07/09/2008 à 21h28

Outrage à Sarkozy : faut-il passer par les tribunaux ?


Entre le respect de toute personne ayant autorité et la liberté d’expression, l’outrage. Gros plan sur un délit en vogue.


Hervé Eon (DR). (DR).

Jeudi soir, Rue89 publiait le témoignage d’Hervé Eon, manifestant contrarié et riverain installé en Mayenne. Hervé Eon est aujourd’hui pousuivi pour avoir voulu brandir une pancarte intitulée « Casse toi pov’con » au passage de Nicolas Sarkozy à Laval, le 28 août.

La convocation qu’il a reçue du tribunal correctionnel de Laval précise qu’il a « offensé par parole, écrit, image ou moyen de communication -en l’espèce un écriteau avec les inscriptions “ Casse-toi pov’con ”- le président de la République française. »

Cette affaire médiatise un nouveau cas d’outrage, une incrimination qui explose en France : 31 731 faits d’outrage à agents dépositaires de l’autorité en 2007 pour 17 700 en 1996 selon les chiffres de l’Observatoire national de la délinquance. Le code pénal précise qu’en cas de condamnation, l’outrage est passible d’emprisonnement (jusqu’à six mois de prison) et d’une amende qui peut atteindre 7500 euros.

Précisons toutefois qu’il ne s’agit pas, ici, d’un simple cas d’outrage classique, mais d’un cas d’offense au Président de la République. Un délit spécial pour lequel une loi de 1881 prévoit en son article une amende de 45 000 euros.

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Outrage ou insulte : qui porte plainte ?

La loi indique que « toute personne dépositiaire de l’autorité publique » peut le faire dès lors qu’elle estime qu’on lui a manqué de respect « dans l’exercice ou à l’occasion de ses fonctions ».

En clair : si votre voisin est policier et que vous l’insultez en pleine nuit parce qu’il fait du bruit (pure hypothèse), vous n’êtes théoriquement pas condamnable pour outrage.

En revanche, si, à cette heure tardive, excédé(e) sur le pallier vous lâchez « tous des cons, ces flics », il peut vous poursuivre. De même, toute insulte proférée contre un policier, un magistrat, un sous-préfet ou un ministre dans le cadre de ses fonctions est passible d’une condamnation.

A noter au passage : si c’est une personne dépositaire de l’autorité publique -par exemple le président de la République- qui insulte un passant -par exemple au salon de l’agriculture- en lui donnant du « Casse-toi pov’con », le passant ne pourra pas porter plainte pour « outrage » car il n’incarnait rien au moment où il a croisé le chemin -par exemple- du président de la République.

Une opportunité de « faire du chiffre »

Le plus souvent, ce sont les policiers qui portent plainte pour outrage. Effet mathématique oblige : ils sont plus nombreux et davantage en contact avec des outrageurs potentiels. Le syndicat de la magistrature, très remonté contre cette nouvelle tendance synonyme d’engorgement dans les tribunaux, a appelé à la modération, estimant que ces poursuites, basées sur la seule parole des policiers, pouvait aussi être regardée comme une opportunité de « faire du chiffre ».

L’outrage à magistrat, dans le cadre d’audiences qui dégénèrent, n’est pas non plus rare. Ce qui l’est davantage, c’est, comme dans le cas de l’affaire Hervé Eon, l’offense à président. Dans ce cas, c’est rarement l’intéressé qui porte plainte en personne, mais plutôt le ministère public, c’est-à-dire le parquet.

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Outrage au président de la République, pourquoi ça se discute ?

Parce que deux principes sont en conflit lorsque l’outragé (« offensé », selon les termes de la loi) est le président de la République. D’un côté, le respect du chef de l’Etat. De l’autre, la liberté d’expression.

