Tribune 03/09/2008 à 17h31

« Hancock » et la résurgence du passé ségrégationniste américain

Tina Harpin | doctorante

A l’heure où la candidature de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis suscite un véritable émoi, nul ne peut nier l’importance de la question raciale dans un pays qui a officiellement aboli la ségrégation il y a à peine quarante ans. C’est pourtant sur ce déni que semble jouer le film de science-fiction Hancock.

Que raconte en effet ce blockbuster ? Hancock, un superhéros marginal, déclassé, incapable d’utiliser intelligemment ses pouvoirs, s’avère être une plaie pour la société jusqu’à ce qu’il se fasse aider par Ray Embrey, un brave chargé de com’ qui redore son blason. Hancock se prend en main, oublie sa bouteille, accepte même d’endosser le costume, trop « homo » à son goût ( !), de superhéros, pour se mettre enfin au service de la société. Telle semble être la fable d’Hancock. Qualifié hâtivement de « transgressif » pour une promotion publicitaire efficace, le film a aussi été interprété comme « progressiste » du fait que le superhéros soit noir, incarné par Will Smith.

Cette donnée de la mise en scène passe facilement pour une preuve d’ouverture d’esprit, d’antiracisme, et on y voit même un clin d’œil amical au candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis.

La rédemption d’un noir par la prison

Le fait que le superhéros noir doive suivre une véritable rééducation (dont la première étape est un séjour en prison) avant de pouvoir assumer ses fonctions ne serait qu’une innocente sophistication du scénario, une variation sur le schéma classique des épreuves purificatrices que doit endurer tout héros, et plus indubitablement tout superhéros.

Ce que raconte Hancock serait donc très clair, l’histoire d’un super-héros amnésique, excentrique mais exemplaire, qu’un rebondissement, dans la seconde partie du film, conduit à faire preuve d’une abnégation suprême. En effet, le spectateur découvre (à partir de là, ceux qui ne veulent pas connaître la fin du film peuvent zapper sur un autre article de Rue89, ndlr) que la femme de Ray Embrey, la ravissante Mary (Charlize Theron), est la sœur et la femme (fonctions souvent accolées dans les récits mythiques) d’Hancock. Tous deux sont les survivants d’une espèce disparue on ne sait trop comment, jusqu’à ce que Mary explique que ce qui les rend « mortels » c’est d’être ensemble. Le héros doit alors renoncer définitivement à sa belle pour se consacrer à la veuve et l’orphelin.

Et Mary peut ainsi vivre une « vie normale » de bonne épouse sans superpouvoir, auprès de son cher Ray.

La peur de l’homme noir (et de sa sexualité)

Cette seconde histoire qui, selon de nombreux critiques, obscurcit le scenario, nous semble au contraire l’éclairer. En dévoilant le passé caché du héros, cette histoire de couple impossible expose en réalité le véritable secret du film, le non-dit d’Hancock : la question raciale.

La fable cachée, inconsciente, refoulée d’Hancock est tout entière dans cette histoire apparemment secondaire de couple frappé d’interdit.

Il s’agit en effet d’un couple mixte, formé de deux figures éminemment angoissantes dans l’imaginaire de l’homme blanc américain : l’homme noir, tenu pour une puissance hypersexuelle effrayante, et la femme blanche, perçue aussi bien comme une victime vulnérable que comme une potentielle traîtresse, susceptible d’abâtardir la race. Souvenons-nous que pendant des siècles, le mariage interracial était interdit aux Etats-Unis et le métissage perçu comme une abomination.

Or la loi du destin qui s’applique au malheureux couple du film Hancock rappelle étrangement la profession de foi de tous les régimes ségrégationnistes racistes : « pour survivre, vivons séparés, nous serons alors heureux, tel est l’ordre des choses (divin, scientifique, naturel, ou les trois, c’est au choix) contre lequel nous ne pouvons rien ».

Hancock à la fin du film, depuis la lune où il observe Mary et Ray, s’est sans conteste soumis à cet ordre des choses, présenté comme un happy end.

