L'edito 20/09/2008 à 13h42

Bons côtés de « la plus grande crise bancaire de l'histoire »

Pascal Riché | Redchef Rue89


Un trader à la Bourse de Francfort (Alex Grimm/Reuters).

« Subprimes », « hedges funds », produits dérivés, « investment banks » (en faillite), fonds souverains, CDOs, « credit crunch »… Depuis une dizaine de jours, la crise bancaire nous assomme de ses mots aussi abscons qu’anxiogènes. Nous sommes « dans l’œil du cyclone » de la « plus grande crise bancaire de l’histoire de l’humanité », nous dit-on.

Il faudra « des années » pour remettre le système sur ses pieds et effacer l’impact de cette crise sur l’économie. Tout cela est vrai, mais je vois aussi deux éléments qui aident à prendre les choses du bon côté.

Fini les cadavres dans les placards

D’abord, ce que nous avons vécu cette semaine vaut bien mieux que la situation qui prévalait juste auparavant : un système bancaire où l’on camouflait les pertes sous les tapis, où l’on ouvrait les parapluies, où l’on niait ses erreurs, où l’on cachait les cadavres dans les placards, où l’on mendiait de l’aide aux pouvoirs publics…

Un tel système, s’il s’était perpétué, aurait conduit à faire apurer les milliards de pertes des banques, pendant des années, au compte-goutte, par les contribuables. C’est ce que le Japon a vécu dans les années 1990, et il en est résulté pour ce pays quinze ans de croissance nulle. Il valait mieux crever l’abcès, c’est ce que les autorités américaines ont commencé à faire.

C’est aux banques et à leurs actionnaires -tous ceux qui ont « >commis l’erreur de spéculer de façon irresponsable sur l’immobilier- de supporter ces dizaines de milliards pertes, pas au contribuable.

Lorsque le Trésor Américain a laissé tomber Lehman Brothers, il a fait comprendre aux autres banques qu’il n’y aurait pas forcément de filet de sécurité sous leur pieds. Merril Lynch l’a d’ailleurs très bien pigé : elle s’est aussitôt jetée dans les bras de Bank of America.

Le rachat de l’assureur AIG n’est pas un “sauvetage”, c’est une simple nationalisation : je prends 80% de ton capital, tu n’as rien en retour. En se débrouillant bien, la banque centrale américaine pourra même faire une plus-value sur cette opération. Quand au “fond de défaisance” géant que le Trésor américain prépare, c’est de l’oxygène pour les banques, mais elles afficheront des pertes au passage : car c’est à bas prix que ce fonds rachètera les actifs “toxiques” qui lui seront apportées.

Certes, il y aura encore probablement dans les mois qui viennent dans l’affaire quelques banques écrasées, quelques nouvelles faillites. Mais ce n’est pas, en soi, le pire drame de nos sociétés.

Le plus inquiétant, parce qu’imprévisible dans son ampleur, c’est l’impact de ce choc sur l’économie. Le système de financement de l’économie est affecté, cela ne peut être sans conséquences. Les autorités monétaires disposent certes d’un bon antidote à court terme -l’injection de liquidités- mais cette médication ne peut se substituer à la création d’un système bancaire aux fonds propres solides et doté d’une règlementation digne de ce nom.

Vers une économie plus solide, moins dépendante des excès de la finance

Tout l’enjeu actuel est donc à la fois de terminer la “purge” (cela peut prendre plus d’un an, et cela n’ira pas sans heurts) et de reconstituer un système financier recapitalisé le plus rapidement possible (cela peut prendre plusieurs années).

Ce qui nous amène au deuxième élément qui peut aider à ne pas voir que les mauvais côtés de cette période étrange. De cette crise historique peut sortir une économie plus solide, moins dépendante de la finance et de ses excès. C’est maintenant aux politiques de jouer : à eux de bâtir une règlementation bancaire plus simple, plus transparente, et à veiller qu’on ne puisse pas la contourner par des tours de passe-passe comptables.

L’idée que le marché peut se contrôler lui même (via les agences de notation, par exemple), a vécu. Si la finance folle est mise au pas, si l’intérêt de l’action publique est redécouvert, cela ne peut pas être une mauvaise nouvelle. Tout dépendra évidemment de la capacité des politiques à réagir sans craindre de chiffonner les anciens credos ; mais sur ce point, je dois dire que mon effort du jour pour trouver des motifs d’optimisme trouve sa limite.

Photo : un trader à la Bourse de Francfort (Alex Grimm/Reuters).

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 14h26 le 20/09/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    les terrorismes sont des fanatiques de « Dieu’ du livre, Ces financiers sont des fanatiques du Dieu argent.

  • kassis01
    • Posté à 14h37 le 20/09/2008
    • Internaute 24687

    Même les USA n’ont pas les moyens de se payer une guerre d’IRAK et garder le même niveau de vie. La crise actuelle n’est-elle pas là pour rappeler la réalité ?
    Le contribuable américain a accepté la guerre à une large majorité. Aujourd’hui, il leur faut régler l’addition. DIEU existe, really ? My godness !

  • quetzal2012
    quetzal2012
    enseignant précaire
    • Posté à 14h39 le 20/09/2008
    • Expert 26736
      enseignant précaire

    je ne vois vraiment en quoi cela va amener les politiques à une remise en question, ils sont bien trop dépassés par tout ça (comme les pathétiques esclaves de la loi du marché qui croient la maitrîser) et ce depuis bientôt 30 ans, le système est arrivé à bout de course depuis pas mal de temps déjà mais comme vous le dîtes on cachait les failles de cette course folle aux profits, le problè me c’est que c’est encore le cas ici, comme au Mexique en 94, au Japon en 97...
    C’est le même principe de la fausse solution, du noyage du poisson que les gens qui ne pouvant remboursé un crédit, en font un autre jusqu’au surendettement ! ! !
    Non, décidément, je ne vois pas de bon côté à cette crise, ou alors il faudrait qu’on cesse cette tartufferie financière et que le système implose sans répercussions sur les plus pauvres, ce qui n’est vraiment garanti !

    Lien

    • fermtag
      fermtag répond à quetzal2012
      • Posté à 04h50 le 21/09/2008
      • Internaute 31080

      Ben, justement, un « bon » côté, c’est qu’on ne prêtera plus sans garanties et que le sur-endettement va donc ainsi diminuer.

