04/08/2008 à 08h56

A Marseille, les amoureux ne se bécoteront plus sur les bancs publics

Sara Vidal | Internaute



Les allées de Meilhan, Marseille (Rémi Leroux)

Je voudrais dire de cette ville qu’elle est sotte à défaut d’être cruelle. La ville, je veux dire ses édiles, ses notables, ses aménageurs, ses cellules de vigilance et autres Comités d’intérêts de quartiers.


Mairie des 1er-7e arr., kiosque à musique (R.L.)

9h20 – 28 Juillet- La mairie du 1-7 comme on dit, pour singer le 9-3 de la région parisienne. Devant la mairie (près des « Mobiles »), une large place avec son beau kiosque à musique inutile depuis un début de XXe siècle familial, piéton et militaire, une fontaine, plutôt un bassin d’eau. La place vient d’être refaite. Pourquoi me parait-elle soudain plus large, plus grande ? A cause de la lumière de ce matin d’été ?

Emerge alors cette évidence : plus aucun banc qui pourrait en couper la perspective. Tous les bancs publics en ont été enlevés. Pour s’asseoir, si on tient vraiment à s’asseoir – moi oui parce que ma jambe droite est malade - il reste un ou deux murets en bordure, de bonne longueur et très étroits.

Interdiction de s’asseoir...

10h – 28 Juillet- Les allées de Meilhan, haut de la Canebière. Les arbres sont hauts, feuillus, l’ombre agréable, fraiche. Quelques bars ouverts, des tables en terrasses. Et les bancs pour se reposer un peu, profiter de l’ombre, donner rendez-vous, feuilleter son journal, vérifier quelque chose dans son sac ? Aucun. Aucun jusqu’au bas de la Canebière, et seul un des quais du Vieux Port a bien voulu en accueillir.

Des bancs publics avec deux barres transversales féroces, façon accoudoir, dont la fonction est évidente : interdire de s’y allonger. Au promeneur, au piéton fatigué, à celui qui erre, sont concédés des rebords, des rehaussements devant des portes d’entrée, le cylindre d’une sorte de colonne Morris, les dégradés d’une place.


Les allées de Meilhan, Marseille (R.L.)

Je ne décris pas là un bout de quartier un peu délaissé de la ville parce que lointain. Mais le centre-ville, que dis-je le cœur même du centre-ville ! Ce centre-ville « colonisé » par des petits groupes avinés de SDF, par des jeunes ou moins jeunes mendiantes roumaines en longues jupes scintillantes. Si on pouvait ne pas les attirer, ne pas leur rendre la vie facile !

Mais comment font-ils ailleurs ? A Toulouse, à Paris (promenade au-dessus du boulevard Richard Lenoir), à Lyon (rue de la République) ? Il me semble que pour aller au bout de la logique marseillaise, il serait urgent de supprimer toutes les marches des escaliers de la Gare Saint-Charles, derniers gradins d’un amphithéâtre majestueux en balcon au-dessus de la ville.

Capitale européenne de la culture ?

Le b-a-ba de la culture, c’est l’urbanité, le souci qu’aurait une ville de répondre d’une façon à la fois élégante (travail du mobilier urbain) et conviviale aux besoins les plus simples de ses citoyens et de ses visiteurs : marcher – se reposer - respecter ceux qui sont vieux ou malhabiles ou chargés de paquets ou soumis à la lenteur des poussettes et des enfants ou éberlués de soleil ou fatigués du voyage ou de leur vie.

L’urbanité : le plaisir simple et gratuit de la diversité des piétons, de la marche et de ses haltes, de la conversation impromptue comme elle se tisse encore un peu sur les bancs de l’unique jardin public de ce même centre-ville. L’urbanité : cesser de confisquer de plus en plus d’espace public au profit des terrasses des cafés et des restaurants à qui sont confiés – moyennant argent - les escales des Marseillais et de leurs visiteurs.

Photos : (Rémi Leroux)

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  • 49 réactions
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  • Sam_J
    Sam_J
    Concernée
    • Posté à 13h00 le 04/08/2008
    • Internaute 47587
      Concernée

    Lors de la présentation de la nouvelle Canebière, la mairie centrale avait en effet indiqué (cela remonte à des mois) que la suppression des bancs publics était un choix assumé, afin de favoriser la déambulation et contraindre les malheureux fatigués à s’asseoir aux terrasses des cafés avoisinants. Consommez, consommez, il en restera toujours quelques chose...

    • I.P
      I.P répond à Sam_J
      Flat4
      • Posté à 19h14 le 04/08/2008
      • Internaute 25391
        Flat4

      On dirait que vous avez une équipe municipale encore plus pathétique qu’à Brest, c’est assez difficile à croire.
      Je vous plains...

