Décryptage 11/09/2008 à 11h03

Le microcrédit sert-il à enrichir les pauvres… ou les riches ?

Benoît Granger | Chercheur en microfinance

Grosse colère de Muhamad Yunus, le fameux prix Nobel de la paix 2006, à propos des dérives de la microfinance et du microcrédit. Cet été, il participait à un sommet sur le sujet à Bali, et en a profité pour asséner quelques vérités simples. Le microcrédit a été inventé pour sortir les pauvres des griffes des usuriers. Si les micro-prêteurs facturent des taux d’intérêt énormes, ils ne font pas partie de la famille.

Au passage il annonçait la création, avec Chuck Waterfield, l’un des experts les plus respectés dans le domaine, d’un site consacré à ces fameux taux d’intérêt, pour « promouvoir la transparence des prix ». A vrai dire, il était temps.

Depuis 2005, année du prix Nobel de la paix pour Yunus, le paysage de la microfinance change à toute allure. De grandes banques, des grands fonds d’investissement se sont aperçus que la microfinance pouvait être un investissement très rentable, car, dans certains cas, on prête très cher aux pauvres ; et les pauvres remboursent très bien (car ils ne peuvent pas faire autrement). D’où quelques abus sidérants.

De l’ONG à la bourse

L’histoire qui provoque un débat violent dans l’univers de la microfinance est celle de Compartamos. Cette ancienne ONG a développé des programmes au début des années 90 pour faire des microcrédits aux femmes pauvres de la banlieue de Mexico. Puis, « pour assurer son développement » comme le justifiaient ses dirigeants, s’est transformée en société commerciale en 2000. Puis, se développant très vite, elle a demandé un agrément pour devenir une banque. Ses dirigeants ont introduit la société en bourse à Mexico et à New York en avril 2007 : la rentabilité était telle que la demande excédait 13 fois l’offre et qu’elle était valorisée près de 2 milliards de dollars par le marché.

Des taux d’intérêts à plus de 100%

Aussitôt, les cadres dirigeants de l’institution de microfinance ont vendu les actions qu’ils avaient souscrit, faisant au passage une plus value de 300 pour 1 : ils vendaient 300 dollars en 2007 des actions qu’ils avaient achetées 1 dollar en 2000 ! Sidérant.

Aucune entreprise, même une start up ambitieuse, ne parvient aussi vite à une telle valorisation en bourse. Et ce qui est scandaleux c’est que cette rentabilité est directement liée à l’activité de Compartamos, qui a constamment prêté à plus de 100 % de taux d’intérêt à des femmes pauvres et n’a jamais réajusté ses conditions alors que l’évolution de ses performances le lui permettait. Il n’y a au Mexique aucune loi limitant le niveau des taux d’intérêts.

Ce qui est doublement scandaleux c’est que les cadres dirigeants de l’entreprise ont vendu leurs parts, c’est-à-dire qu’ils ont sorti de la société des centaines de millions de dollars et l’ont donc appauvrie en ne gérant son développement qu’en vue de leur profit personnel... Enfin, pour l’avenir, le plus inquiétant est qu’il n’y a pas eu unanimité pour condamner un tel comportement. Bien sûr, les « hyper libéraux » comme le Wall Street Journal se contentent de dire que « c’est le marché » qui doit dicter les taux d’intérêt.

Silence et gêne

Mais même dans l’univers de la microfinance, on sent depuis cet événement une sorte de gêne. De la part du CGAP par exemple, qui regroupe les grands donateurs privés et publics, et qui n’a pas condamné clairement l’opération.

Ainsi, la microfinance, dite « de marché », est entrée dans la dure contrainte de la rentabilité à tout prix, comme le dénonce une étude de l’Organisation internationale du travail. Elle risque bien de profiter aux riches actionnaires du Nord, plutôt qu’aux pauvres clients du Sud.

