24/09/2008 à 11h38

« Entre les murs », votre critique ciné de la semaine


Mercredi, jour de sortie. C’est aussi le film de la semaine vu par les riverains de Rue89. Difficile, cette semaine, d’échapper à la Palme d’or de Cannes, « Entre les murs » de Laurent Cantet, qui fait débat tant sur le plan cinématographique et sur le thème abordé, celui de l’enseignement dans le contexte multicuturel et socialement complexe d’une école « difficile »...

Le principe est simple : vous faites la critique d’un long-métrage sélectionné par la rédaction. Dites ce que vous avez ressenti plus que des considérations techniques sur la réalisation du film. Vous avez jusqu’à lundi matin pour écrire votre avis et nous le faire parvenir par la boite de contact ou dans les commentaires ci-dessous.

Tous les avis seront représentés, à condition d’être courts (pas plus de 1500 signes), argumentés et conformes à notre charte des commentaires. Lundi après-midi, vous pourrez lire une synthèse de vos critiques, comme nous l’avons fait cette semaine pour le film d’Agnès Jaoui.

Inutile de résumer le film, on en a suffisamment parlé, y compris sur Rue89 pour que personne n’en ignore la trame et le principe. (Voir la vidéo de la bande annonce)



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  • Humain
    • Posté à 12h08 le 24/09/2008
    • Internaute 21387

    Entre les murs...

    Ou l’attribution de Palme d’autosatisfaction, décidée « sous les murs » par le jury Cannois !

    Pendant que les photographes se préparent pour photographier les futures stars sur le tapis rouge... Le Jury discutait de la qualité artistique et commerciale des films présentés, mais pas uniquement !

    Durant cette même période se jouait une toute autre compétition : En effet, pour la deuxième année à Cannes, les films numériques participent à la compétition.

    La palme d’or a été décernée à un film tourné intégralement en numérique !
    Un film tourné avec des « acteurs-élèves » dans un lycée...
    Avec des amteurs ... Moins cher !

    Moins cher, moins de moyens... Moins d’acteurs au moment ou les intermmitents sont mis à l’étart

    Plus de nombril... Ho non ! Plus de rentabilité !

    Économie de moyens, le numérique est moins cher pour celui qui le tourne. Plus facile à monter, plus aisé à manipuler. En un mot, plus rentable.

    Preuve ? : A Cannes après sélection de « Gomorra » (film Italien dit « antimafia » mais tourné en 35mm traditionnel), l’autocar remportant la classe des gamins ayant présenté le film « entre les murs » le samedi à fait demi tour, le dimanche matin afin de pouvoir assister à la remise des prix, alors que la proclamation des résultats n’avait lieu que le dimanche soir ! Simple coïncidence.

    Ben voyons !
    Le cinéma sera comme le reste... Rentable.

    • nonprophets
      nonprophets répond à Humain
      • Posté à 13h11 le 24/09/2008
      • Internaute 32629

      je ne savais pas que le bus des djeuns avait subitement fait demi tour, mais je savais que le réalisateur de valse avec bachir (dont j’ai lamentablement oublié le nom) avait été rappelé d’israel pour la cérémonie. Logiquement quand on rappelle un réal, c’est que la palme n’est pas loin. Pourtant avec son film superbe il est reparti la queue entre les jambes........
      comme quoi le jury à l’art de brouiller les pistes

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à Humain
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 14h09 le 24/09/2008
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Preuve ? : A Cannes après sélection de « Gomorra » (film Italien dit « antimafia » mais tourné en 35mm traditionnel), l’autocar remportant la classe des gamins ayant présenté le film « entre les murs » le samedi à fait demi tour, le dimanche matin afin de pouvoir assister à la remise des prix, alors que la proclamation des résultats n’avait lieu que le dimanche soir ! Simple coïncidence.

      Euh, ça n’a rien d’une « preuve », et c’est une pratique qui n’a rien de secrète ou cachée : le jour de la cérémonie de clotûre, on rappelle ceux qui ont un prix à récupérer. Mais ils ne savent pas cependant de quel prix il s’agit.

      Pour le reste, je ne vois pas ce qui vous permet de dire que ce film a obtenu la Palme d’or parce qu’il ne coûtait pas cher à tourner - ça me semble relever de la complotite aïgue.

      • Suricat
        Suricat répond à Yann Guégan
        • Posté à 14h37 le 24/09/2008
        • Internaute 8014

        D’une source très fiable, je confirme cette histoire de demi tour de bus et je vous confirme également que personne ne savait pour quel prix le bus avait fait ce retour vers Cannes... Dans la salle, au fur et à mesure des annonces de récompense, l’inventaire de faisait dans la tête de tout le monde et arrivé à la fin, personne ne semblait y croire...

        « Palme d’or ? Non, prix spécial du jury ou un truc comme ça. Quoi ? ! Palme d’or ! Palme d’or ! ! ! »

         
        • Zoup
          Zoup répond à Suricat
          En rappel par rapport au système (...)
          • Posté à 19h34 le 24/09/2008
          • Internaute 37009
            En rappel par rapport au système (...)

          Bon, on parle du film ou du demi-tour de ce bus ?

        1 autres commentaires
    • greenworld
      greenworld répond à Humain
      • Posté à 14h15 le 24/09/2008
      • Internaute 29214

      En bref, tu préfères 100 fois « Astérix aux jeux olympiques » avec un budget de 78 millions d’euros,tourné en 35 mm et qui a fait travaillé plein d’intermittents, que « Entre les murs » tourné en HD avec des moyens réduits...

      Hé Coco, le cinéma c’est pour celui qui regarde les films, pas pour donner à manger au plus grand nombre. La technique (hd ou 35 mm, fx,...) sont des moyens, pas des fins. Un film tourné à la pd 150 avec des acteurs amateurs sera meilleur si son scénario est bon, que la réalisation est efficace et que les acteurs font leur boulot, qu’une merde à 50 millions d’euros avec des acteurs pros sous prozac, un plateau de 50 personnes et une histoire à deux francs six sous.

      On s’en fout de la technique, on veut voir des BONS films.

    • Terence
      Terence répond à Humain
      • Posté à 09h57 le 25/09/2008
      • Internaute 15208

      Ceux qui font les films ne sont pas des « intermittents » (ce mot ne veut rien dire)ce sont des techniciens de la production cinématographique.

      Qu’ils soient engagés pour faire un film n’a rien à voir.

      Le numérique, effectivement, c’est le « crime parfait » de Baudrillard, celui qui tue l’artifice qu’est le cinéma sans laisser de trace.

      Et quoi qu’on fasse, un film numérique n’est pas un film, c’est une immanence sans corps, creuse.

      C’est vrai qu’une illusion sans artifice ne peut être que moins chère, elle n’a pas non plus de valeur, quoi qu’on dise.

      • Perez
        Perez répond à Terence
        ingé & zikos
        • Posté à 12h57 le 29/09/2008
        • Internaute 9534
          ingé & zikos

        « Et quoi qu’on fasse, un film numérique n’est pas un film, c’est une immanence sans corps, creuse. »

        oui oui papy et la vrai musique c’est sur les vinyls...
        D’ailleurs c’est pour ça que David Lynch a filmé avec une camera HD sur son dernier film Inland Empire (on n’aime ou pas mais jusqu’a preuve du contraire c’est un film)

        Vraiment avec de telles reactions on retournerai a l’age de pierre avec le sourire !