Deux références historiques précises

Pas de doute possible : cette histoire murmure et hurle à la fois la phobie du couple mixte et le désir inavouable de ségrégation. Ainsi, les agressions à l’encontre du couple, racontée à l’amnésique par Mary, s’expliquent aisément en tenant compte de la dimension raciale. Est-il étonnant que le couple se fasse agresser au sortir du cinéma en 1931 à Miami lorsque les Etats-Unis sont en pleine ère ségrégationniste ? L’autre évènement rappelé par Mary, l’incendie de leur maison dans les années 1850 quelque part dans le Sud, n’est-il pas exemplaire des exactions des groupes anti-Noirs de l’époque ? Ainsi, les ennemis ne sont jamais nommés, mais un minimum de contextualisation historique (encouragée par la citation de lieux et de dates) suffit à les faire deviner.

Reste à savoir pourquoi le couple au XXIè siècle doit encore renoncer à vivre ensemble.
C’est ici que l’artifice de la narration raccroche violemment la seconde histoire à la première : Hancock a une dette envers la société, et un destin de superhéros, ce qui est bien pratique pour expliquer cet ultime renoncement à la femme aimée.

La phobie du couple mixte

En réalité la phobie du couple mixte est bien la fable secrète du film. Inconsciente et hallucinée, cette autre histoire, surgie d’un passé traumatique, explique l’apparente incohérence du scenario et permet de saisir les changements de ton qui font brutalement passer du comique à l’angoisse caractéristique de la phobie.

En témoigne la séquence où Mary, allongée sur un lit d’hôpital, est en proie à de
violents électrochocs, pendant qu’Hancock, à l’intérieur du même immeuble, subit les coups d’agresseurs forcenés sous la pluie battante déclenchée par un système anti-incendie. Ce passage du film est non seulement dur, « hard » mais aussi « hard-core » au sens pornographique du terme.

En effet, les images saccadées et entremêlées d’une Mary couchée et d’un Hancock filmé de face, tout dégoulinant, suggèrent un érotisme violent. La séquence se substitue à la scène classique de
coït, comme si c’était l’unique mise en scène trouvée par la réalisation pour rapprocher ces deux corps que tout doit absolument séparer.

Etant donné que la scène d’amour proprement dite entre Hancock et Mary est interdite, puisqu’elle est objet de phobie, le seul moment où l’amour des deux personnages s’exprime à travers leur
corps, est celui de cette séquence où ils expérimentent ensemble la souffrance physique, jusqu’à ce que l’éloignement d’Hancock y mette fin.

Un film finalement intéressant... malgré lui

Le film exprime ainsi une puissante fascination-répulsion envers le tabou des rapports sexuels interraciaux. L’insistante mise en scène de la souffrance ne fait qu’exhiber le châtiment encouru par le couple mixte coupable de s’aimer. L’agression subie par Hancock assouvit ainsi les pulsions de meurtre et de vengeance et rappelle l’interdit, tandis que Mary paye son crime d’amour par un autre martyr, tout aussi spectaculaire. Ce n’est que lorsque Hancock s’éloigne de l’hôpital, et met de la distance entre les deux personnages que le couple sort enfin de ce cauchemar et entraîne le spectateur vers des scènes plus apaisées –qui, on l’a vu, n’en sont pas moins malsaines.

En somme l’histoire d’Hancock est double. Il y a l’intrigue officielle, parfaitement audible et finalement très politiquement correcte du superhéros qui rentre dans le rang. Mais, à une autre fréquence, ce qui se voit et s’entend, affichée ou voilée, hurlée ou murmurée selon
la sensibilité du spectateur, c’est une problématique mise en scène de la ségrégation raciale. Le film à succès « incohérent » et « lourdingue » est ainsi un film nettement plus intéressant, plus
cohérent, et plus difficile à qualifier aussi, si l’on écoute et observe ce qu’il témoigne de la résurgence du passé raciste des Etats-Unis. William Faulkner écrivait que le passé n’est jamais mort, qu’il n’est même pas passé ; le film Hancock l’atteste, avec une
maladresse et un manque de réflexion flagrants.

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  • 102 réactions
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  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 23h56 le 03/09/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    ...Pendant la scène insoutenable ou Mary se prend des électrochocs de 5000 gigahertz qui lui dressent sa chevelure sur la tête dans le grenier tandis qu’ Hancock se fait tirer ses cheveux plaqués et mouillés par des méchants à la cave . Tu coupes le son et tu lis l’ article ..

