03/08/2008 à 11h39

Loin des JO, une balade littéraire dans les ruelles de Pékin

Bertrand Mialaret | Mychinesebooks.com

(De Pékin)

Si vous avez malgré tout décidé d’aller cet été à Pékin, sans craindre la chaleur, l’invasion de touristes et de sportifs, ainsi que l’augmentation « olympique » des prix, vous pourrez vous échapper en allant sur les traces des grands écrivains chinois du XXe siècle, qui ont marqué l’histoire de la capitale.

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Dans cette ville fleurie de centaines de kilomètres de rosiers, où les principaux monuments ont été « rafraîchis » ou rénovés, la moitié environ du patrimoine urbain des hutongs, les ruelles historiques de la capitale, a disparu. Les ruelles populaires ont laissé la place aux grands immeubles, aux centres commerciaux ; une partie de ce qui reste est soit en cours de destruction soit de rénovation/reconstruction pour en faire des résidences de luxe. Il est vrai que ces habitations, malgré leur charme, ont souvent été très dégradées par une occupation très dense et le plus souvent ne bénéficient pas d’eau courante ou de sanitaires privés.

Visiter les résidences des écrivains et artistes célèbres de l’histoire chinoise n’est guère compliqué : il vous faudra un guide comprenant les caractères en mandarin, le site à visiter ET son adresse, ce qui élimine la plupart des guides publiés. J’ai eu recours à « Pékin en poche » (Ed. You-Feng, Paris, 2008) publié et régulièrement mis à jour par Stéphanie Ollivier [que l’on retrouvera sur Rue89 pendant la durée des JO, ndlr].

Le musée Lu Xun (1881-1936)


maison de Lu Xun (B.Mialaret)

La maison du fondateur de la littérature chinoise moderne jouxte un musée moderne un peu solennel, parfois envahi par les enfants des écoles. Ce musée, comme les autres sites, comporte peu d’explications en anglais mais les jeunes visiteurs se feront un plaisir de traduire et vous de faire semblant de comprendre leur anglais très approximatif. Tous les taxis connaissent, c’est incontournable, car Lu Xun, pour les Chinois, Lu Xun est de la taille du Victor Hugo romancier, créateur de héros que chacun connaît (le célèbre Ah Q).

Lu Xun est né à Shaoxing, au sud est de Shanghaï, dans une maison magnifique du clan Zhou (son vrai nom est Zhou Shuren) parsemée de jardins intérieurs et de meubles splendides recréant l’ambiance du début du XXe siècle.

Mort en 1936, il fut annexé par le pouvoir maoïste. Son talent de polémiste est spectaculaire. Vous trouverez ses livres à la Librairie des langues étrangères à Pékin en haut de la partie piétonne de l’avenue Wangfujin, tout près de la maison de Lao She.

La maison de Lao She (1899-1966)


maison de Lao She (B.Mialaret)

Un jolie maison dans un hutong intéressant. Demandez à l’entrée la brochure en français fort bien faite sur le grand écrivain Lao She. De plus vous pouvez prendre dans vos bagages quelques livres de poche (« Le pousse-pousse » ; « Gens de Pékin », et surtout un roman inachevé et autobiographique « L’enfant du nouvel an »).

Un joli endroit avec une atmosphère empreinte de sérénité. D’origine mandchoue, c’est un très grand romancier, Pékinois et fier de l’être, mais qui a séjourné à l’étranger (en Grande-Bretagne et aux Etats Unis) et beaucoup voyagé. Sa grande ouverture d’esprit lui a valu d’être battu par les gardes rouges pendant la Révolution culturelle, et d’être découvert « suicidé » en 1966 dans le lac Taiping.


hutong de Lao She (B.Mialaret)

La maison de Guo Moruo (1892-1978)

Facile à trouver, au nord du lac Beihai, à la jonction avec le lac Hou Hai. Une belle maison avec un bien beau jardin mais un mobilier de type officiel sans grâce, un peu à l’image du propriétaire.

