Enquete 09/09/2008 à 11h02

Rentrée littéraire : l'agent, le joker des écrivains ?

David Servenay | Ex-Rue89

En France, on les croit superflus. Outre-Atlantique, on ne s’en passe pas. Rencontre avec les intermédiaires auteur-éditeur.


Au salon du Livre de Francfort en 2000 (Reuters).

Quel est le point commun entre Christine Angot, Jean Hatzfeld, Nicolas Sarkozy et Salman Rushdie ? Outre leur notoriété, tous figurent sur la liste des clients d’Andrew Wylie, le plus célèbre des agents littéraires newyorkais. Surnommé « le chacal », Wylie veut, comme quelques autres agents, secouer le milieu de l’édition française. Avec lenteur, car l’odeur de l’argent est encore taboue à Saint-Germain-des-Prés. Enquête.

A Paris, seuls quatre agents littéraires sont à l’œuvre

Un agent littéraire est la fois un « editor » -qui lit les manuscrits, les sélectionne, puis les propose à la maison d’édition qui conviendra- et un négociateur de contrat. En général, il est rémunéré à la commission, sur la base d’une commission de 10 à 15% pour les droits français, 20% pour les droits étrangers (les droits audiovisuels sont plus complexes à calculer car ils incluent divers droits dérivés). Une fois le contrat signé, l’agent suit son exécution (campagne de publicité, tournée, relevé des droits).

Se méfier de l’agent double

Andrew Wylie a-t-il tenté de minimiser la sortie d’un livre au bénéfice d’un autre ouvrage portant sur le même sujet ? Le soupçon de l’ancienne porte-parole du Tribunal pénal international fut suffisamment étayé pour qu’elle décide de rompre son contrat avec l’agent new-yorkais. Florence Hartmann raconte :

« En mars 2007, Wylie m’appelle, se disant très intéressé par mon livre. Nous signons un contrat et puis... plus rien. Ils devaient prospecter les éditeurs du monde entier mais se sont contentes d’approcher les éditeurs balkaniques, si passivement que ces derniers, bien que preneurs, n’étaient même pas au courant de la sortie du livre (jusqu’à ce que je les en avertisse moi-même). Un jour, j’ai appris qu’un éditeur italien, client de Wylie, préparait la sortie du livre de Carla Del Ponte (la procureure du TPI), j’ai alors compris leur lenteur. Après la sortie de mon livre, ils se sont couverts en envoyant des livres aux éditeurs, mais sans vraiment les solliciter. Wylie voulait aussi me facturer mes propres livres envoyés aux éditeurs ainsi que les frais de port. J’ai rompu le contrat en novembre 2007 et je me bats toujours pour obtenir le paiement d’une partie de mes droits auprès de Wylie. Le problème d’un agent, ce n’est pas la commission, c’est la relation de confiance. »

Nous aurions voulu avoir la version de l’agent, mais il n’a pas souhaité répondre à nos questions. Florence Hartmann a finalement signé avec Pierre Astier. Marie-Sophie du Montant s’est fixée une ligne de conduite : « Je fais en sorte que mes auteurs ne soient pas en concurrence. »

Mais il faut différencier l’agent qui représente un auteur et l’activité de « subagency » qui consiste à représenter un auteur déjà édité ailleurs et/ou une maison d’édition étrangère dans son pays. Claude Durand, PDG de Fayard, fut ainsi « l’agent » d’Alexandre Soljenitsyne, représentant de ses droits pour le monde entier.

En comptant et recomptant, ils ne sont que quatre à pouvoir prétendre au titre envié d’« agent littéraire » à Paris. Commençons par les deux plus connus, qui ont refusé de répondre à nos questions.

François-Marie Samuelson, incontournable pour le cinéma

François-Marie Samuelson, assez dédaigneux et un peu blasé -« j’ai pris la peine de vous rappeler »- est le pionnier de la profession. Depuis vingt ans, il représente des auteurs, en marge de son travail d’agent artistique dans le cinéma :

« Je sature, j’ai lu tellement d’articles ne faisant que reprendre les précédents. » (sic)

Son agence FMS gère une écurie prestigieuse : Fred Vargas, Emmanuel Carrère, Philippe Djian, BHL pour les Etats-Unis… Samuelson est recherché pour son entregent dans le milieu du cinéma. « C’est vrai que ça compte avec lui, explique Pierre Assouline, l’un de ses premiers clients, à un moment, je voulais faire des scénarios et il m’a aidé à le faire. » Ex-Libé, ex-mao, l’homme a découvert le métier à New York dans les années 70 avant de l’importer en France par le biais d’une agence spécialisée dans le cinéma.

L’intermédiaire a aussi pas mal d’ennemis. Par exemple, Emmanuel Pierrat, avocat spécialisé en droit de la propriété intellectuelle (et avocat de Wylie), n’est pas tendre avec lui :

« Peut-on vraiment parler “ d’agent littéraire ” avec Samuelson ? Il ne vend que chez Gallimard et en dehors du transfert négocié de Houellebecq chez Fayard… Sa force, c’est de vendre les livres au cinéma, en apportant un projet clef en main aux producteurs avec un réalisateur, des acteurs et une histoire. Mais depuis qu’il s’est brouillé avec ses associés, il est tout seul ou presque. »

Samuelson a pourtant ouvert des portes : « Il a été tenace, commente Pierre Astier, ancien éditeur reconverti en agent, car les portes étaient fermées. C’était l’époque où Francis Esmenard (patron d’Albin Michel, ndlr) disait : “Un agent et c’est la porte !” ». Les temps ont changé. Aujourd’hui, tout Saint-Germain-des-Prés travaille avec les agents.

Susanna Lea, reine du blockbuster

Susanna Lea présente un autre profil : diplômée d’Oxford, cette jeune Britannique a longtemps travaillé pour le département international de Robert Laffont. Spécialiste de la cession de droits étrangers, elle fonde en 2000 sa propre société. Objectif : faire des blockbusters internationaux. Son slogan ? « Publié en Europe, lu dans le monde entier. » Elle aussi a refusé de répondre à nos questions :

« Notre métier, c’est d’offrir une 2CV ou une Ferrari à celui qui va s’asseoir dedans. Mais c’est le pilote qui est intéressant, pas la voiture. »

La Ferrari de Susanna Lea est conduite par Marc Lévy. Pour lui, elle a négocié, avant sa sortie en librairie, les droits audiovisuels de « Et si c’était vrai… » avec Hollywood. Depuis, l’auteur français tourne à plus de 500 000 exemplaires par livre (en France) et aurait déjà vendu quinze millions d’ouvrages dans le monde. Pour chaque livre, son à-valoir dépasse le million d’euros.

Susanna Lea est réputée pour sa capacité à saisir les tendances du marché international. Les mauvaises langues l’accusent de participer à une certaine uniformisation de la littérature.