  • I.P
    I.P
    Flat4
    • Posté à 11h26 le 04/09/2008
    • Internaute 25391
      Flat4

    Cette analyse, bien loin de m’impressionner comme vous, m’a fait furieusement penser aux « analyses » des profs de français du lycée. Mais si rappellez vous, je pense qu’on a tous eu un(e) prof qui, en partant d’une phrase banale de Voltaire au détour d’une page de l’Ingénu, se lançait sur deux heures d’analyse creuse pour le plaisir de s’écouter parler.
    Là j’ai un peu la même impression, l’auteur de l’article semble vouloir voir de la phobie des noirs, et de la mixité en général, là où il y a juste un blockbuster avec un scénario facile qui tient sur le coin d’une nappe de restaurant. Surtout quand on voit les chefs d’oeuvre écrits par les auteurs de ce euh... « film » (source IMDB)

    - Vincent Ngo

    • Hancock (2008) (written by) (as Vy Vincent Ngo)
    • Fearless (2004) (TV) (writer)
    • Beat the Devil (2002) (written by)
    • Hostage (2002) (writer)
    • « The Hunger » (1 episode, 1997)

    -Vince Gilligan, auteur de nombreux épisodes de X Files et du navet intergalactique The X Files : Revelations.

    Quant au réalisateur, Peter Berg, il est à l’origine de nombreux succès internationaux, reconnus pour leur profondeur d’analyse sur la société moderne :

    • Hancock (2008)
    • The Kingdom (2007)
    • « Friday Night Lights » (1 episode, 2006)
    • Friday Night Lights (2004)
    • The Rundown (2003)
    • « Wonderland » (1 episode, 2000)
    • Very Bad Things (1998)
    • « Chicago Hope » (1 episode, 1997)
    • Colonel of Truth (1997) TV episode

    Ce film ne fait rien d’autre que reprendre les poncifs du genre : héros malgré lui ; amour impossible ; rédemption, humour moisi pour conclure une scène d’action ; et... Et puis rien, rien de plus qu’un film navrant.
    Que Will Smith soit noir, jaune, ou rose à pois verts n’a rien à voir avec l’affaire et ne rajoute pas de profondeur cachée à un scénario lamentable.

    • zecky
      zecky répond à I.P
      • Posté à 12h55 le 04/09/2008
      • Internaute 3976

      Une femme de 60 ans, fan de cinéma divers et variés et vivant en couple mixte (on dit domino aussi), me témoignait il y a plus de 10 ans de la réalité de « La phobie du couple mixte ».
      Son propre père, pas raciste pour un sous, ressentait l’inquiétude légitime de tous les pères qui marie sa fille, mais aussi des craintes liés à l’acceptation par la société de leurs différences.
      Cette dame donc avide de cinéma, a remarqué que les « scène d’amour », nous dirons scènes de sexe entre couple mixte n’était jamais montrées mais symbolisées, sous-entendues, suggérées. Je rappelle que cette analyse pertinente en 1995, l’est probablement moins en 2008 (en tout cas, je l’espère). Ayant du temps a perdre à l’époque, les nombreux films vus corroboraient cette idée et décrivaient même une homogénéité communautaire comme la règle.
      Quand je témoignais de cette analyse auprès d’amis non concernés ni même intéressés au sujet, on lui opposait un bloc solidaire fait de déni et d’apriori. L’avis sortant ainsi comme un réflexe défensif, alors qu’il n’y avait pas d’attaques. Le débat basé à l’origine sur des faits (scènes de sexe de couples mixtes au cinéma), glisse lamentablement sur de l’idéologie et ce fameux repli communautaire.

      Alors je ne vous dis pas ma déception de voir des gens intelligents, mettre leur capacité d’analyse en jachère, se conformant à leur petit point de vue, leur expérience. Je regrette que nombre de mes amis n’ayant jamais pris le temps de creuser la question oppose des croyances à des arguments.

      Pour revenir au film, je n’ai pu le voir en entier, l’idéologie dont il transpire m’ayant profondément ennuyé. Les clichés ont la vie longue...

      IP.FLAT4, minimiser quelque chose comme la couleur dans cette affaire t’ honore et témoigne de ton ouverture d’esprit, mais en signe par la même occasion une limite : tout le monde n’a pas l’esprit ouvert comme toi, et ce indépendamment des origines (producteur, scénariste comme public).

