enquete 19/08/2008 à 16h27

Les Cahiers du cinéma : le casting des repreneurs

Arthur Nazaret | Journaliste


Couvertures des Cahiers du cinéma (DR).

Tout le monde connaît Les Cahiers du cinéma mais qui les lit ? Environ 25 000 personnes. Trop peu pour le groupe Le Monde qui a décidé en avril de se séparer de la revue et de ses 700 000 euros de pertes en 2007. Les candidatures affluent pour reprendre ce grand nom de la presse française. Le Monde, qui reçoit les repreneurs potentiels tout en refusant de s’étendre sur le sujet, devrait annoncer l’heureux élu courant septembre.

Voilà l’héritage des Godard, Truffaut, Rivette, Rohmer, Chabrol et autres prestigieux critiques qui est en jeu. Les gardiens de cette mémoire collective comptent bien peser à l’heure du choix, probablement en septembre. Certains appellent à une révolution. D’autres à une restauration.

Un constat est partagé : la revue doit changer. Et d’abord en finir avec la période de « cohabitation » entre le directeur de la rédaction Jean-Michel Frodon et le rédacteur en chef Emmanuel Burdeau. En raison de leurs divergences, « les Cahiers manquent d’une identité claire, d’une petite musique reconnaissable », estime Hervé Aubron, membre de la rédaction. « Pas besoin d’une ligne rigide, répond Frodon, mais plutôt de faire vivre le débat au sein de la rédaction et de s’adresser à un large lectorat. »

Une dizaine de candidats seraient en lice

A l’heure actuelle, une dizaine de projets seraient sur la table. Parmi eux, quatre ou cinq semblent se distinguer. Notamment celui de Why Not Production, mené par Pascal Caucheteux. Sa société produit, entre autres, les films d’Arnaud Desplechin, de Claire Denis, de Philippe Garrel. Des auteurs dont parlent souvent les Cahiers, d’où un risque de conflit d’intérêts. Pour certains, ce projet serait officieusement soutenu par Jean-Michel Frodon. « Rumeur », nous dit l’intéressé.

Plusieurs autres projets sont portés par des rédacteurs en chef (anciens ou actuel) des Cahiers : Emmanuel Burdeau (actuellement en poste), Jean-Marc Lalanne (rédac chef des Inrockuptibles), et Antoine de Baecque (collaborateur de Rue89) pour le groupe d’édition Vilo.

S’ils diffèrent éditorialement, tous souhaitent préserver l’histoire et l’identité du mensuel. C’est aussi à cette tâche que travaillent les Amis des Cahiers. Mais s’ils ont « un droit de regard, les Amis n’ont pas à soutenir tel ou tel projet », souligne Claudine Paquot, gérante des Amis des Cahiers et responsable du pôle édition.

Un projet public, les autres plus discrets

Si à l’origine, la règle du jeu était la confidentialité, un projet est déjà sur la place publique. C’est celui d’Emmanuel Burdeau et de Thierry Lounas. Economiquement, ils peuvent s’appuyer sur Thierry Wilhelm, déjà investisseur dans Mediapart. Burdeau avance, récolte des soutiens, les affiche. Les autres jouent l’ombre, lui la lumière, ce qui n’est pas du goût de tout le monde. « Nous au moins, on joue carte sur table », affirme Jean Douchet, aux Cahiers depuis leurs débuts, qui soutient Burdeau avec pas mal d’anciens, comme Jean Narboni (rédacteur en chef de 1968 à 1972).

Burdeau peut aussi compter sur l’appui de la majorité de sa rédaction et sur bon nombre de professionnels du cinéma, signataires d’une tribune dans Libération. Jean-Luc Godard aurait même rejoint -en retard- ce comité de soutien informel…

Le projet de Burdeau ? « Des Cahiers de plaisirs et de combat » . Avec une plus grande place pour Internet comme support mais aussi comme lieu à explorer pour la critique et « comme moyen de diffusion pour des films ayant un accès de plus en plus difficile à la salle ». Rendre la revue plus attractive, privilégier les nouveaux cinéastes et s’ouvrir aux domaines que le cinéma nourrit : séries télé, art contemporain, littérature, Internet. Un pas de plus vers la modernité.

