27/07/2007 à 10h39

Un an sans « made in China » ? Mission impossible

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


Babouches Made in China en vente à Tanger (P.Haski/Rue89)

Regardez autour de vous : pourriez vous vivre aujourd’hui sans produits « made in China » ? Une journaliste américaine, Sara Bongiorni, s’est posée la question un soir de Noël en constatant que tous les jouets qu’elle avait achetés pour son fils provenaient de Chine, et elle a tenté de vivre « Un an sans ’made in China’ » –c’est le titre de son livre–, non pas par protectionnisme ou patriotisme économique, mais, explique-t-elle dans la revue Foreign Policy, pour constater le lien entre sa vie de famille et la mondialisation. C’est d’ailleurs le sous-titre du livre : « La véritable aventure d’une famille dans la globalisation ».

Le résultat est édifiant et la journaliste a réalisé à quel point sa vie quotidienne –aux Etats-Unis mais c’est aussi vrai en Europe, et de plus en plus ailleurs (je ne résiste pas à l’envie de republier cette photo de babouches fabriquées en Chine et en vente à Tanger...)– dépendait de produits fabriqués dans ce pays autoproclamé à juste titre « l’usine du monde ». A moins d’y mettre le prix : elle donne l’exemple des chaussures de tennis de son fils, qui ne coûtent que 15 dollars dans leur version chinoise, mais dont l’alternative italienne, la seule qu’elle ait trouvée après quinze jours de recherches, lui est revenue à 68 dollars. « Pour les gens à faibles ou moyens revenus, pouvoir acheter à leur fils de quatre ans des chaussures excellentes à 15 dollars constitue un vrai avantage économique », souligne-t-elle. Et parfois, se priver de « made in China » n’est pas seulement une question de budget : elle a constaté qu’il n’y avait pas d’alternative sur certains produits.

Au bout d’un an, la journaliste a choisi « une voie médiane », a-t-elle expliqué à la radio publique américaine NPR. C’est-à-dire qu’elle a repris partiellement ses achats de « made in China » car « on ne pouvait plus continuer à vivre comme ça »... Une journaliste chinoise lui a d’ailleurs répondu qu’à Pékin, à l’opposé, il était de plus en plus difficile de vivre sans consommer de produits de marque américaine, ce qui est excessif sauf dans certains milieux privilégiés...

On peut tirer plusieurs leçons de cette expérience édifiante. Le constat de l’omniprésence de la Chine dans la chaîne de production mondiale a été fait depuis longtemps (voir la carte des mouvements de conteneurs dans le monde publiée par Rue89 en juin dernier...), ne serait-ce qu’en observant la courbe croissante des déficits commerciaux des Etats-Unis et de l’Union européenne avec l’empire du Milieu. Le consommateur, aux Etats-Unis comme ailleurs, en tire un profit évident car il paye ses produits moins chers. Mais Sara Bongionni ne se pose pas, dans ses interviews, de question éthique sur les conditions de travail en Chine, et sur le coût social pour les Chinois afin de lui garantir ces produits à bas prix. Ce pourrait être une piste intéressante pour avoir une attitude de consommateur « responsable ». Elle n’évoque pas, non plus, les problèmes de qualité, de sécurité et d’impact environnemental que posent certains produits made in China, comme on le voit en ce moment.

Elle n’entre pas, non plus, dans la complexité des processus de fabrication. Un récent article de l’International Herald Tribune faisait ainsi remarquer que si l’iPhone d’Apple portait la mention « designed by Apple in California, assembled in China », une bonne partie de ses composants provenaient de ... Taïwan. De quoi sérieusement brouiller les pistes sur la provenance exacte des produits que nous achetons quotidiennement, et compliquer le débat sur les délocalisations et quels types d’emploi garder dans les pays industrialisés. Et accentuer encore un peu plus notre schizophrénie absolue entre nos intérêts de consommateur, de salariés et de citoyens.

A Year Without « Made in China » : One Family’s True Life Adventure in the Global Economy (Hoboken : Wiley, 2007).

