Sur le terrain 15/08/2008 à 15h53

Cancun, paradis des touristes, enfer pour les Mexicains

Anne Vigna | Journaliste

(De Cancun)

Quand l’Institut des statistiques mexicain (Inegi) a annoncé à la presse que le taux de suicide le plus élevé de la République mexicaine se trouvait à Cancun, il y a eu comme un silence parmi les journalistes, puis des murmures d’incompréhension. Comment ? On se suicide donc plus sur ce bout de paradis vendu dans le monde entier, que dans l’enfer de Ciudad Juarez ou de Tijuana, ces villes frontières prises dans la folie des narcos et peuplées d’usine d’assemblage ? « Il semble bien que le paradis n’en soit pas un pour tous », a répondu, laconique, la chargée de l’étude.

Une étude complémentaire a été aussitôt commandée à l’Observatoire de la violence sociale à Cancun. La question : pourquoi le taux de suicide à Cancun (9,8) est presque le triple du taux de suicide national (3,4) ? Dans leurs bureaux de l’Université des Caraïbes, les chercheurs ne sont guère étonnés du résultat. Ils vivent depuis toujours à Cancun, le vrai Cancun, comme l’explique Celina Izquierdo, sociologue :

« La majorité des suicidés travaillent dans le tourisme et ont la trentaine. Ils arrivent ici avec l’espoir d’une vie meilleure, et c’est finalement bien pire. Mais en plus face à eux, il y a maintenant toute cette richesse, totalement inaccessible et en même temps, étalée comme jamais auparavant. Ils sont loin de leur famille, ils ont bu et craquent. »

Plage de Cancun en 2004 (Moriel/Wikipedia)

« Des erreurs sur l’environnement »

La « richesse étalée » c’est le premier Cancun, en arrivant de l’aéroport. Un long boulevard à quatre voies sur une bande de plage de 22 km de long : 26 000 chambres d’hôtels qui ne laissent plus voir la mer. Des piscines, des golfs, les marques de luxe et les gazons verts. Cette zone est en majorité artificielle, construite par remblais sur une fine bande de plage entre mer et lagune. 95% des mangroves originels qui protégeaient des ouragans ont disparu.

Le second Cancun est une ville de 700 000 habitants, qui a poussé en trente-cinq ans et qui a battu un autre record au Mexique – la croissance démographique la plus forte – aujourd’hui autour de 5%. Pour tous ses promoteurs, l’expansion prodigieuse de ce village de pêcheurs (100 habitants en 1970) est la preuve indéniable du moteur économique qu’est le tourisme, comme l’explique José Bayon, directeur des infrastructures de la ville :

« Cancun, auquel personne ne croyait au départ, a été pendant longtemps un modèle pour les stations touristiques. Aujourd’hui, nous reconnaissons que nous avons fait des erreurs sur l’environnement. »

Pas un mot sur le social, le fonctionnaire ne souhaite pas aborder le taux de suicide ni tous les sujets qui fâchent et commencent à crever l’écran du paradis.

Après les quatre voies de la zone hôtelière, puis les embouteillages du centre où vivent les cadres des hôtels, on arrive sur une route cabossée : des chemins de terre dignes de la brousse. Autour, une suite de bidonvilles, la majorité sans services, où habitent les petites mains de l’hôtellerie. Sur la péninsule du Yucatan, l’unique réseau d’eau potable est souterrain et complexe. La péninsule est en fait un vrai gruyère, abritant le fleuve souterrain le plus long au monde.

Chaque famille qui débarque à Cancun s’installe où elle peut, pose quelques tôles et creuse un trou pour les WC. Le réseau d’eau cristalline en dessous est aujourd’hui inutilisable. A cette pollution, se sont ajoutées les tonnes de fertilisants des golfs, tout aussi perméables au sous-sol. Résultat : l’eau destinée aux hôtels est puisée à 50 km en dehors de la ville et transportée par aqueducs.

Par contre, les déchets des touristes sont entassés au beau milieu de ces quartiers. La seconde décharge a dû ouvrir en catastrophe en octobre 2006. Présentée comme « provisoire » en raison de la proximité des habitations, elle ne l’est déjà plus. Cancun croule chaque jour sous 750 tonnes de déchets : la moitié provient des 700 000 habitants, l’autre moitié de ses 26 000 chambres d’hôtels…

Le tourisme poussé dans sa logique la plus libérale

A Cancun, c’est l’environnement qui a montré les premières failles du tourisme de masse : plus de protection contre les ouragans qui vont redoubler d’intensité, plus d’eau potable et des tonnes de déchets. Depuis dix ans, c’est le tourisme poussé dans sa logique la plus libérale qui est en train d’achever le social.

Elles s’appellent Ruiz, Grand Coral, Oasis ou Barcelo et sont les prestigieuses chaînes espagnoles du tourisme qui possèdent la moitié des 30 000 chambres de la Riviera Maya, la côte caraïbe qui débute à Cancun et se termine à Tulum. C’est elles, qui, imitant le Club med français, ont développé dans les années 90 le système du « tout compris » : une prestation « tout compris » (hébergement et nourriture) ne peut pas être vendue sur place, mais sur Internet et en Europe, ce qui permet déjà aux hôtels d’alléger leurs charges fiscales au Mexique.

Dans l’hôtel, tout est prévu pour ne pas ressentir le besoin de sortir, (activités, massage, disco, bar) et donc, ne pas dépenser ailleurs ses euros. Si le touriste veut visiter les alentours, il trouvera tous les tours à vendre depuis l’hôtel. Pour Alfonso Jimenez, chercheur à l’Université des Caraïbes :

« Ce système est une réponse des Espagnols pour engendrer plus de bénéfices. En dix ans, il a déjà détruit une économie locale, les restaurants et les prestataires de services. Puis ce sont les fournisseurs des hôtels qui ont fermé car tout est livré en camion depuis Mexico. Enfin, la crise sociale couve car les conditions de travail sont pires. »
Contrat bidon et liste noire

Bien sûr, hors travail administratif, les « tout inclus » ne paient que le salaire minimum, insuffisant pour vivre à Cancun où les prix sont, en moyenne, 15% plus cher qu’ailleurs. Mais les chaînes, en toute illégalité, utilisent des contrats bidons de 28 jours, sans prestation sociale, renouvelés après 3 jours au repos, comme en témoigne Alejandro, masseur dans un hôtel :

« Le jour où tu signes ton contrat, tu signes en même temps ta lettre de démission dans 28 jours. Ils font tous ça, et si tu dis quelque chose, tu te retrouves sur une ’liste noire’. Impossible alors de trouver du travail sur toute la Riviera Maya. »

Des travailleurs pieds et poings liés, des syndicats achetés et des autorités qui ferment les yeux. Ainsi va Cancun, et ainsi va de plus en plus mal la vie sous le soleil des Caraïbes.