    • Un compte supprime
      Un compte supprime répond à Sam_J
      nc
      • Posté à 03h56 le 05/08/2008
      • Internaute 21837
        nc

      Nous vivons une epoque ou regnent en maitres absolus les phillistins.

      Action/Reaction : tous les marseillais le 14 aout (Sainte Marie) s’asseront en terrasse des cafes sans prendre de consommation. Merde, qui c’est qui decide ici ! ! ! LE PEUPLE ! ! ! !

  • zorglub
    zorglub
    insulaire en exil
    • Posté à 13h19 le 04/08/2008
    • Internaute 3665
      insulaire en exil

    à force de sommer les cons à débourser pour un coin de détente, la mairie de cet arrondissement de Marseille agite l’épouvantail à badots.

    Le coeur d’une ville grouille de passants qui prennent souvent le temps pour baguenauder et qui apprécient une pause salvatrice sans devoir sortir des picaillons. Ce sont ceux là qui font vivre une ville, pas les technocrates qui sont, merci Coluche, une nouvelle race de feignants.

    S’il n’existe plus de bancs publics, par contre les maquereaux se retrouvent en bandes au conseil municipal sans pour autant être mis au ban de la société !

  • tsafone
    • Posté à 13h34 le 04/08/2008
    • Internaute 9291

    Et bien voilà les premiers pas de la nouvelle dictature décomplexée, pas de travail, pas de droits au chômage, la pauvreté en développement logarithmique. Les riches et aspirants à l’être déploient les barbelés anti pauvres, nous retournons au médiéval.

  • Gandijyn
    • Posté à 13h33 le 04/08/2008
    • Internaute 30465

    y’avait bien un moyen... mettre des piques comme dans les municipalités posent sur les toitures, bordures de fenêtres.. ce que l’on nomme « l’anti-pigeon »...

    Commercialement, c’est pas possible à Marseille. Des pigeons sur deux pattes, il en existe des centaines de milliers en toute saison. Bon plan en effet, de vous voir (devoir ? !) vous installer en terrasse pour consommer...

    Et la mairie, gagnante sur tous les plans ... et de n’avoir plus à employer de personnels-technique (concours A obligatoire + spécialisation), à nettoyer les fientes !

    Pour une meilleure rentabilité, je conseille à la mairie d’imposer un jeton devant l’entrée de chaque bar, avec une temporisation ! ... ce qui s’applique allègrement (sans jeton) à Paris, même quand vous êtes du coin, où gaillardement, le « connard de service » vous demange de « dégager » car votre consommation est vide, et que vous êtes présent depuis 20 minutes !

  • raspoutiine
    raspoutiine
    honorable
    • Posté à 13h59 le 04/08/2008
    • Internaute 43120
      honorable

    La mairesse est très forte pour mettre en place le néo fascisme intrinsèque et inévitable de la droite capitaliste (qui a pour finalité inéluctable le fascisme), il n y a plus de place pour les « salauds de pauvres » en centre ville et bientot il n’y en aura plus en banlieu je suppose que les SS enverrons bientot les salauds de pauvre de l’autre coté de la méditerranée et que peut etre même ils feront couler les bateaux avant leur destination, c’est pas beau le progrès de ces gens qui n’ont plus rien d’humain ? mais quels démons les tourmentent ? ? ? ?

    • Gandijyn
      Gandijyn répond à raspoutiine
      • Posté à 14h22 le 04/08/2008
      • Internaute 30465

      ça ne devrait pas tarder ... l’Italie vient d’envoyer des militaires dans ses rues ! ... Nous savons à quel degré la pollution mafieuse remonte vers PACA !

  • Erwan69100
    • Posté à 13h59 le 04/08/2008
    • Internaute 14567

    Il y a la même chose à Tour où les bancs ont été rabaissés pour que la position assise soit la plus inconfortable possible.

    Circulez y a rien à voir !

    • karlM
      karlM répond à Erwan69100
      Précaire
      • Posté à 17h51 le 04/08/2008
      • Internaute 21378
        Précaire

      pareil au centre de besançon...Quand je pense que je paye ça, ...sans parler des ronds points ;
      On est parti pour le centre ville sans voiture, lisse et propre pour les riches

  • bloozmarch
    bloozmarch
    indocile heureux
    • Posté à 14h00 le 04/08/2008
    • Internaute 15731
      indocile heureux

    Et puis surtout, imaginez que des PAUVRES, des MENDIANTS, des SDF, s’ assoient sur ces bancs, ou pire s’ allongent pour se reposer ou dormir, quelle image de cette ville (et d’ autres hélas...), quelle image de la France, ce serait proprement intolérable !
    Quel beau pays un pays d’ extrême-droite, pour certains en tout cas le choix est de plus en plus clair ...

