aïe tech ! 28/09/2008 à 14h22

Des « vaches à hublot » pour regarder passer les chercheurs

Aïe ! Tech"
Pierre Vandeginste | Journaliste scientifique, blog Aïe ! tech



Un lecteur (merci, Pascal) me signale ce billet, sur le blog « Si Mao savait… ».

J’y découvre des photos, surtout une vidéo, qui m’estomaquent, je dois le dire. Je n’avais jamais entendu parler de ces vaches cobayes portant sur leur flanc une ouverture permettant d’accéder à leur rumen (ou panse), ce pré-estomac qui équipe les ruminants.

Le sujet est traité sur le mode « beuark ». « Ils sont tombés sur la tête », titre le blogueur. Dans les commentaires de ce billet et ailleurs, on découvre surtout le discours de l’ami des bêtes caricatural. Les tripes parlent, elles trouvent ces images insoutenables. Elles présument la souffrance animale… Ceux qui font des trucs pareils sont des « savants fous ».

Pourtant, aucun indice ne laisse penser que l’animal souffre. Ne sachant pas compter, il n’a sans doute pas remarqué qu’il avait un trou de plus.

Se font entendre, tout de même, quelques voix plus sensées : « Ça doit être utile à quelque chose, la vache n’a pas l’air de tellement souffrir… » C’est un peu comme ça que je vois la chose, moi. L’expérimentation animale, je n’ai rien contre. Je ne considère pas a priori que les chercheurs sont des sadiques.

Pour en savoir plus, j’appelle le service de presse de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). C’est quoi, cette histoire de vache avec un hublot ? Il paraît que vous en avez des comme ça à Theix, près de Clermont-Ferrand. Ça sert à quoi au juste ? Vingt-quatre heures plus tard, l’Inra n’a toujours aucune réponse à me donner. On me prendrait pour un pote de Brigitte Bardot ?

Une technique utile, banale, ancienne, indolore…

Pas grave, on trouve des tas de photos, de vidéos, et même d’infos sur les vaches fistulées, sur le web, surtout si on lui parle en anglais. Avec les mots clés « fistulated » et « cow », la récolte est copieuse sur Google images.

On découvre ainsi que quantité d’articles scientifiques relatent des manip’ réalisées avec des vaches fistulées. Parce que c’est un outil rudement pratique pour étudier un phénomène très important. C’est dans le rumen des ruminants qu’a lieu la fermentation de l’herbe qu’ils broutent. C’est là qu’une flore variée de micro-organismes fait des miracles, comme transformer la cellulose en sucres, ou synthétiser des protéines qui n’existent pas dans l’herbe.

La chose se pratique un peu partout dans le vaste monde, depuis belle lurette. J’ai trouvé des publications mentionnant cette technique jusque dans les seventies, dont une datant de 1970. Mais on affirme sur ce blog qu’elle serait utilisée sur l’animal depuis 1833.

L’Inra n’est pas en reste, bien sûr. La preuve, sur le blog du collège Saint Hermeland de Bouaye (près de Nantes), on trouve une photo de vache fistulée prise à l’Inra en avril dernier sur le site de Theix, près de Clermont-Ferrand, au cours d’un voyage d’élèves de quatrième en Auvergne.

Publié initialement sur
Aïe ! Tech
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  • VinceDeg
    • Posté à 16h25 le 28/09/2008
    • Internaute 36941

    Confirmons d’abord une chose : ces pauv’ bêtes ne souffrent vraiment pas. Elles vivent leur vie de vache avec cet hublot comme si de rien n’était - pâture, ruminage, bouse, oh yeah.

    Mais comment est-ce possible, me demanderez-vous ? En fait, y’à une astuce. L’intérieur du rumen et de tout l’intestin, en fait, c’est une sorte de peau - qui a juste la capacité d’absorber des nutriments. Alors bon, on fait un trou, et pis on recoud la peau extérieure à la peau intérieure. Et voilà, une fois cicatrisé, c’est comme si de rien n’était, il n’y a à aucun endroit de chair à vif. Et on rajoute un bouchon pour que ça coule pas de trop. D’ailleurs, y’à déjà deux endroits où cette « peau intérieure » est naturellement reliée à la peau extérieure : oui oui, votre bouche et votre anus. Un petit dessin ? ( Après, faut voir ça en 3D )

    Et on fait pas ça pour le sadisme, c’est vraiment très pratique pour étudier la flore intestinale complexe de la vache et la digestion.