Sur son blog, Me Eolas relève d’ailleurs que ce délit, sur lequel on a légiféré à une époque où le président de la République avait des pouvoirs bien moindres, « était tombé quasiment en désuétude » :

« Le Général de Gaulle n’avait fait engager des poursuites que 5 fois, et sous Pompidou, une fois seulement, je crois. Le Président Giscard d’Estaing a indiqué en début de mandat qu’il n’aurait jamais recours à ce délit, le considérant comme désuet (même si l’affaire des diamants de Bokassa lui a fait regretter ces propos) et Mitterrand n’a lui non plus jamais eu recours à ce délit, imité en cela par son successeur Jacques Chirac. »

Outrages sans frontières
A noter : les cas d’outrages peuvent excéder les frontières du territoire national puisqu’un jeune Français, installé en Irlande, a eu à son tour maille à partir avec Nicolas Sarkozy. Le serveur français avait jeté un œuf sur sa voiture durant une visite en Irlande, mi-juillet. Cette fois, c’est la justice irlandaise qui l’a condamné pour « comportement menaçant, insultant et abusif », déclinaison locale de l’outrage. Il a finalement écopé d’une amende de 150 euros destinée aux bonnes œuvres : le juge irlandais a renoncé aux poursuites quand le Français a accepté de payer. En Algérie, un tribunal a également condamné en février dernier un étudiant algérien à une amende de 500 euros pour « outrage » au président de la république française. L’Algérien avait été interpellé à Constantine deux mois plus tôt, brandissant une pancarte frappée d’étoiles de David qui questionnait Nicolas Sarkozy sur « ses origines ».

Techniquement, Nicolas Sarkozy est bien sûr « dépositaire de l’autorité publique » lorsqu’il se rend à Laval, le 28 août dernier, pour officialiser la généralisation du revenu de solidarité active. Mais c’est sur le terrain politique que ça se discute : Hervé Eon attaque-t-il l’Etat en tentant de brandir sa pancarte « Casse toi pov’con » ?

Ne peut-on pas considérer que l’agitateur reste dans les clous de son droit à la contestation politique ? Qu’en tant que citoyen, il est autorisé à critiquer un personnage public, fût-il le locataire de l’Elysée sans pour autant devoir lester sa position d’un argumentaire soigné en bonne et due forme ? « Casse toi pov’con ! » relève-t-il de l’insulte ou de la contradiction politique ?

C’est donc sur le terrain de l’opportunité qu’une telle procédure peut se discuter. C’est d’ailleurs souvent en ce sens que se plaident des affaires d’outrages, hors vices de forme.

Lorsque Romain Dunand a été condamné pour avoir comparé le ministère de l’Intérieur époque Nicolas Sarkozy à Vichy, Rue89 avait interviewé son avocate. En janvier 2008 et Me Marianne Lagrue arguait alors qu’il s’agissait d’un courrier et donc de la sphère privée… à quoi Nicolas Sarkozy aurait pu choisir de répondre en privé.

D’ailleurs, tous les parquets ne réagissent pas à l’unisson : il y a près d’un an, à La Rochelle, une affaire avait été classée sans suite. Il s’agissait alors aussi de Nicolas Sarkozy, déjà visé en sa qualité de président de la République. En cause : une affiche de militants de l’Unef sur laquelle le chef de l’Etat faisait un doigt d’honneur. A l’époque, ce n’était pas le ministère public qui avait décidé d’ester en justice mais bien le chef de l’Etat. Qui a été contredit par le parquet.

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Le nouveau fichier Edvige va-t-il augmenter le nombre de cas d’outrage ?

Dans les faits, les personnes visées le plus souvent sont des militants associatifs ou politiques. Ainsi, Hervé Eon, l’outrageur mayennais de cette semaine, est aussi faucheur volontaire et militant de gauche.

Edvige va-t-il faciliter les procédures pour « outrage » ? Dans le monde associatif, mais aussi chez les avocats et les juges, Edvige fait hurler. Ce nouveau fichier entré en vigueur cet été autorise le fichage de tout individu de plus de treize ans « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Autant dire que c’est large.

Alors que les affaires d’outrage ont déjà presque triplé en 2007, Edvige pourrait permettre de recenser provocations verbales et autres pancartes pleines de noms d’oiseau adressées, par exemple, à nos représentants politiques.

