Tribune 19/09/2008 à 10h26

Moussa Kaka, journaliste en prison au Niger : « un an ça suffit »

L'Observateur paalga"
Boureima Diallo | L'Observateur Paalga

Avec cette actualité qui fluctue à une vitesse vertigineuse, ce serait trop demander à la mémoire que de vouloir certaines précisions pointues. Ainsi en est–il de la date du déclenchement de l’ « affaire Moussa Kaka » [du nom du correspondant de Radio France International emprisonné au Niger depuis un an, ndlr]. Concernant cette date justement, certains parlent du 20 septembre 2007, d’autres du 19 et d’autres encore du 26 de la même année. Trois dates pour une même réalité : les dures conditions de prisonnier nigérien, dans lesquelles végète depuis un an au moins notre confrère Moussa Kaka, le poil à gratter du régime Tandja.

Au début, bien d’observateurs nationaux et internationaux de la situation sociopolitique au Niger s’étaient laissé dire que cette incarcération ne durerait qu’un bref laps de temps, qu’elle n’était qu’une question de jours ou, au plus, de semaines, puisque la presse, dans son ensemble, semblait s’être donné le mot pour médiatiser autant que faire se peut cette affaire et expliquer l’injustice qui sous-tend cette arrestation.

Et hormis l’affaire Norbert Zongo [journaliste burkinabè assassiné en 1998, ndlr], rarement une affaire impliquant un journaliste aura été autant médiatisée. On se souvient que, de manière itérative, la presse du continent revenait sur ce dossier, et RFI n’a pas ménagé ses efforts pour parler au quotidien du cas de son correspondant au Niger.

Mais, en dépit de cette forte médiatisation de la presse africaine, voire internationale, Mamadou Tandja est resté bien sourd tout en continuant d’actionner les manettes de la fermeté.

Pour lui, Moussa Kaka a outrepassé son statut d’homme de média pour devenir un acteur du conflit qui existe entre le Niger et ses rebelles, qualifiés de bandits armés, voire complice d’atteinte à la sûreté de l’Etat

Ainsi, les nombreuses demandes de mise en liberté provisoire, introduites par ses avocats, sont restées lettre morte. Même qu’un non-lieu, prononcé à deux reprises par des juges d’instruction en vue d’élargir Moussa Kaka, est resté sans suite

On se souvient, en effet, qu’il y a de cela un mois, soit le 19 août 2008, la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Niamey a décidé de suivre la requête du procureur de la république, en rejetant la demande de mise en liberté provisoire du journaliste alors même que le juge d’instruction en charge du dossier avait prononcé un non-lieu.

En effet ,après avoir accepté le 23 juin dernier la demande de mise en liberté provisoire de Moussa Kaka et compte tenu de l’absence d’éléments à charge, le juge d’instruction avait décidé de prononcer un non-lieu le 23 juillet 2008. Ces décisions ont toutes deux été contestées par le procureur de la république, qui s’est empressé de faire appel.

Et pour Me Moussa Coulibaly, avocat du célèbre journaliste, par cet acte du parquet, il y a une violation de la Constitution, car la Cour, en rejetant ce pourvoi, confirme du même coup que sous le Niger de Mamadou Tandja, on peut mettre sur écoute qui on veut dans l’illégalité la plus absolue.

Et la Cour Suprême étant restée sourde à l’appel des avocats de Moussa Kaka pour dire le droit et rien que le droit, ceux–ci envisagent sérieusement désormais de se tourner vers d’autres instances, internationales, telles la Cour africaine des droits de l’homme.

Et à entendre certains spécialistes de la chose juridique, la seule ordonnance de non-lieu, prononcé par ce juge d’instruction nigérien, prouve, si besoin en est, que Moussa Kaka ne faisait que son boulot de journaliste et rien que cela.

Disons que cette autre ordonnance de non-lieu intervient le même jour que la suspension par le Conseil supérieur de la communication du groupe de radio télévision privé Dounia ,au motif bien vague de « non-respect des cahiers de charge ».

Une telle ordonnance s’inscrit dans un contexte de plus en plus difficile pour la liberté de presse au Niger, à l’image de la fermeture de la Maison de la presse au mois de juillet 2008 et de la menace de suspension qui pèse sur une vingtaine de publications de la presse privée

Mais souvent, même dans les situations les plus désespérées, on trouve des pointes d’éclaircie, et pour Moussa Kaka, la seule lueur, depuis sa détention, viendra de l’audience du 16 septembre dernier, au cours de laquelle, le procureur a demandé la requalification des charges retenues contre lui. Ainsi, de complicité d’atteinte à la sûreté de l’Etat, on parle à présent d’actes de nature à nuire à la défense nationale, un délit moins grave, mais quand même passible d’un à cinq ans de prison assorti d’une lourde amende.