PRECISION : 26/7/07 24h00 : rectifié « produits de marque américaine » et non « made in USA », suite à remarque judicieuse d’un internaute.

  • 17718 visites
  • 47 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Anonyme

    Un plan de contre attaque : La décroissance !
    Acheter des produits de meilleure qualité qui resteront en vie plus longtemps.
    Changer l’idée que vivre c’est consomer.
    Vivre c’est respirer.

    • Xtophe
      • Posté à 13h10 le 27/07/2007
      • Internaute 9665

      exactement, la solution c’est la décroissance. pas vivre un an sans essayer de consommer chinois, mais se poser la question de la consommation. a-t-on besoin de toutes ces conneries - « oui mais tu comprends, c’était pas cher » - qui engluent notre quotidien, pourrissent dans nos caves, engraissent les décharges, ne se recyclent pas... bref la spirale infernale..

      • nlambert
        nlambert répond à Xtophe
        • Posté à 14h35 le 27/07/2007
        • Internaute 10205

        Comment passer à une société de décroissance ? Comment sortir de cette « spirale infernale » ? Que chacun adapte un mode de vie plus raisonnable c’est une très bonne chose. Mais on sait bien qu’il y a un facteur social déterminant. Cette journaliste a pu vivre un an sans consommer de produits made in china. Bravo à elle. Mais est-ce possible pour un ouvrier un chômeur ou un rmiste ? En quoi le décideur politique peut-il réellement agir pour conduire notre société vers une société de décroissance ? Compter sur la bonne volonté de chacun, c’est bien mais ca ne suffit malheureusement pas...

      • Anonyme répond à Xtophe

        Energie : économisons la consommation de l’inutile. son économie de transport vient de fait. Je ne sais pas. Prochain virage c’est le ravin. A la vitesse qu’on y va c’est sûr et en plus on pousse les gazs. Le fonds du ravin sera riche en phosphate : 4 millards de dinausores... non : d’hommes.

    • Anonyme

      Cette brave dame ne se doute pas que tout ou pratiquement tout ce qui est « Made in China » provient en réalité d’usines dont les actionnaires sont des occidentaux, américains,anglais, allemands, français..

      Ces patriotes qui hurlent contre les politiques sociales et écologiques dans leur propre pays, ont transféré les investissements, les machines, les savoir-faire - qui ne leur appartenaient pas - et quelques cadres.

      Pour gagner encore plus d’argent, ces hommes qui par ailleurs, n’hésitent pas à se montrer dans les galas de charité, désindustrialisent massivement provoquant le chômage et la misère chez eux ; Renforcent les régimes totalitaires, polluent sans vergogne, exploitent les populations réduites au quasi esclavage dans les pays du tiers-monde.

      Alain Renard

    • pierrejcallard
      pierrejcallard
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 16h47 le 29/07/2007
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      Tout a fait raison et il y a même des plans pour le faire (voir lien ci-dessous, mais il faut aussi sortir du projet d’un monde « marché unique » et revenir à des ensembles autarciques où des affinités culturellles permettent d’accepter une interdépendance économique sans se sentir vulnérables.

      Lien

      Pierre JC Allard

  • Anonyme

    je viens de le commander sur amazon.com
    ca doit etre un tres bon livre : je vous en dirai plus ; -)

  • Anonyme

    c’est vrai que des ouets en plastique et des chaussures (comme l’illustre la phot) c’est hyper indispensable

    • Don
      Don
      • Posté à 13h01 le 27/07/2007
      • Internaute 899

      Des babouches à Tanger, je ne vois pas en quoi c’est incongru...

      • Anonyme répond à Don

        des babouches CHINOISES a tanger

        lisez attentivement

      • Anonyme répond à Don

        DES BABOUCHES CHINOISES A TANGER & SANS DOUTE VENDUE COMME UN PRODUIT LOCAL & TYPIQUE DU PPAYS¡¡SURTT QUE LE PLUS SOUVENT L ACHETEUR EPRIS NE PREND MEME PAS LA PEINE DE VOIR L ERIQUETTE OU LE PAYS DE FABRICATION...