    Explication : en fait, faut voir une vache comme un méta-organisme. Vous, vous voyez une vache ; l’agronome, il voit des milliers d’espèces qui vivent en symbiose, dont un mammiphère et plein de bactéries. Certaines de ces bactéries ont des pouvoir très importants : elles sont capables de digérer la cellulose. Or la cellulose compose le gros des plantes, et elle est formé à la base de glucose. Sauf qu’aucun animal n’est capable de digérer la cellulose par lui même, et donc d’aborber ce glucose, ce qui serait bien pratique. D’où la grande intelligence de la vache : elle mange de l’herbe, elle la fait digérer par lesdites bactéries qu’elle héberge gracieusement dans sa panse, et hop elle rumine et elle bouffe de la purée de bactéries. Même tactique pour pas mal d’espèces, tous les ruminants, les rongeurs, les termites...

    Bon, bah pour comprendre plus en détail - et l’agronome est curieux - on fait un trou et on regarde. Sans faire souffrir ces intelligentes et respectables créatures bien sûr. D’ailleurs, allez visiter une ferme de l’INRA - genre celle de Grignon, c’est un petit paradis pour vache.

    • A.V.
      A.V. répond à VinceDeg
      • Posté à 16h42 le 28/09/2008
      • Internaute 24685

      Merci d’avoir pris le temps. C’est très instructif.

      • VinceDeg
        VinceDeg répond à A.V.
        • Posté à 17h05 le 28/09/2008
        • Internaute 36941

        De rien, camarade riverain, c’est toujours un plaisir de partager des connaissances ! C’est vrai que là, pour le coup, j’ai pris un peu de temps (c’est pas facile à dessiner, une vache vue d’en haut).
        Je croise les doigts pour qu’un de mes profs de bio ou d’agro tombe pas là dessus, pasqu’au niveau rigueur scientifique... ahem.

    • Aimache
      Aimache répond à VinceDeg
      Bourguinaute
      • Posté à 17h00 le 28/09/2008
      • Internaute 29156
        Bourguinaute

      Excellente explication !

      Je confirme pour passer souvent du coté de Theix que les braves bêtes ne sont pas à plaindre, certainement pas plus que celles qui sont destinées à l’approvisionnement de la filière viande.

      Sincèrement si elle ressentent une « souffrance » alors elles le cachent super bien parce que dans le genre paisible elle se posent bien. Pourtant je doute qu’elle soient droguées à voir leur comportement - la vache à hublot reste facétieuse (je n’ose dire rieuse) à ses heures.

      Il n’y a pas grande différence technique avec une colostomie/iléostomie après tout, et autant que je sache il y a des gens qui vivent avec.

      • Pierre Vandeginste
        Pierre Vandeginste répond à Aimache
        Auteur(e) de l'article Journaliste scientifique, blog (...)
        • Posté à 20h29 le 28/09/2008
          rédacteur
        • Journaliste 8947
          Journaliste scientifique, blog (...)

        Génial, on a même un témoin oculaire !

        Merci.

    • Mr_Quiconque
      Mr_Quiconque répond à VinceDeg
      • Posté à 18h34 le 28/09/2008
      • Internaute 53003

      « l’agronome, il voit des milliers d’espèces qui vivent en symbiose, dont un mammiphère et plein de bactéries ».

      L’être humain est aussi un mammifère et il se trouve qu’il a aussi une flore intestinale qui intéresse beaucoup les chercheurs et l’industrie (1).

      « Bon, bah pour comprendre plus en détail - et l’agronome est curieux - on fait un trou et on regarde. Sans faire souffrir ces intelligentes et respectables créatures bien sûr ».

      C’est aussi valable pour l’homme, alors à quand un hublot sur les humains pour faire avancer la recherche ?

      Qui se porte volontaire ?
      VinceDeg, toi là viens par là puisque tu sembles être un adepte, tu le dis toi même, ça ne fait pas mal. ;)

      –-
      (1)
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      • VinceDeg
        VinceDeg répond à Mr_Quiconque
        • Posté à 19h04 le 28/09/2008
        • Internaute 36941

        Moi, me faire poser une fistule ? Mais sans problème, mon cher ami ! Regardez bien la boucle d’oreille que porte la vache sur ce dessin : et oui, c’est bien mon numéro de riverain !

      • Pierre Vandeginste
        Pierre Vandeginste répond à Mr_Quiconque
        Auteur(e) de l'article Journaliste scientifique, blog (...)
        • Posté à 20h32 le 28/09/2008
          rédacteur
        • Journaliste 8947
          Journaliste scientifique, blog (...)

