28/08/2008 à 20h59

Généraliser le RSA ? Vu de Marseille, il est trop tôt

Rémi Leroux | Rue89

A Marseille, 550 personnes bénéficient du Revenu de solidarité active (RSA). Près de 3 000 autres allocataires du RMI ont été « identifiés comme potentiellement éligibles ». Mais à part ces données brutes, le directeur de l’insertion du conseil général des Bouches-du-Rhône, Fabrice Kéhayan, reconnaît qu’il est trop tôt pour dresser un vrai bilan de l’expérimentation. Et pourtant. Sarkozy vient d’annoncer la généralisation du dispositif au 1er juillet 2009.

Nicolas, bac+4, bénéficiaire du RSA

Quand j’ai demandé au conseil général de rencontrer un bénéficiaire du RSA, qui permet à un chômeur de longue durée de reprendre un travail à temps partiel tout en conservant une partie de ses allocations, ils n’ont pas mis longtemps pour le trouver.

Nicolas, 30 ans, a été parmi les premiers à tester le dispositif imaginé par Martin Hirsch. Titulaire d’une maîtrise d’économie et gestion d’entreprise, équivalent bac+4, Nicolas a été embauché à mi-temps par... le conseil général. Depuis la fin du mois d’avril, il travaille au pôle d’insertion de la rue de la République, dans le centre ville de Marseille, touche le RSA et informe -c’est sa mission- sur... le RSA. (Ecouter le son.)

Après deux années à essayer de passer le Capes, il a ensuite enchaîné les petits boulots. Devenu allocataire du RMI et vivant chez ses parents, Nicolas reconnaît aujourd’hui que « cela fait du bien » de sortir du « cercle vicieux » du rmiste chercheur d’emploi. Même s’il reconnaît que, financièrement, l’équilibre reste fragile. (Ecouter le son.)

Pour autant, Nicolas n’a pas de certitude sur son avenir, ni sur la pérennité de son poste. Le conseil général, qui s’était donné trois ans pour mesurer les effets de la mesure, s’interroge sur l’intérêt de la généraliser si tôt. Fabrice Kéhayan explique :

« Lorsqu’on part sur trois ans d’expérimentation, c’est qu’on se donne les moyens d’observer et, surtout, de corriger. Si le cadre donné passe à neuf mois, il sera bien difficile d’améliorer le système.

“Quand on est 100% maître de ce que l’on met en oeuvre, on peut toujours adapter” ajoute le responsable. Une souplesse qui disparaît si l’Etat décide de reprendre la main.

Impossible donc d’apprécier les retombées des “leviers” mis en place dans les Bouches-du-Rhône pour accompagner le dispositif RSA, ou de mesurer le taux de retour à l’emploi des bénéficiaires du dispositif. Fabice Kéhayan explique qu’il n’aura pas les résultats de l’“expertise” lancée “avant la fin de l’année”.

L’une des priorités du Conseil général était de limiter à tout prix le recours à des emplois précaires :

“Pour la collectivité, le développement d’empois à temps très partiel est l’un des risques d’effet pervers du RSA. Nous avons donc décidé que n’étaient éligibles au RSA que les seuls bénéficiaires du RMI qui accèdent à un emploi d’une durée minimale de dix heures par semaine.

‘Soit une durée de travail qui nous a semblé suffisante pour permettre l’intégration des individus dans l’emploi. Or, Marseille est l’une des villes en France où le niveau des emplois à temps partiel est le plus élevé’.

Dans une ville qui concentre par ailleurs 70 % des bénéficiaires du RMI des Bouches-du-Rhône, il fallait donc des gardes-fou.

Trois millions d’euros par an pour l’expérimentation, et après ?

Le conseil général a ainsi imaginé un dispositif ‘d’accompagnement dans l’emploi’ pour les allocataires du RSA, mesure attribuée sur appel d’offres au mois de juin à quatre organismes sociaux du département. L’idée était de faciliter l’insertion et d’aider les salariés dans leur négociation avec les employeurs. Une disposition que le cadre général d’application du RSA ne prévoyait pas.

Le département a aussi souhaité impliquer les employeurs, car, estime encore le directeur de l’Insertion, ‘on ne peut pas faire supporter aux seuls individus la charge de retrouver un emploi’. (Ecouter le son)

Concrètement, ‘lorsqu’une entreprise recrute un bénéficiaire du RMI (...) que les conditions sont remplies pour que le salarié perçoive le revenu de solidarité active (RSA), alors, nous bonifions de 200 euros par mois le RMA.’

Cette politique volontariste a un coût. Si dans les Bouches-du-Rhône, il est supportable, ce ne sera pas forcément le cas dans d’autres départements. Pendant la phase d’expérimentation, le RSA va ‘coûter 3 millions d’euros à la collectivité’. Une répartition des dépenses pas tout à fait équitable, selon Fabrice Kéyahan. (Ecouter le son).

Nicolas Sarkozy a également assuré ce jeudi que l’ensemble des droits connexes à l’actuel RMI ‘ne seront pas remis en cause’ et confirmé le recours à une taxation supplémentaire de 1,1% des revenus du capital pour financer le dispositif. Soit. Mais il n’a rien dit sur l’avenir des expériences menées dans les différents départements pilotes pour améliorer le dispositif.

A lire aussi :
Sapin : ‘ Les plus riches ne paieront pas la taxe RSA ’
RSA : bon début, mais encore des efforts à faire

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  • Chatperché
    Chatperché
    Traducteur
    • Posté à 22h02 le 28/08/2008
    • Internaute 51572
      Traducteur

    Bonjour,

    Encore une fois, une décision irréfléchie de notre président. Quand, mais quand apprendra-t-il que ce n’est à la portée d’aucun être humain de s’autoproclamer expert en tout ? Pourquoi ne pas avoir attendu la fin des expériences ?

    Et pourquoi avoir décidé de financer ce projet en instaurant une taxe supplémentaire et non par une réduction de certaines dépenses plus que superflues ?

    Enfin, depuis quand le terme « éligible » a-t-il pris le sens de « admissible » ?