Photo : L’« outrageur » Hervé Eon (DR).

Modifié le 08/09/2008 à 19h11 : précision ajoutée au sujet de la spécificité du délit d’offense au président de la République, après lecture de Me Eolas, avocat-blogueur.

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  • BernardG76
    • Posté à 21h39 le 07/09/2008
    • Internaute 18851

    Je pense que si le militant avait prononcé ces paroles, la signification aurait été différente. Là en fait il ne fait que rappeler au Président que sa présence ne faisait pas l’unanimité, sous une forme que lui-même affectionne tout particulièrement . Ce n’était vraiment pas méchant, et à l’entendre, c’est l’impression que donne ce militant. Il n’aime pas SARKO, comme beaucoup d’autres français, il a pensé à cette forme d’expression qu’il a entendue de la bouche même du Président, il ne l’aurait jamais utilisée si le Président ne l’avait prononcée.
    Mais à LAVAL la justice est singulière.

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à BernardG76
      journaleux - blogueur
      • Posté à 22h35 le 07/09/2008
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      et surtout le personnage est singulier : il publie le jeudi une version dans Rue89, et dit autre chose au micro d’Europe1 le samedi aux infos de 7h du matin, à savoir que, intentionnellement, il a brandi la pancarte devant ce qu’il pensait être la voiture de Sarko…
      dans ce cas, il est logique que l’outrage au président s’applique, même s’il n’avait pas servi depuis 1966 (jugement confirmé en cassation en 1967).
      il dit dans Rue89 n’avoir rien dit à la police. y a-t-il eu vérification ? il avait bien dit qu’on lui avait sauté dessus comme ça, après tout.

      • Gallifrey
        Gallifrey répond à FabiendeMénilmontant
        Ecrivain
        • Posté à 22h53 le 07/09/2008
        • Internaute 8709
          Ecrivain

        Il suffit de voir les choses différemment.

        C’est comme l’histoire du type avec un Tshirt « fuck the police » en grande bretagne.
        Lors du proces, l’avocat à dis que tout le monde n’était pas obligé d’aimer sting.

        la il suffit de dire que c’était un hommage au président, en reprenant une de ces citations les plus célèbres.

        la question est, le président peut il dire cela à un citoyen, alors qu’un citoyen ne peut pas faire de même ?

         
        • josette116
          josette116 répond à Gallifrey
          • Posté à 06h29 le 08/09/2008
          • Internaute 29732

          Rue89 :

          Etait-il indispensable de publier le portrait de ce courageux militant ? Je crains que ça puisse porter sérieusement préjudice à la noble cause qu’il défend...

          • JJ Reboux outrageur de poulets
            • Posté à 08h34 le 08/09/2008
            • Internaute 41591

            Et en quoi ça porterait préjudice ? Je ne comprends pas très bien… Tout le monde se planque derrière des pseudos sur son clavier, c’est la grande paranoïa… Moi, je trouve ça très bien, cette photo d’un militant posant avec son petit écriteau, vraiment !

          • petit pain
            petit pain répond à josette116
            • Posté à 17h45 le 08/09/2008
            • Internaute 24918

            .

            Au contraire. Voir sa trogne ramène au réel.

            Bigup ! Bel article.

            Boum !

            .

        3 autres commentaires
    • argiope
      argiope répond à BernardG76
      chatouille ou pique, c'est selon
      • Posté à 09h56 le 08/09/2008
      • Internaute 34103
        chatouille ou pique, c'est selon

      Est-ce la vulgarité des mots « casse-toi » et « pauvre con » qui constitue l’outrage ? Ou est-ce que c’est la signification sémantique de l’expression demandant le départ du président ?
      Si sur la pancarte il avait été écrit « Veuillez démissionner Monsieur le Président », y aurait-il eu poursuite ?

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à BernardG76
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 15h19 le 08/09/2008
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      Je crois que si toute remarque adressée a Nico ; as Sarkozy était précédée de la mention ; « “Mon OPINION EST que .. ‘ Aucune poursuite ne serait recevable. Il n’y a pas de délits d’opinion.