Pour quelqu’un qui risquait la peine de mort, ou en tout cas, la prison à vie, cette requalification, même si elle ne lui permet pas de s’extirper des griffes de Tandja, reste tout de même bonne à prendre

Mais ici aussi point besoin d’être un féru de droit pour savoir que le parquet est en train de s’engluer dans ses propres contradictions et risque inexorablement d’être bientôt à cours d’arguments

Cette requalification, en effet, est du pain bénit pour la défense, et à entendre l’avocat du correspondant de RFI, l’acte tendant à nuire à la défense nationale ne peut prospérer, dans la mesure où le Niger n’est pas en guerre, car la loi stipule que ce type d’infraction n’est valable qu’en temps de guerre.

En effet, en dépit de la situation d’insécurité au nord du pays, où la rébellion nigérienne sème mort et désolation au sein de l’armée et de la population civile, le gouvernement nigérien estime qu’Agaly Alambo, le chef rebelle du Mouvement nigérien pour la justice, et ses centaines de combattants, disséminés à travers une large bande du désert de ce pays, ne sont autres que des bandits armés. Par conséquent, son pays n’est pas en guerre, et, officiellement, pour le gouvernement, il n’y a pas de rébellion, le Niger doit seulement lutter contre des bandits armés.

Et pourtant, les charges retenues contre Moussa Kaka, qualifiées d’actes de nature à nuire à la défense nationale, ne sont applicables que si et seulement si le pays est en guerre ! Et si le correspondant de RFI a été écroué, c’est parce qu’à travers des écoutes téléphoniques, les autorités de Niamey prétendent avoir la preuve formelle de sa collusion avec le « le bandit armé » Agaly Alambo.

Et même si ses arguties gouvernementales étaient fondées, pour Me Moussa Coulibaly, c’est un déni de la liberté individuelle que d’opérer par ce procédé, auquel ont recours les acteurs de films d’espionnage de série B.

Comme on le voit, à moins de vouloir régler des comptes personnels avec Moussa Kaka, Tandja n’a plus d’arguments à faire valoir pour le garder encore au cachot. Et son maintien continu à la prison civile de Niamey, en dépit de la faiblesse des charges retenues contre lui, reste une grande entrave à la liberté de presse

C’est de notoriété publique que le dossier est vide, mais, à travers son caractère trempé de militaire de carrière, on verrait difficilement Tandja opérer une marche arrière, se dédire et accepter d’avoir fait fausse route en libérant Moussa Kaka après lui avoir présenté ses excuses les plus sincères.

Mais connaissant maintenant à suffisance Tandja, on sait qu’il ne mange pas de ce pain–là sinon après avoir libéré Moussa Kaka, le réalisme aurait voulu qu’il reconnaisse qu’Agaly Alambo et sa troupe sont bel et bien des rebelles et non des bandits armés et qu’il ouvre de sincères négociations avec eux. Ainsi, à coup sûr, le Niger se porterait mieux.


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L'Observateur paalga
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  • Pierre Haski
    Pierre Haski
    Cofondateur Rue89
    • Posté à 13h36 le 19/09/2008
      éditeur
    • Journaliste 9
      Cofondateur

    @Roderic : Quel est le rapport avec le sujet ? Que le Niger gère ses affaires comme il l’entend lui permettrait donc d’emprisonner ses journalistes pendant un an sans procès ? Je vous signale que l’article que nous reproduisons n’est pas le fait de bone âmes françaises que vous semblez exécrer, mais d’un journaliste d’un site du Burkina Faso, pays encore plus pauvre et tout aussi indépendant que le Niger.

    Vos dernières lignes sont inutilement méprisantes.

    • Roderic
      Roderic répond à Pierre Haski
      Entrepreneur
      • Posté à 08h43 le 20/09/2008
      • Internaute 52832
        Entrepreneur