      Le mauvais côté, c’est qu’il va falloir ne plus consommer au dessus de ses moyens véritables, tout en épongeant les dettes des autres (ceux qui se retrouvent dans la merde, et là, soit, je suis d’accord, mais aussi et surtout ceux qui nous y ont mis. Et là, je suis beaucoup, beaucoup moins d’accord. Mais a-t-on vraiment le choix).

      Sans compter une inflation qui ne va pas aider à acheter les épinards dans lesquels on aurait bien aimé pouvoir mettre un peu de beurre : le pouvoir d’achat va encore se prendre une énorme baffe surtout en ce qui concerne les denrées de bases, amha...

      Le seul point positif, si je puis dire, c’est que les américains ont été les plus touchés : le dollar devrait donc baisser plus vite que l’euro et donc le baril de pétrole augmentera probablement moins vite chez nous que chez eux.

      Quant à relancer une guerre froide ou lancer une guerre en Iran, il va falloir qu’ils (USA) y réfléchissent à deux fois, la Russie étant peu touchée par la crise, tout comme la Chine.
      Et Junior a bien contribué à vider les caisses.

      Moi, je serait le « serpent monétaire » de l’UE, j’irais me planquer vite fait !

      Enfin, je dis ça, je dis rien : c’est pas moi qui décide ; -)

       
      • Avril
        Avril répond à fermtag
        • Posté à 11h11 le 21/09/2008
        • Internaute 24503

        J’adoOore les libéraux qui font tout pour faire oublier que George Bush est un des leurs.

        30 ans de conneries et de destructions sociales qui aboutissent à la faillite, et voilà encore les économistes adeptes du capitalisme boursier et leurs journalistes libéraux pour nous dire que tout cela a du bon, après vous avoir fait comprendre que décidément, vous ne comprenez rien à rien.

        Ces types là sont très très forts.

        • geubeul1
          geubeul1 répond à Avril
          edité sur http://fils2prof.over (...)
          • Posté à 14h03 le 21/09/2008
          • Internaute 4028
            edité sur http://fils2prof.over (...)

          parfaitement en accord avec vous !
           » la production industrielle est trop sérieuse pour la confier à des spéculateurs ! ! ! « 

          Lien

      2 autres commentaires
  • pierrejcallard
    pierrejcallard
    http://www.nouvellesociete.org
    • Posté à 17h17 le 20/09/2008
    • Internaute 3366
      http://www.nouvellesociete.org

    Les milliers de milliards ne sont que du papier dont on établit la valeur entre copains. En mettant fin au régime néo-libéral en place depuis Bretton Woods en 1944, on a décidé qu’au lieu de parier sur ce que le consensus des investisseurs penserait - faisant fluctuer les valeurs en bourse - le jeu désormais ne consisterait plus qu’à tenter de savoir ce que feront une douzaines de décideurs politiques, tousè la solde d’un seul pouvoir financier parfaitement intégré.

    Ainsi si VOUS savez qu’on dira lundi que l’État ne fera rien pour AIG, VOUS pouvez jouer la baisse et - avec des facilités de credit qu’on se consent entre amis - multiplier par 6 votre investissement en titant profit d’une baisse de 60% de la valeur des actions.

    Sachant que jeudi l’État va se dédire et metttre 85 milliards dans AIG, faisant monter les actions de 40 %, VOUS pouvez acheter et multiplier votre investissement par 4. Un million dimanche sera devenu 24 millions mercredi, ce qui vous donnera une marge de corruption confortable. Il a en a pour tout le monde. Pour tous les copains, s’entend. Pour VOUS qui savez, pas pour les autres qui eux ne savent pas

    Le systeme de libre entreprise américain traditionnel a été remplacé par la simple extorsion des faibles par les forts, sans même une effort pour le cacher.

    La balle est dans le camp du monde ordinaire.

    Pierre JC Allard

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    • sam09
      sam09 répond à pierrejcallard
      • Posté à 02h01 le 22/09/2008
      • Internaute 783

      Vous dites :
      « Le systeme de libre entreprise américain traditionnel a été remplacé par la simple extorsion des faibles par les forts, sans même une effort pour le cacher. »

      Mais n’est-ce pas l’essence même du capitalisme ? C’est une autre facette de la concentration du capital. Rien de très nouveau.
      Peut-être un jour n’y aura-t-il plus qu’une seule entreprise, qui dominera le monde ? ...

      Quant à :
      « La balle est dans le camp du monde ordinaire. »
      Vous fournissez les fusils ?

  • Mr_Quiconque
    • Posté à 10h00 le 21/09/2008
    • Internaute 53003

    Tout à fait juste.
    Nos revenus servent à traiter les excés de la finance, parce qu’il ne faut pas croire que nous serons épargnés, passé la vague il serait normal que les revenus de la finance contribue à la résolution des autres problèmes...et vite.

  • Kereven
    • Posté à 13h53 le 20/09/2008
    • Internaute 29900

    Les erreurs commises par le monde de la finance seront de toute façon payées par les contribuables, mais sur un plus long terme. Aucun responsable, a part ceux qui auront fait faillite n’aura la moindre sanction.
    Quant au décrochage du système bancaire vis à vis de la finance folle, je doute qu’un système aussi peu risqué en terme de responsabilité (seul Kerviel est tombé) et aussi lucratif (autant en nombre de conneries imaginables qu’en rentabilité) ne redémarre pas de plus belle, dès les comptes apurés.
    L’appât du gain est bien trop puissant pour permettre, à tous les acteurs du secteur, la moindre prise de conscience quelque peu raisonnée.

    • geubeul1
      geubeul1 répond à Kereven
      edité sur http://fils2prof.over (...)
      • Posté à 14h08 le 21/09/2008
      • Internaute 4028
        edité sur http://fils2prof.over (...)

      Mr Kerviel est « tombé » mais sur un autre emploi tout aussi bien payé et avec tout autant de responsabilité... .
      Nous aurait-on menti sur une speudo perte de la société générale, par un traider fou ? ?
      Et ces pertes ne serait elle pas les premières vagues des sub-prime en France ? ?

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  • kestiontoi
    kestiontoi
    travailleur forcé
    • Posté à 13h53 le 20/09/2008
    • Internaute 30798
      travailleur forcé

    « C’est maintenant aux politiques de jouer : à eux de bâtir une règlementation bancaire plus simple, plus transparente, et à veiller qu’on puisse pas la contourner par des tours de passe-passe comptables. “

    Quels politiques sont capables de s’opposer au pouvoir de l’argent ?
    A quand une taxe sur les bénéfices boursiers ?
    Quelles sanctions pour les dirigeants du système financiers ?
    Quand les politiques mettrons un place un système limitant les écarts de revenu ?

