Decryptage 28/08/2008 à 20h27

Soutien scolaire : gros budget, grosse com, maigres résultats ?


Infosignalée par
un internaute





Salle de classe, école primaire, Paris (Gilles Coulon).

Xavier Darcos faisait sa grosse journée de rentrée, ce jeudi. Le ministre de l’Education nationale, très décrié l’an dernier pour avoir annoncé la suppression de plus de 11 200 postes d’enseignants, dévoilait en effet les grandes orientations de l’année scolaire qui démarrera officiellement mardi 2 septembre.

Parmi les mesures annoncées ou confirmées par Darcos, figure en bonne place la remise à niveau des élèves. Cela vaut pour le primaire comme pour le secondaire. En primaire, deux heures supplémentaires iront aux élèves en difficulté, triés par le chef d’établissement. Mais, pour les CM1 et CM2, les stages de soutien vont se généraliser pendant les vacances.

Plusieurs expériences pilotes avaient déjà cours cet été. Côté statistiques, le ministère précise que 115 000 élèves de primaire s’étaient inscrits. Soit 22 000 enseignants sur le pont, à raison de trois heures par jour en maths et en français pour les CM1 et CM2 volontaires.

Dans son discours de rentrée, ce jeudi, Xavier Darcos a vanté la généralisation du principe en secondaire :

« Devant le succès de ce dispositif voulu par le président de la République, les lycéens m’ont demandé au printemps dernier de l’étendre aux lycées en difficulté. Ce sont près de 6 000 lycéens volontaires issus de quelque 200 lycées réputés difficiles qui ont pu en bénéficier au mois d’août. »

20 millions d’euros pour deux semaines : un coût énorme

Au total, le coût de l’opération est énorm e : 20 millions d’euros sur quinze jours, avec 900 profs mobilisés au lycée. Le ministère, qui n’a pas mégoté sur les moyens, ne lésine pas non plus sur la communication. Ce vendredi, Xavier Darcos se rendra même dans un lycée Jean-Jaurès, à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) pour vanter un dispositif qui aurait finalement dépassé les prévisions.

Sur le terrain, la réalité est plus contrastée, même si tous s’accordent à dire que l’idée va bien sûr plutôt dans le bon sens. Depuis le début des stages d’août, plusieurs salariés de l’Education nationale ont en effet alerté Rue89. Une de ces internautes -qui tient à rester anonyme- travaille au lycée Robert-Doisneau, de Corbeil-Essonnes.

Elle nous a contacté la semaine dernière après la visite de l’inspectrice d’académie et d’une « palanquée de journalistes » dans son établissement. Au moment où cette riveraine écrit, toute l’équipe pédagogique se prépare à la venue de Xavier Darcos et Nicolas Sarkozy, annoncée pour la deuxième semaine de stage (soit ces jours-ci).

Entre-temps, le ministre a donc changé son fusil d’épaule, et opté pour un autre lycée. Et pour cause : alors que l’Education nationale assure que l’opération fait un carton, les élèves se sont montrés plus frileux, à Robert-Doisneau. A l’issue de la première semaine de stage, notre internaute précisait que seulement 34 élèves s’étaient manifesté, mais que 250 étaient inscrits pour la deuxième semaine.

Contacté ce jeudi, Jean-Louis Dodeman, proviseur-adjoint du lycée, a sorti ses chiffres :

« La semaine dernière, on attendait 34 élèves. Certains inscrits ne sont pas venus, mais le bouche-à-oreille a marché pour d’autres, et nous avons fini par atteindre jusqu’à 60 élèves vendredi. Cette semaine, 230 étaient inscrits. Il y a eu un pic à 111, mais les premiers jours, certains groupes étaient clairsemés avec un total de 75 élèves. »

Un lancement trop tardif mais des élèves motivés

Pour lui, si les élèves présents étaient « très volontaires », le dispositif a souffert de la précipitation dans laquelle il a été mis en place par le ministère, qui a lancé l’opération seulement le 5 juin :

« On a proposé aux parents d’inscrire leurs enfants en envoyant le bulletin de notes du troisième trimestre l’an dernier. Mais c’était très tard pour prévenir les familles, sans compter la démotivation en cours d’été. »

Le lycée misait pourtant gros sur les stages pour rééquilibrer ses statistiques de réussite au bac. En effet, ces stages sont avant tout destinés aux élèves entrant en terminale -ainsi qu’à une poignée de néo-bacheliers qui souhaiteraient préparer leur rentrée universitaire.

Or, « de nombreux parents forcent le passage en terminale en refusant que leur enfant redouble », explique la direction de Robert-Doisneau. De facto, les statistiques plongent et la remise à niveau estivale a aussi pour but d’améliorer les résultats en fin de terminale. A cela, le lycée de Corbeil-Essonnes a par ailleurs ajouté une prise en charge des élèves les plus fragiles qui sortent de seconde.

A noter : Jean-Louis Dodeman précise qu’il a constaté « une forte proportion de filles, dont beaucoup issues de familles africaines ». Son explication : « Elles s’accrochent à l’école et préfère étudier que rester dans leurs familles, à effectuer par exemple des tâches domestiques. »

Photo : Salle de classe, école primaire, Paris (Gilles Coulon/tendance Floue).

A lire aussi : Pourquoi développer le soutien scolaire est une idée néfaste

  • 13738 visites
  • 50 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Nondupe
    • Posté à 11h11 le 29/08/2008
    • Internaute 16772

    Vous dites ne pas comprenre comment cela s’organise...

    Vous n’êtes pas le seul. En fait, toute l’éducation nationale, (celle qui bosse avec les enfants( ne pige rien. chacun va donc brisoler dans son coiN
    Bon début pour une régionalisation de l’éducation...projet de darkos aux ordres de son chef.

    darkos a balancé cela avant la sortie, mais rien n’est organisé. Tout est laissé à l’appréciation des gens du terrain... et aux bon plaisir des municipalités qui doivent ramer derrière pour organiser transports, cantines,...
    Mais qu’importe la cohérence. Ce qui est important, c’est la communication et les effets d’annonce.

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER répond à Nondupe
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 16h39 le 29/08/2008
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      Pour le PRIMAIRE,

      je vous conseille d’aller voir la réponse faite par KK ( message à 09H42 )

      à ZAOTITUS ( posté à 07H38 )

      où elle donne beaucoup d’informations essentielles.

      La comm’ du ministre est efficace.

