Entretien 29/09/2008 à 01h00

« Si le travail peut rendre malade, c'est parce qu'il nous construit »

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Les réponses de la psychologue Marie Pezé à vos questions dressent un constat implacable de l’étendue des souffrances au travail.

Rue89 est allé poser vos questions à Marie Pezé, psychologue et psychanalyste, auteur du livre « Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés, Journal de la consultation Souffrance et Travail (1997-2006) ».

La première question retenue est une affaire de définition. Car quand on parle de souffrance, de quoi s’agit-il au juste ? LJ se demandait si « ce phénomène est largement répandu ? Et dans quels types de travail et de positions hiérarchiques ? ». (Voir la vidéo.)



Avec Sitoihien nous avons glissé sur un autre terrain, celui de la place centrale qu’occupe le travail dans notre identité intime. Sitoihien citait « Hannah Arendt, qui, dans “La condition de l’homme moderne” fait la différence entre le travail, l’oeuvre et l’action. En gros le travail concerne la production, l’oeuvre concerne la création artistique, et l’action concerne la politique ».

Marie Pezé n’a pas voulu engager la polémique avec Hannah Arendt mais, en tant que psychanalyste, a précisé certains concepts. (Voir la vidéo.)



Ce qui nous amène à une autre question : puisque, de plus en plus, on entend dire qu’il y a de nombreux « chômeurs heureux », voire que vivre sans travailler serait un plus court chemin vers le bonheur. Une question qui a « dérangé » Marie Pezé. (Voir la vidéo.)



Brividi, internaute qui a été victime de harcèlement moral, a témoigné de ce que ce ne sont pas toujours les plus fragiles qui sont les victimes. « Je me suis révélée à moi-même bien plus combative et résistante que ce que j’aurais pensé », dit-elle.

Et elle poursuit :

« A cette occasion, j’ai découvert que ce qui est étonnant (effrayant quand on est dans cette valse sordide) c’est la façon dont le groupe cautionne souvent par son silence (ou même par des actes) ce qui se passe de douloureux : la tentative de mise à mort (certes pas physiquement, mais pouvant conduire au suicide par exemple) d’un individu dudit groupe…

“Tant que le ‘ chef ’ tape sur quelqu’un, il fout la paix aux autres, tout en leur envoyant des signaux de ce qui pourrait leur arriver si d’aventure ils devaient se retrouver dans sa ligne de mire.”

La question de l’attitude du groupe a été jugée déterminante par Marie Pezé. La passivité de ses collègues aggrave la souffrance d’un individu. “Si on ne crée pas un minimum de solidarité dans le groupe de travail, la mise au ban de quelqu’un peut être organisée extrêmement facilement”, prévient la psychanalyste.

Et de lancer un appel : “Revenons vers la solidarité au travail, c’est ça qui va sauver nos collègues en difficulté et nous sauver le jour où nous serons en difficulté.” (Voir la vidéo.)



Autre question qui est souvent revenue, celle de la précarité. zbigniew la formulait ainsi :

“Un salarié confronté à une organisation du travail saine, à des supérieurs et des collègues de travail qui reconnaissent pleinement ce qu’il apporte au quotidien, à qui on laisse une certaine autonomie, etc… peut-il être un salarié heureux, ou plutôt ‘non souffrant’, tant qu’il est payé au lance-pierres et qu’il a un contrat précaire ?”

Marie Pezé reconnaît que la peur de perdre son travail est un “levier de soumission” pour tous, même en CDI. D’ailleurs, à travers les SDF, chaque jour nous avons sous nos yeux l’image de ce que nous pourrions devenir en cas de perte de notre emploi. (Voir la vidéo.)



Einna s’interrogeait de son coté sur le fait que “dans une même entreprise avec les mêmes conditions de travail, les mêmes chefs certains souffrent, d’autres pas” :

“Il me semble que la souffrance au travail est aussi à prendre dans une dimension personnelle celle du rapport du sujet à l’autre, à la demande de l’autre, à son désir de faire (bien faire ou faire pour avoir un salaire et vivre, etc.).”

Et en revenait ainsi à l’idée que tout ne dépend pas des conditions de travail, mais du vécu de chacun.
A quoi Marie Pezé fait une réponse un peu surprenante :

“On ne peut plus dire que seuls les plus fragiles décompensent, il y a trop de gens qui souffrent pour cela ! Ce sont au contraire les salariés les plus authentiques, ceux qui sont les plus attachés au travail qui craquent en premier.” (Voir la vidéo.)



Fantou, elle, a voulu insister sur le fait que “le management n’explique pas tout” :

“Par exemple, dans l’Education nationale, où il y a pas mal de souffrance au travail. Les salariés qui exercent des métiers de relation travaillent dans des conditions particulières, qui, au-delà du management, sont sources de souffrance.”

Pour Marie Pezé, il y a en effet un problème à laisser ces salariés gérer seuls en première ligne l’augmentation des violences dans la société. (Voir la vidéo.)



Enfin, nous avons abordé avec Marie Pezé la question de la prévention. “Comment agir avant qu’il ne soit trop tard ?”, nous ont demandé nombre d’internautes. Réponse :

“En entreprise déjà, il y a le médecin du travail, qu’on voit normalement tous les ans et à qui on peut faire des visites spontanées. Il faut aller lui dire si l’on ne va pas bien, ultérieurement cela peut servir de preuve.

