de l’autre. Ceux qui par commodité intellectuelle n’assument pas cette position se justifient souvent à la manière de Cantet lorsque celui-ci dit, par exemple, que l’école serait “ un terrain d’expérimentation de la démocratie, de la citoyenneté (15) ”.

C’est une “ école d’après l’école ” qui est ainsi décrite, recherchant désespérément l’égalité, elle ne la trouve que dans la médiocrité pour tous ; une post-école qui favorise l’exclusion qu’elle prétend combattre.

Quoi qu’en dise Laurent Cantet, Entre les murs est un film idéologique. S’il s’en défend, c’est pour mieux contredire le “ fantasme actuel de la faillite scolaire (16)” et couper court à toute critique. Comme chacun sait, l’idéologue, c’est toujours l’adversaire. Ainsi, neutre mais engagé, dans le confort de ses idées vagues, il célèbre les manifestations du désastre éducatif faute de vouloir les dénoncer.

Applaudisseurs de l’air du temps, Cantet et Bégaudeau ne sont nullement les iconoclastes progressistes qu’on nous a présentés. Gageons qu’une fois les récompenses récoltées et le tumulte médiatique tari, il ne restera d’Entre les murs que le souvenir d’une parodie de débat. Le contraire de ce dont a besoin l’école.

François Bégaudeau disait :

“ Moi, je crois à l’historicité, c’est-à-dire à l’évolution des choses, que ce soit dans le langage, le corps, les mœurs… Je pense que l’on gagne là où l’on perd. Depuis une dizaine d’années, on a affaire à une génération de jeunes beaucoup plus doués physiquement. Le corps bouge mieux. On a sans doute gagné en énergie ce que l’on a perdu
en culture classique ou en qualités argumentatives (17).”

1 Laurent Cantet, entretien avec Dominique Widemann, L’Humanité, le 24
septembre 2008.
2 Propos recueillis par Bernard Achour, Illimité UGC, septembre 2008.
3 Entretien avec Elise Domenach et Grégory Valens, Positif, septembre
2008.
4 “ J’aimerais que les personnalités politiques qui ont applaudi mon
film à Cannes ou ailleurs, parfois même sans l’avoir vu, aient
l’honnêteté de transposer cet enthousiasme dans leurs actes. Parce
qu’on ne peut pas dire que les décisions relatives à l’école de
l’actuel gouvernement soient vraiment raccord avec leurs concerts de
louanges ”. Propos recueillis par Bernard Achour, Illimité UGC, septembre
2008.
5 Propos recueillis par Bernard Achour, Illimité UGC, septembre 2008.
6 Libération, le 22 septembre 2008.
7 “ Cette école est traversée par le monde ”, Laurent Cantet, propos
recueillis par Laure Becdelièvre, www.cinelycee.com, le 4 juillet 2008.
8 Entretien avec Laurent Cantet par Juliette Cerf et Luce Vigo, Regards,
septembre 2008.
9 Laurent Cantet, entretien avec Laurent Rigoulet, Télérama, janvier
2007.
10 Laurent Cantet, propos recueillis par Bernard Achour, Illimité UGC,
septembre 2008.
11 Laurent Cantet, La Croix, le 24 septembre 2008.
12 Laurent Cantet, entretien avec Laure Becdelièvre, www.cinelycee.com,
le 4 juillet 2008.
13 François Bégaudeau, entretien avec Stéphanie Lamome et Isabelle
Danel, Première, septembre 2008.
14 Laurent Cantet, entretien avec Philippe Lagouche, La Voix du Nord, le
23 septembre 2008.
15 Propos recueillis par Laure Becdelièvre, www.cinelycee.com, le 4
juillet 2008.
16 Propos recueillis par Laurent Rigoulet, Télérama, janvier 2007.
17 Entretien avec Stéphanie Lamome et Isabelle Danel, Première,
septembre 2008.

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  • Dave Feng
    • Posté à 21h39 le 29/09/2008
    • Internaute 27954

    Remarquons tout de même que les auteurs de cette tribune mêlent sans les distinguer, mais quand cela les arrange, les propos sur le film et les propriétés du film même.

