TRIBUNE 10/08/2008 à 12h25

Si les robots font tout le boulot, que va faire l'homme ?

François Bugeon | Ingénieur-chercheur

Dans le film d’animation « Wall E », les hommes déléguent tout à leurs robots. Une fiction ? Plutôt une anticipation. Démonstration.


Wall E, robot-héros du dernier dessin animé signé Pixar (Walt Disney).

C’est le carton ciné de l’été. « Wall E », le dernier né du studio d’animation Pixar dont la critique (presque) unanime a dressé les louanges, a déjà attiré plus de 740 000 spectateurs la première semaine dans les salles françaises, prenant presto la tête du box-office, loin devant « Hulk », l’autre grosse sortie de l’été.

Les héros de cette épopée romantico-écologico futuriste ? Deux robots, seuls sur une Terre que l’homme a dû fuir, chassé par la pollution et la prolifération des déchets. Avec une grande maestria graphique, le film montre des humains obèses, confits dans l’oisiveté, se déplaçant dans des fauteuils roulants (enfin, « lévitants »), laissant une myriade de robots s’occuper de tous les travaux à bord de la station spatiale où ils sont réfugiés.

Une des interrogations du film tient dans cette nouvelle distribution des tâches : si les robots sont partout, quelle place reste-t-il aux hommes ? Et ce n’est pas qu’une question théorique, à réserver à nos arrière-petits-enfants. Ainsi, lors du dernier Salon de la recherche et de l’innovation début juin, le Laas, laboratoire du CNRS, présentait son travail sous la forme d’un robot humanoïde qui se mouvait et déplaçait des objets avec une agilité confondante.

Un des scientifiques présents me confirma ce qu’un de ses collègues m’avait déjà confié deux ans auparavant : les robots humanoïdes capables de remplacer l’homme dans la majorité de ses tâches seront sur le marché d’ici vingt à trente ans.

Des robots humanoïdes aussi génériques que nos ordinateurs actuels

Pourquoi humanoïde ? Parce que ces robots devront pouvoir agir dans le même environnement que le nôtre et utiliser les mêmes outils. Ils seront aussi génériques que nos ordinateurs actuels, pour que chacun les utilise sans grande préparation, et seront suffisamment polyvalents pour que le même robot soit capable d’ouvrir une porte ou bien de visser un boulon.

Certains robots d’aujourd’hui sont perçus comme d’aimables amusements. comme le Qrio de Sony... (Voir la vidéo.)

... ou le Asimo de Honda : (Voir la vidéo.)

Pourtant, une véritable course s’est engagée dans ce domaine. Les laboratoires s’attachent autant à présenter des robots qui nous ressemblent qu’à résoudre des problèmes liés à l’intelligence (le déplacement anthropomorphe [reproduisant la démarche humaine, ndlr], la préhension, la vision, l’interaction avec les humains, le développement d’équivalents à nos sens).

C’est sans doute pour être en tête de cette compétition que le gouvernement sud-coréen souhaite que chaque foyer intègre un robot d’ici à 2015-2020. De son côté, le Japon souhaite développer des robots intelligents de seconde génération exportables à travers le monde en 2015.

Le ministère japonais de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie a consacré en 2007 près de 2 milliards de yens au soutien de projets de robots parfaitement autonomes et aptes à prendre leurs propres décisions sur leur lieu de travail.

Le gouvernement japonais estime que le secteur de la robotique sera une composante essentielle du développement économique pouvant atteindre un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 26 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie.

Jobs possibles : cueillir des pommes, servir au comptoir, changer les couches...

Le but d’une robotisation n’est pas forcément de produire plus et mieux qu’un homme, mais de le supprimer. Toutes les tâches dépendantes du savoir-faire plutôt que de la conception sont susceptibles d’être robotisées : cueillir des pommes, réparer une automobile, traduire, servir derrière un comptoir, s’occuper d’élevages d’animaux, changer les couches d’un enfant ou pratiquer une opération du cerveau.

Et contrairement à ce que l’on peut imaginer, ce sont les services à la personne qui pourraient être robotisés en premier : au Japon et en Corée, les robots sont d’abord envisagés comme aides aux personnes âgés. L’automatisation a amélioré la rentabilité en améliorant la productivité humaine. La robotisation améliorera la rentabilité en retirant l’homme du processus de production.

On pourra avoir un exemple de l’impact de la robotisation sur le travail avec les voitures robotisées qui seront sur le marché bien avant les robots humanoïdes. Aux Etats-Unis, le Pentagone a décidé que dès 2015, un tiers de ses véhicules terrestres devrait rouler sans pilote. La Darpa organise pour cela des courses ouvertes aux constructeurs du monde entier,
comme l’Urban Challenge. (Voir la vidéo)

On peut supposer que les premières voitures robots appartiendront à des sociétés de taxi. Cela n’a rien d’étonnant puisque 18 véhicules de ce genre sont en cours de test à l’aéroport britannique d’Heathrow et d’autres au nouveau centre d’exposition de Rome ainsi qu’en Espagne dans la ville de Castellón, dans le cadre du projet européen CityMobil, qui réunit 10 pays et 28 partenaires dont la RATP et l’Inria. (Voir la vidéo)

Des problèmes de droit se poseront inévitablement lorsque ces voitures s’inséreront réellement dans la circulation, comme la responsabilité en cas d’accident. Mais une solution juridique finira inévitablement par s’imposer. Dès lors, tous les taxis de France seront menacés de disparaître, et parce que la robotique est parfaitement générique et versatile, ce seront les chauffeurs de bus, les transporteurs routiers et les livreurs qui seront remplacés en une à deux générations automobiles, c’est à dire entre quatre et huit ans.

Comme toutes les nouvelles technologies, les robots adaptés au marché s’imposeront en moins de dix ans. Dès lors, aucune entreprise ne pourra faire l’économie de sa robotisation massive pour rester dans la compétition économique. Aucun pays ne pourra se l’interdire si son voisin l’autorise, et à moins que toutes les nations ne reviennent à un fonctionnement autarcique, l’ensemble de la planète robotisera le travail.

Nos sociétés doivent se préparer à la raréfaction brutale du travail

Selon l’évolution actuelle de la robotique, la raréfaction du travail interviendra d’ici vingt à trente ans au maximum, et elle surviendra à une vitesse telle que nos sociétés seront incapables de réagir correctement. C’est à ce défi qu’il faut faire face, et non pas à la fin du travail, qui reste néanmoins un aboutissement quasi certain.