  • compte supprimé 13
    • Posté à 13h59 le 20/09/2008
    • Internaute 10266

    dans les motifs de se réjouir, vous avez omis de citer ceux des « banquiers » :

    ils se sont goinfrés de bonus, primes, stock-options, et « on » leur retire leurs pertes dues à leurs erreurs et malversations. Le contribuable paiera bien.

    heu-reux !

    • Bebert Cassandre
      • Posté à 16h52 le 20/09/2008
      • Internaute 11910

      Etonnant non !
      Aux US, ceux qui se sont fait lourder sans ménagement de leur« home sweet home » participeront désormais ; par l’impôt qu’ils paieront, au renflouage des banques qui les ont déchirés bien profondément.
      Après s’être fait mettre, voilà qu’il sont contraint à une ultime fellation... Pour la route...
      Elle n’est pas belle la vie ?

      • orties
        • Posté à 15h06 le 24/09/2008
        • Internaute 35738

        Je ne les plains pas du tout. Ils ne sont pas innocents.
        Il ne faut pas oublier que, si les gros s’en sont mis plein les poches, c’est avec la complicité plus ou moins active des plus petits, en particulier de leurs employés, tous plus cupides les uns que les autres, mais agissant chacun selon ses moyens. Personne n’est obligé d’aller travailler dans la finance. Ceux qui font ce choix le font uniquement pour tenter leur chance, par cupidité.

        De plus, je doute fort qu’ils n’aient pas de quoi se retourner, au moins pour ne pas tomber dans la pauvreté. Ils glisseront de la classe des plus riches à celle des moyens. Le drame ! ! !
        Après ce qu’ils ont fait subir à leurs victimes (expulsions, écrasement des pays pauvres), je trouve qu’ils s’en sortent plutôt moins mal qu’elles.
        Et même s’ils se retrouvaient dans la m..., je dirais « c’est bien fait pour eux ». Combien, dans le monde, sont morts de faim par leur faute ?

        Bien évidemment, je mets dans le même panier tous les boursicoteurs, grands et petits.

  • Tintinac
    • Posté à 14h00 le 20/09/2008
    • Internaute 15124

    Nos chers penseurs ne nous parlent plus de la retraite par capitalisation.

    Avec la crise, les fonds de pensions doivent être très fortement malmenés et perdre beaucoup d’argent actuellement. Je ne désespère pas en voir se déclarer en faillite. Les épargnants verront alors leur retraite partir en fumée.

    Il est facile de critiquer la retraite par répartition mais par les temps qui courent elle me semble plus sécurisante pour l’avenir.

    • orties
      orties répond à Tintinac
      • Posté à 15h07 le 24/09/2008
      • Internaute 35738

      Elle est surtout immorale !

  • thierry reboud
    • Posté à 14h07 le 20/09/2008
    • Internaute 20923

    Je demeure tout de même perplexe.
    Le « pas-sauvetage » d’AIG peut difficilement se résumer à 80% du capital contre rien en échange, il me semble, ne serait-ce que parce que (sauf erreur de ma part) AIG n’a plus de dettes et que ces dettes sont désormais celles du contribuable étasunien : ça fait tout de même quelque chose en échange, non ?
    D’autre part, lorsque vous nous expliquez que le Trésor étasunien rachète les actifs toxiques pour trois fois rien, c’est sans aucun doute exact ; mais la question du coût de la défaisance ne sera tirée au clair qu’au moment où sera connu le prix de la revente de ces actifs toxiques. Or rien n’indique qu’ils vaillent même les trois fois rien qu’ils auront coûté.

    Cela dit, il y a bel et bien quelque chose qui me reste en travers de la gorge, de ce pic de la crise financière, et c’est une rage considérable.
    Je dois dire que je ressens le +9,27% du CAC40 d’hier comme un crachat en pleine face.
    Nous avons affaire à des escrocs qui se sont gavés sur le dos de l’économie réelle pendant des années, qui nous ont structurellement ajustés, et qui vont s’en tirer les pattes propres. Eh bien ça, ça me met en rage à un point que je ne croyais plus possible. Nous allons payer leurs dettes alors qu’ils ont bien pris soin, toutes ces années, que nous ne profitions qu’à la marge de leurs bénéfices indécents : cette richesse qu’ils ont accumulée, serait-il concevable qu’elle soit mobilisée pour faire face à leur inconséquence ?

    C’est bien joli, l’argumentation qui prétend que le capitalisme est supérieur aux autres systèmes parce qu’il est capable de corriger ses propres erreurs (ce qui est, si je ne me trompe, le fond de votre pensée, non ?) : ce que je constate, c’est qu’il les corrige sur le dos des autres.

    • Pictulo
      Pictulo répond à thierry reboud
      • Posté à 14h53 le 20/09/2008
      • Internaute 23785

      C’est vrai que le propos de l’article est assez ambivalent, et refuse en tous cas de considérer la débandade actuelle comme l’échec pur et simple d’un système. A ceux qui crient « l’ultra-libéralisme est mort », il répond en invoquant des ajustements qui le rendront plus fort, plus juste, plus transparent...
      J’y vois un peu de candeur.
      Car effectivement, les 9,27% d’hier sont le signe que l’effondrement, c’est pour les marchés. Mais dans les cerveaux, c’est toujours la course au profit qui prévaut. Aucun effondrement idéologique dans les salles de marchés. Au contraire.

      • pierrejcallard
        pierrejcallard répond à Pictulo
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 17h29 le 20/09/2008
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        Il n’y a pas eu d’échec ni d’erreurs. Jamais ceux qui comptent n’auront fait une meilleure affaire que cette baisse brutale des cours suivie d’une hausse spectaculaire, le tout couplé avec une prise en charge des dettes par l’État.

        Ceux qui ont le pouvoir ont volé des centaines de milliards de ceux qui ne l’ont pas. Tout ca était parfaitement prévisible et prévu depuis des années. Il ne restait qu’à fixer le moment du déluge. C’étai cette semaine ; maintenant, on va jouer a autre chose...

        Pierre JC Allard

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    • PAULA17
      PAULA17 répond à thierry reboud
      • Posté à 15h33 le 20/09/2008
      • Internaute 24176

      @ Thierry

      Connaissant (un peu) AIG, leurs immobilisations représentent 1000 MILLIARDS de DOLLARS ! AIG envisage donc la revente de ses immeubles dans un délai trés court pour ne pas « crouler » sous les intérêts du prêt de la FED.