    • indian runner
      indian runner répond à I.P
      musicien
      • Posté à 15h46 le 04/09/2008
      • Internaute 52200
        musicien

      « phrase banale “ : c’est avec des banalités qui se veulent sans ideologies que l’on entre par la petite porte et que l’on s’installe bien tranquillement...Est ce que toutes les émissions de télé-réalité te semblent banales ? Et est ce que tu trouves qu’il y a tant d’analystes que ça ? Parce qu’en regardant le petit écran ,j’aurai tendance à dire qu’il y a pas mal d’idées nauséabondes qui se transforment en banalités et pas beaucoup d’analystes pouvant prendre la parole ; sauf s’ils veulent bien aller dans le meme sens...

       1 autres commentaires
  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 23h42 le 03/09/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Mouais...

    Et à part ça, quoi de neuf dans toon-ville, Docteur ?

    • asozial
      asozial répond à Numerosix
      Bobo reprazent - aus Berlin.
      • Posté à 01h16 le 04/09/2008
      • Internaute 2273
        Bobo reprazent - aus Berlin.

      l’imaginaire de tes enfants, #6...

      (au fait, tu ne sors pas d’une série télé par hasard ?)

      • Numerosix
        Numerosix répond à asozial
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 07h37 le 04/09/2008
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Aaaarg
        Touché !

         
        • parti
          parti répond à Numerosix
          punishment park
          • Posté à 14h59 le 04/09/2008
          • Internaute 36257
            punishment park

          bien fait !

          • asozial
            asozial répond à parti
            Bobo reprazent - aus Berlin.
            • Posté à 00h20 le 05/09/2008
            • Internaute 2273
              Bobo reprazent - aus Berlin.

            j’adore tacler #6 !

        2 autres commentaires
  • ysengrimus
    • Posté à 00h02 le 04/09/2008
    • Internaute 12674

    Le racisme est foutu.

    Lien

    Le rajustement mental sur les faits se poursuit.

    Paul Laurendeau

    • pablico
      pablico répond à ysengrimus
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 13h53 le 04/09/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      le racisme est peut-être foutu, mais les idées préconçues sont toujours bien plantées, et très profond.

      je ne donnerai pas de jugement de valeur, mais à la lecture des commentaires écrit par certains riverains, ne serait-ce que sur l’antisémitisme, les pays étrangers , cela passe des usa, aux russes en passant par les musulmans(qui n’est pas une ’race’) , on en reste souvent coi.

      -j’ai déjà écrit un truc de cette veine ici, et j’ai été nazé à mort- mais bon cela ne m’empêchera pas de rester coi devant certains développements....

      on peut critiquer, argumenter, ironiser, ’pamphléter’,frotter nos idées et point de vue (enrichissant) sans violence ni mauvaise foi. Car personne n’a jamais vraiment tort ni jamais vraiment raison (le contraire se saurait depuis longtemps).

  • asozial
    asozial
    Bobo reprazent - aus Berlin.
    • Posté à 01h11 le 04/09/2008
    • Internaute 2273
      Bobo reprazent - aus Berlin.

    intéressant, cet article va-t-il subir le bashing dans les commentaires qui accueille en général les propositions de réflexion sur la culture populaire ? (cf. les articles sur ’bienvenu chez les chtis’ ou ’entre les murs’).

    hé Rue89, une rubrique solide et régulière sur les études culturelles ferait du bien à tout le monde, autant que l’économie !

  • TizBee
    • Posté à 01h31 le 04/09/2008
    • Internaute 48466

    Je le reconnais, j’étais franchement sceptique à la lecture du titre, et je le suis toujours un peu après avoir lu cette analyse, mais pas pour les mêmes raisons.

    En fait, c’est plus « l’intentionnalité » de la chose sur laquelle je m’interroge, plutôt que sur le poids du puritanisme et des évènements historiques des Etats-Unis qui aurait pesé sur les épaules du scénariste (principalement Akiva Goldsman, en l’occurence) lors de l’écriture.

    Certes, et c’est assez bien vu, le film reprend un certain nombre de codes, et la mise en scène favorise manifestement des rapprochements.

    Il n’empêche, pour l’exemple : « la rédemption d’un noir par la prison », c’est d’abord la réhabilitation d’un être asocial par le ré-apprentissage des valeurs.
    Le passage par la prison et/ou la participation à des thérapies de groupes sont des classiques du genre dans le cinéma américain.

    Le fait qu’il soit noir peut éventuellement ajouter un second axe de lecture, mais qui n’est à mon sens pas le message essentiel voulu par le scénario.
    La où je vous rejoins, c’est que la mise en scène renforce ce second axe en lui apportant une légitimité presque « de fait » tout au long du film.