Après des études au Japon, Guo Moruo rejoint le PCC en 1927, puis doit s’échapper au Japon. Président de l’Académie des sciences de 1949 à 1978, il sait naviguer avec le vent et survit à la Révolution culturelle. Ses poèmes et pièces de théâtre ne sont plus réédités mais si vous tombez sur « Mes années d’enfance » dans la collection Connaissance de l’Orient (1970) chez Gallimard, cela vaut la peine de s’y arrêter.


jardin de Guo Moruo (B.Mialaret)

La résidence de Mei Lanfang (1986-1961)


maison de Mei Lanfang (B.Mialaret)

Mei Lanfang naît dans une famille d’acteurs et est très vite connu pour son interprétation de rôles féminins. Cette « star » fut le promoteur au Japon et aux Etats-Unis de l’Opéra de Pékin ; on découvre ses photos en compagnie de Charlie Chaplin ou de Mary Pickford. Une très belle maison avec un jardin superbe, mais aussi quelques groupes de visiteurs chinois avec guides, fanions et haut parleur !

La maison de Mao Dun (1896-1981)


maison de Mao Dun (B.Mialaret)

Là c’est beaucoup plus calme et vous serez probablement seul dans ce beau jardin. Journaliste, romancier, Mao Dun fut ministre de la Culture de 1949 à 1965 et président de l’Association des écrivains de 1949 à 1981. Avant cette période « officielle », il fut un bon écrivain et son roman « Minuit » est une forte évocation du Shanghaï du capitalisme triomphant de l’avant guerre. Il a donné son nom au prix littéraire chinois le plus important.

Le Musée National de la littérature chinoise moderne

Vous ne le trouverez pas dans les guides : il est situé au sud-est des installations olympiques, (Wenxue guan lu ; tel : 84619071 ou 84615522). Réservé aux inconditionnels, ce musée expose une documentation importante sur les écrivains du XXe siècle et recrée les cabinets de travail de plusieurs grands écrivains. Quasiment pas de textes en anglais, mais à l’accueil on peut trouver de jeunes guides qui parlent bien anglais mais ne connaissent que peu la littérature ! Une section minuscule est consacrée à la très intéressante littérature de Taiwan, ce qui vaut des réponses gênés à des questions mal intentionnées.

La notion même de « musée de la littérature » est quelque chose de quasiment unique dans le monde et qui montre l’importance politique attachée en Chine à la littérature.

Vous voilà revenu près des installations olympiques...

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  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 11h55 le 03/08/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)
  • Unstern
    • Posté à 12h17 le 03/08/2008
    • Internaute 26295

    Excellent article.

    Juste une petite faute de frappe à rectifier : la ville natale de Lu Xun, c’est Shaoxing (et non Shaoxin).

    • Bertrand Mialaret
      Bertrand Mialaret répond à Unstern
      Auteur(e) de l'article Mychinesebooks.com
      • Posté à 13h38 le 03/08/2008
      • Internaute 16700
        Mychinesebooks.com

      Merci de votre remarque ; je note aussi que l’article n’est pas suffisamment précis, la photo concerne la maison natale de Lu Xun à Shaoxing et non celle de la maison où il a vécu à Pékin.

  • elarips
    • Posté à 15h24 le 03/08/2008
    • Internaute 19146

    ...merci pour ce reportage

    et pour ceux qui veulent surfer sur le net en chine il y a cela :

    Lien

    comment contourner la censue ...

  • Thrasy
    Thrasy
    ingénieur-sinisant
    • Posté à 17h58 le 03/08/2008
    • Internaute 15075
      ingénieur-sinisant

    Curiosité personnelle. Avez-vous un lien de parenté avec le Julien pékinois du même nom ?

  • solstice
    solstice
    pigiste
    • Posté à 18h04 le 03/08/2008
    • Internaute 38451
      pigiste

    Ah, rien que pour Lao She, je me suis régalé. Accessoirement, c’est marrant que le « suicidé » de la révolution culturelle aie droit aux honneurs... Bon, pas encore prête à tout avaler (J.O.) mais merci pour cet angle intéressant.