  • jjhb
    jjhb
    cosmonaute
    • Posté à 21h15 le 28/08/2008
    • Internaute 44957
      cosmonaute

    Le soutien scolaire est une bonne chose. Et je crois que bon nombre d’entre nous aurait bien aimé connaître un tel dispositif jadis.

    Espérons qu’un maximum de professeurs joueront le jeu. C’est tellement important une bonne instruction.

    Je me dis d’ailleurs que le seconde classe sarkozy a du cruellement en manquer dans sa tendre enfance lorsque l’on constate actuellement le néant culturel qui remplit son quotidien.

    • papy55
      papy55 répond à jjhb
      prof. en province
      • Posté à 09h14 le 29/08/2008
      • Internaute 24237
        prof. en province

      Pour le soutien scolaire, les profs joueront le jeu, jusqu’à ce qu’on leur dise que le budget est épuisé... !

  • LeSultanDeBruni
    • Posté à 21h26 le 28/08/2008
    • Internaute 32613
      .

    Travailler moins pour apprendre plus.

    Une mesure qui va permettre à une minorité de partir plus facilement en week-end.
    Une mesure pour stigmatiser encore plus les élèves en difficulté, en leur infligeant 2 heures supplémentaires et des stages de rattrapage pendant les vacances pendant que leurs petits camarades seront en train de buller.

    Et les mémères, qui étaient les premières à gueuler pour que l’école organise une garderie en cas de grève, ne disent rien alors que les élèves ne vont plus en classe le samedi matin !
    Apparemment quand c’est M. Darcos qui impose le temps libre ça ne dérange personne mais quand ce sont les grévistes là ça ne va plus.

    • La péronnelle
      La péronnelle répond à LeSultanDeBruni
      toute petite petite
      • Posté à 22h50 le 28/08/2008
      • Internaute 51566
        toute petite petite

      A mon avis, il ne s’agit pas seulement « qu’une minorité puisse partir en week-end ». Si on prive nos enfants de deux heures d’école par semaine, ne nous leurrons pas, c’est surtout pour que la majorité d’entre eux soit emmenés avec les parents dans les caddies des super marchés. C’est bien connu que ce sont les meilleurs clients. Vous verrez, les ventes vont exploser !

  • Humain
    • Posté à 21h33 le 28/08/2008
    • Internaute 21387

    Il est bien évident que le soutient scolaire est un business ! !

    Des sociétés et pas des moindres s’y penchent, et en font un chiffre d’affaire superbe sur le dos de nos chers enfants.

    Le principal est de s’arranger pour diminuer le nombre d’heures de cours, ainsi que celles du samedi matin, qui seront re-facturées au prix fort.

    Le principla est que chacun croit que le soutient scolaire est une bonne chose !

    Comment ?

    Mais tout simplement en diminuant les horaires, les heures de cours et les profs’.... Facile !

  • désenchantée
    • Posté à 21h40 le 28/08/2008
    • Internaute 43955
      aucune

    bonsoir
    pour vous répondre LeSultanDeBruni, je crois que les Français sont las de tout et devienent fatalistes, à quoi bon aller dans la rue faire grève puisqu’au bout là haut ça ne s’entend pas, nos gouvernements font ce qu’ils veulent « t’es content tant mieux tu ne l’es pas tant pis » semble t on nous dire......

  • N.MARECHAL
    • Posté à 21h46 le 28/08/2008
    • Internaute 9175

    Gros budget, grosse com’, maigres résultats.
    Bref, la routine ...

    C’est tout un programme ! ! !

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 21h48 le 28/08/2008
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    Si l’école avait les moyens pour assurer sa mission, la réalité du soutien se passerait de com’.
    Mais la politique actuellement menée semble se résumer aux primes et aux suppressions.
    Si ce n’est pas pour l’instant le chaos ; c’est indéniablement le KO !
    Lien

  • patoche39
    patoche39
    enseignant
    • Posté à 21h53 le 28/08/2008
    • Expert 51573
      enseignant

    Quelques idées pour subventionner le soutien scolaire......Là où certains syndicats rétrogrades et quelques soixante-huitards attardés crient aux coupes sombres et au dégraissage intempestif, nous préférons voir dans ces suppressions de postes au sein de l’Education Nationale de justes mesures d’économie visant à enrayer une gabegie unanimement constatée et condamnée.
    Mieux, le Groupuscule Marche ou Grève, las des critiques aussi stériles que bêtement prévisibles, a décidé d’apporter sa pierre à l’édifice et de proposer quelques mesures modestes et pragmatiques afin de contribuer, dans un souci d’effort national, à assainir les finances d’une institution que le gaspillage éhonté a fini par mettre en péril.
    Si ces quelques conseils, bien faciles à mettre en œuvre, vous paraissent dérisoires, rappelez vous l’adage selon lequel il n’y a pas de petites économies.
    Et participez vous aussi à cet élan nécessaire en vous rappelant à chaque instant que les bénéficiaires en seront vos élèves, bien avant Mr Darcos.

    · proposez à votre chef d’établissement des regroupements de classes avec cours en amphithéatre, notamment en seconde : vous aurez l’illusion d’être maître assistant à la Sorbonne, et vous préparerez vos élèves dès le lycée à ce qui les attend après le bac dans une fac surchargée.
    · le poste budgétaire « feutres pour tableaux blancs » est le cauchemar de tout intendant qui se respecte. Prolongez la durée de vie de vos feutres en les faisant mariner, dès vos cours terminés, dans un mélange vinaigre-sang de veau qui leur rendra la netteté et la fluidité indispensables à une écriture de standing.
    · n’allumez vos salles de cours que lorsque c’est vraiment nécessaire, en particulier le matin : vos élèves vous sauront gré de les aider à prolonger leurs nuits toujours trop courtes, et vous réaliserez ainsi de substantielles économies d’énergie.
    · on ne compte plus les hectares de forêt éradiqués par suite d’une consommation de papier gargantuesque : rédigez au tableau l’énoncé de vos devoirs en classe, vos élèves bénéficieront ainsi d’une demie-heure inespérée pour effectuer une révision salutaire ; les documents indispensables pourront eux être photocopiés sur quelques-uns des innombrables prospectus qui inondent votre boîte aux lettres.
    · la cantine génère elle aussi des dépenses en croissance quasi exponentielle : un plateau creux pour servir la totalité du repas permettra de diminuer les coûts de fonctionnement et améliorera la rapidité du service pour un secteur plus productif et plus compétitif.
    Le nettoyage des plateaux pourra être assuré par un sans-papiers bénévole et provisoirement interdit de charter.
    · n’utilisez les ordinateurs qu’en cas d’absolue nécessité, par exemple lors des cours d’éducation musicale pour télécharger l’album de Carla. Ou pour initier vos élèves aux techniques de management sauvage et de placement boursier en vigueur.