Nous devons préparer nos sociétés à supporter la raréfaction brutale du travail :

  • Que signifie-t-elle pour nos sociétés construites sur la valeur travail ?
  • Quelle sera la reconnaissance sociale pour ceux qui ne travailleront pas ?
  • Comment organiser le travail rare ?
  • Le travail rare est-il encore travail ou bien l’accès réservé à une source d’enrichissement pour quelques privilégiés ?

Et surtout, comment va-t-on redistribuer la richesse demain, quand l’on sait que dans la France d’aujourd’hui, les revenus du travail restent plus imposés que ceux du capital -en 2002, le taux implicite sur le travail était de 41,8 % et le taux d’imposition implicite sur le capital de 36,6%, selon la Commission européenne ? C’est un fait, la question n’est plus « comment faire pour que les gens travaillent encore ? “, mais ‘comment faire pour vivre sans dépendre de son travail ? . Le questionnement essentiel d’un certain Karl Marx, en somme...

Photo : Wall E, robot-héros du dernier dessin animé signé Pixar (Walt Disney).

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  • Lupus Michaelis
    Lupus Michaelis répond à sarkophage_xyz-
    Instantiation en cours...
    • Posté à 03h30 le 11/08/2008
    • Internaute 38642
      Instantiation en cours...

    Je n’en suis pas convaincu. Si on peut actuellement réduire l’homme à une machine biochimique, et un robot à une machine silliconique, la question est de savoir si les émotions peuvent être issues d’un processus différent de celui de notre cerveau.

    • sarkophage_xyz-
      • Posté à 20h44 le 11/08/2008
      • Internaute 24987

      A mon humble avis vous êtes dans le domaine de la croyance pure.

      • PonG
        PonG répond à sarkophage_xyz-
        rationaliste fondamentaliste à (...)
        • Posté à 00h57 le 13/08/2008
        • Internaute 14407
          rationaliste fondamentaliste à (...)

        Ca me parait difficile vu que Lupus s’interroge.
        Vous en revanche, vous ne vous interrogez pas, vous SAVEZ. On se demande bien comment.

      • Saheyus
        Saheyus répond à sarkophage_xyz-
        Nightfall, quietly it crept and (...)
        • Posté à 10h18 le 13/08/2008
        • Internaute 28231
          Nightfall, quietly it crept and (...)

        C’est vous qui êtes dans la croyance pure. Considérer qu’il est totalement impossible de recréer artificiellement quelque chose de naturel (à savoir les émotions), c’est supposer que la matière et l’esprit sont deux choses différentes. Hors, considérer que l’esprit EST matière, relève moins de la croyance que penser le contraire.
        Après, il est évident que les humains n’ont pas les moyens de créer artificiellement pensée et émotions, et il est fort probable qu’ils n’en auront tout simplement jamais les moyens. Mais, en théorie, ça n’a rien d’impossible.

        • PonG
          PonG répond à Saheyus
          rationaliste fondamentaliste à (...)
          • Posté à 22h22 le 14/08/2008
          • Internaute 14407
            rationaliste fondamentaliste à (...)

          C’est à moi que vous répondiez ?
          Je suis en tout cas de votre avis. Je vais même plus loin car je ne sais pas en vertu de quoi vous pensez pouvoir dire :
          « il est évident que les humains n’ont pas les moyens de créer artificiellement pensée et émotions, et il est fort probable qu’ils n’en auront tout simplement jamais les moyens ».

          Il me parait difficile d’avoir un avis aussi tranché sur une question aussi difficile et aussi débattue.

          • Saheyus
            Saheyus répond à PonG
            Nightfall, quietly it crept and (...)
            • Posté à 12h15 le 15/08/2008
            • Internaute 28231
              Nightfall, quietly it crept and (...)

            Euh, non PonG, c’est à Sarkophage que je répondais (en reprenant d’ailleurs ses mots). J’ai l’impression que le système de commentaires bug souvent, depuis un mois ou deux, des gens me répondent souvent en ayant essayé de répondre à quelqu’un d’autre, et vis-versa.

            « Il me parait difficile d’avoir un avis aussi tranché sur une question aussi difficile et aussi débattue. »

            Oui, c’est vrai, ce n’est pas forcément une question aussi évidente. Mais pour moi, l’horizon de l’humanité n’est plus très très loin, et je doute qu’on aie le temps nécessaire pour en arriver là. Je pense aussi qu’on reste encore très loin de ce qui serait la première véritable intelligence artificielle, essentiellement car une telle intelligence devrait être capable de réellement percevoir notre monde, c’est à dire être capable de voir, d’entendre, de sentir... Seule une machine avec des capacités dans ces domaines pourrait s’approcher du vivant (sans parler qu’elle devrait pouvoir apprendre, avoir un caractère, etc).
            Enfin, pour que la chose soit vraiment convaincante, il faudrait réussir à faire deux choses inutiles, mais donc indispensable. En premier lieu, il faudrait que personne, à part éventuellement le concepteur, ne soit en mesure de « disséquer » la personnalité de la machine, ni de prévoir ses réactions ; Que penserait-on d’un humain à qui on pourrait demander la liste et le degré exacte de chacun de ses traits de caractère ? il faudrait que la machine elle-même ne puisse pas se comprendre tout à fait. Ensuite, il faudrait qu’elle puisse, non seulement réfléchir de façon autonome, mais encore agir physiquement de façon autonome.

            Ce sont deux points qui ne définissent absolument pas le vivant, mais sans eux (et d’autres auxquels je ne pense pas), on ne considèrera jamais la machine que comme une machine.

            • PonG
              PonG répond à Saheyus
              rationaliste fondamentaliste à (...)
              • Posté à 20h43 le 15/08/2008
              • Internaute 14407
                rationaliste fondamentaliste à (...)

              Oui j’ai eu ce petit soucis aussi. J’aime vraiment bien cette rue, mais le système de gestion des commentaires laisse décidément passablement à désirer. Bref.

              Sinon sur le fond, je ne suis pas sûr que les critères que vous ennoncez soient indispensables pour juger de la réalité d’une intelligence. Dans notre présent échange par exemple, j’imagine (enfin j’espère :)) que vous êtes aussi convaincu de la réalité de mon intelligence que je le suis de la vôtre. Et si je vous disais que je suis un robot, vous seriez, je pense, à peu près persuadé que « ça y est, on y est arrivé ».