    • yapadebug
      yapadebug répond à bloozmarch
      • Posté à 16h09 le 04/08/2008
      • Internaute 840

      Vous savez, à Montpellier, ville de gauche, c’est pareil pour les bancs.

      • Les Chats
        Les Chats répond à yapadebug
        En grève du zèle contre le (...)
        • Posté à 17h41 le 04/08/2008
        • Internaute 24526
          En grève du zèle contre le (...)

        C’est pareil dans toutes les villes, j’ai posé la question aux politiques et responsables des transports, car pas de banc non plus pour attendre le bus, réponse à cause des sdf.
        Partout ils les ont supprimés et bétonné les rues.

        C’est lisse, c’est net, mais ça fait vraiment stérile, on dirait des villes sorties d’un livre d’images.

        Tous les centres des villes finissent par se ressembler, elles n’ont plus d’âmes, les gens déambules comme s’ils étaient pommés.
        Plus rien pour que les gens communiquent entre-eux comme le dit si bien dalun.

        Les politicards déraillent gravement et on nous parle de tissus social ?
        Ils se servent de nos impôts pour nous desservir.

    • Ariivaimato
      Ariivaimato répond à bloozmarch
      ...
      • Posté à 18h14 le 04/08/2008
      • Internaute 41432
        ...

      C’est intolérable ! ! ! empêcher les gens convenables de s’assoir à cause des PAUVRES, des MENDIANTS et des SDF ! A la place, je propose qu’à la périphérie de chaque ville on établisse un périmètre autour des quartiers les plus désaffectés dans lesquels on viendrait stocker tous les gens pas convenables qui effraient les touristes et les bien-pensants. Là ils pourraient jouir de l’entre-soi, « l’entre très pauvres » en attendant de mourir gentiment loin de nos yeux sensibles.

      Cachez ces pauvres que je ne saurais voir ! ! !

      • bloozmarch
        bloozmarch répond à Ariivaimato
        indocile heureux
        • Posté à 00h29 le 05/08/2008
        • Internaute 15731
          indocile heureux

        Cachez ces pauvres ...
        Chut, ne parlez pas trop fort, on pourrait vous entendre, ... mais ils y pensent sans doute déjà !

  • A déménagé le 8-10 2
    • Posté à 14h10 le 04/08/2008
    • Internaute 41917
      nc

    Marseille a été une ville accueillante, et le restera malgré ses aménageurs pas urbains.

    QUARTIER D’ÉTÉ

    Le repas au restaurant de l’hôtel achevé, si la petite famille allait prendre le bon air du soir de Marseille, dernière étape des vacances ? Poussée par un reste de mistral, elle quitte donc le Vieux Port et, histoire d’éviter les sentiers battus de la Canebière, avance lentement au fil d’autres rues, étrangement désertes – on est dans le Midi. Le fox trotte devant, peu impressionné par la voix de son maître mais la truffe attirée par tout, vive les poubelles mal fermées et gare au matou qui traîne. Bébé le poursuit sur trois pas puis retourne embrasser sa mère en tunique indienne améthyste un rien épiscopale, sa couleur préférée alors.

    Mais une rumeur de flonflons grandissante attire la petite bande, par zigzags de ruelles, vers les platanes d’une placette colorée de monde : couples attendris, jeunes gens entreprenants, enfants courant de stand en stand sous des guirlandes de lampions galopant d’arbre en arbre, de haut-parleur en haut-parleur. Ça y est, elle a encore trouvé une perle : une fête de quartier, de ceux qu’a peuplés la terre entière venue à travers les mers pour le meilleur et le moins bon, de ceux où la peur de tout et de rien n’a pas encore chassé les noms des boîtes aux lettres, allumé ses caméras de surveillance et orné de digicodes les chambranles des portes blindées à oeilleton. Elle a atteint un îlot de sons et de lumières surnageant dans la léthargie nocturne de ces trop grandes villes où les banques, les fringueries et les cages à bouffe ont envoyé dépérir en banlieue toute une marqueterie de petites gens aux fragiles saveurs. Faute de manger à votre faim – et je ne parle pas que de la nourriture – mangez-vous les uns les autres, et en silence, s’il vous plaît.

