Dans le retro, avec l'INA 04/08/2008 à 12h20

Quand Soljenitsyne bouleversait la France et le monde

Zineb Dryef | Journaliste Rue89


A 89 ans, après avoir été au front pendant la Seconde guerre mondiale, subi les privations du goulag et réchappé à une tumeur développée dans ce même camp, Alexandre Soljenitsyne est mort dimanche. Avec l’Ina, récit d’une vie de dissidence qui a bouleversé la Russie, la France et le monde.

1941. A Morozovsk, un jeune professeur d’astronomie et de mathématiques, féru de philosophie et de littérature, est mobilisé puis envoyé au front. Dans sa correspondance, il qualifie Staline de « caïd ». Alexandre Soljenitsyne est alors condamné à huit ans de camp de travail et de redressement. Ce n’est qu’en 1956 qu’il sera réhabilité par un tribunal.

En 1962, alors que l’URSS se déstalinise, la revue Novy Mir publie « Une journée d’Ivan Denissovitch ». Enorme retentissement pour ce récit relatant la détention d’un paysan au Goulag. L’URSS est secouée et le monde occidental découvre les camps soviétiques. Le journaliste Max-Pol Fouchet s’interroge à l’écran : « Jamais un texte ne mettait ainsi noir sur blanc devant ses lecteurs l’horreur des camps de concentration en Russie soviétique. »


Les horreurs infligées à des millions d’hommes sous Staline sont au centre d’un autre gigantesque projet littéraire d’Alexandre Soljenitsyne. Qui aura du mal à le faire publier. En URSS, où il vit toujours, des perquisitions ont lieu chez ses amis, certains de ses manuscrits sont saisis par le KGB. L’écrivain, désormais prix Nobel (1970), continue sa lutte. Il interpelle publiquement les intellectuels soviétiques. Il dérange. En dépit de la surveillance dont il fait l’objet, Alexandre Soljenitsyne fait parvenir son oeuvre majeure à Paris.

En 1973, le premier tome de « l’Archipel du Goulag » est publié aux éditions YMCA-Press, dirigées par Nikita Struve. Fresque détaillant la vie d’un camp, l’ouvrage provoque une onde de choc. En URSS d’abord. Alexandre Soljenitsyne est arrêté, déchu de sa nationalité soviétique et proscrit. Il est envoyé par avion spécial en Allemagne fédérale. En France, le nom de Soljenitsyne enflamme les débats à la télé.

En 1974, le leader du PCF, Georges Marchais, revient ainsi sur le cas Soljenitsyne qui, manifestement, le gêne : « Un écrivain comme Soljenitsyne aurait la possibilité, chez nous, de publier son livre. »


La France se déchire sur les plateaux télé. Certains observent le message très anticommuniste de Soljenitsyne -qui va jusqu’à ne pas condamner la dictature espagnole. D’autres accusent la gauche intellectuelle de fermer les yeux. Au cours d’une émission télé, André Glucksmann bondit et s’en prend à un journaliste de l’Humanité pour son silence : « Vous avez informé vos lecteurs de ce qui se passait en Union Soviétique ? “


En 1978, Alexandre Soljenitsyne, qui vit dans le Vermont, aux Etats-Unis, prononce un discours sévère sur l’Occident depuis l’université d’Harvard. Il évoque le ‘bazar idéologique’ de l’Est et le ‘bazar mercantile’ de l’Ouest. Sa russophilie apparait plus forte que jamais, il ne s’en départira pas. Pour Jean Daniel :

‘Si l’on voulait savoir ce que signifie ce mot galvaudé de ’charisme’, un ascendant qui s’impose dans l’instant, un magnétisme qui accompagne les idées les plus simples, il n’y avait qu’à regarder Soljenitsyne à la télévision.’