        Mais qu’est-ce que vous croyez ? Il est très banal que l’on pose des « hublots », de toutes sortes, sur des humains, « pour faire avancer la recherche ». Des tas de gens, par exemple, ont accepté qu’on leur branche des électrodes à l’occasion d’opérations dans le cerveau, afin de préciser des choses sur son fonctionnement. L’expérimentation sur l’homme est un sport qui se pratique tois les jours.

         
        • Mr_Quiconque
          • Posté à 21h01 le 28/09/2008
          • Internaute 53003

          Remarque pertinente, à la différence que l’humain à le choix d’accepter ou non l’expérimentation sur lui-même, il peut même la souhaiter ardemment afin qu’on allège sa souffrance.
          La vache elle n’a pas le choix. Point de signature en bas d’un papier pour donner son accord.

          L’homme est un mammifère qui est une espèce en fin de chaine alimentaire, il schématise parfois cela en s’estimant au sommet de la pyramide. Pas étonnant qu’il se comporte et se considère comme un monarque ayant pour sujets toutes les autres espèces animales et végétales. Il n’est même pas un monarque bienveillant tant il a amoindri la bio-diversité pour faire du profit financier.

          De plus, contribuer à amoindrir la bio-diversité est-ce le signe d’un progrès ?

          • A.V.
            A.V. répond à Mr_Quiconque
            • Posté à 21h24 le 28/09/2008
            • Internaute 24685

            L’homme est outillé, omnivore, domesticateur, présent dans tous les biotopes, à tous les niveaux de la chaine alimentaire, à six milliards d’exemplaires. C’est un fait objectif, indépendant de toute considération financière ou politique.

        • Le.conformisme-art.de.la.soumission.au.plus.fort
          • Posté à 21h19 le 28/09/2008
          • Internaute 41160

          Moi je suis pour la réparation de ce qui ne fonctionne pas en mettant en place des « hublots » comme vous dites....

          Ce qui me dérange beaucoup plus c’est de se servir de ces hublots pour développer l’animal plus rapidement par exemple en employant des aliments différents (protéines animales) pour un herbivore ... et voilà l’ESB...

          Et tout cela pour une histoire de fric !
          Mais là, lorsque le problème arrive, plus personne n’est coupable car on ne recherche pas les responsables qui s’en sont mis dans les poches... En attendant : des montagnes de carcasses de viandes bonnes à jeter et des humains morts.

          Des hublots oui, mais à bon escient.

        3 autres commentaires
    • Les Chats
      Les Chats répond à VinceDeg
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 18h29 le 28/09/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Merci VinceDeg tout comme A.V. c’est vraiment sympa et très bien fait en plus.

      Mais même s’ils elles ne souffrent pas c’est tout de même un corp étranger qui est posé. Aucun rejet depuis 1970 ?

      • VinceDeg
        VinceDeg répond à Les Chats
        • Posté à 18h47 le 28/09/2008
        • Internaute 36941

        Ben nan, justement, peut-être que c’est pas clair sur le dessin, mais on coud de la peau avec de la peau du même animal. Donc là, aucun risque de rejet ! Le hublot n’est que posé dessus, comme un bouchon...

    • Pierre Vandeginste
      Pierre Vandeginste répond à VinceDeg
      Auteur(e) de l'article Journaliste scientifique, blog (...)
      • Posté à 20h28 le 28/09/2008
        rédacteur
      • Journaliste 8947
        Journaliste scientifique, blog (...)

      Merci mille fois. C’est clair, précis, efficace, et c’est formidable que cela vienne d’un étudiant.

    • eiwob
      eiwob répond à VinceDeg
      • Posté à 19h03 le 29/09/2008
      • Internaute 27316

      Est-ce que ces vaches terminent leur vie en coulant des jours heureux dans les près après avoir rendu service à la science ?

    • violeta
      violeta répond à VinceDeg
      psy
      • Posté à 20h01 le 30/09/2008
      • Internaute 34895
        psy

      Pas sur que vous m’ayez convaincue. Et après ? Vive la vache pour elle même et pour l’environnement... Mais quelle idée le chercheur a t-il derrière la tête ? Le profit -encore lui- que nous allons pouvoir encore tirer de ce splendide animal n’est ce pas ?

      A quand des chercheurs qui pensent dans le même temps où ils cherchent ? : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ! »

  • N.MARECHAL
    • Posté à 17h05 le 28/09/2008
    • Internaute 9175

    C’est là que la science et les médias ne vont pas ensembles.

    Il est probable qu’en montrant les images d’une opération chirurgicale bien gore, la plupart des auditeurs soit choqué. Où se trouve alors l’intérêt ?