    Par exemple, ils nous rapportent des propos de Cantet sur les qualités du multiculturalisme. Mais, si on se rapporte au film (et il est dommage qu’un critique de cinéma ignore que la plus élémentaire prudence critique passe par le rejet de l’intention comme sens de l’oeuvre...), on voit un récit qui n’est pas travaillé par la question « culturelle ». C’est la question de la culture qui, clairement, travaille ceux qui se drapent dans le républicanisme bon teint et attaquent ce film sur ce point.

    Autre point qui travaille les auteurs de cette tribune : l’autorité. Alors ça, c’est leur truc, l’autorité.

    Mais la seule autorité dont puisse se prévaloir l’enseignant, c’est l’autorité sur son savoir - et non une autorité sur les élèves, un pouvoir de contrainte de corps ou d’esprit. Et puis il doit avoir cette force morale de croire en l’intelligence (chez lui et chez les autres).

    L’enseignant doit renoncer à l’autorité - non pas être faible ou fort, mais simplement refuser de légitimer le rapport de forces comme rapport de base avec les élèves.

    Les rapports de force tournent de plus en plus au désavantage des enseignants qui s’appuient dessus - non que la société se barbarise - mais parce que les individus ont de plus en plus de mal à vivre sous la férule d’un maître qui fait comme si nous étions encore dans la société de l’Ancien Régime.

    Pour ma part, je suis consterné que l’on oppose à Cantet une aussi médiocre tribune dont l’idéologie fait l’économie de deux cents ans de réflexion sur les rapports entre l’école et la démocratie. Freinet ? Jacotot ? Dewey ? Ilitch ? Revenez !

    • mechante langue
      • Posté à 14h35 le 30/09/2008
      • Internaute 28480

      « Mais la seule autorité dont puisse se prévaloir l’enseignant, c’est l’autorité sur son savoir - et non une autorité sur les élèves, un pouvoir de contrainte de corps ou d’esprit. “

      Non ! Ce qui légitime l’autorité du prof c’est son savoir , et c’est le fait d’etre un adulte .

      ‘L’enseignant doit renoncer à l’autorité - non pas être faible ou fort, mais simplement refuser de légitimer le rapport de forces comme rapport de base avec les élèves.’

      Avec ça on est mal parti !
      Comment justifier alors l’école obligatoire ? ? ? ?

      • Dave Feng
        • Posté à 14h55 le 30/09/2008
        • Internaute 27954

        Je ne pense pas qu’être un « adulte » marque une différence fondamentale dans le cas qui nous intéresse. Il faut plutôt s’appuyer sur une identité de condition. L’élève peut apprendre, l’enseignant peut apprendre, car ils sont tous deux des intelligences. Il y a déjà toutes une série de distinctions entre l’enseignant et l’élève - différences culturelles, sociales, différence de fonctions dans la classe. Ce n’est peut-être pas la peine d’en ajouter d’autres.

        Quant à votre réflexion sur l’école obligatoire - ce n’est pas parce que quelque chose est obligatoire que l’on doit renoncer à faire éprouver sa nécessité. Se réfugier sous la règle « c’est obligatoire », c’est un légalisme vain. C’est peut-être obligatoire - mais il n’est pas sain que la présence de l’élève soit liée à cette seule obligation - elle peut être motivée - par exemple le plaisir d’apprendre.

         
        • mechante langue
          • Posté à 15h18 le 30/09/2008
          • Internaute 28480

          « Je ne pense pas qu’être un “ adulte ” marque une différence fondamentale dans le cas qui nous intéresse. Il faut plutôt s’appuyer sur une identité de condition »

          Premiére nouvelle !
          Etre adulte c’est etre autonome et responsable . L’école a pour mission de donner à des élèves les moyens culturels et cognitifs pour etre un adulte .

          « L’élève peut apprendre, l’enseignant peut apprendre, car ils sont tous deux des intelligences »

          Vous avez beau etre l’enfant le plus intelligent du monde ce que vous avez appris , on vous l’a transmis. Depuis Pasteur je ne crois plus a la théorie de la génération spontannée

          « Il y a déjà toutes une série de distinctions entre l’enseignant et l’élève - différences culturelles, sociales, différence de fonctions dans la classe. Ce n’est peut-être pas la peine d’en ajouter d’autres. »

          Meme la plus fondementale et la plus élémentaire ?