      Il est parfaitement correct d’annoncez :

      Mon opinion est que Nicolas Sarko
      zy est un crétin’ C’est si vous l’énoncez comme un fait qu’il peut y avoir litige. Ca c’est a chacun d’en juger

      Pierre JC Allard

      Lien

  • R2Paris
    R2Paris
    mal élevé
    • Posté à 21h45 le 07/09/2008
    • Internaute 36666
      mal élevé

    casse toi pov’con

  • le vrai Gevrey
    le vrai Gevrey
    Barcelona
    • Posté à 21h49 le 07/09/2008
    • Internaute 35864
      Barcelona

    Il me semble que la défense prise par le contrevenant n’est pas la bonne.
    Il faut qu’il prouve que « casse-toi pov’ con » n’est pas une insulte, un outrage.
    Simple : « casse-toi » n’est pas un outrage mais devrait être considéré comme de la liberté d’expression dans le cadre d’une manifestation anti-pouvoir.
    Ensuite, « pov’ con » qui est considéré comme l’outrage par les flics et ptet par Sarko, n’est que la suite de la phrase connue par tout le monde depuis que le president lui-même l’a rendue populaire. Donc, une expression figée ! Si il remplace « pov’ » par « riche », il peut y avoir outrage.
    La défense ainsi souligne qu’il manifeste plus pour son départ (casse-toi !) qu’il ne l’insulte.

    Là où ça devient intéressant, et ptet qu’alors notre témoin doit prendre tous les torts pour lui pour nous faire plaisir, c’est que s’il est condamné pour outrage, le con du salon bovin, pourra dès 2012, porter plainte pour outrage du quidam Sarko à son égard. Avec la jurisprudence de notre martyr, on aura la preuve si on est né(s) (et demeure(nt) ?) égal (bizarre cet accord si je garde le (c)on…) en droits.

    • PIT LE CHIEN
      PIT LE CHIEN répond à le vrai Gevrey
      Wouaooouh!
      • Posté à 10h17 le 08/09/2008
      • Internaute 25924
        Wouaooouh!

      OUI, on se demande pourquoi le quidam du Salon de l’agriculture n’a pas moufté..
      Crainte de représailles sans doute. Quoiqu’il en soit l’expression : « casse-toi, pauv’con » est maintenant brevetée PDR (Président de la République) au même titre que : « On va vous en débarrasser de la racaille ..’.

      Donc, TOUS EN CHOEUR : CASSE-TOI PAUV’CON ! !

      et reprenons l’ excellente idée de Thierry Reboud , écrivons ce voeu sur une jolie carte postale signée EDVIGE

      à Monsieur Nicolas SARKOZY, Président de la République, Palais de l’Elysée, rue du fg St-Honoré 75008 Paris - France- (franchise postale).

      PS : Ne pas oublier que 18 millions de français n’ont pas voté NS

      • PIT LE CHIEN
        PIT LE CHIEN répond à PIT LE CHIEN
        Wouaooouh!
        • Posté à 10h49 le 08/09/2008
        • Internaute 25924
          Wouaooouh!

        Je me réponds à moi-même. Je voulais citer JJ Reboux ! !
        Désolé Thierry. Ouaf ! ouaf !

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 21h51 le 07/09/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    C’est le badaud du salon de l’agriculture qui aurait du porter plainte pour injure avec caractère aggravé du fait que l’insulteur représente l’autorité suprême...
    La justice est mal faite !
    C’est bien connu :

    Lien

    • -Candide-
      -Candide- répond à skalpa
      Jardinateur
      • Posté à 06h49 le 08/09/2008
      • Internaute 40778
        Jardinateur

      Bonjour Skalpa,
      Je pense que vous faîtes une erreur de raisonnement.

      L’insulte ne se caractérise pas par un mot ou une formulation, mais par un mot et une formulation *dans son contexte*.