      Ce foutu néolibéralisme et ses vertus de la transparence....

      On a tous la rage, les riches toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres.

    • azerty69
      azerty69 répond à thierry reboud
      ExecutieveBranleur
      • Posté à 16h10 le 20/09/2008
      • Internaute 42089
        ExecutieveBranleur

      « Je dois dire que je ressens le +9,27% du CAC40 d’hier comme un crachat en pleine face. »

      Ta méconnaissance de la bourse et de la finance est trop grande pour que tu puisses juger correctement ce mouvement. Je vais tenter de l’expliquer, mais je doute que tu veuilles le lire et l’admettre...

      - (1) A ce jour, la perte de capitalisation boursière des banques/assurances du monde est très largement sup° aux pertes subies sur ces actifs pourris. Disons que j’ai une action de toutes les banques et assurances du monde. Elle a perdu 30% depuis la crise alors que les actifs pourris, même si leur valeur était nulle, ne représenterait qu’une perte de 10-20%. On a une spéculation à la baisse (très normal dans la spéculation / volatilité moderne) qui accentue l’économie réelle.

      - (2) La valeur d’une action n’est pas la valeur économique réelle de ce qu’elle représente mais la valeur du rendement qu’elle procure a un moment T comparativement au rendement sans risque des emprunts d’état. (Il faudrait 50 milliards d’euros pour refaire Peugeot alors qu’elle n’en vaut qu’un dixième en bourse, parce que l’automobile ça ne rapporte pas grand chose)

      - La hausse de 9.27% n’est pas le signe que l’on fait un cadeau du contribuable vers l’actionnaire.
      La crise actuelle de part le point (2) à permis aux établissements et aux particuliers en bonne santé financière de gagner énormement d’argent ou de se préparer a en gagner énormément. Cela sur le dos de ceux qui allaient mal. (Votre voisin fait faillite et vous revend votre maison une bouchée de pain que vous louerez a 20% de rendement a ce même voisin.) LA hausse de 9.27% est le pari des acteurs financiers que nous sommes au point d’inflexion entre la perte et le début de gains. Ils changeront peut être d’avis demain soit dit en passant.

      - Il y a aussi un énorme aspect technique. Le rachat de position de vente a découvert. Certains ont spéculé sur une continuation de la baisse (qui par le point (1) est déjà que de la pure spéculation et sans rapport avec les pertes réelles des banques). Mais une - bonne- nouvelle arrive, tout le monde sait que les actifs sont bradés, même ceux qui vendent, et tout le monde doit racheter en même temps, les actifs à n’importe quel prix. D’ou montée « technique » du à l’obligation de spéculateur perdant de racheter des actions.

      La hausse de 9.27% n’a pas de signification dans la vie réelle. C’est le dénouement de jeu de spéculateur. Des spéculateurs à la hausse ont gagné de l’argent sur le dos des spéculateurs à la baisse.

      • thierry reboud
        • Posté à 16h18 le 20/09/2008
        • Internaute 20923

        Votre commentaire était sans doute un peu long et technique, mais merci tout de même d’avoir pris le temps de m’expliquer tout cela... d’autant plus que votre conclusion explicite parfaitement la raison pour laquelle je ressens la hausse d’hier du CAC40 comme une insulte. Je vous cite donc : Des spéculateurs à la hausse ont gagné de l’argent sur le dos des spéculateurs à la baisse.

        Autrement dit, le jeu de la spéculation se poursuit et fonctionne encore. Vous ne m’en voudrez donc pas si je considère que vos explications ne retirent rien à ce que j’ai voulu dire.

         
        • -Candide-
          -Candide- répond à thierry reboud
          Jardinateur
          • Posté à 19h40 le 21/09/2008
          • Internaute 40778
            Jardinateur

          A l’exception cependant que vous ne semblez pas connaître la signification du mot *spéculation*.

          Dans l’esprit de beaucoup de gens, spéculer c’est manipuler le marché pour en tirer profit.
          exemple, j’achète tout le sucre sur le marché, je crie à la peignurie, j’attends que les prix montent et je revends.
          Et celà semble d’autant plus vil que cela semble réservé à une élite malsaine qui contrôle les ficelles.

          *Heureusement, en finance ce n’est pas comme cela que ça marche*

          En fait, la spéculation n’est que l’anticipation de la réaction et des activités d’autrui. Pour soit tirer un bénéfice personnel, soit en faire profiter les autres.
          soit plus généralement les deux : je crée un service et je me rémunère dessus.
          C’est un métier à part entière dans la finance.

          Exemple 1,
          Le pétrole a un cours aléatoire, je suis responsable d’une compagnie aérienne. Je ne peut pas risquer toute l’exercice de ma compagnie sur quelque chose que je ne maîtrise pas donc je vais voir mon banquier pour me couvrir d’une hausse trop forte.
          Le banquier va donc acheter « à terme » du pétrole sans doute un peu plus cher, mais a un prix garanti.
          Pour que le banquier puisse le faire, il faut qu’il y ait un vendeur. A moins de trouver quelqu’un qui a exactement le problème inverse (qui risque de perde de l’argent si le pétrole baisse), vote banquier va regarder sur le marché et se mettre en relation avec un spéculateur qui va vous proposer un prix.
          C’est à dire quelqu’un qui a analysé le risque, et qui fait des estimations raisonnables sur les comportements futurs des gens (comment vont se comporter les consommateurs dans 6 mois et idem pour les producteurs)
          Cette activité présente un risque, donc le spéculateur propose toujours un prix sur le marché en se faisant une marge sur ses estimations.
          Néanmoins cette activité est essentielle pour la fluidité et la temporisation du marché.

          Exemple 2 (plus commun)
          Vous voulez partir en vacances début Aout qui tombe justement un Samedi.
          n’étant pas à deux jours prêt vous décidez de retarder votre départ pour le lundi et éviter les embouteillages.
          Vous faîtes par ce geste une *spéculation* sur le comportement des gens qui vous permettra de partir plus tranquillement le lundi et indirectement ça sert aussi aux autres !

          Exemple 3
          Vous êtes grossiste en chocolat.
          Vous savez qu’à la veille de pâques tous les producteurs seront en saturation de production et que de plus, les prix seront probablement plus élevés vu la demande.
          Vous décidez dès le mois de Septembre d’acheter en masse du chocolat (à prix plus réduit) que vous revendrez comme les autres pendant les périodes de pâques.
          - En faisant celà, vous arrangez bien les producteurs à qui vous achetez car ils peuvent produire en masse sans risque de sur-stock
          - A pâques, vous revendez votre chocolat en faisant votre bénéfice, mais aussi vous avez contribué à alimenter le marché et faire baisser le prix du chocolat.
          Par cette action, vous avez lissé les variation de prix sur le cours du chocolat.