              C’est d’ailleurs l’idée du test de Turing. Si l’on s’en tient à ce test (qui me semble le seul échappant à l’arbitraire dans son principe), il n’est pas certain qu’on soit si loin d’une véritable IA...

              En revanche, s’il s’agit de la construire, j’ai moi aussi le sentiment que la complexité qu’induit le rapport sensitif au monde est indispensable à l’émergence d’une conscience. Mais ce n’est qu’une conjecture. Encore une fois, bien malin celui qui sait...

  • sarkophage_xyz-
    • Posté à 20h52 le 10/08/2008
    • Internaute 24987

    Record de naze pour un commentaire aussi pertinent, je n’ai pas vu ce film et ce n’est pas dans mes intentions d’y rémedier bientot mais j’ai vu les bandes annonces et c’est tout a fait l’impression que j’ai eu d’une nième propagande de disnolywood.

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à sarkophage_xyz-
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 23h49 le 10/08/2008
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Et si vous alliez voir le film pour vous faire un avis sur la question, plutôit ? Je l’ai vu, et j’ai été bluffé à la fois par la virtuosité graphique et l’inventivité du scénario, et j’ai été plutôt séduit par le propos, très critique vis-à-vis de la société de consommation, ce qui est je crois très nouveau pour une superproduction d’animation de ce genre.

       1 autres commentaires
    • BrunoC
      BrunoC répond à sarkophage_xyz-
      ( ° ) ( ° )
      • Posté à 16h27 le 11/08/2008
      • Internaute 49016
        ( ° ) ( ° )

      Bizarrement l’expression « khmer verts » (point goldwin ?) n’a pas attiré les foules pastilleuses. On se demande pourquoi.

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 18h17 le 10/08/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Ouais, M. Bugeon, je crois que nous n’en sommes pas là ! Est-ce que l’on croit vraiment qu’une personne âgée prendra le robot qui lui aura été affecté pour un substitut valable à l’humanité d’un(e) soignant(e) ? Ou qu’un bébé cessera de pleurer quand il aura besoin d’être changé et qu’un robot « in full metal jacket » viendra remplacer sa mère ou son père ? Il faut vraiment être un cinglé de la technologie (comme le sont certains Asiatiques) pour espérer remplacer l’homme dans ces fonctions.

    Dans les transports, des robots seront sans doute à même de conduire des voitures, taxis, etc. (à condition que ces véhicules aient encore droit de cité dans l’hypothétique mégalopole de demain, ce qui n’est pas évident du point de vue environnemental), mais qui réparera ces robots lorsqu’ils seront en panne ?

    Turing avait imaginé que la machine idéale (du point de vue de l’investissement technologique) serait capable de se réparer elle-même. Dans ce cas, cependant, seule une humanité privée de toutes ses facultés et de tous ses droits serait susceptible de l’accepter. Et cela n’est concevable que sous une dictature du genre Big Brother (au mieux).

    La seule question vraiment pertinente – si tant est que le droit alors applicable l’autorise – est celle de l’évolution du travail. Il y aura une « intellectualisation » graduelle de la fonction travail, laquelle paraît souhaitable, la population de l’« animal laborans », pour reprendre l’expression d’Hannah Arendt, étant appelée à diminuer en nombre.

    Mais nous sommes loin de ce cas de figure aujourd’hui (ou demain). On est plutôt dans une sorte de délire platonicien où tout serait robotisé, sauf la fonction « pensante » au sens philosophique du terme. Et alors là, on peut tout imaginer : les peuples du Quart Monde, les quasi-esclaves, allant des peones sud-américains au « lumpen proletariat », et beaucoup d’entre nous par dessus le marché, se retrouveraient ainsi à passer leur temps à « réfléchir ». On peut supposer que nous serions les premiers à accepter un tel état de choses, mais à condition d’avoir un niveau de vie qui nous le permette. Je crois plutôt que les robots seraient utilisés comme machines de guerre contre nous dans un contexte de dictature effrénée aux mains d’une poignée de gens, « plus égaux que les autres », qui seuls auraient le pouvoir de décider de notre sort.

    Quant à votre question énigmatique relative à la vision utopienne de Marx, elle évite de prendre en compte la « SOCIALISATION » globale du processus de production, socialisation qui dépend intégralement de l’état de conscience « pour soi et pour autrui » (Hegel, tel que corrigé par Marx lui-même) de l’humanité toute entière. Tout le reste n’est que totalitarisme.

    • François Bugeon
      François Bugeon répond à Jaycib
      Auteur(e) de l'article Ingénieur-chercheur
      • Posté à 12h06 le 11/08/2008
      • Expert 44290
        Ingénieur-chercheur

      Nous n’en somme pas là Jaycib, vous avez raison.

      Les roboticiens que j’ai rencontré parlent de 20 à 30 ans, mais 30 ans est une éternité en matière de nouvelle technologie. En 1977, les ordinateurs individuels n’existaient pas encore, aucune prospective ne prévoyait l’idée d’un réseau informatique planétaire, pas un auteur de science-fiction n’avait entrevu ce qu’on appelle aujourd’hui les nanotechnologies, et aucune crainte du réchauffement climatique ne remettait en cause le modèle de développement de l’humanité.

      Mais dans le cas des robots nous sommes déjà bien avancés, l’intelligence artificielle fait de fulgurants progrès, particulièrement en matière de reconnaissance de l’environnent et du langage.

      Le marché des robots est aujourd’hui à l’état de l’appareil photo numérique au début des année 90. Les produits de haute-technologie commencent souvent leurs existences avant d’être technologiquement matures et économiquement concurrentiels, ils sont alors peu rentables pour le fabricant et satisfont surtout les envies de quelques passionnés. C’est ce qui s’est passé pour les ordinateurs à la maison, le téléphone portable, le transfert d’informations numériques. Jusqu’à ce que le niveau technologique désiré par le public soit atteint. Dés ce moment, la nouvelle technologie se généralise sur une période très courte allant de cinq à dix ans, comme cela s’est passé pour le compact disc, le web, les télévisions à écran plats. Il en sera sans doute de même lorsque que les caractéristiques des robots correspondront aux attentes du marché.