‘Ensuite, il y a les délégués du personnel et syndicaux, les comités d’hygiène et de sécurité des conditions de travail (CHSCT), et puis le médecin généraliste, qui le cas échéant peut prononcer un arrêt de travail.’

‘Sur Internet, vous trouverez la liste des consultations Souffrance et Ttravail. Quant à l’inspection du travail, il faut savoir qu’elle n’intervient que sur le plan pénal, donc ça ne concernera que les cas les plus graves.’

‘Quand on est dans l’hyperactivité, qu’on mange trop, ne dort plus, qu’on a mal au ventre avant d’aller au travail... prenez du recul, allez voir les gens autour de vous, vos collègues en premier lieu.’

Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés, Journal de la consultation Souffrance et travail (1997-2006) de Marie Pezé - éd. Village Mondial - 204p., 17€.

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  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe répond à tOrDrE L¤RdRe
    chien de talus
    • Posté à 10h15 le 29/09/2008
    • Internaute 50571
      chien de talus

    PS : Ce qui explique pour beaucoup la tranquillité morale de pas mal à être en inactivité professionnelle, au moins ils n’ont plus à endosser le rôle de bourreaux ! (si si c’est dur d’être employés de bourreaux : -) !)

  • sup à la demande du riverain
    • Posté à 10h11 le 29/09/2008
    • Internaute 22866

    Ne pensez vous pas que nous avons la societé que nous méritons ! les gens se plaignent mais ils sont de plus en plus individualistes et repliés sur eux-mêmes. Les syndicats qui naguère jouaient un rôle dans l’entreprise sont pris entre leur besoin de subventions (par l’état) et les attentes des travailleurs qui finiront pas ne plus les solliciter. A ce moment là, les salariés n’auront plus aucun rempart pour les protéger (c’est déjà le cas dans certains secteurs !)
    La solution me direz-vous ?
    Inventez une nouvelle forme de syndicalisme : Un syndicat qui retrouverai sa liberté d’action en se passant des subventions de l’état.Mais qui fait des propositions dans ce sens ?

    • tOrDrE L¤RdRe
      tOrDrE L¤RdRe répond à sup à la demande du riverain
      chien de talus
      • Posté à 10h15 le 29/09/2008
      • Internaute 50571
        chien de talus

      SUD !

      • jexiste
        jexiste répond à tOrDrE L¤RdRe
        si, si
        • Posté à 16h03 le 29/09/2008
        • Internaute 53099
          si, si

        Faux !

        Sud est là au contraire pour casser toutes les tentatives de regroupement de salariés, chômeurs, précaires et exclus motivés par la défense collective et solidaire de leurs droits.

         
        • tOrDrE L¤RdRe
          tOrDrE L¤RdRe répond à jexiste
          chien de talus
          • Posté à 17h17 le 29/09/2008
          • Internaute 50571
            chien de talus

          ah bah j’aimerai bien que vous développiez des arguments car je pense exactement l’inverse.

        • umanolo
          umanolo répond à jexiste
          • Posté à 18h36 le 29/09/2008
          • Internaute 35427

          pardon ? vous délirez... sud n’a pas de hierarchie et une certaine autoonomie de ses syndicats (Démocratiques). il se fonde sur une démarche de systématique unité dans la lutte (Unitaires)
          et enfin, il ne hiérarchise aucune lutte et se veut au service de toute, pour les rapprocher et faire jouer l’interprofessionnelle (étudiants, postiers, cheminots, macdo, vélib, virgin, ... tous derriere des mots d’ordres simples antisexisme, autogestion, antiracisme, anticapitalisme,indépendance...) (Solidaires)
          avec ces trois mots vous avez un syndicats qui essaie de ne pas avoir les faiblesses bureaucratiques et dépendante des autres.

          mais vous m’avez l’air de préférer la spontanéité des individus isolés qui eux sont indépendants, n’ayant personne pour les faire progresser dans leur jugements mille fois entendus dans mille bouches solitaires...
          a part bruce willis, je ne connais personne qui puisse lutter seul.

          • tOrDrE L¤RdRe
            tOrDrE L¤RdRe répond à umanolo
            chien de talus
            • Posté à 19h05 le 29/09/2008
            • Internaute 50571
              chien de talus

            et vlan !

          • jexiste
            jexiste répond à umanolo
            si, si
            • Posté à 19h06 le 29/09/2008
            • Internaute 53099
              si, si

            Antisexisme ? Vous plaisantez ?

            J’ai dans mes archives trois années de messages presque quotidiens d’un militant de la LCR s’étant vu assigner par les chefs de son parti, dont LE responsable de Sud au niveau d’un département, la tâche de harceler une femme ingénieur ayant le tort, d’abord, de tenter de défendre ses droits, ensuite, de tenter de défendre aussi ceux des autres, quels qu’ils soient.

            Je les tiens à votre disposition, si ça vous intéresse. Et je vous assure que ça vaut le détour.