S’ouvrir aux jeux vidéos ou retrouver le classicisme de l’époque Rivette ?

Un projet qui pourrait se rapprocher de celui que porte Jean-Marc Lalanne, des Inrocks. Selon Frédéric Allary (directeur général de l’hebdo culturel), « le talent des Cahiers doit s’étendre aux images ». Pour lui, une critique du jeu vidéo GTA IV y aurait eu toute sa place. Le passage de Lalanne aux Cahiers incarnait cette ouverture, trop extrême pour certains. Ouverture tous azimuts, vers la télé, les jeux vidéos et vers… Loft Story. Un crime de lèse-majesté ? Peut-être. En tout cas, Lalanne, d’après Allary, pousse pour une vraie refonte éditoriale.

Du côté d’Antoine de Baecque, on privilégie un retour aux sources et à une certaine forme de classicisme combiné à des choix plus tranchés et à une approche plus revue que magazine. Avec comme référence, les Cahiers des années 60, ceux de Rivette. Quand la marque jaune s’ouvrait à la modernité, dialoguant avec la sociologie et la philosophie. De Baecque veut que les Cahiers se recentrent sur les films. La toile plutôt que les écrans, pour ne pas prendre le risque de se diluer.

D’autres candidatures viennent de l’extérieur. Comme celle d’Alain Kruger, ancien directeur de Première et producteur de l’émission de cinéma Le Cercle. Lui milite, entre autres, pour des Cahiers plus beaux, plus provocants et aux entretiens plus longs.

Contacté par Rue89, le producteur Pascal Caucheteux ne confirme pas avoir monté un projet de reprise. Selon nos informations, il a pourtant été auditionné par les cadres qui gèrent ce dossier au Monde. Enfin, la maison d’édition Phaidon serait aussi sur les rangs.

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  • 34 réactions
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  • parti
    parti
    punishment park
    • Posté à 17h41 le 19/08/2008
    • Internaute 36257
      punishment park

    pour finir en jus de navet ?

    • Numerosix
      Numerosix répond à parti
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 18h11 le 19/08/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Ce qui est bien , avec le cinema français de maintenant , c’est qu’ il est facile à critiquer ..

       
      • parti
        parti répond à Numerosix
        punishment park
        • Posté à 20h55 le 19/08/2008
        • Internaute 36257
          punishment park

        la critique est aisée mais l’art est difficile...
        bonsoir numerosix, tu vas ?

        • Numerosix
          Numerosix répond à parti
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 23h08 le 19/08/2008
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          Ca va toujours quand t’es la , Morille .

          • parti
            parti répond à Numerosix
            punishment park
            • Posté à 23h48 le 19/08/2008
            • Internaute 36257
              punishment park

            si je te vois je te claque...la bise même si tu m’em...... avec les majuscules....

      3 autres commentaires
  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h16 le 19/08/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Critique de film, quelle horreur.
    Juste bon à conseiller le film des copains, ou celui qui fait de la pub dans ledit magazine, ou bien celui qui est à la mode chez les pseudos intellos genre BHL et toute sa race de boulets.
    Sans compter qu’ils ne peuvent s’empêcher de dévoiler la moitié du suspens, ou d’associer des mots vides de sens qui certes ne dévoile rien du film mais n’en disent rien non plus.

    Enfin, c’est pas le seul contenu d’un magazine sur le cinéma (enfin j’espère).
    Et c’est sur que s’il sont encore coincé sur Godard, Truffaut (pouah ! le chien qui a osé souiller Bradbury !) ou Chabrol, ça doit sentir la naphtaline dans leurs bureaux.
    Remarquez, le vieux est un marché porteur, et le sera de plus en plus.

    Mais bon, qu’il se contente de parler de cinéma. Et qu’ils laissent le jeu vidéo à ses spécialistes
    (quoi que, niveau vendu, ces derniers sont peut être encore pire !), parce qu’on les connait les miquets qui ont des orgasmes lorsqu’ils parlent de films d’art et d’essai, ils doivent haïr GTA et vont lui cracher dessus.
    Par contre, s’ils sont fan de MASH, Sin City, Orange Mécanique, Fight Club et autres grands noms du ciné anar, on peut demander à voir : D

    • A déménagé le 13-01-2012
      • Posté à 18h43 le 19/08/2008
      • Internaute 18368

      C’est justement la prétention inculte dont vous faites également preuve qui a éloigné le cinéma de son public...