    Que le scénario s’appuie sur des phobies*, notamment interraciales, votre article éclairant le met assez bien en lumière. (* le terme me paraît un peu fort, mais il renvoie à un passé marqué ainsi qu’à une vision américaine actuelle du monde sensément être presque maladivement manichéenne, alors pourquoi pas)

    Qu’il aille jusqu’à les légitimer et les encourager, je serais personnellement un peu moins catégorique, mais ce n’est qu’une question de perception.

    Merci en tout cas pour ce texte qui offre un décryptage inattendu (pour ma part) et fort intéressant de ce film.

    • asozial
      asozial répond à TizBee
      Bobo reprazent - aus Berlin.
      • Posté à 10h16 le 04/09/2008
      • Internaute 2273
        Bobo reprazent - aus Berlin.

      la question de l’intentionnalité est centrale, mais cet article ne dit jamais que ce sous-texte est un message subliminal caché mais délibéré, c’est effectivement plutôt l’insconscient collectif américain qui ressurgit.. surtout quand on sait comment est écrit un scénario à hollywood et en général comment se monte une production (une succession de scénaristes retravaille le script jusqu’à ce qu’il soit conforme à ce que la production estime être rentable...)

      mais ce n’est pas si clair, par exemple la vogue des films de super héros depuis le 11 septembre 2001 ne peut pas être innocente, on ne peut pas voir spiderman répéter ’with great power comes great responsability’ sur fond de drapeau américain, daredevil clamer ’i am not the bad guy’ après un combat violent ayant causé des dommages collatéraux, ou hulk lutter contre son hippie de père sans se demander qui a passsé commande de cette offensive de propagande nationaliste et néo-conservatrice...

      • Tyb
        Tyb répond à asozial
        (par ici, par là)
        • Posté à 10h47 le 04/09/2008
        • Internaute 24914
          (par ici, par là)

        « on ne peut pas voir spiderman répéter “with great power comes great responsability’ sur fond de drapeau américain, daredevil clamer ‘i am not the bad guy’ après un combat violent ayant causé des dommages collatéraux’

        Ou alors si on connait quoi que ce soit aux comics on se rend compte que le 11 septembre n’a rien à voir du tout là dedans.

         
        • asozial
          asozial répond à Tyb
          Bobo reprazent - aus Berlin.
          • Posté à 00h31 le 05/09/2008
          • Internaute 2273
            Bobo reprazent - aus Berlin.

          même si les comics ont commencé par être bien-pensants et patriotiques (superman ou captain américa contre les nazis, ironman contre le vietminh...), ils ont bien évolué dès le début des années 80 et atteint des niveaux de complexité passionnants et intégré un certain discours contestataire (par exemple dans le « dark night » de frank miller quand batman crée des milices de vigilantes et s’affronte à superman qui fait la campagne de ronald reagan...) - tout comme hollywood dans les 70s s’est revigoré avec des cinéastes sulfureux...

          cela a bien changé ces derniers temps, et particulièrement dans la vague d’adaptation cinématographique... la culture pop est toujours bien révélatrice de l’air du temps...

        1 autres commentaires
  • Julien83
    Julien83
    chroniqueur BD au Mague, (...)
    • Posté à 01h39 le 04/09/2008
    • Internaute 37797
      chroniqueur BD au Mague, (...)

    Non, mais on ne se dit pas que Will Smith est parfait pour le rôle en dehors de sa couleur de peau ! ...
    Mais ai-je vu le même film ? ! J’ai plutôt vu une forme de Superman (sans qu’il soit Clark Kent), mal rasé, mal fagoté et à moitié ivre, qui se fiche de la société ou presque comme la société se fiche de lui en lui réclamant des dommages et intérêts ...
    C’est un gars qui n’a pas envie d’être Super-héros ... et qui le devient malgré lui.
    N’allons plus voir plus loin. Cette analyse me laisse juste pantois.
    Et les rapports interraciaux dans les comics us, il y en a plein. Ce n’est plus un taboo depuis longtemps.

    • zecky
      zecky répond à Julien83
      • Posté à 14h27 le 05/09/2008
      • Internaute 3976

      Julien, tu mélanges comics us et cinéma us.
      Pas le même public.
      Pas les même budgets.

