06/09/2008 à 10h04

« Beijing coma » : à la mémoire des oubliés de Tiananmen

Bertrand Mialaret | Mychinesebooks.com


La place Tiananmen à Pékin (Alexkost/Flickr).

La parution de la traduction française de l’ouvrage de l’écrivain chinois Ma Jian, « Beijing Coma », constitue un véritable événement, un livre important sur la tragédie de la place Tiananmen, en 1989 à Pékin.

Trois livres en un


Jaquette du livre de Ma Jian (DR).

Le héros, Dai Wei, blessé par un coup de revolver à la tête infligé par un policier en civil lors de l’écrasement par l’armée de la révolte du « Printemps de Pékin », va vivre dix ans dans un coma qui lui permet seulement d’entendre son entourage. Pour tenter d’en sortir, il se raccroche à ses souvenirs et aux souffrances de ses parents.

L’auteur évoque alors certains des épisodes tragiques de l’histoire du Maoïsme avec un souci du sensationnel et sans la puissance d’évocation du roman de Yu Hua « Brothers » (Actes Sud, 2008), récemment publié, ou des documents réunis par Song Yongyi sur « Les massacres de la Révolution Culturelle » (Buchet Chastel 2008).

Le deuxième thème concerne la vie quotidienne du blessé. La police le surveille pour l’arrêter s’il reprenait ses esprits, les voisins espionnent sa mère qui a les plus grandes difficultés à survivre et à payer les traitements médicaux, quand les hôpitaux ou la médecine traditionnelle acceptent de soigner une victime de la Place. Bien long, cet aspect du roman permet une construction assez complexe qui souvent arrive à soutenir l’intérêt dans une histoire dont on connaît dès le début le dénouement tragique…

Ses anciens camarades aident sa mère à le soigner et progressivement sont gagnés par la volonté de s’enrichir en Chine et surtout à l’étranger. De même son corps devient marchandise : ses urines seraient miraculeuses et sont vendues comme, plus tard, l’un de ses reins ; il devient même objet sexuel car cette partie de son anatomie fonctionne toujours !

Sa mère, communiste zélée, n’a pu adhérer au Parti du fait d’un mari « droitier » et d’un fils connu de la police, puis responsable de la sécurité des grévistes de la faim sur la Place Tiananmen. Elle finira par rejoindre la secte Falungong…

Ma Jian collectionne ainsi, avec également l’évocation de son livre interdit sur le Tibet, la liste presque complète des « off limits » pour les autorités chinoises ! L’importance donnée au thème du coma vient peut être de l’accident qui plongea à la même époque le frère de Ma Jian dans le même état.

Le troisième thème du livre concerne l’enchaînement d’événements qui conduisirent à l’écrasement par l’armée le 4 juin 1989 de la révolte estudiantine et à de nombreux morts.

Les étudiants de Tiananmen

C’est là un thème réellement nouveau car jusqu’alors ces événements n’avaient servi que de « décor » à des romans sentimentaux. Ma Jian nous raconte ce que voit son héros, ce qui limite l’approche du « Printemps de Pékin » à sa composante étudiante en excluant les actions de soutien de la population pékinoise.

De même les causes profondes des événements ne sont que peu évoquées et notamment le raidissement politique après les manifestations de 1987 et le rôle non négligeable d’une forte hausse des prix qui rendait la vie quotidienne beaucoup plus difficile.

Ma Jian a une approche clinique des événements et de leurs acteurs, il n’escamote pas les aspects déplaisants des luttes de pouvoir entre groupes étudiants, la recherche de vedettariat de certains dirigeants. On a l’impression d’un roman à clef où de vieux comptes se règlent, d’autant que les débats entre anciens dirigeants exilés sur les responsabilités de l’échec durent encore.