    Cette liste n’est pas exhaustive.
    Faites nous part de vos idées par courrier à l’adresse suivante :

    Opération « Les profs : une variable d’ajustement »
    Ministère de l’Education Nationale
    1, rue de l’Equarrissage
    75792 PARIS cedex 9

    • tOrDrE L¤RdRe
      tOrDrE L¤RdRe répond à patoche39
      chien de talus
      • Posté à 22h16 le 28/08/2008
      • Internaute 50571
        chien de talus

      AAAAAHAHAHAH HA HA cynique mais drôle !

  • el loco
    el loco
    éducateur spécialisé
    • Posté à 22h40 le 28/08/2008
    • Internaute 11961
      éducateur spécialisé

    bon sans rire

    il est balèze le ministre faire passer une réduction des heures de cours (et donc de cout) comme un bénéfice au profit des élèves c’est fort et si pour cela il faut pointer du doigt les élèves en difficultés en leur disant qu’ils vont faire des heures de cours en plus (alors que leur copains seront en train de jouer) et au final en creusant encore plus le fossé qui les séparent des bons élèves .... pourquoi s’en priver ? ? ? ? ?

    parce que je sais pas pour vous mais moi quand je me sent en difficulté dans un domaine j’ai pas forcement envie d’en faire plus

  • Carmagnole
    Carmagnole
    retraité de l'Education (...)
    • Posté à 22h50 le 28/08/2008
    • Internaute 44234
      retraité de l'Education (...)

    J’espère que « notre ministre de ’l’éducation » a mis à profit ses conseils aux élèves en difficultés et qu’il aura suivi les stages de remise à niveau CM1/CM2 ; à son prochain passage à la télé il pourra peut-être nous faire une éclatante démonstration de la résolution d’une règle de trois ! Cela serait la meilleure preuve de l’utilité de ces stages !

  • Ciencien
    Ciencien
    Étudiant (en pharmacie)
    • Posté à 23h21 le 28/08/2008
    • Internaute 43695
      Étudiant (en pharmacie)

    Je crois que ça saute aux yeux, on se dirige vers un élitisme des plus profonds. Tout d’abord, la suppression de la carte scolaire. Ensuite, on utilise la méthode du sandwich. On prend par le haut, en privatisant les universités et tout ce qui s’en suit, et on prend désormais par le bas. En réduisant le nombre d’heure de cours obligatoire, on distinguera aisément qui a besoin d’heure de soutien et qui n’en aura pas besoin. Les élèves avec de la facilité seront ainsi repéré beaucoup plus tôt, et voilà. Et pour les endroits où les profs n’assureront pas les heures sup’ de soutien, et bien, c’est les société privées qui se feront la malle, et seules les familles les plus aisées pourront assurer une éducation convenables pour leurs bambins. Les sales pauvres eux, on s’en fout, du moment qu’ils apprennent bien la Marseillaise, qu’ils savent compter jusqu’à 10, qu’ils sachent les principales victoires de Napoléon et le jour du terrible et effroyable assassinat de Guy Moquet et qu’ils comprennent le fonctionnement et la nécessité d’une belle armée.
    Avec la réduction du nombre d’heure de cours, et le terme « d’heure obligatoire », j’ai l’impression de parler d’une éducation à la carte, forfaitaire en sorte.
    Il faut bel-et-bien abrutir les masses populaires...

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER répond à Ciencien
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 14h18 le 29/08/2008
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      C’est important d’avoir une vue d’ensemble, de synthétiser, de ne pas se laisser distraire par les petits détails mais je renâcle si vous traitez cette forme d’aide avec la même grille de lecture.

      Cher lycéen, cela fait des décennies que j’entends parler d’échec scolaire
      avec le même degré de fatalisme qu’inspire le temps qu’il fait ou les lois gravitationnelles. Ici et là, de façon clandestine, certains élèves étaient assistés, et certains dopés. Et l’institution prenait en charge, une partie des « cas ». Sans toucher au tabou des horaires !

      Jusqu’à ce jour,
      une partie des élèves en difficulté avait le droit de se faire aider.
      Et les autres avaient le droit de vivre avec leurs difficultés,
      bien cachés au milieu d’enfants de leur âge.

      Pour une fois qu’on annonce vouloir aller au delà,
      …… un seul mot d’ordre = « CHICHE ! “

  • Alexad
    • Posté à 23h43 le 28/08/2008
    • Internaute 8145

    Excellent ! Les jeunes profs débutant leur carrière vont percevoir une prime d’entrée dans la vie active de 1500 €...(très drôle : gagner plus avant d’avoir commencé à travailler, un grand moment ! !)
    2 heures de cours en moins : travailler moins ! !
    De quoi enrayer d’avance tout mouvement de grève ! ! ! ...

    Pour le reste, les enfants en difficulté et les éventuels profs qui voudraient faire des heures sup, à suivre ! ...

    • baxbrin
      baxbrin répond à Alexad
      Enseignant en IdF
      • Posté à 23h29 le 29/08/2008
      • Expert 40469
        Enseignant en IdF

      Et soyons même plus cyniques. La « prime d’installation » existe depuis des lustres, mais seuls les concernés la connaissent.

      Il faudra vérifier, mais je suis presque sûr que ce que le sinistre annonce n’est qu’une « communication » de cette prime. Il fait passer un truc (justifié) qui existait déjà pour une nouveauté.

      Courageux débutants, vérifiez ! Vous devez percevoir la « prime d’installation » (1200 € si je me rappelle bien) PLUS la fabuleuse générosité de notre Sinistroz (1500 €). Mais où est l’économie alors ?

      Sinon on nous aurait menti ? Non... Si on nous prenait pour des cons on le saurait...

      Dans le dernier Charlie, vous avez le pedigree de notre Msinistre. On comprend beaucoup de choses...

    • zaotitus
      zaotitus répond à Alexad
      instit
      • Posté à 08h43 le 30/08/2008
      • Internaute 49853
        instit

      Non, nous ne travaillons pas 2 heures en moins nous les utilisons pour le soutioen aux élèves en difficulté, je me demande d’ailleurs si sur nos fiche de paie il n’y a pas encore écrit 39 heures ?