      Il faut noter l’entrée de MARVEL dans le cinéma comme producteur, évoluant de son rôle de fournisseur de licences juteuses.
      Sinon je pense que si on est ni sensibilisé ni attentif, on peut passer à coté de problématiques, qui du point de vue de l’auteur étaient pourtant évidentes. (« Eyes wide shut » n’as pas dit son dernier mot...)

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 07h50 le 04/09/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    HÉROS MALGRÉ EUX

    « C’est un gars qui n’a pas envie d’être Super-héros … et qui le devient malgré lui. »

    Proprement interminable la liste des films américains traitant de ce sujet. Les héros américains le sont toujours « malgré eux », contraints par les évènements et/ou le devoir. Manière de bien signifier que les « héros » sont avant tout de braves humains qui ne demandaient rien à personne, mais toujours bien conscients au final de leurs devoirs (de super justiciers ? d’Américains ?)

    Contrairement au cinéma européen, par exemple, le cinéma américain fonctionne à fond sur le principe des archétypes (personnages) et des schéma-type (scénarios.)

    Les personnages sont toujours « représentatifs », jusque dans ses excès caricaturaux. Aujourd’hui la plupart des acteurs « vedettes » américains en vogue ressemblent à s’y méprendre à ces mannequins glacés des magazines que des scénaristes essaient désespérément d’animer (Brad Pitt, Angelina Jolie...) Et ceux des années soixante-dix, quatre-vingt, un peu plus typés, s’abandonnent aujourd’hui à la commercialisation éhontée de leur image (Robert de Niro). Et que dire de Will Smith ? ...

    Pareil pour les scenarios. Toujours les mêmes trames archi-prévisibles (une dizaine de modèles tout au plus). Sauf qu’au lieu de nous les servir dans des westerns (Ford) ou dans des comédies hollywoodiennes, on nous les balance dans des fantaisies aéro-spatiales et dans des comédies toujours holywoodiennes mais « modernes ».

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à Le Yéti
      Redchef Rue89
      • Posté à 08h09 le 04/09/2008
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      Un peu caricatural. Je vous conseille les films de Paul Thomas Anderson, Tim Burton, Joel et Ethan Coen, Spike Lee, Jim Jarmusch, David Lynch, Martin Scorsese, Steven Soderbergh, Quentin Tarantino, etc. (sans parler de Woody Allen).

      • asozial
        asozial répond à Pascal Riché
        Bobo reprazent - aus Berlin.
        • Posté à 09h23 le 04/09/2008
        • Internaute 2273
          Bobo reprazent - aus Berlin.

        juste, mais une infime partie de la production hollywoodienne... (sans oublier fincher ou verhoeven...)

         
        • Pascal Riché
          Pascal Riché répond à asozial
          Redchef Rue89
          • Posté à 09h48 le 04/09/2008
            éditeur
          • Journaliste 7
            Redchef

          Les bons restaurants lyonnais sont une infime partie des restaurants lyonnais. Ce qui n’empêche pas Lyon d’être la capitale de la gastronomie...

          • asozial
            asozial répond à Pascal Riché
            Bobo reprazent - aus Berlin.
            • Posté à 10h32 le 04/09/2008
            • Internaute 2273
              Bobo reprazent - aus Berlin.

            ou n’est-ce qu’un cliché journalistique ? et donc ?

        • parti
          parti répond à asozial
          punishment park
          • Posté à 15h03 le 04/09/2008
          • Internaute 36257
            punishment park

          hollywoodienne...hollywoodienne...c’est un peu limitatif...

        3 autres commentaires
      • Tyb
        Tyb répond à Pascal Riché
        (par ici, par là)
        • Posté à 10h04 le 04/09/2008
        • Internaute 24914
          (par ici, par là)

        enfin Tarantino et Burton, dans le genre clichés et trames ultra prévisibles allant jusqu’à l’autoparodie involontaire ils se posent un peu là depuis quelques années...

        et Lynch devrait songer à reprendre ses cachets, c’était pas une bonne idée d’arrêter.

        faut il que je continue sur Janus Soderbergh, oscillant entre film d’auteur bateau et blockbuster pataud ?

        Bon heureusement les Coen se sont un peu secoués, ils commençaient à sombrer dangeureusement

    • Samsam75
      Samsam75 répond à Le Yéti
      Observateur
      • Posté à 17h14 le 04/09/2008
      • Internaute 49199
        Observateur

      Bouh, le cinéma américain c’est caca...

      Super original.