      Réponse à Haski...
      Vous exagérez de dire que mes dernières lignes sont méprisantes...
      Nombreux sont ceux qui apprécient les articles de Servenay, notamment les Français qui vivent en nouvelle Calédonie ...
      Ils sont ravis ..
      Pour en revenir au journaliste emprisonné ... ce n’est pas le seul et nombreux sont ceux qui sont emprisonnés dans le monde ...
      Est ce étonnant de voir ça dans une république Islamique ? ? ? ?
      Non, c’est la coutume locale ..
      Respectons les coutumes locales ..
      Respectez les ...
      Quant au journaliste du Burkina , s’il avait fait la même chose , il serait en prison aussi...
      Bref, ces pays aux coutumes barbares, sont loins de notre niveau du respect des droits de l’homme ..
      C’est leur nature actuelle, et savez vous qu’il existe encore de l’esclavage et notamment au Mali . ..
      Tout comme les gens de gauche ici qui ne pensent n’avoir que des droits ... et nous , des devoirs ...
      Nous avons un devoir de réserve vis à vis de la justice de ces pays ...
      Ils ont voulu l’indépendance ...alors qu’ils s’en débrouillent ...
      cqfd

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 14h56 le 19/09/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    « Alors respectons les coutumes locales, et laissons la justice locale juger selon leurs traditions … »

    Voilà bien les paroles d’un partisan réactionnaire de la dictature, d’un faire-valoir de la politique servile
    de collaboration avec les capitalistes étrangers, notamment AREVA qui pille l’uranium du Niger !

    « Le temps des colonies est fini… »

    Pas sûr : une logorrhée comme la votre prouve bien que les exploiteurs du peuple existent toujours. En tout cas les potentats locaux, au service du capitalisme international, dont vous devez faire partie, ou être un suppot exemplaire, ont du souci à se faire. Au nord les Targuis ne sont pas encore réduits...
    Vous ne faites pas illusion sur ce que vous êtes réellement.
    Cela dit liberté pour Moussa Kaka, scandaleusement incarcéré par le gouvernement fantoche nigérien, valet d’AREVA et des colonialistes français, qui prouve bien ainsi qu’il n’est qu’une misérable dictature.

    • Roderic
      Roderic répond à nemo3637
      Entrepreneur
      • Posté à 10h04 le 20/09/2008
      • Internaute 52832
        Entrepreneur

      Réponse à l’enseignant Nemo ..
      Enseignant vous ? ? ? ? ? ? ! ! !
      MDR

      AREVA , excellente entreprise qui vous engraisse indirectement par les impôts qu’elle paye, ayez au moins la reconnaissance du ventre ...

      Le Capitalisme et la démocratie, sont les moyens , les seuls qui fonctionnent relativement bien ...
      Il n’y a rien d’autre ..
      Les autres tentatives ont échoué ...

      J’espère que tous les enseignants ne vous ressemblent pas ...car cela serait une catastrophe pour notre jeunesse ...

      Et avec de tels propos , nous pouvons espérer qu’un jour , l’Education nationale fasse le ménage..........

      Rendons hommage à Mr Darcos , ministre admirable et aimé du peuple de France ..
      rappel citoyen ....
      cqfd

  • cabral amilcar
    cabral amilcar
    peureux célèbre
    • Posté à 05h59 le 20/09/2008
    • Internaute 29973
      peureux célèbre

    comment dire ? vous avez écrit ce que j’ai lu de plus stupide ce mois-ci, cumulant plusieurs types de stupidités, bref vous faites partie de ces gens au caractère intempestif qui ne peuvent pas se retenir de prouver au monde leur bêtise, il faut surement rechercher les fondements psychologiques de tant de franchise et de mépris de soi.

    pour l’affaire de Moussa Kaka, il faudrait rappeler à Mamadou Tandja qu’il est ou a été un musulman, qu’il est ou a été un président démocratique, comment perdre sur les deux tableaux pour Monsieur le Président Tandja ? en agissant comme il est en train de le faire il tourne le dos au monde libre et au ciel libre, il n’y a rien à gagner pour lui ni pour son pays de ce côté-là, il faut profiter du mois de ramadan pour réparer ses erreurs que tout le monde peut commettre et que Dieu pardonne si on les reconnait et change de route, le bien du Niger et de son Président sont très faciles à voir, Monsieur Tandja commencerait-il à se prendre pour un pharaon au risque de transformer Moussa en Moïse, Monsieur Tandja a t-il lu le Coran, quoi qu’il en soit je lui conseille expressément cette lecture en ce mois consacré à Dieu, et la vérité lui semblera tout de suite évidente, au bout de quelques versets seulement, et il en retirera le plus grand bien pour lui-même et pour son pays, il n’y a de menaces qu’en Dieu.