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 14h19 le 11/09/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    Si par hasard, cela sert à enrichir les deux en même temps pourquoi pas.
    Se servir des pauvres pour devenir riche, cela se fait tout les jours depuis que le monde est monde.
    Mais se servir des miséreux pour devenir riche, là c’est horrible.

  • Dave Feng
    • Posté à 11h18 le 11/09/2008
    • Internaute 27954

    Merci de cet article, qui met sur la place publique une gêne réelle que l’image excessivement positive du micro-crédit dissimule.

    Je ferai part ainsi d’un échange très vif auquel j’ai assisté lors du Grenelle du micro-crédit social organisé par le Haut Commissariat aux solidarités actives. (je parle donc plus spécifiquement du MC social et non du MC professionnel, qui est l’objet principal du présent article).

    Le Secours catholique, pourtant pas une association marquée très à gauche, est tombée d’accord, devant une salle de près de quatre cents participants, avec l’UFC-Que choisir sur le fait qu’il ne fallait pas perdre de vue que l’objectif de ce MCS devait rester social. Et ces réserves ont provoqué l’ire des représentants des banques et des organismes de crédit qui se sentaient montrées du doigt quand étaient dénoncées leur absence de toute préoccupation sociale.

    Le MCS ne fait pas l’unanimité.

    Le MC peut sans doute être un levier utile parfois - mais ce que certains préconisent, pour étendre ce dispositif, c’est tout simplement des réformes sur les règles du crédit qui marqueront le retour de l’usure.

  • lesuperdidou
    lesuperdidou
    Saltimbanque
    • Posté à 11h25 le 11/09/2008
    • Internaute 46485
      Saltimbanque

    Quoi de plus normal.Il s’agit d’argent,non ?

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 11h29 le 11/09/2008
    • Internaute 33755

    L’ancienne ONG a développé des microcrédits « puis, “ pour assurer son développement ” comme le justifiaient ses dirigeants, s’est transformée en société commerciale en 2000. Puis, se développant très vite, elle a demandé un agrément pour devenir une banque.

    Tout le problème de l’invention de Yunus est ici.
    MAIS ! ce qu’omet de dire l’article est que Muhammad Yunus n’est pas né de la dernière mousson : il a déjà anticipé ce problème en complétant son micro crédit, qui s’apparentait plus à un pansement sur une jambe de bois au regard des voraces de la finance, par une étape finale qui coupe l’herbe sous le pied des requins.

    Car désormais, en suivant le concept de social business de Yunus, les ONG ou entreprises ou multinationales, pour ‘assurer leur dévellopement’ et selon les termes de leur réglement intérieur, ne pourront plus se dévelloper qu’en utilisant leur profit pour recruter et investir dans leurs boîtes. Déjà des partenariats ont été signés entre sa banque Grameen et des multi-. Le profit s’engouffrant dans la poche des actionnaires et des dirigeants est mort : il faut se le dire. Ce qui ne respecte pas ce principe pourront être traduit en justice.

    Je pense notemment à F. Riboud qui donna son accord pour une joint venture au Bangladesh, la Grameen Danone, et qui déclara à l’univ du Medef : ‘J’aime les gens... mais j’aime le profit AUSSI.’ Non, monsieur Riboud, vous n’avez pas encore intégrer le concept de Yunus pour lequel vous avez ouvert cette nouvelle affaire en Asie. Il eut fallu dire ‘J’aime le profit, et comme j’aime les gens, je le leur redistribuerai.’ Nuance, monsieur Riboud.

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 11h38 le 11/09/2008
    • Internaute 33755

    Rajoutons aussi ceci :
    Lorsque Mr Peyrelevade est intervenu dans vos colonnes pour un tchat, je lui ai posé une question « naïve » : «  Pensez-vous que le concept de social-business soit applicable en France ? »
    Il me répondit ceci : « C’est une très bonne idée ce social business mais il ne pourrait être appliqué en France, car ce concept est destiné à une main d’oeuvre peu qualifiée. »

    ...

    En France, devinez à combien se chiffre les emplois non qualifiés, tout secteur confondu...