    A l’instant la compagnie aspire la famille, à l’instant les jeux l’accueillent : caresses des enfants pour le chien, pêche à la ligne pour Bébé, bourriche à soupeser pour Madame, quizz à trois sous pour Monsieur, animé par un jeune homme col pelle à tarte, cravate à fleurs et costard pattes d’eph. Il leur semble qu’ils n’ont jamais été d’ailleurs : pas de questions, pas de silences, l’enfant passe de bras en épaules :
    – Tiens, il s’appelle Damien, comme moi !
    – Oui Pépé, mais t’as combien de fois son âge ?

    Et pendant longtemps ça leur fera un souvenir tel un diamant : petit, rare, et beau.

  • m a i a
    m a i a
    aquoiboniste
    • Posté à 14h25 le 04/08/2008
    • Internaute 9081
      aquoiboniste

    Pour vous :

    Lienenvoyé par Lien

    Les bancs, Franck Monnet, in Les Embellies.

    Fanent, les rayons du soleil, ces soirées automnales
    Sont longues et légères, dans les allées du parc...
    Zenith va nutant, mon esprit t’accompagne.

    Sur le kiosque on dit Prévert, hier on jouait Mozart,
    Les amoureux s’bécotent au mépris des pancartes,
    Ils ont la main verte, tous les buissons savent ça.

    Faut-il qu’elle aime les bancs...
    Faut-il qu’elle aime les bancs...
    Faut-il qu’elle aime les bancs, pour s’installer comme ça.

    Tonne la clameur désuète de la mini-fanfare
    Qui sous les grands mélèzes, invite les trainards,
    flotilles indolentes, à emboiter son pas.

    Comme les portes toutes se ferment,
    sans joie mais sans malaise, des gardes fouillent le parc, des fois qu’on néglige le rituel vespéral...

    Faut-il qu’elle aime les bancs...
    Faut-il qu’elle aime les bancs...
    Faut-il qu’elle aime les bancs, pour y rester comme ça.

    Faut-il qu’elle aime les bancs...
    Faut-il qu’elle aime les bancs...
    Faut-il qu’elle aime les bancs, pour s’agripper comme ça !

     : -D

    maia, monnette aussi.

  • adaunis
    • Posté à 14h39 le 04/08/2008
    • Internaute 4255

    C’est vrai que dans nombre de villes, vivant entre autres du tourisme, la contribution des « spécialistes » de l’aménagement Urbain ne concourt pas à être « amoureux ».
    « Des bancs publics avec deux barres transversales féroces, façon accoudoir, dont la fonction est évidente : interdire de s’y allonger. »
    Un grand poète n’aurait jamais pu s’exprimer dans ce décor là :

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 14h41 le 04/08/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Excellent article . Peut etre le meilleur de Rue89 depuis longtemps .
    Rubrique à créer « Fractales » : les fractales representatives de cette nouvelle société délirante et egoiste ..
    Et Dieu (et la bonne mère) sait si Marseille est encore une ville humaine , si on la compare à ce qu’est devenue en vingt ans Paris Intra Muros ..

    • miremond
      miremond répond à Numerosix
      • Posté à 18h11 le 04/08/2008
      • Internaute 34942

      le centre ville de marseille commence à ressembler à tous les centres ville du monde avec les bacs à fleurs et les boutiques de marques dans les rues piétonnes
      quant à l humanité oon la trouve plus dans les quartiers que dans le centre ! ! !
      sur le cours d estienne d orves il n y a non plus jamais eu de bancs ....
      je pense que nous devons réagir pour rendre notre ville accueillante

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 15h08 le 04/08/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    En tant que grand utilisateur de bancs publics, je ne peux être que solidaire de votre cause.
    Que serait la vie si on n’avait ces bancs sur lesquels le promeneur fatigué comme le joggueur exténué
    peuvent se reposer ? Où pourrait-on manger son délicieux sandwich crudité ou son kebab bien encombrant ?
    Comment pourrait-on être à l’aise pour discuter longuement ? Ou encore rouler son joint et boire sa canette
    sans être géné par les cahots de la marche ? Et où pourrions-nous mettre nos vieux à sécher quand vient le printemps ?

    Camarades, unissons nous en banc et ensemble mettons au ban ces trites tyrans de la position debout !

  • dalun
    • Posté à 16h11 le 04/08/2008
    • Internaute 29964

    où sont les bancs ? où ? , rendez les bancs ! Les ont ils regroupés dans des centres de rétention de bancs , des bancs de tout pays , de toutes couleurs , en fer forgé , en bois lazuré ,hêtre , châtaignier , chêne ,même en plastique ...
    Les bancs créer t’ils un trouble à l’ordre public ?
    Peut être veulent ils expulser les bancs ? C’est vrai que assis l’humain parle , observe , rêvasse ( dangereux ), s’endort , que sais je encore ! ! !
    A tous les décideurs , les créateurs de ce vide urbain , supprimez vos chaises une journée , et ... ressentez ! si si , vous avez vous aussi le droit de rester debout en permanence . ! ! ! ? ...merci pour cet article .. !