            • tOrDrE L¤RdRe
              tOrDrE L¤RdRe répond à jexiste
              chien de talus
              • Posté à 21h22 le 29/09/2008
              • Internaute 50571
                chien de talus

              ouai je demande à voir !
              mailez-moi donc ces fameuses preuves.
              PS : tous les militants de SUD ne sont pas à la LCR (ou NAP)

              • jexiste
                jexiste répond à tOrDrE L¤RdRe
                si, si
                • Posté à 13h23 le 30/09/2008
                • Internaute 53099
                  si, si

                Voyez déjà comme il aime les femmes :

                « En ce qui concerne le jugement de valeur homme femme, il est des domaines de prédilection où certaines femmes se comportent cependant comme de fieffées salopes que certains hommes salopards eux aussi n’ont pas à envier du tout ! D’aucunes d’entres elles d’ailleurs couchent et prennent leurs pieds en compagnie de dictateurs notoire suintant le sang de leurs population torturés ! Brefs, il y a de tout en ce bas monde. Le monde de l’Enfance leurs est dévolus aussi avec le cortège de mensonges de ses dernières dans le but d’accaparer un Amour sainement dévolu pour une certaine partie au Père ! Cela moi je l’ai connu, et j’en garde blessures ! Cependant, moi je pardonne l’ignorance quand bien même je n’oublie jamais ! Mais on ne construit rien sur de la haine et la vengeance ; on y perds son âme c’est tout, et c’est déjà pas rien que cela... Je reste “fier” est heureux d’avoir rapproché Camille de sa mère qui ne m’a cependant pas à l’époque louppé.
                Il y a des fois ou même ces tristes connasses font miroiter attouchements sexuels aux juges des Enfants pour en faire débouter l’homme de sa paternité tellement légitime !
                Vous avez Mesdames aussi le droit entiers de vous faire insulter dignement mais non moins vertement ! Non vous n’êtes pas l’avenir de l’homme ! Prévert doux poète le jour de cette déclamation avait trois grammes au culs ! Si cela était vrais que la femme était l’avenir de l’homme cela ce saurait depuis le temps. A part cela elles préfèrent pour nombres d’entres elles rouler en quatre quatre en compagnie de gros bof gras du bide que de gens moins aisé et plus sain. D’où la fiévreuse réputation leurs collant à la peau de “putes” Mais faut dire qu’il y a des fois causes à effets !
                Nombres d’entres elles ont un prix ; celui de l’épaisseur du portefeuille. Cela dit, il faut bien vivre, et il y a aussi le milieu social ; On vois rarement un ingé avec une femme de ménage, ou un docteur avec une technicienne de surface ! “guerre Sociale‘Le reste c’est de la littérature d’adolescente prépubaire.’

                ================

                C’est typiquement le pervers narcissique qui a le don d’apitoyer les autres, de se faire plaindre, de se faire passer pour victime de ses victimes.

                La mère de sa fille, puisqu’il en parle dans ces lignes, c’est lui qui l’a explosée, et pas le contraire.

                Sinon, dans de nombreux mails, il exprime ses perversions avec une naïveté presque touchante, il semble n’en avoir même pas conscience. Mais il faut bien dire que les politiciens qui l’encadrent l’ont toujours caressé dans le sens du poil. Pour eux, c’est un idiot utile, et d’autant plus utile que sa capacité de nuisances est grande.

                • tOrDrE L¤RdRe
                  tOrDrE L¤RdRe répond à jexiste
                  chien de talus
                  • Posté à 18h09 le 30/09/2008
                  • Internaute 50571
                    chien de talus

                  Quel crédibilité à accorder à ça ?
                  C’est l’extension du domaine du doute votre histoire...

                  • jexiste
                    jexiste répond à tOrDrE L¤RdRe
                    si, si
                    • Posté à 18h51 le 30/09/2008
                    • Internaute 53099
                      si, si

                    Je ne comprends pas ce que vous dites. Cet extrait n’est qu’un minuscule aperçu de tout un ensemble de mails qui ne laisse pas la place au doute.

                    En autres choses, leur auteur finit par expliquer très clairement dans quelles circonstances il s’est vu confier sa mission de harcèlement, et pour quels motifs.

                    • tOrDrE L¤RdRe
                      tOrDrE L¤RdRe répond à jexiste
                      chien de talus
                      • Posté à 07h54 le 01/10/2008
                      • Internaute 50571
                        chien de talus

                      Cette histoire me parait peu crédible, surtout dans votre description d’une cabale hiérarchique de Sud, qui correspond peu au fonctionnement de ce syndicat précis. De plus vous présentez ce texte , certes bizarre, mais même en le lisant plusieurs fois je ne vois aucune références à du harcèlement. Aux vues de certains de vos posts et de l’incongruité de l’affaire présente, je me pose de sérieuses questions sur le crédit à vous accorder et sur vos intentions.

                      • jexiste
                        jexiste répond à tOrDrE L¤RdRe
                        si, si
                        • Posté à 13h59 le 01/10/2008
                        • Internaute 53099
                          si, si

                        Dans ce cas précis, la confusion Sud-LCR est totale, les chefs étant les mêmes. L’extrait que je vous ai donné avait vocation de répondre sur la question du sexisme, rien de plus.

                        Absolument rien dans aucun de mes posts ne vous permet de mettre en doute ma crédibilité ou mes intentions.