    En fait le commentaire qui accompagne les images est plus important que l’image elle-même.
    On rend l’image humaine si effectivement on explique que grâce à cette intervention, la personne retrouvera bien vite une vie normale. Autrement, on pourrait penser à de la barbarie, ni plus, ni moins.

    Comme dans tous les laboratoires, les expérimentations sont objectivées dans un but bien précis. Le plus souvent l’affaire est complexe, voire incompréhensible. On cherche un truc qui a priori ne sert à rien, mais rentre dans la stratégie d’un ensemble qui peut paraître fumeux. Puis un jour, taratata, on vous sort un truc de fou complètement innovant. La mémoire efface facilement l’historique de la mise au point du produit, son origine et tout le reste…

    La loi de Brigitte Bardot est une bonne chose car elle fait prendre conscience que même dans un laboratoire il faut faire attention et respecter la vie des cobayes, leurs souffrances aussi. L’influence vaut ce qu’elle vaut, mais elle a le mérite d’exister.

    • Pierre Vandeginste
      Pierre Vandeginste répond à N.MARECHAL
      Auteur(e) de l'article Journaliste scientifique, blog (...)
      • Posté à 20h42 le 28/09/2008
        rédacteur
      • Journaliste 8947
        Journaliste scientifique, blog (...)

      Ce que les cris d’orfraie des z’amis des bêtes que je lis ici indiquent surtout que nous sommes dramatiquement désinformés sur les réalités de ce monde.

      Tous les jours des milliers d’opérations chirurgicales sont pratiquées dans ce pays et il y a des gens qui tournent de l’œil à la vue d’une goutte de sang. Il y a 10 000 ans, personne n’était impressionné par le sang, qui était omniprésent. Pourquoi le cache-t-on aujourd’hui, même quand il s’agit de soigner ? Pourquoi ne peut-on montrer une opération chirurgicale plein cadre en prime time ? C’est à mon sens une forme de désinformation.

      • Albedo
        • Posté à 12h08 le 29/09/2008
        • Internaute 7121

        Les malaises face à la vue du sang ont peu à voir avec les émotions que n’auraient pas ressentis nos fiers ancêtres, au contraire de nos contemporains ridiculement sensibles (pour vous paraphraser).

        C’est un simple phénomène vaso-constricteur qui s’enclenche, normalement à la vue de son propre sang, mais souvent à la vue de n’importe quel sang, afin de limiter les hémorragies. Et donc il arrive que le cerveau soit moins approvisionné pendant un petit moment.

         1 autres commentaires
  • Jack Sullivan
    Jack Sullivan
    en boule
    • Posté à 17h17 le 28/09/2008
    • Internaute 42204
      en boule

    C’est tout de même terrible que les scientifiques ne prennent pas un peu de temps pour communiquer avec le grand public (sur ces vaches fistulées entre autres, mais pas uniquement)...
    Enfin quoi, les collègues (de l’INRA et d’ailleurs), on n’est pas enfermés dans un bunker méga-top-secret, on peut parler de ce qu’on fait, non ? On passera peut-être un peu moins pour des fous dangereux, du coup... Peut-être même que qu’on nous dira un jour « Ah ben oui, je voyais pas les choses comme ça, mais maintenant que j’ai l’explication ça me semble effectivement avoir du sens ».

    • Jacques Arbres
      • Posté à 17h52 le 28/09/2008
      • Internaute 53233

      ça doit être que ce qu’ils font, et surtout ce pourquoi ils le font est difficilement avouable...

      • Adam Smith
        Adam Smith répond à Jacques Arbres
        Laisse-moi Faire
        • Posté à 20h34 le 28/09/2008
        • Internaute 37986
          Laisse-moi Faire

        ou très long et compliqué à epliquer au citoyen lambda...

         
        • Jack Sullivan
          Jack Sullivan répond à Adam Smith
          en boule
          • Posté à 10h28 le 29/09/2008
          • Internaute 42204
            en boule

          C’est long et difficile à expliquer si on ne fait que se réfugier derrière le jargon technique, oui.
          Mais on peut utiliser un langage accessible pour expliquer des phénomènes complexes, sans pour autant ni abâtardir le propos ni prendre le public pour un idiot. C’est faire œuvre de vulgarisation, et cela fait aussi parti de nos responsabilités, à nous les chercheurs.