          En conclusion,
          La spéculation sur les marchés est une activité qui contribue au lissage des variations.
          Elle génère des profits pour ceux qui l’exercent, avec la limite cependant que quand il y a trop de spéculateurs, plus personne ne peut faire de bénéfice et tout ça s’équilibre.
          Un peu comme le nombre de boulangeries dans un village.
          Si vous êtes tout seul, vous allez vous faire des couilles en or, mais si vous êtes 50 ça va pas durer longtemps.

          Donc attention,
          un « spéculateur » dans le monde financier, n’est pas forcément un « spéculateur » dans le sens ou l’on l’imagine dans la vie de tous les jours.

          • azerty69
            azerty69 répond à -Candide-
            ExecutieveBranleur
            • Posté à 09h29 le 22/09/2008
            • Internaute 42089
              ExecutieveBranleur

            Oui.
            Je ne suis pas un gauchiste de rue89 ! J’ai intégré tout ces comportement et les trouve normaux.
            Cela étant dit, un jour la spéculation a la baisse et à la hausse (bulle internet, bulle imo, krach subprime...) finira mal, j’en ai peur. Les crises spéculatives sont de plus en plus fréquentes et violentes...
            Et la spéculation haussière sur l’immo a emmerdé pas mal de « pauvres » et jeunes pour se loger.

        2 autres commentaires
      • pierrejcallard
        pierrejcallard répond à azerty69
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 17h36 le 20/09/2008
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        Ceux qui savaient ont gagné auz dépends de ceux qui ne savaient pas. Un délit d’initié planétaire pour 1,5 trillion de dollars.

        Heureusement, c’est une démocratie : -)) : -))

        Lien

        Pierre JC Allard

        http : : //les7duquebec.wordpress.com

         1 autres commentaires
      • A déménagé le 25 octobre
        • Posté à 17h39 le 20/09/2008
        • Internaute 33755

        QUELLE(S) DROGUE(S) DOIT-ON S’ADMINISTER ?

        « La valeur d’une action n’est pas la valeur économique réelle de ce qu’elle représente mais la valeur du rendement qu’elle procure a un moment T comparativement au rendement sans risque des emprunts d’état. »

        Permettez moi de décoller légèrement, mais ne devrait-on pas revenir à une valeur plus objective de l’argent, en considérant qu’il est le moyen d’objectiviser les relations économiques ? s’il perd ce rôle là, c’est parce qu’on se retrouve face à une situation où les individus fixent la valeur des choses (et de l’argent !) non plus en fonction de données objectives, mais en fonction de ce qu’on estime être l’estimation faites par les autres, en sus à un plus ou moins loin « moment T », pour vous citez aussi ?

        A-t’on un moyen, bordel, de rationaliser drastiquement l’argent sous toutes ses formes, devenu subjectif ou virtuel, c’est le mot à la mode, par une prise en compte réaliste, et non spéculative, de l’incertitude ?

        « N’a pas de signification dans la vie réelle » ?
        Si on a dit à l’unanimité que les écrasantes baisses des jours derniers ont eu une signification pour la vie réelle, je ne vois pas par quel tour, à moins que celui-ci ne soit un de passe-passe, la vertigineuse hausse d’hier, quant à elle, n’en aurait pas.
        Qu’on me l’explique, je souffre d’ignorance.

         
        • Jean222
          • Posté à 00h44 le 22/09/2008
          • Internaute 53494
            trader

          La valeur des choses est fixée par l’offre et la demande. Donc en l’occurence, il en est de même pour les actions. Si à l’annonce d’une nouvelle positive (ici le fond créé par la fed pour acheter les actifs dit toxiques) tous les agents anticipent une hausse des des entreprises (ici, les banques n’ayant plus le poids de ses actifs ne devraient limiter leurs pertes) et par conséquent achètent tous en même temps des actions. La demande surpasse l’offre donc les prix montent et le cac prend 9.27%. Le prix d’un bien ne reflète rien de plus que cet équilibre. L’air qui est gratuit actuellement (heuresement) se valoriserait s’il venait à se raréfier.
          Ici tout est bien réelle, les banques devaient faire des pertes réelles à cause de leurs actifs toxiques et la fed les a réellement racheter, d’où cette hausse qui reflète des évènements économiques réels.

          • TToon
            TToon répond à Jean222
            les financiers à la lanterne
            • Posté à 11h27 le 22/09/2008
            • Internaute 53284
              les financiers à la lanterne

            Attention message trash, qui ne vous est pas spécifiquement destiné. Juste un billet d’humeur à l’attention d’une profession qui me fait horreur.

            Certes, sauf qu’ici c’est pas le monde des bisounours.On anticipe une hausse pour se faire du pognon ou ne pas en perdre, c’est selon. Peu importe ce qu’il y a derrière.

            Vous aurez beau essayer de trouver un sens moral à votre profession, il n’en demeure pas moins que tout nous indique que, dans le réalité, seul le pognon compte.

            Car, entendons nous bien, cette profession technique, amorale sur le papier, est dans la réalité le bras armé des génocidaires.

            Le spéculateur à la grand-papa, analyseur et anticipateur de risque au service de l’industriel, on n’aimerait bien qu’ils soient tous de cet acabit.

            Bizarrement, c’est souvent la merde et c’est toujours le quidam réel, vous savez celui qui crève la dalle et vous temps la main pour la piécette quand vous allez bouffer le midi, qui s’en prend plein la gueule.

            Qui se pose, à la city, à la défense ou à wall street, la question de savoir s’il faut au non acheter des actions d’une entreprise qui vient de licencier en masse pour faire remonter son cours. Qui se pose la question de savoir s’il est moral que les matières premières agricoles servent de valeur refuge.

            Quand on travaille dans un secteur dont la vacuité mène directement à des millions de morts par an, faut un peu se pencher sur le pourquoi du système.

            « C’est pas moi, c’est mon patron et mon client qui m’y obligé. Je ne suis pas responsable. D’ailleurs, c’est pas la bourse qui affame. Nous on n’est juste là pour mettre en relation demandeurs et offrants ».