  • Ashel
    Ashel
    écrivain
    • Posté à 19h11 le 03/08/2008
    • Internaute 43787
      écrivain

    Très bel article, merci.

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à Ashel
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 02h52 le 05/08/2008
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      Je recommande aussi un article de Pierre Foglia du journal canadien La Presse

      Lien

      Pierre JC Allard

  • azerty69
    azerty69
    ExecutieveBranleur
    • Posté à 22h24 le 03/08/2008
    • Internaute 42089
      ExecutieveBranleur

    Ah encore un article pro chinois dans rue89 ! ! Un petit résumé : La chine, ce pays pourri, détruit, ravagé par le pouvoir politique. Il ne reste dans ce foutoir de pâle copie du monde consumériste occidental que quelques bicoques moisies d’illustres inconnus écrivains.

    • Xiaolin
      Xiaolin répond à azerty69
      • Posté à 03h51 le 04/08/2008
      • Internaute 1264

      Cher Monsieur, le fait que vous manquiez de culture ne vous donne pas le droit de dénigrer. Lu Xun, Lao She ou Mao Dun sont de très grands écrivains. Et Guo Moruo fut pendant quelques brèves années un superbe poète. En outre, tous sont des témoins importants de leur temps. Ils sont traduits en français, fréquentez un peu plus les librairies et les bibliothèques, vous y apprendrez deux ou trois choses sur la Chine... de la manière la plus agréable qui soit !

      • azerty69
        azerty69 répond à Xiaolin
        ExecutieveBranleur
        • Posté à 09h01 le 04/08/2008
        • Internaute 42089
          ExecutieveBranleur

        Cher Monsieur, le fait que vous ayez beaucoup de culture -chinoise ? - vous donne le droit aussi d’avoir des problèmes de maîtrise de l’ironie et du 2° degré de la langue française.

        Mais vous avez vous aussi le droit d’être communautariste et croire qu’un écrivain connu de 0.01% de la population française, n’étant pas d’origine chinoise, n’est pas un illustre inconnu en ce doux pays qu’est la france.

         
        • solstice
          solstice répond à azerty69
          pigiste
          • Posté à 14h42 le 04/08/2008
          • Internaute 38451
            pigiste

          On peut être français de souche et pas borné... La Chine est très présente (J.O., économie etc.) dans l’actualité, normal que rue89 s’y intéresse de près et nous donne des éclairages intéressants sur ce pays-continent.

          Les J.O. donnés à Pékin sans la moindre avancée sur les droits de l’homme et la contrefaçon, c’était une connerie dont les chinois ne sont pas responsables. Je ne regarderai pas les cérémonies officielles, peut-être les épreuves des sports qui m’intéressent mais, à la place, je lirai ou relirai de la littérature chinoise : suis-je une affreuse communautariste ? Lao She est le Soljenitsyne chinois (c’est un raccourci que j’assume), rien que pour cela, il vaut le coup d’être lu... En plus il a un humour qui vaut vraiment le déplacement à la bibliothèque du coin. L’ironie n’est pas un art franco-français...

          La culture -ou l’inculture- n’a pas de frontières, la bêtise non plus, d’ailleurs...

        1 autres commentaires
    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à azerty69
      Cofondateur Rue89
      • Posté à 04h30 le 04/08/2008
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      @Azerty69 : quelle étroitesse d’esprit ! C’est comme si on vous parlait du Paris de Sartre et Camus et vous disiez ce sont « d’illustres inconnus ». L’opposition au régime chinois ne dvrait pas vous faire ignorer les trésors de la culture chinoise, et des auteurs comme Lu Xun, antérieurs à la période communiste. L’opposition ne devrait pas signifier ignorance.

      • azerty69
        azerty69 répond à Pierre Haski
        ExecutieveBranleur
        • Posté à 08h51 le 04/08/2008
        • Internaute 42089
          ExecutieveBranleur

        Ah ah « Pierre Haski ». Non seulement je trouve votre site anti chinois, mais en plus vous et « xiaolin » avez des problèmes de compréhension. Mon post était évidemment ironique. C’est vous qui conchiez la chine, pas moi.