                        • umanolo
                          umanolo répond à jexiste
                          • Posté à 14h52 le 01/10/2008
                          • Internaute 35427

                          il n’y a pas de chef ni de place pour les chefs dans ce syndicat.
                          les hommes sont les hommes et il arrive que certains se fourvoie, si ce que vous racontez est juste, je ne doute pas qu’il ait été invité à quitter ce syndicat, ce qui ne serait ni une première ni une dernière.
                          tout syndiqué garde son autonomie, dans la limite de ces principes (anisexisme, antiracisme, démocratie syndicale...)
                          enfin, la confusion lcr-sud n’est absolument pas totale, ce syndicat regroupe de nombreux militants ex-cfdt (sission de 95) issu pour certains du militantisme JOC, ou encore, comme c’est le cas dans l’une des plus grosses structures de sud, dans l’anarcho-syndicalisme. la richesse des points de vues et des confrontations et le refus du fonctionnement en tendance font que sud est un outil intéressant de syndicalisme, une place pour les convergences, et un syndicat, donc en aucun cas, une tribune pour un quelconque parti.
                          il est vrai que cette jeune structure est souvent calomniée, mais ne prétez pas attention à n’importe quel ragots.
                          cordialement

                          • jexiste
                            jexiste répond à umanolo
                            si, si
                            • Posté à 18h37 le 01/10/2008
                            • Internaute 53099
                              si, si

                            Il n’a jamais fait partie de Sud, mais de la LCR, dont l’un des responsables départementaux l’est aussi de Sud, et s’est finalement fait virer de la LCR par ce même responsable parce qu’il accomplissait trop mollement sa tâche (harceler cette femme ingénieur, cible du parti et du syndicat).

                            Je vous parle de faits, et non de ragots, auxquels je n’attache jamais que l’importance qu’ils méritent.

                            Je conçois que mon témoignage puisse vous déranger.

                            Moi, ce sont les faits qui me dérangent.

                            Cordialement.

        12 autres commentaires
    • le juste
      • Posté à 12h34 le 29/09/2008
      • Internaute 15443

      C’est sûr, nous avons la société que nous méritons !
      Mais encore une fois, vous attendez des autres ce que vous ne pouvez faire vous-même. Vous critiquez les syndicats mais qu’attendez-vous pour en créer un et ainsi nous faire voir ce que vous valez.
      C’est facile, mais ça ne rapporte rien et ça demande du courage que beaucoup n’ont pas. Que des emmerdes et des critiques qui foisonnent de partout car des yaca faut con, il y en a mais personne pour participer et être actif. Plus à même de failloter que de combattre.
      J’en ai fait les frais. Alors votre remarque me laisse songeur et rêveur. D’abord le respect de ses compagnons de travail. C’est déjà le début du respect au travail et de surcroit se faire respecter de ses chefs et dirigeants.

  • hagalma
    • Posté à 10h18 le 29/09/2008
    • Internaute 8451

    Elle est gentille, Marie Pezé, et puis pertinente, par exemple quand elle explique : que les décompensations au boulot peuvent survenir chez des travailleurs investis dans leur tâche ; ou que l’institution se défosse rapidement sur l’individu -relayant d’ailleurs la mise à l’écart par le groupe de collègues ; ou que la société laisse le travailleur dans une précarité profonde et insécurisante.
    Elle aurait aussi pu parler de la désubjectivation non pas du monde du travail, mais du monde tout court, au moins depuis qu’un discours, celui de la science productiviste, se passe totalement de l’avis des ouailles . Au point que les sujets n’ont de cesse de s’adresser à des spécialistes pour tenter d’avoir des réponses qu’autrefois une cosmogonie ou une métaphysique apportaient à chacun et aux groupes (d’oû viens-je, où vais-je, etc), les arrimant à un sens commun.
    Et puis elle aurait peut-être aussi davantage pu souligner que dans ce monde contemporain, la course à la productivité n’est pas que l’apanage des entreprises. C’est aussi, et peut-être d’abord, un chemin, une course, un tracé individuel : jouir toujours plus, mieux, efficacement, avec compétence, expertise, et zéro souffrance. Marie Pezé ne me semble pas écarter cette donnée, mais elle ne la pousse pas dans ses retranchements, ne questionnant pas la rencontre entre un objet de désir tout à fait subjectif et singulier, propre à chaque construction individuelle, et l’objet formaté, normé, à l’échelle d’une masse, qui est l’objet produit par les entreprises. Cette rencontre est violente, d’abord parce que les entreprises ne font pas dans la dentelle pour manager les esprits, et aussi parce qu’assumer un décalage de point de vue demande un travail, psychique en effet, de maturation intime. Un point d’accord est-il envisageable ? L’humour peut-être ?

    • solstice
      solstice répond à hagalma
      pigiste
      • Posté à 10h59 le 30/09/2008
      • Internaute 38451
        pigiste

      « l’institution se défosse rapidement sur l’individu »... Il y a là une image subliminale assez intéressante...

      C’est mon point d’accord à moi, l’humour...

  • Camille Hérin
    Camille Hérin
    Dilettante
    • Posté à 10h26 le 29/09/2008
    • Internaute 54351
      Dilettante

    Travail du latin « trepalium », instrument de torture (qui servait à l’origine à ferrer les bêtes).

    Contre le travail, on peut trouver ces textes en ligne :

    -Chômeurs heureux : Lien

    -Manifeste contre le travail : Lien

    -L’abolition du travail : Lien

    -Le droit à la paresse : Lien

    Bonnes lectures les doigts de pieds en éventail !