          « Quant à votre réflexion sur l’école obligatoire - ce n’est pas parce que quelque chose est obligatoire que l’on doit renoncer à faire éprouver sa nécessité »

          Plus haut vous écrivez : « Mais la seule autorité dont puisse se prévaloir l’enseignant, c’est l’autorité sur son savoir - et non une autorité sur les élèves, un pouvoir de contrainte de corps ou d’esprit. “
          Mais je vous signale que la plus forte contrainte sur le corps et l’esprit des enfants c’est de les obliger a aller a l’école

          ‘ C’est peut-être obligatoire - mais il n’est pas sain que la présence de l’élève soit liée à cette seule obligation - elle peut être motivée - par exemple le plaisir d’apprendre.’

          Que les élèves soient motivés par le plaisir d’apprendre , c’est certainement mieux . Il n’empeche que s’ils ne le sont pas c’est le meme tarif .
          En outre il faut mettre le plaisir a sa place c’est a dire relative : l’apprentisage de la frustration fait parti de l’éducation .

          • Dave Feng
            • Posté à 15h44 le 30/09/2008
            • Internaute 27954

            Je ne crois pas que votre notion de l’adulte soit cohérente. Ou, du moins, elle n’est pas plus cohérente que la conception courante.

            Vous suggérez donc que l’on apprend aux gens à être ce que de toutes façons ils seront, qu’ils l’aient appris ou non. Car, à 18 ans, on devient « adulte » n’est-ce pas ? Donc, jusqu’à 18 ans, on peut vous traiter comme un singe - mais après, on vous respectera.

            Si je résume, vous proposez de passer par un moyen, aliénant, pour obtenir une fin contraire, l’autonomie. Je ne vois aps comment un moyen peut servir une fin qui lui est contraire et crois plutôt que le choix d’un moyen dit tout. Vous cherchez, au moyen de l’inégalité, à fabriquer des égaux. N’est-ce pas plutôt en traitant les gens comme des égaux qu’on en fait des égaux ?

            Ce que je reproche à une éducation centrée sur l’autorité, c’est de passer par un moyen contraire à la fin qu’elle professe et, ainsi faisant, d’aboutir à une contre-finalité - non l’émancipation, mais l’humiliation et l’aliénation.

            Je ne dis, en aucune cas, que l’élève en sait autant que le maître - mais, comme le maître, il est capable d’apprendre par lui-même.

            Ce que les gens savent, ils l’ont appris - mais, la plupart du temps, ils l’ont appris par eux-mêmes quand on a placé sous leurs yeux une expérience, un problème, ou un texte - quand on leur a permis de faire des choses, quand ils ont eu l’occasion d’user de leurs facultés propres. On apprend par soi-même, dans des conditions organisées à cette fin.

            C’est au contraire la notion de « transmission des savoirs » qui est complètement irréelle - comme si le savoir était une substance que je pouvais retirer de ma tête et la placer dans les tête d’autrui sans l’action volontaire de ce dernier.

            Aller à l’école est une contrainte par réalisme - si cette contrainte n’existait pas, il est vraisemblable que nombre de personnes préfèreraient s’aliéner dans des travaux serviles dès le plus jeune âge.

            Mais on ne doit pas perdre de vue l’idéal qui inspire tout cela : que les personnes recherchent l’éducation pour s’émanciper. Donc, il convient de continuer à chercher à relégitimer la présence à l’école. Chaque jour.

            • mechante langue
              • Posté à 16h25 le 30/09/2008
              • Internaute 28480

              « Vous suggérez donc que l’on apprend aux gens à être ce que de toutes façons ils seront, qu’ils l’aient appris ou non. »

              Heuuuu... c’est même le but de l’éducation .

              « Car, à 18 ans, on devient “ adulte ” n’est-ce pas ? “

              Non on devient majeur .
              Il va falloir un peu de rigueur dans vos concept

              ‘Donc, jusqu’à 18 ans, on peut vous traiter comme un singe - mais après, on vous respectera.’

              Ouille , ouille .
              D’abord on devient adulte , c’est un état qu’on atteint progressivement : si vous voulez un autre mot , on appellera ça la maturité .