    • Gandijyn
      Gandijyn répond à dalun
      • Posté à 18h01 le 04/08/2008
      • Internaute 30465

      à partir du sud de la Méditerranée, jusqu’au pays du soleil levant ... il est une économie de mobilier : on s’assoie sur les talons ou en tailleur ! ...

      à priori, c’est une consigne sur le plan national ... Il ne reste plus qu’à le faire appliquer au Champ de mars, et dans toutes les grandes demeures de l’Etat, avec d’immenses jardins (publics ?)...

      Le jour où l’on verra refleurir les bancs, alors il sera un bon signe de société : il n’y aura plus de sdf, ni de pauvres ( ?)...

      • Ariivaimato
        Ariivaimato répond à Gandijyn
        ...
        • Posté à 18h20 le 04/08/2008
        • Internaute 41432
          ...

        très bonne idée ! ! ! mais sur les pavés c’est tendu quand même ... : (
        et puis il feraient couper les talons des SDF si ça pouvait les empêcher de s’asseoir ...

         
        • Gandijyn
          Gandijyn répond à Ariivaimato
          • Posté à 19h42 le 05/08/2008
          • Internaute 30465

          Avant de leur couper les talons, ils couperont les tendons :

          Nécesité pour que les salauds de pauvres, et sdf puissent se rendre à la soupe populaire, à 95% géré par des bénévoles, ... seul moyen de les contrôler

          D’ailleurs, ça va plus loin : projet de couper les tendons des bras, pour éviter les quêtes et « faire la manche »... les prochaines soupes populaires seront servies à l’entonnoir, comme les « veaux en salle » (les agriculteurs comprennent !) - ou encore en intra-veineuse (mais c’est plus cher, et faut déployer du personnel paramédical !)

        1 autres commentaires
  • cleem
    cleem
    ah bon ?
    • Posté à 16h14 le 04/08/2008
    • Internaute 49736
      ah bon ?

    Ouais par contre dans l’aire de jeux du cours julien, ils ont viré les bancs et les ont remplacé par des fauteuils à une place pas très confortable, alors pour s’assoir à plusieurs c’est pas bon. Mais pour les petits c’est mieux car depuis y’a plus de canettes ni de flaque de gerbe, ni crottes de chiens car il y a un petit loquet qui ferme la porte.

  • Deborah
    • Posté à 16h16 le 04/08/2008
    • Internaute 3584

    Dans mon quartier il y a longtemps que les bancs publics ont été supprimés, parfois même à la demande d’un restaurateur : le banc en face de son restau. il parait que ça n’était pas convenable. Il y avait souvent des SDF et ça coupait l’appétit, c’est ce que j’ai cru comprendre, aux braves gens.
    Et dans le square d’à côté, où les travaux ont là encore, effacé les bancs, il y a eu un temps cette pancarte, bien en vue : « Brassens, réveille-toi »...

    • key largo
      key largo répond à Deborah
      vit en Floride
      • Posté à 06h18 le 05/08/2008
      • Internaute 49771
        vit en Floride

      C’est où ton quartier, au Père Lachaise ?

  • okras
    okras
    au soleil
    • Posté à 16h41 le 04/08/2008
    • Internaute 46497
      au soleil

    .... idem a nîmes, les bancs sont remplacés petit a petit par des cubes de bétons, tres tres chauds en été et glacés l’hiver, on ne plante plus du tout des micoucouliers ombrageux mais des palmiers ( symbole de la ville ).... mais par contre on ne sait pourquoi, les cameras de surveillances poussent a vue d’oeil ...et des tonnes de beton remplacent les pelouses...

    Fournier (maire de nimes), Gaudin (maire de marseilles), nicolas ( maire de france ) >>>> même combat ! ! !

  • Addie
    • Posté à 16h47 le 04/08/2008
    • Internaute 40854

    Heureusement, dans le centre ville, il y a tous ces jardins publics dans l’herbe desquels on peut s’asseoir, se coucher et se bécoter !