        1 autres commentaires
      • Jack Sullivan
        Jack Sullivan répond à Jacques Arbres
        en boule
        • Posté à 10h31 le 29/09/2008
        • Internaute 42204
          en boule

        Merci, vous illustrez à merveille mon propos pour le coup : -)

  • Jacques Arbres
    • Posté à 17h17 le 28/09/2008
    • Internaute 53233

    Est-ce que le but de tout ça ne serait pas d’arriver à se passer de la vache pour faire du lait ? Déjà qu’ils ont réussi à la rendre cannibale en lui faisant manger ses copines (sous forme de farine quand même).
    Donc la vache n’est pas assez rentable c’est ça ? Même la super vache à lait, celle toute rachitique mais avec des mamelles énormes ?

    • brigadoon
      brigadoon répond à Jacques Arbres
      ouf ! ! !
      • Posté à 17h59 le 28/09/2008
      • Internaute 40481
        ouf ! ! !

      Bonne réflexion... On va même se passer de nous bientôt.

    • A.V.
      A.V. répond à Jacques Arbres
      • Posté à 20h28 le 28/09/2008
      • Internaute 24685

      Ah, parce que vous croyez que dans 500 ans, on continuera à traire des vaches et à boire du lait ? ... J’ai un scoop pour vous : l’Univers change tous les jours.

      • violeta
        violeta répond à A.V.
        psy
        • Posté à 20h15 le 30/09/2008
        • Internaute 34895
          psy

        Et vous ne ferez plus l’amour avec l’autre sexe : des laboratoires spécialisées dans le vivant et correctement brevetés vous convoqueront pour le passage obligé d’une copulation assistée : 500€ minimum peut-être plus pour faire un enfant, 500€ de plus pour pouvoir l’allaiter, 500€ de plus pour les droits d’inscription sur le cahier des humains sélectionnés par leur ADN .

        Elle sera pas belle la vie ? ...

        Nous la préparons aujourd’hui pour tous les malheureux sécurisés de la fin du siècle 21. C’est ainsi que vous la souhaitez ?

        Non alors ! Que survivent les prés et leurs vaches laitières y compris celles qui ne sont pas trop douées pour donner du lait, vive les corps brûlants de désir secrets sans témoin et les enfants de toutes les couleurs même celles que l’on aurait pas soupçonnées.

  • Spiripotain
    Spiripotain
    promeneur écoutant
    • Posté à 17h29 le 28/09/2008
    • Internaute 49037
      promeneur écoutant

    Tout ceci est parfaitement monstrueux. Et quand je pense qu’on se déchaine ci et là contre les corridas ! Au moins, l’animal y est-il respecté. Il y a de la souffrance, certes, mais pas cette froide indifférence.

    Considérer un animal comme une machine n’est pas nouveau (cf La Mettrie) mais je croyais que l’on avait un peu évolué depuis ces temps anciens.

    Les commentaires des agronomes sont encore pires que la vidéo. La froideur et le détachement du technicien sont glaçants. Il y a certainement ailleurs des biologistes et des médecins qui parlent de cette façon des êtres humains. Avec de jolis schémas et en expliquant que le sujet ne souffre pas.

    Quand cesserons-nous d’instrumentaliser tout ce qui passe à notre portée ? C’est autrement qu’il faut penser notre rapport aux êtres vivants et à la nature. Mais bon, on s’en apercevra quand il sera trop tard....

    Je suis écoeuré.

    • VinceDeg
      VinceDeg répond à Spiripotain
      • Posté à 17h58 le 28/09/2008
      • Internaute 36941

      On peut étudier la « mécanique » qu’il y a derrière un corps sans être froidement indifférent à l’animal, bien au contraire ! Vous savez, la plupart des agronomes sont des amoureux de la nature... Mais qui cherchent à la comprendre, et ce de façon scientifique, en effet. On refuse les explications « magiques » et on essaye de voir un fonctionnement derrière tous les organismes. Apercevoir ainsi toute la complexité du vivant nous émerveille d’avantage devant la nature.
      Mais cela n’empêche pas les agronomes de respecter et aimer les plantes et les animaux dans leur travail, tout comme les agriculteurs. Dans le traitement quotidien de ces animaux, ce n’est pas du tout une froide indifférence qui transparaît !

      • Jacques Arbres
        • Posté à 18h13 le 28/09/2008
        • Internaute 53233

        Tout ça c’est bien beau, mais il y a des intérêts financiers derrière, et toujours l’envie de plus de rentabiliser quitte à tout bouziller et à rendre la Terre invivable.
        On ne me fera pas croire qu’on fait un trou dans une vache juste par curiosité.
        Les chasseurs aussi sont des amoureux de la nature, et ils font pleins de trous partout.

         
        • VinceDeg
          • Posté à 18h40 le 28/09/2008
          • Internaute 36941

          Bon, je vais un peu resituer le débat.