Qui est le plus mal en point dans ce tableau ? Les populations indigènes. L’Inegi a comptabilisé à Cancun 51 langues parlées sur les 62 langues indigènes répertoriées au Mexique. Les Indiens sont employés pour les pires travaux, en particulier dans la construction, où le nombre d’accidents bat encore des records, ajoute Cécilia Izquierdo :

« Ils sont paysans, ils n’y connaissent rien à ce domaine, ils n’ont parfois même pas une corde en sécurité, donc il y a toujours beaucoup d’accidents. Cependant on pense que certains ne meurent pas accidentés mais se suicident en se jetant du haut des tours. »

Les campements où sont parqués les ouvriers pour la nuit, ont été maintes fois dénoncés pour leurs conditions de vie. Là encore, les hôtels ne font rien. Leurs pratiques ne gênent ni le gouvernement local ni les touristes. Selon Ernest Cañada, de l’ONG espagnole Action pour un Tourisme Responsable (ATR), seul un touriste informé et conscient des problèmes créés obligera le secteur à changer ses pratiques :

« Aujourd’hui, le modèle du ’tout inclus’ est la règle pour les chaînes hôtelières. Elles vont reproduire Cancun sur la côte caraïbe encore vierge du Nicaragua et personne ne le sait. En Espagne, les chaînes hôtelières prennent assez de publicité dans les médias pour que l’information ne passe pas. »

En France aussi…

Photo : Plage de Cancun en 2004 (Moriel/Wikipedia)

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  • 54 réactions
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  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 18h16 le 15/08/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « ...notre Minuscule Timonier ? ... »

    ► si t’y monier, t’y po faire ton blé...

    ...sauf à trop broire du noir...
    ...ou à trop boire du rouge...

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 18h51 le 15/08/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches. »
    Victor Hugo - 1802-1885

    qu’on ne vienne pas me traiter quoi que se soit, ce n’est pas moi qui l’ai dit. et quand le monsieur Hugo l’a dit, cela n’existait pas encore...

  • Sensuelle
    Sensuelle
    travaille
    • Posté à 20h32 le 15/08/2008
    • Internaute 49094
      travaille

    Moi j aurais plutôt dit au lieu de timonier minuscule un parvenu aimant les gros bijoux, les lunettes de luxe et les augmentations personnelles de salaire.
    ( Je parle de mon chef d’entreprise)

    • bloozmarch
      bloozmarch répond à Sensuelle
      indocile heureux
      • Posté à 23h40 le 15/08/2008
      • Internaute 15731
        indocile heureux

      C’ est une allusion au surnom de Mao qu’ on appelait à l’ époque en Chine le Grand Timonier.

  • Temanutane
    Temanutane
    expatrié
    • Posté à 16h30 le 15/08/2008
    • Internaute 48530
      expatrié

    Et qu’est-ce qu’on fait, nous maintenant ? On boycotte ?

    • bloozmarch
      bloozmarch répond à Temanutane
      indocile heureux
      • Posté à 16h32 le 15/08/2008
      • Internaute 15731
        indocile heureux

      Non, ON passe ses vacances dans la super-propriété de ses beaux-parents, bien loin de tout ça !

  • solstice
    solstice
    pigiste
    • Posté à 16h48 le 15/08/2008
    • Internaute 38451
      pigiste

    « Ils sont paysans, ils n’y connaissent rien à ce domaine, ils n’ont parfois même pas une corde en sécurité, donc il y a toujours beaucoup d’accidents. Cependant on pense que certains ne meurent pas accidentés mais se suicident en se jetant du haut des tours. »

    Les Mingongs du Mexique...

    Après le sale boulot, allez crever de faim ailleurs, l’Occident a besoin de vacances...

  • Sensuelle
    Sensuelle
    travaille
    • Posté à 17h16 le 15/08/2008
    • Internaute 49094
      travaille

    Libéralisme amoral + matérialisme excessif = écoeurement et pour certains suicide....

    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à Sensuelle
      → → → → → → → le marché autant (...)
      • Posté à 17h53 le 15/08/2008
      • Internaute 23078
        → → → → → → → le marché autant (...)

      « ...Libéralisme amoral ... »
      ►►..et socialisme moral et rédempteur !
      comme quoi la pieuvre n’est pas encore morte.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 17h51 le 15/08/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « ....Le tourisme poussé dans sa logique la plus libérale... »

    ► ou comment faire de l’anti libéral par titre interposé !
    comme si les modèles socialistes ne généraient pas de pollution bien plus grave et importante encore !
    Évidemment que si vous laissez les gens s’installer n’importe comment, et sans tout à l’égout, que cela va générer pollution !

    Les principes d’économie de marché ne se conjuguent pas fatalement avec stupidité et inconscience alors que l’administration étatique se conjuguerait avec intelligence et soucis de l’environnement !

    L’installation, l’obligation d’utilisation d’un tout à l’égout relié à usine de décontamination serait une donc une solution socialiste ?

    le vert, le beau, le propre, l’oxygène seraient socialiste,

    alors que le laid, le sale, les fumées noires seraient capitalistes ?

    faudrait expliquer ça aux chinois,
    et se demander si Tchernobyl était une usine à conception capitaliste ou socialiste !

    et la pollution d’un article qui pourrait demeurer objectif et factuel, est-elle à intention libérale ou socialiste ?

    • Scyntille
      Scyntille répond à Pierrrrre
      • Posté à 17h55 le 15/08/2008
      • Internaute 35841

      Bonjour,

      Est-ce l’aveuglement libéral qui empêche de voir que dans l’article il n’est pas seulement question de pollution mais aussi d’êtres humains ? ...

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à Scyntille
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 18h12 le 15/08/2008
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « ...dans l’article il n’est pas seulement question de pollution mais aussi d’êtres humains ? … »

        ►► dans l’article il y a des titres qui suggèrent des accusation à l’encontre d’un système économique libéral,
        (pareil pour votre commentaire où vous parlez d’« aveuglement » libéral)
        et la misère évoquée de ces êtres humains ne semble être là que comme cheval de Troie permettant de caser insidieusement une propagande.

    • Sensuelle
      Sensuelle répond à Pierrrrre
      travaille
      • Posté à 19h28 le 15/08/2008
      • Internaute 49094
        travaille

      Vous évoquez le socialisme chinois ? Mais ce sont des communistes qui suivent un modèle semi-capitaliste.Le capitalisme et sa logique libérale excessive et amorale est une plaie pour l’humanité

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à Sensuelle
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 19h50 le 15/08/2008
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « ....Le capitalisme et sa logique libérale excessive et amorale est une plaie pour l’humanité.... »

        ► moi je trouve la logique libérale tout simplement logique,
        logique, naturelle et d’une grande efficacité d’auto contrôle et de correction des déséquilibres.

        Mais si vous connaissez d’autres systèmes plus efficaces, merci de nous en faire part.. « socialistes » dites vous ?
        Dans quel pays ? un seul exemple, s’il vous plaît, afin que vos prétentions ne soient pas perçues comme théoriques et bidons.