  • richelieu94
    • Posté à 12h19 le 24/09/2008
    • Internaute 32156

    ben oui le numérique c’est pas mal... parce qu’on a pas forcémment la caméra, les réseaux qui financent un tournage, bref on peut avoir envie de filmer quelquechose sans être dans le sérail ou fils de... on peut même considérer que l’on va mettre son énergie ailleurs que dans les problème techniques qui demande une formation approfondie, ou à rassembler des onds énormes ... et puis ca démocratise un peu le tout... je comprends que ca emmerde certains « cinéasteu »

    alors oui c’est pas mal... après faire une comparaison entre « gomorra » et « entre les murs » est assez inutile... pourquoi opposer une oeuvre (grandiose d’ailleurs) tirée d’une enquête journalistique et un film réalisée sur presque un an dans une classe reconstituée, où l’on a permis à des jeunes de partciper à uen aventure extraordinaire, de jouer, de s’ouvrir à ue activité qu’il ne pratiqueront peut être plus.... et puis pour une fois que l’on ne les présente pas comme des bruleurs de caisses, on va pas s’en plaindre.... parceque si tu veux du vrai cinéma sur les jeunes tu peux regarder Ma 6T va craquer, les bouzes de kourtrajmé ou les choristes, c’est du vrai ciné pas du numérique et fait par des pros... mais c’est à chier !

    ps : croire que le palmares n’est connue que à 20 heures pour Chazal relève d’une naiveté touchante

    • Terence
      Terence répond à richelieu94
      • Posté à 10h00 le 25/09/2008
      • Internaute 15208

      Quel que soit la technique, il faut peut-être payer l’éclairage, et payer les techniciens, et payer la construction des décors, et payer le réel qui fait l’artifice du film.

      Voilà la conception gauchiste et finalement réac : faisons des films pour rien et exploitons les techniciens et les ouvriers qui les font.

      Merci pour les idées reçues réacs.

      • Perez
        Perez répond à Terence
        ingé & zikos
        • Posté à 12h59 le 29/09/2008
        • Internaute 9534
          ingé & zikos

        quel est le probleme de faire un film pour rien ? Ca derange qui ? Et la photographie ca vous derange aussi ?

  • nonprophets
    • Posté à 13h06 le 24/09/2008
    • Internaute 32629

    L’intérêt de ce film relève de son propos et non pas de sa réalisation technique. Voila un film qui a des choses à dire et qui traite un sujet complexe sans complaisance.
    Autant le livre avait un côté jubilatoire, autant le film est autrement plus dramatique. Ici plus question de se cacher derrière l’écriture.
    De plus, ce film ne prend jamais parti, et ne montre aucune complaisance envers le corps enseignant et le corps enseigné. Il présente des situations complexes auxquelles il n’apporte pas de réponses. Ici pas d’aspect professoral à la Pennac, qui nous montrait dans sa dernière bouse comment être un bon prof.Ce film pose des questions importantes (l’incompréhension qui règne entre les profs et les élèves, à quoi sert l’école ? etc...). Il a également la décence de ne pas donner de réponses simplistes à ces questions. Au final un film intense et dramatique (voir la scène où une des filles qu’on ne voit pas du film annonce qu’elle ne sait pas ce qu’elle a appris cette année).Une interprétation magistrale de Bégaudeau qui passe par tous les états tout en restant crédible.
    Une palme amplement méritée à mon humble avis.

  • vinz13
    vinz13
    moine thélonieux
    • Posté à 13h19 le 24/09/2008
    • Internaute 37135
      moine thélonieux

    J’ai pu assister à une avant première organisé conjointement par le Snes 13 et la FCPE 13 hier soir au cinéma les variétés de Marseille. Le film était suivit d’un débat, que les organisateurs ont voulu « politique », ce qui se conçoit.
    Pourtant, ce film qui nous parle si merveilleusement de l’école, est aussi, et peu être avant tout, un grand film de cinéma. Les scènes de cours, de la vie de ce collège « difficile », qui font la matière de ce film, et qui sont si criantes de vérités (mis à part peut être une ou deux, notamment celle du conseil de classe), si pleines d’émotions, si vivantes , sont des scènes écrites et jouées. D’après des scènes vécues, j’imagine, par l’enseignant-écrivain-comédien François Bégaudeau (parfait), certes,
    La caméra filme au plus près des enseignants, des élèves, elle cherche (et trouve) sans cesse ces petits moments de vie, intenses et fugaces, où tout se joue, en bien comme en mal. Elle réussi à capter le flot d’émotions qui jaillit de cette classe, toujours avec pudeur, sans voyeurisme. C’est ce qui, à mon sens, fait l’universalité de ce film, et a du marquer le jury du festival de Cannes.
    Cela dit, le film nous parle tout de même de l’école, de notre école Républicaine. Et que nous dit-il ? Qu’elle souffre, indéniablement. De quoi ? Laurent Cantet ne donne, et c’est une autre force du film, aucune réponse tranchée. L’école se prête si peu aux analyses simplistes. Tout juste ébauche t’ il quelques pistes. Il montre aussi une école qui ne vit pas en dehors des grands et des petits problèmes de la société, une école qui se pose des grandes et des (toutes) petites question, sur elle même, sur son rôle, sur le prix du café... Il y a une scène magnifique, ou l’une des enseignante annonce sa grossesse à ses collègues en même temps que l’on apprends que la mère d’un des élèves, sans papiers, est menacée d’expultions : la vie dans toute sa complexité, ses drames et ses petits bonheurs
    D’ailleurs, le film nous donne aussi à voir une école, qui malgré tout ses problèmes, reste emplie d’humanité, et où la question du savoir et de sa transmission, c’est ce que moi j’ai compris de la dernière scène, occupe encore la place centrale...

  • Superblaireau
    Superblaireau
    comme son pseudo l'indique
    • Posté à 13h40 le 24/09/2008
    • Internaute 128
      comme son pseudo l'indique
  • vinz13
    vinz13
    moine thélonieux
    • Posté à 13h45 le 24/09/2008
    • Internaute 37135
      moine thélonieux

    Humain je ne comprends absolument pas ta réaction. Tu te permet de critiquer négativement ce film, sans même l’avoir vu, simplement du fait qu’il a été tourné en numérique. Moi j’appelle cela du poujadisme. Je te cite « 
    “Économie de moyens, le numérique est moins cher pour celui qui le tourne. Plus facile à monter, plus aisé à manipuler. En un mot, plus rentable.”
    Donc selon toi c’est un crime de tourner en numérique, parce que c’est plus simple et moins coûteux. Et ceux qui utilisent cette technique serait tous des rapaces. C’est vrai qu’ Haut et court n’a jamais produit et distribué que des bouses commerciales et ineptes...
    Et puis, je ne vois pas pourquoi les intermittents pâtiraient des économies ainsi réalisée sur les pellicules et le temps passé en post-production... sans parler du gain écologique (moins de déchets, d’agents chimiques...)
    Non vraiment des propos d’une telle incohérence, d’une telle absurdité m’étonnent de la part d’un riverain.

    D’autant plus que le film est magnifique et loin d’être “commercial”...

    • Humain
      Humain répond à vinz13
      • Posté à 14h43 le 24/09/2008
      • Internaute 21387

      Ben voyons !

      Faisons des économies sur tout... Les studios (école prêtée, lampadaire changés) caméras numériques, « acteurs » volontaires etc...

      Nommons ceci le progrés... Si vous le voulez ! !

      Si un film est « commercial » et, par contre gagne de l’argent, tuons, et soyons donc de ceux qui ne le plébiscitent pas !