En parcourant la liste de ses auteurs, on se demande qui emprunte les 2CV : Ayaan Hirsi Ali, Carmen Bin Ladin, Romain Sardou, Marina Picasso ou… Pierre Haski ? Pour satisfaire les desiderata de leurs clients, les agents doivent être prêts à tout, ou presque. Pierre Assouline en plaisante :

« Avec mon éditeur, on est marié pour le meilleur et pour le pire. Je laisse le pire à mon agent. »

Le pire ? La négociation et le suivi des contrats d’auteur. Une purge pour les éditeurs car les agents anglo-saxons ont pris l’habitude de scinder les droits (français, étrangers et audiovisuels) pour mieux les négocier.

Pierre Astier, l’éditeur passé de l’autre côté du contrat


Pierre Astier (DR).

« Si la littérature anglo-saxonne est puissante, c’est aussi parce que les écrivains ont les moyens de travailler. Ecrivain, c’est un métier. »

Le jugement est sévère, mais il émane d’un connaisseur. Ancien patron des éditions du Serpent à plumes, Pierre Astier s’est jeté dans le bain avec sa compagne en 2005. Depuis, l’agent Astier s’efforce de développer ceux qu’il appelle les « perles » francophones :

« Le marché francophone est vaste, avec des milliers de créateurs : les Belges, au Maghreb, en Afrique, dans l’océan Indien. Or, Paris aspire tout. Par exemple, Yasmina Khadra, Algérien traduit dans trente-cinq pays, est l’un des auteurs francophones les plus lus au monde. Des centaines d’écrivains ont un potentiel international, il faut sortir de Paris. »

Et de fustiger l’absence d’espace de vente de droits au Salon du livre de Paris, là où les foires de Londres et Francfort ont depuis longtemps un lieu réservé aux agents :

« La France est un pays archaïque, , l’auteur français a été un peu infantilisé, il faut qu’il se responsabilise. »

Marie-Sophie du Montant, petite commission et savoir-faire


Marie-Sophie du Montant (DR).

Ex-antiquaire, ex-attachée de presse, Marie-Sophie du Montant incarne à Paris les intérêts de Global Literary Management, société new-yorkaise fondée par Didier Imbot, l’ancien patron du Masque. Voici comment elle résume l’essence de son métier :

« Il faut trois qualités pour faire un bon agent : savoir lire beaucoup et vite (une vingtaine de manuscrits par semaine). Etre diplomate. Ne pas avoir peur de ses choix, de ses goûts. »

Accusée , comme ses congénères, par les éditeurs de faire monter les prix des à-valoir, l’agente répond petite commission et savoir-faire :

« Non, je ne suis pas là pour pratiquer le hold-up des éditeurs, je m’arrange pour que tout le monde soit content, c’est un équilibre. Certains éditeurs adorent négocier, d’autres non. Je m’occupe aussi de premiers romans, de gens auxquels je crois. Si je n’ai que cinq mille euros d’à-valoir, hé bien ! je suis contente. »

La jeune femme est convaincue que « dans une dizaine d’années, tout le monde aura un agent ». Vision optimiste ou prophétie auto-réalisatrice ? Elle est en tous cas étayée par le cas Jonathan Littell.

Le pavé dans la marre lancé par Jonathan Littell en 2006

Retour en 2006. Le loup Jonathan Littell a jeté son dévolu sur la bergerie Gallimard par le biais du chaperon Andrew Nurnberg, agent londonien qui représente aussi les intérêts de Robert Littell, son père.

Lorsque Littell fils cherche à placer son manuscrit en France, il le confie à Nurnberg qui boucle l’affaire en vingt-quatre heures. Il met en concurrence quatre des plus grosses maisons parisiennes. Gallimard remporte le morceau, mais accepte aussi de n’acquérir que les droits français des Bienveillantes. Une première qui inquiète les éditeurs français, dont les marges reposent souvent sur les reventes à l’étranger. Dans l’un des rares entretiens accordés par l’écrivain au Monde, Jonathan Littell glace le sang des « french publishers » en répondant à une question sur son agent :

« Mon père est écrivain professionnel depuis trente-cinq ans. Dans le monde littéraire anglo-saxon, si on veut publier un livre, on cherche d’abord un agent. La question ne s’est donc, pour moi, jamais posée. Cette tradition française d’envoyer d’abord son manuscrit à une maison d’édition m’est étrangère. Je comprends que cela perturbe certains en France, où un équilibre assez délicat fait qu’il s’y publie des livres qui ne le seraient pas ailleurs. Ce système a un coût. En France, pratiquement aucun auteur ne peut gagner sa vie ; toute la chaîne du livre vit du livre, sauf l’écrivain. »

L’explication est en partie culturelle. A quelques exceptions près (Pascal Bruckner ou Dan Franck sont réputés fermes en affaires), les Français ont plutôt une relation schizophrénique à l’argent. Assouline résume :

« L’écrivain français est un individualiste forcené ; beaucoup se font avoir, mais l’idée de donner 10% de son à-valoir à quelqu’un le rend malade. C’est très français. »

Considèrent-ils qu’écrivain n’est pas vraiment un métier ? Cela concerne de toute façon une infime minorité d’auteurs : pas plus de cent cinquante vivent réellement de leur plume.

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  • quetzal2012
    quetzal2012
    enseignant précaire
    • Posté à 20h46 le 09/09/2008
    • Expert 26736
      enseignant précaire

    Et ymerej, il est où là dedans ?

  • auchomage
    • Posté à 11h31 le 09/09/2008
    • Internaute 26232

    si 150 écrivains vivent de leur plume (et c’est beaucoup) c’est que tous les autres ne sont que des écrivaillons. la littérature française est connue dans le monde entier. un bon auteur n’a pas besoin d’agent, seul un mauvais écivain a besoin de convaincre. depuis la 2ème moitié du 20ème siècle, la littérature tend à devenir un business, idée contradictoire avec celle qui pousse un véritable auteur à écrire. il écrit par amour de sa langue maternelle qu’il connait parfaitement et dont il se sert pour divertir ou renseigner, parfois les 2. nous en sommes loin aujourd’hui.

    • Saheyus
      Saheyus répond à auchomage
      Nightfall, quietly it crept and (...)
      • Posté à 11h52 le 09/09/2008
      • Internaute 28231
        Nightfall, quietly it crept and (...)

      Rien n’interdit d’avoir plusieurs passions, jusqu’à nouvel ordre. Si l’on pratique deux métiers qui nous passionnent, est-on nécessairement « de seconde zone » dans les deux ? Ce ne doit pas concerner grand monde, naturellement, mais c’est une idée à ne pas écarter.
      En outre, si l’on faisait quelques efforts pour assurer la subsistance des « vrais » écrivains (combien de bons artistes n’ont pas eu à subir la misère, parfois toute une vie durant ?), peut-être serait-on moins « pragmatique ».

      Mais sous ce régime, le temps n’est décidément pas à la culture.

      • meg
        meg répond à Saheyus
        • Posté à 17h09 le 09/09/2008
        • Internaute 12017

        Ma voisine quant je lui demande si elle aime lire, me répond qu’elle aime beaucoup les Arlequins et que sa bibliothèque en est pleine. C’est pas mon genre de lectures, mais c’est tout à fait son droit d’aimer lire des Arlequins (tant qu’elle n’essaye pas de m’en fourguer à chaque fois que je la croise).