        ––––––-

        « ...des communistes qui suivent un modèle semi-capitaliste... »

        ► je connaissais « néo », « ultra », voilà que les « semis » arrivent en renfort... prenez en de la graine.

        En fait, le communisme, appliquant une économie socialiste a ruiné la Chine et y a généré des dizaines de millions de morts par famine.

        Ce n’est que grâce aux petits marchés libres, fonctionnant suivant les principes naturels de la loi du marché, que les chinois ont pu survivre.

        les communistes ont gardé les goulags, organisation fasciste et culte de la personnalité qui accompagnent l’intégralité de toute expérience d’économie socialiste.
        Goulags étant inscrits dans les gènes socialistes qui ne peut survivre sans.

        Par contre, ils ont ouvert des pans de leur pays aux principes libéraux, en les renforçant par une fournitures de travailleurs serviles et soumis tels de bons socialistes.

        Et ce n’est pas parce que ce mélange de salpêtre et de sucre est explosif, qu’il faut en conclure que le sucre libéral ne serait pas comestible.

        En fait, le socialisme corrompt tout ce qu’il touche,
        même ce joli mot de libéral issus de liberté.

         
        • Sensuelle
          Sensuelle répond à Pierrrrre
          travaille
          • Posté à 20h24 le 15/08/2008
          • Internaute 49094
            travaille

          Le problème c’est que vous êtes un dogmatique. Vous semblez être un extrêmiste libéral et dogmatique car vous semblez ne pas voir tous les inconvénients et les injustices de ce système.Libre à vous.
          je n’ai jamais défendu le socialisme.
          Je pense que le libéralise actuel est pourri car il y a des injustices criantes ( je ne vais pas les énumérer, il suffit de lire les rubriques économiques)

          Et quand on lit les philosophes libéralistes ou les économistes qui ont développé les thèses libérales, on s’aperçoit qu’ils proposaient tous, en général, un libéralisme et un capitalisme moral.
          Si rien ne vous choque, tant mieux pour vous.Et pour moi le débat est clos, jamais vous n’arriverez à me convaincre.

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à Sensuelle
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 13h25 le 16/08/2008
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            ► Si le principe d’Archimède vous choque sous prétexte qu’il fait couler des bateaux,
            ou si le moteur à 4 temps vous choque sous prétexte qu’il fait avancer des chars d’assaut, oubliant qu’il fait aussi avancer la voiture familiale...

            Le libéralisme n’est qu’une mécanique, complètement amorale (et non pas immorale), à nous de l’utiliser dans un contexte d’humanité, et ne pas le jeter comme on jetterait le bébé avec l’eau du bain.
            Il n’est qu’outil, tel un marteau qui sert à planter des clous, mais peut servir aussi à briser des cranes..
            Utilisons simplement le marteau à bon escient, et évitons d’essayer de planter les clous à coups de poings communistes (ou en utilisant les poings des travailleurs pour épargner ceux des apparatchiks)

        • Tweakee
          Tweakee répond à Pierrrrre
          électron libre
          • Posté à 23h31 le 15/08/2008
          • Internaute 50024
            électron libre

          à Pierrrrre : Vous trouvez la logique libérale tout simplement logique ? ! ! Vous ne devez pas être ouvrier alors, ou ne pas avoir connu de difficultés en matière d’emploi, car sinon vous auriez déjà compris ce qu’elle entraine cette logique ! Et quand vous dites que le libéralisme est d’une grande efficacité d’auto-contrôle et de correction des déséquilibres on croit halluciner ! Il n’y a qu’à observer les écarts de richesses considérables qui se sont constitués et les crises répétées au plan économique et monétaire (la dernière en date étant celle des subprimes). Partout où il est présent et non régulé le libéralisme entraine exploitation et destruction.

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à Tweakee
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 09h03 le 16/08/2008
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            « .....Et quand vous dites que le libéralisme est d’une grande efficacité d’auto-contrôle et de correction des déséquilibres on croit halluciner ! ..... »

            ► je persiste.. mais allez donc au marché le matin, et regardez comment procèdent maraîchers et acheteurs, et vous aurez tout compris du libéralisme, de l’économie de marché.
            Si pas assez de salades, les salades vont se vendre cher, et la fois d’après, les maraîchers vont amener des salades supplémentaires (pour pouvoir les vendre cher), ce qui va faire baisser les prix.(système auto-régulateur)

            Vous me parliez du problème ouvrier :
            un ouvrier propose un produit, son travail, et le vend.
            Il ne le vend pas au prix du marché, puisque le SMIG impose un minima.
            Ainsi, le travail considéré comme trop cher payé se fait rare et le chômage important.
            Si on laissait le marché faire, le salaire des emplois non qualifiés baisserait certes, mais le chômage diminuerait, l’activité augmenterait, le besoin d’ouvriers augmenterait, et les salaires ouvriers augmenteraient d’autant.
            Cela favoriserait l’excellence qui se négocierait plus cher,
            alors qu’aujourd’hui, elle se paye au niveau du manoeuvre SMIcard et incite à remplacer l’excellence non valorisée, par le minimum nécessaire.

            Le problème actuel des emplois au SMIC est lié à l’existence même du SMIC dont les effets protecteurs à court terme sont en fait défavorables aux ouvriers, rendant le travail rare, et ne leur laissant aucune marge de négociation possible.

            Le problème des emplois sous qualifiés s’aggrave aussi par une forte présence immigrée en France qui fait concurrence et pousse les salaires vers le bas.( Ce sont ceux qui prétendent défendre les travailleurs ouvriers qui favorisent l’immigration )

            Par contre, il est des pans d’activité ouvrières qui sont extrêmement bien rémunérées (dépannage, plomberie....),
            mais qui demandent une prise en charge, un minimum d’initiative incompatible avec la mentalité d’assistanat obligé dans laquelle nous entretient le politiquement correct, taxant tout créateur d’entreprise d’exploiteur.

            Au contraire, le libéralisme et la possibilité de créer soi même son activité, fusse en passant par une phase salariée, apporte à chaque individu la carte joker d’une liberté à se construire lui même.

            –––––-

            Vous me parliez des différences grandissantes entre riches et pauvres.
            Je vous rappelle l’engagement socialiste de Mitterrand en 1981, d’aplanir ces différence ;
            il a nationalisé à la louche,
            ça a été une catastrophe pour notre économie (on en paye encore les conséquences),
            et il a du privatiser ce qu’il avait nationalisé, et un peu plus encore.
            En fin de compte, les différences entre riches et pauvres se sont aggravées.

            Ces différences sont réelles, mais je vais vous dire, quand je vois un petit jeune créer sa petite boite à 25 ans, et brasser des millions à 40, il y en a qui le vilipendent,
            moi je lui tire mon chapeau,
            et j’ai envie de le remercier,
            de le remercier pour sa réussite,
            pour les emplois qu’il a créés,
            et pour l’émulation, le souffle entrepreneurial qu’il apporte au pays.