    • Yannick-007
      Yannick-007 répond à Chatperché
      Tecky d'ordi a A'Dam !
      • Posté à 16h17 le 29/08/2008
      • Internaute 41126
        Tecky d'ordi a A'Dam !

      Non Pas du tout. Ce n’est surement pas irreflechi.
      Sarko n’est pas a blamer. Il fait de la politique.
      Il occupe le terrain a droite et a gauche. Dans son bilan il va devoir montrer qu’il a fait quelque chose a gauche et qu’il n’a pas uniquement privilegie les riches. Ca va ; ca ne lui coute que 1.5 Milliards.
      Le problem c’est que des gens (47% de segolistes !) pensent encore qu’en payant des chomeurs a rester a la maison, ils vont chercher du travail.... Quelle naivete !
      Tout le monde n’a pas une haute estime de sa personne. Beaucoup de gens se satisfont de la mediocrite de gagner un peu d’argent des services sociaux plutot que de travailler... Si par malheur ils on ete a l’ecole publique ou les profs leurs on montre a chaque rentree comment faire greve, ils ne sont pas sorti de ce cercle vicieux...

  • Armelle_Marseille
    Armelle_Marseille
    citoyenne à Marseille et (...)
    • Posté à 22h13 le 28/08/2008
    • Internaute 39513
      citoyenne à Marseille et (...)

    Le gouvernement Sarkozy (tiens au fait on a encore un premier ministre ? ? ?) ne fait qu’accompagner, et très mal, la pauvreté qui s’installe durablement .

    La très grande richesse est à l’abri de la solidarité, pas d’inquiétudes ...

    • jide
      jide répond à Armelle_Marseille
      http://jide.romandie.com
      • Posté à 23h05 le 28/08/2008
      • Internaute 22641
        http://jide.romandie.com

      Le gouvernement n’accompagne pas la pauvreté. Il la provoque et enrichi sont terrain naturel, la précarité.
      le RSA est un excellent moyen de flexibiliser le marché du travail pour rendre plus docile les employés, tout en donnant l’aumône aux plus pauvres.
      En clair, et une fois de plus, le gouvernement (donc nous, nos impôts et nos cotisations) payons pour les profits des requins.
      Encore une fois, les profits sont privés et les pertes sont publiques...

      Lien

      • mechante langue
        mechante langue répond à jide
        • Posté à 00h26 le 29/08/2008
        • Internaute 28480

        « le RSA est un excellent moyen de flexibiliser le marché du travail pour rendre plus docile les employés, .. »

        ...tout comme l’immigration incontrolée via la régularisation des sans paiers , mon coco .
        Alors soit tu es cohérent , soit tu évites de nous donner des leçons sur la flexibilité du marché du travail

         
        • jide
          jide répond à mechante langue
          http://jide.romandie.com
          • Posté à 09h51 le 29/08/2008
          • Internaute 22641
            http://jide.romandie.com

          Qu’ils soient régularisés ou non, les sans papiers travaillent (ils sont la pour ça).
          Le refus de régularisation est idéologique et participe, au contraire à la flexibilité du marché du travail (ils ne peuvent pas se plaindre de leur condition de travail).
          Alors tu peux remballer ton agressivité et réfléchir 3 minutes avant de troller.

          Lien

          • vincent deux
            vincent deux répond à jide
            attentif
            • Posté à 12h12 le 31/08/2008
            • Internaute 49271
              attentif

            Non car quand vous avez cinq candidats pour un poste au lieu de deux , qu’ils soient sans papiers ou non l’effet est le meme : vous mettez le rapport de force du coté de l’employeur , puisque devant l’abondance de candidats il n’a pas besoin de fidéliser ses employés (par les salaires ou les conditions de travail) et il a les moyens de jouer sur le turn over .
            En Espagne la régularisation des sans papiers a fait baisser les salaires (malgré une forte croissance economique) . En GB ou il n’y a guére de différence entre clandestins et reguliers les salaires non qualifiés ont baissé de 15% toujours malgré une forte croissance économique .
            En France le Medef est pour la regularisation tout comme G.BUSH aux USA : normal

        2 autres commentaires
  • A déménagé le 19-12-2011
    • Posté à 22h55 le 28/08/2008
    • Internaute 48453

    De mémoire, le CNE était aussi une « expérimentation ». On devait le faire fonctionner pendant 2 ans, faire un bilan et voir s’il fallait le généraliser à d’autres entreprises. Finalement, D. de Villepin et son gouvernement ont hâté les choses, et sans attendre l’échéance, ont lancé le CPE qui n’était qu’un élargissement du CNE à toutes les entreprises.
    La messe est souvent dite avant que la cloche ne sonne...

  • KGabou
    • Posté à 23h40 le 28/08/2008
    • Internaute 41123

    C’est quand même vraiment drôle... Quand la rumeur court que le RSA va être revu au rabais, ou simplement annulé, on lit : « pourtant là où c’est expérimenté, ça marche ! », et quand on nous annonce que finalement tout est maintenu et qu’il va être généralisé, on lit ce genre d’article. Et le pire vient quand on lit qu’il ne faut pas taxer les revenus du capital, ici même sur Rue89. Quelle mauvaise foi...

    • mechante langue
      mechante langue répond à KGabou
      • Posté à 00h21 le 29/08/2008
      • Internaute 28480

      Trés juste .
      On a a faire a beaucoup de mauvaise foi.
      Il y a 4 mois les memes poussaient deja des cris lorsque des rumeurs parlaient de repousser la généralisation du RSA à 2010. Aujourd hui ils demandent qu’on repousse cette généralisation . C’est à rien y comprendre !
      Ce n’est meme plus de l’esprit partisan , c’est du sectarisme

    • désinscrit-
      désinscrit- répond à KGabou
      • Posté à 08h22 le 29/08/2008
      • Internaute 736

      Et le pire vient quand on lit qu’il ne faut pas taxer les revenus du capital, ici même sur Rue89. Quelle mauvaise foi

      Je ne vois pas de mauvaise foi là dedans. Quel revenu du capital va être taxer ? Les petits capitaux, et ceux qui ont mis un petit capital de côté l’ont fait en se privant de certains « loisirs ou confort », c’est pas à eux que je pense quand je vomis le capitalisme, un petit bas de laine n’a jamais fait un dangereux capitaliste. Les gros capitaux ne perdront pas 1% de plus ne vous inquiétez pas. Quand Mr Hirstch parle aussi de diminuer la prime pour l’emploi des 1,5 SMIC ça ne me ravi pas non plus.