        A qui confirez-vous le soin de choisir ces artistes « vrais » parmi les « faux » et quels seront vos critères pour décider de la subsistance de ces auteurs élus ?

         
        • Saheyus
          Saheyus répond à meg
          Nightfall, quietly it crept and (...)
          • Posté à 18h35 le 09/09/2008
          • Internaute 28231
            Nightfall, quietly it crept and (...)

          Quand je parle d’assurer la subsistance des « vrais écrivains », j’utilise le vocabulaire de auchomage, d’où les guillemets.
          Pour clarifier ma pensée, je dirais qu’il faut subvenir aux besoins des écrivains dont l’écriture est le seul moyen de subsistance, et que leurs oeuvres ne suffit pas toujours à faire vivre correctement. Honnêtement, si j’apprenais qu’un système d’aide était mis en place pour éviter que les écrivains malchanceux crèvent de faim, peut-être que je deviendrais écrivain à plein temps. Seulement, quand on se découvre une passion pour l’écriture, la première idée qui vient à l’esprit est : « Si j’échoue à publier mes premières oeuvres, de quoi pourrais-je vivre ? Même pas du chômage, auquel je n’aurais pas le droit. »

          Par chance, l’écriture n’est pas ma seule passion, et j’espère trouver une place un peu moins précaire au sein de l’industrie du jeu vidéo. Mais sans ça, j’aurais eu le choix entre me faire chier, et avoir une chance sur deux (sinon plus) de vivre dans la misère.
          S’il faut des critères, je pense que ceux-ci suffiraient : ne pas cumuler l’écriture et un autre emploi, produire un minimum d’oeuvres, ne pas disposer d’un patrimoine ou de revenus trop élevés.

        1 autres commentaires
    • Axior
      Axior répond à auchomage
      Citoyen
      • Posté à 12h36 le 09/09/2008
      • Internaute 26085
        Citoyen

      Avant de traiter les écrivains qui galèrent d’écrivaillons, lisez leurs œuvres et on en reparlera. Je vous souhaite bon courage : il y en a quelques milliers.
      Quant à ceux qui ont la chance de pouvoir vivre de leurs écrits, il y a de réels talents, c’est indéniable, mais combien, parmi ces 150 (chiffre hautement dérisoire rapporté à une population à vocation littéraire de 60 millions d’individus)laisseront derrière eux une marque indélébile comme leurs illustres prédécesseurs Zola, Hugo, Daudet, Vian, Pagnol, ..., ?
      Je crois comprendre d’après votre pseudo que vous êtes au chômage : est-ce parce que vous êtes plus nul que quelqu’un qui a la chance d’avoir un emploi ? Personnellement je ne le pense pas. Me tromperais-je ?

    • Albufera
      Albufera répond à auchomage
      Observateur.
      • Posté à 12h45 le 09/09/2008
      • Internaute 29241
        Observateur.

      Que les idées reçues ont la vie dure ! Et que manque de curiosité derrières des propos aussi fantaisistes et péremptoires. L’ édition et la littérature ont toujours été des entreprises hautement capitalistes, l’ argent passant souvent avant le contenu : intéressez-vous à l’ histoire d’ Hachette, de Denoël et même de Gallimard. Songez à l’ industrie de la contrefaçon du livre en Belgique. D’ une façon générale, reportez vous à l’ histoire de l’ édition française qui vous montrera que la littérature a toujours été une affaire commerciale : observez Beaumarchais, Voltaire, Balzac, Hugo qui ont tous été des entrepreneurs audacieux et redoutables. Il n’ y a guère qu’ aujourd’ hui que beaucoup d’ auteurs écrivent pour la gloire tout simplement parce que le coût de fabrication du livre est tombé très bas et que les publier ne revient à pas grand-chose.

    • Francis Mizio
      Francis Mizio répond à auchomage
      Ecrivain
      • Posté à 14h42 le 09/09/2008
      • Internaute 29599
        Ecrivain

      (réponse à « auchomage » qui dénie aux autres les moyens de gagner leur vie) Y’en a marre de cette tarte à la crème : « faut pas qu’un écrivain vive de sa plume ».Pourquoi en France l’écrivain ne serait-il pas pro alors que dans les pays anglo-saxons ça ne pose pas de problème et on le considère comme un artisan, ou un artiste, un métier normal ? Pourquoi cela ne choque pas qu’un musicien vive de son art, un peintre, un graphiste, un sculpteur, un scénariste... je ne sais quel artiste ? C’est quoi ces conneries de vision bourgeoise de l’écriture ? Pourquoi l’art enfanté dans la misère ? C’est une vision aristocratique que de ne voir l’écriture possible que dans la douleur. Faudrait p’têt s’enlever cela de la tronche. Le monde a évolué. Et les grands classiques -non fortunés- qui vivaient de l’écriture, des nullards ? Je ne sais même pas pourquoi je m’énerve encore à chaque fois que je lis ou j’entends des propos de ce type qui vont bien dans l’esprit réac et rance dans lequel ce pays n’en finit pas de macérer. Litell a raison.Allez circulez.

      • Gina Grimont
        • Posté à 20h13 le 09/09/2008
        • Internaute 25324

        @Fancis Mizio
        Entiérement d’accord avec toi et ça vaut pour tous les domaines de l’art et de la musique entre autres ! C’est une honte en France de vouloir gagner de l’argent en tant qu’artiste, d’en faire un métier ! Si tu gagnes ta vie avec tes bouquins, on sous-entend que t’écris de la merde, si tu fais de la tune avec tes chansons, on te soupçonne de t’être vendu au showbiz ect... Mais cela fait longtemps dans ce pays qu’existe cette culpabilité judéo-chrétienne de l’artiste qui n’a pas le droit de gagner sa vie en tant qu’artiste. Je crois aussi que cela vient des artistes eux mêmes, quand, je ne sais pas car Moliére , comme Mozart travaillaient à la commande pour bouffer. En effet, les artistes, d’emblée se sont placés au dessus de la masse, de la mélée, ils étaient l’élite. Artiste n’était plus un métier mais quasi un don divin qui les avaient atteint, eux, les élus. Avec tous les phénoménes de fanatisme qui vont avec. Les artistes malins se firent plein de
        fric, les autres, masos, se flagellérent à coup de pauvreté pourvu qu’ils continuent à être regardés comme des êtres à part...
        Alors qu’on se le dise, écrivain-ne, musicien-ne, chanteur-euse, peintre, graphiste sont des MÉTIERS, rien de plus. Nous offrons des prestations appellées aussi créations, qui sont le fruit de notre travail, donc doivent obligatoirement être rémunérées ! Merci !

    • le soudanais
      le soudanais répond à auchomage
      ici et là
      • Posté à 14h42 le 09/09/2008
      • Internaute 16438
        ici et là

      « un bon auteur n’a pas besoin d’agent »

      Ridicule, c’est généralement quand un auteur aura dépassé les contingences de la vie quotidienne qu’il pourra pleinement se consacrer à son art. Si certains tirent leur inspiration de leur vie parallèle et de la difficulté de la vie, je pense qu’il est bien plus facile d’écrire quand on a l’occasion de s’y consacrer à plein temps.