      Ceci me fait penser aux opéras musicaux, dont nous en France sommes les seuls à faire les séances avec bande magnétique enregistrée....(Sauf pour la première !) !

      Et ensuite, nous nous désolons devant les musiciens qui ne trouvent plus de travail.

      De plus, de mon point le vue le « crime » comme vous le ditres, n’est pas de tourner en numérique mais au moment de la Palme de faire une sorte de pied de nez a Darcos, et cérise sur le gâteau, de recompenser un film très rentable.
      Vous en souvenez vous ?

      A mon sens il n’y a pas de « crime » c’est certain.
      Ce qui me gène est qu’au dernier moment le jury à changer de casaque pour récompenser un « numérique »....

      Sinon je n’ai rien à dire quand au reste.

      • Maaltanen
        Maaltanen répond à Humain
        étudiante
        • Posté à 15h41 le 26/09/2008
        • Internaute 51772
          étudiante

        C’est très fort de parler de récompenser un film « rentable » avant même qu’il ne soit sorti. ; -)

        Parce que bon, même si le film n’avait coûté que 3 euros (ce qui n’est pas le cas), s’il n’avait pas trouvé d’exploitant, on n’aurait guère pu parler de « rentabilité ».

        Oui, ce film a été tourné en numérique. Et alors ? Le numérique est à présent un outil qui compte, et avec lequel il faut apprendre à composer. Vive la nouveauté, vive l’expérimentation ! Auriez vous snobé « le chanteur de jazz » en 1927 ? Auriez vous snobé les premiers films couleur par la suite ?

        Arriver à créer un film, et à lui donner une vie critique et commerciale, alors qu’il avait au départ un budget modeste, je trouve cela plutôt encourageant. Le système cinématographique français est déjà assez codifié comme cela pour cracher sur ce qui sort un peu du lot. Et ce, même si ça n’a pas été tourné en 35 mm ... :)

        Allez quoi, élargissez votre champ de définition du mot « cinéma » ! Le cinéma, ce n’est plus seulement de la pellicule, et du son pris à côté. Le numérique est un outil nouveau, qui agrandit le champ des possibles. On devrait s’en réjouir.

  • Ouinouin
    Ouinouin
    aime bien donner son avis
    • Posté à 14h27 le 24/09/2008
    • Internaute 48021
      aime bien donner son avis

    J’avais déjà posé la question la semaine dernière mais je n’ai pas eu de réponse.

    Avez-vous décidé de ne proposer que des films français ? ?

    • Marie-Sophie Keller
      Marie-Sophie Keller répond à Ouinouin
      Ex-Rue89 mais toujours fan
      • Posté à 16h38 le 24/09/2008
      • Internaute 26936
        Ex-Rue89 mais toujours fan

      Bonjour, nous n’avons rien décidé de tel, seul le hasard fait que les deux premiers films proposés sont français.

      • compte supprimé 13
        • Posté à 20h04 le 24/09/2008
        • Internaute 10266

        3 e : vous oubliez le 1er Houellbecq...

        ––––––-
        en revanche un vrai documentaire (pas français)

        S.O.P. de Erroll Morris (Standard Operating Procedure)

        pas envisagé ?

        Abu Ghraib... c’est quoi ? ...

      • Ouinouin
        Ouinouin répond à Marie-Sophie Keller
        aime bien donner son avis
        • Posté à 09h30 le 25/09/2008
        • Internaute 48021
          aime bien donner son avis

        Merci pour votre réponse

  • Seydou Yéké
    Seydou Yéké
    (nom propre)
    • Posté à 14h28 le 24/09/2008
    • Internaute 52208
      (nom propre)

    Lu sur un forum reproduisant une page de Arrêt sur images (pour rire un peu) :

    debat le 28/05/2008 par la rédaction
    « Entre les murs », financé par Fadela Amara ?

    Petites récupérations autour de la palme française

    C’était prévisible...

    Le mouvement de contestation contre les réformes successives de Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale, tombe au moment même où la palme d’or cannoise est remise au film de Laurent Cantet , « Entre les murs ».

    Un film au coeur de l’actualité puisqu’il évoque les soucis, mais aussi le plaisir (grande nouveauté), que peut éprouver un professeur de français dans un collège difficile. Il s’inspire largement d’un livre, portant le même nom, de François Bégaudeau. L’auteur interprète lui-même le rôle de l’enseignant ; les jeunes acteurs sont tous élèves au collège Françoise Dolto, situé dans le XXème arrondissement de Paris.

    Le 27 mai, le député PS de Loire-Atlantique Michel Ménard a suscité l’indignation des bancs UMP de l’Assemblée nationale, en posant une question sur les réductions de postes dans l’Education nationale.

    Et c’est sur la fameuse palme d’or qu’il appuie son intervention.

    Xavier Darcos se défend. Son arme : l’attaque :

    « Si je comprends bien, au Palmarès de Cannes, il y a deux Palmes d’or : la Palme d’or du film “Entre les murs” et la Palme d’or de la récupération, par le parti socialiste, d’un film qui d’ailleurs, je vous le signale, a été cofinancé par les services de Fadela Amara. »

    Fadela Amara aurait donc participé au financement du film de Laurent Cantet. Mais comment ?

    Le point de liaison entre le film et Fadela Amara n’est autre que l’Acsé : l’Agence nationale pour la cohésion et l’égalité des chances. Lorsqu’Azoug Begag était ministre de l’Egalité des Chances, au lendemain des émeutes des banlieues de 2005, un fonds « Image de la diversité » avait été créé. Il est abondé à la fois par l’Acsé et par le CNC (Centre National de la Cinématographie). L’Acsé a ainsi délivré 3,2 millions d’euros en 2007.

    En novembre 2007, cette structure avait donné son accord pour le financement du film ’Entre les murs », à raison de 100 000 euros, (sur les 3 millions d’euros du budget global du film). Cet accord avait été donné en amont, le film n’en était alors qu’à l’état de scénario.

    Le financement par « les services de Fadela Amara » est donc indirect et...limité.

    En outre, l’Acsé est sous la tutelle conjointe du Ministère du Logement et...du Ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire.

    Pourtant, Darcos n’a pas spécifié que ce film avait été co-financé par les services de Brice Hortefeux.

    En outre, le ministre ne s’est pas privé, lui non plus, de réagir à la palme française.

    Lundi 26 mai, Darcos qualifiait dans un communiqué, la palme d’or de « très bel hommage aux enseignantsde France qui, malgré des conditions de travail parfois difficiles, font preuve d’un dévouement et d’un mérite exceptionnels qui doivent être salué. »

    Et il avait ajouté que ce film « invite la Nation à redécouvrir son école et à l’aider à relever les défis qui sont les siens » (formule qui ne mange pas de pain).

    Quant à Pujadas, il précise que cette palme d’or est aussi « un succès pour France 2 ».

    La palme d’or est comme la victoire : elle a beaucoup de pères...