      Mais, une fois de plus, ce qui a motivé mon article, n’est pas tant l’apparition des robots, que la disparition du travail de masse, et plus particulièrement, le fait qu’il n’existe pas aujourd’hui de système politique qui propose de remplacer le travail comme moyen principal de redistribution des richesses.
      Nous avons 20 à 30 ans avant la généralisation des robots pour réformer nos paradigmes sociaux. Le travail doit cesser d’être l’aune à laquelle les individus sont jugés et le but de toute formation. Une intense réflexion politique, mais aussi philosophique, doit être engagée de toute urgence ; non pas parce que d’autres pourraient imposer des points de vue moins sociaux ou moins libéraux, mais parce qu’il n’existe aucun modèle social démocratique basé sur un travail rare.

      Pour le reste, vous avez raison, je fais l’impasse sur la socialisation du travail. Jeremy Rifkins dans son livre « La fin du travail » analyse très bien cette partie du problème.

      • BobLaMouche
        BobLaMouche répond à François Bugeon
        subversion+construction= (...)
        • Posté à 15h37 le 11/08/2008
        • Internaute 29754
          subversion+construction= (...)

        Le moteur du remplacement des hommes par les machines n’est pas tant l’évolution et le perfectionnement des techniques que le regard que l’homme porte sur ses activités.

        L’Europe a connu aux alentours du XVIème siècle de grands boulversements idéologiques, la plongeant dans l’époque dite « moderne ». En plus de quatre siècles, ces bouleversements ont produit des résultats affectant profondément la société : en particulier l’essor du réductionnisme et du mécanisme dans les sciences (Descartes – tout problème peut se décomposer en problèmes plus simples). Dans ce contexte, chaque activité est parcélisée à l’infini en tâches et peut être exécutée par des personnes substituables les unes aux autres (c’est la base de la constitution d’un marché du travail). En conséquence, ces tâches sont exécutées par des humains indépendamment de leur finalité et de leur sens, seulement par plaisir intrinsèque ou pour gagner de l’argent.

        La mécanisation ne vient qu’enfermer dans une machine le résultat d’une construction (ou plutôt destruction) sociale suffisamment aboutie : une fois les activités dépouillées de sens, personne ne va pleurer à ce qu’elles soient mécanisées... sauf à défendre l’esclavage. On en oublierait presque le projet d’une société de robots ou d’esclaves (projets identiques) n’est qu’un projet parmi d’autres possibles, et que beaucoup de monde rêve tout de même d’autre chose...

         
        • uGhz
          uGhz répond à BobLaMouche
          • Posté à 17h11 le 11/08/2008
          • Internaute 27800

          On peut aussi considérer que toutes les activités ne sont pas toutes, par principe, également épanouissantes. On peut supposer qu’il y a des activités qui emmerdent tout le monde et qu’on fait aussi bien d’automatiser ou mécaniser.

          Je crois que le type du XVIème siècle qui avait pour taf de tourner dans une roue à la façon des hamsters pour actionner un treuil me comprendra. Il tournait là-dedans : Lien

          Bref, la vision romantique du type « toute activité humaine est digne et noble » me laisse froid.

          • BobLaMouche
            BobLaMouche répond à uGhz
            subversion+construction= (...)
            • Posté à 17h43 le 11/08/2008
            • Internaute 29754
              subversion+construction= (...)

            « Bref, la vision romantique du type “ toute activité humaine est digne et noble ” me laisse froid. »

            Et vous avez raison ; d’autant plus que ce n’est pas du tout ce que je dis. Il me semble au contraire que votre hamster humain, s’il passait effectivement toutes ses journées à faire cela, correspond plutôt à ce que je décris : un boulot d’esclave.

            Et c’est en cela que je dis qu’une société de robot et une société d’esclaves sont un même projet, qu’ils reposent sur les mêmes bases : vider l’activité humaine de son sens en la découpant en petits morceaux (la spécialisation), au besoin en en faisant une marchandise (salariat).

            Les Luddites avaient au moins eu cette lucidité, eux qui ne se battaient pas tant contre les machines (qu’ils n’auraient pas dédaigné adopter dans l’absolu) que contre la nouvelle organisation sociale qui était en train de prendre forme.

        2 autres commentaires
  • trotter
    • Posté à 14h26 le 10/08/2008
    • Internaute 10738

    Bossant sur une chaine, on passe quasiment un quart de la journée à réparer/réapprovisionner/laver/configurer....et rattraper les conneries des machines.
    Ces gros bébés me font (pas encore) peur.

  • forest
    forest
    citoyen ou homme qui ne veut s' (...)
    • Posté à 14h31 le 10/08/2008
    • Internaute 37616
      citoyen ou homme qui ne veut s' (...)

    Si j’ai bie suivi la démonstration, le robot est d’abord destiné à réduir les coûts sociaux dans les pays où le robot est ami...je ne suis pas sûr que les personnes visées apprécient l’humanité et la sensitivité du dialogue avec la machine.

    Les nazis voulaient des « sous“-hommes robots, maintenant voila que les gouvernements de pays pourtant démocratiques semblent trouver les hommes bien encombrants et couteux. Ont-ils été vraiment élus pour financer cette orientation des programmes ?

  • aissachris
    aissachris
    techelec s/of
    • Posté à 14h36 le 10/08/2008
    • Internaute 29395
      techelec s/of

    salut riverains, salut Francois, il y a robot et rebot,
    vous etes aveuglé par la forme humanoide, il y a un demi siecle et meme a l ere industrielle la mecanique l electro mecanique ont deja pris la place de la main d oeuvre humaine, qu est un robot ?
    Parce qu il aurait deux bras musclés sur roulettes, il serait mieux qu un systeme automatisé d usine, un chariot a capteurs et verins hydros, un cerveau programmable et des capteurs de signaux electriques et autres, c est le cas dans l industrie, depuis longtemps,vous avez un train de retard, le bon sujet au bon tempo serait de s inquieter de la modernisation de la technologie appliquée a l origine aux travaux penibles, mais encore ce n est pas la penibilité qui est remplacée vous en avez conscience.
    vous vivez avec des robots depuis votre naissance, le contexte economique est deja chamboulé par cette manne electronique a laquelle vient se greffer le cybernetique.
    je reve d une mega bmbe genre IEM pour annihiler toute l electronique dans le monde, on retournerait a l epoque des esclavagistes plus dure que maintenant, ça c est de l anticipation.

  • Camille
    Camille
    Mauvais genre
    • Posté à 14h51 le 10/08/2008
    • Internaute 48427
      Mauvais genre

    Spoiler ! Tout est fait dans WAll E pour que l’on ne sache pas qu’il y a des humains ; la bande annonce est présentée comme une romance entre robots !