      Ensuite je pense contrairement à vous, que ceux qui vivent de leur plume, tout au moins en France, ne sont pas forcement les meilleurs, Marc Levy en tête. Les voila les écrivaillons. Là on assiste à des gens qui produisent un livre comme un vulgaire produit et qui l’ont même très probablement écrit en pensant à l’adaptation télévisée qui va suivre !

      Les vrais écrivains, qui parlent avec leur tripes ont bcp plus de mal à se positionner sur un marché qui a tendance à mettre en avant la médiocrité des écrivains de salon qui relatent leurs soirées parisiennes cocainées pour le plus grand bonheur de leurs éditeurs...

      • meg
        meg répond à le soudanais
        • Posté à 17h52 le 09/09/2008
        • Internaute 12017

        Remarquez que sa majesté Foutriquet 1er en personne figure parmi ces écrivains qui vendent si bien leurs livres qu’ils ont besoin d’un agent pour négocier leurs mirobolants contrats auprès de leurs éditeurs épris de belles lettres. Voici un auteur qui gagne bien sa vie et doit être pris pour exemple. Auchomage à raison, les autres, ceux qui sont incapable d’avoir une plume rentable, ceux qui ne veulent pas travailler plus, ces écrivaillons parasites doivent accepter la vie de misère qu’ils méritent. Auchomage à raison de ne se fier qu’au critère financier pour séparer le bon grain de l’ivraie, c’est un critère très fiable. La qualité toujours grandissante des produits culturels de masse en est la meilleur illustration.

  • Saheyus
    Saheyus
    Nightfall, quietly it crept and (...)
    • Posté à 11h45 le 09/09/2008
    • Internaute 28231
      Nightfall, quietly it crept and (...)

    J’ai toujours considéré que les démarches auprès d’un éditeur faisaient partie du « boulot » d’écrivain. Qui, mieux qu’un auteur, peut défendre la valeur de ses propres ouvrages ?
    C’est un peu comme si quelqu’un ayant rédigé une loi, et poursuivant quelqu’un l’ayant enfreint, prenait un avocat. Ca me semble assez absurde.

    • le soudanais
      le soudanais répond à Saheyus
      ici et là
      • Posté à 14h35 le 09/09/2008
      • Internaute 16438
        ici et là

      Je ne pense pas que l’auteur soit le mieux placé pour démarcher les éditeurs et négocier des contrats. Un écrivain écrit, c’est là que réside son savoir faire. En revanche tout ce qui a trait à la vente (oui, il doit se vendre), là c’est une autre paire de manches, et sans même parler du fait qu’un très bon écrivain peut très bien se révéler être un piètre orateur ou ne maitriser que très peu les subtilités d’une négociation, il peut aussi à l’inverse, considérer tout ceci comme une perte de temps, son travail étant une ouvre d’art et ainsi regarder de haut tout ce qui à trait à la mise sur le marché de sa production. Il n’ y a pas pire qu’un artiste pour gérer sa promotion, un artiste aura énormément de mal à faire abstraction de sa création, il aura souvent tendance à considérer son œuvre comme parfaite et non négociable.

      Pourtant un auteur qui souhaite vivre de sa plume doit mettre toutes les chances de son côté. Les maisons d’édition sont gérées comme des entreprises qui cherchent à vendre un produit pour leur profit. Il faut malheureusement rentrer dans cette logique pour se placer, sinon on va finir avec des tonnes de Marc Levy, Amélie Nothomb, Mazarine Pingeot et autres Guillaume Muso et Anna Gavalda dans les présentoirs, parce qu’eux ils savent se vendre et souvent considèrent le livre comme un vulgaire produit.

      Au final, il n’y a pas plus mal placé qu’un auteur pour faire toutes ces démarches. Mieux vaut lui laisser son temps et son énergie pour les consacrer à la création plutôt qu’à la négociation d’un demi point de pourcentage sur les ventes de produits dérivés en Amérique Latine dès que la barre des 8,563 exemplaires est dépassée.

      Très franchement je suis bien plus impressionné par la production contemporaine de la littérature anglo-saxonne que la francophone, cette dernière n’ayant pas réellement réussi à sortir de ce microcosme parisano-parisien. Même un Yasmina Khadra est aujourd’hui salarié du gouvernement algérien à Paris.

      A quand des Salman Rushdie (bien établi aujourd’hui, mais qui vient de Bombay), des Kazuo Ishiguro (Japonais écrivant en anglais et habitant Londres), des Hari Kunzru ou des Mohsin Hamid ? Même Vikram Chandra est plus intéressant à lire que 90% des auteurs qui courent les plateaux télés et trustent les top 50 des ventes en France...

      Et puis, il faudrait plus souvent inclure les ventes de BD dans les tableaux de ventes de livres, leurs chiffres de vente étant bien plus souvent largement supérieurs ;)

      • Saheyus
        Saheyus répond à le soudanais
        Nightfall, quietly it crept and (...)
        • Posté à 18h51 le 09/09/2008
        • Internaute 28231
          Nightfall, quietly it crept and (...)

        « un très bon écrivain peut très bien se révéler être un piètre orateur ou ne maitriser que très peu les subtilités d’une négociation »

        J’imagine que c’est possible, mais avec beaucoup de mal. La passion de l’écriture va très souvent de paire avec celle de la poésie, du théâtre, des scénarii. Rien de mieux pour s’entraîner à parler, à parler bien. Et toute écriture, comme toute parole, se doit d’être convaincante, et le livre est déjà quelque part une discussion avec son lecteur. Enfin, quel écrivain ne relit jamais ses oeuvres à voix haute ?
        En partant de là, je pense que la majorité des écrivains doivent être de bons orateurs.

        « il aura souvent tendance à considérer son œuvre comme parfaite et non négociable. »

        Quelle horreur ! Mais être artiste, c’est remettre sans cesse son travail en cause ! C’est apprécier la critique, la pratiquer soi-même avec ardeur, c’est corriger, sans cesse, sans relâche (à moins d’une démarche bien particulière, comme celle des impressionnistes). Pour moi, un artiste qui considère son oeuvre comme parfaite n’a plus de raison d’être artiste. Si on est parfait, autant laisser tomber tout de suite, ça n’a plus d’intérêt. C’est dans l’amélioration constante, dans les obstacles, justement, que l’on peut puiser de la force et un regain d’intérêt.
        Enfin, ça, c’est mon avis. Peut-être que d’autres pensent différemment. La majorité, peut-être ? Mais c’est triste, très triste pour le métier d’artiste, dans ce cas.

        Bon, je suis d’accord, un artiste n’a pas forcément l’esprit d’un commerçant. Mais ça s’apprend, comme tout, et si l’on n’est pas parfaitement mercantile, on se rattrapera par la connaissance de ses propres réalisations.
        Mais quoiqu’il en soit, un inconnu quelconque peut-il vraiment se payer les services d’un agent littéraire ?

         
        • le soudanais
          le soudanais répond à Saheyus
          ici et là
          • Posté à 20h14 le 09/09/2008
          • Internaute 16438
            ici et là

          SI j’ai bien compris un agent se rémunère à la commission, donc s’il pense pouvoir caser un auteur, il sera payé a hauteur du contrat négocié.

