A la Une 20/07/2007 à 21h03

Du plancton pour refroidir la planète : imposture écologique ?



Trainées de phytoplancton en Mer Noire

La géo-ingénierie signera-t-elle le salut de l’humanité face au réchauffement climatique ? Planktos, une société américaine, est sur le point de mettre en œuvre, pour la première fois, une de ces techniques : saupoudrer de la poussière de fer dans l’océan pour doper la captation de CO2 par le plancton. Une solution miracle pour cette entreprise commerciale américaine, une méthode jugée inefficace voire dangereuse par la communauté scientifique et les ONG environnementales.

Puisque l’homme semble incapable de réduire significativement ses émissions de gaz à effet de serre, une solution de dernier recours est envisagée en cas d’emballement climatique : refroidir artificiellement la planète. Ainsi naît la « géo-ingénierie » . Longtemps sujet tabou dans la communauté scientifique, cette science occupe aujourd’hui le devant de la scène.

Le phytoplancton, le super-absorbant du CO2 ?

Les projets en la matière, autrefois jugés loufoques, sont légion : épandre divers matériaux dans l’atmosphère pour la refroidir, créer de la banquise artificielle pour affaiblir l’effet du Gulf Stream ou encore lancer en orbite un miroir géant entre la terre et le soleil. La réalisation la plus consensuelle dans ce domaine est encore la plantation de « forêts climatiques » . Une autre méthode consisterait à répandre des particules de fer dans l’océan afin de stimuler la croissance du phytoplancton. Le plancton pomperait aujourd’hui un tiers du CO2 de la planète. Ainsi fortifié, celui-ci devrait absorber un surplus considérable de ce gaz à effet de serre, qui serait ensuite déposé dans le fond des océans, ne représentant plus aucun danger.

Se présentant comme leader mondial en « écorestauration » , l’entreprise cherche à participer à la régénération des écosystèmes et à ralentir le changement climatique. Et ce par deux méthodes : planter massivement des « parcs de forêts climatiques » , et « en rétablissant les populations océaniques mondiales de plancton » . Mais Planktos attire les foudres dans son sillage, et cette expérimentation grandeur nature est loin de faire l’unanimité.

Planktos, une société à but lucratif

D’abord parce que derrière ce « remède » climatique présenté comme miraculeux se cache un projet commercial : sa visée écologique n’est visiblement que secondaire. Planktos, alchimiste des océans, cherche d’abord à changer le fer en or, comme il est annoncé sur son site internet : « La société Planktos est une compagnie à but lucratif qui génère des crédits de réductions d’émissions de carbone » . Depuis plus d’une dizaine d’années, les ingénieurs américains voulant mettre en application la géo-ingénierie sont en effet soutenus par des financiers, qui convoitent le pactole potentiel qu’elle peut représenter sur ce qu’on appelle le « marché du carbone » .

Car si Planktos parvient à prouver l’efficacité de cette technique de captation du CO2, elle sera habilitée à vendre des crédits de carbone sur le marché des droits à polluer. Ce système de marché des droits à polluer a été mis en place dans la foulée de la ratification du protocole de Kyoto, en 2005, et sera généralisé l’année prochaine. Les entreprises et les Etats qui dépassent les quotas d’émission fixés peuvent ainsi acheter des « permis de polluer » . Le marché est juteux, et les ambitions écologiques de Planktos, qui promet des actions à petit prix, sont entachées par l’appât du gain. La légitimité de l’entreprise est ainsi largement contestée.

Les apprentis sorciers de la lutte climatique

Même si Planktos certifie que toutes les mesures de surveillance de l’opération seront assurées, la recherche du profit semble prendre le pas sur l’éthique scientifique du principe de précaution. Car Planktos joue aux apprentis sorciers de la lutte climatique : les dernières études sur l’épandage de fer dans la mer sont en effet sans appel.

C’est la revue Nature, le 26 avril dernier, qui brise le tabou, en révélant les conclusions d’un vaste programme mené autour des îles Kerguelen : verser du fer dans l’océan serait 10 à 100 fois moins efficace que le processus naturel, 90% du fer versé se perdrait dans l’océan, et l’effet en serait peu durable. « Nous avons démontré que l’activation de la pompe biologique par l’apport naturel de fer n’est pas imitable par la fertilisation artificielle » , explique Stéphane Blain, du laboratoire d’océanographie et de biogéochimie de Marseille. « Nous ne pouvons atteindre l’efficacité de la nature, conclue Ulf Riebesell, océanographe à l’Institut Leibniz des Sciences Marines, à Kiel, en Allemagne, la géo-ingénierie des océans à l’heure actuelle ne fonctionne pas » .