    Par la rédaction le 28/05/2008

  • Alain Provist
    • Posté à 14h30 le 24/09/2008
    • Internaute 19517

    En lisant le « roman » de François Bégaudeau, j’avais ressenti une impression un peu désagréable. L’écrivain prenait comme cobaye de son écriture littéraire les situations de son milieu professionnel et pour rendre les dialogues plus pittoresques ne cherchait pas à les atténuer en tant que pédagogue. Autrement dit, c’est l’écrivain plus que le professeur qui témoignait, sûr de sa supériorité linguistique et intellectuelle sur un groupe d’élèves aussi spontanés que peu à même de rivaliser dans ces joutes rhétoriques. Je trouvais même à Bégaudeau une forme de cruauté voire de mépris un peu ricaneur pour ses élèves. En regardant le film, cette supériorité narquoise de l’écrivain sur ces non-lecteurs n’apparaît plus. François, l’alter ego de Bégaudeau, semble beaucoup plus démuni sur le registre de l’oralité où les collégiens bénéficient de l’effet de nombre et de l’habitude des réparties cinglantes. Mais en tant qu’enseignant, ce qui m’a gêné c’est de voir que ce professeur se met en position de danger justement en jouant le jeu d’une confrontation psychologique et langagière. Alors que le collège n’est pas fait pour cela. C’est en établissant des règles, en mettant entre les élèves et l’enseignant le rite du savoir et des méthodes qu’on parvient à vivre une expérience intellectuelle commune qui ne soit ni tout à fait sur le terrain de l’un ni tout à fait sur celui de l’autre. Dans ce film, les élèves jouent leur rôle d’élèves piégés par un système scolaire pour lequel ils n’ont pas toutes les clés et qu’ils essaient de formater à leur mesure. Mais je trouve que parfois, dans ce film, les adultes ne jouent pas toujours le leur comme au moment du conseil de classe par exemple. Personne ne dit rien aux deux jeunes déléguées quand celles-ci ricanent, mâchent du chewing-gum, mangent des gâteaux et sortent sans demander la permission. Au lieu de traiter de « pétasses » ces deux élèves, le professeur aurait dû, avec le principal, leur rappeler les règles du comportement en société… Il y a beaucoup d’autres choses à dire mais j’ai déjà dépassé le cadre imparti. Pour conclure provisoirement, je dirai que ce film mérite d’être vu pour le débat qu’il suscite. Quant à savoir si c’est un film de cinéma et s’il méritait la Palme d’Or ?

    • nonprophets
      • Posté à 14h39 le 24/09/2008
      • Internaute 32629

      Ce que tu dis est très vrai : les élèves sont piégés dans un système qu’il ne comprennent pas et les adultes ne remplissent pas toujours leur rôle. Mais c’est qui donne à ce film son coté terriblement humain où les faiblesses de chacun sont affichées au grand jour. Parfois l’humain prend le dessus sur le pédaguogue...

    • Rem67
      Rem67 répond à Alain Provist
      enseignant
      • Posté à 00h21 le 27/09/2008
      • Expert 54211
        enseignant

      Oui, en tant que prof de Zep, le conseil de classe m a gêné, par le manque de réaction des adultes, qui m’a semblé irréaliste. Mais sinon je trouve le film honnête et réaliste, sauf le niveau de langage des élèves qui est trop soutenu (si,si).
      Les profs sont ternes, je trouve mes collègues et ma salle de prof bien plus vivante.
      Un film à voir à mon avis car il montre une réalité que peu de gens soupçonnent.
      Et puis surtout, la fin du film arrive à nous faire percevoir la richesse intérieure des élèves, et ce malgré l’agacement que leur comportement provoque au début. Cette richesse , qui arrive à survivre malgré notre système éducatif inadapté et qui est, je pense, le carburant des enseignant.

  • Maryk
    Maryk
    Toulouse
    • Posté à 14h32 le 24/09/2008
    • Internaute 52581
      Toulouse

    J’irai le voir dans la semaine, en tout cas je ne porte pas de jugement sans l’avoir vu, cependant je n’ai entendu que de bons échos.
    Je pense que ce film va nous rappelez le film « l’esquive » je suis sûre que les deux films se rejoignent.
    En tout cas je vais y aller mais je suis sûre de ne pas être déçu, quand j’ai vu la joie de ces jeunes lors de la remise des prix j’étais ému donc vivement ce week end

  • Alain Provist
    • Posté à 15h07 le 24/09/2008
    • Internaute 19517

    suite de mon commentaire :
    [...]Je reconnais que ce document fuit le manichéisme, le lyrisme, le simplisme, le didactisme de la plupart des films documentaires ou de fiction sur l’école. L’absence de scénario préjudiciable dans une optique romanesque prouve que la classe comme la vie progresse dans l’incertitude et avec une part d’improvisation et donc d’hésitation (témoins ces mots malheureux que n’auraient pas dû prononcer François). On s’attache aux personnages et puisque nous sommes du métier, il nous prend souvent l’envie de sortir de ces murs ou d’entrer dans l’écran pour intervenir. Reste une question ? Entre les murs méritait-il la Palme d’or ? Ce n’est assurément pas une œuvre de fiction mettant en scène les talents de composition d’un réalisateur et d’interprétation d’acteurs chevronnés. On est plus proche ici de Cousteau ou de Michael Moore. Mais justement, ces cinéastes ont été récompensés à Cannes et c’est peut-être là aussi une des missions du cinéma que de donner à voir ce monde silencieux que l’on n’entend pas derrière les murs.

  • LGX
    LGX
    Acheteur
    • Posté à 16h16 le 24/09/2008
    • Internaute 52911
      Acheteur

    C’est un bon documentaire, mais surement pas un bon film. Nuance.
    Pour moi, Cousteau, Moore ou Cantet n’ont rien à faire à Cannes. De plus ou moins bon journaliste, mais en aucun cas des réalisateurs au sens cinématographique du terme.

    • moutardoné
      moutardoné répond à LGX
      réveillé
      • Posté à 00h32 le 25/09/2008
      • Internaute 42694
        réveillé

      Le cinéma documentaire est du cinéma, tout comme les réalisateurs de documentaires sont des réalisateurs « au sens cinématographique du terme », ne vous en déplaise.

      Vous confondez deux choses qui n’ont rien à voir : le reportage de journalisme et le film documentaire.

  • Alain Provist
    • Posté à 16h23 le 24/09/2008
    • Internaute 19517

    Que ceux qui s’amusent à « nazer » les comentaires proposent plutôt des arguments, cela sera plus constructif et découragera moins ceux qui s’expriment (quoi que franchement j’en ai vu d’autres)

  • Zoup
    Zoup
    En rappel par rapport au système (...)
    • Posté à 19h52 le 24/09/2008
    • Internaute 37009
      En rappel par rapport au système (...)

    Je n’irai pas voir ce film.
    Je suis enseignante, et les djeuns qui parlent comme dans la bande annonce sont mon quotidien. Les préoccupations de ces profs sont les miennes.
    J’ai comme un goût de saturation rien qu’à l’idée d’aller le voir - pourtant j’aime mon métier, j’aime être avec ces ados avec qui il faut avoir de la répartie, de l’attention, être stimulant, être un modèle, un anti-modèle, un humain, une salope, un révélateur, etc...

    Ce qui me sidère, c’est que ce film révèle un gouffre insondable entre la majorité de la population qui ne connaît pas ces djeuns, qui en a peur, et les enseignants qui les côtoient.
    Non ce ne sont pas des extraterrestres, ces jeunes-là, ce ne sont pas des délinquants en puissance. Ce sont de jeunes humains, qu’il est de notre devoir d’humains d’accueillir dans la communauté humaine avec ses règles, comme en tant qu’humains nous avons à les connaître, soutenir, encourager, entourer, cadrer et encadrer, à qui nous avons à transmettre du savoir, à qui nous devons permettre de grandir et de s’épanouir ; ça me paraît si évident et fondamental que je peine à comprendre qu’on puisse en faire un film, comme si on faisait un film sur une mère qui élève – le mot est le même – ses enfants…

    Le véritable fait de société dont parle ce film, c’est ça : nous avons perdu le contact avec la génération montante, et c’est grave.