      Ainsi par exemple, le chanteur Renaud peut t-il utiliser l’expression « petit Pédé » dans une chanson sans problème puisque il n’y a de manière évidente aucune volonté de blesser qui que ce soit.
      (cf voir Lien)

      L’insulte est caractérisé par l’utilisation d’une formulation considérée hors norme du langage correct et qui donne le pouvoir particulier de déclencher de très fortes émotions chez l’insulté.

      L’injure est quand a elle une insulte sans fondement considéré comme plus grave car relative à ce que l’on est, et non ce que l’on a fait.

      L’outrage, est une insulte ou une injure, non publique (j’y reviendrais) faite à un représentant d’une mission de service public.

      On a ainsi :
      Un mec passe a vélo dans un flaque d’eau à coté de vous et vous éclabousse.
      vous luis dites ’sale connard’ : c’est une insulte
      vous lui dites ’sale connard de noir’ : c’est une injure
      Il se trouve que c’est un flic en uniforme :
      ’sale connard’ ou ’sale connard de noir’, dans les deux cas c’est un outrage.

      Le juge rendra son verdict (borné par la loi en fonction de la classification)
      Mais en particulier, il sera fortement tenu compte de l’éventuelle provocation effectuée par l’insulté.
      Dans le cas d’un outrage c’est souvent la meilleure défense pour être relaxé :
      « excusez moi monsieur le juge, le représentant de l’ordre m’a dit que je roulais comme un fou et m’a demandé si on faisait comme cela dans le pays d’où je venais. Celà m’a passablement enervé et sous le coup de l’émotion je crois bien avoir dis des chose que je ne pensais pas, même si je dénis formellement l’avoir traité de connard »
      Comme dans 99% des cas, le flic n’est pas sur place pour démentir la provocation, ça se termine généralement par un simple rappel à la loi et une relaxe.

      A noter que pour avoir une bonne défense, il faut être crédible.
      Quand Eon nous dit en résumé
      « je passais tranquillement à vélo avec ma pancarte non visible en protection ventrale quand les flics du convoi présidenties se sont jetés sur moi »
      C’est bien connu, les flics chargés de la protection dans les convois officiels n’ont que ça à faire : se jeter que les quidams pour voir si dès fois ils n’ont pas de pancarte subversive. »
      A savoir quand même. Les juges sont des gens comme les autres : ils n’aiment pas être pris pour des cons...

      Maintenant, concernant l’histoire du salon de l’agriculture :
      - Le badaud a clairement provoqué N.S en lui disant « je ne veux pas me salir les mains ». Par ailleurs, cette expression « hors norme » dans ce contexte a effectivement crée une vive émotion chez N.S (connaissant le caractère impulsif du personnage, je ne crois pas trop à la réaction simulée). En ce sens, le Badaud pourrait aussi être poursuivi pour insulte, et donc pour outrage dans les circonstances.
      Celà ne retire en rien le fait que les propos de N.S sont des insultes. Mais dans 3 ans (ou dans 8 selon réélection événtuelle), cf gel des procédures pendant la mandature, je doute qu’un juge objectif condamne N.S étant donné la provocation initiale.

      Ce qui va probablement vous fâcher :
      L’autorité n’a aucun facteur aggravant au sens de la loi.
      Au contraire, au travail par exemple
      l’insulte à un supérieur hiérarchique est considéré comme une faute plus grave qu’une insulte à un collègue ou à un subalterne.

      Ce qui va probablement vous réjouir :
      Sur internet, et donc ici même, une insulte à N.S ne peut pas être considérée comme outrage, et ce par le seul fait qu’il s’agit d’une communication publique.
      C’est la loi sur la liberté de la presse qui s’applique.
      (J’ai pas dit non plus qu’on pouvais tout dire, il y a quand même des règles qui s’appliquent cf démentis droits de réponse, etc. Rue89 vous expliquera cela mieux que moi.)

