05/08/2008 à 15h15

Les peintres couchent-ils avec leurs modèles ?

Camille | Mauvais genre

Le festival de la correspondance de Grignan avait pour thème cette année la peinture. « Les artistes font rêver, leur vie, leurs relations amoureuses… », disait Jean, un festivalier.

Il venait de voir « Pascin, le prince de Montparnasse », lecture brillante par Bruno Abraham-Kremer et sa femme de la correspondance d’un peintre libertin et monogame à la fois. Pascin de son surnom, Jules Pinkas de son vrai nom, enchaînait les relations sexuelles avec ses modèles, tout en restant fidèlement éperdument amoureux de l’une d’entre elles.

Jean allait voir « Suzanne, Gertrude, Kiki et Niki, ou l’école des insoumises » de Yvan-Jules Bradiloff, avec Julie Marboeuf dans le rôle de Kiki de Montparnasse, amante et modèle de plusieurs grands artistes dont le photographe Man Ray et le peintre Foujita. Julie/Kiki y racontait comment Foujita lui cherchait des morpions pour être sûr de les peindre.

Jean-François a un rapport asexué à son oeuvre, malgré leur intensité érotique

Mais aujourd’hui, quels rapports entretiennent les créateurs avec celles qu’ils font poser ? Le village de Grignan ne manquant pas de peintres, j’ai décidé de rencontrer l’un d’entre eux afin de vérifier ce qu’il en était de la vie sexuelle des peintres avec leurs modèles.

Vous l’aurez compris, Jean-François Blanc, ne peint pas les odorants paysages de lavande qui ont inspiré Nicolas de Staël, mais des corps. Nus. Qui sentent la sueur avec l’énergie de la peinture, la puissance des éclairages et la chaleur de la région.


’Couple 2’, toile de Jean-François Blanc (DR).

Jean-François est un paradoxe vivant, le moins séducteur des Don Juan. Jean-François a un rapport asexué à son oeuvre, malgré la force brute animale et sexuelle qui se dégage de ses toiles (et alors totalement asexué avec moi, mais peut-être ne suis-je pas son genre). Il peint des nus de femmes et d’hommes superbes, mais prétend ne pas les toucher. (Voir la vidéo, je vous demande un peu d’indulgence, c’était ma première).

Il précise :

« Lorsque je peins des modèles, je le fais d’après photo. La séance photo peut durer entre une heure et une heure et demie. Il fait souvent très chaud avec le projecteur à fond. Il s’agit souvent d’une femme, parfois d’un homme, parfois encore d’un couple. »

Mais lorsque qu’un couple teste des positions devant vous, cela ne vous touche pas ? « C’est pas du tout sexuel ; ça se verrait… C’est très physique, mais ils sont très concentrés à faire des positions complexes, c’est une œuvre à trois. Je recherche la lumière » , me rétorque-t-il.

« Sur le tableau dont vous parlez je recherchai surtout les ombres d’une personne sur l’autre. Ils bougeaient, me faisaient des propositions de positions [graphiques, je sens votre esprit mal tourné, ndlr] et je les arrêtais lorsque la lumière m’intéressait »

« Il est possible que parfois certaines femmes soient très ouvertes à mon égard »

Quand à l’absence de tête, le peintre pense superflu de donner dans la délation en montrant le visage de ses muses (comme le chantait Brassens, « si je publie les noms, combien de Pénélope / Passeront illico pour de fieffées salopes »). Les formes qui l’intéressent sont les rondeurs du corps, et peu lui importe les extrémités : les pieds, les mains, la tête.

La tête ravalée au rang d’inutile extrémité tandis que les seins, ventres et fesses s’exhibent fièrement. Est-ce la une négation de l’esprit par le corps ? Du modèle lui-même ? Jean-François se défend avec amusement :

« Je ne sais pas. J’ai peint des ventres de femmes pour une exposition à New-York sur les femmes enceintes à la demande d’une directrice de collection ; les gens viennent me voir pour que je les peigne nus, je ne cherche pas à savoir leurs motivations. »

Il finit par admettre « qu’il est possible que parfois certaines femmes soient très ouvertes à [son] égard » mais pense que « c’est surtout par jeu ou parfois par narcissisme ».