      L’avenir des « Cahiers », comme celui de toute la Presse, passe par le Net... et pourquoi pas, par et avec le jeu vidéo ?

    • Guillome
      Guillome répond à Keldan
      Jeune
      • Posté à 22h07 le 19/08/2008
      • Internaute 9914
        Jeune

      « Par contre, s’ils sont fan de MASH, Sin City, Orange Mécanique, Fight Club et autres grands noms du ciné anar, on peut demander à voir : D »

      Blague ?

    • parti
      parti répond à Keldan
      punishment park
      • Posté à 22h07 le 19/08/2008
      • Internaute 36257
        punishment park

      quoi ? vous osez critiquer bhl, auteur d’un chef d’oeuvre cinématographique ?
      ps : en quoi fight club est anar ? là je comprends pas...

      • NonooStar
        NonooStar répond à parti
        Informaticien
        • Posté à 13h48 le 20/08/2008
        • Internaute 34879
          Informaticien

        « En quoi fight club est anar ? »

        Bah, c’est de l’anarchisme made in MTV. On projette un discours pseudo-anarchiste avec suffisamment d’images chic et toc pour le spectateur n’aille pas plus loin que le trivial « cool, foutons-nous sur la gueule et faisons tout péter ».

        Dans le genre film clipesque, Fight Club est loin d’être le pire et se regarde plutôt bien. Mais faut pas le prendre pour ce qu’il n’est pas.

         
        • Meinhof
          Meinhof répond à NonooStar
          Chef marketing
          • Posté à 14h30 le 20/08/2008
          • Internaute 40313
            Chef marketing

          Fight Club n’est absolument pas anar’
          Fight Club est un doigt brandit au public.
          C’est un film qui se moque ouvertement du spectateur en se plaçant comme un miroir renvoyant l’image du mouton que nous sommes tous.

          Mais bon... On ne doit pas parler du fight club...

  • spidermoon
    spidermoon
    célibataire endurci
    • Posté à 19h34 le 19/08/2008
    • Internaute 42835
      célibataire endurci

    Je connait de nom, mais pour une critique de film, c’est sur le net que je trouve, avec bande annonce et extrait de films. Idem pour les jeux vidéos, les potins de star, les séries TV et la culture en général. Et surtout la possibilité de réagir en ligne et en direct sur les critiques. Les revues papier sont le passé.

  • Ouinouin
    Ouinouin
    aime bien donner son avis
    • Posté à 19h51 le 19/08/2008
    • Internaute 48021
      aime bien donner son avis

    Deux problèmes aux Cahiers :
    - le prix, j’ai voulu acheter à plusieurs reprises les Cahiers du Cinéma mais à chaque fois que je vois le prix, je ne peux pas me résoudre à débourser plus de 5 € pour un magazine, aussi intéressant soit-il.
    - le site internet, il manque cruellement de contenus interactifs, les abonnements sont hors de prix et la home du site est bien trop terne.

    Il faut que les Cahiers survivent et continuent de publier ces critiques et autres analyses dont ils ont le secret et qui apportent une vraie réflexion sur le cinéma, contrairement à la majorité des autres mags ciné.

  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 21h39 le 19/08/2008
    • Internaute 25924
      Wouaooouh!

    Je viens (depuis 6 lmois) de de me désabonner.
    Trop déconnecté , décalé, copinage, etc...
    Si Why Not reprend ,on peut , peut-être, reonsidérer... On verra...