    • lesuperdidou
      lesuperdidou répond à Camille Hérin
      Saltimbanque
      • Posté à 10h39 le 29/09/2008
      • Internaute 46485
        Saltimbanque

      Et :
      - L’allergie au travail. Jean Rousselet ( Seuil-Points-Actuel.1974)
      - Travailler deux heures par jour.Adret ( Seuil-Points-Actuel.1977)

    • Strelok
      Strelok répond à Camille Hérin
      Humain
      • Posté à 16h48 le 29/09/2008
      • Internaute 51074
        Humain

      Ah qu’est-ce que ça serait bien si on pouvait manger, gagner de l’argent pour vivre dans un confort correct, le tout sans rien faire de la journée...

      Ce n’est pas le cas, même à la préhistoire, les gens avaient un « travail ». Est-ce que tu crois qu’ils dormaient toute la journée ? Non, ils passaient la journée à trouver de quoi manger le soir.

      C’est bien de rêver, mais il faut aussi retourner sur terre parfois, faire du travail la racine de tous les maux est tout simplement stupide.

  • Nébuleuse
    Nébuleuse
    Ras les Antennes
    • Posté à 10h46 le 29/09/2008
    • Internaute 51034
      Ras les Antennes

    Très beau reportage à laisser décanter dans la journée !

    Important : en cas de suicide, qu’entend-on ? La personne ne peut pas se suicider uniquement pour des raisons de travail, il a fatalement d’autres problèmes ! Eh non ! ! ! !

    Ensuite : oui, si les collègues étaient solidaires au lieu de ramper sous la moquette, pas de possibilités pour les employeurs qui emploient l’abus d’autorité managériale de mener au plus bas un « individu désigné »....

    Après une agression organisée et fomentée par les Ressources Humaines et la Direction opérationnelle, je n’ai droit qu’à un bisou d’une collègue, une autre m’a entourée les épaules, en me disant ce sont eux les plus forts.

    Quand l’un d’elles a aooris qu’ils essayaient de me remettre une lettre contre remise en mains propres que j’ai refusée, elle a eu une grimace de souffrance et m’a dit de ranger tout mon bureau, de ne rien laisser « traîner », car ILS allaient rechercher cette faute professionnelle.

    Oui, j’étais en première ligne, oui, j’étais cette sentinelle... Maintenant, je ne pense plus pouvoir travailler, ils auront gagné et ils ont d’autres « DOSSIERS » que nous allons essayer d’exhumer avec les syndicats, plutôt que d’exhumer les corps : car il y a eu de la casse !

    Merci pour ce reportage, car beaucoup ne savent pas encore ce que c’est, et que ce n’est que par le relais de l’information que ce fléau pourra être combattu !

  • Teberli
    Teberli
    Enseignant
    • Posté à 10h58 le 29/09/2008
    • Expert 48108
      Enseignant

    Marie LE Pèze dit que le travail construit. Certes, oui, mais il construit surtout la fortune des gens qui ont du pèze, du fric, du capital il construit les maisons des riches qui donnent les ordres et qui confisquent les fruits sans se salir les mains.

    Psychanalyse au service du libéralisme qui se veut moralisateur et qui ne veut surtout pas que les travailleurs aient le temps de vivre et de penser, il faut qu’ils rapportent aux possesseurs du PEZE, du fric, du capital

    • jexiste
      jexiste répond à Teberli
      si, si
      • Posté à 14h32 le 29/09/2008
      • Internaute 53099
        si, si

      Et c’est là que l’on comprend pourquoi les enseignants qui militent à l’extrême gauche s’attaquent avec autant de violence aux victimes de harcèlement moral et autres souffrances dans le travail qui tentent de se faire entendre et s’entraider.

      • tOrDrE L¤RdRe
        tOrDrE L¤RdRe répond à jexiste
        chien de talus
        • Posté à 17h20 le 29/09/2008
        • Internaute 50571
          chien de talus

        Décidément je ne vous comprend pas, une petite explication peut-être ?

  • Un vieux
    Un vieux
    retraité
    • Posté à 11h02 le 29/09/2008
    • Internaute 38946
      retraité

    Marie Pezé est certainement, avec Christophe Dejours, une des meilleures analystes de la souffrance au travail, et sa consultation « souffrance et travail » a sauvé nombre de victimes qui ne seraient plus là aujourd’hui...

    Comme il ne faut pas confondre « stress » et « harcèlement », « système de management par la peur » et « dérives perverses », il faut faire une différence entre « travail » et « profession »... Si la profession est gratifiante du fait de pouvoir avoir connaissance de la finalité de son labeur (Un éboueur peut voir les rues propres grâce à ses efforts, et en être satisfait), le travail ne met en situation que de n’être qu’un maillon d’une chaîne dont on ne connait ni l’utilité, ni la destination...

    Si une profession est facteur de connaissances, donc d’identification, un travail n’engendre que des gestes ou pensées répétitifs d’où une personalité a du mal à émerger...

    La passivité des « collègues » n’est qu’une peur d’être à la place de la victime, peur installée et entretenue par le harceleur lui-même, celui-ci pouvant ne pas être, dans la réalité, celui qui se livre aux exactions visibles...