    • Roderic
      Roderic répond à cabral amilcar
      Entrepreneur
      • Posté à 08h54 le 20/09/2008
      • Internaute 52832
        Entrepreneur

      Réponse à Amilcar le peureux...
      Vous aimezle Coran....
      Faîtes gaffe que le président ne le lise pas trop, qu’il ait l’idée comme en Arabie Saoudite, de faire couper la tête du pauvre journaliste emprisonné ........
      Amilcar ..... allez voir le sorcier pour vous rafraîchir les idées...
      MDR

  • Seccotine
    • Posté à 14h34 le 19/09/2008
    • Internaute 31263

    Et une fois libéré, quel avenir pour ce journaliste ? Pourra-t-il demander l’asile quelque part ? La France serait prête à l’accueuillir ?
    Au delà de son incarcération, je pense que la mobillisation, en particulier de RFI, ne doit pas se limiter à le faire sortir de prison (ce qui serait déjà une bonne chose) mais bien de s’assurer, de lui assurer un avenir digne de ce nom.
    Cela me rappelle quelque chose, que deviennent les otages en Colombie, plus personne n’en parle, à commencer par la plus célèbre d’entre eux (du moins à ma connaissance).

    • Roderic
      Roderic répond à Seccotine
      Entrepreneur
      • Posté à 08h58 le 20/09/2008
      • Internaute 52832
        Entrepreneur

      Bravo Seccotine ..
      Vous devriez l’héberger chez vous .....
      A vos frais ...
      mais je crois que les généreux journalistes vous aideraient financièrement pour payer le riz..
      Une bonne occasion citoyenne pour apprendre le zouk ......
      sur ce...
      MDR

      • Pierre Haski
        Pierre Haski répond à Roderic
        Cofondateur Rue89
        • Posté à 11h46 le 20/09/2008
          éditeur
        • Journaliste 9
          Cofondateur

        @Roderic : Visiblement vous avez décidé de jouer le rôle du beauf dans ce débat, félicitations, il en faut toujours un.

         
        • Tom951
          Tom951 répond à Pierre Haski
          • Posté à 14h40 le 20/09/2008
          • Internaute 51714

          Du beauf pseudo-entrepreneur qui finit toutes ses phrases par « cqfd », tout a fait.
          Cher entrepreneur, sachez qu’il n’est pas suffisant de finir ses phrases par « cqfd » pour (se) faire croire a un raisonnement logique, et s’auto-feliciter a la fin de son commentaire d’avoir pu atteindre la perfection carthesienne.
          Malheureusement (ou heureusement pour nous), ce n’est pas suffisant, ouf !

        • Anonyme répond à Pierre Haski

          Octave65, Sergius3, Roderic, unis dans une même logorrhée diarrhéique...
          cqfd
           : -)

        • Roderic
          Roderic répond à Pierre Haski
          Entrepreneur
          • Posté à 18h34 le 20/09/2008
          • Internaute 52832
            Entrepreneur

          Réponse à mr Haski ..
          Vous me traitez de beauf , mais de visu vous n’oseriez pas ....
          Par contre , votre activité à temps partiel chez Lagardère ( europe 1) , me fait croire que vous avez des convictions de gauche mais n’hésitez pas collaborer avec l’ennemi capitaliste exploiteur de la masse laborieuse , vendeur d’armes aux méchantes dictatures , parce que ça rapporte ...
          Bref, passer pour un imbécile à vos yeux , c’est plutôt gratifiant .....
          merci pour le soutien...

          • Compte supprimé le 3 janvier 3
            • Posté à 09h24 le 21/09/2008
            • Internaute 10904
              in angulo

            Bonsoir Roderic,

            Vous dites que Pierre Haski vous traite de beauf, rien n’est plus faux, relisez son post.
            Qu’écrit P.H. ?
            Que « vous (Roderic) avez décidé de jouer le rôle du beauf dans ce débat ».

            (« jouer », « rôle », et « CE » débat)

            Admettez que sa formulation est un peu plus subtile que ce à quoi vous tentez de la réduire. Elle présume que quand vous ne jouer pas ce rôle du parfait connard (et là c’est moi qui vous dis connard,de visu, quand vous voulez..) on vous subodore un être charmant, urbain et d’une ouverture d’esprit qui confond.

            Je me plais à vous imaginer sensible à ce genre de nuance...

        4 autres commentaires
  • Biofrédo
    Biofrédo
    travaillons moins, vivons plus (...)
    • Posté à 19h50 le 19/09/2008
    • Internaute 41386
      travaillons moins, vivons plus (...)

    Voici le communiqué de presse (du 17 sept.)du Réseau sortir du nucléaire à propos de ce journaliste :

    Le journaliste Moussa Kaka est en prison au Niger depuis un an pour crime de « lèse-AREVA »

    Le Réseau « Sortir du nucléaire » accuse les autorités françaises de ne pas agir en faveur de Mousssa Kaka afin de protéger les intérêts d’Areva au Niger.