            On n’a déjà entendu ca à Nuremberg (Ouaich, je sais un bon point Goldwin pour moi). C’est vrai, vous n’êtes que de bon petits soldats, des sans grades au regard des puissants qui ordonnent. Mais ca ne vous dédouane pas de réfléchir, voire de vous retirez de ce système. Comment se regarder dans une glace le matin quand on a foutu la veille des billes dans la bulle sur les produits agricoles, acheter des actions d’un marchand d’armes, ou miser sur la vente des biens des pauvres ? Comment pouvez vous participer à un système anarcho-libéral alors que l’histoire nous répète à l’envie qu’il suffit de quelques hyènes profitant sans vergogne de la bonne volonté de la majorité pour que tout foute le camp ? Perso, ca me dépasse.

        • organe_dhonneur
          • Posté à 06h58 le 22/09/2008
          • Internaute 12689

          « La valeur des choses » , nous la voyons étrangement, Français, comme quelque chose de fixe, d’éternel, de vrai, que des salauds viennent ruiner, compromettre, salir - en d’autres termes, « noble valeur » contre « vil prix ». Approche logique dans une société imprégnée de catholicisme et de philo de platon, mais qui ne veut rien dire. Marx détache complètement la question du prix de celle de la valeur et de celle de l’argent.

          Donc la fixation des prix n’est pas « objective » ou subjective », l’argent est avant tout une « technique » et non un attribut moral. Un prix correspond à la somme des cash flows et des utilités d’un bien ou d’un service au moment T.
          Comme les marchés sont humains et donc pas parfaitement efficients, des mécanismes tiers viennent compliquer cette définition. Asymétrie d’information entre acheteurs, vendeurs ou les deux, déséquilibres de financement (un oligarque russe ou un rentier séoudien qui dispose de capacités de cash énormes à court terme), etc. D’où crises, faits divers, etc.

          Mais clairement, un prix n’a pas de valeur autre que celle qu’on lui veut bien lui accorder.

        3 autres commentaires
      • ababush
        ababush répond à azerty69
        • Posté à 01h18 le 21/09/2008
        • Internaute 30701

        « Il faudrait 50 milliards d’euros pour refaire Peugeot alors qu’elle n’en vaut qu’un dixième en bourse, parce que l’automobile ça ne rapporte pas grand chose. »

        C’est une manifestation des aberrations du capitalisme : la déconnection de la valeur des actions avec la réalité des entreprises, valeur évaluée au jour le jour sur un marché à la con dénommé bourse ou interviennent uniquement des rupins qui n’ont pour objectif que de devenir encore plus rupins (et ce même si ce marché est bien utile parfois pour financer les entreprises).
        Sur ce marché, ont peut donc racheter/prendre le con trole pour bien moins que leur valeur réelle (celle des actifs et de la sueur) des entreprises qui ne crachent pas assez de blé à l’instant T : en général, c’est pour liquider les branches mortes (les parties ne produisant pas assez de gain, avec leur personnel périmé) et revendre au prix fort ce qui rapporte.

        La conviction du bien fondé de cette méthode de valorisation peut être poussée jusqu’à l’idiotie dans certains milieux de notre belle droite, comme a su le démontrer notre brillantissime énarque apprenti-sorcier « libéral » et alors premier ministre A. Juppé qui voulait donner Thomson au groupe Daewoo en expliquant à la France entière que Thomson valait de toutes façons 0 puisque l’entreprise perdait de l’argent (Daewoo a depuis subi une belle faillite, alors que Thomson s’est remis à gagner de l’argent).

        Finalement, la moins mauvaise solution pour une gestion correcte de la valeur des entreprises reste la nationalisation....

         
        • ZYXXYO
          ZYXXYO répond à ababush
          Ingénieur Informaticien
          • Posté à 08h24 le 21/09/2008
          • Internaute 13909
            Ingénieur Informaticien

          « dénommé bourse ou interviennent uniquement des rupins »

          Pas besoin d’être un rupin pour avoir des SICAV !

          • ababush
            ababush répond à ZYXXYO
            • Posté à 12h24 le 21/09/2008
            • Internaute 30701

            Un détenteur de SICAV peur difficilement être considéré comme un acteur de la bourse, car il n’a aucune influence sur les cours : je ne parlais donc bien sur pas de ce qu’on appelle péjorativement les petits épargnants.
            Les vrais acteurs, ce sont les traders qui agissent toute la journée derrière leurs ordinateurs en vendant ou achetant, ce sont les financiers des hedge fund qui créent des titres, ce sont les services financiers des banques qui créent des sicav, ce sont les agence de notation qui font et défont de la valeur.
            Bref, c’est tout le petit monde initié de la finance qui s’en met plein les poches et qui décide de la confiance et donc de la valeur à attribuer à tel ou tel morceau de papier (les autres ne peuvent que suivre passivement, à l’exception notable des AG).

            C’est en ce sens qu’il faut comprendre ma phrase.

            • Jean222
              Jean222 répond à ababush
              trader
              • Posté à 00h55 le 22/09/2008
              • Internaute 53494
                trader

              En même temps, lorsqu’un petit épargnant veut que son sicav lui rapporte 4% par an alors qu’un bond du trésor te rapporte 2%, il faut bien qu’il y ait un trader qui soit là pour prendre des risques avec son argent en spéculant avec. Il n’y a pas de miracle...
              Si le petit épargnant trouve cela ignoble rien ne l’empêche de gérer son argent tout seul, on ne l’a pas forcé à le placer dans un sicav.

        • azerty69
          azerty69 répond à ababush
          ExecutieveBranleur
          • Posté à 10h13 le 21/09/2008
          • Internaute 42089
            ExecutieveBranleur

          ==> « bourse ou interviennent uniquement des rupins »

          Et bien non. C’est un fantasme de coco ça.

          Le premier détenteur d’action est l’état/Région/collectivité locale... : donc vous et moi.
          Les suivants sont -pas dans l’ordre- :
          - chaque assurés (de voiture, de santé, de maison...) : donc vous et moi.
          - Chaque bancarisé : donc vous et moi.
          - Aux états unis (fonds de pension retraite par capitalisation) : donc pratiquement tout les US.
          - Chaque épargnant : la moitié des actifs. Ne croyez pas que quand vous placez votre épargne a 3% en PEL, CEL, Produit garanti... La banque le laisse dormir tranquillement...

          La bourse qui baisse, c’est des tarifs bancaires et assurances qui montent (et inversement).

          ==> « la déconnection de la valeur des actions avec la réalité des entreprises »

          Oui mais une usine de locomotive a vapeur qui a couté 100 millions à construire et qui ne vaut plus rien parce que personne n’achète de locomotive a vapeur et dont le terrain sur lequel elle est batie ne vaut rien. Vous, vous seriez prêt a l’acheter 100 millions ?