            Et je suis désespéré quand j’apprends qu’il est allé s’installer à l’étranger pour fuir l’ISF...

            Certains le considèrent tel un salaud,
            moi je nous considère plutôt tels des cons.

            • Tweakee
              Tweakee répond à Pierrrrre
              électron libre
              • Posté à 15h44 le 16/08/2008
              • Internaute 50024
                électron libre

              Votre analyse est faussée. Vous nous parlez de la loi de l’offre et de la demande dans la fixation des prix et des salaires pour décrire l’« efficacité » du libéralisme. Vous omettez soigneusement de vous étendre sur tous les dégats humains et environnementaux qu’il provoque. J’ai la trentaine et je ne suis pas favorable à une économie entièrement étatisée. D’après votre façon de tout justifier au crédit du libéralisme je pense que vous devez avoir la soixantaine. C’est à dire faire parti de cette génération qui ne craint plus rien, puisqu’elle a la retraite, qui a profité des plus belles années d’expansion, qui a pillée et saccagé la planète. Derrière vous, vous allez laisser une planète polluée de partout où il sera ingérable de vivre car vous n’aviez qu’une vision économique de la Vie, c’est à dire le « tout pour le fric ».

              • Pierrrrre
                Pierrrrre répond à Tweakee
                → → → → → → → le marché autant (...)
                • Posté à 09h00 le 17/08/2008
                • Internaute 23078
                  → → → → → → → le marché autant (...)

                « ....Vous omettez soigneusement de vous étendre sur tous les dégats humains et environnementaux qu’il provoque..... »
                ►► Mais il vous appartient de nbous dire lesquels, et de nous expliquer en quoi c’est inhérent au libéralisme !
                Je vous lis.. merci de m’avoir affiché votre age dont je n’ai que faire, et le mien supposé qui n’apporte rien au débat... mais j’attends vos arguments objectifs et sèrieux.

                ––––––––

                « ...J’ai la trentaine et je ne suis pas favorable à une économie entièrement étatisée..... »
                ►► laissons de coté votre trentaine affichée, vous etes favorable à quoi ? un exemple de pays, afin de mieux illustrer votre pensée, et ne me racontez pas comme d’autres qu’il reste à inventer, parce qu’on a déja donné.

            • Jefff
              Jefff répond à Pierrrrre
              • Posté à 14h20 le 18/08/2008
              • Internaute 15278

              Jamais lu un tel concentré de connerie et de pensée unique résumée en si peu de phrases.
              Le néo-libéralisme ou ultra-libéralisme est dénommé comme tel parce qu’il est une dérive à l’excès du système de libre échange (lequel n’est d’ailleurs qu’une évolution du troc ancestral).
              On assiste depuis la fin du siècle dernier à l’avènement du capitalisme financier qui revient à traiter le salarié comme un esclave moderne, tout le bénéfice de son travail revenant à des actionnaires, bien souvent fonds de pension américains ou autres, qui réclament toujours plus de dividendes.
              La crise des subprimes américains a montré ce que pouvait générer la spéculation à l’extrême, où la valeur est de plus en plus... virtuelle.
              Donc, le SMIC est bien au contraire une protection contre les abus qui se produiraient immanquablement s’il n’existait pas, contrairement à vos élucubrations. Il suffit d’ailleurs pour ça de constater les conditions de travail en Inde, en Thaïlande, voire en Chine et qui sont par ailleurs décrites dans l’article sur Cancun.
              A notre époque le libéralisme n’est plus la possibilité de créer sa propre entreprise car il consiste en création de regroupements de plus en plus grands d’entreprises qui derrière créent des oligopoles. Dois-je vous rappeler (ou plutôt vous appendre car visiblement vous avez été plus piquousé qu’instruit) que les américains ont inventé à une époque la loi anti trust (qui a conduit notamment au démantèlement de Bell) pour éviter ces concentrations ?
              Quant à votre petit jeune (1 sur combien de millions), je ne le vilipende pas s’il traite son personnel correctement (car sans son personnel il ne serait rien) mais s’il part à l’étranger pour éviter de participer financièrement à la société qui lui a permis d’être ce qu’il est (grâce à l’école, à la sécu qui lui a permis d’être soigné, au système de retraite qui a permis à ses parents de lui payer ses études au lieu d’investir dans des fonds de pension...) je lui vomis dessus. Car il n’est qu’un sombre merde.
              PS : si vous êtes français, je vous somme de rendre votre carte vitale et de rembourser votre retraite, ainsi que de payer pour utiliser tous les biens publics.
              Je ne vous salue pas...

        • pierrejcallard
          pierrejcallard répond à Pierrrrre
          http://www.nouvellesociete.org
          • Posté à 02h44 le 16/08/2008
          • Internaute 3366
            http://www.nouvellesociete.org

          Socialisme et capitalisme sont des vestiges d’une autre époque. Il faut aller de l’avant.

          Pierre JC Allard

          Lien

          Lien

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à pierrejcallard
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 09h08 le 16/08/2008
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            « ....Socialisme et capitalisme sont des vestiges d’une autre époque..... »

            ► et c’est quoi ce sytème nouveau de la nouvelle époque ?
            (évitez de l’expliquer par des mots bidonnés..« monde alternatif »..« comportement citoyen »..« forces de progrés »....)

            A qui appartient les moyens de production, les entreprises, les commerces ?
            comment se décide le prix d’un produit, d’un service, d’un travail ?

            –––––––

            « ...Il faut aller de l’avant.... »
            ► sachant qu’on est au bord du gouffre ....

            • elpino
              elpino répond à Pierrrrre
              La conscience est la science (...)
              • Posté à 14h25 le 16/08/2008
              • Internaute 50640
                La conscience est la science (...)

              C’est l’ultraliberalisme qui a assecher la mer caspienne.

              Bravo Pierrrrre, c’est courageux d’aller contre la mentalite guimauve ambiante.

              Je ne goûte guère à l’utilisation du mot ultralibéralisme car il est plus souvent utilisé pour se positionner politiquement par rapport à l’auditoire que pour dénoncer un système. Ce mot est utilisé par l’extrême-gauche Française comme une ponctuation. Il s’agit combattre un ennemi imaginaire et faire diversion sur sa faillite intellectuelle.

              La politique socialiste ou communiste finit tot ou tard (apres une crise, voir sans) par envoyer les gens derriere les barbelés.

              –––––––––––––––––-
              Une petite citation de wikipédia : Ultralibéralisme (Lien)

              Dans son usage actuel, le terme d’ultralibéralisme n’est employé que de façon péjorative pour désigner une forme de libéralisme économique que le locuteur estime néfaste et condamnable. Il n’existe aucune école de pensée ni aucun groupe qui se désigne lui-même par la qualification d’ultralibéral. Il n’y a pas non plus de consensus entre les utilisateurs du terme sur une définition qui permettrait de distinguer l’« ultralibéralisme » du libéralisme. Chacun appelle « ultralibéraux » ceux qui sont plus libéraux que lui.