        Decidemment on rigole bien ici. Je me demande si je vais me lasser avant de me faire virer...

         
        • Lewlill
          Lewlill répond à azerty69
          végéteuse
          • Posté à 09h20 le 04/08/2008
          • Internaute 15858
            végéteuse

          La subtilité de votre second degré m’échappe totalement (ceci n’est pas ironique), ainsi que son caractère humouristique (ce n’est toujours pas ironique). Toutefois, si malgré tout vous souhaitez re-tenter l’experience, il serait utile de signaler votre état d’esprit...

        • lnremoi
          lnremoi répond à azerty69
          hémisphère sud
          • Posté à 09h20 le 04/08/2008
          • Internaute 16404
            hémisphère sud

          « Mon post était évidemment ironique »… évidemment stupide surtout.

        2 autres commentaires
  • Thibaud
    • Posté à 02h45 le 04/08/2008
    • Internaute 21319

    Je suis frappé de voir que beaucoup des « ruelles » de Pékin paraissent désormais très proprettes, quelque peu muséifiées... J’ai gardé des souvenirs de 2001, lorsque j’avais prévu de faire du tourisme en Chine :

    Lien

    et étais resté finalement 15 jours à Pékin, à traîner dans les parcs au petit matin, et surtout dans les hutongs qu’on commençait à détruire : un signe blanc sur le mur, quelques jours pour déménager, et puis les bulldozers... Là dedans des petits vieux qui promenaient leurs oiseaux, des petits magasins pas toujours très reluisants, mais une vie de quartier qui, je crois, échappe complètement désormais (certains quartiers dataient de plusieurs siècles).

  • NouNouiLL
    • Posté à 08h31 le 04/08/2008
    • Internaute 25838

    Oui, enfin cela revient a visité n’importe quelle maison d’une personnalité célèbre qu’elle soit étrangère ou non, cela n’a aucun interet(en dehors même de l’interet de l’oeuvre de cette personne)...
    Ohh un joli panthéon par ci, ohh la maison de Jean Moulin par là...
    Qu’elle est belle l’histoire et la littérature officielle(ou commerciale ou normalisé) des états...

    • Bertrand Mialaret
      Bertrand Mialaret répond à NouNouiLL
      Auteur(e) de l'article Mychinesebooks.com
      • Posté à 09h52 le 04/08/2008
      • Internaute 16700
        Mychinesebooks.com

      Visiter une maison d’écrivain donne des informations et une meilleure compréhension de l’oeuvre ; difficile de sentir certains passages de Lao She sans connaitre les hutongs, sa maison , le mobilier qu’elle contient, l’atelier de sa femme, les photos. De même le mobilier de type officiel chez Guo Moruo explique l’évolution du personnage. Enfin bien que connaissant bien l’oeuvre de Lu Xun, j’ai été stupéfait par la maison du clan à Shaoxing, imposant...
      Quant à la littérature officielle, aux visites des enfants des écoles aux différents musées Lu Xun, cela illustre l’intérêt politique des dirigeants pour la littérature en Chine bien sur mais souligne aussi des références culturelles communes partagées par la population et utilisées dans la vie courante. Cela n’existe pas chez nous et l’on est souvent effondré quand on interroge après quelques années un ex lycéen sur ses souvenirs de littérature. En France, la littérature vit peu dans les mémoires.