  • salina
    salina
    fonctionnaire
    • Posté à 22h43 le 19/08/2008
    • Internaute 50882
      fonctionnaire

    La crise que traversent les Cahiers n’est en rien surprenante et, tres honnetement, les projets de reprise ne me disent rien qui vaille, a part peut etre celui d’Antoine de Baecque . Peut-etre est-il en fait necessaire d’en finir. Je suis un ancien abonne des Cahiers, pendant plus de dix ans. Premier numero achete a la fin des annees 80 avec Nanni Moretti en couv’ pour Palombella Rossa. Je me suis desabonne en 2002 et suis passe a l’ennemi, c’est a dire chez Positif ; je ne le regrette en rien, bien au contraire. Les cahiers meurent doucement, en partie a cause de leurs erreurs - innombrables et reparees in extremis (Kubrick rehabilite A SA MORT, fallait le faire !) - mais aussi de leur indecrottable snobisme, de leurs commentaires amphigouriques dont la relecture laissait parfois pantois une fois le film vu. On parle de copinage mais c’est malheureusement souvent le cas ; relisons ensemble pour rire un peu la critique de Borderline de Dubroux parmi des centaines d’autres exemples... Positif a bien sur des defauts mais me parait une revue plus libre et claire dans ses choix, beaucoup moins dogmatique et engoncee dans une ’’tradition’’ aujourd’hui desuete. La perspective de voir les Cahiers repris par des ex-Inrocks (revue dont je me suis egalement desabonne il y a encore plus lomgtemps, lorsque la decision a ete prise de parler d’autre chose que de musique au debut des annes 90 ) a quelque chose d’encore plus effrayant en ce qu’elle ne peut qu’accentuer une derive vers le culturel-chic d’extreme gauche, ce dont les cahiers avaient eu precisement toutes les peines du monde a sortir dans les annes 80. Un choc salutaire qui avait permis a l’epoque de relancer la revue

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 08h12 le 20/08/2008
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    y trouverons nous plus d’annonçes de film en préparations avec les adresses exact des boites de prod et leurs numéro de téléfone on sait jamais

  • ADCR
    • Posté à 09h50 le 20/08/2008
    • Internaute 14797

    le jeux vidéo sont un art a part. Il faudrait lui offrir une veritable revue digne de ce nom.
    Il faudrait se concentrer sur le cinéma.
    Mais au cahier du cinéma, un peu comme dans tous les magazines sur le cinéma, il n’y a que des avis, pas assez de critiques.

  • Dr Stange
    • Posté à 10h24 le 20/08/2008
    • Internaute 15087

    les cahiers etaient « banales » sans analyse,et sans profondeur,c’est pourquoi les cinglès de cinè ont arretè de l’acheter,je crois que c’est une bonne raison,non ? la dernière fois que je l’ai achetè à propos de ’gang of New-York’que je trouvais très politique(ce dont personne ne parlait dans la presse)j’ai eu la surprise au bout de 3 ligne de voir que le ’journaliste’confondait St Christophe et St Michel ! ! ! deja une certaine culture du symbole semble bienvenue pour faire un travail d’analyse ! ! en effet si c’est pour trouver un rèsumè du film(et parfois la fin !)allo cinè suffit !

  • MANU LE TIGRE
    MANU LE TIGRE
    echos des savanes
    • Posté à 10h58 le 20/08/2008
    • Internaute 42525
      echos des savanes

    J’avoue continuer à acheter les Cahiers par fétichisme ...et encore. Halte au nombrilisme de certains journalistes. J’espère que la nouvelle équipe se rappellera qu’elle est sensée écrire pour des lecteurs (vous savez ces gens qui achètent le magazine).

  • gdulion
    gdulion
    Vidéo
    • Posté à 13h31 le 20/08/2008
    • Internaute 44288
      Vidéo

    Il y avait cette petite guerre entre Positif et les Cahiers, une gueguerre parfois constructive mais qui m’a fatigué. Le Cinéma est la forme narrative de l’image en mouvement la plus poussée, celle des origines, depuis il y a eu d’autres formes (télévision, jeux vidéo, internet...). Tout est histoire de forme et de narration, s’obstiner à parler du cinéma est bon, car elle est la forme la plus intelligente narrativement, savoir lire des images de cinéma permet d’avoir un point de vue réflexif sur toutes les images. Le critique a parfois tendance à vampiriser l’oeuvre dont il parle, tenter de comprendre, décrypter, ouvrir le spectateur sur une autre perspective. Parfois cela fonctionne, mais souvent le lecteur est désemparé face à un texte qui parle de tout (philosophie, art ...) sauf du film.
    Une refonte des Cahiers est nécessaire, cependant nous vivons une époque de turbulence au sein des images. Il faut de la réflexion, mais entre les images. Je suis personnellement né dans les jeux vidéos, et cela ne me choquerai pas qu’il y ait enfin de la refléxion poussée sur ce sujet. Voir les contaminations entre les images, comment elles se répondent, mais tout cela est un long débat. Les Cahiers doivent s’ouvrir et survivre, si nous abandonnons maintenant la refléxion sur les images qui nous entourent et cédons à un chaos nihiliste rétinien, honte à nous.