    • Anonyme

      j’ai goût à rien avec ces couleurs !

  • Anonyme

    Le problème des pays à main d’œuvre pas chère, c’est qu’au fur et à mesure que la production augmente, les salaires s’améliorent et les conditions de vie itou... et on finit par avoir besoin d’aller voir ailleurs pour trouver des salariés toujours moins chers.

    Là, je viens de changer d’appareil photo numérique et en le retournant pour râler contre la globalisation qui a transformé la Chine en usine du monde, j’ai découvert que le corps de l’appareil a été fabriqué aux Philippines et l’objectif assemblé au Vietnam...

    Alors quoi, trop cher les Chinois ? Ou pas assez formés pour les technologies les plus avancées ?

    Encore un peu de patience, et ce sera notre tour...

    Le Monolecte
    Lien

    • Anonyme

      je propose : « la terre est plate » de thomas friedman en complement !

  • geubeul1
    geubeul1
    edité sur http://fils2prof.over (...)
    • Posté à 12h10 le 27/07/2007
    • Internaute 4028
      edité sur http://fils2prof.over (...)

    délocaliser les usines ou mieux les fonds pour produire à bas coup dans un pays tiers et la solution du capitalisme européen et étatsuniens pour continuer à consommer.
    Repprocher à la Chine d’appliquer les méthodes capitalistes est hypocrite.
    La deuxième réflexion est que dans le cadre de la construction européenne et la constitution des blocs de confrontation dans le monde , la chine est un cible potentielle.
    Dans l’orientation de rapprochement de l’europe avec les états unis , elle représente un ennemi facile et agréable.

    Il nous faut bien un nouvel ennemi merci !
    Lien

  • Prolo du livre
    • Posté à 13h53 le 27/07/2007
    • Internaute 12784

    Puisque la quasi totalité des produits est désormais fabriqué en Chine, à des prix si bas, pourquoi notre pouvoir d’achat baisse-t-il ?
    Au contraire, il aurait du exploser !
    Ce n’est pas (je pense), uniquement parce que nous consommons plus... Donc il y a une plus value qui disparait quelque part...

    • Anonyme répond à Prolo du livre

      Bonjour.

      Sachant que la richesse globale reste la même et que eux s’enrichissent (à leur échelle, et sûrement leurS échelleS), y’en a bien qui doivent s’appauvrir, sûrement leurs consommateurs, c’est à dire nous.

      J’ai peu être une idée fausse, mais je crois que, quand on s’enrichit, c’est toujours au dépend de quelqu’un d’autre, à travers leur marge de bénéfice. Des gens plus calé que moi dans ce domaine seront me contre dire ou me confirmer mon point de vue.

      Stouve

      • Anonyme

        En math c’est la théorie des jeux : ce qui est pris à l’un est retiré à l’autre et la somme reste à zéro.

         
        • Anonyme

          je dirais plutôt ce qui est pris à l’un est redonné à l’autre ou file dans la poche de l’autre

        1 autres commentaires
    • Anonyme répond à Prolo du livre

      La fuite est dans les paradis fiscaux.

      Une société française « Jencaisse » dont les actionnaires sont la famille PETITMALINS crée une filiale « Fabrica » en Chine et une filiale « Cachetout » aux Iles Caïmans.

      1 - CACHETOUT achète 100€ un lot à FABRICA.
      2 - JENCAISSE achète 1000€ le même lot à CACHETOUT.

      C’est facile puisque c’est la famille PETITMALINS qui décident de tout.

      Résultats : Les PETITSMALINS se sont créés un joli pactole net d’impôts et de charges sociales dans les Iles Caïmans.

      Conséquence : Déficits sociaux et budgétaires explosent en France.

      Vous pourriez croire que l’Etat lutte contre les PETITMALINS, et bien en fait NON. En réalité, L’état lutte contre les chômeurs et la Sécurité Sociale..