    Pour le reste, les machines en usine n’ont pas fait disparaitre le travail... Entre les Monique et autres sex toys pour le sexe et les aides aux personnes âgées qui cherchent avant tout de la compagnie... Vous pensez vraiment que les robots remplaceront les humains pour le contact ?

    • jck
      jck répond à Camille
      • Posté à 22h56 le 10/08/2008
      • Internaute 27688

      justement on pourra programmer les robots pour faire semblant d’écouter et de s’intéresser à leur histoires de vieux !

  • vol19
    • Posté à 14h55 le 10/08/2008
    • Internaute 13492

    Sujet intéressant, pourtant l’automatisation des caisses enregistreuses dans les supermarchés ne semble pas pour demain et les caissières y sont elles-même opposées. Il n’empêche si ça se faisait ou seront trasnférés les emplois... Tous ne pourront devenir écrivain...

    En tout cas celà suposerait aussi des systèmes de formation à vie pour évoluer selon ses intérêts moins idiots que les systèmes actuels.

    Enfin ne faudrait-il pas dissocier travail et activité ? Par exemple, construire soi-même sa maison ou la rénover pour économiser est bien une activité qui équivaut à un travail...

  • parousnik
    • Posté à 15h41 le 10/08/2008
    • Internaute 18991

    Le pire c’est qu’il est plus rentable de faire de l’homme un robot et nos médias se chargent de laver nos cerveaux de toutes idées autres que celles de travailler pour consommer de belles et inutiles choses... Un quidam parmi d’autre construit une voiture il recoit un salaire pour cela qui lui permettra d’acheter à crédit la voiture qu’il a fabriqué... Le problème c’est que les robots ne consomment pas...du moins ceux fabriqués... par contre ceux que l’homme engendre peuvent même avaler des couleuvres de toutes sortes toutes leurs vies et encore passer à la caisse aprés...

  • LeFaun
    LeFaun
    Penseur
    • Posté à 16h08 le 10/08/2008
    • Internaute 40635
      Penseur

    Les corps humains sont déjà des automates hyper-complexes , des machines naturelles. Spinoza prétend même, outrage au libre arbitre, que l’esprit humain est un « automate spirituel ».

    Nous sommes des machines qui se croient libres uniquement parce que nous ignorons l’existence des rouages qui nous font agir et accomplir les actions nécessaires à la survie de cet automate qu’est notre corps-esprit.

    Notre culture chrétienne qui croit orgueilleusement au libre-arbitre n’est pas prête à accepter ces vérités toutes simples, mais les extrême-orientaux, qui n’ont pas les mêmes préjugés que nous, sont bien en avance, culturellement, philosophiquement, et même technologiquement.

    Attention vieille Europe engluée dans tes illusions, la Chine et les autres pays que sont le Japon et la Corée vont réduire ton orgueil à néant, ainsi que ta puissance !

    Les robots sont la chance de l’humanité pour sortir de cent siècles d’esclavage, refuserons nous cette possibilité au nom de cette torture, tellement quotidienne qu’on ne la ressent même plus comme telle, qu’on nomme « travail » ?

    Les questions d’énergie sont faciles à résoudre à condition de lever un peu les yeux du sous-sol de notre planète exsangue, et de les tourner vers le soleil.

    Les scientifiques savent depuis longtemps qu’une infime portion des déserts de notre planète,recouverts de panneaux solaires, suffirait à alimenter l’humanité en énergie.

    Qu’attendons nous pour nous débarrasser de nos préjugés, fournir à l’humanité le nécessaire vital en matière de logement et de nourriture gratuitement, et faire faire le sale boulot aux machines, afin que nous puissions être libérés de cet antique esclavage ?

    Encore une fois la bêtise est le seul danger qui peut nous empêcher de jouir de cet avenir robotique de loisir et de liberté.

    • Compte supprimé le 21 janvier 2
      • Posté à 00h11 le 11/08/2008
      • Internaute 17993

      Spinoza qui parle d’ « automate », c’est nouveau, ça vient de sortir ?
      Autre perle : « les extrême-orientaux, qui n’ont pas les mêmes préjugés que nous, sont bien en avance, culturellement, philosophiquement, et même technologiquement. ». Pas de bol, il n’y a pas UNE invention des 19-20iéme siècles qui sorte de là-bas. L’électricité, le moteur à explosion, l’aéronautique, le transistor, les circuits intégrés, l’informatique, c’est pas eux, pas de bol. Pas un prix Nobel, pas un philosophe, sauf à appeler « philosophie » le fait de ressasser les mêmes trucs depuis 2000 ans. OK, ils sont moins chers, parce qu’ils acceptent de (ou on les force à) subir, comme le leur recommande cette fameuse « avance philosophique ». A mon avis, ça va pas durer longtemps. Les Anglais ont raccourci leur roi au 17eme siècle, on a fait la même chose avec un peu de retard, et c’est « nous » qui avons des préjugés ?
      Cette perle, pour finir : « Qu’attendons nous pour ... fournir à l’humanité le nécessaire vital en matière de logement et de nourriture gratuitement, etc... » . Vaste programme, comme disait le Général de Gaulle.

      JFT_Charenton

      • LeFaun
        • Posté à 02h14 le 11/08/2008
        • Internaute 40635
          Penseur

        « jamais, que je sache, ils n’ont conçu, comme nous ici, l’âme agissant selon des lois précises, et telle qu’un certain automate spirituel. »
        Spinoza, Traité de la réforme de l’entendement, §85.

        Les extrême orientaux, qu’ils soient bouddhistes, taoistes, confucianistes ou shintoistes pensent en effet le monde différemment des occidentaux. Et pour une raison simple. D’un coté les hommes croient en Dieu, de l’autre ils n’y croient pas. Cette absence de croyance en un Dieu fait une énorme différence philosophique. Les animaux et les plantes, comme les hommes, ont pour eux une âme, comme tout ce qui existe dans la Nature. Et il en va donc de même des robots. Ces robots sont perçus comme des êtres vivants à part entière, doués d’intelligence, donc d’un esprit. Les peuples qui croient en Dieu ne vivent pas dans la Nature de cette façon immanente. Ils ne voient pas que tout est vivant, et donc aussi les robots fabriqués par les hommes.