      Pour la généralisation du RSA je n’ai pas vu de grandes envolées, d’abord il y aura un effet d’aubaine (démontré par le « conseil général 13 » avec 2 Mi-Temps pour un temps complet, super nouvelle), certains se feront avoir aussi (voir commentaire d’une allocataire ci dessous : post de Wiecha), etc... ces travers sont d’ailleurs dénoncés depuis le début par certaines associations. L’idée de base n’est pas mauvaise mais son passage par le filtre UMP ne me plaît pas du tout.

      • azerty69
        azerty69 répond à désinscrit-
        ExecutieveBranleur
        • Posté à 08h34 le 29/08/2008
        • Internaute 42089
          ExecutieveBranleur

        A bah voilà de la mauvaise foi couché sur papier.

        Résumé : il faut taxer les riches, les autres, pas moi.

        Mais mon ptit gars, les gros riches, les gros capitaliste, leur capital on peut pas y toucher, c’est les entreprises et les emplois français. Leurs revenus ? Ok taxe donc les revenus de 1.000 personnes touchant + de 5 millions d’euros annuels. Allez à 50% ça fait 2.5 Mds. Pas beaucoup hein ? Augmente leurs impôts de 10% : ça fait 250 millions (si ils ne partent pas vivre aileurs). Et oui les 1.000 gros capitalistes de france ne peuvent pas payer les impôts de tous les français.

         
        • désinscrit-
          désinscrit- répond à azerty69
          • Posté à 08h50 le 29/08/2008
          • Internaute 736

          Et oui les 1.000 gros capitalistes de france ne peuvent pas payer les impôts de tous les français
          J’ai pas forcément dit de ne taxer que les gros (même si ça ne me dérange pas) mais pourquoi taxer que les petits pour cette mesure ?
          Et pourquoi ne compter que les 1000 plus gros ?
          Et quelques choses de progressifs ça vous dirait pas ?

          Quand à vos 50% vous ne me ferez pas pleurer, la TVA en france pèse de 20% pour les plus faibles (qui consomment tous ce qu’ils gagnent ils n’ont pas le choix), alors vous voulez qu’on oppose 20% de pas grand chose et 50% de 5millions. C’est la pleurnichette des plus riches ça, si ils veulent pas payer autant d’impôts ils n’ont qu’à tout refiler à un SDF et se foutre au RMI dans une chambre de bonne.

          Résumé : il faut taxer les riches, les autres, pas moi
          Euh non moi j’ai rien à taxer désolé : -/ mais qu’on taxe ceux qui ont à peine plus que moi, ça ne me réjouit pas (et ça réjouit pas un grand nombre de sarkosistes non plus !)

          • azerty69
            azerty69 répond à désinscrit-
            ExecutieveBranleur
            • Posté à 11h24 le 29/08/2008
            • Internaute 42089
              ExecutieveBranleur

            « mais pourquoi taxer que les petits pour cette mesure ? »

            MAis avoir des économies, c’est déjà faire partie de la moitié la plus riche. Taxer l’assurance vie, les proprio de 1 ou 2 logements c’est la france aisée.

            Ce que les gauchistes ne veulent pas comprendre, c’est que taxer les gros riches ça ne rapporte pas grand chose. Ils sont trop peu pour que cela rapporte au niveau de l’état. Taxer les 10.000 riches ce sont des mesures idéologiques. D’un point de vue comptable, c’est pas grand chose. En revanche taxer les 5.000.000 de foyers aisés, là ça rapporte au niveau comptable.

            • désinscrit-
              désinscrit- répond à azerty69
              • Posté à 17h06 le 29/08/2008
              • Internaute 736

              gauchiste ça vaut un point Godwin, non ? ?

              Et avec le paquet fiscal il est tombé combien dans la poche des plus riches (en enlevant les heures sup’) ? ?

              ET combien il manque pour le RSA ?

              ET après si vous voulez les « aisés » participeront.

              Bon je vais me coller une assurance vie pour faire partie de la France aisée moi : -D (on a pas la même définition désolé) ! !

        3 autres commentaires
  • pomponette75
    pomponette75
    =^..^=
    • Posté à 00h00 le 29/08/2008
    • Internaute 51199
      =^..^=

    Les pays « riches reprochent à la Chine, leurs salariés pauvres, mais j’aimerai bien les voir gérer un pays d’ un milliard et 300 millions d’habitants, alors qu’ils n’arrivent pas à gérer leurs pauvres, ni à créer des emplois.

  • Wiecha
    • Posté à 00h36 le 29/08/2008
    • Internaute 29218

    Ci-desous le témoignage d’une allocataire du RSA habitant Marseilles et sa région,posté sur le site du RTO

    Il date de quelques mois, mais il montre une réalité souvent occultée.

    - Le fait que le dispositif n’est pas toujours plus favorable que l’ancien système de cumul : bien sûr Martin Hirsch pourra toujours rétorquer que ce n’est qu’un cas parmi d’autres, mais si le RSA est depuis le début « individualisable », le principe était qu’il ne devait entrainer en aucun cas une perte de revenu !

    - Le fait que la mise en place du dispositif , en ces temps de réduction des effectifs du service public va inévitablement entrainer des retards de traitement dans les dossiers et donc aucun revenu pendant des semaines voire des mois, ce que dénonçaient les travailleurs de la CAF d’Argenteuil lors de la récente visite de Hirsch qui n’a pas daigné leur accorder une minute de son temps et les a fait recevoir par une conseillère ( Le Grenelle c’est fini, la concertation aussi !)