      ..et DENIS ROBERT, qui a eu le culot de dévoiler le moyen utilisé par PETITMALINS pour récupérer son pactole (Banques de compensation).

      Janus Simplet

  • Anonyme

    J’essaie aussi, depuis quelques années, de ne jamais acheter de produits chinois pour des raisons éthiques et écologiques : beaucoup sont produits dans des conditions sociales qui font frémir, l’écologie n’est pas le premier souci des industriels présents en Chine et le transport jusqu’en Europe est polluant... J’applique le même principe aux autres pays dictatoriaux (je n’ai rien contre la Chine en tant que telle !).

    J’ai, moi aussi, vite renoncé à appliquer ce principe de façon absolue, car, effectivement, ce n’est pas possible dans un nombre incroyable de cas. J’avoue aussi que parfois, au quatrième magasin, je me résous à acheter chinois...

    • Anonyme

      Moi aussi, j’essaye d’acheter des produits en tenant compte des conditions de travail du pays d’origine. Cependant, quand je veux acheter des vêtements dans une grande surface, j’ai de plus en plus de mal à trouver une étiquette « made in... ». N’est-ce pas pourtant obligatoire ? En général, je demande à la caissière, qui demande à son supérieur, qui m’avoue que c’est dans doute chinois. Ô rage et impuissance !

  • Anonyme

    Si les entreprises payaient les transports à leurs vrais côuts (écologique, social, énergétique..) et si la Chine ne maintenait pas sa monnaie artficiellement basse, le problème serait peut-être different.

    • Anonyme

      Bonjour.

      Entièrement d’accord, et pas spécifiquement pour la chine. Dans presque toute la France, je pense qu’il y a des producteurs de poulets. Mais celui qu’on mange général, il a fait le tour du monde, et pas sur ses petites pattes. Et alors qu’on parle d’écologie actuellement, ce système paraît complètement aberrant.

      Sûrement faudrait il plus taxer les transports et moins les autres valeurs ajoutées d’un produit, la TVA quoi. Mais avec toutes les histoires d’accords commerciaux, français, européens, internationaux, et les directives qui en découlent… c’est pas réglé c’t’affaire.

      Stouve

  • Eric citoyen
    Eric citoyen
    « Casse ta tv » c'est ta seule (...)
    • Posté à 15h21 le 27/07/2007
    • Internaute 5352
      « Casse ta tv » c'est ta seule (...)

    Bonjour à toutes et tous,

    Dans le même style, il y a : Les aventures d’un tee-shirt dans l’économie globalisée de Pietra RIVOLI

    Instructif à plus d’un titre, c’est un livre passerelle il permet de comprendre les enjeux financiers, politique et la responsabilité des consommateurs ne nous voilons pas la face...

    D’ailleurs en ce moment je tape ce commentaire sur un clavier made in china, dans une machine made in china qui va aller sur une autre machine made in china...

    Mission impossible ?

    est-ce grave ?

    A bientôt

    Eric bloggeur Mulhousien

    Lien

  • Anonyme

    « Le consommateur, aux Etats-Unis comme ailleurs, en tire un profit évident car il paye ses produits moins chers. »

    en tout cas la planète et la biosphère (humains compris) eux le payent cher...

    maintenant, à vous aussi petits francais d’acheter au max, bio et de saison, produits équitables et autres !

    plus la part de l’écobio augmentera dans les ménages, plus l’écobio sera puissant face aux esclavagistes pollueurs.

    et en informatique, vous pouvez passer à Linux et au monde libre. Idem, n’achetez plus de CD/DVD de majors, allez aux concerts, au ciné à la place.

  • skb
    skb
    • Posté à 16h03 le 27/07/2007
    • Internaute 12484

    Je suis tout à fait d’accord sur le concept de la décroissance , le problème etant que dans la société actuelle, appliquer une telle idéologie est synonyme d’exclusion partielle, en gros il faudrait aussi changer les mentalités (pub...).
    C’est vrai qu’il est difficile de ne consommer absolument rien venant de chine mais pour les vêtements je le fais depuis 2 ans et bien que ce soit assez ennuyeux j’y arrive avec des habits de bonne qualité et pas cher : vous devriez essayer de regarder chez Zara/Lefties ou sur le continent américain american apparell ou encore les friperies et même certaines choses chez HM.