La difficulté pour le peintre est alors la réciprocité du désir : « Tant que je n’ai pas vu le corps, je ne sais pas s’il me plaira, et je ne peux pas dire à un modèle nu devant moi d’aller se rhabiller car son corps ne me touche pas. »

Il lui est arrivé de se forcer à trouver ne serait-ce qu’une photo sur toute une séance à partir de laquelle peindre un tableau.

Mais toutes ces femmes si offertes, tous ces hommes aux muscles saillants et ronds, vous ne touchez qu’avec les yeux, insistai-je ? Je voyais venir la fin du mythe de l’artiste… Jean-François a fini par concéder que certaines des femmes modèles avaient été ses compagnes de route, et s’étaient couchées dans son lit avant de l’être sur ses toiles. A défaut d’avoir une vie sexuelle si trépidante, au moins ce sympathique peintre n’est-il pas si asexué qu’il semble le dire.

« Certaines positions demandent une réelle maîtrise de son corps »

Et de l’autre côté du miroir ? Je n’ai pas trouvé de modèle bénévole, mais Andréa, une charmante danseuse, qui fut modèle professionnelle pour écoles de peinture en attendant de vivre de son art, a accepté de témoigner de son expérience.

Encore rougie par l’effort du spectacle de danse qu’elle venait de nous offrir, Andréa nous propose un autre point de vue. (Voir la vidéo.)

Pour elle, le travail avait ses avantages artistiques parfois « Certaines positions étaient intéressantes pour la danse et demandaient une réelle maitrise de son corps » et parce que, bien qu’observée, elle regardait l’expression du corps des apprentis peintres, l’utilisant ensuite pour sa propre création.


Andréa (Camille).

Pour autant, le tableau n’était pas rose : elle n’osait pas toujours poser ses limites, limites qui plus est mal définies dans son travail, mais une seule fois un peintre lui a fait des avances mal venues.

Par ailleurs, cette activité n’est pas toujours déclarée, et demande parfois des trajets assez longs et non rémunérés. Bref, une situation précaire et peu enviable, loin du plaisir d’une Kiki des faubourgs, loin aussi du jeu des modèles bénévoles.

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  • Frusky
    Frusky
    Piéton
    • Posté à 15h23 le 05/08/2008
    • Internaute 31929
      Piéton

    C’est fou comme cette dame est rouge... Faites quelque chose ! ! !

    • Numerosix
      Numerosix répond à Frusky
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 00h42 le 06/08/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Elle a honte !

  • les_canards
    • Posté à 15h35 le 05/08/2008
    • Internaute 20527

    Vous ne voulez pas parler de Pascin, plutôt ? :)

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à les_canards
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 15h44 le 05/08/2008
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      C’est corrigé, merci pour votre vigilance !

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 15h38 le 05/08/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    La question est : les peintres couchent-ils mieux avec leurs modéles que les photographes ejaculateurs précoces ( clic , clac , merci kodak) ?

    Et le sculpteur , serait-il un papouilleur ?

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 15h45 le 05/08/2008
      • Internaute 33755

      Comment ? !

      Les photographes couchent très bien avec leur modèle.

      Ce n’est pas qu’une question de vitesse d’obturation !

      Mais aussi d’ouverture du diaphragme et de longueur focale...

  • eben
    • Posté à 15h43 le 05/08/2008
    • Internaute 17102

    Avez-vous poser la même question aux peintres animalier ? Je suis curieux, j’avoue : p

    • Numerosix
      Numerosix répond à eben
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 15h52 le 05/08/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      ..Ca a bien du se produire ..

      • FabiendeMénilmontant
        FabiendeMénilmontant répond à Numerosix
        journaleux - blogueur
        • Posté à 16h09 le 05/08/2008
        • Internaute 14145
          journaleux - blogueur

        …mais pas se reproduire.
        Max, mon amour !

         
        • merle-moqueur
          merle-moqueur répond à FabiendeMénilmontant
          GRRRRRRRRRRRR (...)
          • Posté à 17h25 le 05/08/2008
          • Internaute 17922
            GRRRRRRRRRRRR (...)

          et que dire de ceux qui peignent des natures mortes ?