Pire, des effets secondaires sont à craindre. Le fer sera versé sous forme de nanoparticules, dont les effets sur l’écosystème marin et in fine sur l’atmosphère sont pour l’instant imprévisibles. Certains scientifiques évoquent par exemple une possible réaction chimique qui produirait un gaz à effet de serre, le protoxyde d’azote (N2O), plus dévastateur que le CO2.

Un effet domino catastrophique sur la chaîne alimentaire marine

D’autres, comme des experts de la WWF, évoquent un éventuel effet domino catastrophique sur la chaîne alimentaire marine. Le remède pourrait donc se révéler pire que le mal. Le 22 juin, le comité scientifique intergouvernemental de la Convention de Londres (Convention pour la prévention de la pollution maritime par la décharge de déchets et autres matériaux) a ainsi lancé une alerte face à la fertilisation des océans par le déversement de fer, en visant explicitement l’initiative de Planktos.

La WWF ainsi que le groupe canadien ETC, l’un des principaux observateurs des développements technologiques et de leurs effets sur l’écosystème, se mobilisent également contre l’expérimentation. De même, les autorités du parc national des Galápagos, site classé par l’Unesco et plus grande réserve marine du monde, ont tenté en vain de faire avorter le projet dont ils n’ont jamais été averti officiellement.

Face à ces turbulences, l’entreprise maintient son cap. Lorsque l’Agence américaine de protection de l’environnement a prévenu Planktos que des sanctions seraient prises si son navire portait le pavillon des Etats-Unis, l’entreprise a rétorqué qu’elle utiliserait un autre drapeau ou un autre navire. Car Planktos exploite une faille majeure du droit international : il n’existe actuellement aucune régulation à l’échelle mondiale interdisant le déversement commercial de fer dans l’océan.

Silverto Ribeiro, expert pour l’ETC Group, explique que « ce déversement n’est que le premier d’une longue liste d’initiatives de géo-ingénierie océanique et stratosphérique, présentées par des entreprises commerciales comme des moyens écologiques pour lutter contre le réchauffement planétaire » . Ces projets, entre les mains d’entreprises aveuglées par la quête du profit, semblent jouer avec l’environnement sous couvert d’intentions louables. Plus loin, les partisans de la géo-ingénierie paraissent se défausser de la question centrale : comment freiner la production humaine de gaz à effet de serre ?

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  • Anonyme

    Lenifou, tu dis que le bilan CO2 des arbres est nul, Ok sur le long terme, mais à l’échelle de quelques décennies, les arbres fixent du carbone de l’atmosphère, et sauf si lorsque des dingues enflamment la forêt, le carbone ne retourne pas instantanément à l’atmosphère. L’échelle des prochaines décennies est bien celle qui nous intéresse.
    Je ne trouve donc pas que planter massivement des arbres ne soit qu’une « initiative d’écologie amusante ».

    • lenifou
      • Posté à 00h52 le 21/07/2007
      • Internaute 902

      Oui, effectivement, sur quelques décennies, un peu de C est stocké. Mais je ne suis pas vraiment d’accord que ce soit l’échelle de temps qui nous intéresse : il faudrait que la solution persiste à plus d’une ou deux générations.

      Mais le point le plus important était que la quantité de carbone fixée par les arbres est ridiculement faible par rapport à tout ce que l’on envoie en fumée chaque année : j’ai lu dans the guardian que chaque année, l’équivalent de la production primaire de 400 ans est brûlée par le pétrole. C’est à dire : cela revient à planter des arbres jeunes pendant 400 ans, et tous les brûler en une année.

      Pour comparaison : nous avons utilisé déjà la moitié des réserves de pétrole utilisables connues, ce qui représente environs 15000 km3 de carbone. Les arbres, eux, constituent un réservoir de (à la louche) 2000 km3. Les océans contiennent eux 1500000 km3 de carbone. La plupart des 15000 km3 de carbone que nous avons vaporisé par le pétrole et le charbon s’est retrouvé en très majeure partie dans les océans par effet d’équilibre thermodynamique.