  • Anonyme

    C’est vrai que c’est difficile...
    J’essaie depuis plusieurs années de ne rien acheter « made in china » pour des raisons éthiques et je me pose des questions pour les « made in bangladesh, philippines, inde... » mais ils ont la liberté syndicale et des syndicats assez puissants.
    C’est impossible pour tout ce qui est hi-fi et quasiement impossible pour les baskets (essayez de courrir avec des veja)...
    Difficile aussi au niveau budget... c’est comme essayer de ne manger que bio ! Et je ne parle même pas de tout ce qui ne mentionne pas l’origine des produits (je pars alors du principe que c’est fait en Chine).
    Autre détail : essayez d’acheter sans la Chine à Noël, pas sur que vos apprécieront de n’avoir que des jouets en bos du jura !
    Entrepreneurs, il y a un marché à prendre ! !

  • Anonyme

    Quand est-ce qu’on va comprendre que le « Made in China » d’aujourd’hui est la même chose que les produits du travail des esclaves des colonies à l’époque de la traite.

    Finalement, l’économie capitaliste (l’économie « au loin » décrite par Fernand Braudel) est toujours le résultat de la différence de liberté de circulation entre les biens et les hommes.

    Comme dans une batterie de voiture, le courant ne peut être généré que parce l’électrolyte est confiné dans de petits compartiments étanches. Il faut donc créer des barrières pour les hommes.

    La solution ? Appliquer la méthode inverse : ériger des barrières pour les marchandises et détruire les obstacles à la circulation des hommes.

    Il faut bien réaliser qu’un travailleur français est bien d’avantage concurrencé par un esclave chinois au fin fond d’une usine chinoise que par un chinois libre immigré en France qui touche le même salaire que lui et cotise en plus à la sécu et pour la retraite.

  • Tinhinane
    Tinhinane
    Médiatrice scientifique
    • Posté à 22h33 le 27/07/2007
    • Internaute 4901
      Médiatrice scientifique

    Je tiens, depuis des années, sans les produits Danone suite à la vague de licenciements qui a suivi les gros profits en bourses mais j’avais déjà tenu sans les produits venants d’Afrique du Sud sous l’Apartheid et de bien des pays qui piétinent (hier et aujourd’hui encore) les droits de l’homme.

    Je tiens depuis longtemps aussi sans les produits Nestlé après les graves problèmes du lait pour bébé en Afrique et les décisions d’utiliser des produits autres que le cacao pour le chocolat par exemple. Je tiens sans problème sans les produits L’Oréal pour diverses raisons historiques et éthiques.

    Je profite des produits locaux (selon les lieux où je suis) et évite au maximum la nourriture industrielle made in US ou d’ailleurs. J’ai proscrit tous les industriels de l’agroalimentaire favorable aux OGM et PGM compte tenu de l’état des connaissances.

    Je prends en compte l’empreinte écologique dans mes achats et je précise à chaque fois aux marchands qui voudraient me fourguer leur camelote sous prétexte de bas prix que j’achète un produit dont j’ai besoin et pas un prix.

    Les soldes sont des non événements pour moi. Les prescriptions, plus ou moins subtiles, et leurs cortèges de publicité, de battages médiatiques etc. qui voudraient me réduire au statut de consommatrice sans effets sur moi.

    Je me plante et je me fais certainement avoir quelquefois mais il est vrai que je ne suis pas une consommatrice sans cervelle, pourtant je ne suis ni une frustrée, ni une militante intégriste de quoi que ce soit. Je suis même un « panier percé » qui ne rate pas l’occasion de se plaisir ou de partager un plaisir avec ceux qui lui sont chers.