Lors de ses participations aux émissions françaises, l’écrivain russe aborde sa détention, sa Russie qu’il vénère, son orthodoxie mystique. L’homme est monumental. Ce ‘possédé du réel’ est raconté dans un numéro d’Apostrophes par Bernard Pivot :


Autre sujet à controverse : son supposé antisémitisme. Dénoncé une première fois dans les années 70, le thème était repris par Jean Cathala, qui notait que l’écrivain avait délibérément choisi dans l’Archipel de mettre en valeur les noms juifs des fondateurs du Goulag, en taisant ceux des écrivains d’origine juive assassinés par Staline. Lors de la publication, dans les années 2000, de ‘Deux siècles ensemble’, histoire des relations entre Juifs et Russes de 1795 à 1995, le caractère antisémite de ses recherches est à nouveau pointé.

Avec la Perestroïka, Alexandre Soljenitsyne sent approcher le moment de son retour en Russie. En 1989, l’Archipel est enfin publié en URSS. L’ouvrage ne circulait jusque-là qu’au marché noir :


Ce n’est qu’en 1994 qu’il peut rentrer en Russie. Un accueil triomphal lui est réservé par la population, mais Alexandre Soljenitsyne reste pessimiste :


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  • johnGalt
    johnGalt
    libre penseur
    • Posté à 16h59 le 04/08/2008
    • Internaute 44458
      libre penseur

    A propos de la russophilie de Soljenitsyne :

    Deux autres ecrivains russes que j’ai lus, Tolstoi et Dostoevski me semblent aussi tres russophiles. S’ils avaient vecu a la meme epoque que Soljenitsyne leurs positions auraient pu etre similaires. Je pense qu’ils auraient aussi deteste le « bazar mercantile » de l’ouest. On les aurait traites de reactionnaires.

  • Paff
    Paff
    Citoyen lambda
    • Posté à 17h01 le 04/08/2008
    • Internaute 9378
      Citoyen lambda

    Je trouve toujours dommage de faire l amalgame entre le communisme (le socialisme) et la dictature stalinienne... qu y avait il de socialiste la dedans ? surement rien mais dans l opinion c est assimile comme tel.
    Effectivement parlons aussi aujourd hui des dictaures mercantiles...
    Avouons qu il etait un ecrivain de genie, j aimerais qu un jour un autre puisse avoir le meme impact en parlant des dictatures capitaliste qui sans enfermer les hommes dans des goulags les enferme dans des vies sans gouts...

  • D_Collin
    • Posté à 17h34 le 04/08/2008
    • Internaute 2948

    « le premier à avoir dénoncé le Goulag »... Depuis ce matin, cette chanson revient en boucle ! Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose. Tous ceux qui connaissent un peu l’histoire savent que la dénonciation du système stalinien et de ses camps de travail date de bien avant la 2e guerre mondiale. Victor Serge avait tout dit. Et peut-être avant lui Anton Ciliga (« Au pays du mensonge déconcertant »). Les trotskystes, les anarchistes et les groupes ultra-gauche avaient édité une littérature vaste. Mais évidemment pour les propagandistes et les maîtres du lavage de cerveau, il faut que tout commence avec cette vieille ganache réactionnaire de Soljenitsine. Les rendeurs d’hommage, les Sarkozy, Kouchner, Glucksmann et tutti quanti, pensent-ils, comme Soljenitsine, qu’il faut tuer les Tchétchènes, pensent-ils que la devise « liberté-égalité-fraternité » est intrinsèquement perverse, comme l’a déclaré le héros du jour à l’un de ses passages en France.

    On pourrait rappeler aussi que beaucoup des adorateurs actuels de Soljenitisne, qui sont assez âgés pour avoir pu militer dans les années 60 et début 70 pour la défense des dissidents soviétiques ou tchèques, regardaient ailleurs quand on leur proposait d’agir, de manifester, de pétitionner, de demander au président français d’intervenir pour la défense de Medvedev, Pliouchtch, Sakhavov, ou encore Piotr Uhl et Havel, etc. Les Glucksmann et autres donneurs de leçons (amusez-vous à faire la liste des ex-maoïstes dans les notables bouffis d’aujourd’hui), après avoir été des défenseurs du goulag soviétique sont devenus des défenseurs du goulag chinois.