    5 millions (chiffre Insee 2002) ! 5 millions de pauvres à qui on ne veut délibérément pas arranger leur quotidien !

    Et Sarkozy s’érige en ponte du pragmatisme... ? !

    • Dave Feng
      • Posté à 11h49 le 11/09/2008
      • Internaute 27954

      Votre commentaire est trop elliptique ; pouvez-vous reformuler ce que vous voulez dire ?

      Je vous dis ce que je crois comprendre : certains acteurs s’opposent au micro-crédit car il suppose de faibles coûts de main d’oeuvre - or, il y a 5 millions de travailleurs non-qualifiés (que vous identifiez avec les « pauvres », ce qui est un peu excessif - donc, il faut du micro-crédit.

      Si c’est ce que vous pensez, il me semble que vous vous trompez. Le micro-crédit, du moins dans les pays émergents ou les pays du tiers-monde, repose sur un taux de crédit important qui peut être assumé en raison de marges importantes de l’activité financée. Or, de telles marges sont rares en France (elles existent parfois).

      Légitimer le micro-crédit en France en soutenant que cela va permettre l’enrichissement des plus pauvres me semble un leurre. Pour les quelques personnes qui sauront employer ce levier, il est à craindre que la modification des règles du crédit va provoquer l’appauvrissement de cohortes de citoyens.

      Enfin, tout le monde n’est pas armé pour être entrepreneur - la clef du micro-crédit, c’est son accompagnement, une tâche que les organismes bancaires classiques ne semblent pas prêts à assumer.

      • A déménagé le 25 octobre
        • Posté à 12h03 le 11/09/2008
        • Internaute 33755

        Salut Dave,

        effectivement j’ai du mal m’exprimer.
        Je ne parle pas de micro crédit tel qu’il a été inventé par Yunus et distribué par les banques. Je parle de la deuxième étape de la doctrine de Yunus : LE SOCIAL BUSINESS qui concerne le statut juridique et social des entreprises qui désirent l’appliquer.

        Cela pourrait paraître hors-sujet, puisque l’article parle du MC. Mais je soutiens (de très loin) la démarche de Yunus, et quand on aborde un sujet sur lui, j’aimerai que l’on parle de ce qu’il fait au jour d’aujourd’hui : lisez le premier commentaire de Tyb, Yunus est parti exactement de ce même et implacable constat pour formuler son concept de SOCIAL BUISNESS.

        Donc le MC en France pour les emploi non qualifié n’étaient pas l’objet de mon intervention.

        Voici ce que dit M. Yunus de son social business :
        « Un social-business est une société qui ne distribue pas de dividendes. Elle vend ses produits à des prix qui lui permettent de s’autofinancer. Ses propriétaires peuvent récupérer la somme qu’ils ont investi dans l’entreprise après un certain laps de temps, mais nulle part de profit ne leur est versé sous forme de dividendes. Au lieu de cela, les profits réalisés par l’entreprise restent en son sein afin de financer son expansion. »

         
        • Teez-teez
          Teez-teez répond à A déménagé le 25 octobre
          Back in the USSR
          • Posté à 15h02 le 11/09/2008
          • Internaute 41360
            Back in the USSR

          C’est génial ce concept d’ailleurs. C’est la réponse à l’argument de Marx sur l’accaparement de la plus-value...

          • A déménagé le 25 octobre
            • Posté à 15h23 le 11/09/2008
            • Internaute 33755

            euh, à la nuance près que « l’accaparement » est partagé puisque réinvestit soit en emploi, soit en matériel.

            Sorte d’association loi 1901 ou nouveau bocal pour requin...

          • Jaycib
            Jaycib répond à Teez-teez
            Désagrégé de l'Université
            • Posté à 15h52 le 11/09/2008
            • Internaute 37053
              Désagrégé de l'Université

            Pas d’accord, teez-teez ! La solution que vous proposez n’est qu’une réponse très partielle au problème de fond, qui est la notion de « loyer de la terre » (anglais : ground rent, termes employés en premier par Adam Smith), et, par extension, à la notion de « loyer » tout court.

