Des « vaches à hublot » pour regarder passer les chercheurs
Un lecteur (merci, Pascal) me signale ce billet, sur le blog « Si Mao savait… ».
J’y découvre des photos, surtout une vidéo, qui m’estomaquent, je dois le dire. Je n’avais jamais entendu parler de ces vaches cobayes portant sur leur flanc une ouverture permettant d’accéder à leur rumen (ou panse), ce pré-estomac qui équipe les ruminants.
Le sujet est traité sur le mode « beuark ». « Ils sont tombés sur la tête », titre le blogueur. Dans les commentaires de ce billet et ailleurs, on découvre surtout le discours de l’ami des bêtes caricatural. Les tripes parlent, elles trouvent ces images insoutenables. Elles présument la souffrance animale… Ceux qui font des trucs pareils sont des « savants fous ».
Pourtant, aucun indice ne laisse penser que l’animal souffre. Ne sachant pas compter, il n’a sans doute pas remarqué qu’il avait un trou de plus.
Se font entendre, tout de même, quelques voix plus sensées : « Ça doit être utile à quelque chose, la vache n’a pas l’air de tellement souffrir… » C’est un peu comme ça que je vois la chose, moi. L’expérimentation animale, je n’ai rien contre. Je ne considère pas a priori que les chercheurs sont des sadiques.
Pour en savoir plus, j’appelle le service de presse de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). C’est quoi, cette histoire de vache avec un hublot ? Il paraît que vous en avez des comme ça à Theix, près de Clermont-Ferrand. Ça sert à quoi au juste ? Vingt-quatre heures plus tard, l’Inra n’a toujours aucune réponse à me donner. On me prendrait pour un pote de Brigitte Bardot ?
Une technique utile, banale, ancienne, indolore…
Pas grave, on trouve des tas de photos, de vidéos, et même d’infos sur les vaches fistulées, sur le web, surtout si on lui parle en anglais. Avec les mots clés « fistulated » et « cow », la récolte est copieuse sur Google images.
On découvre ainsi que quantité d’articles scientifiques relatent des manip’ réalisées avec des vaches fistulées. Parce que c’est un outil rudement pratique pour étudier un phénomène très important. C’est dans le rumen des ruminants qu’a lieu la fermentation de l’herbe qu’ils broutent. C’est là qu’une flore variée de micro-organismes fait des miracles, comme transformer la cellulose en sucres, ou synthétiser des protéines qui n’existent pas dans l’herbe.
La chose se pratique un peu partout dans le vaste monde, depuis belle lurette. J’ai trouvé des publications mentionnant cette technique jusque dans les seventies, dont une datant de 1970. Mais on affirme sur ce blog qu’elle serait utilisée sur l’animal depuis 1833.
L’Inra n’est pas en reste, bien sûr. La preuve, sur le blog du collège Saint Hermeland de Bouaye (près de Nantes), on trouve une photo de vache fistulée prise à l’Inra en avril dernier sur le site de Theix, près de Clermont-Ferrand, au cours d’un voyage d’élèves de quatrième en Auvergne.
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terrien
terrien
l’étude de la physiologie conduit à l’expérimentation animale. Il est choquant de voir certaines images et pourtant , le « progrès » de la santé et du confort humain est à ce prix..
J’ai toujours été mal à l’aise lorsque je devais ( pour mes études ) assister à des expériences sur animaux vivants. Mais je pense que nous devons limiter ce type d’intervention au strict minimum. Certaine associations de protection animale extrémistes vont jusqu’ à l’enlèvement ou le meurtre des acteurs de l’expérimentation. Mais sachons reconnaître que grâce à cela la médecine humaine a fait d’énorme progrès . Les chirurgiens s’entrainent sur des porcs ou des chiens. Et puis , indirectement les progrès de la médecine humaine, ont aussi largement profité aux animaux ...
Mais c’est un immense sujet et il y a des traitements différents selon que l’on soit animal de production ( viande, lait, oeuf, peau ) ou animal de compagnie ou d’ornement.
L’éthique animale est un chapitre important pour l’homme et ses prises de conscience vis à vis de ces êtres vivants considérés à tort, comme inférieurs.
Ils ont besoin de notre protection et à minima de notre respect.




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