    Mais le harcelement n’est rien moins qu’une perversion semblable à la pédophilie, et dans les deux, le pervers ne s’arrête JAMAIS...

    Mais il y a trop à dire pour tenir dans une page...

    Lien
    .

    • jexiste
      jexiste répond à Un vieux
      si, si
      • Posté à 15h00 le 29/09/2008
      • Internaute 53099
        si, si

      Vous faites bien de donner ces précisions.

      Cette tribune de Dominique Laurent et les commentaires qui s’y attachent me semblent d’autres compléments d’information indispensables sur ce sujet :

      Lien

      On y retrouve d’ailleurs - et ce n’est pas un hasard - plusieurs victimes de harcèlement.

      Je reviens à l’objet de cet article.

      Le titre retenu pour le compte rendu de l’interview, les questions sélectionnées par la journaliste, la manière dont elle présente les réponses de Marie Pezé, sont le reflet d’opinions largement contredites par la réalité.

      Le résultat final reste très superficiel et empreint de langue de bois.

      C’est dommage, mais déjà mieux que rien sur ce sujet.

      A l’attention des journalistes :

      LES MEILLEURS EXPERTS EN SOUFFRANCE AU TRAVAIL SONT CEUX QUI LA VIVENT.

      Comme bien d’autres ici, je n’ai pas été construite par mon travail, mais par mon éducation. Puis des harceleurs se sont appliqués à me déconstruire parce que j’étais cent mille fois trop bien construite à leur goût. Ils n’y sont pas parvenus. J’ai été trop bien tricotée pour perdre la boule.

      Enfin, chacun remarquera que mes questions concernant la mesure de censure tout à fait exceptionnelle qui a frappé Existe le 6 septembre dernier restent sans réponse, sauf lorsque Marie Pezé aborde le thème de la disparition pour les victimes de harcèlement.

      Existe dérangeait-elle en raison de ses interventions trop pertinentes sur le sujet du harcèlement ?

    • Zeck
      Zeck répond à Un vieux
      Zèbre en cavale
      • Posté à 20h36 le 29/09/2008
      • Internaute 11239
        Zèbre en cavale

      J’ai lu un ouvrage de Marie-France Etchegoyen sur le harcèlement moral qui m’a aidé à repérer et comprendre des fonctionnements pervers destructeurs rencontrés dans la vie professionnelle - et également dans la vie tout court.
      C’est capital de repérer ces mécanismes ou de trouver quelqu’un qui vous aide à les repérer et les nommer, parce que la destruction psychique est toujours au bout du processus si on n’intervient pas et que la « Loi » n’est pas dite sous les différentes formes qu’elle peut prendre.

  • Anonyme

    Lienenvoyé par Lien

  • guerzit-
    guerzit-
    Incomprenant majeur
    • Posté à 11h36 le 29/09/2008
    • Internaute 28472
      Incomprenant majeur

    Je trouve cette analyse d’une naiveté confondante et non exempte de rapprochement troublant. Pour ne citer que quelques éléments :

    « Ce sont au contraire les salariés les plus authentiques, ceux qui sont les plus attachés au travail qui craquent en premier. “

    Parler de salarié authentique ! ! ! ! ! On est à la limite du discours stalinien, ou au contraire hyper keynesien... L’authenticité du salarié c’est un peu comme la sincérité du traitre ; c’est en tout cas un discours qui a bien intégré certaines choses. Mlle Pézé semble cautionner notre aliénation collective et le colore d’un vernis quasi moral assez insupportable.

    Quand elle dit que ‘ le management n’explique pas tout ’, on rigole pas mal, et quand elle nous cite l’exemple de l’éducation nationale, on se demande si elle est déjà entré dans un collège pour parler à des profs. L’absence de reconnaissance, de missions caleirement exprimées, la sensation que la hiérachie se trouve si loin qu’elle est incapable de comprendre ce qu’ils vivent, voila une des souffrances première et fondamentale des profs.

    Aveu de naiveté édifiant de la part d’une sépcialiste de la nature humaine ‘ A cette occasion, j’ai découvert que ce qui est étonnant (effrayant quand on est dans cette valse sordide) c’est la façon dont le groupe cautionne souvent par son silence (ou même par des actes) ce qui se passe de douloureux : la tentative de mise à mort (certes pas physiquement, mais pouvant conduire au suicide par exemple) d’un individu dudit groupe…’. Ceci est perceptible même dans une cour de récération...

    Par la suite, comment porter crédit à son discours...

    • jexiste
      jexiste répond à guerzit-
      si, si
      • Posté à 14h24 le 29/09/2008
      • Internaute 53099
        si, si

      Trotskyste ?

      • guerzit-
        guerzit- répond à jexiste
        Incomprenant majeur
        • Posté à 17h23 le 29/09/2008
        • Internaute 28472
          Incomprenant majeur

        Je vous répondrai pas. J’ai trop honte.

    • Camille D
      Camille D répond à guerzit-
      www.tsubaki.ouvaton.org
      • Posté à 14h53 le 29/09/2008
      • Internaute 7885
        www.tsubaki.ouvaton.org

      C’est tout de même un peu embêtant que vous prétiez à cette dame des propos qui sont ceux des internautes. En l’occurrence Brividi, concernant le harcèlement moral, Fantou à propos de l’Éducation nationale.
      Par la suite, comment porter crédit à votre commentaire...