          Non, on ne fait pas ça juste par curiosité. Comme vous dites, il y a des enjeux derrière. L’enjeu principal, c’est de réussir à nourrir 6 milliards d’êtres humains, bientôt 9, en vivant en bonne entente avec notre environnement et les autres espèces.

          C’est un énorme défi loin d’être gagné. Les agronomes ont longtemps été tentés par la facilité. On a créé des usines à lait, c’est vrai. Mais comment voulez-vous faire, entre l’exode rural et la poussée démographique sans précédent dans l’histoire de l’humanité ? Comment trouver des solutions « naturelles » pour une situation qui ne l’est pas ?

          On essaye à présent de s’y prendre autrement, de respecter la nature, de penser en termes d’agroécologie, de revoir le rapport mutuel d’interdépendance entre les espèces végétales, animales et l’homme. Une très grande partie des agronomes conviennent que les OGMs sont une fausse piste. L’espoir, c’est justement de réussir à faire vivre et prospérer les symbioses, les systèmes complexes et vivants à toutes les échelles. Entre les organismes vivants du sol et la plante pour éviter les intrants chimiques, entre un herbivore et sa flore intestinale pour éviter de lui faire manger n’importe quoi... Dans cette vision systémique, l’homme redevient un maillon dans les cycles du vivant.

          Voilà pourquoi on a besoin de cette « fenêtre », pour pouvoir développer cette nouvelle agriculture.

          Par contre, c’est aussi vrai qu’une autre vision du futur de l’agriculture existe, promue par les grandes firmes agroindustrielles. L’INRA a aussi des programmes de recherche qui vont dans ce sens là, financés directement par ces firmes. La science est neutre en elle même, et ne va que là où l’emmène la société...

          • vient de déménager 25 oct
            • Posté à 19h22 le 28/09/2008
            • Internaute 23692

            « C’est un énorme défi loin d’être gagné. Les agronomes ont longtemps été tentés par la facilité. On a créé des usines à lait, c’est vrai. Mais comment voulez-vous faire, entre l’exode rural et la poussée démographique sans précédent dans l’histoire de l’humanité ? Comment trouver des solutions “ naturelles ” pour une situation qui ne l’est pas ? »

            Arrêtez, vous allez nous faire pleurer ! Comme si l’exode rural n’avait pas été promu par ceux qui vous payent !

            « La science est neutre en elle même, et ne va que là où l’emmène la société… »

            Quelle perle ! Comme si la « société » pouvait encore dire son mot, alors que tous les pouvoirs sont entre les mains de quelques oligarches !
            « science sans conscience n’est que ruine de l’âme »
            L’aviez vous oublié ?

            • Yann Guégan
              Yann Guégan répond à vient de déménager 25 oct
              Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
              • Posté à 19h59 le 28/09/2008
                éditeur
              • Journaliste 1836
                Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

              Arrêtez, vous allez nous faire pleurer ! Comme si l’exode rural n’avait pas été promu par ceux qui vous payent

              Je regrette cette agressivité déplacée vis-à-vis d’un riverain qui prend la peine de vous expliquer un peu mieux le travail de ces chercheurs. Avec ce genre de réaction bornée, on dégoûte les plus motivés des pédagogues.

              • vient de déménager 25 oct
                • Posté à 20h05 le 28/09/2008
                • Internaute 23692

                Rien de surprenant à ce que vous défendiez ce à quoi vous adhérez.

                • Yann Guégan
                  Yann Guégan répond à vient de déménager 25 oct
                  Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
                  • Posté à 20h46 le 28/09/2008
                    éditeur
                  • Journaliste 1836
                    Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

                  Je défends simplement un riverain qui semble avoir une conception du débat autrement plus féconde que la vôtre. Sans parler de votre conception de la science (d’autres le font ici mieux que moi).

          • amipb
            amipb répond à VinceDeg
            Chef de projet à Barcelone
            • Posté à 19h40 le 28/09/2008
            • Internaute 28823
              Chef de projet à Barcelone

            Le problème, c’est que vous avez tous les deux raison. Mais les intérêts financiers ont presque toujours le dernier mot, et les réelles avancées scientifiques s’effacent de plus en plus derrière la recherche du profit immédiat.

          • Gandijyn
            Gandijyn répond à VinceDeg
            • Posté à 20h09 le 28/09/2008
            • Internaute 30465

            Je voudrai voir la tête que ferait un humain, si une Vache s’amusait à faire un hublot dans le ventre de son gamin ?