    Cette logorrhée apologétique est vraiment répugnante.

    • Cornegidouille
      Cornegidouille répond à D_Collin
      ingénieur études à Arles
      • Posté à 12h47 le 05/08/2008
      • Internaute 26953
        ingénieur études à Arles

      l’Archipel du Goulag est un travail énorme de sauvegarde et réhabilitation d’une foule d’anonymes broyés (ou non) par la bureaucratie stalinienne (et la suite).
      Grâce à lui en France, la réalité du Goulag est devenue quelque chose d’admis.
      Et il n’est pas responsable de l’aveuglement ou de la veulerie (ou de ...) de beaucoup d’intellectuels français.
      Sinon tout à fait d’accord, ceux qui voulaient savoir le pouvaient dès avant la seconde guerre mondiale.

    • pilar
      pilar répond à D_Collin
      RETRAITE
      • Posté à 17h28 le 05/08/2008
      • Internaute 49817
        RETRAITE

      Bravo ! C’est incroyable que tant de pseudos historiens ou philosophes puissent falsifier l’histoire avec une telle arrogance.
      Merci d’avoir rappelé que des milliers de personnes et des militant(e)s se réclamant du communisme ou de l’anarchisme ont été fusillés, déportés torturés pour avoir dénoncé ce systéme crapuleux et stalinien. Merci encore.

  • otto didakt
    otto didakt
    citoyen en colère
    • Posté à 17h51 le 04/08/2008
    • Internaute 19852
      citoyen en colère

    et pour ceux qui ne connaissent cet homme que de nom et veulent découvrir le grand écrivain Soljenitsyne sans se faire peur avec un gros pavé, je suggère « une journée d’ivan denissovitch !

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 18h32 le 04/08/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    François Bayrou, président du Mouvement démocrate (MoDem), a évoqué la « gratitude de toute une génération » envers Alexandre Soljenitsyne

    « gratitude de NOTRE génération » ? Y va pas mieux , Bayrou :

    Qui d’entre nous s’est fait chier à lire les chef d’œuvres de ce ridicule nain de jardin géant et chafouin : L’ Archi pelle à nougat , Une journée d’ Ivan Rebroff ou le pavillon des cons sérieux ?

    C’est marrant , pour les medias occidentaux hyper libéraux , tous ceux qui ont contribués à faire tomber le mur de Berlin sont des écrivains ou des Papes Polonais ou des gros cons d’ hommes de fer à moustaches absolument géniaux ..

    • Millecalottes SARKASTIK
      Millecalottes SARKASTIK répond à Numerosix
      Variable
      • Posté à 18h54 le 04/08/2008
      • Internaute 44768
        Variable

      La « bravitude » serait contagieuse ? [Bigre ! ]
      Y’a quelque chose qui cloche là dedans, j’y retourne immédiatement ! ! !

      Cordialement

    • Polydamas
      Polydamas répond à Numerosix
      • Posté à 19h56 le 05/08/2008
      • Internaute 29788

      J’ai moins de 30 ans et je les ai lus, imbécile.

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 18h44 le 04/08/2008
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    @ numéro 6 t’a l’air en forme

  • compte supprimé 13
    • Posté à 19h21 le 04/08/2008
    • Internaute 10266

    sans vouloir en aucune manière minimiser le rôle de cet homme, je serais plus prudent que votre affirmation qui le rend « responsable » de la découverte du Goulag en Occident.