          Je reste néanmoins persuadé que les qualités requises pour négocier au mieux un contrat ne sont pas celles qui donnent un bon écrivain. Ces 2 mondes sont totalement différents, alors que certains y excellent désormais, probablement, mais c’est un métier à part commercial et ce n’est vraiment pas donné à tout le monde de maitriser tous les paramètres qui entrent en compte dans une négociation, surtout que la personne en face risque également d’être un commercial ou un avocat !

          Franchement si j’étais publiable, je préférerais de loin avoir un mec qui se tape tous les meetings, toutes les négos et les coups de bluff, qui va devoir relire le contrat points par points en toute connaissance de cause et tout ça à ma place pour 10% !

          Et à moi le plaisir de l’écriture, de la promo de mon dernier roman et le dîner tout de même pour fêter la signature du contrat :))

          On peut bien sur s’en passer, mais l’investissement en temps est souvent considérable.

          C’est la même chose quand on monte sa boite, il faut savoir bien s’entourer : un créatif, un comptable, un communicant, un financier, etc...

          • Saheyus
            Saheyus répond à le soudanais
            Nightfall, quietly it crept and (...)
            • Posté à 11h27 le 11/09/2008
            • Internaute 28231
              Nightfall, quietly it crept and (...)

            « SI j’ai bien compris un agent se rémunère à la commission, donc s’il pense pouvoir caser un auteur, il sera payé a hauteur du contrat négocié. »

            Donc, au lieu de devoir convaincre un éditeur, on doit convaincre un agent. Tâche d’autant plus difficile qu’il y a très peu d’agents en France. J’ai peur qu’on ne gagne pas beaucoup au change.

            Je comprends votre point de vu, mais je crois que déléguer les tâches chiantes à quelqu’un d’autre, même si elle ne touchent pas au métier d’artiste, c’est perdre quelque chose de son oeuvre (puisque même si c’est très commercial, la publication reste un problème intimement lié à l’oeuvre, et à ceux qui la liront). Et puis, si 10% ça peut sembler raisonnable, 15% ce l’est moins, et 20% un peu honteux. Mais c’est un détail.
            Enfin, si ça arrange certains auteurs d’utiliser un agent littéraire, soit, je ne vais pas le leur reprocher. Mais de là à dire, comme certains, que la littérature Française patauge parce qu’on a pas assez d’agents ! ça me semble un peu exagéré.

        2 autres commentaires
  • Prolo du livre
    • Posté à 12h07 le 09/09/2008
    • Internaute 12784

    Je sors de mon silence.

    J’attaque par quoi ?

    Allez, ça : « Si je n’ai que cinq mille euros d’à-valoir, hé bien ! je suis contente. »... Sidérant de démagogie. Depuis quand un premier roman fait cinq mille euros d’à valoir ? Elle connait l’économie du Livre ? Ou elle confond avec le premier roman de Loana...

    Ces agents (vite comparé aux Editor u.s., qui ont un rôle différent du Publisher, et qui correspondrait mieux...) sont des types qui débarquent dans une profession bien établie, avec des règles, des us et coutumes, et qui pensent pouvoir détourner des flux de frics par leur unique présence.

    Le métier d’éditeur est pour grosse partie celui d’une prise de risque (financier). Ces types, en gros, joue à l’éditeur mais sans avoir les couilles de prendre aucun risque.

    Leur seul argument étant que le monde du Livre français aurait peur, ou une relation schyzo avec, du fric ? Ils nous prennent pour des buses ? La mère Duras les a pas attendus pour négocier ses droits à 15 % du p.v.p. !

    Et parlons de leurs auteurs... De grands, d’illustres, d’éternels, auteurs ! ! ! Du genre à avoir une belle palette à l’entrée de carrefour. Du genre à faire pâlir Proust et trembler Pivot par leur écriture profonde...
    Lequel de ces parasites (petit truc qui vient s’installer dans un système pour le détourner à son profit, sans en branler une) défend des auteurs importants (pas par les ventes, par l’intérêt culturel) ?

    La gestion des contrats ? Merci, ça va, on s’en sort... Si les ventes de droits à l’étranger ne sont pas énormes, on sait quand même s’en occuper, même chez les tout petits éditeurs (les Agences Régionales du Livre sont de très bons conseils pour ça, entre autres).

    Alors parce que les anglo saxons ont des agents on doit suivre ? J’ai pas envie d’aller faire la guerre en Irak. Ils n’ont pas les même réseaux de distribution, le même cadre juridique (différence droits moraux et patrimoniaux inexistante), bref deux systèmes distincts qui ne peuvent pas être mélangés sous peine de sacré chute de l’un des deux.

    En tant qu’éditeur, un auteur qui m’annoncerait qu’il prend un agent, prendrait aussi ses bouquins sous le bras avec. J’édite un auteur, je traite donc avec lui, pas avec un intermédiaire qui n’offre aucune plus value.

    • adaunis
      adaunis répond à Prolo du livre
      • Posté à 13h29 le 09/09/2008
      • Internaute 4255

      Vous faites bien de sortir de votre silence !
      Parce que je vous dis merci !
      Merci, pour relativiser les propos de cette « agent », et merci pour remettre les chose en place.

      « De grands, d’illustres, d’éternels, auteurs ! ! ! Du genre à avoir une belle palette à l’entrée de carrefour. Du genre à faire pâlir Proust et trembler Pivot par leur écriture profonde… »
      « Lequel de ces parasites (petit truc qui vient s’installer dans un système pour le détourner à son profit, sans en branler une) défend des auteurs importants (pas par les ventes, par l’intérêt culturel) ? »
      Il faudrait graver ça dans le marbre.
      Jolie trouvaille.
      Et votre final est pas mal non plus.
      « J’édite un auteur, je traite donc avec lui, pas avec un intermédiaire qui n’offre aucune plus value. »
      Toujours et définitivement le problème entre la France du Fric, et celle du « savoir » !
      Là, je suis pessimiste Monsieur.
      Mais je crois que je suis à en lire un autre commentaire multischizophrènes.
      Quelle nouvelle pour moi !

    • Francis Mizio
      Francis Mizio répond à Prolo du livre
      Ecrivain
      • Posté à 14h26 le 09/09/2008
      • Internaute 29599
        Ecrivain

      Il n’y a pas si longtemps, 5 000 euros c’était la base des à-valoirs. Il y a eu une dégringolade ces dernières années, mais pas partout toutefois. On peut avoir encore cette somme sans trop de difficultés.

      • C. Creseveur
        C. Creseveur répond à Francis Mizio
        D'actualité, de dessin surtout
        • Posté à 09h43 le 10/09/2008
        • Internaute 7715
          D'actualité, de dessin surtout

        Maintenant certains proposent 3000€ pour 180pp !
        Pour celui qui a la chance d’écrire très vite (très très, même) ça peut encore être rentable. Mais au bout de 3 ou 4 mois d’écriture ça revient à sous smicardisation.
        Litell a absolument raison quand il dit qu’en France toute la chaîne du livre vit bien, à l’exception des écrivains.