            Cette notion est basée sur le fait qu’il est « tout naturel » que les loyers ne fassent pas l’objet d’une dépréciation dans le temps, alors que toute autre source de « valeur » est sujette à une telle dépréciation (technologie en général, machines, etc., PLUS et SURTOUT tout ce qui relève de l’immobilier).

            Les capitalistes connaissent bien ce principe de dépréciation : tout bien immobilier est sujet à « amortissement », selon la terminologie utilisée dans leurs comptes en français (anglais : depreciation, qui est le mot juste) en 20, 30 et jusqu’en 50 ans. Une fois cette durée écoulée, la valeur réelle de ce bien devrait donc être égale à zéro.

            Le problème est qu’il en va tout autrement de la valeur MARCHANDE. Avec une bonne petite pénurie savamment entretenue des biens locatifs, non seulement on ne réduit rien à zéro, mais on s’en éloigne de plus en plus !

            Et je ne pose même pas la question ECOLOGIQUE de ce qu’est la propriété de la terre dans un monde à démographie grandissante mais aux dimensions absolument limitées.

            Si l’on n’élimine pas cette absurdité de base, aucun micro-crédit ne pourra conduire à une solution durable. L’idée de M. Yunnus est bonne pour une économie MUTUALISEE et donc MORALISEE, mais, comme l’indique l’article, nous en sommes très loin !

            • A déménagé le 25 octobre
              • Posté à 16h12 le 11/09/2008
              • Internaute 33755

              « L’idée de M. Yunnus est bonne pour une économie MUTUALISEE et donc MORALISEE »
              C’est pourquoi il a créé, en plus du micro crédit, le social business.

              @ aux hommes politiques : compris le message ?

              • Jaycib
                Jaycib répond à A déménagé le 25 octobre
                Désagrégé de l'Université
                • Posté à 16h41 le 11/09/2008
                • Internaute 37053
                  Désagrégé de l'Université

                Mais l’idée d’une économie basée sur le « mutuel » remonte à Proudhon (qui n’était pas révolutionnaire) ! On sait ce qu’il est advenu de cette notion...

                Le « social business » n’est qu’une variante du capitalisme proposée par les chrétiens sociaux. On sait également ce qu’il en est advenu. Pas étonnant que M. Peyrelevade y souscrive (et le MoDem avec lui). Vous avez une idée de ce qui est arrivé au « capitalisme rhénan », autre variante allemande ?

                • A déménagé le 25 octobre
                  • Posté à 17h52 le 11/09/2008
                  • Internaute 33755

                  Je ne sais si vous avez oublié une négation, mais le Modem, du moins Peyrelevade, ne veut pas entendre parler en France du social business. Il a peut être raison de dire que les micros crédits sont destinés à une main d’oeuvre peu qualifiée (ce qui est déjà très discutable : combien de jeunes diplômés se retrouvent au chomage aujourd’hui et pourtant à qui les MC pourraient leur permettre de démarrer), mais il lui manque tout simplement les chiffres de cette main d’oeuvre peu qualifiée et surtout il pense que ces MC ne sont applicables que pour les pays pauvres : c’est de l’aveuglément que je ressens comme volontaire.

                  C’est culturel. Je dirai que notre capitalisme à la française, dit celui des familles, surfe sur les craintes sociologiques de Proudhon (« les contradictions économiques ») et ne veut pas entendre parler du social business, qu’ils soient de la droite décomplexée ou chrétien sociaux, car cela va à l’encontre de leur unique objectif : rentrer des profits immédiats + distribution sous forme de dividende dans la négation la plus totale de considérations sociales écologiques et/ou humanistes. Yunus l’appelle le capitalisme unidimmensionnel.