    Samedi 20 septembre 2008, cela fera exactement un an que le journaliste Moussa Kaka, correspondant de Radio France Internationale (RFI), sera emprisonné au Niger.

    Son « crime » ? Avoir exercé son métier en prenant contact avec le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ). Il se trouve que le MNJ remet en cause les pratiques du pouvoir nigérien et de la multinationale française Areva concernant l’exploitation des mines d’uranium du Niger.

    Moussa Kaka a attiré l’attention sur un dossier explosif : pour « nourrir » les centrales nucléaires françaises et étrangères, qui fonctionnent avec de l’uranium comme combustible principal, AREVA s’attribue à un tarif dérisoire l’uranium du Niger depuis plus de 40 ans, avec la collaboration du pouvoir local et le soutien de l’Etat français.

    Qui plus est, l’exploitation des mines d’uranium par AREVA se traduit par la contamination de régions entières, l’assèchement des nappes phréatiques, et l’expulsion de fait de populations autochtones.

    Le Réseau « Sortir du nucléaire » dénonce la politique post-coloniale de la France au Niger : c’est pour protéger les intérêts d’Areva et de l’industrie nucléaire dans son ensemble que Paris soutient le pouvoir autocratique en place au Niger.

    Il ne faut pas chercher plus loin les raisons du silence assourdissant des autorités françaises concernant Moussa Kaka qui n’a, de fait, pas droit aux mêmes démarches que celles menées en faveur des infirmières bulgares ou d’Ingrid Betancourt.

    Le Réseau « Sortir du nucléaire » rappelle que l’industrie nucléaire - et en l’occurrence l’exploitation des mines d’uranium - nuit autant à la démocratie qu’à l’environnement, et que le nucléaire est imposé au détriment des énergies propres et renouvelables.

  • Abou7
    • Posté à 00h34 le 20/09/2008
    • Internaute 24200

    L’affaire de Moussa Kaka (qui est un ami) demeure une vaste incompréhension pour tous les Nigériens.
    Il faut rappeler que le Niger reste malgré tout un pays démocratique et laïc (et non islamique comme l’affirme Rodéric) où la liberté de presse (totale)reste à acquérir.
    Le président Tandja fait face à un dilemme, lui qui a juré lors de son investiture à ne pas se mêler de la chose judiciaire. De ce fait, Moussa Kaka est la victime d’intrigues de certaines personnes d’un cercle qui gravitent autour du pouvoir et qui sont allergiques du journalisme d’investigation (et j’en sais quelque chose à propos d’un proche)et des militaires qui veulent en finir avec la rebellion au moment où les richesses du Nord (pétrole, uranium) sont en voie d’être exploitées. Néanmoins cette affaire n’a rien à voir avec le bras de fer d’Areva et l’Etat nigérien pour la revision du prix de l’uranium dont le Niger s’estime à juste titre pillé. Quelques jours auparavant, lors d’une réception, Moussa a déjà été menacé par le chef d’état major « de le trucider ».
    Moussa n’a véritablement fait que son métier en allaent chercher l’info « là où ça se passe ». Déjà en 1992, il avait eu maille à partir avec les autorités de l’époque, lors d’un de ses premiers reportages sur la rebellion naissante de Mano Dayak.
    Les bandes-son actuelles, mises en avant comme pièces à conviction par l’accusation n’apportent rien de compromettant quant à la complicité de Moussa avec la rebellion. Il cherchait plutot des infos pour étayer ses reportages sur RFI et de sa radio Saraouniya. Rien de plus. D’ailleurs le doyen des juges d’instruction a procédé à un non lieu sur cette affaire, renvoyé en appel par le procureur général. Le dossier avance puisque de crime, la requalification tombe en délit.
    Alors, il est grand temps que Moussa sorte de cette prison où il n’a pas sa place.

    • Roderic
      Roderic répond à Abou7
      Entrepreneur
      • Posté à 10h07 le 20/09/2008
      • Internaute 52832
        Entrepreneur

      Réponse à Abou ...
      Mais non, République , laïque , sur le papier ...mais les faits ....
      Islamique , sans aucun doute avec 93 pour cent des citoyens musulmans ...
      Moussa aurait dû rester tranquille et prendre le thé avec les notables ..
      Mais bon, espérons qu’il soit libéré ...
      cqfd

  • Patty
    • Posté à 10h01 le 21/09/2008
    • Internaute 3413

    Et si tu penses que on ne peut pas en découdre de visu, grave erreur, on peut t’apprendre à nager dans le port du Guilvinec, si tu veux, on a comme un gout d’inachevé ! ! !