  • Machiavel
    Machiavel
    voisin oisif
    • Posté à 13h36 le 20/08/2008
    • Internaute 21001
      voisin oisif

    Cette revue a aussi une maison d’édition (« Les éditions de l’étoile ») dont le catalogue livresque est important en quantité et qualité. Entretiens, essaies, carnets, analyses, il ne faudrait pas que ce patrimoine soit dispersé !

  • Susanna
    Susanna
    Individu
    • Posté à 14h07 le 20/08/2008
    • Internaute 10099
      Individu

    Certaines des réactions qui précèdent, incultes et satisfaites de l’être (« le cinéma français est nul ! », « Les critiques sont des frustrés ! », etc.) expliquent pourquoi les Cahiers ont du mal à exister aujourd’hui.
    La revue telle qu’elle existait depuis plusieurs années s’était fixé des objectifs contradictoires et avait nivelé son niveau d’exigence pour attirer un lectorat plus large, sans doute moins passionné que son lectorat traditionnel - mais qui a encore envie de se passionner pour une activité aussi rébarbative que la cinéphilie ? .
    C’était manifestement une erreur, plus grand-chose ne séparant ce journal des revues grand public, alors que Trafic, Positif, les services culture de Libération ou des Inrockuptibles incarnaient désormais le désir cinéphilique.
    Je relirai avec plaisir cette revue, à laquelle j’ai été très attachée entre 79 et 92, si elle revient à une exigence et une qualité d’écriture minimales, ce qui n’était absolument plus le cas récemment.

    PS. A propos de Libération, je crois qu’on peut faire une croix sur leurs pages Cinéma. A côté de polyvalents interchangeable, il reste quelques belles signatures mais on sent bien que la direction n’a plus très envie de culture.

    • parti
      parti répond à Susanna
      punishment park
      • Posté à 23h30 le 20/08/2008
      • Internaute 36257
        punishment park

      faut rigoler...un coup de pied dans l’inculte serait le bienvenu...c’est la faute des intervenants si les cahiers ont du mal à exister...les cahiers ont nivelé (par le bas bien sûr) pour s’élargir...la cinéphilie serait rébarbative...une qualité d’écriture minimale...décidément vos arguments sont d’une pertinence...
      je vous renvoie à l’excellent « virus cannibale » de l’ineffable bruno mattei...que même libé n’a jamais osé chroniqué...
      bien à vous...

  • Meinhof
    Meinhof
    Chef marketing
    • Posté à 14h30 le 20/08/2008
    • Internaute 40313
      Chef marketing

    Les cahiers du cinéma c’est quand même le papier cul le plus cher que je connaisse (même si Télérama se défend bien de ce coté là).

  • Hans Lukas
    Hans Lukas
    cinéfils
    • Posté à 15h32 le 20/08/2008
    • Internaute 50921
      cinéfils

    Sans doute les Cahiers ont-ils une place à part dans la mélée des médias qui s’occupent de ce pauvre cinéma, et pourvu que cela dure !
    Intelligent - à défaut d’être toujours intelligible - et sensible, je voudrais bien que l’on continue à me parler de cinéma sur ce ton, en évitant de me parler de chiffre d’affaires et de plans de carrière.
    Que l’on me parle de cinéma, plutôt que de « communication » (laissons ça à Sarkozy).

    Pour cela, je signe pour le projet de Burdeau à fond !
    Un abonné , qui n’a pas envie de se désabonner...

  • dariouchak
    dariouchak
    internaute
    • Posté à 19h26 le 20/08/2008
    • Internaute 50934
      internaute

    Belle enquête exclusive que vous avez réalisée là, cher Arthur Nazaret.