  • fabbb
    • Posté à 01h55 le 29/08/2008
    • Internaute 24755

    Pour certains élèves ayant des difficultés d’abstraction tous les soutiens du monde ne changeront rien à leur difficultés scolaires. Faîtes les partir en vacances (les séjours proposés aux enfant sont de plus en plus courts et de plus situés en périphérie des grandes villes, fautes de moyens financiers) pour qu’ils puissent expérimenter, découvrir et tâtonner dans différents milieux. Bourdieu dénonçait déjà dans les années 60 les inégalités culturelles à l’école qui n’ont fait que s’aggraver ces dernières années.

  • zaotitus
    zaotitus
    instit
    • Posté à 07h38 le 29/08/2008
    • Internaute 49853
      instit

    Aider les enfants en difficulté, oui bien sûr mais en supprimant 2heures par semaine... est-ce bien judicieux ?
    Pour avoir un peu épluché les « nouveaux » programmes de primaire, je cherche en quoi ils peuvent lutter contre l’échec tant qu’il y aura des classes de 30 élèves, ce n’est pas en faisant de la rédaction plutôt que de l’expression écrite, de la récitation au lieu de la poésie ; ça c’est vraiment que du blabla.
    Dans notre école nous avons eu un stage pendant les vacances de Pâques, un instit d’une autre école est venu pour 4 enfants, 4 jours. Nous n’avons eu aucun retour quant au travail fait. Aucun volontaire chez les instits pour les stages de cet été (1semaine début juillet, 1 semaine fin août).
    Je veux bien croire que le budjet de l’éducation Nationale est collossal, certes, mais les sous doivent se perdre en chemin, et puis c’est pas des sous en sous dont on a le plus besoin, c’est du personnel. Attention, si nous, instits en classe, nous arrivons à diminuer l’échec, qu’adviendra-t-il des rased (les instits spécialisés qui travaillent sur des secteurs de + en + étendus 1 pour 5 ou 6 écoles de plus de 200 élèves) ? Là aussi il y aura des économies à faire. Et la maternelle est-elle vraiment nécessaire... ?
    Bon ben, bonne rentrée à tous, moi c’est ce matin...

    • kk
      kk répond à zaotitus
      au vert
      • Posté à 09h42 le 29/08/2008
      • Internaute 13480
        au vert

      Bonjour zaotitus, moi, c’est kk, instit’ rurale à ses (nombreuses) heures.
      Je crains que l’agacement n’ait rendu votre post un peu confus pour les lecteurs peu au fait de l’enseignement primaire, et pourtant vous avez fait le tour de tout ce qui nous fache.
      Comme d’hab, seul le lycée intéresse, alors que ce qui se passe dans les écoles est grave et a suscité aux mois de mai et juin des mobilisations dont on a peu parlé ici.

      Deux types de « soutien scolaire » font leur apparition dans les écoles :

      - un pendant les vacances pour les élèves de CM signalés par leur enseignant . Les enfants peuvent travailler une semaine ( seulement le matin )début juillet et/ou une semaine fin août avec des enseignants volontaires et grassement rémunérés en heures supplémentaires défiscalisées.

      De nombreux enseignants refusant ce soutien « bidon » ( j’y reviens) il a lieu dans les écoles les plus importantes avec des enfants venant parfois d’autres écoles (chez nous, des enfants venaient d’un village éloigné de 11 km, espérons que les parents de ces enfants avaient un véhicule, ce qui n’est pas toujours le cas)

      Ce soutien est « bidon » (et gageons qu’aucune évaluation sérieuse ne sera menée ) parce que le/la collègue qui arrive ne connait pas les mômes, ne rencontre pas leur enseignant(e), bidouille dans une école qui n’est pas la sienne, et ne transmet rien à l’instit’ des mômes à la fin de la semaine

      - l’autre soutien aurait pu ne pas être bidon mais ...
      pour le mettre en place, on a commencé par supprimer deux heures de classe à tous les élèves de l’école primaire, ce qui sera préjudiciable au « niveau moyen »

      Avec ces deux heures supprimées à tous, on peut mettre en place deux heures de soutien ( on maintient ainsi le volume horaire des enseignants) A chaque école de proposer un aménagement de la semaine (sachant qu’on ne doit plus travailler le samedi )

      Chez nous, depuis une trentaine d’années, on travaillait le mercredi, on n’aurait donc pas du avoir de problèmes : seulement voilà ...

      - Le conseil général qui gère les transports scolaires (très nombreux en secteur rural) a déjà signé les appels d’offres et ne peut pas changer sans garantie de l’Educ Nationale.

      - l’Educ Nat ne peut pas s’engager sans garantie des transports.

      - les municipalités (je suis élue locale) et les instit’ ne savent pas toutes comment va se passer la rentrée (dans mon école, l’inspectrice n’a toujours pas validé notre proposition ... le 27 aout et ne répond pas au téléphone), dans ma commune, la même inspectrice a validé le projet mais les transports viennent de nous apprendre que c’est impossible ! , on ne sait donc pas quels horaires afficher pour le jour de la rentrée dans les deux cas.

      - Dans notre école, nous REFUSONS d’allonger la journée de classe pour les enfants dits « en difficulté »
      celà nous oblige donc à continuer à travailler 9 1/2 journée, le mercredi compris : ce choix règle en plus le problème de garde des enfants puisque sur le secteur, rien n’existe et pour cause, il y avait l’école.

      Toutes nos propositions incluant le mercredi sont refusées par l’inspectrice qui accepte sans sourciller un rallongement d’une heure deux fois par semaine (des mômes de 5 ou 6 ans auront 7 heures de classe par jour !) au mépris de toute efficacité.

      Alors ?
      En juin, les propositions de formation continue sont arrivées dans les écoles ; tout se passera dorénavant le mercredi matin et non plus par « semaine de stage »
      Alors ?
      Elémentaire mon cher Watson !

      ON ECONOMISE TOUS LES POSTES DE REMPLACANTS qui intervenaient sur les classes des instit’ en formation.

      Vous avez dit soutien ?

      • jcmig
        jcmig répond à kk
        • Posté à 10h08 le 29/08/2008
        • Internaute 38725

        je suis bien content d’être à la retraite depuis 4 ans, parce que ma santé n’aurait pas suivi avec toutes ces réformes à la C.. . Quant à ton inspectrice, d’où sort-elle celle-là surement pas issue du corps des instits. Voilà à quoi on arrive quand on on a des inspecteurs qui ne proviennent que des universités et qui ne sont que bardés de diplômes. J’estime que ces gens-là devraient avoir été instits au moins 10 ans avant de devenir inspecteur.
        Quand allons-nous ENFIN prendre L’ENFANT en compte dans cette société.
        IL Y A BIEN PLUS IMPORTANT QUE LE SAVOIR C’EST L’IMAGINATION. Quand en France, allons-nous avoir une école qui donne la priorité à l’imagination et à la créativité plutôt qu’au savoir.