              ‘Donc, jusqu’à 18 ans, on peut vous traiter comme un singe - mais après, on vous respectera.’

              Eh ben .
              Pour vous considérer un enfant comme un enfant c’est le considérer comme un singe ? Bigre ! ! !

              ‘ Vous cherchez, au moyen de l’inégalité, à fabriquer des égaux.

              Mais je ne cherche rien ! Il n’y a pas égalité’ entre adulte et enfant pas plus qu’entre prof et élèves . Prétendre instaurer une supposée égalité c’est de la pure fiction

              ‘ N’est-ce pas plutôt en traitant les gens comme des égaux qu’on en fait des égaux ?’

              Je cherche le sens mystérieux de cette phrase ..je cherche

              ‘Ce que je reproche à une éducation centrée sur l’autorité, c’est de passer par un moyen contraire à la fin qu’elle professe et, ainsi faisant, d’aboutir à une contre-finalité - non l’émancipation, mais l’humiliation et l’aliénation.’

              C’est du blabla idéologique .
              D’abord la lutte contre l’aliénation , elle se fait par la connaissance , et la connaissance ça se transmet entre quelqu’un qui enseigne et quelqu’un qui apprend : voyez déja votre égalité elle n’existe pas .
              Ensuite qu’entendez vous par émancipation : l’émancipation par rapport a ses parents ?

              ‘Je ne dis, en aucune cas, que l’élève en sait autant que le maître - mais, comme le maître, il est capable d’apprendre par lui-même.’

              Ben non . 99% de ce que vous savez on vous l’a transmis . Vous n’apprenez pas spontanément , ce sont les parents , les profs ou les pédagogues qui vous y amènent

              ‘C’est au contraire la notion de transmission des savoirs ’ qui est complètement irréelle - comme si le savoir était une substance que je pouvais retirer de ma tête et la placer dans les tête d’autrui sans l’action volontaire de ce dernier.”

              Ben oui ! Comment avez vous appris a écrire ,a additionner , a faire du vélo .... Les savoirs que vous avez , vous ne les avez pas trouvé tout seul , on vous les a transmis . On utilise pour cela la pédagogie . Et la pédagogie c’est justement l’art d’apprendre aux autres et a reflechir . Et , c’est pour aggraver votre cas ,réfléchir cela s’apprend

              “Mais on ne doit pas perdre de vue l’idéal qui inspire tout cela : que les personnes recherchent l’éducation pour s’émanciper”

              Je ne comprend toujours pas le sens de cette phrase

              • Fondriest
                Fondriest répond à mechante langue
                http://spermufle.wifeo.com/
                • Posté à 16h42 le 30/09/2008
                • Internaute 49865
                  http://spermufle.wifeo.com/

                « Mais on ne doit pas perdre de vue l’idéal qui inspire tout cela : que les personnes recherchent l’éducation pour s’émanciper »

                Je ne comprend toujours pas le sens de cette phrase

                ==> AMHA ça doit vouloir dire : finir par penser que le principe même de l’autorité, c’est de la merde en branche, complètement intolérable. J’ai même lu récemment sur rue89 que l’obéissance à l’autorité, c’était le commencement du fascisme.

              • Lucien_de_Rubempré
                Lucien_de_Rubempré répond à mechante langue
                Splendeur et misère des court- (...)
                • Posté à 22h49 le 30/09/2008
                • Internaute 50016
                  Splendeur et misère des court- (...)

                Qu’est-ce qui vous arrive mechante langue ?
                Des réponses mesurées et argumentées et ceci sur une vingtaine de lignes...je ne vous reconnais plus...mais c’est bien, cela nous change de votre haine de l’humanité, expédiée d’habitude en 3 lignes : -)

                PS : j’ai même mis un « top » sur toutes vos réponses. Je ne pensais pas que cela m’arriverait une jour... : -)

              • Dave Feng
                • Posté à 12h51 le 03/10/2008
                • Internaute 27954

                Bonjour Méchante langue,

                Pardon d’avoir tardé à vous répondre (j’étais en voyage). Je vous indique que j’ai rédigé un petit texte peut-être plus clair qui expose de manière plus organisée ce que je cherche à dire.