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à Le Yéti
      yetiblog.org
      • Posté à 22h35 le 04/09/2008
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      @ Pascal Riché

      Mais je connais (et apprécie) les cinéastes que vous citez ! De même que je connais et apprécie Cassavetes ou Orson Welles. Sauf que tous ceux-ci ne me paraissent pas vraiment représentatifs de la grosse machinerie hollywoodienne dont je voulais parler, comme ces films où sévit Will Smith et tous ceux qui figurent au box-office US (cf. le tout dernier, éclairant, sur Lien).

      D’autre part, faut-il préciser que j’apprécie aussi énormément certains films et cinéastes de ce cinéma « archétypal » que j’essayais d’analyser Autant en emporte le vent », les films de Capra, de John Ford, de Mankievicz, Cukor, Coppola...

  • lesuperdidou
    lesuperdidou
    Saltimbanque
    • Posté à 09h32 le 04/09/2008
    • Internaute 46485
      Saltimbanque

    Quel régal de vous lire !
    je suis impatient de vous retrouver pour l’analyse du « Petit Chaperon Rouge » : la zoophilie vs l’inceste dans le triangle loup-enfant-aîeule .

    • asozial
      asozial répond à lesuperdidou
      Bobo reprazent - aus Berlin.
      • Posté à 10h18 le 04/09/2008
      • Internaute 2273
        Bobo reprazent - aus Berlin.

      cela a été traité depuis longtemps par bruno bettelheim dans sa ’psychanalyse des contes de fées’.

      • lesuperdidou
        lesuperdidou répond à asozial
        Saltimbanque
        • Posté à 10h26 le 04/09/2008
        • Internaute 46485
          Saltimbanque

        Quand on va à la pêche Rue 89, ça mord toujours !

         
        • asozial
          asozial répond à lesuperdidou
          Bobo reprazent - aus Berlin.
          • Posté à 10h26 le 04/09/2008
          • Internaute 2273
            Bobo reprazent - aus Berlin.

          tu n’as rien à faire de ta vie ?

          • lesuperdidou
            lesuperdidou répond à asozial
            Saltimbanque
            • Posté à 10h32 le 04/09/2008
            • Internaute 46485
              Saltimbanque

            non

            • zecky
              zecky répond à lesuperdidou
              • Posté à 14h20 le 04/09/2008
              • Internaute 3976

              Azocial vient de te mettre face à ton ignorance, et au lieu de :
              -le remercier de l’avoir fait de façon courtoise et non offensante,
              -de prendre note et de commencer une auto-critique sur la pertinence de tes commentaires
              -de t’intéresser à ce et ceux qui ne t’intéressent pas

              tu persistes à vouloir paraître con ou simpliste. Dommage, mais il n’est pas trop tard...

              • lesuperdidou
                lesuperdidou répond à zecky
                Saltimbanque
                • Posté à 15h54 le 04/09/2008
                • Internaute 46485
                  Saltimbanque

                J’aurais du prendre une bourriche plus grande.

        7 autres commentaires
      • lesuperdidou
        lesuperdidou répond à asozial
        Saltimbanque
        • Posté à 10h31 le 04/09/2008
        • Internaute 46485
          Saltimbanque

        Si mes souvenir sont exacts,B.B. choisi un autre angle de vue ...

         
        • ogareff
          ogareff répond à lesuperdidou
          • Posté à 15h57 le 04/09/2008
          • Internaute 26906

          Non pas vraiment.

          • lesuperdidou
            lesuperdidou répond à ogareff
            Saltimbanque
            • Posté à 16h07 le 04/09/2008
            • Internaute 46485
              Saltimbanque

            Je n’ai plus ce livre mais je n’ai pas le souvenir que B.B. est abordé la sexualité infantile par le biais de la zoophilie, mais ma mémoire peut me jouer des tours.Si quelque érudit plus sérieux que moi pouvait nous venir en aide Merci.

        2 autres commentaires
  • la_hulotte
    • Posté à 10h22 le 04/09/2008
    • Internaute 25210

    Eh bien moi je trouve cette analyse tout à fait passionnante et elle me convainc entièrement.
    Je regrette moins d’avoir vu le film, maintenant. Le scénario est-il à ce point intentionnel ? S’il ne l’est pas, c’est la démonstration flagrante de l’existence d’un inconscient collectif, marqué de tous les drames et orientations passées.
    Tina, en quelle discipline êtes vous doctorante ?