              Le terme d’ultralibéralisme est donc réfuté par certains analystes (cf. infra) et par les libéraux qui y voient une « notion [qui] n’a pas de sens rationnel, [...] un mot qui sert à désigner l’ennemi [4]. »

              • Pierrrrre
                Pierrrrre répond à elpino
                → → → → → → → le marché autant (...)
                • Posté à 16h43 le 16/08/2008
                • Internaute 23078
                  → → → → → → → le marché autant (...)

                « ....c’est courageux d’aller contre la mentalité guimauve ambiante..... »

                ►► C’est une question d’habitude :

                je passe ma vie à m’excuser de ne pas boire auprès de convives pour qui un petit verre ne fait de mal à personne,

                et de m’excuser de ne pas fumer auprès de collègues pour qui une petite clope après le café fait partie des plaisirs de la vie.

                .......

                ..« ultra libéralisme..néo libéralisme...forces de progrès..comportement citoyen..altermondialisme... »

                la politique du verbe de la part de certains qui n’osent plus se dire marxistes.

        11 autres commentaires
  • touinz
    touinz
    Ingénieur agronome
    • Posté à 17h50 le 15/08/2008
    • Internaute 49369
      Ingénieur agronome

    J’avoue avoir un peu honte d’avoir passé quelques jours dans ce paradis quasi-insulaire ou effectivement aucun « locaux » ne semble autorisé a circuler dans cette zone franche sans que l’on puisse voir la misère qu’engendre l’industrie touristique... Sentiment étrange de gêne et en même temps forcé de constater que le lieu est paradisiaque... une mer turquoise, des palmiers partout... pour combien de temps...

    Cela dit, la région possède une richesse de patrimoine incroyable, avec tous les temples Maya a visiter dans le Yucatan, un développement sain du tourisme peut-être observé sur les autres sites touristiques de la région mais a cela s’ajoute le tourisme de masse des Américains car Cancun est souvent inondé d’Américains qui utilise cette partie du monde comme leur « Cote d’Azur »...

    L’afflux d’argent est tel pour les tour-operators comme pour les autorités locales que le statut-quo est de mise tant que l’argent rentre... Espérons que la problématique environnementale modifiera la donne avec plus de concidération environnementale et sociale... mais sans vouloir être fataliste, le réalisme me laisse penser que cette situation risque de durer et de se reproduire d’en d’autre pays comme le Nicaragua par exemple oui ou malheureusement la persepective d’entrée d’argent via le tourisme représente une mane financière qui vaut bien de sacrifier une partie du bien-être des locaux...

    Il est triste que des regions paradisiaques de ce monde soient exploitées a outrance... Tant que les lois nationales ou internationales (Unesco) ne protègeront pas ces lieux, il y aura toujours quelqu’un pour en tirer profit, toujours au dépend de quelqu’un d’autre...

    • elarips
      elarips répond à touinz
      • Posté à 12h18 le 16/08/2008
      • Internaute 19146

      « il y aura toujours quelqu’un pour en tirer profit »

      comme le groupe accor par exemple ? !

  • starsss
    • Posté à 18h47 le 15/08/2008
    • Internaute 24513

    Le tout inclus est en effet le modèle de tourisme le plus populaire en Amérique du Nord, Cancun c’est beaucoup de touristes nord americains (canadiens compris)... 2 semaines de congé max, donc pas le temps de faire le routard. On vole, bouffe, dors et bois, à profusion, et le tout à un prix forfaitaire tres alléchant.

    Cancun n’est que l’image de tout ce tourisme de masse qui continue de se développer partout dans le monde en catimini. Le moindre site est repéré et négocié en douce, entre gouvernement et chaînes hôtelières (espagnol, italien, allemand…) contre des avantages fiscaux, un nouvel aéroport, des routes flambant neuves l’asphalte et autres... genre nous créons des emplois ( ?), nous vous apportons des devises ( ?), de l’infrastructure, et vous nous laissez construire.

    La main d’œuvre, pas de problème, si elle n,est pas locale, on profite du pays en crise proche, comme le cas du Cap Vert, où les travailleurs guineens de bissau sont exploités, pas forcément compétents pour certains travaux, mais prêt à tout : Un refuge contre une soumission quasi totale.

    Mais des fois, il vaut mieux pas savoir ce qui se trame, c’en est démoralisant, ça va bien trop vite. Pour le péquin moyen, on n’a aucun pouvoir ! Pour quelqu’un qui voyage en dehors des circuits à la Expedia.com, on apprend régulièrement ce genre de projets sur des sites encore vierges et paradisiaques, tortues, baleines, faune et flore encore intactes.

    Les dégâts en terme de pollution, vous l’avez évoqué, aucune responsabilité ! j’en ai les larmes aux yeux.

    On ne parle pas encore des sites de retraités qui poussent comme des champignons aussi (Panama, Costa Rica…).

    Des sites menacés, on en connait plein… sur tous les continents !

  • Garcon
    • Posté à 19h17 le 15/08/2008
    • Internaute 35358

    J’ai passe quelques jours en Yucatan en 2005 avec ma femme, et nous avons precautionneusement evite de mettre les pieds a Cancun sachant l’horreur sociale a son paroxysme et ne pouvant supporter l’idee de se vautrer dans des hotels de luxe a pas cher grace a la main d’oeuvre bas prix.
    Pour autant Cancun n’est pas le seul endroit ou l’on peut deplorer un grave ecart entre la richesse apporte par le tourisme et les travailleurs locaux. L’ile de Cozumel est un lieu d’exploitation tres en vogue et presentant de nombreux probleme ecologique pour la vie sous marine en particulier (c’est un lieu de plongee extremement repute). De meme la route vers Tulum en passant par Playa del carmen est bondee de Resort qui ne laissent entre-apercevoir aux automobilistes qu’un seul aspect devant les portes clauses de ces plages privees : les employes amasses sur le bord de la voie rapide faisant du stop pour rentrer chez eux, en pleine nuit ( le soleil se couche tot la bas) sans aucune lumiere sur les routes, et sans signalisations, le nombre de travailleurs fauches par les voitures est tres eleves. Les Resorts n’investissent meme pas dans une offre de transport en commun pour des employes vivant souvent a plus d’une heure de route de leur lieu de travail.

    Voyager dans la region en voiture vous montrera bien plus le contexte social que de passer ses vacances dans un resort.

    Lien

    • Jefff
      Jefff répond à Garcon
      • Posté à 13h58 le 18/08/2008
      • Internaute 15278

      « Voyager dans la region en voiture vous montrera bien plus le contexte social que de passer ses vacances dans un resort. »

      Non. Tout dépend ce que vous faites de vos journées. Si vous les passez sur la plage, évidemment, mais rien ne vous empêche de sortir et d’aller voir la vraie vie.