                Voici le lien :
                Lien

                Bien à vous,
                DF

        6 autres commentaires
  • Jacky Soulié
    • Posté à 22h39 le 29/09/2008
    • Internaute 24828

    La vraie question est : Confieriez-vous vos enfants à un prof qui n’enseigne rien comme Bégaudeau ? Moi non !
    Tout le reste n’est qu’onanisme stérile.

    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 14h59 le 01/10/2008
      • Internaute 41144

      Exactement. Moi non plus, je n’aimerais pas lui confier mes enfants, mais malheureusement les parents n’ont pas le choix - d’où l’afflux dans les écoles privées et les listes d’attentes.

      Ce qu’on nous montre dans ce film est INDIGNE. C’est à cause de ce genre de conneries que l’école - sous couvert de pseudo-égalitarisme - est devenue aussi INEGALITAIRE : les enfants d’origine modeste réussissent PLUS MAL à l’école de la République aujourd’hui qu’il y a 50 ans ! Les enfants de cette classe qui pourraient réussir, qui ont besoin de l’aide de l’isntitution pour réussir, sont lâchement abandonnés à leur sort, et plus que jamais l’école se contente de reproduire les élites - cad ceux qui n’ont pas besoin d’elle pour réussir, car leur famille détient la clé du code et peut pallier les déficiences.

      Et on se demande pourquoi certains parents sont prêts à tout pour échapper à la carte scolaire !

      Comme enseignante, je me suis toujours battue contre cette lamentable démagogie. Je me suis toujours également décarcassée pour que mes élèves éprouvent du plaisir à apprendre, mais ça n’est absolument pas incompatible avec l’autorité, au contraire. L’autorité de l’adulte est aussi INDISPENSABLE dans une classe que dans une famille, elle n’est absolument pas synonyme de maltraitance, au contraire !

      La société confie aux enseignants ce qu’elle a de plus précieux : ses enfants. Elle leur verse un salaire pour qu’ils mènent à bien la mission la plus importante qui soit : les instruire. Le professeur dépeint dans le film ne justifie pas son salaire : il NUIT aux jeunes qui lui sont confiés en prétendant « se mettre à leur niveau ». C’est une honte : les enfants ne vont pas à l’école pour que les adultes se « mettent à leur niveau », mais pour que ceux-ci les fassent progresser tant en ce qui concerne le savoir, le savoir-faire, que le comportement en groupe.

      • Lucien_de_Rubempré
        Lucien_de_Rubempré répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
        Splendeur et misère des court- (...)
        • Posté à 16h04 le 01/10/2008
        • Internaute 50016
          Splendeur et misère des court- (...)

        En ce qui concerne l’autorité, on vous fait confiance : -)
        (même si je suis d’accord à 100 % avec ce que vous dites).

  • Lucien_de_Rubempré
    Lucien_de_Rubempré
    Splendeur et misère des court- (...)
    • Posté à 05h33 le 30/09/2008
    • Internaute 50016
      Splendeur et misère des court- (...)

    « On en reste bouche bée au point qu’on ne peut pas ne pas en venir à songer à une hypothèse. Ne s’agit-il pas d’une opération politique mûrement réfléchie pour mettre sous le nez de la nation française ce qui est présenté abusivement comme l’échec du service public d’éducation ? Bégaudeau ne jouerait dans ce cas que le rôle de “ l’idiot utile ”. Le pouvoir se serait saisi de son livre parce qu’il réussit le tour de force de faire porter la responsabilité de l’échec sur les seuls professeurs qui ne sont manifestement pas au niveau de leur tâche. L’administration, elle, reste dans l’ombre, innocente de ces horreurs qui sont montrées deux heures durant, alors qu’elle en est la grande organisatrice, comme “ responsable, selon les textes, de l’ordre et du bon déroulement des enseignements dans l’établissement ”. Elle réussit le tour de force de sortir indemne du désastre qu’elle organise.
    [...] Si l’on garde en mémoire un certain rapport de l’OCDE de 1996 qui a indiqué la marche à suivre pour “ la faisabilité d’une politique de l’ajustement ”, extraordinaire euphémisme, entendu des seuls initiés, ne s’agit-il pas de hâter la liquidation d’un service public dont il ne reste déjà plus rien “ entre les murs ” et ouvrir la voie royale, avec l’assentiment du peuple, à sa privatisation ? »
    Lien

  • lesuperdidou
    lesuperdidou
    Saltimbanque
    • Posté à 08h27 le 30/09/2008
    • Internaute 46485
      Saltimbanque

    Le cinéma de Cannes ne peut être que du showbusiness.