    Voici le témoignage :
    Lien

    Vous recherchez des témoignages concernant le RSA ( Revenu de Solidarité Active), voilà mon histoire.

    J’étais au RMI depuis 2002.Depuis janvier 2008 j’ai repris une activité de 10h par semaine

    Je garde un bébé chez un particulier : cet emploi je l’ai trouvé seule, sans l’aide de l’ANPE, ni d’aucun organisme d’insertion.

    Au mois d’avril, j’ai fait ma déclaration trimestrielle et déclaré les revenus de mon emploi concernant les trois mois précédents.

    Dans le dispositif normal, j’aurais du cumuler pendant trois mois mon salaire et le montant de mon RMI, et ensuite garder un complément sur la base de mon salaire.

    Mais début mai, je reçois une lettre de la CAF, m’informant que j’entre dans le cadre du RSA. Bonne nouvelle ?

    Pas du tout, la CAF me retire 409 euros de prestations, l’intégralité de mon RMI. Mon dossier RSA doit être instruit, il faut que je fournisse un tas de documents supplémentaires

    Grâce au RSA,pour ce mois ci, on ne mange pas ou alors on ne paie pas le loyer ! Quel choix !

    Je dois vivre avec 1000 euros pour 5 personnes en attendant qu’ils étudient mon dossier.Je ne sais pas s’ ils imaginent la galère.

    J’ habite Marseille et je peux vous dire qu’ils ne savent plus ou ils en sont avec le Rsa .

    Mon assistante sociale est sympathique et humaine, malheureusement elle ne comprend rien non plus au RSA, c’est moi qui recherche les infos et les lui apporte au fur et à mesure.

    Ce que je sais, c’est qu’il y a de quoi réfléchir avant d’aller travailler

    Post scriptum : après un mois d’attente, je perds 164 euros par mois
    bonjour je reviens vers vous pour vous informer de la suite du feuilleton rsa. Donc j aurai droit a 245e de rsa et 174e de rmi

    Avant que je reprenne un emploi je percevais 1085e de prestations caf dont 585e de rmi.

    Je travaille depuis janvier avec un salaire de 400 euros. Leur calcul est le suivant : ils me donnent 174e de rmi et 245e de rsa ce qui fait un total de 921e de prestations et 400e de salaire. J’ ai une difference de 164e en négatif sur mes prestations.

    J’ ai pas trop à me plaindre mais ils mentent.Je comprends qu’ on nous enlève une certaine somme car sinon ceux qui travaillent 35h gagneraient moins que nous mais ce n’est pas ce qu’ ont annoncé mr hirsch et sarko.

    Selon eux, on ne devait rien perdre, hors SUR MES PRESTATIONS JE PERDS 164E on m’a aussi baissé le quotient familial qui sert aux colonies et centres aérés, j avais 359 de quotient et maintenant 312 cela veut dire que si j inscris ma fille je paierai plus. Je n ai pas encore de nouvelle pour l’apl alors ? MR HIRSCH VOS DIRES SONT DES MENSONGES. J’ ai repris un travail on m a baissé mes droits sociaux pour le prochain travail je tacherai de travailler au black merci pour votre ecoute.

    • tangi
      tangi répond à Wiecha
      perplexe
      • Posté à 14h39 le 29/08/2008
      • Internaute 49400
        perplexe

      Heu, il me semble que la garantie était qu’une reprise d’emploi n’ai pas pour conséquence une perte globale de revenue, et non pas une garantie de maintien du montant des allocs perçues.

      Je comprends bien la situation compliquée de la personne de ce témoignage, mais si les allocations sont garanties à vie à partir du moment où elles ont été touchées une fois, il va effectivement y avoir un problème.

      Par contre si le cumul emploi/RMI les 3 premiers mois est supprimé, c’est domamge. J’en ai moi même profité à une époque, et c’est vrai que c’est un vrai coup de pouce.

  • Bon Scott
    • Posté à 01h06 le 29/08/2008
    • Internaute 24531

    « A la différence du RMI où il n’y a aucune obligation (...) ceux qui refuseront deux offres d’emplois ou de formation seront pénalisés et ne toucheront plus le RSA », a expliqué Nicolas Sarkozy à des journalistes à l’issue de son discours. »

    Lien

    Si il y avait du travail pour actuellement 5 millions de demandeurs d’emploi, ça ce serait !

    « Je ne mettrai pas un centime pour financer l’assistanat. J’ai été élu sur une promesse : récompenser le travail (...) je veux changer cette situation scandaleuse dans notre pays qui veut que l’assistanat paie plus que le travail », a martelé le président de la République. »
    leparisien.fr

    C’est sûr le peu de travail offert aux demandeurs d’emploi, sont avec des salaires de misères, 80% des offres sont du travail temporaire, 20H00 par semaine, payées au SMIC voir en dessous, les propos du petit corps malade sont de nature populiste, tapez et tapez encore sur les plus démunis d’entre nous, chômeur = fainéant, parasite de la société ...

    Ce ne sont pas les députés non réélu, qui vont être concernés par ces mesures (indemnisation pendant 5 ans, si cela ne s’appelle pas de l’assistanat ? !)

    Que le président de l’UMP supprime le sénat, cela évitera aux contribuables de payer 331 assistés

    Brassens chantait « quand est con, on est con ... »

  • JAMBON.BEURRE
    JAMBON.BEURRE
    « Soyons realiste , demandons l (...)
    • Posté à 04h05 le 29/08/2008
    • Internaute 16073
      « Soyons realiste , demandons l (...)

    Ils nous prennent vraiment pour des c...,on nous explique qu’un jeune avec un bac +4 et ravie de toucher 700€ par mois qu’elle honte mais où sommes nous, je dois être dans un cauchemar ,je vais me réveiller.

    • compte désactivé 2
      • Posté à 12h46 le 29/08/2008
      • Internaute 29938

      tu as pas encore tout vu... pour payer les salaires des agents du public et les retraites de ces mêmes agents, il faut paupériser les jeunes. C’est cela que la gauche et les syndicats ont laissé faire ! !