      • jexiste
        jexiste répond à Camille D
        si, si
        • Posté à 15h05 le 29/09/2008
        • Internaute 53099
          si, si

        On plaint certains élèves...

      • guerzit-
        guerzit- répond à Camille D
        Incomprenant majeur
        • Posté à 17h22 le 29/09/2008
        • Internaute 28472
          Incomprenant majeur

        Ok. Je ferme ma grande gueule et je me cache pendant cent ans dans un seau d’eau croupie pour faire oublier la honte de mes propos épidermiques...

        Et je prie l’auteure de bien vouloir accepter mes excuses...

        J’aurais mieux fait de relire le texte, puis de me relire et enfin de me demander si tout cela en valait bien la peine....

         
        • Zeck
          Zeck répond à guerzit-
          Zèbre en cavale
          • Posté à 20h38 le 29/09/2008
          • Internaute 11239
            Zèbre en cavale

          Faut pas exagérer ! cent ans c’est long surtout dans un seau, un seau d’eau, et d’eau croupie en plus.
          1O ans, et n’en parlons plus :)

        • rich31
          rich31 répond à guerzit-
          • Posté à 23h50 le 29/09/2008
          • Internaute 30126

          C’est exactement ce que je me dis à chaque fois que je poste un commentaire... D’ailleurs j’en poste peu. Mais bon, on est là pour réagir, pas pour se faire mousser. D’ailleurs je vous ai mis un « utile ». Parce que même si je trouve votre post injuste envers l’auteure, il fleure bon l’épidermique, et justement l’authentique...
          Sortez donc de votre seau...

        2 autres commentaires
    • amipb
      amipb répond à guerzit-
      Chef de projet à Barcelone
      • Posté à 17h21 le 29/09/2008
      • Internaute 28823
        Chef de projet à Barcelone

      Je me demande si vous avez vraiment écouté jusqu’au bout les explications de cette dame. Les salariés les plus authentiques sont ceux, comme vous, qui s’attendent à une certaine reconnaissance de leur travail, ainsi qu’à son évolution, cela n’est pas une évaluation qualitative.

      • guerzit-
        guerzit- répond à amipb
        Incomprenant majeur
        • Posté à 17h24 le 29/09/2008
        • Internaute 28472
          Incomprenant majeur

        Nan en fait oubliez tout ca... Tient je vais changer de pseudo. Je préfère disparaitre. Le mieux serait de ne plsu intervenir, quelque soit le pseudo... Nan vraiment j’ai honte.

         
        • Zeck
          Zeck répond à guerzit-
          Zèbre en cavale
          • Posté à 20h41 le 29/09/2008
          • Internaute 11239
            Zèbre en cavale

          Faut pas exagérer ! disparaître ! tout de suite les grands mots. Une retraite de 5 ans à l’Elysée, et n’en parlons plus :)

        1 autres commentaires
  • Camille Hérin
    Camille Hérin
    Dilettante
    • Posté à 11h51 le 29/09/2008
    • Internaute 54351
      Dilettante

    Apologie du branleur : une vidéo là :
    Lien

    Et effectivement, Mmme Pezé ne peut pas être contre le travail puisque c’est son fond de commerce d’ étudier le travail. Imaginez, en abolissant le travail elle perdrait le sien ! le stress, l’angoisse, la perte de repères assurée.
    Je me demande si cet attachement à la valeur travail n’est pas le signe d’une certaine psychorigidité...ou alors d’une profonde aliénation.

    • lesuperdidou
      lesuperdidou répond à Camille Hérin
      Saltimbanque
      • Posté à 12h07 le 29/09/2008
      • Internaute 46485
        Saltimbanque

      Si j’avais pas la flemme, je vous écrirais bien à quel point je suis d’accord avec vous.

    • garat
      garat répond à Camille Hérin
      citoyen
      • Posté à 17h20 le 29/09/2008
      • Internaute 31823
        citoyen

      c’est méchant, vraiment méchant, mais ça me fait sourire vraiment sourire.
      Salumourations.

    • umanolo
      umanolo répond à Camille Hérin
      • Posté à 18h29 le 29/09/2008
      • Internaute 35427

      ...oui, mais abolir le travail, c’est le libérer (pas au sens de libéraliser, dérégulariser, mais au sens du travail libre et complet)
      le problème, ce n’est pas l’activité, mais le travail subordonné (à un patron ou aux impératifs transcendant du marché). faire du travail associatif, ou du militantisme, choix que font beaucoup des très très rares et courageux « RMIstes volontaires » (type volem rien foutre) c’est travailler un peu plus librement, (encore faut-il être dans une orga qui le permet).
      mais c’est efectivement, et encore plus dans une société où le travail est central, le travail qui nous construit, l’activité qui nous développe, et le travail-souffrance qui est le lot commun de la plupart qui nous rend insensibles à l’injustice sociale. sinon, pourquoi si peu de révolte, si le travail n’est pas central, pourquoi même les rmistes de pierre carles (volem...) avouent avoir des problème de dépressions momentanées (pression sociale autour du travail)alors même qu’ils savent qu’ils sont bien plus actifs et heureux ainsi ?