                  Concernant le capitalisme rhénan, je n’en ai qu’une connaissance succinte, mais s’il faut le comparer à celui de Yunus, l’on devrait parler, me semble-t’il, d’une divergence sur le management et la façon d’entreprendre : le rôle des banques est pour les deux primordial, mais quand Yunus s’appuie principalement sur une myriade de petites banques autonomes dans leur gestion (il rêve de réformer la Banque Mondiale et ses corollaires), le « rhénan » s’appuie sur des grandes banques qui, comme je le décris sur ce forum, ont une idée très occidentale du management interne et qui rejoint cette idée de la rentrée immédiate de profit : « chers employés, distribuez un maximum de crédits et vous serez récompenser en conséquence ». Il n’y a pas de relations directes entre emprunteur et prêteur, sauf par le biais de négociations syndicales « post-traumatiques ». J’exagère délibérément et en connaissance de cause, mais suivant la crise qu’il traverse, je pense que sa transcendance par rapport au modèle anglo-saxon ou même français (si l’on en est un (sic.)) est une compatibilité culturelle avec celui de Yunus qui passe par un refondement de cette relation manageuriale, où la célérité de l’action directe sera décuplé par une relation plus intimes entre emprunteur et prêteur car ce prêteur aura le devoir de le faire.
                  Avoir des syndiqués et des gros syndicats c’est bien, c’est sécurisant, mais constater qu’une variante de leur modèle puisse marcher sans eux, est un espoir pour réduire la part d’énergie placé par tout le monde dans les négociations.

                  ps : je ne suis pas spécialiste du tout, et si l’auteur de l’article veut bien déblayer les énormités que j’aurai pu sortir... : -)

        • Dave Feng
          • Posté à 00h03 le 12/09/2008
          • Internaute 27954

          Salut Blaise - merci de ces éclaircissements et de tes diverses interventions, très instructives.

        7 autres commentaires
      • A déménagé le 25 octobre
        • Posté à 12h18 le 11/09/2008
        • Internaute 33755

        Sinon,
        si les organismes bancaires classiques ne semblent pas prêts à assumer l’accompagnement du MC qui, comme vous le dites fort justement, en est sa clé, c’est parce que, dans leur statut, il n’est pas écrit qu’elles doivent le faire.

        Même la Banque Mondiale est incapable d’accompagner ceux à qui elle prête ! Même la Banque Mondiale !

        Car l’employé qui prête, est noté sur sa capacité à faire revenir l’argent et le nombre de prêt qu’il effectue : énorme erreur et management d’un autre siècle !
        Dans une banque comme celle de Yunus, l’employé qui prête, est noté sur sa capacité à suivre, à accompagner l’emprunteur. Si l’argent ne revient pas, c’est de SA faute. Si l’emprunteur échoue dans sa micro-entreprise, c’est de la faute de l’employé.

        Tout est une question de management et de philosophie entrepreneuriale.

  • Anonyme

    Il découvre le capitalisme à 68 ans. On peut pas dire que les études d’économie soient très formatrices.

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 12h23 le 11/09/2008
      • Internaute 33755

      Vous voulez dire celles qui l’ont fait passé par la décroissance jusqu’à arriver au social business ? ...

      C’est une erreur que de ne pas soutenir cet homme : il vient de construire l’unique cheval de Troie capable de changer la face d’un capitalisme surrané et d’éviter des révolutions sanglantes.

      Donnons-lui sa chance.

  • asozial
    asozial
    Bobo reprazent - aus Berlin.
    • Posté à 12h18 le 11/09/2008
    • Internaute 2273
      Bobo reprazent - aus Berlin.

    les aménagements du capitalisme sont voués à l’échec et ne font que tenter de masquer son incompabilité avec la justice la plus élémentaire.