    • Alain Provist
      Alain Provist répond à Zoup
      • Posté à 20h26 le 24/09/2008
      • Internaute 19517

      Chère collègue,

      On peut faire de la littérature et du cinéma sur tout. Souvenez-vous de cette histoire banale d’une femme qui s’ennuie en Normandie et qui prend un amant : c’est Madame Bovary.
      Ces ados dont il est question dans le film ne sont pas en effet des extraterrestres, seulement des jeunes en manque de repères et qui, inconsciemment, attendent qu’on leur en donne même s’ils y résistent plus fortement que les générations antérieures plus dociles.
      Un pays qui a peur de sa jeunesse, en effet, est bien mal engagée.
      Personnellement, j’ai voulu voir ce film car je me doutais bien que le double effet de la palme et du sujet allait provoquer le débat. Et pour parler en connaissance de cause.

      Gardons le contact.
      Amicalement

      • LeFaun
        LeFaun répond à Alain Provist
        Penseur
        • Posté à 11h52 le 25/09/2008
        • Internaute 40635
          Penseur

        Des « jeunes en manque de repères et qui, inconsciemment, attendent qu’on leur en donne même s’ils y résistent plus fortement que les générations antérieures plus dociles » dites-vous. Donc c’est la docilité et l’obéissance aux « repères » qui fait le bon élève, selon vous. Ce que je trouve le plus intéressant dans cette argumentation, c’est le fait que soit posé le « désir inconscient » de règles sociales et morales, comme un désir naturel. Mais si c’est le cas, la loi du plus fort et du plus agressif qui est en vigueur en Europe depuis l’antiquité romaine, malgré une pause de quelques siècles, ne peut en aucun cas répondre à ce « désir inconscient » d’harmonie sociale, de paix et de tranquillité. Ce monde social dans lequel les professeurs sont chargés d’accueillir les élèves est paré de vertus qui n’existent nulle part, et on s’étonne ensuite qu’ils « résistent plus fortement » aux mensonges qu’on leur sert à l’école. C’est sans doute qu’ils sont plus informés sur les valeurs réelles et la morale pratique du capitalisme mondialisé que ne l’étaient leurs parents. Comment demander à des êtres humains de diriger leur vie selon des repères qu’aucune société humaine ne suit, puisque les Etats comme les entreprises ne connaissent que l’hostilité, la concurrence et la cupidité, en guise de repères ? Pour que les jeunes aient des « repères », encore faudrait il que la société, ou du moins sa classe politique détenant le pouvoir, en aient...

         
        • Zoup
          Zoup répond à LeFaun
          En rappel par rapport au système (...)
          • Posté à 12h28 le 25/09/2008
          • Internaute 37009
            En rappel par rapport au système (...)

          Oui, assez d’accord avec vous.
          Un point, juste : ce n’est pas parce que le monde environnant marche sur la tête qu’il n’est plus nécessaire de transmettre les lois de la communauté humaine aux générations qui nous suivent.
          Pour ma part, je refuse l’obéissance servile, je respecte la révolte comme une expression saine. J’aime y donner un retour, c’est justement ce qui m’intéresse chez les adolescents.
          Je suis contre l’uniformisation du savoir, du comportement, de l’expression, de la création, etc. et je suis en cela souvent en porte-à-faux avec mes collègues.
          Mais je pense qu’à un jeune qui exprime son doute dans la communauté humaine, à raison en regard de tout ce qu’il voit autour de lui, nous devons montrer qu’il existe encore des adultes qui savent respecter autrui, et ces lois qui protègent le groupe humain de la barbarie.

        • Alain Provist
          Alain Provist répond à LeFaun
          • Posté à 12h41 le 25/09/2008
          • Internaute 19517

          Excusez-moi d’insister mais je persiste à croire que l’école est un lieu de socialisation et de modération qui doit encore rechercher la mesure dans les comportements individuels et une relative adéquation avec un modèle social dans lequel les jeunes sont plongés, ce qui n’empêche pas en même temps d’aiguiser leur esprit critique. Je répète aussi que les adolescents sont souvent reconnaiisants aux enseignants de leur apporter rigueur et écoute, méthode et persévérance quand le milieu ambiant, et même parfois les parents, les laissent livrés à eux-mêmes. Je n’ai pas parlé de bon élève qui serait obéissant mais de générations qui acceptaient plus passivement les règles que l’école leur proposait. Les nouvelles générations sont plus rétives et plus réactives mais ne rejettent pas pour autant cette « contrainte relative » qu’est la conquête du savoir.
          Quant à la conscience politique qui motiverait la révolte des élèves, elle est beaucoup moins grande que vous croyez

        2 autres commentaires
  • zénon denon 84
    • Posté à 20h17 le 24/09/2008
    • Internaute 30028
      Bonne

    Oh oh oh ,
    et oui ,
    souvent on a envie
    de casser le miroir
    qui nous renvoie ...
    La réalité .
    Toute bête !

    ça serrait une grave erreur
    de le casser ce miroir .
    La meilleure façon de savoir nager ,
    c’est de se foutre à l’eau ...
    Ouille c’est froid ;
    et alors ,on
    se réchauffe .

    Bien sur que la politique de l’autruche
    n’a jamais été une bonne politique .
    Pour autant,chapeau à nos hussards
    de la République ...Quel No au fait ?

    Aprés le beau débat dans libé d’hier
    je vais aller voir
    ce Témoignage, un de +

  • andelle
    • Posté à 20h53 le 24/09/2008
    • Internaute 1104

    J’ai vu le film en avant-première et avant d’avoir lu quoi que ce soit dessus. C’est un bon film, mais de là à recevoir la Palme d’Or...Il a cependant le mérite de lancer un débat indispensable sur l’école. C’est un film généreux ; les personnages sont filmés avec respect (à l’inverse du film « Être et avoir »). Le prof, Bégaudeau, joue très bien son propre rôle et on ne peut qu’avoir de l’admiration pour lui et pour ses collègues. Franchement je me sens incapable de faire ce qu’ils font ! Le prof donne de sa personne et il est admirable en un sens, mais par contre...les murs, les murs, ils sont bien là. Je veux parler des limites de l’Education Nationale. Malgré tout le mal que le prof se donne, c’est l’échec et l’expulsion emblématique de celui qui, bien qu’intelligent, est dans l’impossibilité de s’intégrer au système. On l’expulse sans s’être un instant posé la question du pourquoi et du comment de son comportement. L’échec pour celle qui n’a rien appris, rien compris. L’échec pour celle qui peut lire Platon, mais en dehors de l’école. Que de richesses gâchées ! L’institution brise à moitié les profs, laisse les élèves non conformes en rade au bord de la route et parmi les enseignants, personne n’écoute personne (le proviseur, c’est à croire qu’il est sourd !) Et on dirait que personne ne se pose de questions. Le film lui pose les questions mais...trop discrètement je trouve. C’est ce qui m’a déçue.