    Le premier camp date des années 1927/28 dans les îles Solovetski en Mer Blanche.
    Les premiers secrétaires du PCF (Thorez et Duclos) dans les années 60, n’ignoraient pas l’existence de ces camps, et les responsables politiques non plus.
    N’oublions pas que dès 1940, des Biélorusses, Polonais, Ukrainiens, Baltes, Moldaves, etc. ont été déportés dans ces camps.
    Sans parler des prisonniers de guerre Allemands ou Français (quelques « malgré-nous ») qui passèrent des années dans cet univers - quand ils s’en sont sortis.

    Alors d’accord avec vous le « grand public » a peut-être appris cela en 1962 mais les dirigeants d’occident savaient.

    • Polydamas
      • Posté à 17h45 le 05/08/2008
      • Internaute 29788

      Bien sûr qu’ils savaient. Mais :
      - ils se couchaient face aux communistes, cf Yalta.
      - les seuls osant l’ouvrir étaient immédiatement taxés d’extrémisme et de nazisme par tous les nombreux porteurs de valises que les intelligentsia occidentales comptaient.

  • Guy Valte
    Guy Valte
    Parisien abonné au gaz
    • Posté à 21h28 le 04/08/2008
    • Internaute 24462
      Parisien abonné au gaz

    Et bien maintenant qui va dénoncer la dictature Chinoise ? Parce que ça va sacrément résister pour admettre que le « miracle de développement » ce fait en montant sur les cadavres.

  • sam09
    • Posté à 23h11 le 04/08/2008
    • Internaute 783

    Et Soljenitsyne et Pinochet, qu’en fait-on ?

  • sam09
    • Posté à 23h34 le 04/08/2008
    • Internaute 783

    La revue « Socialisme et Barbarie » a dénoncé le stalinisme bien avant lui. Mais c’était une revue très engagée à Gauche. C’est pourquoi elle n’a pas été relayée. Mais l’information existait. Il a fallu attendre ce réac pour que les medias occidentaux s’emparent de l’affaire.

  • Compte supprimé le 4 janvier 3
    • Posté à 23h59 le 04/08/2008
    • Internaute 41144

    André Gide, « Retour de l’URSS » : 1936
    Arthur Koestler, « Le Zéro et l’infini » : 1941
    George Orwell, « La Ferme des animaux » : 1945 - « 1984 » : 1949
    Victor Kravtchenko, « J’ai choisi la liberté » : 1946
    Arthur London, « L’aveu » : 1968

    Pour ne citer que quelques-uns des plus célèbres...

    Il fallait être sourd, muet et aveugle pour défendre cette idéologie criminelle. Soljenitsyne - en plus d’avoir été un écrivain de génie - a eu l’immense mérite de lui porter les coups définitifs.

    Ach, Georges Marchais défendant l’URSS : un morceau d’anthologie ! Le communisme a vraiment été la manipulation du XXè siècle.

    • sam09
      • Posté à 00h19 le 05/08/2008
      • Internaute 783

      Quand et où avez-vous vu le communisme en URSS ?

      • Polydamas
        Polydamas répond à sam09
        • Posté à 15h55 le 05/08/2008
        • Internaute 29788

        Ici, mon cher :

        « Le stalinisme n’a existé ni en théorie ni en pratique : on ne peut parler ni de phénomène stalinien, ni d’époque stalinienne, ces concepts ont été fabriqués après 1956 par la pensée occidentale de gauche pour garder les idéaux communistes. » (Grasset, 1980, p. 46-47) Soljenitsyne, « L’erreur de l’occident »

        Je crois que la réponse est claire.

  • Stephane MOT
    Stephane MOT
    Author & Chief AtoZ Officer
    • Posté à 02h34 le 05/08/2008
    • Internaute 17943
      Author & Chief AtoZ Officer

    Deja 25 ans depuis cet Apostrophes...
    Quel immense auteur, mais quelle descente de piedestal.

  • Fano
    Fano
    Tropicoprof
    • Posté à 05h28 le 05/08/2008
    • Internaute 49497
      Tropicoprof

    A Béatrice 1

    Et n’oublions pas LE PROCES de Kafka !