    Je suis un humain avec un cerveau quasiment étanche vis-à-vis de la stratégie évoquée par Patrick Le Lay ; -)

    • Anonyme répond à Tinhinane

      Si vous avez les moyens de choisir et d’enquiquiner le marchand (qu’il gagne un peu ou beaucoup)... je dis « tant mieux » ...pour vous. j’imagine que c’est super satisfaisant de pouvoir être super éthique tout en se faisant super plaisir (et ça doit être super plaisant de signifier au marchand qu’on n’est pas du genre à acheter n’importe quoi !).

      Bref, vous faites ce que certains (tous les)privilégiés font : vous consommer comme vous avez envie de consommer ! !

      Votre manière de faire n’a rien à voir avec l’étanchéité (quasi)« naturelle » de votre cerveau vis à vis des stratégies commerciales des grands marchands : vous êtes même une consommatrice (pour certains produits) pile-poil-comme-ils-en-veulent ! !

      • Jean-Jacques Louis
        • Posté à 23h36 le 27/07/2007
        • Internaute 2277

        Justement. Je pense que Tingitane n’est pas une consommatrice mais plutôt une cliente. Un client choisit ce qu’il achète. On vend à un con...sommateur ce qu’on a choisi à sa place.
        Il vaut mieux enquiquiner le marchand que se laisser enquiquiner par lui.

      • Tinhinane
        Tinhinane
        Médiatrice scientifique
        • Posté à 13h22 le 28/07/2007
        • Internaute 4901
          Médiatrice scientifique

        Bonjour,

        Mon histoire individuelle n’a jamais été un long fleuve tranquille et aujourd’hui encore les eaux sont souvent tumultueuses, je suis donc très loin de la caricature (super privilégié, super ci etc.) que vous faites de moi sur la base d’une lecture, à mon sens, erronée de mon message.

        Je ne stigmatise ni les vendeurs, ni les acheteurs quelques soient les motivations des uns et des autres. J’ai, comme beaucoup, des désirs insatisfaits, les contingences contrariantes sont de multiples ordres mais je me suis donnée les moyens intellectuels de privilégier l’être sur le paraître.

        Quant aux valeurs éthiques mon histoire et celle des autres m’ont appris à penser mon bien être moral et physique au sein de la communauté humaine sans faire fi des conséquences des partis pris socioéconomiques et politiques.
        Cordialement

    • LB
      LB répond à Tinhinane
      • Posté à 17h29 le 28/07/2007
      • Internaute 12995

      Coucou,
      C’est sans doute très courageux comme attitude, mais il me semblait qu’il n’existait que deux groupes agroalimentaires en France...(a part les marques de distributeurs...)
      A voir...
      LB

  • Jean-Jacques Louis
    • Posté à 23h28 le 27/07/2007
    • Internaute 2277

    Vous ne sauriez pas connaître l’origine réelle des vêtements. Un de mes clients est confectionneur en Belgique où il occupe quatre personnes parmi lesquelles lui-même et son épouse. Sa vraie usine est en Tunisie. Pendant le voyage des vêtements vers la Belgique, on y appose des étiquettes « Made in Belgium » mais rien n’est pourtant fabriqué en Belgique.

    Il en est de même pour beaucoup de produits de marque qui sont en réalité fabriqués en Chine, dans les mêmes usines que leurs contrefaçons que certains naïfs croient de moins bonne qualité que les originaux. Différents revendeurs y apposent leurs étiquettes prestigieuses et une fausse origine avant d’ajouter un zéro à droite du prix. Parfois même deux zéros car il faut bien payer la pub.

    • Tinhinane
      Tinhinane répond à Jean-Jacques Louis
      Médiatrice scientifique
      • Posté à 13h35 le 28/07/2007
      • Internaute 4901
        Médiatrice scientifique

      Vous avez raison et la surenchère législative sur la traçabilité des produits ne se construit pas sur un désir de lisibilité, d’éclairage et de transparence pour le public.