      C’était quelques chiffres pour illustrer la part faible du terrestre par rapport au maritime. Dans tout ce qui est bilan de matière, ce sont souvent les migroorganismes qui font la différence sur les méga-tonnes d’atomes présents en surface (C, N, O...) !

    • Bebert Cassandre
      • Posté à 10h01 le 21/07/2007
      • Internaute 11910

      Pour info :
      Il existe en Bretagne, sur le golfe du Morbihan, un site cinéraire tout à fait étonnant. Un site absolument écologique. On y plante des arbres !
      Alors, n’hésitez pas un seul instant ! Visitez le et mourez utile ! ! !
      Lien

  • Anonyme

    moi j’espère juste que le réchauffement s’emballera pas et qu’il restera suffisamment de survivants après l’hécatombe pour reconstruire une civilisation, un peu meilleure, celle-ci.

    parceque faut pas se leurrer, vu comme c’est parti, dans le demi siècle à venir, des milliards d’humains vont payer le prix fort de notre imbécilité actuelle...

    l’holocauste et la WW2 ont fait naître l’ONU, peut-être que l’hécatombe fera naître une humanité un peu plus respectueuse de son environnement, dommage pour les 3 milliards et plus qui y passeront...

  • Anonyme

    C’est vraiment affligeant de voir ca . Comme si on essayait de traiter un cancer en ne s’attaquant qu’aux symptômes de la maladie et pas aux causes.
    Ces gens là ne sont pas des scientifiques, ils font semblant de l’être et de défendre des idées écologiques pour mieux faire du profit et permettre de continuer à polluer en bonne conscience.
    Merci pour cet article.

  • Anonyme

    c’est de la poudre aux yeux comme de la poudre de perlinpinpin qui n’attaque rien aux réels problemes du réchauffement climatique ! ! ! ...aux arbres citoyens ! ! ! ...arretons de faire les saules-pleureurs ! ! ! aux bouleaux ! ! ! ...plantons des arbres ! ! ! ...c’est vert, c’est beau ! ! ! ...et on est si bien à l’ombre quand il fait chaud ! ! ! ...avec le chant des oiseaux ! ! ! ...rebelle

  • Karg se
    Karg se
    Ingénieur agronome vendu à une (...)
    • Posté à 22h47 le 20/07/2007
    • Internaute 9172
      Ingénieur agronome vendu à une (...)

    Je m’y connais un peu en halieutique, donc petite explication sur cette histoire de fer :

    - certaine zone, notamment l’océan antarctique, sont riches en minéraux mais pauvre en plancton. Hors il manque du fer pour permettre une croissance du phytoplancton, et donc du zooplancton.

    - le plancton ne peut sans doute pas absorber directement du fer, il faut qu’il soit sous forme dissoute, et peut être même organique, un peu comme le mercure qui dans sa forme organique est beaucoup plus actif biologiquement parlant. Cette conversion se fait souvent par des bactéries...

    - l’ajout massif de fer sous forme de particule doit avoir des effets sur les équilibres des autres minéraux, et même provoquer une précipitation des minéraux, surement pas l’effet attendu

    - au niveau biologique, la dose faisant le poison, localement le fer doit avoir un effet toxique (si bien sur la forme nanoparticule est biologiquement active)

  • Bebert Cassandre
    • Posté à 22h49 le 20/07/2007
    • Internaute 11910

    Le réchauffement de la planète est-il réellement un problème ?
    Sans doute pour quelques uns. Seulement une paire de milliards d’êtres humains devraient en faire les frais...C’est beaucoup et c’est peu... C’est juste de savoir de quel contingent nous feront partie... Quand à ces gens sans scrupule qui font flèche de tous bois pour arrondir leur pécule, il me font penser à ces chapardeurs d’occasion enfouissant au plus profond de leurs poches la vaisselle d’argent tandis que là haut l’orchestre jouait « Ce n’est qu’un au revoir » et que le Titanic plus tout à fait paquebot, pas encore épave, entre deux eaux, entrait dans l’histoire de la navigation. Le réchauffement de la planète ne sera un problème que pour les plus démunis, les plus fragiles. L’humanité s’en remettra... Le problème est de savoir si les rescapés sauront tirer les leçons de notre incurie...
    Il nous faut prier ! Mais ne pas oublier en égrenant nos chapelets que si les
    civilisations sont mortelles comme l’annonçait Allain, les Dieux le sont aussi fort heureusement !