  • zénon denon 84
    • Posté à 16h49 le 04/08/2008
    • Internaute 30028
      Bonne

    C’est vrai que toutes ces observations
    sont le bon sens même .Que le réveur ,
    le passant fatigué (jme demande si cela existe
    encore !)voire la mamy qui fait sa petite pause ! !
    n’auront plus qu’à penser
    Qu’on se fout du citoyen,ordinaire ,simple ,
    qui vit tant bien que mal dans ce centre...
    A côté du kiosque ,qui ne sert plus à rien .
    Bon c’est vrai que les habitants des 6 et 7 ème
    ont une chance inouie ,eux .Ils ont des bancs
    sinueux et en béton ,tres long ,et tout
    le long (en partie) de la corniche...
    Qui plus est face à la mer .
    Quelle chance,
    Quelle vue .

  • Eric citoyen
    Eric citoyen
    « Casse ta tv » c'est ta seule (...)
    • Posté à 17h38 le 04/08/2008
    • Internaute 5352
      « Casse ta tv » c'est ta seule (...)

    Bonjour à toutes et tous,

    On a affaire à une sacré bande de fada ... à Marseille .

    Le cagnard a flingué la tête des élus ! ! !

    Un nouveau cri de ralliement ... libérez les bancs ! ! ! !

    Sinon ... plus de pastaga .

    Bésitos

    Eric Bloggeur Mulhousien

    Lien

    PS : Bientôt de retour au pays ça va chauffer .

  • Alexad
    • Posté à 17h57 le 04/08/2008
    • Internaute 8145

    Un article intelligent merci ! !

  • Overtinou
    Overtinou
    Chômeur
    • Posté à 18h32 le 04/08/2008
    • Internaute 49477
      Chômeur

    Excellent article, très joliment écrit. Le journalisme c’est aussi de la littérature et c’est bien de sentir l’émotion au fil des lignes a travers ce temoignage.

    Quant au contenu, encore un petit signe qui montre que nous n’allons pas dans le bon sens. Moins de banc pour plus d’argent, au diable les pauvres et les défenseurs de la gratuité, au diable les rêveurs et les poêtes : vous êtes tous des consommateurs.

    Encore une fois l’esthétisme de l’article contraste si joliment avec l’information qu’il en devient fort sans jamais être agressif.

    Merci !

  • Luciole-
    Luciole-
    étudiante
    • Posté à 21h37 le 04/08/2008
    • Internaute 49756
      étudiante

    Il ne faut pas oublier que la canebière a été entièrement refaite SANS piste cyclable, faut vraiment le faire au moment même on essaie d’installer le vélo dans la ville. Ajoutez à cela les transports en commun qui s’arrêtent à 21h, les stations de Velo qui ferment la nuit, le tout nouveau tramway qui suis le parcours du métro et vous aurez une ville à la qualité de vie sans égale ! Tout ça en dépensant l’argent que la ville n’a pas...

    • folamour
      folamour répond à Luciole-
      • Posté à 11h00 le 09/08/2008
      • Internaute 27480

      Mais la ville en veut, des sous, elle cherche à attirer ceux qui en ont en leur vendant le littoral : tour CMA-CGM, horrible verrue, quand on arrive en ville, qui concurrence même la « bonne mère », c’est dire la mégalomanie de son propriétaire !
      L’Hotel Dieu face au vieux port, bradé pour un hôtel de luxe, Giraudon aux Catalans pressenti pour un 5 étoiles-balnéo, en coupant la vue aux hlm qui sont juste derrière ( vous ne voudriez pas quand même laisser la vue sur la mer aux miteux qui ne payent pas beaucoup d’impots !), projet d’aménagement du Mont Rose, évacuation des cabanoniers, ect ect....
      La ville s’ouvre au capital, elle lui offre ce qu’elle a de mieux, son littoral, elle rêve de luxe...
      Elle a successivement vidé les quartiers autour du port de ses pauvres. Il reste à remonter un peu plus haut sur la Caneb, et « réhabiliter » les quartiers environnants, on sait ce que ça veut dire...
      Certains de ses habitants la suivent dans cette voie et sont contents. Ceux-là iront peut-être en balnéo, si ils en ont les moyens comme l’aurait annoncé le maire.
      Mais Marseille n’a jamais bien longtemps accepté de faire allégeance, on verra si elle reste fidèle à elle-même, si elle accepte de se faire déposseder sans broncher.

  • barbara44
    barbara44
    rédactrice
    • Posté à 22h07 le 04/08/2008
    • Internaute 35678
      rédactrice

    La dictature des bancs est partout ; y compris dans les aéroports et les gares où l’on doit parfois attendre très longtemps ! Leurs « accoudoirs » qui n’ont d’autre fonction que d’interdire les postures odalisques.
    Dans certains pays qui n’ont pas encore succombé à la suppressionnite, on indique sur certains bancs : « banc de causette », qui permet à ceux qui ont envie d’un échange de s’y poser un instant comme des pinsons sur le fil du téléphone...