          • Gandijyn
            Gandijyn répond à merle-moqueur
            • Posté à 19h32 le 05/08/2008
            • Internaute 30465

            Il s’en passe des bonnes, là aussi, chez les pompes funèbres... parait que les toiletteur et toiletteuses, après avoir mis de la colle super-glue aux machoires, usent gaiement de la rigidité organique ... On ne sait pas combien de temps ça dure, ... ni quel réel plasir, ils en tirent... et à quel degré (charges émotionnelles, température de la pièce, ou du corps ?)

            Y’a plus qu’à proposer à un(e) artiste d’aller exprimer ses talents, pinceaux et tubes à la main...

        2 autres commentaires
    • Camille
      Camille répond à eben
      Auteur(e) de l'article Mauvais genre
      • Posté à 15h56 le 05/08/2008
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

      Je ne connais pas de peintres animaliers mais à l’occasion je vous ferai un petit article sur la zoophilie... De fait, la zoophilie a été tour à tout décriée, acceptée, décriée...

       

      Jusqu’en 2004, elle était légale en France. Dans la mesure où elle est interdite aujourd’hui (enfin la législation est un peu complexe : on est passé d’une situation où l’on avait pas le droit de faire mal aux animaux (sexualité autorisée si l’on pouvait prouver qu’il n’y avait pas acte de torture) à une situation où la relation sexuelle (y compris recherchée par l’animal) est sévèrement punie...et que je n’ai pas envie de faire dans la délation moi non plus... Mais on pourra en reparler à l’occasion...

       

      PS : le peintre m’a fait savoir qu’il était en plein désaccord avec moi sur la force que je qualifie « d’animale » qui se dégage de ses tableaux. mais je maintiens... C’est la liberté de la perception de l’art, on sait ce qu’on fait et non comment on est (com)pris

      • Numerosix
        Numerosix répond à Camille
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 16h09 le 05/08/2008
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        - Ah évidemment j’en suis pas encore aux toiles de maître, mais enfin c’est un début !
        - Oh... c’est un début qui promet. Mais tu vois si j’étais chez moi comme tu le disais si gentiment, bah j’mettrai ça ailleurs.
        - Qu’est-ce que je disais, y s’rait mieux près de la fenêtre. Tu le verrais où toi ?
        - À la cave.
        B.Blier/J.Gabin
        ( Le cave se rebiffe)

  • adaunis
    • Posté à 16h08 le 05/08/2008
    • Internaute 4255

    Je ne parlerais qu’en présence de mon avocat !

    • Numerosix
      Numerosix répond à adaunis
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 16h11 le 05/08/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      tres beau !
      Mais je prefere pas passer ton tableau au spectogramme concernant les taches blanches en haut à gauche ..

      • merle-moqueur
        merle-moqueur répond à Numerosix
        GRRRRRRRRRRRR (...)
        • Posté à 11h25 le 07/08/2008
        • Internaute 17922
          GRRRRRRRRRRRR (...)

        Spermogramme,on dit spermogramme.....

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 16h59 le 05/08/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « ....Les peintres couchent-ils avec leurs modèles ? ... »

    ►► IL apparaît évident qu’ils couchent déja leur modèle sur leur toile.

    c’est à dessein, y’a pas photo !

    si vous ne voyez pas ce que je veux dire,
    je vous ferai un dessin !

    • Charles Mouloud
      Charles Mouloud répond à Pierrrrre
      Bras gauche de la Vénus de (...)
      • Posté à 18h09 le 05/08/2008
      • Internaute 12542
        Bras gauche de la Vénus de (...)

      Pierrrrre au « Caveau de la République » dès la rentrée.
      Ne loupez pas son actualité internationale :

      Lien

  • Panama
    Panama
    enseignant
    • Posté à 18h06 le 05/08/2008
    • Expert 49071
      enseignant

    Aviez-vous vu l’expo Marilyn : la dernière séance ? C’était la dernière fois que Marilyn posait, et la première depuis très longtemps qu’elle acceptait de poser nue, et c’était pour le photographe Bert Stern. Il y avait une photo sublime, où on la sent totalement abandonnée. Elle est sur un lit, dans des draps vaporeux, une coupe de champagne posée par terre, un désir magnétique dans le regard. Et Stern ne s’est pas approché, il a continué de photographier, comme si saisir la lueur de ce désir comptait plus qu’y répondre. Peu après, Marilyn a murmuré un truc du genre « tant pis… » (ou peut-être « Tu ne comprends rien… », et la magie de l’instant s’est envolée.