    • Tyb
      Tyb répond à asozial
      (par ici, par là)
      • Posté à 13h39 le 11/09/2008
      • Internaute 24914
        (par ici, par là)

      moui...

      je ne crois pas que capitalisme et justice élémentaire soit fondamentament incompatibles.

      je dirais plutôt que le problème principal c’est que l’économie a fini par constituer une fin en soit pour la civilisation occidentale, que le capitalisme forcené soit devenu le but ultime vers lequel nous tendons...

      il faudrait remettre l’économie à sa vrai place, celle d’un constituant de la civilisation, pas plus, pas moins.

      je dirais surtout que le monde occidental s’est peu à peu, suite à la mort de la religion, puis à la mort de la culture vidé de spiritualité, de transcendance, qu’il faudrait retrouver... non en retournant vers des religions sclérosées et arbitraires, mais vers quelque chose de nouveau, un projet d’espoir, un but possible à atteindre

      • Teez-teez
        Teez-teez répond à Tyb
        Back in the USSR
        • Posté à 15h05 le 11/09/2008
        • Internaute 41360
          Back in the USSR

        un but possible à atteindre ? je propose la conquête spatiale !
        sérieusement, c’est l’étape logique : on a pourri cette planète, il va falloir songer à externaliser nos activités vers le reste du système solaire...

         
        • A déménagé le 25 octobre
          • Posté à 15h14 le 11/09/2008
          • Internaute 33755

          C’est ce que je me dis depuis longtemps : les mêmes qui font n’importe avec le capitalisme n’ont qu’une envie, celle de découvrir d’autres planètes.

          Alors, messieurs qui font n’importe, surtout ne vous génez pas.

          NNNNNIIIIIIAAAAAOOOOONNN, adieu.
          Ahhh, bon débarras.

        • Tyb
          Tyb répond à Teez-teez
          (par ici, par là)
          • Posté à 15h54 le 11/09/2008
          • Internaute 24914
            (par ici, par là)

          Mouais.... pour la conquête spatiale ça donnerait exactement ce que raconte le manga/anime Planêtes : quelques (richissimes) élus partant en orbite et laissant la grand masse de la population crever sur terre et construire les fusées.

          Je ne pensais pas à une réalisation technique, surtout pas.

        2 autres commentaires
    • Numerosix
      Numerosix répond à asozial
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 14h23 le 11/09/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      les aménagements du capitalisme sont voués à l’échec et ne font que tenter de masquer son incompabilité avec la justice la plus élémentaire.
      ( bis)

      C’est ce qu’ on se tue à leurs dire ,à longueur de commentaires , Azozial ..

      Mais ils ne nous ecoutent pas

      • A déménagé le 25 octobre
        • Posté à 15h10 le 11/09/2008
        • Internaute 33755

        L’emploi du mot « aménagements » est intéressant.

        ... malheureusement, j’ai bien peur que l’on parle d’aménagements dans la TRONCHE...

  • Houvaton nouveau compte
    • Posté à 14h36 le 11/09/2008
    • Internaute 39856

    Yunus, l’homme des micros-crédits au Bangladesh en partenariat avec Danone, le Crédit Agricole, Véolia, Limagrain et le lobby céréalier français :

    Lien

    Lien

    Social business ou charity business pour produire en douce des ogm ?

    « Les activistes dans le domaine de l’environnement et de l’aide au développement ont lancé une campagne mondiale et demandé à l’inventeur du micro crédit et fondateur de la Grameen-Bank, Mohamed Yunus, de renoncer à son projet d’association avec Monsanto. »

    Lien

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 16h21 le 11/09/2008
      • Internaute 33755

      Bon,

      Houvaton.

      Soit vous racontez n’importe quoi, mais dans ce cas-là il faut aller jusqu’au bout et pourquoi pas utiliser une bonne dose de lyrisme ou d’humour.

      Soit vous racontez la vérité jusqu’au bout, et VOUS CITEZ LE PARAGRAPHE EN SON ENTIER ! Surtout concernant une affaire qui remonte à 1998.