      • C. Creseveur
        C. Creseveur répond à -Candide-
        D'actualité, de dessin surtout
        • Posté à 09h40 le 08/09/2008
        • Internaute 7715
          D'actualité, de dessin surtout

        Pas d’accord : « je ne veux pas me salir les mains » est certes provoquant, mais n’est en aucun cas insultant. En face de quoi la réplique du président est, elle, clairement insultante.
        Elle est d’autant plus grave qu’elle montre combien le président à les nerfs fragiles.
        Ce manque de sang froid nous laisse d’autant plus perplexe qu’il avait fait parti de l’échange d’arguments à la présidentielle !

         
        • petit pain
          • Posté à 18h02 le 08/09/2008
          • Internaute 24918

          .

          Si ce n’est pas le manque de sang froid, c’est cette arrogance si commune chez les princes.
          Quelque chose comme le mépris.

          .

        1 autres commentaires
      • Cinsault
        Cinsault répond à -Candide-
        Graine de rosé
        • Posté à 11h10 le 08/09/2008
        • Internaute 24720
          Graine de rosé

        La séquence exacte de cette répartie présidentielle inoubliable au salon de l’agriculture est la suivante :
        Sarkozy serre des mains un peu partout et s’approche de l’Homme .
        l’Homme : « Ah non touche-moi pas ! »
        Sarkozy : « Casse-toi alors ».
        Dans le même temps Sarkozy pose sa main droite sur l’homme qui réagit.
        l’Homme : « Tu me salis ».
        Sarkozy : « Casse-toi alors pauvre con. »

        1- le « Ah non touche moi pas » est certes provocant : tutoiement, français approximatif, ton employé. Mais ça reste disons à peu près correct (aucun mot grossier ni insultant) et surtout légitime : chacun a droit à ne pas être touché. Il n’y a -j’espère- aucune obligation d’obséquiosité envers un président.
        2- C’est bien Sarkozy qui est tout de suite grossier avec son « casse-toi ». En plus s’agissant, d’une personne ayant autorité, cet ordre est un abus de pouvoir. l’Homme a le droit d’être là, et ne menace aucunement sa sécurité.
        3- Ayant été quand même été touché par Sarkozy contre sa propre demande, la réaction de l’homme reste correcte et mesurée(pas de mot grossier). Au sens propre( !), sa phrase peut se justifier par le fait que Sarkozy vient de serrer de multiples mains inconnues venues éventuellement des stands de bétail.
        Pour y voir une insulte il faut prendre l’expression au sens figuré et l’interpréter un minimum (tu me salis donc tu es sale).
        4- Enfin nouvel abus de pouvoir grossier, suivi cette fois d’une insulte caractérisée de Sarkozy.

        Tout ça pour dire que c’est bien dommage que l’Homme n’ait pas été poursuivi pour outrage : on se serait bien marré au tribunal à voir procureur- avocats et juges décortiquer de la sorte cette séquence à l’audience et dans la décision.
        Maintenant j’aimerais bien savoir si d’autres moyens de rétorsions n’ont pas été entrepris à son encontre, fisc, harcèlement policier, embrouilles administratives...
        Je suppose qu’il déjà est inscrit dans Edvige cause maladie grave : allergie sarkozyste.

         
        • cMoi69
          cMoi69 répond à Cinsault
          Informaticien à Dardilly
          • Posté à 14h20 le 08/09/2008
          • Internaute 26313
            Informaticien à Dardilly

          Pour compléter le tableau.. et mon sentiment..

          Je suppose que Monsieur le Président Sarkozy pensait que l’on ne l’entendrait pas et il a tenu ces fameux propos, comme un jeu, du style je dis des conneries avec le sourire et ils vont penser que je complimente..
          Pour moi.. ce n’est même pas une impulsion non raisonnable mais un petit plaisir malsain qu’il s’est offert.. d’autant plus grave.

          mais raté car écoutez bien la fameuse vidéo, vous entendrez dire Monsieur Barnier : « Nous sommes filmés Monsieur le Président »

        • Gandijyn
          Gandijyn répond à Cinsault
          • Posté à 16h45 le 08/09/2008
          • Internaute 30465