      Une remarque sur : « Les Resorts n’investissent meme pas dans une offre de transport en commun pour des employes vivant souvent a plus d’une heure de route de leur lieu de travail. »

      A Cuba, sur la presqu’île de Varadero, la majorité des employés habite à Matansas, ville la plus proche et se rendent à leur hôtel tous les matins et en repartent tous les soirs en... bus. Car l’état paie un bus pour ces travailleurs, qui d’ailleurs habitent dans des immeubles de béton du style de ceux qu’on construisait en France dans les années 60.

      Alors, qu’est-ce qui est pire ? Le système collectiviste de Cuba ou l’ultra libéralisme dogme en vogue et paraît-il créateur de richesses pour tous ? (Sachant qu’on n’est guère plus libre quand on est pauvre et exploité au mexique que quand on est cubain...)

  • Gali13
    • Posté à 19h25 le 15/08/2008
    • Internaute 37802

    Bonsoir ,il est triste de constater les gens de ce monde ne changent pas.BientOt, ce monde paradisiaque sera rejoind par la petit republique de Djibouti.Il faut tout le monde pour faire un monde.

  • P a z
    • Posté à 21h32 le 15/08/2008
    • Internaute 36800

    La course au « toujours moins cher » est à l’origine de la fracture grandissante entre les gens riches et les gens pauvres.

    Maintenant il faut regarder très sérieusement les alternatives :

    > Association pour un Tourisme Equitable et Solidaire

    Lien

    > Artisans du Monde pour un commerce équitable

    Lien

    • Numerosix
      Numerosix répond à P a z
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 21h40 le 15/08/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Lien

      Note : je vous ai topé quand même ..

    • Tweakee
      Tweakee répond à P a z
      électron libre
      • Posté à 23h01 le 15/08/2008
      • Internaute 50024
        électron libre

      PAZ vous nous dites « La course au “ toujours moins cher ” est à l’origine de la fracture grandissante entre les gens riches et les gens pauvres. ». C’est faux, car quand bien même les prix seraient encore plus bas, les groupes hoteliers possedant ces Resorts s’arrangeraient pour maintenir, voire accroitre, les marges qu’ils réalisent sur les séjours vendus...Si les gens employés sur place sont payés à peine de quoi survivre ce n’est pas dû au fait que les séjours soient à un prix intéréssant mais à une volonté délibérée d’exploitation. Et c’est pareil dans tout le système de production capitaliste sur l’ensemble de la planète. Des fortunes colossales sont ainsi accumulées par certains au détriment de tous les autres, mais aussi de l’environnement.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 21h43 le 15/08/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Le premier message est simple mais, apparemment, il n’est pas encore entendu partout. Il dit ceci : Il n’y a et ne peut y avoir de stabilité politique sans justice sociale. Et quand les inégalités, les injustices ou les retards d’une société dépassent la mesure, il n’y a pas d’ordre établi, pour répressif qu’il soit, qui puisse résister au soulèvement de la vie.

    Mitterrand , discours de Cancun . 1981

  • Yémi
    • Posté à 21h46 le 15/08/2008
    • Internaute 18726

    Il se passe la même chose à Dubaï, derrière la soi-disante oasis de luxe s’entassent des milliers de travailleurs migrants venus d’asie, sous-payés et vivant dans des conditions sordides...

  • vol19
    • Posté à 22h02 le 15/08/2008
    • Internaute 13492

    Mon expérience au Mexique est ancienne, le milieu des années quatre vingt, mais ce qui m’a frappé, vivant alors dans une famille mexicaine, c’est bien sûr les valeurs machistes de la société qui privilégient les rapports de force. L’extrême différenciation sociale et les rapports très paradoxaux entre ces niveaux sociaux. L’utilisation du « these people » des classe moyenne supérieures vis à vis des plus pauvre et plus foncés de peau, toujours avec une nuance d’irresponsabilité, traduit bien ce « hors groupe », ou « hors caste » à qui on privilégiera l’étranger. Pourtant ce n’est pas non plus l’évitement absolu comme en France, on essaye de se donner bonne conscience, d’aider « these peoples », de manière condescendante, sachant que le plus souvent ça se terminera de manière décevante...
    Par contre, la famille élargie joue un très grand rôle de « stabilisateur » et sans doute le prix à payer de vivre dans ces villes nouvelles, c’est la solitude, l’absence de réseaux familiaux de soutient en plus de toute la violence sociale.
    Dans les années 80, les Mexicains étaient fiers de Cancun, peut-être une sorte de rêve, ville artificielle, dont la localisation avait été trouvée par un modèle informatique (ensoleillement, eau, température, couleur....) qui signait alors une maîtrise de la modernité.

  • Mizaanoun
    • Posté à 00h21 le 16/08/2008
    • Internaute 11626

    La poule aux faux œufs d’or.

    En dehors des zones tourisques européennes, comme les villes les stations de sky, les stations côtières comme la Côte d’Azur, les côtes italiennes, les côtes espagnoles ou portugaises, dans tout le reste du monde, que ça soit à Cancun au Mexique ou en République Dominicaine ou au Kenia ou en Égypte ou au Maroc ou en Tunisie ou au Népal etc. partout c’est pareil, le tourisme n’est rien d’autre qu’un secteur qui génére d’énormes capitaux qui sont inévitablement acheminés vers l’économie occidentale et particulièrement l’économie allemande.

    Il n’est pas un hasard que la plus grande compagnie touristique du monde soit la Turistik Union International de Hannover. D’ailleurs cette compagnie, dans la foulée de la mondialisation et des multinationales, a absorbé pratiquement les plus importantes compagnies touristiques européennes comme Voyages sans Frontières en France, Jet Air en Belgique, Holland International en Hollande et même la Thompson en Angleterre. Mais la TUI c’est la banque des banques. Elle finance les plus grandes industries allemandes comme la métallurgie, la sédérurgie, la construction automobile, la construction navale, la haute technologie, la navigation marchande etc.

    La TUI approvisionne en ressources les industries allemandes d’abord, et, européennes en deuxième lieu en tant qu’actionnaire et souvent majoritaire, comme c’est le cas avec une des plus importantes compagnies de transport aérien et maritime Hapag Llyod. Le président de la TUI est reçu dans tous ces pays à titre de chef d’état avec toutes les révérences et les égards…

    À partir de là toutes les conséquences négatives retombent exclusivement sur ces pays dits récepteurs. Ce qu’on peut lire dans l’article sur Cancun, se répète d’une manière similaire ou encore plus dramatique à Marakech au Maroc ou à Katmandou au Népal ou à Hammamet en Tunisie.

    Dans tous ces pays tenus généralement par la poignée de fer de la dictature, d’un côté le faste et l’opulence se concentrent dans un espace bien restreint là où se trouvent les Palaces cinq étoiles avec des gigantesques terrains de golf, des jardins, des piscines multiples, des plages privées etc.