      il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, l’activité, avec le travail subordonné

  • monika
    • Posté à 07h20 le 30/09/2008
    • Internaute 28466

    Elle veut surtout dire dans « authenticité, : salariés exécutant leur travail avec beaucoup de conscience, sérieusement, les plus attachés donc à leur travail et moi qui ai vécu le harcèlement je faisais partie de ces personnes authentiques, je me donnais à fond dans mon job et j’étais très sensible car je ne comprennais pas que l’on me harcèle à ce point étant donné que je faisais du “bon boulot” Alors j’ai craqué et j’ai donné ma démission.
    J’ai travaillé avec une collègue qui faisait son petit “boulot” tranquillement, sans se presser et qui se foutait des remarques de l’un de nos patrons, le lunatique : c’était son surnom, mais c’est la collègue que j’ai appréciée le plus. Elle avait tout compris. Maintenant je ne suis plus prête à donner que ce soit pour une collègue (la dernière en date n’a fait que m’enfoncer au lieu de me tendre la main), même collègue à qui j’ ai sauvé plusieurs fois la mise lorsqu’elle faisait des conneries dans le travail), ou que ce soit pour un patron. Voilà ma politique actuelle.

    Plus de solidarité de ma part.

    Chacun pour soi et dieu pour tous : voilà ma devise malheureusement car je ne pensais pas de la sorte avant d’avoir des problèmes à cause d’un patron sans scrupule.

    • solstice
      solstice répond à monika
      pigiste
      • Posté à 11h18 le 30/09/2008
      • Internaute 38451
        pigiste

      Votre post fait froid dans le dos, je pense que vous devriez rencontrer une Marie Pezé... Et je ne rigole pas !

      On a tous une histoire de ce genre, et pas bien jolie : il faut la digérer et se construire, c’est autant dans les échecs que dans les réussites qu’on le fait.

      Votre conclusion est triste et erronée, la solidarité est certainement la plus belle des réussites au travail. Elle ne rapporte rien, elle n’offre pas de promotion, elle donne juste du sens à son travail, le côté créatif qu’il y a à vivre en société.

      J’espère que vous allez retrouver le goût du travail bien fait, celui qui, même fatigant, même répétitif, donne envie de se lever le matin ; celui qui apporte mieux qu’une feuille de paye, qui nous construit en tant qu’animal social.

      • monika
        monika répond à solstice
        • Posté à 17h47 le 30/09/2008
        • Internaute 28466

        A solstice

        Le goût du travail bien fait je l’avais ! Je n’ai reçu aucune solidarité de la part de ma collègue et j’ai changé hélàs d’optique : la solidarité est un mot désormais inconnu pour moi, dans le monde du travail, je précise. Une bécasse et une parvenue, cela suffit ! Une parvenue qui vous marche sur les pieds, non merci, j’ai assez donné. Si je retrouve un job, une chose est sûre je n’ai plus rien à donner et ne fais plus confiance en qui que ce soit. Désolée, mais c’est comme ça. Pas besoin de rencontrer M Pezé, je sais faire mon analyse seule et ne changerais en aucune manière d’avis.

        Merci quand même de vos conseils.

         
        • solstice
          solstice répond à monika
          pigiste
          • Posté à 19h00 le 30/09/2008
          • Internaute 38451
            pigiste

          Je garde l’espoir que vous ayez un jour un travail gratifiant, dans tous les sens du terme. J’ai mis pour ma part 5 ans à faire ce travail sur moi-même suite à un gros hic de parcours et je suis certaine que c’est en créant du lien entre les gens qu’on travaille le mieux... dans la durée en tous cas.
          Bon courage à vous.

        1 autres commentaires
  • vol19
    • Posté à 11h50 le 29/09/2008
    • Internaute 13492

    Intéressant interview, et travail de Marie Pezé.
    Tous ces articles vont dans le bons sens (le Monde, l’Expansion, France Inter, libé...) On en parle. Pourtant, ce n’est va nouveau, Christophe Dejours, la « Souffrance au travail » a été publié en 1997, déjà... et son analyse n’a pas été retenue auprès du ministère du travail qui a préféré une approche plus « rationaliste ». Je peux témoigner que dans les années 2000-2003, craquer sur des questions de ce type, vous étiez considéré comme le dernier des crétins...
    Sans doute, les livres cyniques sur le travail, « Bonjours paresse » de Corinne Maier, ont été une réponse violente, quelquepart déculpabilisante, mais qui fût aussi une réponse au déni sur le sujet des médias, des entreprises et autorités. En 2005, seuls les notes confidentielles traitaient régulièrement du sujet, peu les grands médias.

    Par contre Marie Pezé fait l’impasse de cette captation des pulsions libidinales par le capitalisme, ce qui fait que les collectifs deviennent plus violents (éducation, soins..)... et de partout. L’absence de limittes dans la vie en société, renforcé à la violence conduit à l’isolement, et se renforce avec cette tendance à casser les temps de discussion, d’échanges (espaces transitionnels)... Mais sans doute que si elle doit faire passer son analyse, elle doit se montrer prudent par rapport à ce que les pouvoirs sont prêts à entendre. Sans doute, avec la crise , va t-on nous faire chercher à nous faire croire que le salut viendra dans la capacité à endurer les sacrifices et les souffrances...

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