          D’un autre côté, on arrive a des choses aberantes. Nike, une entreprise ou tout est externalisé, qui n’est somme toute qu’un bureau avec 5 financiers, 5 avocats, un designer en chef et un chef de publicité vaut des milliards de $... Mais c’est de l’argent « virtuel ». Un jour viendra une autre marque où se transferera cet argent virtuel. Nike fera faillite, mais une autre la remplacera avec une valeur d’actif tout aussi aberrante. Ce ne sera qu’un transfert d’argent entre différents actionnaires.

          • ababush
            ababush répond à azerty69
            • Posté à 13h08 le 21/09/2008
            • Internaute 30701

            Concernant le premier point, voir ma réponse plus haut (pour interviennent, comprendre agissent) : la finance est un monde d’initiés (très riches), même s’il s’agit de l’argent des autres.

            Concernant le second point, il est probable que les actifs mentionnés de la société de locomotive à vapeur ont été amortis depuis longtemps. Et si personne n’achète plus de locomotive à vapeur, je suis évidemment tout à fait d’accord sur le fait que la société est en faillite et ne vaut plus rien.

            Par contre, il existe de nombreuses sociétés qui sont mal évaluées uniquement du fait d’une mauvaise rentabilité, alors qu’elles ont un vrai savoir-faire (et qu’elles ont d’autre part une vraie valeur pour la collectivité).
            On aurait pu fermer certaines années les chantier de l’atlantique sous prétexte qu’ils perdaient de l’argent : néanmoins, le cout pour la collectivité (l’état et ses filiales locales) d’une fermeture de ces chantiers aurait été énorme (moins de cotisations, plus de problèmes sociaux etc..).
            D’autre part, une telle fermeture aurait généré une importante perte de savoir-faire pour la collectivité France, sur un segment d’activité qui n’est pourtant pas mort.
            Enfin, le marché des bateaux de luxe a finalement explosé et il s’est avéré que l’entreprise pouvait être rentable sur ce segment grâce à son savoir-faire.

            Bref, la valeur boursière des entreprises industrielles (sans parler des coquilles vides adossées à des marques type Nike ou adossées à une simple notoriété type Enron) tient compte de manière très insuffisante
            - des perspectives du marché sur le moyen et long terme (les financiers de la bourse vivent à court terme)
            - du capital savoir-faire

            et pas du tout compte de la valeur globale pour la collectivité.

            Sur ce dernier point, cet état de fait est normal pour les investisseurs dont le seul intérêt est d’avoir un capital qui rapporte tout de suite(et du fait de la mondialisation, une richesse détruite à un endroit sera crée ailleurs). Le contre exemple est néanmoins des types genre Warren Buffet qui ont le bon sens d’investir eux-meme sur le long terme sur des sociétés/activités ciblées, mais ce type d’investisseur est une exception : la plupart des gros investisseurs passent par des intermédiaires financiers court-termistes déconnectés de l’économie réelle.

            Néanmoins, il est normal que l’état soit partie prenante du jeu boursier (ait son mot à dire) puisqu’il subit les conséquences des fermetures d’activité. Et dans le système actuel, la seule manière d’avoir son mot à dire est d’être dans le capital des entreprises.

            De nombreux grands groupes français ont été sauvés par les nationalisation de 1981-1982, et la France ne s’en est porté que mieux (d’autant plus qu’un certain nombre de ces entreprises ont été vendues de manière juteuses lors des grandes vagues de privatisation).

            Et si le fait de nationaliser va à l’encontre des règles de l’OMC, qu’on m’explique ce que va faire l’OMC après ce qui vient de se passer aux états-unis (exclure les USA, se dissoudre) ?

            • azerty69
              azerty69 répond à ababush
              ExecutieveBranleur
              • Posté à 15h26 le 21/09/2008
              • Internaute 42089
                ExecutieveBranleur

              Je ne peux qu’approuver tout ce que tu dis. Chaque système a ses aberrations et ses défauts. Le capitalisme aussi. Je n’ai rien a dire de plus, je suis entierement d’accord.
              On a aujourd’hui une grande perte de savoir faire (délocalisation de l’industrie et l’artisanat) que l’on paiera cher le jour venu...

              Petite anecdote : un menuisier (un peu + que smicard en france) de 10 ans d’exp° part en inde former des menuisiers indiens. Il y reste 5 ans et gagne de quoi faire rentier (la formidable « fraude fiscale » de chaque expatrié doublé du salaire d’expatrié). Dans une génération, les français ne sauront plus faire le travail... On a transformé 20 travailleurs en 1 rentier et 19 jobSansQualification/précaire/chômeurs...

              Sinon, quand un particulier achète une SICAV il a un impact sur la bourse, il la fait monter. Bien plus que les petites spéculations des professionels.

          • Avril
            Avril répond à azerty69
            • Posté à 15h54 le 21/09/2008
            • Internaute 24503

            espèce de libéral !

        • Jean222
          Jean222 répond à ababush
          trader
          • Posté à 00h50 le 22/09/2008
          • Internaute 53494
            trader

          Il faut bien que tu gardes à l’esprit que le prix du marchés reflète les anticipations. Si tu vas dans une animalerie et que tu achète un poisson rouge, si tu pense qu’il va mourir dans 2 jours tu va l’acheter pour quasiment rien alors que si tu pense qu’il vivras 2 ans tu l’acètera plus cher. Pour une entreprise c’est la même chose si tu estime qu’elle est à deux doigt de faire faillite et qu’elle est endettée jusqu’au coiup et que pour la valoriser il faudra que tu investisse dedans, tu l’achetera à un tres bas prix.

    • ducatel
      ducatel répond à thierry reboud
      • Posté à 20h22 le 20/09/2008
      • Internaute 7941

      pour comparer la hausse du cac a un crachat, faudrait-il encore qu’il y ait volonté d’insulter. Or, les gens qui ont gagné de l’argent avec cette augmentation en 1 journée ne sont pas des escrocs et c’est ça le pire, ils l’ont fait en respectant parfaitement la législation

    • ababush
      ababush répond à thierry reboud
      • Posté à 12h14 le 21/09/2008
      • Internaute 30701
    • ababush
      ababush répond à thierry reboud
      • Posté à 12h12 le 21/09/2008
      • Internaute 30701

      Je suis d’accord avec vous sur le fait que cette nationalisation des pertes est scandaleuse.
      Cependant, AIG est une compagnie qui s’adosse à des actifs majoritairement sains (contrats d’assurance) mais qui s’est retrouvée proche de la faillite du fait de son impossibilité à faire face à ses besoins en trésorerie, et ce du fait de la chute de la CONFIANCE : plus personne ne voulait lui prêter de l’argent, et AIG en avait un besoin crucial en trésorerie (d’où la chute spectaculaire de l’action, les « opérateurs n’ayant plus confiance). AIG va néanmoins conserver une grande partie de sa valeur et ne devrait pas couter une fortune au contribuable américain.