    • Un compte supprime
      • Posté à 14h58 le 09/09/2008
      • Internaute 21837
        nc

      Merci, votre silence me pesait.

      Pour epiloguer : « La Ferrari de Susanna Lea est conduite par Marc Lévy. » : ca veut tout dire. La litterature-business (sic ou hic ?) ne m’interresse pas davantage que les Ferrari, Susana Lea ou les..., comment dire, les livres, soit, de Marc Levy.

      Il y a de bons auteurs, de bons editeurs, de bons libraires et de bons lecteurs. Continuons a planter les choux a la mode de chez nous, quoique qu’on en pense a Oxford. Laissons le business aux autres et continuons a faire ce que nous savons faire.

    • PIT LE CHIEN
      PIT LE CHIEN répond à Prolo du livre
      Wouaooouh!
      • Posté à 16h22 le 09/09/2008
      • Internaute 25924
        Wouaooouh!

      Que de bêtises et d’ignorance - dans ce commentaire - et dans l’article...
      Si Madame du Montant majore « quelque peu » les montants de ses commissions , je suppose qu’il y va de son standing...Hélas, la période heureuse des années 80 aux généreux à-valoir est révolue.
      Pour ce qui est des auteurs, j’entends ceux qui vivent de leurs ouvrages, il est très important d’avoir en interface quelqu’un pour : Lire, les soutenir, c’est-à-dire effectuer le travail de directeur littéraire qui n’existe pratiquement plus nulle part chez les éditeurs parisiens (à part le titre), prospecter ( ! !) des mois durant, négocier, jouer le rôle du « méchant », établir juridiquement le contrat, en suivre les modalités durant des années (Ah ! la reddition des comptes..Ah ! les organismes de répartition...).Prospecter pour vendre leurs droits à l’étranger, au cinéma et dans l’audiovisuel car en dépit des services ad hoc chez les éditeurs, ils ne s’occupent pas avec la même équité de tous les auteurs.
      Et puis, être à l’écoute des auteurs, psy-père-mère-ami(e)-confident(e)-juriste, etc...sans horaires, ni vacances , ni week-end, on n’est pas des fonctionnaires !

      En France, nul statut d’Agent littéraire. Tout marchand de cravates ou agent d’acteurs arbore « agent littéraire » sur sa carte...D’où l’existence de certains margoulins cités dans l’article.

      Bref, en France, agent littéraire est un non-métier, un métier de dénicheur, de chasseur, un métier de chien ...mais parfois, une pépite et on est heureux.

      • Un compte supprime
        • Posté à 02h51 le 10/09/2008
        • Internaute 21837
          nc

        « Que de bêtises et d’ignorance » ? Si vous le dites...

        Agent litteraire= impressario, = coach, = manager, = MBA, = carnet d’adresse

        Ben oui, il faut bien que ca rapporte. Allez, je prends la plume et ma calculette, on vise quoi, 100’000 exemplaire a 10% de droit d’auteurs, a peu pres 1 euro par exemplaire vendu, Oui, ca devrait payer mon train de vie, allez on s’y met ; au fait, c’est quoi qui a marche dernierement, c’est qui qui a cartonne ? Non, parce ce que il faut qe je me decide quant au sujet de mon prochain bouquin pour que ca me rapporte le somme calculee plus haut...

  • zooo
    • Posté à 12h20 le 09/09/2008
    • Internaute 13646

    Que des avis de connaisseurs ! Bravo pour le niveau !
    Il me semble que l’agent prend aussi un risque financier, car un mauvais agent fait de mauvais contrats, ne gagne pas d’argent en n’en fait ni gagner à son auteur ni à son éditeur !
    Un éditeur et un agent collaborent afin d’optimiser les chances d’un auteur en lequel il croient d’être lu.
    Peut-être pensez-vous qu’un auteur n’a pas besoin des à-valoirs ? Que c’est un système exprès pour ruiner les éditeurs ? S, les auteurs en ont besoin pour vivre, car ceux qui ’produisent’ moins que les autres, ont aussi le droit de d’avoir des revenus pendant qu’ils travaillent à leurs nouveaux textes.
    Je suis vraiment attérée !

  • asozial
    asozial
    Bobo reprazent - aus Berlin.
    • Posté à 12h23 le 09/09/2008
    • Internaute 2273
      Bobo reprazent - aus Berlin.

    tous les artistes sont multischizophrènes, ils ont a concilier des activités qui demanderaient chacunes d’être investies à 100% - la création en elle-même, la vente, la comunication, etc... et souvent en plus ils doivent exercer une activité plus lucrative pour boucler les fins de mois...

    en revanche il y a effectivement toute une industrie culturelle ou de divertissement qui vit sur leur dos, avec juste quelques individus qui s’en sortent et qui cachent la situation des autres... alors des agents, pourquoi pas, si ça permet à tout le monde de s’en sortir un peu mieux.

    en allemagne un éditeur ne lit pas un manuscrit qui n’est pas apporté par un agent.

  • Pouffpouff
    Pouffpouff
    En activité
    • Posté à 15h38 le 09/09/2008
    • Internaute 27937
      En activité

    Je ne dois pas être normal ; j’achète et lis 5 à 6 livres par mois et ne les trouve quasiment jamais dans les listes de bestsellers des magazines. Actuellement j’en suis au 10ème volume de l’histoire de France de Jules Michelet. A-t-il lui ou son éditeur un agent ?

  • ysengrimus
    • Posté à 15h39 le 09/09/2008
    • Internaute 12674

    J’ai deux romans et un regueil de nouvelles publiés et toujours pas d’agent.

    Lien

    Lien

    C’est la faute à pas d’agent ou c’est la faute à pas de chance ? Difficile de trancher...
    Paul Laurendeau

  • Lize
    Lize
    Curieuse-chercheuse
    • Posté à 16h51 le 09/09/2008
    • Internaute 51710
      Curieuse-chercheuse

    Je fais partie des auteurs qui vivent (correctement) de leur plume. Mais je ne suis peut-être pas écrivain aux yeux de certains puisque je n’écris pas de fiction mais des biographies et documents.

    je n’ai pas d’agent car, effectivement, en France c’est assez mal vu et je m’empresse de dire que j’ai d’excellent rapports avec mes deux éditeurs parisiens.
    Cependant je suis favorable aux agents et je pense que bientôt ils vont, en France aussi, se multiplier. La raison est toute simple : il est toujours très difficile de parler argent, de défendre son travail... bref de parler de soi pour en tirer du bénéfice. Il est beaucoup plus facile de négocier pour les autres. Personnellement, je suis bien meilleure lorsque j’évoque le travail d’un autre. De plus, il y a des gens qui sont fait pour ça. Qui aiment les bouquins, les relations publiques, les discussions financières, etc... Des gens aussi avec qui, nous auteurs, nous pourrions échanger. Les maisons d’édition sont aujourd’hui débordées à publier plus que de raison et n’ont plus beaucoup de temps pour s’occuper de leurs auteurs en dehors des jours de signature de contrat puis de la remise du manuscrit et de la sortie du livre. Cela fait en gros, trois ou quatre semaines de communication pour, côté auteur, un ou deux ans de travail.
    L’agent a donc, à mon sens, toute sa place. A condition de ne pas tomber entre les mains de grosses agences qui ne s’occuperaient que de quelques têtes d’affiche au détriment des autres.