  • newf
    newf
    essaye de s'en sortir
    • Posté à 12h33 le 29/08/2008
    • Internaute 47996
      essaye de s'en sortir

    Notre président tient-il vraiment à cette mesure ? Pas si sûr. Il sait très bien que le RSA sera un gadget de plus sinon un emplâtre sur une jambe de bois. Comme ce fut le cas avec les CES et autres emplois jeunes, ce sont les structures publiques ou des associations d’aide à la personne qui embaucheront des RMIstes à temps partiel tout en hurlant contre le travail précaire. Très peu d’entreprises privées s’y risqueront. Sarko semble plutôt tétanisé à l’idée de ne pas tenir des promesses de campagne qu’il n’avait même pas chiffrées. Martin Hirsh avait prévenu qu’il quitterait le gouvernement si le RSA n’était pas mis en place. Vu le passé du Monsieur, on peut croire qu’il aurait tenu sa promesse. Et Sarko ne peut pas se permettre une crise gouvernementale qui remettrait en question sa prétendue ouverture à gauche. Bref il fait de la politique. Ceux qui croient qu’il fait du social par altruisme sont à mon avis des grands naïfs.

  • elisa33
    • Posté à 12h37 le 29/08/2008
    • Internaute 24421

    Le RSA « n’est pas la panacée du siècle »... Lien

  • YoshiL7
    • Posté à 13h09 le 29/08/2008
    • Internaute 29840

    Le RSA... certainement l’arme du gouvernement pour détruire le SMIC à terme vu qu’il gène ce même gouvernement et ses amis du patronat... il ne reste plus que cela après avoir détricoter le droit du travail, casser la durée du travail, etc... ca va venir au rythme ou cela va.

    En attendant, Hirsch criait haut et fort il ya encore peu de temps de cela qu’il lui fallait 3 milliards d’euro pour son RSA... finalement, il en sera encore loin mais crie haut et fort que tout va pour le mieux finalement...

    • Anonyme répond à YoshiL7

      L’avantage du smic c’est qu’il est payé par l’entreprise alors que les allocs chômage, RMI, RSA est payé par le contribuable (uniquement ceux des classes moyennes, au-dessus c’est le bouclier fiscal !)
      enfin autrefois c’était comme cela, de nos jours ce sont les contribuables qui subventionnent les smicards et des millions d’autres en deçà !

      L’inconvénient du smic c’est l’alignement des salaires sur le smic y compris pour des diplômés post-bac qui commencent une carrière et pas facile ensuite de voir son salaire augmenter !
      La smicardisation de la France perdure depuis 20 ans !
      Autrefois une famille de 4 pouvait vivre avec un seul smic et il n’y a avait que les allocations familiales pour aider les famille.. de nos jours un célibataire au smic sans enfant n’arrive pas à vivre décemment.

      Par conséquent, le smic ne profite pas aux travailleurs pauvres et maintient des salariés diplômés et expérimentés au smic pendant des années... et le nivellement pas le bas est accentué par les travailleurs étrangers qui eux acceptent n’importe quoi comme salaire !

      • Yannick-007
        Yannick-007
        Tecky d'ordi a A'Dam !
        • Posté à 15h57 le 29/08/2008
        • Internaute 41126
          Tecky d'ordi a A'Dam !

        Mieux vaut accepter n’importe quoi comme salaire qu’etre au chomage. Question de dignite.

         
        • Neris
          Neris répond à Yannick-007
          Précaire
          • Posté à 17h19 le 30/08/2008
          • Internaute 50834
            Précaire

          Ah ben c’est sûr qu’avec des gens comme vous, on peut toujours espérer voir les employeurs mieux payer les salariés.

          On peut peut-être aussi faire comme en Allemagne et mettre tous ces fainéants au boulot pour un 1 Euro de l’heure !
          Et comme ça, les employeurs vireront les autres pour prendre de la main-d’oeuvre au rabais.

          C’est pas avec le RSA qu’on sortira les gens de la précarité mais c’est encore moins avec des réflexions comme les vôtres.

          La dignité, c’est la dernière chose qu’il nous reste, à nous, précaires, et pardonnez-nous, si nous n’avons pas envie de la brader à des patrons qui ne veulent pas payer décemment.

        1 autres commentaires
      • Neris
        Neris
        Précaire
        • Posté à 17h35 le 30/08/2008
        • Internaute 50834
          Précaire

        @Kassandr

        Et vous voulez quoi, qu’on supprime le SMIC ?
        C’est le dernier garde-fou à la paupérisation et à la précarisation de tous les salariés.

        Vous pensez vraiment que les entreprises vont payer plus les dîplômés une fois que le SMIC aura disparu ?

        Evidemment que les travailleurs étrangers acceptent n’importe quoi comme salaire, sinon ils ne peuvent pas rester en France. Leur condition de résident est subordonnée à l’emploi. Si pas d’emploi, pas de revenus, donc retour au pays.
        Je vois ça tous les jours, alors je sais de quoi je parle.

        Ce n’est pas facile pour les jeunes diplômes, mais que dire des « jeunes seniors » (entre 40 et 50 ans) dont je fais partie et qui après avoir été payés pendant des années correctement ne se voient plus offrir que des emplois partiels au Smic. Les jeunes ne peuvent pas « monter » et les autres « descendent ».

        Je ne pense pas que ce soit le Smic qui en soit la cause.

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 14h08 le 29/08/2008
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    a wiecha , ben oui vaut mieux essayer de rester au black

  • Anonyme

    Un problème de financement ? Une taxe !
    Deux problèmes de financement ? Deux taxes !

    Depuis l’élection d’un nouveau président, les taxes pleuvent ! Bien sûr elles s’ajoutent aux anciennes inventées par ses prédécesseurs élyséens !

    Aucune réforme des institutions dignes de ce nom ! On demande aux administrations de faire des économies mais peu de restructuration du mille feuilles administratifs (commune, communauté de communes, canton, département, région).et ne parlons pas commissions à la pelle qui sont des rentes de situation pour ceux qui en font partie, et que dire de ces milliers de conseillers pour aider les élus à maintenir leur pouvoir local, regional, national !