    • Anonyme répond à Bebert Cassandre

      C’est bien le cynisme porté en vertu à l’instar de votre commentaire qui doit être combattu bien avant le rechauffement climatique.
      Il faut prier bien sûr ;
      Le D majuscule de votre conclusion résume parfaitement la pauvreté du débat.
      Ce sont les Saints qui sauveront le monde et non les laquais d’un systeme dans lequel l’homme se veut être Dieu.

  • Anonyme

    Rétablissons une évidence : la planète Terre n’a pas besoin de nous ; elle n’a pas besoin du Vivant sous quelque forme que ce soit pour continuer imperturbablement à obéir aux lois de la mécanique céleste. Le Vivant est l’exception, pas la règle. Quand on nous bassine avec des slogans débiles comme « Sauvons la planète », on inverse les rôles... Il serait plus exact de brâmer : « Sauvons nos miches. »
    Jusqu’à preuve du contraire, l’Univers entier est minéral et mortellement hostile au Vivant. Cette planète — qui n’est même pas sur les portulans intergalactiques —, et sur laquelle nous déversons nos déjections est aussi essentiellement minérale et comporte moults formes d’hostilité au Vivant et elle travaille assidûment à en limiter la propagation. Qui me dit que le Vivant n’est pas une sorte de lèpre qui ronge la Terre et que la Terre, dans son immense sagesse, a sélectionné parmi les espèces l’Homme comme prédateur ultime chargé d’éradiquer le Vivant et de la guérir de sa lèpre ? Comme si nous, humains, pour nous guérir du Sida, nous sélectionnions parmi les virus une souche que l’on « travaillerait » de sorte qu’elle devienne l’ennemi mortel de toutes les autres souches de HIV.

    Allez en paix, mes bien chers frères, mes bien chères sœurs

    • Anonyme

      Je suis tout-à-fait d’accord. Rien ne m’agace plus que d’entendre des slogans comme « Sauvons la planète ». Premièrement, c’est inefficace parce que les gens s’en foutent totalement de la planète et personne ne croit 1 seconde qu’elle puisse disparaitre du jour au lendemain. Deuxièmement c’est faux parce que même avec toutes nos armes et toutes notre pollution, on est bien incapable de détruire la planète (on sera tous morts biebn avant).
      Ce qu’il faudrait plutot dire c’est que l’espèce humaine est en danger (ainsi que d’autres espèces animales bien sur). Le slogan devrait donc etre « Sauvons notre avenir », mais pourquoi ne l’entend-t-on jamais ?
      D’un autre coté, bien que de sensibilité écologiste, je me demande parfois si la planète ne se porterait pas mieux sans nous et si ce ne pourrait pas etre un bien de laisser toute cette pollution faire son effet. Finalement par son avidité l’homme ne mérite-t-il pas tout simplement de disparaitre et pourquoi pas laisser place à une espèce qui saura mieux se montrer à la hauteur de la protection de son avenir ?

    • relatif
      • Posté à 00h37 le 21/07/2007
      • Internaute 12759

      Dans la première partie de votre message, je vous suis. La planète terre et l’univers n’ont en rien besoin de nous.

      Mais votre délire d’hostilité lui enlève toute crédibilité. Dommage.

      • Anonyme répond à relatif

        Sur l’hostilité ontologique de l’univers au Vivant, il y a matière à noircir quelques feuillets. Dans l’expérience immédiatement sensible pour tous, si l’on recense les endroits hostiles au Vivant, l’on s’aperçoit très vite que les espaces « habitables ou colonisables » par le Vivant sont dramatiquement réduits et que les espaces hostiles sont infinis. N’est-ce pas une raison absolument suffisante pour prendre soin de ce qui reste ?

        Un exemple drôle et très didactique ici (en anglais, évidemment) :

        Lien

        Et puis… rire pour ne pas pleurer est aussi le propre de l’homme, n’est-ce pas ?