      « ... Yunus fit bientôt savoir qu’il mettait fin à leur projet commun. Un porte-parole de la Grameen-Bank mentionna expressément l’agitation provoquée par la société civile comme raison de la rupture. »

      • Houvaton nouveau compte
        • Posté à 17h12 le 11/09/2008
        • Internaute 39856

        Mais je te le mets en entier ton texte si tu y tiens.
        Oui il date de 1998 et alors ? A cette époque Yunus avait fait un pacte avec Monsanto et c’est la société civile qui l’en a empêché. Yunus est un hypocrite et je suis pas étonné qu’il ait été nomimé en 2005 pour un Prix Nobel qui pue depuis sa création.

        Et de toutes les manières je ne suis pas pour le système de crédits (micro ou macro) qui est un des rouages d’une politique de croissance aveugle, pollueuse et aliénante. Je suis pour que chacun ait dès sa naissance un terrain dans lequel il pourra par la suite s’auto-alimenter, s’auto-loger, le reste étant assuré par une politique d’entraides. Pas au sens chrétien du terme mais mûe par le bon sens : un échange bien compris d’intérêts mutuels.

        Voici donc le texte à relier à l’ensemble qui est très long d’où mon lien.

        La vulnérabilité des organisations transnationales
        Ce ne sont pas seulement les gouvernements qui doivent envisager cette réalité nouvelle. De grandes organisations influentes sont aussi amenées à prendre leurs responsabilités d’une manière nouvelle dans leurs décisions économiques. En janvier 1997, Pepsi Cola a vendu 40% de ses parts à une entreprise birmane (Myanmar). La multinationale entre ainsi dans la longue liste des sociétés « victimes » de la Free Burma Coalition (FBC), une alliance de groupements de citoyens nord-américains. La FBC est parvenue à convaincre l’Université de Harvard de mettre fin à son contrat avec Pepsi Cola, suite au non-respect continuel des droits de l’homme en Birmanie. Auparavant des firmes comme Macy’s Department Store, Eddie Bauer ou British Home Store ont été refoulées du pays sous la pression de la FBC, qui a lancé un boycott de leurs produits. (3) Récemment, le géant de la biotechnologie, Monsanto a essuyé un revers analogue : Depuis plus de set ans, Monsanto avait travaillé son image « d’avocat des pauvres » avec acharnement et se présentait comme l’un des précurseurs du « micro-crédit », comme on l’appelle. Le brusque revirement n’a pourtant pas tardé. Les activistes dans le domaine de l’environnement et de l’aide au développement ont lancé une campagne mondiale et demandé à l’inventeur du micro crédit et fondateur de la Grameen-Bank, Mohamed Yunus, de renoncer à son projet d’association avec Monsanto. Yunus fit bientôt savoir qu’il mettait fin à leur projet commun. Un porte-parole de la Grameen-Bank mentionna expressément l’agitation provoquée par la société civile comme raison de la rupture. (4) C’est à la suite d’événements de ce genre, dont on pourrait encore en citer une douzaine, que la Société civile a fait irruption sur la scène économique. Elle représente le contrepoids à l’avènement rapide de la globalisation élitiste.

         
        • A déménagé le 25 octobre
          • Posté à 18h09 le 11/09/2008
          • Internaute 33755

          Je ne vois pas où est l’hypocrisie à faire volte face sous pression de la société civile : combien s’en serait fichu et devant l’appat du gain aurait continué leur manigance ? En 1998, combien savait sur les agissements de Monsanto ? Si la société civile a pu joué son rôle de troisième force, tant mieux. Si elle a pu avertir un entrepreneur intéresser par un partennariat avec ces monstres et que lui a accepeté de reculer sans sourciller, idem, tant mieux. Arrêtons de verser dans la paranoïa.

          Je suis persuadé que Yunus est un honnête homme. Quand il dit qu’il veut aider les pauvres, ce n’est pas pour satisfaire un électorat, ce n’est pas pour rassurer des employés, c’est parce qu’il y croit fermement d’où son attachement à réformer le système bancaire : sacré cheval de bataille et courage assuré !