    Mais toutes les infos que vous nous donnez à lire sont déjà parues avec trois semaines d’avance sur vous (le 31 juillet) par la lettre spécialisée Presse news.

    Vous pouvez trouver sur leur site (Lien) :
    « Neuf candidats, dont Thierry Wilhelm, sont en lice pour la reprise des Cahiers du cinéma »
    Lien

    Il aurait été intéressant de citer vos sources, non ?

    Bon courage dans la suite de vos études.

    • Arthur Nazaret
      Arthur Nazaret répond à dariouchak
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 01h24 le 22/08/2008
      • Journaliste 29571
        Journaliste

      Merci pour la pertinence de vos remarques...
      Mais n’étant pas abonné à cette lettre spécialisée, je n’ai pas pu la lire. Si vous aviez la gentillesse de me la faire parvenir, je la lirai avec intérêt.

      Par ailleurs, votre sagacité aurait dû vous permettre de voir qu’en effet je citais mes sources : Burdeau, Frodon, Paquot, Kruger, Caucheteux, Allary, Aubron, Douchet, ...

  • salina
    salina
    fonctionnaire
    • Posté à 19h29 le 20/08/2008
    • Internaute 50882
      fonctionnaire

    ’’Qui a encore envie de se passionner pour une activité aussi rébarbative que la cinéphilie ? ’’ demande-t-on de manière fort révélatrice dans cet échange, qui dans le même mouvement critique « l’inculture » de certaines réactions.

    En ce qui me concerne, je reste stupéfait, lorsqu’il m’arrive de parler à de jeunes ’’cinéphiles’’ de constater qu’ils ignorent tout du cinéma d’avant 1972 et qu’ils se permettent d’avoir des idées arrêtées sur les denières sorties sans avoir jamais vu, par exemple, la Prisonnière du désert de Ford. Marcel Ophuls dans un récent Positif racontait l’histoire d’une jeune étudiante de cinéma américaine qui ignorait qui était Vincente Minelli.

    Je suis désolé de le constater, mais les Cahiers sont en partie responsables de cette évolution : en s’ouvrant au monde des ’’images’’ au sens large (jeux vidéo, séries télé, art contemporain, retransmissions sportives, etc) et en donnant beaucoup trop de place à des commentaires abscons sur le statut et le rôle de l’« image » dans notre société, débat devenu le plus banal des lieux communs , les Cahiers ont, sous couvert de ’’modernité’’ détourné/dégouté beaucoup de monde de cet activité simple, enthousiasmante et en rien rébarbative que reste l’amour des films.

    Au risque de passer pour un vieux shnock, je me délecte à l’avance de me repasser ce soir pour la trentième fois un vieux Raoul Walsh (par exemple la Charge fantastique) ou un Pagnol ou un Guitry. C’est à mon avis le devoir d’une revue de cinéma de rappeler, comme le fait Positif, que le cinéma, comme tout art, a une histoire et que son évolution présente s’inscrit non seulement dans le contexte esthétique et éthique de son époque mais aussi dans son héritage. Ce qui obligerait certains, et ce ne serait pas un mal, de hiérarchiser un peu leurs enthousiasmes et d’éviter ainsi quelques fourvoiements spectaculaires.

    Ouvrir les « cahiers » à d’autres médias ou pire à l’actualité culturelle, sociale, politique ne fera qu’aggraver le mal dont souffre d’ores et déjà la revue en privilégiant l’anecdote, l’instantané ou pire le commentaire, plutôt que la nécessaire remise en perspective des films.