    • Alain Provist
      Alain Provist répond à andelle
      • Posté à 21h03 le 24/09/2008
      • Internaute 19517

      Ce sont là les limites de ce film à mon avis. Il ne donne qu’une vision de l’école, parfois fausse (le conseil de classe) parfois distordue par ellipse (combien d’élèves formés et intégrés pour quelques échecs), souvent simplificatrice (2h de film ce n’est pas une année scolaire et une classe ce n’est pas qu’un professeur). Ce professeur est sympathique mais il ne représente pas tous les professeurs. Je témoigne que la plupart des professeurs se parlent, parlent aux parents, aux élèves et que l’éducation nationale est un milieu où énormément de choses se font en dépit des vents contraires. Donc ce film n’est qu’un regard subjectif, il n’est pas un panorama objectif.

      • moutardoné
        moutardoné répond à Alain Provist
        réveillé
        • Posté à 00h49 le 25/09/2008
        • Internaute 42694
          réveillé

        Vous pensiez vraiment que ce film allait vous fournir des données exhaustives, complètes et objectives sur la situation de l’école aujourd’hui ?

        Bien sûr que le cinéma est subjectif ! C’est même, à mon avis, précisément ce qui en fait son intérêt. Toute mise en scène suppose des choix qui font que, par exemple, la vision que nous propose Laurent Cantet est différente de la mise en scène qu’aurait pu réaliser tel ou tel autre cinéaste.

         
        • Alain Provist
          • Posté à 08h17 le 25/09/2008
          • Internaute 19517

          Vous m’avez mal compris. Je disais précisément que c’est le principe même d’un film d’être un point de vue particulier qu’il ne fallait considérer Entre les murs comme une image représentative de la réalité de l’éducation nationale. Donc pas de différences d’appréciation entre nous.

        1 autres commentaires
  • Teberli
    Teberli
    Enseignant
    • Posté à 01h14 le 25/09/2008
    • Expert 48108
      Enseignant

    J’ai vu le film, il est intéressant et utile. Il faut voir que les souffrances des élèves qui se sentent étrangers à cette école sont sur le même plan que les souffrances des professeurs qui se sentent bien démunis dans cette école.

    Pour en sortir, il faut donner beaucoup à ceux qui sont les victimes de la société libérale-capitaliste (travailleurs pauvres, chômeurs, immigrés, sans papiers,etc) et donner beaucoup aussi à ceux qui ont choisi d’enseigner mais pas forcément de s’épuiser heure après heure.

    Enseignants et élèves sont dans une classe-cage-labyrinthe dans laquelle il n’y a pas de sortie éclairée, ils sont pris dans un jeu dont ils ne connaissent pas les règles.

    Ceux qui ont les règles savent que la partie ne peut pas être agréable ni très gratifiante : ils s’en moquent. Pour eux, l’important, c’est de rester en dehors de la classe-cage-labyrinthe, d’y maintenir sous pression les professeurs et les élèves et d’avoir la paix.

    De toute façon, ils savent - ceux qui connaissent les règles du jeu - que les élites qui perpétueront le système libéral-capitaliste sont formées en nombre suffisant ailleurs (dans les écoles privées ou confessionnelles)

    Que les enseignants et les élèves du public soient confrontés à des situations ingérables comme dans le film, ils « s’en tamponnent le coquillard avec une patte d’alligator femelle. »

    Si les enseignants s’unissent et font sauter les verrous de la classe-cage-labyrinthe, ils pourront à nouveau respirer et leurs élèves aussi.

  • Thierry Catrou
    • Posté à 06h45 le 25/09/2008
    • Internaute 16623

    Est-ce un film ? Est-ce un documentaire ? Ou encore un « Apocalypse now » sur l’école où l’on découvre avec stupéfaction que l’école n’est plus cet havre à l’abri des fureurs du monde. Bien au contraire elle est pulvérisée par l’hétérogénéité d’une société incertaine. Les enseignants ne sont plus des « hussards » flamboyants mais de misérables soldats en tenue bleu horizon, abandonnés, livrés à eux même et l’on ne peut qu’admirer leur courage, leur tranquille abnégation malgré tout !

    • Dave Feng
      • Posté à 10h53 le 29/09/2008
      • Internaute 27954

      C’est un film, une fiction - mais qui a un propos sur le réel. Ce n’est pas un documentaire. Cela ne signifie pas que ce film ne dit rien de vrai - le film dit la vérité, ou une parcelle honnête de la vérité, par le biais de la fiction. - C’est une distinction assez simple, pas très originale.

  • François René
    François René
    magasinier
    • Posté à 08h34 le 25/09/2008
    • Internaute 52909
      magasinier

    C’est quoi ce truc ? C’est un téléfilm ? Sur quel chaîne ? Quelqu’un pourrait il me renseigner ? Remarque j’ai pas la télé et ça a l’air d’une mièvrerie sans nom. Mais c’est pour ma pov’grand-mère elle aime bien les conneries comme ça a la télé. Elle regarde surtout les images... C’est pas vulguaire au moins ?

  • epona2007
    epona2007
    aucune importance
    • Posté à 08h52 le 25/09/2008
    • Internaute 54022
      aucune importance

    N’ayant pas encore vu le film, je m’informe et lis les commentaires dont certains sont vraiment navrants et représentent parfaitement cet état d’esprit français, veule et couard, où l’on se permet de régler ses comptes et surtout sa frustration, bien planqué derrière 1 pseudo.
    Je découvre donc que le film est tourné en numérique et que c’est 1 scandale ! sans parler du demi-tour du bus !
    O double scandale ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
    Et que tout se perd messieurs dames, on n’emploie plus d’intermittents ! Quelle bande de réacs ! Il faut aussi vivre avec son époque....
    Il est navrant de voir de telles polémiques autour d’un film qui reçoit un prix, et qui semble être 1 bon film d’après ceux qui l’ont vu.
    Comme disait si bien Coluche au sujet de notre emblème (le coq) c’est le seul oiseau qui chante les pieds dans la merde !

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 19h47 le 26/09/2008
    • Internaute 45067
      Littéral

    L’arène vide.

    Au milieu des années 50, déjà, Le Monde Du Silence de Louis Malle et Jacques-Yves Cousteau. Peut-être le premier docu-fiction, sinon celui qui a rencontré un succès populaire comme jamais la « réalité » filmée n’en avait connu depuis la toute première représentation des frères Lumière. C’est comme ça que les adultes en France ont été convaincus non seulement de la vérité des images mais aussi de leur effet opératoire sur la réalité.
    Décidément, les films français qui sortent en ce moment sont structurés par une figure de style, ici la <>métalepse (1) très sophistiquée, ou comment l’auteur Bégaudeau devient l’acteur Bégaudeau qui représente le professeur Bégaudeau qu’il a été.
    Les élèves s’interprètent eux-mêmes en étant profondément, spontanément, sans sur-jouer surtout, eux-mêmes. C’est à dire des êtres qui ne sont plus des enfants et pas encore des adultes. Mais leurs corps et leur langage sont travaillés par l’économie et le spectacle.
    Leur amateurisme garantit le naturalisme du film. Sont-ils seulement conscients de la sophistication de la machine narrative qui transmue leur image et leur langue ?
    « On doit dire des choses précises mais avec nos mots » On pense à Kafka et à la nouvelle « La colonie pénitentiaire », au rôle de la machine qui est de graver la sentence sur le corps du condamné.
    Leurs mots à eux, est-ce alors leur langue qui est la sentence, si tôt advenue dans leur existence ?
    Bernard Cantet est un cinéaste efficace, il rend avec une apparente économie de moyen, un effet « d’incarcération » très sobre, très « brechtien ». Car nous sommes sur une scène malgré tout, l’arène qu’est devenue la salle de classe de certains collèges.
    Dans quelle fiction l’auteur figure-t-il lui-même ?
    N’est-ce-pas de représenter une figure paternelle en rétiaire rhétoriqueur, qui prend toute une classe d’ados dans les filets de sa dialectique, eux qui ne parlent que pour dénommer eux, l’autre, le réel, désespérément, avec la langue de l’échange des biens traduite dans un dialecte péri-urbain.