La lâcheté de certains leaders n’est pas escamotée ainsi que le partage d’un trésor de guerre… De même pour beaucoup d’étudiants, il s’agit d’un grand « happening » avec musique, boissons et flirts, comme dans le film « Une jeunesse chinoise » de Lou Ye…

Toutes ces pages, souvent ennuyeuses, de débats sur la stratégie vis-à-vis des autorités, de détails des luttes de pouvoir, ne masquent pas le courage de certains, conscients du caractère historique des événements qu’ils créent et vivent et des risques qu’ils prennent et qu’ils font prendre à leurs camarades. Mais, comme le souligne Ma Jian, ce mouvement manquait du sens de l’histoire en imaginant qu’ils pourrait fléchir le pouvoir…

Ma Jian et Tiananmen

Ma Jian a 55 ans, il est né à Qingdao ; l’histoire de sa famille est aussi troublée que celle de son héros. Après une double formation de peintre et de photographe, il travaille comme photojournaliste. Un voyage de plusieurs années dans l’ouest de la Chine le conduit au Tibet d’où il rapporte un recueil de nouvelles « La Mendiante de Shigatse » (Actes Sud 1988), un livre qui fut interdit car trop négatif vis-à-vis des Tibétains, présentés comme primitifs, violents et manquant d’idéal. Ce livre, dénoncé comme un exemple du « libéralisme bourgeois » joua un rôle dans les débats gouvernementaux qui conduisirent au raidissement de 1987.

De son voyage Ma Jian tira aussi un livre fort intéressant « Chemins de poussière rouge » (Editions de l’Aube, 2005) que l’on doit lire comme un récit de voyage et qui n’a ni l’ambition ni le talent de « La Montagne de l’âme », le livre de son ami, le prix Nobel de littérature, Gao Xingjian, qui partage certains thèmes.

Parti à Hongkong en 1987, Ma Jian revient à Pékin pour participer à l’occupation de la place Tiananmen sans responsabilités particulières, il est alors beaucoup plus âgé que les étudiants ; lors de l’écrasement du mouvement, il est à Qingdao pour soigner son frère.

A Hong Kong, il rencontrera plus tard Flora Drew, sa traductrice et la mère de leurs deux enfants. Ils vivent à Londres où il se sent doublement exilé car il ne parle pas Anglais ; Flora traduit ses romans en Anglais, la base de la version française. Il retourne régulièrement en Chine où vivent sa mère et la fille qu’il a eue d’un premier mariage. Il n’est pas publié en Chine et est prié d’éviter les déclarations publiques lors de ses visites.

Une œuvre engagée

Ma Jian est obsédé par l’oubli dans lequel tombent ces événements en Chine et à l’étranger. Son livre sera publié en Chinois à Hongkong et Taiwan et lancé lors du vingtième anniversaire de la répression, l’année prochaine, un anniversaire qui sera soigneusement « préparé » par les autorités.

Pour lui, Tiananmen marque une rupture fondamentale, la perte de tout idéal par le peuple chinois ; la croissance économique ne suffit pas, il faut revenir sur cette tragédie pour repartir sur des bases saines. Le gouvernement veut écrire l’histoire qui lui convient, le rôle des écrivains est de faire œuvre de mémoire.

Paradoxalement, il rejoint Mao : la littérature doit « servir le peuple » ; il se sépare là de son ami Gao qui a toujours lutté pour l’indépendance de l’œuvre de l’écrivain et refusé tous les « ismes ».

Exil et littérature

Certains laissent entendre que Ma Jian est bien loin de la Chine actuelle, ce qui est sûrement injuste car il semble un observateur très attentif. D’autres soulignent que les avancées en Chine sur des conflits locaux sont plus le fait d’avocats, de journalistes, de chefs de village honnêtes et courageux.

Les écrivains n’ont qu’un rôle marginal sauf s’ils sont engagés dans le pays comme par exemple Yan Lianke ou si leurs activités de reportage correspondent à des préoccupations aiguës, par exemple le livre de Chen Guidi sur « Les Paysans chinois d’aujourd’hui » (Bourin Editeur, mai 2007) qui, autorisé puis interdit et diffusé sous le manteau, a eu un impact important.

Les relations de Ma Jian avec les écrivains de Chine sont orageuses : il les accuse de ne pas jouer le rôle que le pays pourrait attendre d’eux. Lors d’une réunion du PEN anglais du 3 juin dernier , il explique « qu’il n’y a que trois possibilités pour les écrivains en Chine : rester silencieux, dire autant que ce que l’on vous autorise à dire (certains ont entendu “ collaborer ” lors de la réunion) ou s’exiler ».