    • Meinhof
      Meinhof répond à salina
      Chef marketing
      • Posté à 15h12 le 21/08/2008
      • Internaute 40313
        Chef marketing

      « En ce qui me concerne, je reste stupéfait, lorsqu’il m’arrive de parler à de jeunes »cinéphiles » de constater qu’ils ignorent tout du cinéma d’avant 1972 et qu’ils se permettent d’avoir des idées arrêtées sur les denières sorties sans avoir jamais vu, par exemple, la Prisonnière du désert de Ford. Marcel Ophuls dans un récent Positif racontait l’histoire d’une jeune étudiante de cinéma américaine qui ignorait qui était Vincente Minelli. »

      Il y a tout autant de vieux « cinéphiles » qui ignorent tout du cinéma d’avant les années 90 et qui se permettent d’avoir des idées arrétées sur le cinéma sans jamais avoir vu un Greg Araki ou un Peter Jackson à sa grande époque.
      Les cahiers du cinéma ont toujours tenté de jouer sur l’intellectualisation du cinéma à outrance en crachant sur les modes et les codes d’une génération qu’ils ne comprenaient pas.

      • parti
        parti répond à Meinhof
        punishment park
        • Posté à 00h44 le 22/08/2008
        • Internaute 36257
          punishment park

        on peut aimer et « bad taste » et « les ensorcelés », comme « brain dead » et « quinze jours ailleurs »...

  • Giuseppe Bergman
    • Posté à 21h43 le 20/08/2008
    • Internaute 29480

    La fin possible des Cahiers du cinéma, en tant que revue (mais non en tant que marque, car elle subsistera), accompagne la fin de la production cinématographique française, en tant qu’art (mais non en tant qu’économie, car elle subsistera, puisqu’elle s’aligne sur le principe de marché de consommation).

    Logique que la disparition d’un cinéma d’auteur riche et foisonnant, et non pas snob et réglé comme c’est le cas aujourd’hui, entraîne l’épuisement de la réflexion sur le cinéma en général. S’il n’y a plus de films couillus en France à l’affiche, c’est parce qu’il n’y a plus personne pour les produire, parce que personne pour aller les voir... et inversement. Je ne vous fais pas un dessin, c’est un beau cercle vicieux. Les caméras tournent à vide et les plumes aussi.

    S’intéresser aux jeux vidéos ? Pourquoi pas. Mais il serait plus pertinent de s’intéresser aux nouvelles formes de création et de diffusion du cinéma à l’âge où celui-ci commence à nettement s’affranchir des circuits de production traditionnels. Les jeux vidéos, tout intéressants techniquement, socialement et philosophiquement qu’ils soient, restent des produits de masse conçus pour attirer le plus grand nombre. On imagine mal un « jeu vidéo d’auteur », quoique cela serait passionnant. Pour cela, je reste de la vieille école : une création n’est de l’art que si elle est l’expression d’un point de vue singulier sur le monde. Le jeu vidéo, comme l’essentiel du cinéma français aujourd’hui, est essentiellement et presque exclusivement formaté. Les réflexes de consommation qu’ils produisent dans la société sont passionnants, mais laissons cela aux revues de sociologie, précisément.

    Pour parler de jugement esthétique, on repassera (est-il utile d’ailleurs de réciser que traiter François Truffaut de « chien » ne valorise guère le propos de son auteur ?)

  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 10h32 le 21/08/2008
    • Internaute 25924
      Wouaooouh!

    Quoiqu’il en soit des repreneurs, il faudra du temps avant que je me ré-abonne.
    J’avais souscrit un nouvel abonnement il y a trois ans par charité... Mais le copinage a ses limites. Et les chroniques atrabilaire ou dithyrambique des « comiques » des Cahiers ne risquaient pas d’encourager le peu de vrais producteurs encore en vie.

    Connaitre les dates de tournage et de sortie des films est suffisant.

  • indiana
    indiana
    Aventurier
    • Posté à 18h10 le 21/08/2008
    • Internaute 50839
      Aventurier

    Cinéma de copinage, critique de copinage, copains, copines, copains.... T’es mon copain ?

    Salut les copains.

  • romlofi
    romlofi
    sans emploi
    • Posté à 04h04 le 22/08/2008
    • Internaute 51040
      sans emploi

    C’est bien gentil de vouloir s’ouvrir à la télévision ou aux jeux video mais comment comprendre le mépris qu’affichent les cahiers et ceci depuis leur création pour le cinema experimental (cinema qui n’en finit pourtant pas d’influencer voire d’être pillé par le cinema traditionnel).
    Par ailleurs, je n’ai rien contre la politique des auteurs mais continuer à mettre chaque film de De Palma en couv’ relève franchement de la connerie.