    Dans la vrai vie, le professeur est le plus souvent une femme de beaucoup éloignée de la figure du gladiateur.

    (1) Métalepse, figure de style que Gérard Genette définit dans son usage majeure comme la représentation de l’auteur dans la fiction en tant que personnage.

  • Serge ULESKI
    Serge ULESKI
    Aujourd'hui, quiconque n'est (...)
    • Posté à 01h59 le 27/09/2008
    • Internaute 12581
      Aujourd'hui, quiconque n'est (...)

    Plaidoyer contre le brouhaha sans objet de « Entre les murs »
    _____________

    Un film pour personne, sinon pour ceux qui ont longtemps considéré que les gosses des classes populaires étaient, avant d’être des cancres, au mieux, de la graine de déliquants, et au pire, de la graine de criminels.

    Après « Bienvenue chez les Ch’tis » destiné à ceux qui pouvaient penser à tort, bien évidemment, que les gens du Nord ont dans leurs yeux la dernière cuite qu’ils ont prise la veille au soir, et dans le cerveau, un pois chiche, avant de nous confier que la langue Ch’tis est tout aussi respectable que l’argot et/ou n’importe quels autres patois...

    Avec « Entre les murs », diable ! A quoi sommes-nous confrontés ?

    A un reportage, à un documentaire ou bien, à un film de cinéma ?

    Fausse question puisqu’elle ne se pose même pas : la réponse est d’une telle évidence !

    Il s’agit d’une production audio-vidéo qui a la prétention inavouable (et ça, c’est plutôt préoccupant) de se substituer au reportage et au documentaire ; quant au cinéma, je n’ose pas imaginer un seul instant que le réalisateur ait pu avoir l’ambition de nous en proposer ; ou bien alors...

    Avec « Entres les murs », nul doute, nous avons affaire à un reportage et/ou à un documentaire « reconstitué » ou bien encore : un documentaire et/ou un reportage « scénarisé ».

    Imaginez donc ! C’est tout bénéf pour les producteurs : auncune surprise, bonne ou mauvaise, aucun retard ; l’objet est réalisé avant même d’être tourné ; plus de contraintes ; et tous les sujets peuvent être traités, il suffit de réunir des « plumes » capables d’en structurer le traitement avant de passer à leur réalisation.

    Dans « Entre les murs » et par la force des choses, tout y est à la fois vrai et faux. Si les cinéastes et les auteurs n’ont pas de souci à se faire, en revanche, les documentaristes doivent craindre que ce type de production ne supplante, dans les années à venir, ce qu’il est contume d’appeler « le documentaire » et/ou « le reportage ».

    « Entre les murs » ?

    Une production audio-vidéo destinée aux enseignants et pouvant jouer le rôle de catharsis, voire d’exorcisme ; on parlera même de maïeutique grâce à une production du type « médecin-accoucheur » ; les profs se livrant et se confessant le temps d’une séance, tout en profitant de l’opportunité qu’il leur est offerte pour prendre du recul, en devenant les spectateurs de leur propre réalité et de leur rôle reconstitués pour l’occasion.

    Finalement, une vidéo de formation continue et de remise à niveau pour les profs en mal de résultats, ce « Entre les murs » : ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut pas faire face à une classe de ce type ; entendez : type de population.

    A ce film, les élèves n’y viendront pas. Les parents ? Ils connaissent leurs gamins. Quant au contenu : nombreuses sont les situations sur-jouées même si les « acteurs » qui n’en sont pas, s’y prêtent de bonne grâce, jouant leur propre rôle, du moins un rôle tel qu’il a pu être pensé par ceux qui ont « pensé » cette production, ou plutôt, ceux qui croient avoir compris et pensé... à quelque chose ; alors que ce document audio et vidéo ne pense rien... ni à rien, puisqu’il s’agit d’un film sans point de vue, sans parti pris...

    « Entre les murs » est un film pour rien puisque ceux qui en débattent n’ont aucun pouvoir sur cette institution qu’est l’Education Nationale : ils n’y occupent aucun poste stratégique. Quant aux politiques sociales, culturelles et économiques qui ont pu conduire en trente ans et plus, des pans entiers de la population française marginalisés à rejeter l’école et la Culture des livres, des auteurs, des sciences, des langues...

    « Entre les murs » ?

    Entre... ces murs, les profs n’y feront pas de vieux os, le temps pour eux d’accumuler les points nécessaires à une mutation dans un établissement et une région et un département de leur choix.

    « Entre les murs », complaisant et bavard, est au cinéma ce que Envoyé Spécial de France 2 est au documentaire.

    Alors, vous l’aurez compris : plus on en parle, plus on s’éloigne et du cinéma, et du documentaire, et des films et de tout le reste...

  • Scaramouche
    Scaramouche
    Journaliste indépendant
    • Posté à 03h43 le 28/09/2008
    • Journaliste 54274
      Journaliste indépendant

    Je viens de voir « Entre les murs », et j’ai passé un bon moment de cinéma, prenant un réel plaisir à suivre ce professeur et ces élèves.
    Sur la question de l’école, un certain nombre de choses me gênent cependant. J’ai notamment entendu François Bégaudeau à plusieurs reprises parler du langage appauvri pratiqué dans les « zones sensibles » comme d’une « culture spécifique », aussi respectable qu’une autre en somme. Or, une telle orientation me semble démagogique. L’enfermement dans un univers réduit à 300 mots signifie en effet l’exclusion de toute chance de promotion sociale. Soyons honnêtes : les élèves que nous voyons dans le film n’accéderont jamais au milieu bo-bo dans lequel évolue leur professeur-acteur.

    A cet égard, je signale la parution le 15 octobre de « Dernières nouvelles du front. Choses vues dans un système éducatif à la dérive (21 avril 2002 - 9 juillet 2006 », par Daniel Arnaud, aux éditions L’Harmattan.
    L’avant-propos de l’ouvrage, qu’on peut d’ores et déjà lire sur le site de « Marianne », se présente comme un contrepoint intéressant à la démarche de François Bégaudeau. Il ne me semble pas inutile de le reproduire ci-dessous :

    « Le 29 mai 2008, je réagissais à la palme d’or décernée lors du festival de Cannes au film Entre les murs, de Laurent Cantet, avec François Bégaudeau, en ces termes (le texte original se trouve sur Lien) :