        Il serait temps que l’occident rêveur sorte de ses illusions pour comprendre un peu mieux la Nature, cesser de la détruire stupidement en exploitant les énergies de la Terre, ce qui a pour effet de dérégler ses mécanismes de fonctionnement. Cette leçon, les chinois la connaissent depuis longtemps, mais l’imitation de notre manière de vivre les a conduit à polluer leurs sols et leur air, comme partout. Il serait temps qu’il reviennent à leur propre philosophie, bien moins malsaine que la nôtre.

         
        • Compte supprimé le 21 janvier 2
          • Posté à 06h44 le 11/08/2008
          • Internaute 17993

          Vous avez raison. Pour ce qui est du respect de la nature, les Chinois sont les rois. Ils déversent tout dans les rivières, qui sont encombrées d’immenses « icebergs » d’ordures, c’est très pittoresque, on ne voit ça que là-bas. Ne parlons pas du plomb et des autres métaux lourds. Un paradis. Je ne pense pas qu’ils font ça pour nous imiter. J’ai surtout l’impression qu’ils s’en foutent (de la Nature avec un « N » majuscule). Ils ont rasé Pékin pour les JO, on les a pas obligés.
          Que les robots « fabriqués par les hommes » aient une âme, je n’en disconviens pas. Les autres (fabriqués par qui ?) peuvent crever.

        1 autres commentaires
    • BobLaMouche
      BobLaMouche répond à LeFaun
      subversion+construction= (...)
      • Posté à 16h30 le 11/08/2008
      • Internaute 29754
        subversion+construction= (...)

      « Les corps humains sont déjà des automates hyper-complexes »

      Va falloir que vous me démontriez cela... bon courage !

      Le fait est que l’idée dominante actuellement en biologie est que les êtres vivants sont comme des machines. Idée jamais discutée ni analysée en détail, puisqu’elle est fausse.

      Mais idée indispensable dans le cadre de la méthode scientifique et incontournable dans le cadre de la société industrielle pour rationnaliser la production et la manipulation du vivant. Résultat de cette fraude : nuisances et destruction des conditions de la vie.

      Voir aussi le livre de Gérard Nissim Amzallag, La raison malmenée, de l’origine des idées reçues en biologie moderne, éd. CNRS, 2002. L’introduction : Lien

      • PonG
        PonG répond à BobLaMouche
        rationaliste fondamentaliste à (...)
        • Posté à 01h03 le 13/08/2008
        • Internaute 14407
          rationaliste fondamentaliste à (...)

        >« Idée jamais discutée ni analysée en détail, puisqu’elle est fausse. »

        Ah ? Et donc, si c’est pas ça, ce serait quoi ?

  • pascal.petit
    • Posté à 16h28 le 10/08/2008
    • Internaute 14900

    une remarque de forme qui gène la lecture :

    en français, versatile a plutôt le sens de « peu fiable, changeant ». Plutôt que cet anglicisme, il vaudrait mieux utiliser le terme « polyvalent » dans l’article.

    • starsss
      starsss répond à pascal.petit
      • Posté à 17h14 le 10/08/2008
      • Internaute 24513

      En effet... pour avoir rater un entretien d’embauche. À la question etes vous versatile ? j’ai repondu, non pas vraiment, bien au contraire et blabla... j’avais tout faux !

      Vécu au Quebec.

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à pascal.petit
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 23h53 le 10/08/2008
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Vous avez raison, c’est corrigé.

  • asozial
    asozial
    Bobo reprazent - aus Berlin.
    • Posté à 16h36 le 10/08/2008
    • Internaute 2273
      Bobo reprazent - aus Berlin.

    il y a vraiment des gens qui ne sauraient pas quoi s’ils ne travaillaient pas ?

    faire l’amour, de la musique, pousser des fraises, la cuisine, de la broderie, des jeux vidéos lire, aller au théâtre, au cinoche, au concert, jouer avec les enfants, boire l’apéro avec des amis, tricoter des pulls pour l’hiver, danser, soulever de la fonte, discuter philosophie, apprendre l’histoire de la porcelaine...

    j’essaye de faire ça tous les jours - c’est travailler qui pose problème !

    vive les robots ! vive philip k. dick !

    • Homer555
      Homer555 répond à asozial
      • Posté à 18h13 le 10/08/2008
      • Internaute 45141

      Là il faut répondre.

      Oui, j’ai rencontré plusieurs spécimens au cours de ma courte vie, des gens incroyable. Une fois les heures de travail écoulées on pourrais littéralement les débrancher. Ils ne travaillent pas pour vivre, leur travail C’EST leur vie. Capable de bosser 15H sans broncher, d’encaisser n’importe quel ordre du chef, ils trouveront ça normal, le boulot à pris toute l’importance de la vie.

      Certaines de ces personnes me voient d’un très mauvais œil, parce que je vois mon lieu de travail comme un lieu de discutions et d’échange potentiel, parce que je suis capable de critiquer et de contrer les décisions de la hiérarchie, parce que même si mon travail n’est pas fini, je part en pensant que le patron devrait embaucher quelqu’un. En gros, je fais mon boulot et je me casse. Il y a la vie après le travail !

      Si on les remplace par des robots, je pense qu’ils deviendraient inertes.

  • halifax
    • Posté à 16h44 le 10/08/2008
    • Internaute 14059

    Bon sujet. Je me souviens avoir émis l’hypothèse sur le site Terra Nova que les robots remplaceraient bientôt l’homme pour les tâches basiques ou les plus ingrates, pour les travaux demandant peu ou pas de qualifications. Pour les travaux plus complexes, ce sera plus long, mais les robots y viendront également. Si quelqu’un peut m’indiquer un ouvrage qui traite de cette révolution à venir, je suis preneur.

  • fatalyst
    • Posté à 19h29 le 10/08/2008
    • Internaute 24368

    Pour ceux qui ont les oreilles un peu entrainées. Dans le film Wall-E, quand il finit de recharger ses batteries, vous entendez la musique d’un MAC qui démarre. Bon je sais c’est pas une info très importante mais pour ceux (et celles) qui ce sont dit : « tiens, je connais ce son... »

    Ne vous rappelez-vous pas de ce dessin animé, il était une fois l’homme ! ! ! ou à la fin les gentils s’enfuient dans leur fusée et la terre explose à cause des machines... ! ! !