         
        • Anonyme

          mais la terre est vivante ! (elle ne risque rien bien sur)

          une autre forme de vie,

          et nous, nous sommes inadaptés à l’univers l’environnant,
          ce n’est pas lui qui nous est hostile

        1 autres commentaires
    • Dany-de-montreuil
      • Posté à 09h25 le 23/07/2007
      • Internaute 8897

      Excellent !

  • Anonyme

    C’est possible de déposer un brevet là dessus, et l’empêcher ainsi de commercialiser sa solution ? ...

    • Karg se
      Karg se
      Ingénieur agronome vendu à une (...)
      • Posté à 00h53 le 21/07/2007
      • Internaute 9172
        Ingénieur agronome vendu à une (...)

      Sur le principe non puisque ça fait des années qu’on en parle, mais à la limite un brevet sur les nanoparticules oui, mais sur le procès, pas sur la nanoparticules qui n’est pas un objet en temps que tel (à vérifier)

    • Anonyme

      Je pense qu’il ne sont pas aussi stupides économiquement que scientifiquement. Ils ont certainement bien pensé à déposer tous les brevets dont ils avaient besoin avant de lancer leur publicité commerciale.

    • Grégory
      • Posté à 17h33 le 22/07/2007
      • Internaute 12569

      Non. Soit c’est déjà breveté, soit ce simple article invalidera le passage obligé de recherche d’antériorité.

  • relatif
    • Posté à 00h45 le 21/07/2007
    • Internaute 12759

    Il m’apparait désormais complètement illusoire de miser sur le développement technologique pour nous amender. Si nous allons vite, très vite même, les effets que nous produisons par nos activités sur les écosystèmes vont encore bien plus vite. Nous serons rattrappés, assurément, si nous ne modifions pas nos façons de faire, et nommément, par la mise en place de mécanismes de marché qui nous inciteront à nous enrichir en adoptant des modes de consommation responsable.

  • Anonyme

    dans le terrible chantier qui nous attend pour préserver des conditions climatiques acceptables, je crois qu’il faut cesser d’opposer ces deux démarches : la réduction des émissions de gaz et la captation des gaz émis (notamment le CO2). à l’échelle des individus conscients, responsable, maîtres de leur comportement, les petites actions de réduction sont possibles. à l’échelle de multinationales ou de pays comme les Etats-Unis ou la Chine, la recherche et la mise en oeuvre de technologies « propres » et rémunératrices sont plus faciles à envisager. qu’est-ce qui empêche de faire converger les deux voies ?
    si la communication de Planktos met en évidence les profits possibles, c’est évidemment pour séduire des investisseurs. le pays actuellement le plus pollueur est viscéralement attaché aux solutions émanant du marché : mieux vaut faire avec que ne rien faire. si la technique de saupoudrage de fer n’est pas efficace sur la prolifération du plancton, alors cette société ne pourra pas obtenir de « crédits carbone » à vendre, donc elle ne fera pas de profits donc soit elle cessera son activité, soit elle améliorera sa technique. c’est au niveau de la bourse des crédit carbone que la régulation se fera. les autorités de cette bourse liront les articles de Nature et les autres.
    c’est pourquoi le développpement de l’information scientifique sur le climat et le vivant, et donc de la recherche, sont primordiaux. la recherche, comme vous le savez, présente des niveaux d’efficacité différents mais complémentaires selon qu’elle est publique ou privée. l’ensemble des domaines concernés ici est si vaste que l’aide des capitaux privés dans l’approfondissement des connaissances ne sera pas de trop. il faut les stimuler, les encadrer et les utiliser. pas les stigmatiser.

    • Anonyme

      C’est un peu naïf de croire que l’obtention de crédits carbones ne s’appuiera que sur des arguments scientifiques. On sait tous bien que ca ne se passe pas comme ca dans la vraie vie. Il suffira que Planktos s’appuie sur des investisseurs influents (ayant l’oreille de Bush ou Cheney) et mettent quelques milliards sur la table pour se voir attribuer des crédits carbones en dépit du bon sens scientifique.
      Pour s’en convaincre, il suffit de voir comment Monsanto a mis dans sa poche la commission européenne et le gouvernement francais et fait pression sur les scientifiques soi-disants « experts indépendants » pour se voir attribuer l’autorisation d’inonder nos champs d’OGM en débit du bon sens.
      Malheureusement nous ne vivons pas dans le monde de Bécassine, désolé...