      • Addie
        • Posté à 10h59 le 04/08/2008
        • Internaute 40854

        Autant je comprends que vous nous proposiez de nous réfugier dans les hutongs en période d’excitation sportive, autant je ne suis pas tout à fait sure que découvrir le mobilier des maisons d’écrivains soit d’un intérêt majeur pour « sentir » la littérature. C’est intéressant d’un point de vue biographique, mais je ne crois pas que la connaissance de son auteur rajoute beaucoup à un texte. Pour moi, la véridique histoire de Ah Q se passe d’alentours contextuels parce que c’est un grand texte, tout simplement intemporel. Mais c’est un autre débat, cette question des rapports texte/biographie et beaucoup d’autres exemples me monteront que j’ai tort de ne pas beaucoup m’y intéresser.
        D’autre part, quant à ces « références communes » que constitue le corpus des classiques chinois, ça fait pour moi partie d’un patrimoine que la Chine sait bien mettre en avant comme outil patriotique, comme ses sportifs. Le grand lao she, le grand Liu Xiang. Je trouve ça plutôt agaçant. Surtout parce que, quand j’ai pu discuter livres avec des chinois, en dehors de ces classiques, c’est un peu le vide complet. Pourquoi la littérature devrait-elle être du côté de la mémoire (et pourquoi commune) ? En France, peu de lycéens citent victor Hugo, mais pas mal d’entre eux achètent des romans contemporains (polars, fantasy...) C’est un peu plus vivant. Mais bien sûr, je ne sais rien de toute cette littérature non officielle qui circule sous le manteau (sur internet ?) Les étudiants peuvent-ils lire Ma jian, mo yan ? S’ils y ont accès, les lisent-ils ?

         
        • Bertrand Mialaret
          Bertrand Mialaret répond à Addie
          Auteur(e) de l'article Mychinesebooks.com
          • Posté à 11h57 le 04/08/2008
          • Internaute 16700
            Mychinesebooks.com

          plusieurs remarques :
          * je ne crois pas que l’on puisse dire que « en dehors des classiques, c’est un peu le vide complet ».La Chine est le premier éditeur de livres au monde, c’est peu connu et c’est pourquoi j’ai écrit un article sur le sujet ; par ailleurs quand vous entrez dans une librairie en Chine, n’avez vous pas été surpris par la foule de jeunes lecteurs ; enfin allez demander à votre libraire ce qu’il pense de l’intérêt des jeunes pour la littérature et les livres en général, la tristesse de ses commentaires assombrira votre journée ! A mon sens, c’est en Chine que « c’est un peu plus vivant » et c’est encore plus net quand on aborde la littérature sur internet.
          * les étudiants peuvent lire Mo Yan qui est trop important comme écrivain pour être censuré ; quant à Ma Jian , il est interdit en Chine et ce n’est pas son dernier livre « Beijing Coma » , que je suis en train de lire, qui va arranger cette situation car ce ( trop long) roman de 600 pages, qui sort fin aout, concerne Tienanmen !

          • Addie
            • Posté à 12h54 le 04/08/2008
            • Internaute 40854

            alors je suis mal tombée en discutant livres avec les étudiants chinois que j’ai rencontrés. Je n’ai pas vraiment parlé avec des « littéraires » non plus.
            Sinon, bien sûr, ce n’est pas le vide complet en dehors des classiques. La littérature contemporaine chinoise est riche et passionnante, je suis de votre avis, et j’ai hâte de découvrir le dernier ma jian.
            bonne flânerie pékinoise et merci pour vos chroniques.

            • San De-
              San De- répond à Addie
              • Posté à 15h15 le 04/08/2008
              • Internaute 19339

              Ah ! Apprenant la polemique d’un sinologue allemand disant « la litterature chinoise d’aujourd’hui, c’est de la merde », j’ai taté le terrain auprès d’amis.. ; ils ont ete unanime sur la question : « c’est nul », « c’est pourrie », « c’est merdique ».

              La censure et le lavage de cerveau permanent n’aide pas à être créatif. Ajoutez à celà le « businessisation » de toute la culture...

              Question : les auteurs ayant vecu les deux premieres decennis de la rpc, comment s’est fait ressentir la « reforme de la pensée » sur eux ? j’ai besoin de savoir qu’un auteur est libre pour apprecier. Et, je n’aime pas Lu Xun...