    Surtout, cette persitance de la politique d’assistanat qui repose toujours sur le contribuable de la classe moyenne (le riche à son bouclier fiscal) et nous voilà avec un système de collecte d’impôts kafkaïen qui maintient l’assisté d’en bas à la charge de l’Etat et décourage ceux qui ont travaillé dur pour avoir un pouvoir d’achat !

    RSA ? (nouvel impôt qui vient s’ajouter au RMI, Primes à l’emploi, APL, API, CMU, AME, allocations familiales, primes de rentrée scolaire, prime/chèque du gazoil, taxes environnementales, ...)
    Encore un nouvel impôt à la charge de celui qui s’est levé tôt et couché tard pour décrocher diplômes, jobs afin d’ inciter le chômeur à travailler à la place du clandestins sans papier ? ? ! ! ! Hélas non, aucune sanction pour les patrons qui recrutent sciemment une main d’oeuvre bon marché qui se retrouvent malgré tout à la charge de l’Etat et dont la majorité ne paie aucun impôt (soins gratuits, écoles) et ne fait pas profiter notre économie de marché puisque tous les gains sont expédiés dans leur pays d’origine !
    Quid des milliards que rapportent la CSG et CRDS : engloutis ailleurs... dans le chateau « administration » ?

    Un exemple ?
    La palme d’or des subventions revient haut la main à la Culture avec
    123 228 613 Euros
    Un pactole payé par les contribuables pour financer des films que personne n’ira voir, des disques de musique contemporaine que personne n’écoutera, des oeuvres d’art que personne ne se donne la peine de regarder ! !

    Quid du coût de cette guerre en Afghanistan pour le contribuable français, européen ? de toutes ces troupes de la France-Afrique et de la générosité de président qui distribuent aux 4 coins le planète de l’argent qu’il n’a pas et qui accentue la pauvreté des classes moyennes et quid du remboursement en priorité de notre dette nationale que des banques du monde entier renfloue à coût d’intérêts exhorbitants ?
    quid du maintient de l’aide humanitaire qui consiste à creuser les déficits pour aider le tiers monde à rester dans l’assistanat des pays en voie de récession/régression comme la France ?

    Revenons à nos 10% de chômeurs et de ceux qui préfèrent rester chez eux profitant des aides de l’Etat ! Normal ?
    Quid des travailleurs sans papier, ils sont des milliers ? du coût l’AME, aide médicale d’Etat , de la CMU ?
    Est-il normal que des entreprises recrutent des étrangers clandestins pour balayer les trottoirs de nos villes, cuisiner dans les arrières cuisines des restaurants gastronomiques ?
    est-il normal que les contribuables versent des RMI et aides collatérales aux dizaines de milliers de chômeurs sans diplôme, sans qualification de tous âges nés ou pas en France ? ? ?
    Est-il moral de tolérer que certains d’entre nous rechignent à travailler dans certains secteurs mais acceptent l’argent (et réclament toujours plus de l’Etat) de ceux qui se lèvent tôt le matin pour gagner assez d’argent et ainsi être ponctionnés chaque année davantage : LES CLASSES MOYENNES.
    Est-ce moral d’imposer plus lourdement les célibataires sans enfant qui n’ont droit à aucune réduction de leurs taxes foncières (polluent et consomment moins de services publics communaux, régionial et national qu’une famille de 4 !), paie plein pot une taxe d’habitation, impôts sur le revenu (pas droit au fameux de quotient familial)

    * Ce n’est pas aux contribuables de compléter les salaires du privé, d’aider les entreprises à ne pas déposer le bilan (65 Milliards d’euros d’aides en 2005), de financer moulte assocations « lucratives » !

    * Ce n’est pas aux contribuables de financer le cartable, le jogging, les baskets Nike et les crayons Bic, cahiers Oxford de la rentrée scolaire des mômes ! Mais aux parents qui touchent déjà des allocs et qui bénéficient déjà des réductions d’impôts d’une politique nataliste.

    * A quand la suppression des allocs et avantages collatéraux ?

    * Seuls les revenus du travail doivent permettre de financer le train de vie et les choix personnels des dépenses des familles qui souhaitent avoir des enfants ! L’état devant se consacrer aux infrastructures publics et une éducation nationale de l’excellence par conséquent régionaliser la gestion des écoles, collèges, lycées, universités dotés d’équipes pédagogiques performantes et évaluées chaque année par des évaluateurs dignes de ce nom !

    • newf
      newf
      essaye de s'en sortir
      • Posté à 15h17 le 29/08/2008
      • Internaute 47996
        essaye de s'en sortir

      Voici une remarque digne des grandes envolées de Pierre Poujade. Les poujadistes, ils mélangent tout, c’est même à çà qu’on les reconnait.

      • Suzanna
        Suzanna répond à newf
        • Posté à 11h21 le 30/08/2008
        • Internaute 17779

        Le RSA financé par la taxation de l’épargne (Beaucoup) et du capital (très peu), plus que du poujadisme, c’est du populisme. Il est vrai que les deux (poujadisme et populisme) ont un point commun vital pour Sarko : ils rapportent électoralement.
        Ce n’est pas couper les cheveux en quatre que d’essayer de comprendre à quelle détestable sauce l’hyperomniprésident bouffe la France.

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 14h53 le 29/08/2008
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    pour le fun
    Lien

  • Yannick-007
    Yannick-007
    Tecky d'ordi a A'Dam !
    • Posté à 15h52 le 29/08/2008
    • Internaute 41126
      Tecky d'ordi a A'Dam !

    Je croyais que ce RSA devait s’autofinancer.
    L’argent d’un RMIste devenant travailleur devant servir au RSA. Encore une machine a gaz qui va couter ... 1.5 Milliards d’euros !