Beijing Coma de Ma Jian - traduit de l’anglais par Constance de Saint-Mont - Flammarion, août 2008 - 630p., 23€.

Photo : la place Tiananmen à Pékin (Alexkost/Flickr).

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  • nomaddiction
    • Posté à 03h35 le 08/09/2008
    • Internaute 51585

    Hre de TW : 8h05, 08/sep/2008
    Comment ça aucune réaction sur ce site et sur le sujet chaud de la place Tiananmen, un mois après l’ouverture des Jeux tant attendus ! ?

    Je viens de voir le film de Lou Ye sorti en 2006 appelé Summer_Palace* ici à Taipei(~,Chine ? Après les Jeux....) ; 2 ans après (discussions sur Cinq ans en Chine ou Journal de Chine, autres blogs de Pierre Haski). Une projection de presque un mois, mais dans un seul cinéma (une vingtaine de personnes à la séance de midi samedi), une sortie « discrète » (« est-ce que Ma Y-J a vu ce film ? » et « en parlerait-il comme de Se-Jie, film de An Lee, comme un film émouvant... ? », me suis-je demandé immédiatement ainsi qu’ à la personne avec qui j’ai pu le voir !), mais surtout non sous-titrée en « guo yu » mandarin traditionnel de l’île (caractère traditionnels). Une des raisons du manque de fréquentation, parmi tant d’autres... Par contre il l’était en anglais, ce qui n’est pas souvent le cas des films chinois et indiqué comme banni en Chine continentale. Et vous ?

    J’ignore toujours la raison du choix de ce titre. Quelqu’un peut-il m’aider ?
    Certainement beaucoup de raisons.
    *Yi He Yuan 頤和園 / 颐和园 ou une jeunesse chinoise
    PS : Je me demande aussi s’il est sorti à Hongkong ?

    • Bertrand Mialaret
      Bertrand Mialaret répond à nomaddiction
      Auteur(e) de l'article Mychinesebooks.com
      • Posté à 11h23 le 08/09/2008
      • Internaute 16700
        Mychinesebooks.com

      Ma Jian dans ses nombreux interviews ne mentionne pas ce film.Pour moi le film de Ang Lee est d’ailleurs beaucoup plus « politiquement incorrect » même si les autorités chinoises ont mis du temps à réagir.

      • nomaddiction
        • Posté à 12h47 le 08/09/2008
        • Internaute 51585

        Merci de me répondre.. !

      • nomaddiction
        • Posté à 12h44 le 08/09/2008
        • Internaute 51585

        Je suis entièrement d’accord avec vous. C’est pourquoi j’avais remarqué que le nouveau président Ma, pas encore élu à l’éqoque il y a presque un an, s’était empressé à la télévision d’exprimer combien il avait été ému (tout juste avouant s’il n’avait pas versé des larmes...), « hen gandong de dian ying », par ces sujets autrement « chauds » de la trahison, de la collaboration avec le Japon, sans parler même des pratiques sexuelles évoquées clairement tel le viol et la sodomie, de l’abandon de ses propres frères fussent-il amis ou ennemis. Tellement plus complexes voire difficile à suivre (surtout s’identifier) en mêmee temps qu’actuel , mais quand même pas tant que cela pour le niveau de difficulté, pour le grand public, surtout s’il est chinois et éduqué. D’où cet étrange paradoxe du contexte historique aussi autrement plus précis et détaillé. Ce film fait d’ailleurs référence à un livre ou écrivain réel, je crois. A revoir ou relire. Le paradoxe étant donc par ailleurs que ce film néanmoins taïwanais avant tout est sûrement plus aisement trouvable sur le marché noir des copies pirates -Shanghai/Pékin/HK etc- du fait de ses scènes sexuelles encore plus explicites et choquantes pour un public qui voudrait éviter le x par pudibonderie ou hypocrisie, même s’il parle d’une histoire avec un grand H plus ancienne et vu par un œil « étranger », alors que la Chine du Pékin de Lou Ye est tellement plus innocente mais en même temps plus illicite durant une heure de film complète voire cinq années de censure (il n’en reste plus que trois, pour l’auteur, courage !). Je m’avance peut-être un peu trop dans ce sens. Il est en vente libre même en soldes ici à Taipei pour Se-Jie...
        Une jeunesse chinoise dans les lieux spécialisés de la culture, je suppose.
        Rien à voir : Pourquoi le public étranger parle tourjours de « Ang » Lee alors qu’il s’agit de Li An (sans « g », à ma connaissance), pour l’inversion à l’américaine, je comprends, mais pour le reste.. ? On pourrait penser qu’il est singapourien ou bien...