            De plus, pour ne plus nourrir les humains, d’autres phénomènes s’en chargent naturellement : famine, maladies, et guerre - pour la dernière, un certain Bush aurait des idées précises de dénombrer vos vaches à hublot, supérieures en nombre aux humains qui auraient du coup, bien trop à manger !

            N’y a-til pas d’autres moyens (analyses, prélèvements, scanner, sondes, ...) pour « observer » la symbiose des éléments ? et est-ce que cela se pratique sur les porcs, les chevaux, les ânes, biches - cerfs ,...

            • Pierre Vandeginste
              Pierre Vandeginste répond à Gandijyn
              Auteur(e) de l'article Journaliste scientifique, blog (...)
              • Posté à 21h46 le 28/09/2008
                rédacteur
              • Journaliste 8947
                Journaliste scientifique, blog (...)

              On peut imaginer d’autres moyens, effectivement. Et je suis bien certains que les chercheurs concernés doivent y réfléchir depuis 40 ans.

              On peut par exemple euthanasier une vache chaque fois que l’on veut examiner le contenu de son rumen. Facile. Mais cher.

              On peut aussi aller visiter leur rumen en passant par la bouche. On pratique bien chez l’homme l’endoscopie « œso-gastro-duodénale », alors le rumen, qui est le premier compartiment du système digestif des ruminants, fastoche. Mais pour des manipes où l’on veut étudier l’évolutiuon d’échantillons de nourriture à 1h, 2h, 3h, 6h, 12h, 24h et 48 heures, je trouve que pour le coup, ce serait un peu vache d’aller farfouiller aussi répétitivement dans leur œsophage.

              J’en oublie sûrement.

              Mais c’est très certainement entre autres pour minimiser l’inconfort de l’animal que l’on installe ces fistules, sous anesthésie. Ensuite, on peut « expérimenter in sacco », tranquilement, sur un animal qui ne souffre pas, ce qui est évidemment très important pour la validité scientifique de l’expérience.

          • tOrDrE L¤RdRe
            tOrDrE L¤RdRe répond à VinceDeg
            chien de talus
            • Posté à 01h04 le 29/09/2008
            • Internaute 50571
              chien de talus

            Dans plein de domaines la sciences est contrainte de tapiner pour le capital pour exister. Soutenons la science contre les souteneurs !

          • violeta
            violeta répond à VinceDeg
            psy
            • Posté à 20h25 le 30/09/2008
            • Internaute 34895
              psy

            pas d’accord du tout. L’industrialisation est une mauvaise méthode. D’ailleurs tout ça n’a pas de goût et le goût est la porte d’entrée de l’intelligence et du bien être. Nous devons TOUT changer et revenir à des méthodes naturelles. C’est pas compliqué : dans le respect de la bio-diversité. Il y plein de gens qui aujourd’hui la demandent , d’ailleurs beaucoup de BOBO parmi eux, des gens qui par ailleurs ... gèrent des laiteries industrielles.

            Ce qui est bon pour eux l’est pour tous : Le RETOUR à UNE ALIMENTATION SAINE est la voie de l’équilibre pour sauvegarder notre propre équilibre et celui de la planète.

          • orties
            orties répond à VinceDeg
            • Posté à 05h15 le 03/10/2008
            • Internaute 35738

            Merci de toutes vos explications ...et de votre patience !

            Ce genre de recherche est indispensable.
            Elle n’a rien à voir avec l’exploitation mercantile des animaux pour leurs cornes, leur peau, leur bile (ours en Asie) ni même pour les tests de produits de beauté, qui elle ne les respecte absolument pas.

        11 autres commentaires
      • Zeck
        Zeck répond à VinceDeg
        Zèbre en cavale
        • Posté à 18h17 le 28/09/2008
        • Internaute 11239
          Zèbre en cavale

        C’est vrai que l’amour porté aux volailles élevées en batterie et aux porcs industriels scientifiquement nourris saute aux yeux ; c’est vrai que les chasseurs - du moins ce que je connais- sont des grands amoureux de la nature ; c’est vrai aussi que l’INRA est à la pointe d’une agriculture « raisonnée » en France et dans le monde, comme les coopératives agricoles et autres entreprises de la filière agroalimentaire, très sensibles, en plus, aux situations économiques des populations paysannes des pays sous-developpés qui sont producteurs de soja et de manioc. Quand j’écris « sous-développés » je veux dire « en voie de développement »

      • Spiripotain
        Spiripotain répond à VinceDeg
        promeneur écoutant
        • Posté à 18h22 le 28/09/2008
        • Internaute 49037
          promeneur écoutant