    Généralement, la suppression des bancs s’accompagne d’une invention tout aussi redoutable : celle des architectes-urbanistes qui ont inventé les « jardins minéraux », à savoir mini-verdure mais maxi-béton/bitume, avec barrières façon Sing-Sing (tag impossible)et escaliers « en caillebotis de fer » au prétexte qu’ils restent toujours propres et ne sont donc pas glissants en cas de pluie. Ah, la sécurité, mamelle de notre société.

    Qu’ils sont devenus tristes, tant de nos espaces à vivre, si mal qu’on les évite désormais. Mais c’est peut-être voulu : plus besoin de rondes d’hirondelles à pied ou en vélo, puisque c’est désert ! Et si tu t’ennuies, mets-toi donc devant ta télé qui te parlera de la vraie vie !

  • akesbi
    akesbi
    méli-mélo méditatif
    • Posté à 22h54 le 04/08/2008
    • Internaute 43199
      méli-mélo méditatif

    Bling-bling à Paris, bancs au ban à Marseille, l’été est chaud ! !

    Sus aux suceurs (de glaces) et aux bouffeurs : faut maintenant rentrer, dans un café, dans un restau, dans une franchise quelconque .......je sais pas moi : faites-vous couper un tif chez David, Mademoiselle, achetez un chou-chou chez Zara .........mais de grâce, NE TRAINEZ PLUS dans les rues et sur les places. Que diable ! : un peu de solidarité, améliorez le pouvoir d’achat des gérants de ces beaux magasins que nous vous installons au coeur des villes ......
    L’avenir de la France est entre vos mains et vous ne le savez même pas !

  • albert prékère
    albert prékère
    pouet-pouet
    • Posté à 00h09 le 05/08/2008
    • Internaute 49762
      pouet-pouet

    Les bancs ! Les bancs ! V’là qu’on veut sauver les bancs ! Je suis prêt à parier que les « bancs » en leur temps, été « mis en place », « inventés »...pour les mêmes raisons pour lesquelles aujourd’hui on les supprime et pour lesquelles, hier, on les a équipés d’accoudoirs centraux : tenir en bride les citoyens, s’occuper de leurs déplacements et de leurs attitudes ! Ils n’en auront jamais rien à faire les « édiles », les « aménageurs », « notables » et autres zigotos : ils ne penseront toujours qu’à bien ASSEOIR LEUR PROPRE POUVOIR ! Il n’y a rien à attendre d’eux ! Et c’est malheureusement toujours par le détournement que se fait le « bien public »...
    Pas de la sottise mais bien de la cruauté : la cruauté du pouvoir !

  • AbdulAziz
    AbdulAziz
    PEINARDE
    • Posté à 07h02 le 05/08/2008
    • Internaute 24536
      PEINARDE

    Sur qu’on ne perd pas des annees d’accumulations de la betise humaine,repression,interdiction.Vous voulez tater de la discipline de Singapour.Grand etat,losange tropical de 40X30km,ou il faut payer pour passer d’un quartier a l’autre en voiture.A Marseille : il est interdit de ne pas etre devant sa tele,apres 19h00.Sauf si les fouteux sont au Stade Velodrome.Plus de poubelle : raison : VIGIPIRATE. Plus de banc public,raison : Ils ont qu’a rester chez eux.Les clochards : Y en a pas...Pauvres mecs ! ! ! Tuez la base de la nation, y a que ca de vrai...Pauvres mecs ! ! !

  • yogi 22
    yogi 22
    retraité
    • Posté à 10h04 le 05/08/2008
    • Internaute 48598
      retraité

    encore et toujours !
    le pouvoir de décision aux mains des incapables !
    vive la flanerie,le réve,la lenteur,la paresse !
    et il faudrait aussi penser aux personnes agées !
    c’est quand méme incroyable ! ce sont toujours les bons à rien qui ménent le monde !

  • patjoliette
    patjoliette
    fait son possible
    • Posté à 12h20 le 05/08/2008
    • Internaute 49788
      fait son possible

    Ça fait longtemps que je me pose la même question à propos de l’absence de bancs publics à Marseille. Je la constate tout les jours Place de la Joliette, reconstruite il y a une dizaine d’années sans bancs, sans lampadaires non-plus ce qui en fait le soir un lieu sordide, l’éclairage venant du sol, mais c’est une autre histoire.

    Moi c’est l’absence de vespasiennes qui me dérange, elles ont toutes disparues ça fait plus longtemps que les bancs, peut-être pour lutter contre l’homosexualité, qui sait, du coup la ville pue la pisse...