    Quant à Stern, en racontant cette séance mémorable (Marilyn s’est suicidée quelques semaines plus tard), il disait : « Quand on désire une femme aussi ardemment et qu’elle est aussi près, on éprouve une sensation délicieuse du seul fait de ne pas la toucher. L’appareil photo joue un rôle considérable parce que l’amour traverse l’objectif. »

    (Ajout après révision express sur les balises html :))
    Bon, ce n’est pas à cette photo que je pensais, mais c’est la même série. « La mienne » était en couleur, et plus troublante.

  • Journalisteennherbe
    Journalisteennherbe
    Rédactrice d'un mémoire sur (...)
    • Posté à 17h40 le 05/08/2008
    • Internaute 19754
      Rédactrice d'un mémoire sur (...)

    Pour appuyer la conclusion de ton article, je n’ai posé que deux fois pour un jeune peintre amateur...qui est devenu mon petit ami ! Pour une modèle débutante, le jeune homme armé de son pinceau, les mains recouvertes de peinture ont un charme certain !

  • meg
    meg
    • Posté à 18h27 le 05/08/2008
    • Internaute 12017

    Les peintres couchent-ils avec leurs modèles ? ( ! ! !) On dirait un titre pour cerveaux confit dans la crème solaire.

    J’imagine qu’il y a de tout à moins que les peintres soient des clones. Certains peignent leurs maitresses ou amants, d’autres peignent pour séduire leur modèle, d’autres sont séduits par leur modèle en les peignant, d’autres deviennent amis ou ennemis, d’autres ont des relations simplement professionnelles... Il y a autant de cas de figure possible que de combinaisons de rencontre entre deux individus et une toile à un instant T.

    • Camille
      Camille répond à meg
      Auteur(e) de l'article Mauvais genre
      • Posté à 18h35 le 05/08/2008
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

      Les cervaux confits de rue89 apprécieront votre compliment : -) pour le reste, je suis complètement d’accord avec vous.... d’ailleurs entre la situation de Pascin, celle de Jean-François ou celle d’Andréa ou encore celle de la jeune femme qui témoignait quelques lignes avant ; on voit effectivement cette diversité.

      Sauf peut-être pour la situation des modèles femmes professionnelles. Je préume que la situation qu’Andréa décrit avec la difficulté à placer les limites, le fait de se faire positillonner dessus, de ne pas savoir quand dire non est spécifique d’un métier non professionnalisé (il n’y a pas d’école pour être modèle ni de règles de travail précises, pas de contrats non plus m’expliquait-elle).

      Bref, je suppose que sa situation à elle n’est pas unique.

       

      • Gandijyn
        Gandijyn répond à Camille
        • Posté à 19h20 le 05/08/2008
        • Internaute 30465

        Cette problématique est aussi valable dans les sociétés de castings ... et pourtant, professionalisées ! ... C’est difficile de changer les moeurs, et les mentalités !

      • Numerosix
        Numerosix répond à Camille
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 00h38 le 06/08/2008
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Les comptables à lunettes couchent ils avec leurs collègues comptables à lunettes ?

  • AdamPollo
    AdamPollo
    « out of disorder »
    • Posté à 18h52 le 05/08/2008
    • Internaute 37370
      « out of disorder »

    Moi je suis modèle et je couche avec la femme qui me peint.

    • AdamPollo
      AdamPollo répond à AdamPollo
      « out of disorder »
      • Posté à 18h53 le 05/08/2008
      • Internaute 37370
        « out of disorder »

      Car parfois ce sont les femmes qui peignent...

  • Gandijyn
    • Posté à 19h05 le 05/08/2008
    • Internaute 30465

    Les rapports sexuels des artsites (homme ou femme) avec leurs modèles, sont-ils aussi excellents que leur croûte ? la sensualité ou la violence exprimée parfois dans les toiles, est-elle aussi vécue par l’artiste envers ses modèles (reflet de ce qu’il/elle prétend peindre ? Est-il plus facile ou vulnérable de coucher avec les modèles, nus à plein temps, comparé à d’autres corps de métier (avocat, médecin, architecte, prof de lycée ou d’Université, policier, pompier (très demandé), pilote, consultant en informatique, ... prêtre !) ... ?