         
        • Bertrand Mialaret
          Bertrand Mialaret répond à nomaddiction
          Auteur(e) de l'article Mychinesebooks.com
          • Posté à 13h00 le 08/09/2008
          • Internaute 16700
            Mychinesebooks.com

          C’est vrai qu’en pinyin c’est Li An mais ça fait moins américain que Lee...
          Pardonnez moi de me citer, mais le 18/9/07 j’ai écrit sur le film de Ang Lee et surtout sur la nouvelle qui l’a inspiré de Eileen Chang (Zhang Ailing) qui est un de mes auteurs préférés et dont on regrette la concision quand on lit un livre de Ma Jian !

        1 autres commentaires
  • Corsaire du Peuple et de la Raison
    Corsaire du Peuple et de la Raison
    il parait qu'il faut penser (...)
    • Posté à 05h13 le 08/09/2008
    • Internaute 46482
      il parait qu'il faut penser (...)

    J’ai lu « La montagne de l’Ame » de Gao Xingjian, mais tout comme « Les Versets sataniques » de Salman Rushdie, ce sont des ouvrages qui ne sont accessibles qu’à condition de bien connaître la Chine ou la religion musulumane...
    Pour ces deux ouvrages, j’ai vraiment eu l’impression de passer à côté voir de ne rien comprendre...
    Beijing Coma a-t-il le même défaut ou est-il accessible aux néophytes (quoi que je dis ça je vis depuis maintenant 9 mois à shanghai...) ?

    • Bertrand Mialaret
      Bertrand Mialaret répond à Corsaire du Peuple et de la Raison
      Auteur(e) de l'article Mychinesebooks.com
      • Posté à 09h16 le 08/09/2008
      • Internaute 16700
        Mychinesebooks.com

      Il est certain que pour le livre de Gao, une connaissance de la région, des minorités ethniques et des grands mythes culturels de la Chine aide à entrer dans le livre.Mais surtout il faut éviter de lire ce livre comme un roman de la première à la dernière page, il faut se promener dedans ! Pourquoi ne pas en relire quelques pages ici ou là et vous verrez que vous serez séduit !
      Quant à Beijing Coma, c’est tout à fait accesssible,mais la description des luttes entre groupes étudiants peut lasser le lecteur.

  • nomaddiction
    • Posté à 11h47 le 08/09/2008
    • Internaute 51585

    De même pour beaucoup d’étudiants, il s’agit d’un grand « happening » avec musique, boissons et flirts, comme dans le film « Une jeunesse chinoise » de Lou Ye…> Je pense que Lou Ye n’a pas voulu montrer que cela de la génération de Tian An Men surtout en 2h et demi. Les relations vont plus loin que le flirt, par ailleurs je n’ai pas réelllement remarqué qu’il faisait référence à la boisson à part dans la première histoire de Tumen. Beaucoup moins que Suzhou he et l’histoire de Mardar...

    Autant un certain critique a noté qu’il n’avait jamais vu autant de scènes de sexe dans un tel film sans jamais être obscène (loin de la pornographie du net), autant j’ai surtout vu combien la jeune héroîne s’abandonne à la cigarette et brûle sa vie par les deux bouts. En dehors de la politique chacun a sa vie propre où divers facteurs prennent le dessus. Résolument ce film ne parle pas de Tiananmen, sans éviter de parler de que ce qui en découlera non plus, les comparaisons au mur de Berlin, la retrocession sans-heurts, etc. On y voit un condensé des dernières années, un résumé exhaustif. Pas de leçon à recevoir, un constat réel ou fictif de ce qui a bougé ou peut encore bouger dans l’esprit de certains en dehors de l’appareil. Un rêve ou un cauchemar.