    Personnellement je ne crois pas au remplacement de l’humain par le robot, nos métiers doivent évoluer comme nos outils...
    Je ne me rappelle pas du nom du curé au moyen age, qui avait émis l’hypothèse que les gens allaient mourir de faim parce que trop nombreux dans le monde....Et on est encore là ! ! ! Par contre, les robots prendront dans les dix prochaines années, une place immense dans nos vies de tous les jours (voir ou revoir le film e-robot).
    La moralisation « écologique » par l’électronique, non, je vois pas non... un peu de bon sens, c’est le robot qui tue l’homme ou l’homme tué par le robot à cause de l’homme ? ...

    Enfin, des questions resterons sans réponse du fait de notre méconnaissance de l’avenir. Depuis une centaine d’années, l’évolution technologique est exponentielle, alors qui peut dire ce qui se passera dans vingt ou trente ans ? ? ? personne. Sauf, sauf si nous décidions de ralentir, mais çà..... ! ! !

    • Lewlill
      Lewlill répond à fatalyst
      végéteuse
      • Posté à 11h53 le 11/08/2008
      • Internaute 15858
        végéteuse

      Je pense que vous parlez de Thomas Malthus...de sa théorie sur la surpopulation et la necessité de « réguler » la démographie (très critiquée ensuite).

  • Lewlill
    Lewlill
    végéteuse
    • Posté à 20h03 le 10/08/2008
    • Internaute 15858
      végéteuse

    je ne suis pas aussi pessimiste ! Au vu du nombre de chomeurs et de précaires, on sera hyper bien entrainé et on pourra transmettre à nos enfants la capacité à se construire autrement que sur la valeur travail.

    Et que fera l’homme ? J’pense que la vie n’aura alors pas plus de sens qu’elle n’en a maintenant.
    La preuve de ce que j’avance : tous les romans de SF, à un moment ou un autre ça va « merder » :) (révolte des robots - ils voudront une âme- guerres, drames existentiels...bref que des banalités).

    Sinon...Je viens de lire un article d’un astrophysicien sur Courrier International. Sa théorie, à propos de l’évolution de l’intelligence dans l’univers : « les extraterrestres auront cherché les meilleurs moyens de développer leurs savoirs et ont donc dépassé depuis longtemps le stade de la chair et du sang pour évoluer vers l’intelligence artificielle(...). Nous vivons fatalement dans un univers postbiologique. »

    Qui sait ce monde est peut-être tout autant, si ce n’est davantage celui des robots que des êtres humains ?

  • Laurent-Weppe
    • Posté à 21h10 le 10/08/2008
    • Internaute 32921

    Et pendant ce temps, on estime qu’un PC vendu 1000 euro dans le commerce possèdera la capacité de traitement de l’information équivalente à celle d’un cerveau humain (20 x 10^15 opérations par seconde) d’ici 2020 et que d’ici 2050, un ordinateur bas de gamme pourra traiter autant d’information que tous les cerveaux humains réunis. Ça ne signifie pas que d’ici 40 ans nos machines auront dévellopé une intelligence comparable à la notre (après tout, cela fait bien longtemps que les calculatrices nous battent en calcul mental), mais il est certain que les chercheurs s’amusent beaucoup en ce moment à explorer les possibilités ouvertes par les progrès de leur discipline (et je ne parles même pas des ordinateurs composés d’ADN : Lien)

    • Homer555
      Homer555 répond à Laurent-Weppe
      • Posté à 22h51 le 10/08/2008
      • Internaute 45141

      Je pense que vous vous basez sur la loi de Moore Lien pour donner les chiffres. Mais ce n’est pas encore gagné.

      Les ordinateurs tel que nous les connaissons (micro technologie silicium) auront atteins leurs limitent dans les 10 ans à venir en se heurtant aux loi quantiques et thermiques. La loi de Moore à déjà ralentie devant ces défis technologique.

      Quand à la suite, basée sur la nanotechnologie, la technologie photonique et, comme vous le montrez, l’ADN (plus pour les puces organiques), ce sont des technologie qu’on effleure pour l’instant. Honnêtement, je pense que personne dans ce monde ne sait quelle serait la capacité de calcul dans 40 ans.

      Par contre, c’est rigolo que vous parliez des puces à base ADN parce que ça colle super bien à l’article. Lorsqu’elle seront intégrés aux technologies aurons nous des robots avec de grosses parties organiques ou des humains auxquels ont aura rajouté des puces électroniques (œil caméras, circuits de calculs dans le cerveau, muscle motorisés...) ? Peut être même qu’on ne feras même plus la différence...

      • siko
        siko répond à Homer555
        capitaliste révolutionnaire
        • Posté à 01h30 le 11/08/2008
        • Internaute 38962
          capitaliste révolutionnaire

        En plus, cette loi de Moore ne fonctionne que parce que les industriels ont tout fait pour la respecter.

        Jamais entendu parler d’ordinateur à ADN, par contre il semblerait que vu mon jeune age, j’ai une chance de connaître des ordinateurs quantiques.

      • Lewlill
        Lewlill répond à Homer555
        végéteuse
        • Posté à 07h45 le 11/08/2008
        • Internaute 15858
          végéteuse

        Mince je reste sur ma faim (en fait c’est que je suis une inculte pour tout ce qui touche à la physique) : je ne comprends pas ce que représentent les lois thermiques et quantiques pour un ordinateur, ni en quoi les nanotechnologies ou photoniques sont un avenir...

        Si vous avez un peu de temps, est-ce que vous pourriez détailler un peu ?

        (ça me prendra au moins une semaine pour comprendre...comme quoi on peut trouver des occupations en dehors du travail !)

         
        • Homer555
          Homer555 répond à Lewlill
          • Posté à 12h38 le 11/08/2008
          • Internaute 45141

          Je vais essayer de vulgariser au maximum.

          On peut augmenter la puissance de calcul du processeur en rajoutant des transistors sur la puce.
          Seulement un transistor ça chauffe. Des milliards composent le processeur, ils font environ 200 atomes de taille actuellement. Plus on met de transistors sur une puce et plus il faut dissiper de chaleur. Viens un moment ou trop de transistors se trouvent sur une petite surface et aucun moyen ne parviens plus à dissiper la chaleur. C’est un problème d’ordre thermique.
          On peut augmenter la puissance de calcul du processeur en augmentant la vitesse de son horloge (les GHz). Seulement, plus ça va vite et plus on injecte d’énergie dans la puce. Cette énergie peux, au final désintégrer les transistors. C’est un problème d’ordre quantique.
          On peut augmenter la puissance de calcul du processeur en rapetissant les transistors (on estime la limite à 80 atomes par transistor pour l’instant). Plus le transistor est petit et moins le signal met de temps à parcourir son chemin et donc plus ça va vite. Seulement, quand on commence à se rapprocher de la taille de l’atome, on se heurte aux premières lois quantiques (qui régissent le comportement d’un atome).