    • Camille
      Camille répond à Gandijyn
      Auteur(e) de l'article Mauvais genre
      • Posté à 13h28 le 07/08/2008
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

      Il me semble que les problématiques sont différentes d’un corps (de métier) à l’autre : pour les policiers, on a un exemple très actuel du type de vulnérabilité ; pour les pompiers très demandés comme vous dîtes, j’imagine que la situation est différente.

      Un pilote ou une consultante en informatique n’a pas forcément les mêmes moyens de pression qu’un prêtre ou une avocate demandant la confession ; -)

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 00h45 le 06/08/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Et tous ces jeunes flics de tous sexes qu’ on voit par deux a vélo dans Paris , est ce qu’ ils baisent et s’enfoncent leurs matraques dans le cul ?

    Voir le nombril d’la femm’ d’un flic
    N’est certain’ment pas un spectacle
    Qui, du point d’vue de l’esthétiqu’
    Puiss’ vous élever au pinacle
    Il y eut pourtant, dans l’vieux Paris
    Un honnête homme sans malice
    Brûlant d’contempler le nombril
    D’la femm’ d’un agent de police

    • DBL8
      DBL8 répond à Numerosix
      Retraité
      • Posté à 07h15 le 06/08/2008
      • Internaute 19562
        Retraité

      Je doute que cela soit compris par tous !
      Mais c’est beau.
      Que mettre d’autre que « utile » pour le plaisir de la lecture ?

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 10h59 le 06/08/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « ...Les peintres couchent-ils avec leurs modèles ? ... »

    ►► peinture à l’huile,
    pour que rien n’arrète leur pinceau.

  • fed
    fed
    ( ? )
    • Posté à 12h03 le 07/08/2008
    • Internaute 49927
      ( ? )

    Le trouble ressenti devant la proximité du corps dénudé du modèle participe d’une pulsion scopique qui, dans certains cas peut faire perdre la tête à l’artiste et par une conséquent lui faire changer de rôle. D’artiste, il peut devenir amant si bien sur les circonstances s’y prêtent...

    • Camille
      Camille répond à fed
      Auteur(e) de l'article Mauvais genre
      • Posté à 13h03 le 07/08/2008
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

      Paradoxalement, comme le disait Jean-François Blanc, les peintres ou les photographes, concentrés sur ce qu’ils font replacent la personne érotisée en objet de travail « non érotique »... Etant donné que c’est un travail, ils/elles sont concentrés sur ce qu’il y a à dessiner/photographier.

      Un ami photographe me disait chercher le cadrage, la lumière, la personne devenait un objet à photographier qu’il fallait positionner correctement, dont il fallait guetter les propositions. Il ne « regardait » pas le modèle comme une personne « mignonne » mais comme un sujet de photo. Cela ne l’empêchait pas de regarder les femmes autrement en dehors des séances photo ; -)

      Cela étant, comme le disait un autre riverain, toutes les situations existent et certains peintres ont certainement les réactions que vous décrivez.

      • Panama
        Panama répond à Camille
        enseignant
        • Posté à 17h00 le 07/08/2008
        • Expert 49071
          enseignant

        Moi, un ami photographe me disait avoir choisi ce métier pour être avec des jolies femmes toute la journée. Il avait d’ailleurs l’air de s’en excuser un peu, comme s’il regrettait de ne pouvoir poser à l’artiste pur… L’histoire ne dit pas si ce choix de carrière a rendu sa vie sentimentale aussi épicée que ses photos.

        N’empêche, l’angle « social » que Camille essaie, me semble-t-il, de donner à ses articles — la fameuse profondeur dans la légèreté… — ne retient peut-être pas assez l’attention des voisins.