              • Bertrand Mialaret
                Bertrand Mialaret répond à San De-
                Auteur(e) de l'article Mychinesebooks.com
                • Posté à 15h39 le 04/08/2008
                • Internaute 16700
                  Mychinesebooks.com

                Votre approche me rappelle certains écrivains soviétiques qui considéraient que la littérature américaine était nulle car elle était totalement soumise « aux forces aveugles du marché » ; rien n’est noir ou blanc dans ce pauvre monde ! ! !

                • San De-
                  • Posté à 18h50 le 04/08/2008
                  • Internaute 19339

                  Ah ben oui, il n’a jamais eut lieu en rpc de reforme de la pensée, pas de « revolution », pas de « xinao », ni de bain... bien entendus, il n’y a jamais en rpc de chasse aux « idées pervers », ni de campagnes « contre les idées droitières »... non, bien entendu, tout ça n’a jamais eut lieu... pas plus que les deportations vers la campagnes, ou les campagnes d’auto-critique... et jamais les lettrés ou ecrivains n’ont ete ostracisé ni classés comme « énnemis de classe »... alors, on m’aurait menti ? Ah, ces chinois qui racontent ce genre de choses, ce sont vraiment des fourbes hein ? !

                  C’est pas parce que je ne suis pas faciné par vtre fond de commerce qu’il faut s’en prendre de cette façon à moi...

              • Xiaolin
                Xiaolin répond à San De-
                • Posté à 16h02 le 04/08/2008
                • Internaute 1264

                Il ne faut pas croire tout ce que les sinologues racontent. Et si vous essayiez de lire par vous même ? Il a pourtant assez d’auteurs traduits en français. Chez Picquier, chez Bleu de Chine, chez Actes Sud, et aussi à l’Olivier, au Seuil, etc. Lisez Yu Hua, Ge Fei, Mo Yan, Bi Feiyu, Yan Lianke, Xu Xing, Wang Chang, Dai Lai, Murong Xuecun... pardon à tous ceux que j’oublie ou que je saute, la liste serait trop longue. Après vous pourrez dire que c’est nul, si vous avez toujours le coeur à ça, mais vous ne pourrez pas dire ce n’est pas riche et varié. Comme disait un ami chinois : justement,si, du fait qu’ils n’ont pas de liberté d’expression, les Chinois réfléchissent beaucoup, ils n’ont pas le choix. Plongez vous dans ce qu’ils disent, vous serez sans doute surpris par la liberté de ton adopté par certains, et par l’acuité de leur critique sociale.
                Plus, en réponse à votre question : pour les auteurs ayant vécu les deux premières décennies de la Rpc, je recommande les souvenirs de Ba Jin, ancien anarchiste ayant résidé et travaillé en France. Vous verrez que les persécutions subies pendant la Révolution culturelle ne lui ont coupé ni son envie de s’exprimer, ni sa liberté de pensée. Au contraire !

                • San De-
                  San De- répond à Xiaolin
                  • Posté à 19h16 le 04/08/2008
                  • Internaute 19339

                  J’ai essayé d’en lire quelques uns, je me suis ennuyé et j’ai décroché au bout de 5 pages pour la plupart. Et si tu lisais ce que j’ecrivais, au lieu de repondre par relex tu verais que j’ai cherché à en discuter avec plusieurs gens, aux yeux bridés, la peau très clair, les cheveux lisses et la nationalité chinoise, et eux sont plus severes que moi...

                  « critique sociale », j’avoue que cette notion me semble être plus un label four tout qu’autre chose, un label à la mode. des « critiques sociales », j’en faisais en expression ecrite au college...

                  Sinon, je cherche des ecrivains chinois, pas des gens effrayés par la violence occidentales et qui pensaient trouver dans les ideologies dogmatiques occidentale les solutions à leurs problemes, et n’y ont trouvé que detestation d’eux même... tu sais, la mentalité du 4 mai 1919...

        • Unstern
          Unstern répond à Addie
          • Posté à 22h01 le 05/08/2008
          • Internaute 26295

          @ Addie (10 h 59)

          Vous portez sur la littérature chinoise une appréciation qui me semble discutable.