         
        • kk
          kk répond à jcmig
          au vert
          • Posté à 20h41 le 29/08/2008
          • Internaute 13480
            au vert

          Désolée, cette femme très compétente (on ne sait toujours rien quant à notre semaine scolaire ; le maire est fou de rage )est une ancienne instit d’une cinquantaine d’année.
          J’ADORE ces gens qui se croient des pédagogues si talentueux et qui quittent les classes et les élèves à la première occasion

          Elle nous a dit que nous étions fonctionnaires et devions appliquer les textes,que c’est ce qu’elle fait ce à quoi, nous avons répondu (pardon pour la comparaison), qu’heureusement que certains fonctionnaires avaient résisté par le passé.

          Je l’aime et la respecte ; o)

        1 autres commentaires
      • Claude PELLETIER
        Claude PELLETIER répond à kk
        Retraité dans son jardin
        • Posté à 16h31 le 29/08/2008
        • Internaute 10710
          Retraité dans son jardin

        Merci pour toutes ces précisions qui sont essentielles et que la journaliste ne donnait pas. J’en ai adoré certaines. Notamment cette formation reportée sur le mercredi matin. Dans la presse, je lisais que l’on laissait toutes latitudes localement. Un détail, qui au vu d’autres expériences, peut être inquiétant.

        Vous ne le dites pas mais j’imagine que vous raisonnez ces activités de soutien en terme de « groupe-classe », que le nombre d’élèves concernés est suffisamment important pour empêcher de fonctionner en petit groupe (sans oser parler de relations purement duelles … sans doute une idée à conserver au frais pour dans 50 ans).

         
        • kk
          kk répond à Claude PELLETIER
          au vert
          • Posté à 21h07 le 29/08/2008
          • Internaute 13480
            au vert

          Il est vrai qu’au départ on donne latitude localement, le Conseil d’écoles (enseignants, parents élus et élus de la commune) fait une proposition que l’administration valide ou non ; on est dans le grand Guignol : on vient de nous refuser hier ce qui a été imposé par un autre inspecteur à une école située à une trentaine de km.

          Quant au soutien, je ne comprends pas bien le sens de votre question.
          Celui qu’on nous demande de mettre en place (si celà n’a pas changé pendant l’été )concerne des petits groupes d’enfants (à partir de la moyenne section sauf erreur) ces groupes sont évolutifs : un enfant peut par exemple bénéficier de trois séances pour améliorer sa compréhension de la technique opératoire de la division (pardon pour le jargon)
          Un autre pourra en bénéficier toute l’année.

          L’idée en soi ne serait pas mauvaise si elle ne se faisait au détriment de deux choses :
          - tous les élèves perdent deux heures d’école par semaine (soit près de trois semaines dans l’année)
          - la difficulté scolaire ne relève pas toujours des compétences des instit’s, il existe des enseignants spécialisés pour aider certains enfants ( problèmes de comportement, refus d’apprendre, refus de grandir ...), ceux qui travaillent dans les réseaux d’aide (RASED) et nous craignons de voir disparaitre ces postes ( précieux bien qu’en nombre très insuffisant)

        1 autres commentaires
      • zaotitus
        zaotitus répond à kk
        instit
        • Posté à 08h54 le 30/08/2008
        • Internaute 49853
          instit

        merci

  • Pépé61
    Pépé61
    Enterré vivant
    • Posté à 07h41 le 29/08/2008
    • Internaute 31199
      Enterré vivant

    La vraie rentrée se fera le 11 septembre. C’est là que l’on commencera à voir ce qui va peut-être se passer par la suite. Et qe l’on va savoir si les Français vont continuer longtemps à être et rester dupes d’une politique menée par des génies autoproclamés.

    • septentrion
      septentrion répond à Pépé61
      _/) _/) _/)
      • Posté à 08h09 le 29/08/2008
      • Internaute 51560
        _/) _/) _/)

      Les Français étaient des veaux. Ils sont maintenant devenus des moutons et « pour être un membre irréprochable parmi une communauté de moutons, il faut avant toute chose être soi-même un mouton“[A. EINSTEIN]

  • Nondupe
    • Posté à 08h28 le 29/08/2008
    • Internaute 16772

    Ah, ce bon Mr Darcos !

    Il effectue sa rentré en fanfare.
    Il est Bon : donnr des primes aux jeunes...Que du bon sens. C’est vrai que ça aide pour réaliser une bonne rentrée. Achat de conditions de travail acceptables, achat de gilet pare-balles, de crayons tout neufs, cotisation pour cours de yoga (faut rester zen),...Et oui, la rentrée coûte cher, Mr le ministre.

    Quand aux 500€ de pirmes pour ceux qui ferons plus de 3h sup /semaine, Voilà encore que du bon. Rien que pou pouvoir masquer que du bouot, il y en a plein, mais qu’on a pas assez d’employeés.
    Comme dans une vraie entreprise de production : « les carnets de commande sont pleins,alors je recrute des inérimaires (les contractuels sont de plus en plus nombreux dans l’éducnat ou je propose des heurs sup.
    Comme une vraie entreprise de cac40 (stocks-options en moins).

    Mais là, où darko est aussi fort que son maître, c’est qu’il utilise à souhait la vieille mécanique des véreux de la politique : créer et jouer des divisions entre les individus, entre ceux qui vont refuser d’entrer dans ce jeu et ceux qui le feront, pour x raisons et en particulier pour le fric (parce que quand on est jeune ou chargé de famille, il est toujouts tentant de mettre “du beurre dans le pinard” (vieille déclaration d’un père d’élève, réel), quitte à ne pas réfléchir au protocole dans son ensemble, ni dans sa portée (le sens politique des masses est soluble dans le mac do, les JO...et la démagogie des dirigeants (ex : le samedi matin qui va surtout plaire aux parisiens qui vont à doville le vendredi soir. Les autres enfants iront faire les courses au supermarché comme leurs parents).
    Et quand les masses sont divisées, voire montées l’une contre l’autre, le politique est ravi. Il peut mener ses petites affaires.
    Et ce ne sont pas (ou rarement) les journalistes qui vont débusquer la supercherie (ah, pujadas et ses questions à la con. Il serait mieux à gala !).