  • saxaphone
    • Posté à 12h34 le 05/08/2008
    • Internaute 22621

    très bel article qui a travers ces suppressions des « bancs » et pas qu’a Marseille pointe d’une société ou l’humaine n’a plus sa place même pour s’asseoir ou il faut faire vite « s’arrêter c’est perdre son temps » et que « le temps c’est de l’argent » ou le reposoir n’a pu ça place tant pour l’homme fatigué par le travail, la mère portant son enfant dans les bras, ou le simple promeneur voulant profiter du temps qui passe, les amoureux de Brassens,........et pour accueillir parfois ceux de plus en plus nombreux qui sont eux « AU BAN » de la société. Merci pour ce moment de poésie urbaine....

  • Cornegidouille
    Cornegidouille
    ingénieur études à Arles
    • Posté à 13h29 le 05/08/2008
    • Internaute 26953
      ingénieur études à Arles

    À la fin des années 60 ou au début des années 70, on a vu dans de nouvelles stations de métro parisien (Nation relookée peut-être) les bacs en bois disparaitre au profit de trucs cloisonnés. Et je me rappelle d’un article virulent de Cavanna dans Hara-Kiri Hebdo (de mémoire) sur les pipotechniciens des ministères qui étaient payées grassement à imaginer des moyens destinés à empêcher les clodos de s’allonger sur les bancs !
    Trente ans après, la connerie banchique (ou bancale) débarque à Marseille. On devrait lancer une journée mondiale de lutte contre la connerie et les couillons !
    PS : on a le doit d’amener son pliant quand même ?

  • AG
    AG
    • Posté à 15h05 le 05/08/2008
    • Internaute 21022

    banc public ,banc public
    ah Brassens ne revient pas
    tu aurais mal au coeur
    les amoureux qui se bécottent
    allez bécottez vous quand même

  • Armelle_Marseille
    Armelle_Marseille
    citoyenne à Marseille et (...)
    • Posté à 11h33 le 06/08/2008
    • Internaute 39513
      citoyenne à Marseille et (...)

    Peut être faudra-t-il aussi supprimer les porches d’immeubles, dernier refuge des populations devenues indésirables et qu’il faut rendre invisible à tous moyens.
    La disparition des bancs (merci pour ce bel article) est effectivement un des symptômes les plus visibles de ce qui arrive à notre ville : il faut y consommer, les seuls visiteurs dignes d’intérêt ( je l’ai entendu dans la bouche d’un conseiller municipal de la précédente mandature Gaudin) sont ceux capables de dépenser 500 euros dans la journée d’escale qu’ils feront à Marseille, et il faut faire disparaitre les pauvres de tout poil.

    Alors marseillais en rupture de bancs , créérons-nous un collectif pour le retour des amoureux dans le centre ville ?

  • punky
    punky
    ni jah ni maitre
    • Posté à 04h14 le 07/08/2008
    • Internaute 47624
      ni jah ni maitre

    Ils sont merveilleux ! Au lieu de mettre des poubelles prés des bancs... ben ils les ont supprimés ! ! !
    Toute façon qu’est-ce que t’a envis de te pauser sur la Canebiere ? (pour regarder le tram passer ?)
    « Marseille s’est vendu à un bandit qui lui a volé ses nuits blanches....et ses bancs » Tiens ça m’rappelle « Paname » y’a quelques années ?
    Et puis de toute façon,on le sait les bancs sont squattés par les « SDF » et ça fait tache si on veut être « Capital Européenne de la culture »

  • Esgalduin
    Esgalduin
    tapoteur de clavier
    • Posté à 11h05 le 07/08/2008
    • Internaute 49952
      tapoteur de clavier

    A Marseille :
    Pas besoin de banc, on a les cafés,
    Pas besoin de piscines l’été, on a la mer,
    Pas besoin de jardins, on a les Calanques,
    Pas besoin de bibliothèque l’été, on a la FNAC (ouverture de 11h à 18h du mardi au vendredi ! Si tu travailles, prends des congés... toujours dans l’idée d’être capitale culturelle).
    C’est à se demander comment le budget municipal / intercommunal peut être dans le rouge !

    Post scriptum : en bas de chez moi, j’avais un banc, maintenant, j’ai un parcmètre

  • punky
    punky
    ni jah ni maitre
    • Posté à 13h44 le 07/08/2008
    • Internaute 47624
      ni jah ni maitre

    ben gare s’y ta voiture si tu en possède une et assie toi dedans ! ! Tu peux même y inviter 4 autres personnes.
    ça s’appelle le « Co-banturage »