      Nous avons tous autour de nous de multiples exemples qui décourageraient a priori les plus téméraires reste qu’il y a de plus en plus (une infime minorité) de personnes attentives aux conditions de productions, à la qualité de production etc. ça vaut encouragement dans la mesure où cette attitude serait profitable à un plus grand nombre dans diverses régions du monde.

  • Anonyme

    Just une petite erreur dans cet article. Li Xing est cense avoir dit qu’« il était de plus en plus difficile de vivre sans consommer de produits “made in USA” ».

    Apres avoir lu l’article du ChinaDaily, il est en fait dit que « Chinese families may run into the same trouble (..) if they tried living for a year without things with American brand (sic). »

    Il s’agit donc de marques americaines et non du « Made in USA » comme mentionne dans votre article. Et voila idee dans laquelle nous pouvons sans aucun doute nous reconnaitre.

    • Pierre Haski
      Pierre Haski
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 00h29 le 28/07/2007
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      bien vu en effet, merci !

  • benjiof83
    • Posté à 00h08 le 28/07/2007
    • Internaute 13199

    la mondialisation qu’elle beau mot, enfin il est beau dénoué de sens, mais quand on commence à y réfléchir on y voit tout un tas de probléme !
    La chine pays ou la main d’oeuvre est plus que peut chére, pays de la ou toute les sociéte comme Ipple ou autre on délocalisé. Biensur on en connait tous les raisons. Cependant on ne pourra pas vivre sans le « made in china » tous simplement car le prix de la main d’oeuvre n’est pas prés de baisser et puis noublions pas que d’ici qu’elle que années la chine sera une dés premiére puissance économique mondial ! Alors vous savez on est pas prés de voir s’éffacer le « made in china » sur nos biens qu’il soit vestimentaire ou éléctronique !

  • Anonyme

    La Chine sous le régime communiste pur et dur, 600 millions de crève-la-faim.
    Aujourd’hui, 30ans après sa timide tentative d’ouverture à l’économie capitaliste, elle compte près de 100 millions de multi-millionnaires, 300 millions de gens vivant dans de bonnes conditions, bénéficie d’une espérance de vie générale quasi européenne.
    Ben, il reste encore 900 millions d’hommes vivant dans une pauvreté relative, qui est loin de celle de l’Inde, de certains autres pays d’Afrique, et d’Asie. Mais à coup de 300 à 400 millions tous les 20, 30 ans sortis de la misère, d’ici la fin du siècle, ce sera bon.
    Mais les bonnes consciences occidentales s’effraient. Il est impensable que l’ensemble des chinois, des indiens ou des africains atteignent le même niveau consommation qu’eux. Ils hurlent à la pollution, ils se sentent déjà etouffés, asphyxiés, appauvris, etc...
    En nous parlant de travail des enfants, de l’esclavage, de systèmes sociaux absents, de destruction de l’environnement, ils croient défendre la planète, des valeurs humaines. En fait ils nous parlent de leur capacité de choix, ils défendent leurs privilèges, sous couvert de respect de la démocratie, d’écologie... Que d’hypocrisie ! ! !
    Restez des crève-la-faim. C’est écologique, c’est romantique, c’est authentique. Ne devenez pas comme nous de vulgaires et grossiers consommateurs.
    Ils sont sortis de Dickens, de Zola. Nous, on est ou on va être en plein dedans. Eux ont déjà oublié le fog anglais, avant que le pétrole des arabes ne remplacent le charbon des mines. Enfin, qu’est-ce qu’il faut pas supporter des donneurs de leçon bein pensants qui prennent tous les sous-développés économiques pour des pays de demeurés. Leur générosité m’accable d’autant plus qu’ils sont persuadés d’être sincères, qu’ils veulent vraiment notre bien.
    Demandez à un intouchable ce qu’est son bien, demandez à un Bengladeshi dont l’espérance de vie est d’à peine 40 ans, ce que c’est d’être exploité s’il trouve le moindre boulot qui lui permet d’avoir sa pitance pour le jour ou le soir. Ne théorisez pas, ne vous donnez pas facilement bonne conscience sur son dos.