          Excellente analyse...
          Sûrement que les « conseillers » de NS auront eu la consigne d’aller fouiller dans la vie de l’agriclteur, sur 3 générations avant, et pour les 3 prochaines générations à venir... sur tous les plans !
          Autant apprendre « le galérien » dans ces circonstances... car si l’administration a de (très) grands défauts, elle en a un qui lui colle à la peau : la patience, et le nombre d’agents !
          Les 37 fichiers, dont Edvige, ont déjà sorti le listing en rouge et gras, et l’informatique peut quelque peu « emm...r la vie du quotidien : résa d’avion (douanes), douanes volantes (départementale), fiscaille (sur les 10 dernières années), assurances, banque, biens, notaire (droit de propriété, et tout le tralala, ... !
          Tôt ou tard, malgré son bon droit, il “tombera” !
          (comme il en est des “ceux” qui sortent du rang et aboient pour la bonne cause)

        • DBL8
          DBL8 répond à Cinsault
          Retraité
          • Posté à 20h00 le 08/09/2008
          • Internaute 19562
            Retraité

          Il a été insinué que c’est un coup monté.
          Le quidam n’était pas là par hasard, mais pour justement provoquer.
          Des journalistes l’ont cherchés sans le retrouver.

          Alors, provoc ou pas provoc ? !

          • Gandijyn
            Gandijyn répond à DBL8
            • Posté à 20h47 le 08/09/2008
            • Internaute 30465

            Pourquoi pas ...
            - est-il réellement agriculteur ?
            - il existe des paris pour situation plus idiote que cela... pourquoi pas ?
            - tant qu’à faire, pourquoi NS n’a pas reçu un coup de fourche, ou un coup de corne... ou un paquet de lisier, histoire de l’entârtrer au parfum campagne ?

            Attendons voir le retournement de situation, et qui en aura l’avantage. Il existait sufisamment de monde sur place pour affirmer tel ou tel acte... Faut pas toujours se fier aveuglément au « premer jet » ! ...
            Mais à priori, il y aura un seul gagant ! devinez lequel ...

          • mamyda
            mamyda répond à DBL8
            • Posté à 14h35 le 09/09/2008
            • Internaute 15500

            Désolée mais ils l’ont trouvé et photographié. Il a même expliqué qu’il n’avait guère réfléchi et que c’était parti tout seul !
            Si vous êtes de bonne foi quelques recherches sur le web et vous retrouverez ce que j’affirme.

        5 autres commentaires
  • jpp64
    • Posté à 21h51 le 07/09/2008
    • Internaute 12896

    En fait ça dépend surtout de qui vient l’insulte, et c’est là que votre rapprochement avec le fichier Edwige est bon.

    Le pécheur du Guilvinnec qui avait traité notre grandissime et vénérable président d’enculé ; il n’a pas été poursuivi lui. J’ai même lu qu’il avait été reçu à l’Elysée avec d’autres pécheurs. L’avantage de celui-ci est qu’il appartient à une profession qui vote à droite, mais notre ami de Laval a un pedigree plutôt trés à gauche, et à mon avis dèjà fiché bien avant qu’apparraisse Edwige.

    • JJ Reboux outrageur de poulets
      • Posté à 08h52 le 08/09/2008
      • Internaute 41591

      Sauf erreur, Juju du Guilvinec était invité, mais il a décliné.

    • wieeinstlilimarleen
      • Posté à 17h03 le 08/09/2008
      • Internaute 6659

      Je ne comprend pas votre raisonnement.

      Quel est le sens du rapprochement fait avec un fichier de renseignement, alors que vous signalez à juste titre que le mis en cause était sans doute déjà fiché bien avant l’apparition de ce fichier ?

  • mathieu-s2
    • Posté à 21h52 le 07/09/2008
    • Internaute 18461

    A mon avis ce citoyen s’est inquiété pour le Président. Il a craint que quelqu’un puisse à nouveau le contrarier lors de son bain de foule. Il s’est donc installé avec sa pancarte pour protéger le Président en intimant aux manants malpolis de s’éloigner :
    « Casse-toi pov’con ».
    En quelque sorte : « Touche pas à mon Président ! ! tu vas le salir ! »

    Ca veut dire : de grâce, bandes de pov’cons, tous autant que vous êtes, laissez le grand Président tranquille !