      • Anonyme

        En l’occurence, Planktos n’ira pas loin aux Etats-Unis. Le gouvernement américain lui a interdit de déverser ses particules de fer (ce qui ne changera rien, puisqu’il suffit de le faire d’un bateau non-américain pour passer outre l’interdiction), en vertu de la fameuse convention de Londres sur le deversement de déchets en mer, que les Etats-Unis ont ratifée.
        Ca n’empêche pas Planktos de vivre aux Etats-Unis (sont pas mals attachés à leur Constitution garantissant le droit d’expression là-bas), mais ça les empêchera d’entrer en business avec le gouvernement américain et d’obtenir leur bénédiction.

  • Anonyme

    Si je comprends bien :
    Comme solution de dernier recours en cas d’emballement climatique, une entreprise commerciale américaine (Houla !), derrière son « remède » climatique cache un projet commercial (Houlaa ! !). Planktos est une compagnie à but lucratif ((Houlalaa des truands ! ! !). Les ingénieurs américains voulant mettre en application la géo-ingénierie sont soutenus par des financiers (Horreur !). Le marché est juteux, et les ambitions écologiques de Planktos sont entachées par l’appât du gain (tu te rends compte, les salauds !). La recherche du profit semble prendre le pas sur l’éthique scientifique du principe de précaution (Ah mince, semble, seulement ?).

    Bref le commerce étant l’arme des méchants, le côté sombre, les conclusions éclairées sur la solution technique sont évidentes.

    Heureusement, la revue Nature brise le tabou ( ?) : verser du fer dans l’océan serait 10 à 100 fois moins efficace que le processus naturel … (ils n’évoquent pas l’économie dans la revue Nature ?)

    Ne connaissant rien aux techniques décrites, je ne les défends pas. Par contre, les idées à sens unique sur l’économie et le financement de tels projets enlèvent, à mes yeux, beaucoup de crédibilité à l’article.

    Micmart

  • Anonyme

    mais jusqu’où s’arreteront ils ? ? ?

  • Anonyme

    Coucou,
    C’est drôle...
    Lenifou : exacte... Les arbres pour limiter la concentration en CO2 atmospherique c’est du marketing (ordre de grandeur incomparables)... Notion stupide du « poumon vert »...
    Karg Se : le fer marin provient des fleuves et des poussieres atmospheriques : il est limitant pour le Pacifique, l’Indien et l’Antarctique. Le fer n’est toxique qu’a des concentrations très importante (hors propos)...
    CA du 21/07 à 10h36 : l’efficacite n’a rien a voir. Ils continueront tant que leur pub fonctinnera...

    Je rappelle qu’une des solutions envisagée en Europe est de se mettre au charbon, de récupérer une partie du CO2 (= + 30 % de consommation) et de le « stocker » sous forme liquide (fond des oceans ! ! !)...

    Tout cela n’est que de la « com ». Il n’y a qu’une seule solution : arreter l’utilisation des carburant fossiles et la remplacer par un melange de renouvelable, de nucleaire (en misant sur la 4eme generation).
    Les moyens ? le seul qui fonctionne : mettre des impots sur tous les produits dérivés du petrole.
    LB

  • Anonyme

    LB : la solution de la liquéfaction est remise en cause : acidification de l’eau, qui a une action négative sur le plancton et le animaux qui fixe du calcaire (coraux, crustacé, certains type de phytoplancton).

  • Anonyme

    Il n’y a qu’une réelle solution aux problèmes écologiques : consommer moins !

    La techologie aide, c’est sur, mais son évolution n’est pas assez rapide (un comble !) pour compenser la formidable expansion de l’espèce humaine.

  • Anonyme

    Pourquoi Rue89 n’a-t-elle pas chercher à interviewer les responsable de cette entreprise ?
    Je suis d’accord avec un autre commentaire, cet article à sens unique ne m’éclaire pas du tout.

    • Anonyme

      Il mle semble que la société Planktos est experte dans le « No comment » - seuls les communiqués de presse émergent, pas d’interview à qui que ce soit.
      Soit dit en passant, ils commencent à être critiqués de toutes part, par les ONG (Greenpeace, WWF ont fait des rapports alarmants sur ce thème), gouvernements (les Etats-Unis leur ont inertdit de déverser leur fer) etc.
      Lancer une telle opération alors que les connaissances scientifiques en la matières sont très minces est simplement criminel.