    Ce film est descriptif même si ce n’est pas un fresque réaliste, beaucoup plus que didactique ; une position comme une autre. Les vies sont le thème central, l’histoire un prétexte. C’est un jeu perpétuel avec la censure, une atmosphère bien particulière, où les noms de certains lieux ont dû être changés. Donc il est clair que l’on s’éloigne vite de la réalité dès la première partie en Chine. Il est ainsi aisé d’imaginer que ce n’a pas ce qu’on vécu la majorité des étudiants de l’époque. L’amour et le romantisme exacerbé est un luxe aussi comme la dépravation sous diverses formes qui n’est donné qu’à ceux qui ont le temps de porter un regard sur leur propre vie et pas nécessairement perçu par l’entourage de ces mêmes personnes de façon aussi bienveillante qui peuvent y voir une mode, une tendance néfaste voire funeste. Ce qui va dans le sens de la censure d’ailleurs, d’une nécessité de contrôle pour le bien-être collectif.
    J’avais 23 ans lors des événements l’âge de la personne « chinoise“-taïwanaise avec qui j’ai vu ce film, le percevant sans trop d’émotion visible. 19 ans plus tard, c’est très bouleversant de penser pour moi que ce film ne peut pas être vu librement en Chine, sinon sur l’internet... C’est le vrai drame de ce film.

    Lou Ye veut donner à penser aux jeunes (chinois ou en général) sur leur vie et pas simplement leur carrière et position politique, même si cela ressemble étrangement à notre civilisation. D’où un malentendu p-e à sa projection à Cannes face à un public qui attend des ‘histoires bien chinoises’. Comme Cosaire du Peuple peut lire Gao en Chine, ce film peut être vu en Asie de manière bien différente. Chaque artiste essaie de tendre à l’universel. Je ne sais pas si les écrivains qui parlent de politique ont cette vision. Chacun voit différentes choses dans les films peut-être encore plus que dans les livres.

    Je suis désolé si ceci n’est peut-être pas en rapport direct avec votre article. Je n’ai pas lu ces livres à vrai dire, juste en référence à votre citation cinématographique, pas pur hasard.

  • V comme vendetta
    V comme vendetta
    Ecrivain
    • Posté à 21h57 le 08/09/2008
    • Internaute 24299
      Ecrivain

    La comparaison avec Gao fait mal, et pas seulement avec les « Chemins de poussières rouges » de Ma... Et puis « La montagne de l’âme » est un pur chef-d’oeuvre.
    « Le Livre d’un homme seul » de Gao, ça une autre ambition que « Beijing Coma », les passages relatant les heurts factionnels au sein des gardes rouges sont sans équivoque, chez Ma on a la désagréable impression qu’il est toujours manipulé par la momie de Mao, les slogans creux genre si la littérature est pour le peuple... Après Yanan, les 100 fleurs, la Grande Révo Cul et Prolétarienne… on se demande si c’est de l’humour noir... Que des chinois peuvent encore gobés ce genre de leurre est sidérant...
    Peut être Ma devrait-il écrire en chinois, et non en anglais. « Free Life » de Ha Jin, en anglais, je le trouve bien supérieur, malheureusement je ne crois pas qu’il a été traduit en français, mais je me trompe sûrement.

  • Bertrand Mialaret
    Bertrand Mialaret
    Auteur(e) de l'article Mychinesebooks.com
    • Posté à 22h12 le 08/09/2008
    • Internaute 16700
      Mychinesebooks.com

    D’accord avec vous sur Gao.
    Une précision, Ma Jian écrit en chinois mais la version française est traduite de la version anglaise publiée il y a quelques mois.
    J’aime aussi beaucoup Free Life de Ha Jin, qui est en cours de traduction en Français.