    • PIT LE CHIEN
      PIT LE CHIEN répond à Lize
      Wouaooouh!
      • Posté à 13h05 le 11/09/2008
      • Internaute 25924
        Wouaooouh!

      « trois ou quatre semaines de communication » de la part de l’éditeur ? Chère Lize, vous estimez large ...La plupart du temps et on se demande pourquoi le contrat a été signé...il n’y a aucune place intelligente pour la promotion du livre . Pas un quart de page de pub. Pas de rédactionnel. Aucune réelle action chez les libraires. Rien. Et quelques mois plus tard, le pilon !

      Pour le reste, vous avez tout à fait raison. De par votre expérience, vous savez qu’un auteur est souvent bien seul face au juridique, au commercial, au relationnel.
      Quant aux grosses agences dont vous parlez , elles n’existent que par leur activité d’agent artistique ( comédiens), ce qui n’a rien de littéraire. Elles font miroiter aux éditeurs de possibles et mirobolantes ventes de droits cinéma. Mais chaque roman ne peut faire un film. Voir Houellebecq...

      Bonne chance à vous. Pour ma part, ce non-métier d’agent que j’exerce depuis plus de vingt ans ne me nourrit pas financièrement (sauf vente télé ou ciné) mais il m’a quelque fois enrichi intellectuellement et humainement grâce à certains auteur(e)s.

  • Lize
    Lize
    Curieuse-chercheuse
    • Posté à 16h56 le 09/09/2008
    • Internaute 51710
      Curieuse-chercheuse

    Question technique à Rue 89 : ne pourrait-on pas avoir un cadre plus large pour écrire ? Quelque chose de plus lisible ? De la grosseur des textes qui apparaissent à la lecture ? Cela éviterait les fautes, on peut à peine se relire. Merci.

    • David Servenay
      David Servenay répond à Lize
      Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
      • Posté à 17h04 le 09/09/2008
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      Bonjour Lize

      Si vous cliquez sur l’icône Aa+ en haut des articles, la taille de la police suivra...

      • Lize
        Lize répond à David Servenay
        Curieuse-chercheuse
        • Posté à 17h09 le 09/09/2008
        • Internaute 51710
          Curieuse-chercheuse

        Merci beaucoup de m’avoir répondu. Mais cela ne change rien : je ne souhaite pas augmenter la taille de la police pour la lecture, cela va très bien ! C’est pour l’écriture de nos commentaires qui, au moment de la frappe, sont tout serrés. Mais ce n’est pas très grave.

  • Sassy
    Sassy
    Internaute
    • Posté à 18h36 le 09/09/2008
    • Internaute 50660
      Internaute

    Bonjour,
    Inévitablement l’agent littéraire deviendra en France un intermédiaire entre l’auteur et son éditeur.
    Qui a le plus intérêt à ce qu’il n’y ait pas d’agents littéraires. L’auteur ou l’éditeur ?
    L’intermédiaire est-il forcément un rapace ?
    Les éditeurs sont ils tous corrects ?
    Rejette t-on les agents littéraires parce qu’ils nous viennent des US et que tout si qui vient de ce pays est considéré comme satanique ?
    Les auteurs sont ils tous au courant du comment et du pourquoi du contrat qu’ils vont signer ?
    L’article le dit bien. Ce qui est important c’est la confiance qu’il peut y avoir entre l’auteur et son agent.
    Écrire est un acte solitaire où l’auteur s’enferme dans un univers et pendant un laps de temps. A la fin de ce parcours, comme dans tous domaines, il se retrouve épuiser. Parfois en cours de parcours, il recherche des forces nouvelles et voilà ce que peut apporter un agent. Tout dépend de la relation
    qui existe entre les deux. A ce propos il existe également des coachs d’écrivain.
    Mais n’est ce pas comme toute relation de travail ou d’affaires ?
    Et si l’auteur est content avec son éditeur tant mieux.

    Juste pour finir, je voudrais rebondir sur ce qu’à dit auchomage :

    ...il écrit par amour de sa langue maternelle qu’il connait parfaitement et dont il se sert pour divertir ou renseigner »
    Heureusement que certains auteurs n’ont pas le français comme langue maternelle et écrivent des livres magnifiques en français pour nous divertir.

  • brigadoon
    brigadoon
    ouf ! ! !
    • Posté à 18h44 le 09/09/2008
    • Internaute 40481
      ouf ! ! !

    Ma machine à laver est en panne et j’ai une innodation chez moi, il faut que j’écope... Je dois aller faire quelques courses et acheter des clopes sinon je n’ai rien à me mettre sous la dent ce soir et je vais tourner en rond devant ma page blanche sans cigarettes... Je dois contacter encore quelques éditeurs pour mes prochaines publications, je vais me faire envoyer comme toujours sur les roses : je n’écris pas comme Marc Levy, ni Amélie Nothomb mais y en a qui aime... Et je n’aime pas trop les auteurs qui se vendent bien en ce moment (tant mieux pour eux..) c’est pas mon style de lecture...
    Suzanna Lea vient de me renvoyer mon manuscrit et ces putains de crédits qu’il me faut rembourser, début de mois et déjà plus un rond, Merde ! ! !
    Que de temps perdu au lieu d’écrire et Ah oui j’oubliais, il faut que j’emmène vacciner le chat sinon ma fille va me jeter !
    Si vous connaissez un bon agent qui puisse s’occuper de mes affaires et me décharger de certains tracas je veux bien lui donner 10% de mes gains. Mais surtout il doit savoir lire autre chose que les trucs à la mode dont on nous rabat les oreilles et comprendre qu’il y a Achement plein de publics différents pour des Auteurs différents ! ! ! Faites moi signe.

    • Ashel
      Ashel répond à brigadoon
      écrivain
      • Posté à 21h48 le 09/09/2008
      • Internaute 43787
        écrivain

      Bonsoir brigadonn, je profite de retrouver un post de vous pour vous indiquer l’adresse du site de magazine en ligne qui serait peut-être prêt à recevoir et publier des textes. Sans agent :) mais je crois aussi sans argent...Donc voici et si ça vous tente : Lien ...

      • brigadoon
        brigadoon répond à Ashel
        ouf ! ! !
        • Posté à 21h55 le 09/09/2008
        • Internaute 40481
          ouf ! ! !

        Salut Ashel, ça fait un bail... Merci pour le tuyau je vais aller voir. Je suis l’actualité (notamment leconflit Russo-Georgien) caché derrière les posts des copains riverains. Trop de travail en ce moment et quand on commence à mettre le doigt dans les discussions de Rue, on y laisse... ce qu’on veut. Content de vous lire Ashel.