    • Neris
      Neris répond à Yannick-007
      Précaire
      • Posté à 17h48 le 30/08/2008
      • Internaute 50834
        Précaire

      L’argent du RMIste devenant travailleur, il ne peut pas à la fois aller dans la poche de l’employeur et auto-financer le RSA !

      Le RMIste devenant travailleur n’est pas employé en CDD ou en CDI, ça serait trop beau.

      Le RMIste devenant travailleur est expédié sur des contrats aidés (Contrat d’Avenir, CI-RMA, CAE). De ce fait, il ne perçoit plus le RMI puisque c’est l’employeur qui le perçoit sous forme d’aide.

      En plus, effet pervers, ces contrats précaires qui ne sortent pas de la précarité, ont eu un tel « succès » qu’ils coûtent extrêmement cher à l’état. De ce fait, l’état cogite sur un nouveau type de contrat aidé, contrat unique qui remplacera ceux que j’ai cité.

      Pourquoi s’acharner à garder ces contrats et ne pas offrir à tout le monde des CDD ou des CDI normaux ? ? ?

  • bruay en artois
    bruay en artois
    silicose plus irradie
    • Posté à 20h20 le 29/08/2008
    • Internaute 34473
      silicose plus irradie

    bizarre depuis 15 h52 plus de reponse .hi hi

  • nidolga
    nidolga
    Retraité
    • Posté à 15h38 le 30/08/2008
    • Internaute 50316
      Retraité

    Bonjour,

    Je viens de publier un article sur le RSA voir :
    Lien

  • lenfant
    lenfant
    thierry
    • Posté à 19h20 le 30/08/2008
    • Internaute 51725
      thierry

    une très bonne analyse de ce qu’est véritablement le RSA.

    Dans un contexte où depuis plusieurs années les salaires progressent beaucoup moins vite que les revenus du capital, dans un contexte où l’on explique aux salariés de tant d’entreprises qu’il n’y a pas de quoi augmenter les salaires en bas et qu’au même moment, on augmente la distribution des actions et les dividendes en haut, il n’est quand même pas anormal que les revenus du capital soient mis à contribution pour revaloriser le travail des plus démunis et des plus exclus ». On se croirait à l’université d’été d’ATTAC et pourtant, il s’agit d’un extrait de l’allocution de Nicolas Sarkozy confirmant que le Revenu de Solidarité Active (RSA) sera bien financé par un prélèvement supplémentaire de 1,1% sur les revenus du capital (Intérêts, dividendes, revenus fonciers, revenus d’assurance-vie et plus-value).

    Du coup, la gauche en perd son latin. Jean-Louis Tourenne (PS), président du Conseil général d’Ille-et-Vilaine, a estimé que « Les classes moyennes seront touchées pour peu qu’elles aient placé quelque argent en prévision des accidents de la vie (décès, chômage...). Les personnes modestes (par exemple, les veuves d’agriculteurs en milieu rural), propriétaires de petits biens qu’elles louent seront taxées alors qu’elles ne sont généralement pas imposables ». Le PS doublé sur sa gauche se poserait désormais en défenseur des petits épargnants... On se frotte les yeux, on n’ose y croire. Heureusement qu’il y a un secrétaire général au PS, François Hollande, qui sait garder la tête froide et se souvenir qu’il est quand même de « gauche » : « S’il doit y avoir des financements pour le RSA, qu’ils soient pris sur ceux qui ont le plus me paraît légitime ». En deux mots, le PS approuve Nicolas Sarkozy, situation quand même plus confortable qu’un tandem Sarkozy-Hirsch le doublant sur la gauche... Mais est-ce une situation si extraordinaire ?

    Dans le gouvernement Sarkozy-Fillon, Martin Hirsch est souvent présenté comme étant différent des autres ministres d’ouverture : non seulement, il n’aurait pas trahi ses idées d’origine mais, de plus, il est vu comme une personnalité courageuse qui, en dépit des faibles moyens budgétaires dont il dispose, se bat pour mettre en œuvre sa proposition de Revenu de Solidarité Active (RSA) destinée à éradiquer la pauvreté. Ce n’est qu’une pure illusion. La décision de Nicolas Sarkozy d’intégrer le RSA dans son programme est tout sauf un incident de parcours : cette proposition s’inscrit dans les projets libéraux d’impôt négatif dont l’objectif est de remettre, coûte que coûte, la population au travail en complétant, sur budget public, les revenus insuffisants que les entreprises versent.

    Pour comprendre cette évolution des libéraux, on se doit de revenir quelques dizaines d’années en arrière. Comme on le sait, le chômage était quasiment inexistant en Europe dans les années 60. Il va progresser fortement dans les années 70 pour atteindre environ 10% de la population active de ces pays. Ce chômage massif va devenir le moyen qui permettra, dans la première partie des années 80, aux détenteurs de capitaux de dicter leurs conditions d’embauche (« si vous n’êtes pas satisfait du salaire proposé, d’autres attendent pour travailler »). Le résultat est connu : en l’espace de quelques années, la part des salaires dans la valeur ajoutée va perdre quelques 10% et ce, dans tous les pays européens. Comme les régimes d’indemnisation du chômage n’avaient pas été prévus pour faire face au chômage de longue durée, de nombreux individus vont se trouver durablement sans ressource, ce qui amènera les États à construire de nouveaux filets sociaux dont le RMI institué en France en 1988.

    Même si cette situation était largement favorable au capital, il lui en fallait encore plus : il est en effet dommage que tant d’individus ne travaillent pas, ce qui réduit d’autant les opportunités de profits pour les entreprises. Il fallait donc les remettre au travail tout en les maintenant dans la précarité afin d’éviter toute surenchère salariale. En clair, leur faire accepter des emplois à temps partiels sans possibilité de complément (temps partiels subis), des emplois de courte durée qui s’enchaînent les uns aux autres en fonction des besoins immédiats des entreprises, des emplois dangereux et largement sous-payés.