          Pour contrer ses phénomènes, et continuer à aller plus vite il faut changer radicalement de système et abandonner les micro puce à transistors de silicium (notre système actuel).

          Il faut savoir que la physique et la physique quantique ne sont pas régies par les même lois.
          La physique tels que nous l’apprenons à l’école, régie les phénomènes allant des ensembles de molécules à l’univers (attractions des molécules, électromagnétisme, attraction des planètes...)
          La physique quantiques régie les phénomènes qui se passent au niveau de l’atome et plus petits. A cette échelle la nature ne réagi plus de la même manière, c’est un monde à découvrir.

          Les chercheurs, veulent donc former des processeurs qui se servent des propriétés de l’atome pour faire des calculs. De cette manière, sur une unité de calcul (processeurs) on pourra placer des centaines de milliards d’atomes dont on contrôleras les réactions pour faire des calculs. C’est de la nanotechnologie et il faut utiliser les lois de la physique quantique pour y parvenir.

          Une autre voie se sert de la grande vitesse de la lumière. On se sert de signaux lumineux (un seul photon suffit à cette échelle) qui voyage dans le processeur à une vitesse plus grande que l’onde électrique de notre système actuel. C’est un ordinateur à photon.

          Voili voilou, si je fais fausse route, qu’on me le dise.

          • Lewlill
            Lewlill répond à Homer555
            végéteuse
            • Posté à 13h09 le 11/08/2008
            • Internaute 15858
              végéteuse

            J’ai été optimiste, il me faudra bien plus d’une semaine...C’est tout un monde à découvrir pour moi aussi.
            Merci beaucoup pour votre réponse, ça me donne envie de me plonger dans un bouquin de physique quantique !

          • PonG
            PonG répond à Homer555
            rationaliste fondamentaliste à (...)
            • Posté à 01h48 le 13/08/2008
            • Internaute 14407
              rationaliste fondamentaliste à (...)

            On peut compléter un tout petit peu pour Lewlill peut-être. Comme le dit très bien Homer, un des moyens de rendre un processeur plus puissant c’est d’y mettre plus de transistors (le transistor c’est le composant de calcul élémentaire). Comme la place est limitée, plus on veut en mettre, plus ils doivent être petits.

            Et comme le dit aussi Homer, on en arrive à des niveaux de miniaturisation tels que le courant parcourant le circuit peut se réduire à quelques électrons seulement (voir 1 seul !). Or si le comportement d’un courant classique (des milliards d’électrons) est bien connu et prévisible, celui d’un électron isolé est complètement ératique. Il peut passer brutalement d’un endroit à un autre, être à deux endroits à la foi (si, si :)). Bref c’est pas franc du collier l’électron isolé. Et ça rend fou le chercheur. A telle point qu’on sait que cette voie est une impasse et qu’on n’ira pas bcp plus loin par là (en plus des autres raisons justement citées par Homer.

            Le principe de l’ordinateur quantique quant à lui, c’est un peu de transformer l’inconvénient en avantage en oubliant carrément le courant éléctrique et en utilisant directement les propriétés des particules à cette échelle (les états quantiques) pour coder l’information. Mais c’est presque aussi difficile à maîtriser techniquement et c’est tellement différent ça demande quasiment de réinventer l’informatique. Mais pour des promesses de puissance absolument vertigineuses.

            Bref, en effet, bien malin celui qui peut dire quand on saura vraiment exploiter cette piste et jusqu’où(y’a des débuts intéressants) et si on ne parviendra pas à tirer encore qqch de la précédente.

        3 autres commentaires
  • sarkophage_xyz-
    • Posté à 21h33 le 10/08/2008
    • Internaute 24987

    Vaste sujet que le robot, il y a deja ce que l’on en fait et le rapport au travail. Dans notre déliquescent pays, on frabrique des robots pour remplacer l’ouvrier d’usine, d’excellent ingénieurs et techniciens travaillent d’arache-pieds pour concevoir et mettre au point ces machines et quand elles fonctionnent parfaitement, on envoye la machine en Esclavistan ou quelqu’un appuiera sur le bouton pour mettre en route le robot en échange d’une cacahuette et on vire techniciens et ingénieurs. dans une telle optique quel avenir pour le travailleur ? Dresseur de singe !
    Par contre ou le robot serait utile pour aller netoyer les cuves et conduites radioactive, l’intérimaire jetable a toujour la faveur d’EDF.
    Au Japon ou l’on essaie par tout les moyens de faire moins travailler les humains pour les plus haut salaires possibles (encore un effet pervers de la « mondialisation » ?) le robot crée de l’emploie qualifié et s’attele au taches pénibles et/ou dangereuses.
    Dans une autre optique Isaac Asimov, théoricien, auteur de SF et créateur du mot (robot ou rabot dans les langues Slaves s’ignifie travail) défini comme premier impératif pour les robots de ne pas pouvoir blesser un être humain. C’est hélas une des toutes première application du robot avec les tourelles de tir automatique et une impressionante serie de machines à tuer actuellement en développement aux USA.
    Au final les robots c’est ce qu’on en fait, il vaut mieux avoir peurs des robots tueurs et les dirigeants français sont en grande majorité des crétins nombrilistes.

  • Pourquoi
    Pourquoi
    être pensant
    • Posté à 22h55 le 10/08/2008
    • Internaute 50227
      être pensant

    Pourquoi me semble t-il qu’il y ait actuellement deux moyens de subvenir à ses besoins : Le travail et l’assistanat (la prise en charge).
    Pourquoi me semble t-il que si l’un disparait il ne reste que l’autre.
    OGM nature artificielle
    Clones êtres artificiels
    Media pensées artificielles
    Robots humains artificiels

    Et vous ?

    • Pourquoi
      Pourquoi répond à Pourquoi
      être pensant
      • Posté à 23h06 le 10/08/2008
      • Internaute 50227
        être pensant

      Pourquoi me semble t-il ai je oublié un moyen de subvenir à ses besoins : en avoir les moyens ?
      Pourquoi ce sera ceux ci qui fabriqueront et vendront (ou loueront -un petit forfait mensuel-) ces robots ?

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