    Brave Mr darcos : instruit certes, mais pas en français ! Intelligent, il faudrait le percevoir.
    Mais servile à son maître, oui.

    Et tant que les français gobent...pourquoi ne pas rejouer !
    Qui a dit les français sont des veaux ?

  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 09h11 le 29/08/2008
    • Internaute 24237
      prof. en province

    Monsieur le Ministre a fait une bonne renrée hier, il a constaté que ses « bons élèves » du ministère étaient toujours présents, leur nombre n’a pas changé, ils sont toujours bien sages et obéissants, bien contents d’être encore là......, donc tout va bien, il a eu raison de supprimer des postes !

    Quant au soutien scolaire d’avant rentrée, il existait déjà dans certains établissements depuis quelques années......, il y a toujours des élèves volontaires...., mais ce ne sont pas ceux qui posent problème le reste du temps, ça ne changera rien dans les cas des classes à fort effectif.

    Quant à la suppression des cours le samedi matin, en primaire, pour les remplacer par du soutien..., c’est transitoire, pour servir de contre feu....., le budget pour cette mesure sera vite épuisé... !

    L’EN va rapidement devenir la « CMU » pour l’enseignement, les moins « pauvres » devront se tourner vers les « mutuelles privées » pour améliorer l’ordinaire !

    • survivant
      survivant répond à papy55
      • Posté à 10h12 le 29/08/2008
      • Internaute 25864

      Hélas mon cher papy55 il me semble que vous n’avez pas très bien compris la méthode coué. Récapitulons : rentrée 2008 plus de 11000 postes en moins rentrée 2009 plus de 13000 postes en moins soit environ sur ces deux rentrées 25000 postes en moins. Comment darcos va -t-il combler ce trou en proposant des heures sups à des profs qui savent qui ne seront jamais payées ? A moins de travailler pour la gloire mais à l’heure où tout le monde attend impatiemment une hausse de son pouvoir d’achat les profs ne sont pas des milliardaires. Simple mon cher en faisant appel aux retraités mon ami cout de l’opération pour le budget de l’état 0 euros au compteur pas beau ce tour de passe passe libéral ?

      • papy55
        papy55 répond à survivant
        prof. en province
        • Posté à 10h25 le 29/08/2008
        • Internaute 24237
          prof. en province

        Il ne s’agit pas de la méthode du bon docteur Coué, il s’agit de « tromperie caractérisée par personne ayant autorité ».

        Je suis bien entendu parfaitement d’accord avec le fond de votre commentaire, je suis parfaitement au courant de ce qui se passe sur le terrain et je connais l’évolution du montant situé en bas sur ma fiche de paie !

  • davids2142
    davids2142
    Professeur désagrégé
    • Posté à 09h13 le 29/08/2008
    • Expert 41616
      Professeur désagrégé

    Du « beurre dans le pinard » ! excellent. Ca m’a bien fait rire ! ça fait du bien dans ce climat morose...

  • jma14
    • Posté à 10h49 le 29/08/2008
    • Internaute 31729

    c’est mieux que rien. Il vaut mieux faire quelque chose que de ne rien faire. Les adeptes du manichèisme, le corps professoral et l’opposition vont essayer de nous faire croire que tout était nul et que dans ces cas là, il fallait plutôt ne rien faire.

    Mais c’est faux, il aura au moins aidé les élèves qui ont participés et qui surement auront au moins appris quelque chose. S’ils n’ont rien ou mal appris, ce sera de la faute des profs.

  • jma14
    • Posté à 10h52 le 29/08/2008
    • Internaute 31729

    Votre titre ne va pas avec le texte.
    Pour annoncer des résultats, il aurait fallu faire une étude. Hors le texte de l’artcile nous montre plutôt que vous avez superposé des impressions, des dogmes plusque subjectifs.

  • Tintin89
    Tintin89
    Etudiant
    • Posté à 11h16 le 29/08/2008
    • Internaute 51599
      Etudiant

    A Ciencien,

    Le rejet de l’élitisme est de bon ton sur Rue 89 à en croire les votes élogieux de votre commentaire. En même temps vous vous fendez d’un discours paternaliste à propos des plus fragiles ! C’est contradictoire, non ?

    Ne pas oublier qu’un système scolaire est un outil pour instruire et pour sélectionner.

    Cordialement.

    Tintin

  • Firenze
    • Posté à 12h03 le 29/08/2008
    • Internaute 51421

    Darcos a déclaré dernièrement que l’année 2008-2009 serait « l’année des enseignants ».
    Quel humour ce Xavier !

  • Nanni
    • Posté à 15h09 le 29/08/2008
    • Internaute 1903

    Le gouvernement des primes et des taxes ! Ca, c’est de la politique sur mesure ! Ca va vous enrober les plus récalcitrants...Qui va résister à cette distribution de loukoums ou de coups pieds dans le cul ?
    Le corps enseignant ?

    Il faut les entendre, dans ce bordel généralisé que cause ces réformes, tous ces parents d’élèves, ou ces profs (là, c’est plus grave) qui pensent que « tout ça, c’est pour le bien-être des enfants. » Il n’y a pas à dire : politiquement (dans la mauvais sens du terme, bien sûr), c’est fort !

    Force est de constater, l’Etat n’est plus ce « monstre froid » dont parlait Nietzsche, il serait bien plutôt cette main toute chaude qui se glisse...

  • DANJOU
    DANJOU
    La france inquiète
    • Posté à 15h52 le 29/08/2008
    • Internaute 32845
      La france inquiète

    Le Ministre Xavier DARCOS n’oublie surtout pas de mettre en avant les 1500 Euros de prime de « bienvenue » aux nouveaux enseignants qui vont débuter leur carrière dans la grande maison de l’éducation nationale. Façon de ne pas arriver les mains vides après les tumultueux mouvements de grèves de l’année 2007-2008, et une image de ministre de l’éducation passablement discréditée ! Une manière aussi d’acheter la paix sociale ( ?)tandis que les grévistes purs et durs affutent déjà leurs arguments revendicateurs pour les toutes prochaines grèves de la rentrée...
    L’avenir de Xavier DARCOS (à ce poste) ne s’annonce guère brillant surtout lorsque, après avoir supprimé plus de 11000 postes d’enseignants pour cette rentrée, il lui faudra encore en supprimer un peu plus pour la rentrée 2009 !
    Quant aux heures supplémentaires prévues pour le rattrapage des « mauvais élèves », il est effectivement bien trop tôt pour en évaluer la réelle efficacité !