    • la_hulotte
      la_hulotte répond à la_hulotte
      • Posté à 12h10 le 04/09/2008
      • Internaute 25210

      - ah en fait c’est marqué à coté : littérature comparée.

    • Stump
      Stump répond à la_hulotte
      Etudiant
      • Posté à 16h16 le 04/09/2008
      • Internaute 49938
        Etudiant

      Je vote pour l’inconscient collectif.
      L’autre moitie du film c’est aussi la conformisation de l’homme par le sectarisme, et celle de la femme au foyer, qui apres une vie de super heroine ne desire plus qu’une chose : faire des meatballs a son loser de mari et changer les couches du gamin...

  • hoshiko
    • Posté à 12h15 le 04/09/2008
    • Internaute 28938

    Je note que les films sont toujours faits par et pour les hommes blancs : le couple Whitney Houston-Kevin Costner de Bodyguard n’a jamais gêné personne.
    Et si, bien sûr, il y avait des rebondissements à la « je t’aime mais je te quitte » (bah, c’était un film, il faut bien qu’il se passe des choses en 1h30), le garde du corps blanc finissait avec la chanteuse noire.
    Bon, on peut arguer qu’il avait un statut social inférieur à elle, mais en même temps, c’était lui le (super-)héros.

    Ou alors, la société (et pas qu’américaine) s’est repliée sur elle-même depuis les années 90... Oui, mon expérience des rapports hommes-femmes me dit qu’il y a un peu de ça.

  • Samsam75
    Samsam75
    Observateur
    • Posté à 12h36 le 04/09/2008
    • Internaute 49199
      Observateur

    C’est juste un film ! ! !

    Faut pas se prendre la tête comme ça sur des trucs pareil ! ! Il me fait marrer le mec qui critique sa prof qui s’écoute parler et qui nous balance 3 pages de commentaires ! Vous n’avez pas des vrais problèmes personnels à résoudre ou quoi ? !

    Comme quoi on peut voir du racisme & de la propagande dans n’importe quoi. Je me demande ce qu’aurait donnée l’analyse si le monsieur muscle hollywoodien du moment avait été blanc.

    A quand une analyse de « Mr Bean en vancances » ? !

    En revanche, Hancock n’est surement pas une histoire (si on peut parler d’histoire) de « héros malgré lui » mais une histoire de « héros en manque de reconnaissance » (à la Dark Knight, à quoi bon être un héros si personne ne m’aime ? ... ben parce que)

    Charlize Theron est... super bonne ! !

    ça c’est du rock... GOOD JOB ! !

    • zecky
      zecky répond à Samsam75
      • Posté à 13h17 le 04/09/2008
      • Internaute 3976

      Tu es sincèrement invité à t’intéresser à Hollywood son l’idéologie et l’histoire de la censure cinématographique aux usa. Les USA ne sont pas la France !

      Pendant le mois de juin france 5 faisait un cycle sur les noirs aux USA pendant le XXe siècle, je te conseille n’importe lequel de la dizaine de documentaires diffusés.

      La pluralité et la pertinence des informations dont on dispose détermine la qualité et la pertinence de nos possibles conclusions.

      • Samsam75
        Samsam75 répond à zecky
        Observateur
        • Posté à 16h42 le 04/09/2008
        • Internaute 49199
          Observateur

        ça me donne l’impression que l’humilité est inversement proportionnelle au savoir ( ? !)

        moi ça me fait marrer qu’on puisse faire une telle analyse d’un film pareil ! ! ce qui me fait marrer n’est pas forcement inintéressant.

        juste un petit commentaire léger, sans prétention...

  • lesuperdidou
    lesuperdidou
    Saltimbanque
    • Posté à 12h50 le 04/09/2008
    • Internaute 46485
      Saltimbanque

    Pour avoir déjà pratiqué ce genre d’exercice avec une planche du « Génie des alpages » de F’murr,au siècle dernier,je me souviens de la difficulté de coller au discourt ambiant tant sur le fond que sur la forme ; je renouvelle donc mes sincères compliments à l’auteuse de cet article.

    • lesuperdidou
      lesuperdidou répond à lesuperdidou
      Saltimbanque
      • Posté à 16h02 le 04/09/2008
      • Internaute 46485
        Saltimbanque

      DISCOUR et non pas discourt ! eh, analphabète !
      Et personne pour corriger les fautes !

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