Agression de Nouredine Rachedi : un suspect arrêté

L’un des deux agresseurs présumés de Nouredine Rachedi a été arrêté mardi. Le jeune homme de confession musulmane, tabassé dans la nuit du 24 au 25 juillet, se dit victime d’une agression à caractère « islamophobe ». Le suspect vient d’être écroué à la maison d’arrêt de Bois D’Arcy (Yvelines), alors que le second est toujours recherché.
Un soir de juillet, Nouredine Rachedi, statisticien de 30 ans, croise, dans un parc de Guyancourt (Yvelines), deux hommes qui lui demandent s’il est musulman. Après s’être présenté comme des « nazis », ils l’ont roué de coups, selon la version des faits de la victime. Pour le moment, le suspect nie les faits.
Se sachant recherché, Kevin L., 18 ans, s’est lui-même livré à la police, à son retour de vacances dans les Pyrénées, dimanche. Nouredine l’avait reconnu grâce aux fichiers de la police, puis au commissariat, lors d’une confrontation. Placé en garde à vue, le jeune homme a affirmé « de manière très calme, être accusé à tort ». Les policiers ont découvert chez lui deux armoires, remplies de documents nazis : littératures d’extrême droite, ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale et les nazis, affiches avec la croix gammée... Connu des services de police pour des actes de violences, Kevin L. est titulaire d’un CAP de plomberie.
Le jeune homme a été mis examen pour « violences volontaires avec incapacité totale de travail (ITT) supérieure à huit jours et commises en réunion » et avec « circonstance aggravante en relation avec l’appartenance supposée ou réelle à une religion ». Ce que réclamait a victime.
Caroline Vigoureux
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► Nouredine Rachedi, « tabassé parce que musulman »
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卑語
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nfluence de la famille sur la pensée et le
comportement d’extrême droite des jeunes
Lorsque des jeunes ont tendance à recourir à la violence et affichent des
attitudes d’extrême droite – rejetant de fait aussi bien les droits humains que l’Etat de droit démocratique –, le rôle joué par les familles et
l’environnement social proche est déterminant. C’est l’un des résultats de l’étude qualitative « Education et extrémisme de droite – analyse du
développement d’attitudes et de comportements racistes dans la biographie de jeunes », réalisée par Thomas Gabriel, directeur du Centre de recherche sociopédagogique de l’Université de Zurich, et son équipe
dans le cadre du Programme national de recherche « Extrémisme de droite – Causes et contre-mesures »
Thomas Gabriel et ses collaborateurs Thomas Geisen, Eveline Nay et
Margot Vogel ont interrogé 26 jeunes (six jeunes femmes et vingt jeunes hommes, âgés de 19 ans en moyenne). Ces derniers affichaient une
attitude raciste et d’extrême droite, avec une inclination pour les comportements violents. Les chercheurs leur ont posé des questions sur le climat affectif qui régnait dans leur famille, la manière dont on y gérait les conflits, le style éducatif et la qualité des relations intrafamiliales.
Sur cette base, ils ont reconstruit les processus et les jonctions biographiques menant à la formation d’attitudes d’extrême droite.
Trois « pistes de développement »
Près de la moitié des jeunes interrogés étaient membres d’un groupe ou d’un parti situé très à droite ou à l’extrême droite de l’échiquier politique
(Parti des Suisses Nationalistes PSN, Schweizer Nationalisten, Helvetische Jugend, Démocrates Suisses). En outre, deux tiers d’entre
eux faisaient partie de groupes sous-culturels comme les hooligans, les skinheads et les skingirls (p. ex. Blood & Honour ou Hammerskins). En plus de ces jeunes, les chercheurs ont également associé à leur enquête
sept couples de parents, des grands-parents et d’autres adultes de référence de l’environnement social de ces jeunes.
En se basant sur cette importante somme d’entretiens, les scientifiques ont mis à jours trois schémas familiaux et formes d’évolution biographiques débouchant sur des attitudes d’extrême droite et des
actes de violence :
1. « Démarcation par suradaptation » ; dans ce cas de figure, les jeunes reprennent les attitudes politique et les logiques d’action de droite de
leurs parents et de leurs grands-parents,
2. « Violence, irrespect et quête de reconnaissance » ; ici, l’expérience d’impuissance des jeunes par rapport à la violence au sein de la famille joue un rôle important,
3. « Non prise en compte et quête de sécurité et de différence » ; dans ce cas de figure, c’est l’impression de ne pas être pris en compte par les adultes qui s’avère surtout marquante pour les jeunes ; une impression qu’ils compensent dans l’environnement correspondant.
Les extrémistes de droite ne sont pas des perdants de la modernisation
En se basant sur leurs résultats, les chercheurs concluent qu’il n’existe
pas d’intervention forfaitaire juste pour aborder l’extrémisme de droite chez les jeunes. Si l’on veut intervenir de manière adéquate, soulignent-ils, il est important d’identifier les thématiques que les jeunes associent au « fait d’être de droite ». D’après eux, dans les trois formes d’évolution, des toiles de fond différentes seraient apparues pour des phénomènes
qui présentaient à première vue une ressemblance trompeuse. Ces différences mises en évidence dans l’étude devraient être utilisées pour ajuster le contenu des concepts de prévention et d’intervention.
Thomas Gabriel retient que ces jeunes et leurs familles ne peuvent pas être décrits comme des « perdants de la modernité » : contrairement aux
affirmations mises en avant par les recherches menées jusqu’ici, il ne s’agit pas de victimes de processus de transformation économiques et sociaux.. Les 26 cas étudiés présenteraient un important degré de
« normalité » en termes de vécu et de projets de vie. En revanche, la violence domestique et les conséquences des conflits dans l’espace social proche joueraient un rôle important d’après le chercheur, notamment
lorsqu’ils sont associés pour les adolescents à des expériences de maltraitance ou d’impuissance
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