    Il faudrait lui donner la légion d’honneur pour cet acte de courage : armé d’une simple pancarte, voler au secours d’un homme seul attaqué par des hordes de pov’cons.

    J’espère que la vérité sera établie, et que le civisme de ce brave homme sera reconnu.

  • Gina Grimont
    • Posté à 21h53 le 07/09/2008
    • Internaute 25324

    Casse toi pov’con et le plus vite sera le mieux ! !

  • sorry
    sorry
    panseuse
    • Posté à 21h56 le 07/09/2008
    • Internaute 25235
      panseuse

    des milliards de fois, je le dis et je le pense : « casse toi, pôv’ con », à chacune de ses interventions, le « nain », et nous sommes nombreux ! ! !

    • george.B
      george.B répond à sorry
      • Posté à 23h01 le 07/09/2008
      • Internaute 12795

      tiens je croyais que le mot « nain “ était banni sur RUE89

      • freedom
        freedom répond à george.B
        quand le sage montre la lune, l (...)
        • Posté à 09h43 le 08/09/2008
        • Internaute 9166
          quand le sage montre la lune, l (...)

        Encore une insulte pour les nains

         
        • remi86
          remi86 répond à freedom
          le croquant ...du poitou
          • Posté à 13h38 le 08/09/2008
          • Internaute 16070
            le croquant ...du poitou

          faur dire nanopresident ! c est tous petits mais tres efficaces a faire des conneries !

          • sorry
            sorry répond à remi86
            panseuse
            • Posté à 14h07 le 08/09/2008
            • Internaute 25235
              panseuse

            c’est ce que je ferai la prochaine fois que j’évoquerai l’homme aux talonettes ! ou alors le surexité, ou l’ultra nerveux.... on peut en trouver à la pelle, ou à la pelteuse

        2 autres commentaires
    • Lairderien
      Lairderien répond à sorry
      • Posté à 01h39 le 08/09/2008
      • Internaute 22751

      Idem, et c’est encore la pensée la plus facile a avouer, mais heureusement Edwige ne lit pas encore dans les pensées...

    • Gotch
      Gotch répond à sorry
      • Posté à 10h58 le 08/09/2008
      • Internaute 15306

      Pôv’Sorry ! Mais la télé, il faut la bannir ! Avantage énorme, on ne voit pas le haut des tifs du presidu quand il fait la revue des troupes....

  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe
    chien de talus
    • Posté à 22h02 le 07/09/2008
    • Internaute 50571
      chien de talus

    et ce faire traiter de « Nicolas Sarkosy » cela relève t’il de l’insulte au pénal ?

  • pima
    pima
    assis sur ses fesses
    • Posté à 22h03 le 07/09/2008
    • Internaute 39367
      assis sur ses fesses

    l’agriculteur qui a fait connaître cette fameuse phrase a t il porté plainte ?

  • BernardG76
    • Posté à 22h03 le 07/09/2008
    • Internaute 18851

    Tout est une question de Procureur. A laval, c’est vachement spécial.
    La gérante d’une discothèque à Changé (53) comparaîtra au tribunal correctionnel de Laval le 18 septembre prochain parce que l’ex-commissaire de Laval n’a rien trouvé de mieux que d’établir une liste d’incidents sur un an et de les lui attribuer, sans qu’elle en soit pour la plupart informée. Elle avait comparu une seule fois et le tribunal de proximité l’avait dégagée de toute responsabilité.
    A Laval, commissaire/Préfète et procureur, c’est la sainte trinité. Un flic avait même porté plainte pour violences alors qu’il avait 2,24g d’alcool dans le sang. Son patron l’avait blanchi en contrepartie de cette plainte, y voyant l’opportunité de se venger d’une affaire privée.

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