  • RETRO
    RETRO
    artiste guitariste/chanteur/ (...)
    • Posté à 10h05 le 30/09/2008
    • Internaute 50175
      artiste guitariste/chanteur/ (...)

    la methode freinet a du bon,cela depend de celui qui l’applique,moi ça m’la fait,on devellope le potentiel de reflexion et pas la facuté « d’eponge cerebrale“(ta geule et apprend par coeur)

  • karlM
    karlM
    Précaire
    • Posté à 10h31 le 30/09/2008
    • Internaute 21378
      Précaire

    Quelques profs comme « entre les murs » sont une respiration, mais attention à l’hyperventilation

  • mechante langue
    • Posté à 14h25 le 30/09/2008
    • Internaute 28480

    Excellente analyse

    • Fondriest
      Fondriest répond à mechante langue
      http://spermufle.wifeo.com/
      • Posté à 15h22 le 30/09/2008
      • Internaute 49865
        http://spermufle.wifeo.com/

      Excellent commentaire

  • mass0
    mass0
    athée et citoyen du monde
    • Posté à 09h52 le 01/10/2008
    • Internaute 21240
      athée et citoyen du monde

    Je me permet de répondre à ce texte même si je connais les auteurs.

    Je trouve que le titre de l’article aurait du être : « Critique idéologique pour film idéologique » ou quand une démagogie en rencontre une autre.

    Dans ce texte ressort (j’imagine que c’est voulu) une vision de l’école qui va bien sûr à l’opposé de celle du film de Cantet et Begaudeau. Mais on y retrouve le même ton idéologique. Les deux écoles qui s’opposent et celle conservatrice qui prônent l’autoritarisme et le mérite , quitte à laisser sur le chemin tout ce qui ne le mérite pas, sans aucun regard sur les causes extérieurs d’échec.
    L’autre que j’appellerais libéral , même si le mot est biaisé de nos jours, qui consiste à se mettre au niveau des élèves, ce qui entraine la plupart du temps une perte de contrôle du professeur, qui se retrouve aussi perdu que ses élevés.( ce que montre bien le livre de Begaudeau).

    Je me demande s’il n’y a pas un juste milieu à ces deux écoles. L’autoritarisme est à mon sens un concept dépassé, les élèves d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’il y a 50 ans. il y a 50 ans , l’autorité était une force autosuffisance, par peur de la coercition brutale l’élève restait dans la ligne, même si pour cela on lui interdisait toute liberté.
    Avec la montée de la violence sociale, l’autorité n’est plus à même de pouvoir faire taire un grand nombre d’élèves, car la brutalité extérieur sera toujours plus forte que celle que le professeur pourra provoquer. Donc il est nécessaire de trouver une autre solution que la coercition comme forme de contrôle sur une classe.

    Mais le laxisme totale ne peut être une solution, ma conception de l’école, est qu’elle sert à l’élève non pas pour devenir adulte, mais pour apprendre la sociabilité et à réfléchir par soi-même.

    Beaucoup pense que se n’est qu’une porte pour trouver une bonne formation et un emploi,à mon avis, c’est la une erreur, qui jour après jour enfonce le système éducatif dans le marasme le plus complet.

    On demande à l’école, de créer des moutons compétitifs d’un point de vue productif. C’est là que le professeur, à un rôle idéologique. Il doit au contraire chercher à inciter à une pensée rebelle, pour que l’enfant soit exciter et ainsi aller plus loin dans la recherche de la connaissance.

    Revenir au 19eme siècle à l’école est une mauvaise idée, on voit ce que cela donne au niveau de la société, être totalement laxiste et être « cool » avec ces élèves n’est pas une solution, non plus, il y a obligatoirement un milieu, dans l’histoire.