         
        • Ashel
          Ashel répond à brigadoon
          écrivain
          • Posté à 22h54 le 09/09/2008
          • Internaute 43787
            écrivain

          Oui, en effet, pour les comentaires...Pour le site, je précise que je ne le connais pas, que l’on m’a dit que ce magazine venait d’être créé et rencontrait déjà son public. J’ignore cependant tout du traitement réservé aux écrits qu’on leur enverrait même s’ils semblaient ouverts à la démarche

          • brigadoon
            brigadoon répond à Ashel
            ouf ! ! !
            • Posté à 23h35 le 09/09/2008
            • Internaute 40481
              ouf ! ! !

            On va les observer un peu... Pasmotri...

            • Ashel
              Ashel répond à brigadoon
              écrivain
              • Posté à 23h40 le 09/09/2008
              • Internaute 43787
                écrivain

              Khororocho !

  • francoise2
    francoise2
    auteur
    • Posté à 19h15 le 09/09/2008
    • Internaute 52659
      auteur

    Juste un mot : faites gaffe, dans ce contexte d’agents littéraires en France qui existent moins qu’aux states et moins qu’il ne faudrait, de ne pas tomber sur un qui est un peu dérangé et vous fait croire des mois à des signatures dans des maisons prestigieuses - difficile de pas y croire quand on l’entend - et de s’apercevoir 3 mois plus tard que c’est tout du bidon et que vos manuscrits n’y ont jamais été traités.
    A cette occas’, 3 maisons prestigieuses m’ont dit refuser de travailler avec agents - sauf avec les 2 grands de Paris j’imagine, Pierre Astier et l’ancien de Libé, et non pas 4 -
    Pour que ça ne se reproduise pas avec d’autres, celui dont je cause s’appelle Les jardins de l’écrit.
    Bon voilà.
    Juste, à Francis Mizio : Stendhal, qu’on connait bien non ? , Stendhal de son vivant s’est autoédité. Toute son oeuvre. Rimbaud n’a rien gagné non plus. Par contre, les arrière petits-enfants... C’est de ceux-là dont vous parlez qui sont grands et vivent de leur plume ? Les arrière petits-enfants ? Ah ben tiens, de nos jours, tant mieux pour eux ! (sourire)

  • suissa
    suissa
    lyonnais
    • Posté à 23h36 le 09/09/2008
    • Internaute 51574
      lyonnais

    slt à tous

    Je viens de créer un blog :
    Lien
    Bonnes lectures

  • pierrejcallard
    pierrejcallard
    http://www.nouvellesociete.org
    • Posté à 16h18 le 10/09/2008
    • Internaute 3366
      http://www.nouvellesociete.org

    le problème est qu’on peut protéger des mots.. mais pas des concepts. Allez teledécharger (gratuitement)ci-dessous le livre « Crisis and Beyond » et comparez avec « The End of Work publié par Jeremy Rifkin, bien des années plus tard... Die Gedanken sint frei, n’est-ce pas ?

    Lien

    Pierre JC Allard

  • maxime vivas
    • Posté à 22h08 le 10/09/2008
    • Internaute 21150

    Pour Auchomage, « si 150 écrivains vivent de leur plume (et c’est beaucoup) c’est que tous les autres ne sont que des écrivaillons. La littérature française est connue dans le monde entier. Un bon auteur n’a pas besoin d’agent, seul un mauvais écrivain a besoin de convaincre ».
    Objection : la littérature française contemporaine est plutôt ignorée du monde entier.
    Auchomage aurait dû ajouter que seul un mauvais peintre comme Van Gogh ne vend un seul tableau de son vivant , que seul un nullard comme Boris Vian vendait à moins de deux mille exemplaires ses écrivailleries et que si Saint-John Perse, l’année même où il fut couronné par le prix Nobel n’avait vendu que quelques centaines de son ouvrage « Chroniques », c’est qu’il ne valait pas mieux que le portugais Saramago dont le tirage en France n’atteignait pas mille exemplaires avant qu’il ne soit couronné lui aussi par le Nobel.
    Ne disons rien du Français Gao Xingjian dont les livres et les peintures filaient au pilon avant que le même jury suédois ne proclame urbi et orbi son talent et ne le sorte de son HLM de Bagnolet.
    On peut multiplier à loisir les exemples. J’en ai plein d’autres. On en trouve dans tous les arts.
    Auchomage dira : « Certes, mais ils ont fini par être reconnus ». Oui, mais souvent tard, parfois trop tard (Van Gogh. C’est aujourd’hui qu’on lit Vian dans les lycées) et leur talent était le même quand ils bouffaient de la vache enragé. Souvent d’ailleurs, c’est l’ensemble de leur œuvre qui est primée.
    Mais surtout, il en est d’autres qui ne seront jamais reconnus malgré leur talent, qui passeront à autre chose (il n’y a pas dix prix Nobel de littérature par an, mais un seul pour le monde entier) et nous n’en saurons rien.
    Le droit de publier est attribué par des équipes restreintes, formatées, les comités de lecture, obsédés par les perspectives de vendre. Je ne suis pas sûr d’ailleurs que cette dernière phrase vaille reproche. Il faut que les éditeurs puissent survivre dans un contexte difficile
    Je suis écrivain depuis 10 ans, j’ai la chance de voir éditeur chaque année un de mes ouvrages. Et j’écris ce que je veux, pas ce qu’il faut.
    Pas d’aigreur, donc.
    Mais de l’expérience.
    Entre un éditeur à qui je remets un manuscrit et qui me dit « Vous vendez bien, je crois. » et qui m’édite sur ma réponse affirmative et une autre qui, effrayée par mon enquête sur RSF (livre aujourd’hui réédité et traduit) me la rend avec des considérations désobligeantes sur l’ensemble du manuscrit alors que j’ai la preuve qu’elle a lu moins de 15 pages (sur 270), je sais que la qualité des ouvrages est un critère qui compte, mais pas en premier.
    Il se trouve que les bons auteurs sont parfois de mauvais vendeurs. Les bons vendeurs ne sont pas toujours les meilleurs auteurs.
    Les premiers ont donc intérêt à prendre un agent littéraire. C’est ce que j’ai fait car je me sais mauvais camelot et j’ai l’orgueil de croire en mon travail.

  • filledeparis
    filledeparis
    littéraire
    • Posté à 16h58 le 11/09/2008
    • Internaute 52848
      littéraire

    Petite précision importante : l’agent de BHL est désormais Hélène Brenkman, Française basée à NY, et ce depuis quelque temps. Samuelson ne corrige jamais cette erreur, évidemment, mais il est étonnant que la rédaction n’ait pas vérifié l’info...

  • oscar clandot
    • Posté à 22h21 le 15/09/2008
    • Internaute 16545

    J’aurai pas mis un fifrelin sur un collègue en « bleu de chauffe », un plombier rusé qu a effleuré le métier. Un tirage honorable, pas d’agent dans le secteur, rien que des bo bos ravis de s’encanailler en léchant la sueur d’un gars qu’a trimé(surtout vers la fin du livre). Alors, écrivains du soir, inspirés du Ballantine,révoltés du Kiravi, dilettantes du Clair Fontaine écrivez ! ! Cognez sur vos claviers, faites crisser vos plumes, qu’un agent pur t’ abreuves de pognon.
    C’est bien hein...