    • jma14
      jma14 répond à DANJOU
      • Posté à 09h28 le 30/08/2008
      • Internaute 31729

      « Quant aux heures supplémentaires prévues pour le rattrapage des “ mauvais élèves ”, il est effectivement bien trop tôt pour en évaluer la réelle efficacité ! »
      Des études, des études, des études. Avec quoi un double centimètre pour mesurer le savoir ou les remises à niveau.
      Il n’y pas besoin d’étude. Même le plus bête ou le moins concentré des élèves aura soit appris quelques choses, soit confirmé une notion... Parce qu’agir c’est mieux que de ne pas agir. Toutes heures supplémentaires ne peuvent être que bénéfiques et cela quelque soit la couleur politique qui l’a mis en place.

      La seule raison pour laquelle se ne serait pas efficace, ce serait que l’enseignement soit de mauvaise qualité, dans ce cas là il faut se tourner vers les profs et leur corps professoral.

      Vous avez peut-être quelque chose à nous dire sur la qualité de notre enseignement, peut-être ?

  • f.titi
    f.titi
    Professeur des Ecoles
    • Posté à 17h04 le 29/08/2008
    • Expert 49961
      Professeur des Ecoles

    Je suis enseignant (professeur des écoles) et lors de l’année scolaire 2007-2008 j’ai demandé des prise en charge par des enseignants spécialisés pour 7 élèves. Il se trouve que seulement 2 ont pu être pris en charge. Pour les autres, il n’y avait plus de créneau de disponible (ce que je comprends bien).

    Dans mon académie (aix-marseille) du soutien a été proposée lors des vacances d’avril.

    Le coût de cette opération pour la première semaine de vacances équivaut à l’embauche de 40 enseignants spécialisés (RASED) à l’année dans notre académie.

    Donc d’un côté on refuse d’aider certains élèves sur toute l’année et de l’autre on leur propose une aide ponctuelle de 15h sur 1 semaine ! Et tout ça, pour le même coût. Je ne comprends plus.

    • kk
      kk répond à f.titi
      au vert
      • Posté à 20h31 le 29/08/2008
      • Internaute 13480
        au vert

      Il me semble que le but n’est pas d’aider les enfants (je préfère ce mot à « élèves », pour les bambins qui nous concernent).
      Toutes ces mesures sont purement idéologiques ; on revient à des programmes rétrogrades, on diminue le nombre d’enseignants, on diminue le nombre d’heures d’enseignements pour les enfants, surement pas dans le but d’élever le niveau moyen des français, surement pas dans le but d’en faire des citoyens responsables.

      Pour ce qui est de ce soutien « bidon » pendant les vacances, il a juste pour but (idéologique) de dire qu’on propose aussi des heures sup’ aux enseignants du primaire et on justifie ainsi le « travailler plus pour ... »
      C’était le seul moyen pour notre profession de proposer des heures sup’
      Et dire que certain(e)s acceptent !

      Mais je pense que vous aviez compris.

      • zaotitus
        zaotitus répond à kk
        instit
        • Posté à 09h09 le 30/08/2008
        • Internaute 49853
          instit

        « C’était le seul moyen pour notre profession de proposer des heures sup’ »

        C’est vrai, et les journalistes ont l’air de l’ignorer, que dans le primaire nous n’avons pas la possibilité de faire des Heures sup. Pourquoi les journalistes donnent-ils une image souvent fausse du primaire ? ou alors très parisienne ?

         
        • kk
          kk répond à zaotitus
          au vert
          • Posté à 11h47 le 30/08/2008
          • Internaute 13480
            au vert

          Puisque nous sommes entre nous, je vous livre le fond de ma pensée en toute franchise : c’est parce qu’on nous prend pour des « sous-merdes » , dans la tête de tous ces gens (et même de certains collègues du secondaire ), si on était vraiment bons, on serait profs en collège ou lycée.
          Et puis, s’occuper des jeunes enfants, c’est un boulot de femme ça : pas bien intéressant.

          Je me demande même si les gens ne se disent pas (comme pour la peinture abstraite)« c’est facile, je pourrais le faire »

          Et puisque j’en suis à cracher mon fiel, on oublie de dire que les instit’s font plus d’heures (c’est normal, c’est facile), ne « banalisent » pas de journées, ont des taux de grévistes plus élevés, se mobilisent plus pour défendre l’école (nuit des écoles et autres écoles occupées avec les parents), font « avec les parents », ne remettent pas en cause l’école pour tous ... Des gens pas bien intéressants on vous dit

        1 autres commentaires
    • jma14
      jma14 répond à f.titi
      • Posté à 10h34 le 01/09/2008
      • Internaute 31729

      « Le coût de cette opération pour la première semaine de vacances équivaut à l’embauche de 40 enseignants spécialisés (RASED) à l’année dans notre académie. »
      C’est bien maintenant, on va embaucher des enseignts que pour les vacances. Gestion de m... pou gestion de m... autant faire faire des heures sup aux enseignants en fonction.

  • Julos
    Julos
    ex E.N
    • Posté à 21h54 le 29/08/2008
    • Internaute 38577
      ex E.N

    A ce stade des échanges, je me demande si un petit rappel historique ne serait pas utile pour fixer les idées.
    Au cours des années 70 (celles où s’épanouissaient les soixante-huitards pas encore attardés ; -)4 grands types d’organisation pédagogique à l’école élémentaire ont été expérimentés et évalués par l’INRP. Tous ayant pour objectif principal l’égalité des chances et son corollaire la lutte contre la discrimination et l’échec scolaire.

    type 1 : l’organisation traditionnelle avec le redoublement et les classes spécialisées (adapt et perf)
    type 2 : l’organisation par groupes de niveau
    type 3 : l’organisation par groupes de soutien
    type 4 : différents modes d’organisation alternatifs recherchant et s’appuyant sur l’hétérogénéité des groupes et la fonctionnalité des situations d’apprentissages. Nous regrouperons par commodité ces différentes approches dans l’appellation « enseigner autrement »

    Quels enseignements retira-t-on de l’évaluation de ces dispositifs relativement à l’efficacité dans l’égalitarisme et la lutte contre l’échec ?

    -le plus discriminant (creusement des écarts) : type 2 –> les groupes de niveau font que les forts sont encore plus forts, les faibles moins faibles mais au final l’écart s’est aggravé.

    - le plus neutre (pas d’évolution en sortie par rapport à l’état initial) : type 1. L’école traditionnelle reproduit les inégalités de départ, inégalités socio-culturelles pour l’essentiel, se traduisant par des lacunes et des retards scolaires, à l’arrivée.