          Et ton « échange bien compris d’intérêts mutuels » est une variante de sa doctrine. Une banque = on donne + on reçoit + entente mutuelle entre prêteur et emprunteur. Pas de sa faute si le capitalisme ultra-libéral y a foutu le bordel.

        1 autres commentaires
  • xbrossard
    xbrossard
    informaticien
    • Posté à 10h07 le 12/09/2008
    • Internaute 47051
      informaticien

    de toute façon, je pense que le problème fondamentale du capitalisme, qui ne se résoudra pas par un quelconque mécanisme de crédit, est la démocratisation de la prise de décision dans les entreprises. Tant que l’on considéra que l’apport en terme de chiffre d’affaire du travail des employés ne joue aucun rôle dans le système de décision des entreprises, on avancera pas.
    Il est quand même incroyable que les dirigeants et les actionnaires accumulent de l’argent grâce au bénéfices et sont donc présents (et décident) dans les conseils d’administration, alors que les salariés qui rapportent cet argent n’ont aucun poid, quelques soit ce qu’ils aient rapportés individuellement...Et que l’on ne me parle pas du salaire comme récompense, les dirigeants l’on aussi ce salaire...
    La seule chose qui changera le capitalisme, c’est une injection massive de démocratie, qui ne pourra se faire que par des lois, pas par le bon vouloir de dirigeants qui ne voudront jamais partager leur pouvoir.
    J’avais eu l’idée d’un système (complexe il est vrai) de capitalisation du bénéfice de chaque employé : au fur et à mesure de sa carrière, on calculerai ce qu’il rapporterait à la société (en terme de bénéfice), ce qui représenterais sa « valeur capitalistique en plus -value ». Cette valeur, qui perdurerait et augmenterais à chaque changement d’entreprise, serait comptabilisée pour tout les salariés d’une entreprise et serait comparé au poids de l’apport des actionnaires/dirigeants d’entreprise pour déterminer le pouvoir de décision, en terme de nombre de postes, dans les conseils d’administration. Ce serait enfin la vraie démocratie dans les entreprises, en fonction de la qualité de chacun, employés compris.
    Il est temps que l’on prenne enfin en compte la valeur travail, en terme de pouvoir de décision et pas seulement en terme de salaire.
    Si notre monde va si mal, c’est parce que la démocratie recule face aux entreprises, qui elles ne sont pas démocratiques...

  • Benoît Granger
    Benoît Granger
    Auteur(e) de l'article Chercheur en microfinance
    • Posté à 12h22 le 13/09/2008
    • Expert 1916
      Chercheur en microfinance

    Bonjour,

    Merci pour ces commentaires souvent intéressants.

    Juste 3 précisions sur le papier que j’ai écrit sur Compartamos :

    1 - ce n’est évidemment pas une condamnation de ma part de la microfinance. Au contraire, mon opinion personnelle, fondée sur la lecture de nombreuses études, est très positive. Sauf les dérives et les abus décrits dans le papier.

    2 - Rien à voir avec le microcrédit social en France, qui ne me parait pas démarrer dans des conditions idéales...

    (pour Blaise 11 : il me semble que votre citation de M. Peyrelevade est une grosse grosse erreur de sa part)

    3 - Rien à voir non plus avec le concept de Social Business, tel qu’il est développé dans le dernier livre de Yunus, avec l’exemple des yaourts bangladais de Danone. Les quelques débats qui ont eu lieu sur le « concept » lui même montrent que de nombreux économistes et / ou politiciens ont du mal à comprendre ce que veut réellement Yunus (moi aussi). On devrait en savoir plus dans quelques semaines, à partir de réunions techniques sur le sujet. Je vous raconterai...

  • CBR
    CBR
    Chargé appui aux partenaires
    • Posté à 11h45 le 15/09/2008
    • Internaute 53102
      Chargé appui aux partenaires

    Si on met de côté l’aspect éthique qui peut éventuellement déranger, je n’ai pas compris le lien que fait l’auteur entre la revente d’actions avec plus-value et l’appauvrissement de la société COPARTAMOS ? ?