  • Anonyme

    Le troc au temps de cro-magnon entre tribus, c’était le début de la mondialisation. rien de nouveau

  • Anonyme

    Avant de parler de vos Made in quelque chose, savez-vous comment fonctionne ce système ? Vous achetez quelque chose marqué Made in France ou autre mais cela ne veut pas dire pour autant que c’est fabriqué en France ou autre donc. Il suffit seulement d’une étape en France, assemblage par exemple, pour avoir droit au Made in France, alors que les pièces composant le produit ont pu être toutes faites en Chine par exemple. Il en va de même pour le fameux swiss made des montres. Assemblée en Swiss et vous avez droit au Swiss made alors que les pièces ont été travaillées en Chine elles aussi. Donc vous pouvez bien contnuer à acheter du Made in France si ça vous fait plaisir, rien ne vous prouvera que 95% du produit a été fait en Chine. Cette histoire de Made in est une belle arnaque, ne vous y trompez pas.

    • pierrejcallard
      pierrejcallard
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 17h01 le 29/07/2007
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      Bravo de le souligner. C’est comme protester contre les USA en évitant les franchises américaines. La solution est plus complexe et exige une réforme des politiques d’import export que personne n’aura le courage de faire avant que la situation ne se soit détériorée bien davantage.

      Lien

      Pierre JC Allard

  • Anonyme

    erratum « rien ne vous prouvera que 95% du produit n’a pas été fait en Chine »

  • Anonyme

    Moi cela fait depuis quelques années que j’étudie de près les étiquettes.
    En voici la raison :
    J’ai constaté que lorsque je cherchais à faire des économies en achetant un produit « Made In China » je faisais une grave erreur. Ces produits sont en effet de piètre qualité et je suis souvent obligé de les remplacer deux voire trois fois de suite. En revanche si j’achète un produit bien fini, il me coûte plus cher à l’achat mais finalement je m’y retrouve car il dure longtemps.
    Qui n’a pas acheté des prises multiples à 4€ qui prennent feu ? Des chaussettes à 1,5€ qui s’effilochent après le premier lavage ? Et que penser des valises à 25€ dont les roues vous lâchent en plein voyage ? Qui n’a pas acheté un tournevis à 2€ qui ne vissent rien du tout car le manche est mal fixé ?
    Les exemples sont nonbreux !

  • Valdo Lydeker
    Valdo Lydeker
    journaliste, auteur
    • Posté à 22h35 le 28/07/2007
    • Journaliste 7922
      journaliste, auteur

    Exact, mais investir dans la qualité coûte cher au départ. J’essaie à la fois de me passer de choses inutiles et de faire gaffe à ce que j’achète. Mais cela prend du temps et
    demande aussi des investissments qu’on n’a pas toujorus les moyens de faire. Je ne me sens pas de faire la morale à ce sujet à une mère de famille devant nourrir, et habiller plusieurs gamins avec un SMIC, voire moins.

  • Cadre modele
    Cadre modele
    Consultant RH
    • Posté à 04h14 le 03/08/2007
    • Internaute 13530
      Consultant RH

    Ok la mondialisation ca voudrait dire que nous ne sommes pas capable de vivre sans ces produits ?
    Ca me fait penser à une conversation avec un pote. sa mère venait de mourir, il se posait des questions sur la vie, classique. Alors pour continuer son envie de discussion, nous avons à prolonger nos dissertations qui nous ont amené a la question suivante : Pourquoi en Afrique alors qu’il n’y a ni vieux(Espérance de vie 47ans) ni trop de nourriture, encore de moins de K-do à Noël, ils se marrent souvent. Et nous les pays du nord qui fêtons Noël ou autre fêtes, ou il y a moins de jeunes (Espérance de vie : ça se rallonge trop vite pour mettre un chiffre)nous faisons la tronche en permanence et nous créons des insécurités dans tous les domaines. On meurt pas de faim, On meurt pas jeune, On fête Noêl, J oubliais ce que me disait ce pote N’écrit jamais On car on est un con : =)