La blogosphère en remet une couche sur Darcos
Les enseignants de maternelle ? Des titulaires de bac +5 dont la fonction est « essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ». Prononcées le 3 juillet devant la commission des Finances du Sénat, ces paroles du ministre de l’Education nationale n’ont d’abord fait réagir que les intéressés. Depuis la mise en ligne de la vidéo sur Rue89, la blogosphère s’enflamme.
Et au-delà des jeux de mots (« Darcos en tient une couche »), un débat de fond s’ouvre sur la politique de la petite enfance. Pour le ministre, en effet, la petite section de maternelle ne doit pas devenir « la variable d’ajustement des communes en fonction de leur capacité ou pas d’accueillir des enfants, ou d’éviter de fermer une classe, parce que c’est souvent pour ne pas fermer une classe qu’on pré-scolarise tout petit ».
La réalité du métier

« Je ne suis pas la personne du pré-élémentaire qui change les couches et surveille la sieste. Il n’y a pas de couche, je ne surveille pas la sieste, je ne pré-scolarise pas, j’enseigne. Je suis institutrice d’école maternelle. J’exerce un métier de l’humain qui demande d’allier au quotidien théorie et pratique, pour la réussite de tous. Comme les institutrices de CM2. »

« Les qualités exigées chez ces personnes dépassent de loin celles qu’ont peut demander à un professeur d’université. Car il est relativement facile de communiquer entre adultes, de transmettre un savoir, et les conséquences d’une incompétence à ce niveau sont limitées par le fait que les jeunes adultes que sont les étudiants ont de quoi se défendre. Ainsi l’incompétence éventuelle d’un professeur de chaire supérieure, à Louis-le-Grand ou ailleurs, est bien moins catastrophique que celle d’une “maîtresse” de maternelle. D’ailleurs un tel professeur ne tiendrait pas trois jours en classe de maternelle. »
Des paroles jugées méprisantes
Pour de nombreux blogueurs, les paroles incriminées ne sont donc pas dignes d’un ministre. En saignant, toujours lui, accuse :
« Qu’une personne aigrie parce que concernée par le RSA tienne après son troisième apéro un tel discours pourrait à la rigueur se comprendre, mais que ces paroles soient prononcées par le ministre de l’Education nationale apparemment à jeun est époustouflant et signe une incompétence crasse, gravissime à ce niveau de fonction. »

« En cette période où le droit opposable aux modes de garde, préparé par le rapport Tabarot sorti en juillet dernier, met tout le monde de la petite enfance en alerte, il faut être vigilant. Il est nécessaire de réagir rapidement à tous ces propos qui ne peuvent qu’entretenir une confusion entre la réalité du terrain et la vision du travail qu’a le tout public, qui pourrait s’apparenter souvent à une vision folklorique plus qu’autre chose. »
La maternelle est-elle « une variable d’ajustement » ?

« Sur la variable d’ajustement, on est dans le mensonge pur et simple. Un exemple ? Mon village. Nombre d’élèves dans la classe des “petits et tout petits” l’année dernière : 35 (puisqu’on ne prend pas en compte les deux ans pour créer les classes, contrairement à ce qu’affirme le ministre !) et c’est un RPI (un regroupement d’écoles pour deux villages). »
Pour Christine Lemoine, la présence des tout petits ne joue pas dans les fermetures de classes ni dans leurs ouvertures :
« Quand une classe doit être fermée, l’inscription des deux ans ne change rien, la classe est fermée et il n’y a plus de “places disponibles” pour eux, pour reprendre la terminologie officielle. Dans notre département, les deux ans ne sont pas comptabilisés non plus pour une ouverture de classe. »
Et les parents dans tout ça ?

« Xavier, je te confie Authueil junior pendant une journée. Tu auras quatre à cinq couches à changer, dont deux cacas. La sieste, il la fait en général de 11h30 à 14 heures. Et le reste du temps, c’est une petite boule d’énergie, toujours à découvrir de nouvelles bêtises à faire. Il faut donc l’occuper, et c’est crevant ! Les enseignants de maternelle n’ont plus les couches à changer, puisque les enfants doivent être propres pour être inscrits. Par contre, ils ont plusieurs “petits monstres” à gérer, qui plus est dans la période que tous les parents redoutent : les “terribles deux ans”, celle où ils affirment leur caractère. Enseignant en maternelle est un métier dont je ne voudrais pour rien au monde ! »
Qu’ils soient enseignants, parents ou simples citoyens, les blogueurs sont en tout cas nombreux à rapprocher les propos de Xavier Darcos sur les maternelles de sa proposition de décerner des médailles aux bacheliers. « Allez, qu’on lui donne une médaille : il l’a bien méritée ! », ironise ainsi En saignant.
Photo : A l’école du village de la Nouvelle Paix, classe de maternelle, à Jérusalem, le professeur réconcilie un jeune juif et un jeune musulman (Flore-Aël Surun/Tendance Floue).
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prof. en province
prof. en province
Cessez de flinguer Darcos.... ! Quand il a tenu ces propos concernant les couches culottes et les instits de maternelles, il était face à une assemblée de gens sérieux ! Des gens qui font parie de cette élite infaillible qui a toujours raison !
Si Darcos suggère qu’il est inutile de confier les gosses de maternelle à des titulaires de bac + 5, c’est qu’il a fait une profonde analyse de la situation, alors pourquoi contester, n’oubliez pas qu’il a la noble tâche d’assainir les finances publiques !
Après tout, le but de l’école publique n’est que de « faire » de futurs adultes parfaitement polis et obéissants !




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