    Des zones totalement coupées du reste de la vie autochtone, avec leurs propres magasins, leurs propres lieux de loisirs les plus divers, leurs propres restaurants, leurs propres routes, leurs propres moyens de transport, avec leurs propres ports et aéroports, réellement coupé de toute la société qui les entoure. Ces zones ne sont accessibles que pour les touristes, le personnel à leurs services et l’élite au pouvoir.

    De l’autre côté et à quelques centaines de mêtres de là, la misère dans toutes ses dimensions, la promiscuité, la médiocrité générale et la poussière, entre autres innombrables calamités, campent dans toutes leurs lattitudes. Dans tous ces pays qui jouissent, il est vrai, de l’agrément de la Banque Mondiale, l’œil du « Bon Dieu », il n’y a aucun secteur public qui fonctionne. Ni les infrastructures de communication, ni les moyens de transports publics, ni la formation et l’éducation, ni le logement décent, ni l’alimentation, ni la santé absolument aucun de tous ces secteurs n’est digne d’être considéré comme tel.

    Donc au fur et à mesure que la TUI et les autres compagnies touristiques tirent le maximum de profit, s’agrandissent de plus en plus et se perfectionnent techniquement, technologiquement et financièrement, il faut bien qu’elles puisent leurs puissances et leurs capacités financières de quelque part. Il n’y a aucun mystère à cela. Ceux qui payent la construction et le luxe de toutes ces zones touristiques dans tous ces pays ce sont les classes populaires.

    Ce sont elles-mêmes qui enrichissent les comapgnies touristiques occidentales. Évidemment à Cancun, il y a des pauvres êtres humains qui n’arrivent plus à supporter les ahurissantes injustices succombent et se suicident. À Marekech il y a ceux qui préfèrent se suicider autrement et quand ils y arrivent au sein même de ces « cités interdites ».

    Mais ce qui est sûr c’est qu’à part l’élite locale, et, sans nécessité d’entrer dans les détails, qui tire un certain profit, c’est qu’à chaque lever du soleil toute la population, sans le vouloir ni savoir comment, offre un tribut pour qu’aucun confort ne manque aux « hôtes » du pays. Malheureusement pour elle, la poule qu’elle soigne pond bien des œufs d’or, mais dans le panier de la TUI ou des autres compagnies. Exactement comme une poule aux faux œufs d’or.

  • lapinours
    lapinours
    bancale
    • Posté à 05h35 le 16/08/2008
    • Internaute 48731
      bancale

    Merci pour cet article qui est un veritable appel au boycott.je n’ai jamais foutu les pieds au Mexique,mais pour le coup si je dois y aller j’eviterais Cancun.Cette ville est a l’image de beaucoup d’autres a travers le monde,helas,autant partir a la Grande motte.

    Quand je parle autour de moi dans mon entourage des problemes de la mondialisation et du fait que les occidentaux sont complices de cet etat de fait je passe pour un vrai casse-couille.Il est clair que lorsque l’on va dans ces endroits ou lorsque l’on achete des trucs fabrique dans des sweat-shops,il vaut mieux ne pas se poser de questions,sinon on deprime.

  • lapinours
    lapinours
    bancale
    • Posté à 05h35 le 16/08/2008
    • Internaute 48731
      bancale

    Merci pour cet article qui est un veritable appel au boycott.je n’ai jamais foutu les pieds au Mexique,mais pour le coup si je dois y aller j’eviterais Cancun.Cette ville est a l’image de beaucoup d’autres a travers le monde,helas,autant partir a la Grande motte.

    Quand je parle autour de moi dans mon entourage des problemes de la mondialisation et du fait que les occidentaux sont complices de cet etat de fait je passe pour un vrai casse-couille.Il est clair que lorsque l’on va dans ces endroits ou lorsque l’on achete des trucs fabrique dans des sweat-shops,il vaut mieux ne pas se poser de questions,sinon on deprime.

  • Anna M
    Anna M
    Kanata
    • Posté à 06h51 le 16/08/2008
    • Internaute 48962
      Kanata

    Cancun au Mexique, Varadero à Cuba, Margarita au Venezuela, Punta Cana en République Dominicaine, autant de destinations privilégiées par les nord-américains.
    Le succès de ces forfaits est tel qu’il est parfois difficile, au Canada, de trouver des vols secs pour ces pays (sans passer par les USA), qui plus est d’une validité supérieure à 2 semaines. Les capitales sont nettement moins bien desservies que les zones touristiques, le prix d’un A/R Montréal ou Toronto/La Havane équivaut à peu près à 15 jours de forfait à Cayo Coco !
    Les voyageurs tout-inclus font preuve d’une ignorance crasse de ces pays. Ils ne les admirent, béats, qu’à travers le prisme des ghettos dorés dans lesquels ils ont coulé des jours heureux, protégés de la vraie vie par une armada d’employés exploités. Ils en redemandent, nombreux sont ceux qui « s’abonnent » et retournent chaque année, en hiver (je ne parle même pas des snowbirds) se réchauffer vite fait - bien fait à deux pas de la misère, avec une inconscience totale des effets de leur présence (pollution, absence de participation à l’économie locale, etc.).

    Pour l’anecdote : les cubains appellent les canadiens les « bracelets », en référence aux bracelets de couleur que les touristes tout-inclus doivent porter pendant l’intégralité de leur séjour et qui leur servent de sésame pour le bar, les activités, les services, etc.

  • millesime
    millesime
    retraité
    • Posté à 07h29 le 16/08/2008
    • Internaute 26299
      retraité

    Sans aller à Cancun
    en Charente il y a le chateau des La RocheFoucault
    (ou la baronne m’a appris de qu’était la « basse cours » et la « haute cours ».. !)
    le peti-fils de la baronne dit :
    mamy il y a des 8 euros qui t’attendent dans la cour.. (en parlant des touristes qui souhaitent visiter le chateau).
    en sortant je n’ai pu m’empêcher d’interpeler quelques ...8 euros... !

    Lien

  • Quirinus-K
    • Posté à 08h52 le 16/08/2008
    • Internaute 27973

    C’est pareil en France, mais plus feutré. J’adore les contacts avec les étrangers mais l’industrie du tourisme et les élus locaux font tout ce qui est en leur pouvoir pour orienter les touristes dans des circuits séparés. Soit pour l’argent, soit parce que les français puent. Vive les touristes. A bas le tourisme !

  • jacky68
    jacky68
    chômeuse
    • Posté à 12h28 le 16/08/2008
    • Internaute 46491
      chômeuse

    J’ai vécu au Mexique et vu les dégâts du libéralisme, du catholicisme et de l’impérialisme américain...
    Je me rappelle de cet ouvrier mexicain cassant des pierres sur la plage de Cancun, pour qu’il y ait plus de sable fin et à quelques pas, un gros touriste américain plein de bijoux en or et une rolex ( !), vautré sur un transat, entouré de jolies filles, un cocktail à la main. Vomitif !
    Au croisement des carrefours, des gamins de même pas 4 ans qui nettoient les pare-brise des voitures et dorment dans la rue en sniffant de la colle...
    Le pire a été quand une gamine de 15 ans m’a proposé son gamin de quelques mois, pour être sûre de lui donner un meilleur avenir...