      Non, ce qui est réellement scandaleux, c’est que l’état américain ait garanti Jeudi soir d’acheter SANS CONTREPARTIE tout actif pourri à toute institution bancaire ou assimilée (hors les purement spéculatifs hedge funds) sans prise de contrôle de ces institutions : les banquiers qui ont fait n’importe quoi vont donc pouvoir écouler leur stocks pourris au frais du contribuable américain tout en conservant l’indépendance de leur société : le beurre et l’argent du beurre.

      Le crédit Lyonnais était déjà une banque nationalisée, AIG vient d’être nationalisé : par contre, les actionnaires des sociétés américaines cédant leurs actifs pourris vont continuer à être propriétaires de leurs sociétés partiellement renflouées de fait par l’état (et leur “employés” vont continuer à toucher de substantiels bonus).
      Et ça, c’est réellement plus énervant que la hausse d’un jour de la bourse.

  • Bon Scott
    • Posté à 14h16 le 20/09/2008
    • Internaute 24531

    Ces Entreprises privées, lorsqu’elles font de substantiels bénéfices, ce sont les actionnaires qui en profitent, et lorsque ces mêmes Entreprises ont des déficits abyssaux, ce sont les contribuables qui payent ? !

    Comment cela s’appelle, lorsque l’état intervient en réinjectant de colossales sommes d’argent ? !

    Les baisers comptez vous ! ! !

    • Mr_Quiconque
      Mr_Quiconque répond à Bon Scott
      • Posté à 19h44 le 20/09/2008
      • Internaute 53003

      Hi hi hi
      Chavez nationalise les entreprises qui font du profit, les ricains n’ont qu’à faire pareil pour boucher le trou laissé par leurs magouilles financières.

  • Ciencien
    Ciencien
    Étudiant (en pharmacie)
    • Posté à 14h30 le 20/09/2008
    • Internaute 43695
      Étudiant (en pharmacie)

    Et si on fesait une bonne guerre pour relancer l’économie hein ? Chais pas, y’a pas un truc du côté de la georgie ? Aller, on va faire un ptit tour, pour voir si le fameux « Rouleau » compresseur russe tient toujours.

  • expat
    • Posté à 14h45 le 20/09/2008
    • Internaute 25627

    C’est une facon de voir bien curieuse :

    Les banquiers du monde entier ont abuse des petits salaires en leur faisant contracter des dettes pour acheter un logement en ayant l’intention de le leur reprendre et de le revendre avec profit (les fameux subprimes se fondait sur un systeme abusif avec un taux d’interet normal pour 2 ans puis un taux usurier et impayable par la suite). Ils ont si bien reussi qu’il se sont eux-meme mis sur la paille.

    Au secour de qui se porte l’Etat (donc l’ensemble des contribuables les pauvres gruges inclus) ? au secour des voleurs ! Pas de conditions, pas necessaire de laisser les gens garder leur maison en payant ce qu’ils peuvent (avec un taux d’interet normal) et eviter l’effet desastreux de la crise.

    Parce que si les gros requins payaient parfois personnellement pour leurs erreurs, bonjour les larmes dans les chaumieres, pourtant l’usine et le SMIC c’est acceptable pour la plupart d’entre nous !

  • hagalma
    • Posté à 14h48 le 20/09/2008
    • Internaute 8451

    Pas mécontent que les intégristes politiques de la loi du marché aient à rabattre leur caquet. Las, le contribuable sera probablement en dernier ressort (à moins d’une révolution culturelle) celui qui paie la casse. Mais au moins y aura-t-il une pause dans la culpabilisation de qui n’est pas gagné par la finance à tout crin ? Assez d’accord avec le constat de Jospin sur Inter vendredi : « l’incroyable fossé entre la sphère financière et l’économie réelle ». Mais pas d’accord avec lui sur le fait qu’il en ait pas fait un thème de campagne en 2002 (d’ailleurs, en avait-il un ? !).
    L’économie capitaliste va mal, alors quelques signatures se risquent à la critiquer un peu, mais avec la déférence due à un thème qui fait et défait un budget...
    Merci Pascal Riché d’écrire que c’est aux spéculateurs de l’immobilier d’avoir à supporter eux-mêmes leurs conneries.

  • all
    all
    • Posté à 14h59 le 20/09/2008
    • Internaute 9005

    Il reste beaucoup de questions en suspens et non des moindres :

    L’état US, qui ne risque pas la faillite, va ingérer la dette toxique détenue pas la sphère financière, en ressuscitant le Résolution Trust Corp, équivalent de notre CDR à la puissance cent. Mais comment gérer cette dette ? Pour une petite partie elle sera épongée par le contribuable, à condition que la récession ne soit pas trop forte. Pour la plus grande partie par du déficit. Jusqu’à présent les excédents des pays émergeant comblent le déficit américain. Mais que se passera-t-il si une baisse de la croissance limite ces excédents et obligent ces pays à puiser dans leurs réserves ?
    Puis une fois jetés à la benne les déchets toxiques, dont la nocivité est mal connue et la capacité de recyclage inconnue à ce jour, que deviendront les banques ainsi dépouillées de leurs actifs ? Des coquilles vides qu’il faudra recapitaliser, mais avec quel argent ?
    Et encore faut-il que le législatif réalise l’idée de Paulson, et vite.

    • azerty69
      azerty69 répond à all
      ExecutieveBranleur
      • Posté à 20h04 le 20/09/2008
      • Internaute 42089
        ExecutieveBranleur

      Il ne faut pas sous estimer les US.
      Qui te dit qu’ils perdront de l’argent ?
      Les US vont racheter une bouchée de paim, des actifs dont on ne sait trop la valeur.
      Ils vont peut être perdre un peu d’argent, mais je parie que les ricains vont en gagner un max sur ce coup.

      On ne connaitra la morale de l’histoire que dans qqs années. Sinon c’est de la spéculation ou du délit d’initié...

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