        Merci de votre commentaire. J’y vois une conception très mécaniste, scientiste des choses. Je serais largement de votre côté sur bien des points. Par exemple, je suis épidermiquement réfractaire à tout ce qu’on regroupe sous les termes de rebouteux, osthéopathes, étiopathes et compagnie. Ces sont évidemment des charlatans et je comprends votre souci de faire progresser le savoir.
        Néanmoins, il y a des limites, qui sont souvent d’une simple évidence. Non, on ne clone pas un être vivant. Non, on ne pose pas un hublot dans une vache.
        Les scientifiques ont systématiquement usé du prétexte de faire avancer la connaissance ou de faire progresser la lutte contre les maladies humaines pour mener les expériences les plus infâmes. On a longtemps torturé des êtres vivants au nom d’une conception rationnelle du monde. Sans parler des chimpanzés, souris, rats, etc... qui ont largement donné, on a lobotomisé les femmes (Suède, USA), on a stérilisé les handicapés (USA, Allemagne), on a usé de chocs à l’insuline ou à l’électricité (tous les pays), etc... dans l’optique de liquider les problèmes par la technique.
        Ce que je veux dire est qu’il existe une limite, que cette limite n’est pas claire mais qu’avec un minimum de sens de la dignité des êtres, on fait facilement le partage entre l’admissible et l’inadmissible.

         
        • violeta
          violeta répond à Spiripotain
          psy
          • Posté à 20h41 le 30/09/2008
          • Internaute 34895
            psy

          Merci pour votre commentaire. Merci vraiment.

          Cette tendance c’est l’agressivité humaine ; pourtant essentielle dans la construction de l’être humain elle devient ignoble quand elle s’exprime de façon sadico-perverse sur des objets(sens philo) qui viennent renforcer des sentiments de pleine existence avec des rationalisations qui s’appuient ici sur « le bien fondé scientifique ».

          Si parfois certaines expériences ont aidé au progrès, la majorité d’entre-elles ne sont que REPETITION du meurtre originel dont l’homme s’enorgueillit dans son combat contre LA NATURE.

          De toutes évidences nous sommes allés trop loin et ne sommes pas prêt à freiner le mouvement.

          Voir le film gratuit : EARTHLINGS
          Lien

          ou l’extraordinaire documentaire : « notre pain quotidien » (en DVD)
          Lien

          ***************************

        1 autres commentaires
      • Mr_Quiconque
        Mr_Quiconque répond à VinceDeg
        • Posté à 18h50 le 28/09/2008
        • Internaute 53003

        « Vous savez, la plupart des agronomes sont des amoureux de la nature ».

        Permettez moi de douter de cette généralité quand on voit l’impact des pesticides et insecticides qui portent bien leur noms quand on s’intéresse à leur éthymologie (1).
        Ces produits qui détruisent sont promus par une science qui s’autoproclame « science du vivant ».

        Cette science est aussi un dogme, une pensée unique qui est au service de la chimie et de l’industrie et qui rejette les discours et les études (2) ne cadrant pas avec cette pensée unique.

        –-
        (1)
        L’étymologie du mot pesticide s’est construite sur le modèle des nombreux mots se terminant par le suffixe « -cide » qui a pour origine le verbe latin « caedo, cadere » et qui signifie « tuer »
        Lien

        (2)
        Lien
        Conférence de Claude Bourguignon samedi 17 mars 2007
        Vers de nouvelles techniques d’assolement et de semis direct, par Claude Bourguignon, microbiologiste des sols.

         
        • amipb
          amipb répond à Mr_Quiconque
          Chef de projet à Barcelone
          • Posté à 19h48 le 28/09/2008
          • Internaute 28823
            Chef de projet à Barcelone

          La microbiologie des sols, le compostage, les fosses d’infiltration font partie des techniques naturelles permettant de redonner au sol ce dont il a besoin. Mr Bourguignon fait effectivement partie des gens qui n’écoutent pas le sacro-saint intérêt financier pour trouver une solution à l’appauvrissement général de nos sols, tués par les pesticides et autres fongicides et insecticides. L’INRA reprend toutefois, depuis quelques temps, certaines de ses idées. Il serait temps...

        • SansVisage
          SansVisage répond à Mr_Quiconque
          Chercheur à l'université
          • Posté à 19h11 le 30/09/2008
          • Expert 40079
            Chercheur à l'université

          Pesticide : qui tue la peste
          Insecticide : qui tue les insectes

          Avant que ces techniques n’existent, il y a eu des famines déclenchées par des maladies ou des insectes qui attaquaient les plantes. Alors effectivement, on peut voir ça comme des méchantes multinationales qui défendent leur profit mais ici on parle de nourrir des gens.

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