          Au-delà des quelques clichés que l’industrie touristique chinoise met en avant pour mieux vendre, il y a une littérature immense, la plus ancienne des littératures vivantes (plus de 3.000 ans, quand même) et qui dépasse en volume n’importe quelle littérature européenne ou américaine. Et encore, on ne compte plus les œuvres qui se sont perdues…

          De plus, bien des auteurs aujourd’hui présentés comme des gloires nationales furent en leur temps des marginaux, voire des opposants : Cao Xueqin, auteur du « Rêve dans le pavillon rouge », Wu Jingzi, qui écrivit la « Chronique indiscrète de la forêt des lettrés », Li Zhi, écrivain et philosophe anticonformiste qui mourut en prison, Liu Zongyuan et Su Dongpo, qui connurent plusieurs fois l’exil, ainsi que bien d’autres… Et si l’auteur du Jin Ping Mei (« Fleur en fiole d’or ») est resté prudemment anonyme, c’est parce que ce roman érotique est aussi une critique impitoyable de la société chinoise vers la fin de la dynastie Ming.

          D’autre part, si toute « grande œuvre » comporte sans doute une part d’ « universel » dont la compréhension ne suppose pas la connaissance du contexte, elle recèle aussi une immensité de richesses dont l’accès reste interdit sans un minimum de connaissances. Je ne crois que les trois romans cités plus haut auraient pu rencontrer un large public en France s’ils n’avaient pas été publiés dans des éditions abondamment annotées, qui éclairent le lecteur sur de nombreux détails (parfois très concrets) de civilisation.

          Cela est également vrai des autres grands romans chinois nés de l’art des conteurs : le « Voyage vers l’Ouest » et « Le Roman des bords de l’eau ». Et tout aussi bien (changeant de civilisation), du « Dit du Genji » ou du « Ramayana ». Ou même du théâtre de Racine ou des « Choses vues » de Hugo…

        8 autres commentaires
    • solstice
      solstice répond à NouNouiLL
      pigiste
      • Posté à 14h49 le 04/08/2008
      • Internaute 38451
        pigiste

      Ben oui, c’est un choix : il y en a qui bronzent avec une bière dans la main libre et d’autres qui visitent le pays en cherchant à le comprendre.

      J’avais un collègue qui se vantait de ne jamais manger autre chose qu’un steack-frites, où qu’ils soient dans le monde... Cela revient « a visité » (sic) n’importe quel fast-food : allez à Pékin rassuré, ils en ont aussi !

  • daniel
    daniel
    daniel
    • Posté à 09h23 le 04/08/2008
    • Internaute 5273
      daniel

    Merci pour ce parcours hors des sentiers battus.
    La prochaine fois que j’irais en Chine, grâce à vous, j’irais rendre hommage à Lao She que j’adore.

  • virginie78
    virginie78
    Éteignez votre TV et apprenez à (...)
    • Posté à 13h31 le 04/08/2008
    • Internaute 25883
      Éteignez votre TV et apprenez à (...)

    De Pékin à Paris

    AU café des Poètes, rue de Bourgogne à Paris, il y avait un soir, un bon poète chinois, qui était en Europe à défaut de pouvoir rester dans son pays natale.

    Il y a clamé quelques uns de ses poèmes. Vraiment surprenantes les sonorités de sa langue natale !
    Heureusement que c’était traduit après :)Très émouvants les textes, profonds et plein de sencibilité.

    Il s’appelle MA DESHENG
    Une p’te bio ici Lien

    un bouquin : Vingt-quatre heures avant la rencontre avec le dieu de la mort

  • Ashel
    Ashel
    écrivain
    • Posté à 16h08 le 04/08/2008
    • Internaute 43787
      écrivain

    Tous ces commentaires sont presque ( !) aussi intéressants que l’article. Ils confirment en tout cas le rapport toujours particulier qu’entretient l’art avec tout cadre social, quelqu’il soit. Ils montrent aussi différentes perceptions de l’écrivain et de la littérature, chinoise ou autre.