    - le soutien (type 3) ayant lieu dans la classe, pendant les cours a conduit à observer un nivellement par le bas (les faibles progressant grâce à une aide importante, tandis que les forts, en étant privés stagnent, voire se démotivent).

    - seules,les écoles regroupées dans le type 4 (enseigner autrement)attestaient de résultats où les écarts avaient tendance à se tasser, particulièrement dans les domaines transversaux (langages, autonomie), tassement moins marqué en mathématique.

    ************
    Epilogue : comment ces résultats furent-ils pris en compte dans les choix et recommandations de la décennie suivante par les différents responsables qui se succédèrent au ministère de l’E.N ?

    Ce que le groupe type 4 avait expérimenté (regroupement par cycles, articulations souples entre homogénéité et hétérogénéité, tutorat, coopération, ouverture de l’école aux parents, bibliothèques centre documentaire, informatique, journaux et radios scolaires ...etc) connurent une plus large diffusion par les canaux officiels relayant ce qui jusqu’ici se limitait aux réseaux militants. Mais quelques années suffirent pour mettre en évidence à la fois le coût très élevé en énergie,en engagement personnel, en formation que supposaient de tels choix et de telles pratiques pédagogiques. Les désillusions et les abandons se firent nombreux dès le milieu des années 80, à de rares exceptions près.

    Quant aux 3 autres solutions, malgré leurs imperfections notoires, elles continuèrent bon an mal an leur petit bonhomme de chemin, enseignants et parents ignorant le plus souvent la valeur de tels choix. Du reste, il s’est même trouvé desministres de l’EN pour vanter les mérites, qui du redoublement, qui des groupes de niveau... ou de soutien !
    Et c’est ainsi qu’en 2008 un ministre n’éprouve aucune gêne à préconiser et à mettre en place un dispositif d’aide aux élèves en difficulté, le soutien,qui est loin d’avoir fait ses preuves...
    Mais, après tout, ce n’est peut-être pas son problème, à ce ministre...

     ; -)

  • Pneumatique
    Pneumatique
    Gonflé à bloc !
    • Posté à 18h28 le 30/08/2008
    • Internaute 47528
      Gonflé à bloc !

    Le soutien scolaire ?

    Je vais vous donner l’opinion d’un... ancien lycéen.

    C’était au siècle dernier, en 1992, pour être plus précis. En cette époque héroïque, nous n’avions pas de portable, nous étions donc obligés d’aller à la cabine téléphonique la plus proche pour téléphoner à nos copines, et...

    Comment ? Vous dites ? Je m’éloigne du sujet ?

    Autant pour moi... Je reprends...

    En 1992, donc, nous avions déjà du soutien scolaire. En histoire-géographie et en maths. Nous voyions d’abord cela comme une louable idée : nous pensions qu’il s’agirait d’un réexplication concrète des cours que nous suivions tant bien que mal.

    Nous déchantâmes rapidement. Le « soutien scolaire » ne se différenciait pas d’un cours classique : le prof’ nous distribuait des feuilles photocopiées d’exercices : travaux dirigés. Pratiquement tout le temps.

    Résultat des courses ? Non seulement des heures de cours en moins, mais un dégoût des matières en question chez, je pense, presque tous les élèves...

    Aujourd’hui, le lycée est bien loin pour moi, et je pense que beaucoup de mes camarades d’hier ont définitivement oublié ces laborieuses séances.

    Mais, il y a quelques années encore, je méditais sur mes souvenirs, et je ne pouvais m’empêcher de me faire la reflexion suivante : pourquoi n’allège-t’on pas les programmes scolaires, puisque les enseignants eux-même disent qu’ils ne peuvent pas les boucler à la fin de l’année ? !

    Aujourd’hui, nous avons la réponse. Elle nous a été donnée par les riverains : privatisation.

    Cela m’attriste d’autant plus qu’un membre de ma famille ( aujourd’hui décédé )a exercé quarante-et-un ans durant en tant que conseiller d’éducation. Et je me demande bien ce qu’il penserait aujourd’hui du bazar actuel ( et je dis ça pour rester poli )

    Pneumatique
    ( en surpression )

  • mipo
    • Posté à 12h59 le 31/08/2008
    • Internaute 36658

    Je trouve regrettable de constater une fois encore que les journalistes participent à une vaste campagne de désinformation et que certains enseignants acceptent de jouer des rôles de figuration devant les caméras et les micros. Au lieu de marginaliser un peu plus certains enfants en les faisant venir à l’école alors que les copains (les bons eux !) sont à la maison, il serait peut-être plus intelligent de développer les moyens de dépistage d’aide et de soutien durant le temps scolaire. Au lieu de gonfler les effectifs et de réduire encore le nombre des personnels spécialisés dont on a toujours manqué en milieu scolaire, il est à mon avis urgent de parler des besoins en enseignants spécialisés, psychologues, médecins scolaires, assistants sociaux, orthophonistes, pédopsychiatres etc. Dire qu’il suffit d’heures supplémentaires pour améliorer un bulletin scolaire relève d’une monstrueuse incompétence ou du mensonge le plus vulgaire. De plus, mélanger les besoins des bacheliers avec ceux des élèves du primaire me semble assez évocateur d’une absence de connaissance des besoins réels sur le terrain. Toute ces réformes ne sont que de la poudre aux yeux.

  • michelpa
    michelpa
    prof honoraire univ paris7
    • Posté à 17h57 le 01/09/2008
    • Internaute 34394
      prof honoraire univ paris7

    c’est bien joli tout ça mais que va-t-il se passer quand, après des heures de soutien, un élève se révèlera tout aussi nul que par le passé ? Cela sera souvent le cas, quand l’élève est gravement largué, faute d’avoir compris quelque chose d’important à un moment donné.
    On se mettra a dauber sur le prof de soutien, incapable ?
    ou bien sur notre ministre qui promet la lune ? Ou bien falsifiera-t-on les notes pour justifier le soutien ? Qui dit que les élèves aient tous envie d’être soutenus ? Qui s’occupera des élèves qui voudraient bien qu’on les soutienne mais qui ne seront pas jugés assez mauvais pour être soutenus ? Faudra-t-il qu’ils fassent exprès d’avoir de sales notes pour qu’on les soutienne ?
    bien triste farce que les rodomontades de notre ministre : depuis quand ne s’est-il pas retrouvé devant une classe avec des élèves qui ne comprennent pas ?