    Et j’ai adoré ce pays...

  • fidal
    fidal
    guide de tourisme
    • Posté à 13h03 le 16/08/2008
    • Internaute 50600
      guide de tourisme

    bravo a par touinz pour son méa culpa mais 1petit carton jaune a r89.
    ne vs souvenez vs pas que le tourisme de masse est né en france ds les années60/70 sous la bienveillante attention de l’équipe a pompidou qui restera le plus grand fossayeur du littoral français(les indigènes de la grande motte de la corse et autre cap d’agde ont eu plus de40 ans pour apprendre a écrire le mot écologie)
    quand au volet social du tourisme en france si il n’est pas aussi pourri qu’au mexique permétez moi de vs dire(je parle en tant que guide de tourisme)que la politique en matière de travail,d’environnement,et d’investissement à long terme(voir les supréssions budgétaires dans les dommaines de l’archéologie et des aides au patrimoine nationnal)est en france bien en dessous de ce que l’on devrai attendre du soi disant 1er pays touristique du monde.
    aux dernières nouvelles révision de la littorale pour permetre aux maffieux de détruire 1 peu plus les rivages de la corse.
    bonnes vacances a tous

  • AbdulAziz
    AbdulAziz
    PEINARDE
    • Posté à 15h00 le 16/08/2008
    • Internaute 24536
      PEINARDE

    Hola caballeros ! Quand est-ce que vous faites la revolution sociale ? La vrai.Que ce soit a Cancun,Cadereyta ou Saltillo. Puisque nous sommes dans les pays hispaniques : parlons du 1er d’entre eux.Fondateur de rien du tout dans le social.Les betonneurs de Cancun ou Costa Brava qui sont obliges d’acheter de l’eau du Verdon et de la Durance.Pour alimenter Barcelone. Bande de « branleurs » milliardaires qui se foutent du monde et font crever les peuples. Mexique tu fais parti des 20 pays les plus riches du monde ; qu’est ce que tu fous ? Combien t’as rentre dans ton tresor cette annee avec les petro-dollars ? Pourquoi tu laisses,au Nord,tes enfants immigrer sauvagement et parfois eux aussi ,y perdre la vie.T’as pas de boulot pour eux.T’as pas un territoire gigantesque a amenager ? Y compris a Cancun !

  • boca
    boca
    technicien électronique
    • Posté à 16h45 le 16/08/2008
    • Internaute 49293
      technicien électronique

    Le Chiapas est la région la plus pauvre du Mexique et c’est à Cancun dans le Yucatan qu’il y a le plus de suicides, c’est dire si le problème est important là-bas.

    En Espagne, on fait acheminer des tonnes de flottes pour construire des terrains de golf sur les cotes alors que le pays est en pénurie d’eau.

    En Andalousie, on ne compte plus les nouvelles construction chaque année sur la côte où bientôt on ne trouvera plus un seul brun de verdure.

    Certaines villes sont prise d’assaut par des allemands en manque de Soleil, heureux de se retrouver qu’entre compatriotes et peu amateurs de rencontres avec les locaux.

    A Dubai en Arabie Saoudite, on construit des buildings grâce à une main d’œuvre exploitée d’origine pakistanaise notamment ou les accidents mortelles sont légions sur les chantiers...

    Où que l’on aille sur cette Terre, il n’y a pas un seul endroit où il n’y ait pas des injustices, des drames humains ou des catastrophes sur l’environnement, mais on ne sait pas exactement de quoi il en retourne avant de partir.

    En tous cas, les amateurs de golf ont les moyens de savoir ce qu’il se passe et les quantité d’eau nécessaire pour satisfaire leur plaisir personnel avant de fouler les green de la désertique Espagne, au détriment des agriculteurs et des habitants espagnols.

    Et quand bien même si les gens savaient la vérité sur le pollution des eaux, sur les suicides etc... je ne suis pas sur que cela gâcherait leur vacances ou qu’ils renonceraient à aller à Cancun.
    Et ça c’est terrible.

  • boca
    boca
    technicien électronique
    • Posté à 17h18 le 16/08/2008
    • Internaute 49293
      technicien électronique

    Au fait, que pense de tout ça le gouvernement mexicain ?

    Frappe t-il du poing sur la table pour essayer de mettre un terme aux suicides, comme l’a fait Morales en Bolivie pour redistribuer la richesse à ses compatriotes ?

    Minimise t-il les faits et s’efforcerait-il de ne pas faire de lien entre chômage/peu de perspective des mexicains et le nombre de suicides, comme on a tendance à le faire en France avec le stress au travail et les suicides chez nos grands constructeurs automobiles par exemple ?

    Reste-t-il aveugle à ce drame qui se joue parce qu’en échange, des emplois sont malgré tout crées et parce que tout bêtement le pouvoir est corrompu et bénéficie directement de l’argent du tourisme ?

    Est-il impossible de faire marche arrière et d’éviter de sacrifier des concitoyens innocents pour enrichir un petit nombre et pour faire vivre d’autres ?
    J’ai l’impression que c’est toujours le cas.

  • Charles SABATIER
    • Posté à 18h01 le 16/08/2008
    • Internaute 3499

    ALLONS restons sérieux, cette « misère » mexicaine arrange beaucoup d’intérêts mexicains.
    Mais surtout où avez-vous trouvé le chiffre hilarant de 100 (cent) habitants à CANCUN en 1970 ? ¿

  • cacadoie
    cacadoie
    hum.
    • Posté à 23h31 le 16/08/2008
    • Internaute 47503
      hum.

    N’y allez pas, et n’allez pas ailleurs non plus. Voyagez leger, dormez chez l’habitant, depensez peu. j’ai visite plus de 25 pays. parcourir la moitie du monde pour aller en dicotheque avec des americains me semble absurde, il y les memes a Paris ou nice.

    Le mal être de notre civilisation du travailler plus gagner plus qui nous esclavagise le reste de l’annee genere notre soif inextinguible d’avoir des esclaves (qui fabriquent tout ce qu’on achete) et qui subviennent a tous nos besoins (sic) pendant nos vacances « bien meritees ». Cessez d’etre esclave, vous cesserez d’en avoir besoin.

    Je suis abasourdi par les dommages a l’environnement (L’esclave moderne, lui, repousse plus vite). On attends dans l’article une récession pour donner des lecons a ces promoteurs. Avec une recession, c’est a dire moins de moyens, comment résoudre les problemes que l’on ne résoud pas quand il y a croissance ? On se contentera d’abandonner toute cette merde a elle meme jusqu’au prochain « Boom ».

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