    C’est dans ce contexte que des formules d’impôt négatif vont se mettre en place dans divers pays. Le principe en est simple : vous vous devez d’accepter le premier travail venu et comme les entreprises ne sont pas en capacité de vous fournir des salaires décents, l’État, dans la mesure de ses faibles moyens, complétera vos revenus sous forme d’un avoir fiscal encaissable : ce n’est plus l’individu qui paye ses impôts mais l’État qui paye les individus. Construction saugrenue, non ? Cet impôt négatif se mettra en place dès 1975 aux États-Unis sous la forme du Earned Income Tax Credit (EITC). Les montants de cet impôt négatif seront toujours modestes : au maximum 4 176 $ par an pour un individu isolé ayant deux enfants à charge. Sur ces dernières années, de nombreux autres pays occidentaux (Canada, Royaume-Uni, Irlande, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Belgique, Autriche, Danemark, Finlande) ont créé des systèmes analogues. La France a institué son premier dispositif d’impôt négatif avec le gouvernement Jospin en 2001 : la Prime Pour l’Emploi (PPE) qui ne peut être touchée qu’à partir d’un certain niveau de revenu annuel (3 743 €) et bénéficiera pleinement aux travailleurs à temps plein au SMIC.

    Le RSA n’est pas à proprement parlé un impôt négatif dans la mesure où il n’est pas versé par l’administration fiscale mais par les Conseils généraux. Mais sa logique est identique : compléter les revenus du travail par de l’argent public. Son unique raison d’être est la présence du RMI et de l’API (Allocation de Parent Isolé) dans le paysage français auxquels il se substitue. Son objectif est clair : inciter les allocataires de ces revenus à reprendre, coûte que coûte, un travail. Bien entendu, ce retour au travail est paré de toutes les vertus (réinsertion dans la vie professionnelle, augmentation des revenus), vertus auxquelles une gauche sans boussole ne peut être insensible. Les critiques du projet Hirsch-Sarkozy ne porteront ainsi jamais sur l’objectif caché (fournir de la main d’œuvre bon marché aux entreprises) mais sur les conditions de sa mise en œuvre, notamment la diminution « tendancielle » des budgets du projet (de 6 à 8 milliards d’euros avant d’entrer au gouvernement, pour afficher 3 milliards à son entrée et terminer aujourd’hui à 1,5 milliard). Le gouvernement avait laissé entendre qu’il financerait le RSA par une baisse de la PPE, ce qui laissait une marge de critique au PS (déshabiller Pierre pour habiller Paul). Manque de chance, le duo Sarkozy-Hirsch avait dans sa poche un autre plan : une hausse des taxes sur les revenus du capital. Le PS n’a plus d’autres choix que d’approuver. Mais quelle politique alternative une véritable gauche de transformation sociale pourrait-elle avancer ?

    S’il est un objectif qu’une gauche digne de ce nom doit avoir, c’est celle d’une véritable libération de l’individu face au capital. Aujourd’hui, ce sont les entreprises qui choisissent leurs salariés et imposent leurs conditions, les impôts négatifs et le RSA ne changeant absolument rien à cela. Une véritable politique de changement social consiste au contraire à inciter les entreprises à embaucher à un point tel que toute personne qui cherche un emploi se trouve face à de nombreuses offres, à créer une situation dans laquelle le facteur de rareté soit désormais du côté des individus et non plus des emplois.

    Utopique ? Imaginons que l’entreprise touche pour chaque emploi en équivalent temps plein un montant monétaire représentant une bonne partie du coût salarial. Finançons ces montants par un prélèvement sur la différence entre les ventes et les achats de chaque entreprise. En clair, une partie du coût salarial est prise en charge de façon collective par la totalité des entreprises. Supposons que l’offre d’emplois soit insuffisante (emplois de mauvaise qualité, persistance de chômage...). On relève alors la partie financée collectivement : chaque entreprise bénéficie de l’intégralité du travail d’un individu tout en ayant une part encore plus importante prise en charge par les autres entreprises. Les entreprises ont alors tout intérêt à embaucher, à rivaliser pour proposer des emplois attractifs.

    Cette proposition économique existe : elle s’appelle la redistribution interentreprises (Lien). Grâce à celle-ci, une partie de la production globale d’un pays pourrait être dorénavant extraite des mécanismes marchands et répartie de façon strictement égalitaire entre les travailleurs. Ainsi, toute personne qui travaille a la garantie de recevoir un revenu décent, indépendamment de la valeur marchande de son travail. N’oublions jamais que le capital n’est que du travail mort, du travail cristallisé dans une production intermédiaire. En rémunérant de façon collective le travail, on réalise ainsi un financement mutualisé des investissements des entreprises, une collectivisation partielle mais néanmoins systématique des moyens de production. Voilà qui permettra de renouer tranquillement avec l’essence du socialisme, de libérer l’individu face au capital.

    Mais revenons à la déclaration de Nicolas Sarkozy : « mettre à contribution les revenus du capital ». Voilà maintenant plus de dix ans qu’une partie significative de la gauche « radicale » tient ce langage et le voici repris par le représentant le plus emblématique du libéralisme anglo-saxon. Cette aventure du RSA tombe à point nommé pour nous rappeler que taxer les revenus du capital ne porte nullement en germe un quelconque changement de société : cela a longtemps été un cheval de bataille de la gauche réformiste et l’histoire a prouvé à plusieurs reprises que la droite libérale est parfois prête à sacrifier momentanément ses propres intérêts (l’investissement, ils savent ce que c’est !). A l’inverse, avec la mesure de redistribution interentreprises décrite précédemment, les entreprises auront le plus grand mal à générer des profits sur le travail des individus tout en étant « programmées » pour embaucher à tout prix : nous avons là en germe la naissance d’une autre société, d’une société dans laquelle les individus s’associeront enfin librement pour travailler ensemble tout en ayant la garantie d’un revenu décent et d’un resserrement drastique des inégalités.

    Benoit Borrits

  • elisa33
    • Posté à 22h29 le 02/09/2008
    • Internaute 24421

    Tribune de T.Piketty (libé) : Le RSA, une imposture ? Lien ****************************************************************************************** Tribune de Ségolène Royal publiée dans Le Monde du 9 mai 2008 => Lien