  • Anonyme

    Coucou,
    CA du 21/07 à 18h30 : Bien sur que c’est n’importe quoi. Leur alternative ? Le stockage dans des mines... En tout cas, ils faut une solution pour continuer à produire du CO2...

    N’oublions pas, merci les « ecolos », que le Danemark et l’Allemagne emettent beaucoup plus de CO2 par habitant que la France. Ils remplacent le pétrole par le charbon...
    LB

  • Anonyme

    Outre le réchauffement, la terre est également soumise à une réduction de l’énergie solaire captée au niveau du sol. Le documentaire « The Dimming Effect » présente très bien ce problème. À terme, et au rythme où vont les choses, et lorsque même la photosynthèse sera perturbée il est plus probable que nous finissions dans un hiver glaciaire que dans une étuve.

  • Sonelle
    • Posté à 09h44 le 23/07/2007
    • Internaute 11650

    Après avoir transformé les animaux par le biais d’hormones de croissance, continué à stériliser la planète avec les OGM, imposé leur « diktat » sur la quasi totalité de la planète, tué des innocents sur la chaise électrique.....

    voilà que maintenant, « CEUX QUI SE PRENNENT POUR LES MAITRES DU MONDE », se moquant éperduement des scientifiques de haut rang, pensent pouvoir limiter le réchauffement climatique en voulant saupoudrer de fer les océans ! ! ! ! !

    IL EST GRAND TEMPS QU’ILS SE GREFFENT DES CERVEAUX D’EINSTEIN au lieu de gracier des dindes ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

  • Anonyme

    Il devient clair qu’admettre le droit de polluer en « compensant » l’émission de carbone devient un business majeur pour les décennies à venir. Pour empêcher cette spéculation, il suffirait de « durcir » ce droit de polluer en remplaçant l’autorisation de polluer par une taxe obligatoire pour tous les pollueurs, qu’ils soient particuliers ou industriels, taxe proportionnelle à la quantité émise, taxe non pas versée à des sociétés privées (plus ou moins douteuses, mais très opportuistes, qui s’occupent de régénérer les écosystèmes), mais à un organisme mondial qui coordonnerait et entreprendrait les actions à mener au niveau de la planète. Cela éviterait la spéculation et limiterait les initiatives disparates que nous connaissons tous azimuts et qui n’ont que peu d’impact sur l’environnement, puisque les actions trop locales et leurs évaluations quelque fois inexistantes ne sont pas connues ou mesurables au niveau de la planète.

    Cette taxe serait certainement un bon outil pour inciter à ne plus polluer, à réduire les émissions de CO2, et serait très certainement le meilleur moteur de recherche de solutions alternatives, non pas pour compenser le carbone, mais pour éviter d’en émettre.

    ovny1984

  • Anonyme

    Merci pour l’article et les commentaires (il)lumineux.
    nous entrons dans une nouvelle ère, et des décisions doivent être prises. et elles sont en train de faire leur chemin, et c’est justement là où c’est possible que les choses vont le plus vite (aux US et en Chine en particulier, malgré les disparités, malgré les OGM, malgré tout se qu’on peut mettre dans le panier).
    c’est l’ensemble de la population humaine de la planète qui doit se retourner sur son mode de vie et sa façon d’apréhender son environnement. Et bien sûr ces changements son nécéssaires à l’échelle indivisuelle, sociale et globale.
    c’est seulement lorsque tous les maillons de cette chaine seront liés que la machine se mettra en marche.
    alors bien entendu il faudra passer par des nouveaux bonds technologiques pour y arriver (vite). on ne va pas tous se retrouver à vivre comme au moyen âge, c’est ridicule surtout en regard de la population actuelle et de notre façon de vivre, même « durable » et on ne peux pas continuer comme ça.
    le virage sera pris quand la technologie, celle qui nous fera avancer (dans tous les sens du terme), et non celle qui essaie de régler les conséquences comme illusté dans l’article, existera et sera à la portée de tous.
    et cette technologie, c’est à nous tous, cette génération de l’après, de la penser, de la créer et de la cadrer.
    moi je suis prêt.

  • Anonyme

    une solution : quand je pisse contre un arbre, je dépose une piece d’un euro...