    […] François Bégaudeau a 37 ans et, comme beaucoup d’enseignants évoluant dans les établissements réputés les plus difficiles, il est de la Génération 69 [j’entends par là ceux qui sont nés après Mai 68]. Si Natacha Polony, qui a écrit l’excellent Nos enfants gâchés, a claqué la porte de l’Education nationale pour se tourner vers le journalisme, l’auteur d’Entre les murs, lui, se trouve en disponibilité depuis deux ans. Une situation qui lui permet de se consacrer pleinement aux carrières extra-scolaires qu’il mène de front : journaliste lui aussi (Les Cahiers du cinéma, Philosophie magazine, Inculte...), romancier (Jouer juste, dès 2003...), et aujourd’hui homme de cinéma. Qu’un professeur touche aux arts, à la littérature et à la philosophie, on ne peut que s’en réjouir : le savoir que l’on transmet et la culture autour de laquelle on échange, a priori, ne devraient pas être si éloignés, et il n’y a aucune raison de jalouser le petit prof qui vise l’excellence. […]
    Non, ce qui s’avère plus gênant, ce sont les prises de position pédagogistes de l’auteur-acteur dans le débat qui anime le monde de l’éducation depuis quelques années. D’un côté, des néo-pédagogues avec pour chef de file Philippe Meirieu, tenants de “ l’élève au centre du système ”, et pour lesquels il faut laisser “ l’apprenant ” construire son propre savoir en vue de son “ épanouissement ”. De l’autre, des républicains tels que Jean-Paul Brighelli (La Fabrique du crétin), pourfendeurs d’une idéologie qui, en renonçant à transmettre les savoirs, ne fait que maintenir les plus défavorisés dans des ghettos à la fois linguistiques, culturels et sociaux. Natacha Polony, pour sa part, a quitté l’institution pour mieux dénoncer un système qui, en s’adaptant toujours plus à l’enfant devenu roi, baisse continuellement son niveau d’exigences et valorise au bout du compte non pas le progrès ou l’effort, mais l’ignorance. Pendant que les produits des classes moyennes acquièrent petit à petit les 3000 mots qui leurs permettront un jour, peut-être, d’écrire pour Les Cahiers du cinéma, de publier un premier roman ou, pourquoi pas, de faire la montée des marches à Cannes, les jeunes des classes populaires, eux, commencent généralement leur scolarité avec 300 mots, la poursuivent en collège classé ZEP avec 300 mots, et la terminent en Lycée Professionnel avec 300 mots. Bref, ils stagnent ou, pour mieux dire, se voient confortés dans une misère intellectuelle qui les exclut définitivement de toute chance de promotion sociale.
    Or, François Bégaudeau, qu’on a pu voir débattre avec Jean-Paul Brighelli au salon du Livre 2006, ou encore avec Alain Fienkelkraut sur le plateau d’Esprits libres, cautionne ce système, niant toute baisse du niveau et préférant flatter la “ créativité ” du “ parler banlieue ”.
    On peut être amusé d’entendre des élèves employer les mots “ ziva !”, “ boloss !” ou “ En fous-toi !” (là, il y a même une phrase) lorsqu’on en possède soi-même 3000. Il peut, de la même manière, se révéler distrayant de fonder une revue qui s’appelle Inculte, lorsqu’on est soi-même cultivé. Mais flatter l’“ apprenant ” dont l’univers se réduit à cela, et pour lequel la palme entrevue ne restera à jamais qu’une miette d’élitisme, c’est pure démagogie. François Bégaudeau se rend-il seulement compte que les élèves dont ils parlent, eux, ne parleront jamais la langue qui lui a permis de conquérir Paris ? A moins que son aveuglement ne dépasse son talent, et qu’il ne soit lui-même entre ses murs...

    Daniel Arnaud. “Dernières nouvelles du front. Choses vues dans un système éducatif à la dérive (21 avril 2002 - 9 juillet 2006)”, à paraître le 15 octobre aux éditions L’Harmattan.

    • Dave Feng
      Dave Feng répond à Scaramouche
      • Posté à 11h12 le 29/09/2008
      • Internaute 27954

      Merci de votre commentaire. J’attire toutefois votre attention sur le fait que, en définitive, vous ramenez le débat sur le fond idéologique de ce film au conflit entre les pédagogues et les classiques. je vous indique que ce débat est une illusion, un combat fictif fabriqué par la presse et accepté par le corps politique afin de permettre au grand public de prendre des positions politiques de « gentils » ou de « méchants » - tout en faisant l’économie d’une réflexion sur l’école. C’est vrai que c’est tellement plus sympa, au lieu de réfléchir, de savoir d’emblée comment synthétiser les positions aux gentils gardiens de la tradition et aux méchants pédagogues (si on vote à droite) ou aux gentils pédagogues et aux méchants tyrans (si on vote à gauche)...

      Il existe des visions variées de l’enseignement, mais il me semble que la position de Bégaudeau, qui apparaît discrètement dans le film, mais plus littéralement dans ses interventions publiques, mérite mieux que d’être assimilée à un débat « faut-il parler comme des jeunes pour enseigner ? », « tout fout-il le camp, ma bonne dame ? » ou « méthode Coué contre méthode fouet ? ».

      Louer la « créativité », ce n’est pas nécessairement louer la simple créativité verbale - c’est rappeler un fait oublié par nombre de citoyens : la meilleure façon d’apprendre, c’est d’avoir foi dans son intelligence et d’être sûr qu’en appliquant son esprit sur quelque chose, on apprend. Le travail du prof consiste alors à prendre les élèves comme ils sont, là où ils sont, et les pousser à exercer leur esprit.

      En ce sens, « Entre les murs » sans être en rien un traité de didactique, contient divers passages qui montrent en creux un héritage lointain sur la question pédagogique qui revient, bien plus qu’à Mérieux (laissez-le où il est, ce pauvre vieux) à Jacotot.

      On peut avoir des désaccords idéologiques avec Bégaudeau, ne pas aimer son style - mais il a quand même une grande qualité, c’est de s’être posé la question de la mission de son sacerdoce et du sens de cette mission dans un système démocratique. C’est une question que nombre d’enseignants, persuadés d’être du côté des « bons », ne se posent jamais et se retrouvent à dicter des cours, qui donnent le change, à eux et au système, qu’ils font quelque chose d’utile.

  • Fifidou
    Fifidou
    Post Doc
    • Posté à 22h16 le 28/09/2008
    • Internaute 48893
      Post Doc

    Un film français à petit budget ayant la palme d’or à Cannes, on a envie de le soutenir. En plus la bande annonce laisse présager que le sujet un peu grave de « l’education en milieu hostile » est traité avec humanité et un peu d’humour. Les critiques annoncent même un film qui lance le débat sur l’éducation au collège ! Mais bon, les journalistes se délectant toujours d’une petite polémique à l’heure des restrictions budgétaires dans l’éducation, on se devait d’aller voir le film. Et après l’avoir vu rien n’a été exagéré. C’est un vrai bon film et sa réussite tient à ce qui précède, mais aussi et surtout à une tension permanente. Cette tension est celle du spectateur, qui se sent en empathie avec les personnages grâce au style volontairement documentaire du long métrage. Cette tension est aussi celle du prof, qui doit contenir ses élèves bien sûr, mais aussi leurs parents mécontents, et même ses propres émotions. Ce film soulève quelques problèmes, et montre l’inefficacité des solutions toutes faites. On sent bien qu’il faudrait redonner envie de bosser à chaque élève, mais que les méthodes type +/- carotte, +/- bâton n’ont aucune chance d’y parvenir. Le film a lancé le débat à la sortie de la séance. « Comment aurait-on réagit dans telle ou telle situation, la permissivité avec les élèves est-elle la solution… » Seulement après, on a dit « au fait j’ai bien aimé le film malgré quelques défauts. » A ce titre, le principal est le scénario, qui prend trop l’aspect documentaire, délaissant progression et construction. Cantet ne voulait pas faire un documentaire malgré la forme du film. Et dans cette histoire en immersion dans l’école, il manque intrigue et chute. Les histoires de chaque élève ne sont peut-être pas assez exploitées, comme celle de l’élève sans papier. Il manque un rien à ce film, mais il faut le montrer à Darcos et sa vision 1950 de l’école…

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