        Une amie à qui il est arrivé de poser pour gagner un peu d’argent a vécu une expérience assez pénible, il y a quelques années. Vingt et quelques années, pas très sûre d’elle, un peu cabossée par la vie (à l’intérieur — l’extérieur était sans accroc…) s’est retrouvée entre les pattes d’un « artiste » qui s’est révélé du genre prédateur-manipulateur. Quand on se fait aborder dans la rue par un peintre ou un photographe qui porte beau la cinquantaine, qu’on a besoin de thune, qu’on a sur l’art toutes sortes d’idées enthousiastes et romantiques, et pour peu qu’on soit aussi un peu fragile… on risque de se retrouver dans des plans tordus. En l’occurrence, la présence, lors de certaines séances, de la compagne officielle du grand homme, d’abord perçue comme rassurante, s’était révélée comme un des éléments du piège.

        Ce n’est qu’un petit élément de réflexion. Hélas, je n’ai pas d’autres jolies modèles autour de moi pour poursuivre l’enquête…

         
        • Camille
          Camille répond à Panama
          Auteur(e) de l'article Mauvais genre
          • Posté à 18h12 le 07/08/2008
          • Internaute 48427
            Mauvais genre

          un ami photographe me disait avoir choisi ce métier pour être avec des jolies femmes toute la journée

          C’était aussi le cas du photographe dont je parlais... Il n’empêche qu’au moment où il les photographie, il ne pense plus à leur physique comme un tout mais comme à de la lumière, de l’énergie, de l’émotion... Il les regarde à la sortie des séances et avant mais paradoxalement pas « pendant ». C’est , je pense, le message de Jean-François lorsqu’il dit que les poses que prenaient le couple devant lui n’avaient rien de sexuel... (alors que le contraire se dégage de ses tableaux -de mon point de vue)

           

          • Panama
            Panama répond à Camille
            enseignant
            • Posté à 20h07 le 07/08/2008
            • Expert 49071
              enseignant

            En somme, c’est « le paradoxe du peintre », comme il y a le « paradoxe du comédien » : de même que le comédien ne doit pas ressentir pour exprimer et jouer l’émotion, de même le peintre s’il veut restituer la sensualité ou le désir… Je ne sais pas si on peut généraliser, mais je trouve cela assez compréhensible, du point de vue psychologique.

            Étonnant que Jean-François conteste le côté « animal » de ses toiles. Celle qu’on voit derrière lui sur la vidéo en est un bon exemple.

            J’en profite pour dire que je trouve la vidéo très réussie, pour une première fois : -)

            • Camille
              Camille répond à Panama
              Auteur(e) de l'article Mauvais genre
              • Posté à 10h33 le 08/08/2008
              • Internaute 48427
                Mauvais genre

              Je trouve aussi qu’il y a un côté animal ; je lui ai envoyé le lien vers l’article et avec un peu de chance il va réagir : -)

              • Panama
                Panama répond à Camille
                enseignant
                • Posté à 17h14 le 08/08/2008
                • Expert 49071
                  enseignant

                au secours ! Pas moyen de commenter le dernier article de Camille : on dirait que les commentaires ne sont pas activés. Et pourtant, ça me démange. Pleeeze…

        4 autres commentaires
  • Voyageur
    • Posté à 00h09 le 08/08/2008
    • Internaute 1117

    Le tout est de savoir ce que peint le peintre

    Peint t il une femme, ou peint t il La Femme. Si on prend Dali ou Picasso ils ont peint La Femme et la relation qu’ils avaient avec elle, le modèle dans ce cas n’en est plus un, mais est plutôt l’inspiratrice et le déclencheur du processus de création.
    En fait a la réflexion il m’importe peu de savoir si le modèle couche avec le peintre,
    ce qui est intéressant, c’est plutôt le résultat de leur relation ce que j’en comprends et ce qui me touche dans l’oeuvre accomplie
    Apres qu’ils couchent ensemble me parait évident, comme il me parait évident que Courbet a couché avec son modèle après avoir peint son tableau, la Création du Monde. Pourquoi cela serait il différent aujourd’hui, a moins de considérer son modèle comme un objet

  • rezba
    rezba
    homard intempestif
    • Posté à 10h08 le 08/08/2008
    • Internaute 3623
      homard intempestif

    Ma peintre de femme abuse de moi chaque fois que l’inspiration lui manque. Je ne suis même plus un modèle, je suis un esclave sexuel.