  • mick69
    • Posté à 07h57 le 05/08/2008
    • Internaute 2907

    En tout cas je remercie les communistes français pour toutes les conquêtes sociales incroyables obtenues dans l’après-guerre

    (conquêtes en cours de démolition par l’Etat Voyou UMP)

    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 14h57 le 05/08/2008
      • Internaute 41144

      Je suppose que vous les remerciez aussi d’avoir appelé à la désertion et aux sabotages en 39, d’avoir appelé à la « collaboration avec les soldats allemands » ? Les conquêtes sociales ont été largement aussi importantes dans les pays où il n’y avait PAS de parti communiste.

      • mick69
        • Posté à 21h21 le 05/08/2008
        • Internaute 2907

        Ma phrase était pourtant précise puisque je remerciais pour toutes les conquêtes sociales :

        - les communistes
        - français
        - dans l’après-guerre

        Historiquement, les conquêtes sociales ont toujours été concédées à contrecoeur (« plutôt Hitler que le Front Populaire ! ») par le système capitaliste et par les socios-démocrates pour contenir la montée des idées communistes et partageuses dans les classes populaires (se rappeler les conditions de la politique sociale de Bismark). Depuis que ces idées ont reculé sous les coups de boutoir du libéralisme, je constate que le système capitaliste a les mains entièrement libres pour organiser la formidable régression sociale actuelle

        Je ne fait donc pas l’éloge du stalinisme en URSS, je fais l’éloge du PCF de 1945-81 en tant que dernier exemple connu de contre-pouvoir populaire puissant (25%) dans l’intérêt des salariés et des classes laborieuses. Contre-pouvoir utile également pour stimuler les partis socios démocrates qui sans cela basculent à droite

        Pour info, la Nouvelle Zélande, pourtant paradis du libéralisme, vient de renationaliser ses chemins de fer après 15 ans de privatisation désastreuse. Comme quoi l’idée de propriété collective fait son chemin dans des endroits inattendus

         
        • Compte supprimé le 4 janvier 3
          • Posté à 10h50 le 06/08/2008
          • Internaute 41144

          Les pays qui n’avaient pas de Parti communiste - mais cette épouvantable social-démocratie que vous dénoncez ( !) - ont connu des conquêtes sociales plus avancées que la France et bien AVANT.

          Les communistes français en 45 se sont empressés de faire rentrer Maurice Thorez de Moscou, où il était allé se planquer après sa désertion en septembre 39, parce qu’il refusait de se battre contre les nazis alliés des Soviétiques. Cet acte de haute trahison était à l’époque passible du peloton d’exécution.

          Ce ne sont pas les communistes qui sont responsables des avancées sociales en France, car ils soutenaient un régime où ces mêmes avancées sociales n’existaient pas : pas de droit de grève, pas de droits syndicaux, dans les pays communistes. Juste l’étatisation - la « propriété collective » - qui obligeait les Français à attendre cinq ans pour être raccordés au téléphone...

        1 autres commentaires
  • amiante
    amiante
    malade
    • Posté à 10h25 le 05/08/2008
    • Internaute 49405
      malade

    Soljenitsyne : « Deux siècles ensemble ». Les pogromes en Russie n’ont pas fait autant de victimes que certains veulent le dire,les révolutionnaires de 17 étaient juifs, Lénine a été tenté par un riche juif, les juifs durant la guerre étaient davantage à l’arrière qu’à l’avant etc etc. Mais que font Mme Albanel et Philippe Val ?

  • kergoat44
    kergoat44
    professeur retraité
    • Posté à 12h01 le 05/08/2008
    • Expert 49790
      professeur retraité

    Un exemple de dénonciation des camps soviétiques dans l’immédiat après-guerre dans Le Libertaire sous la plume d’Armand Robin :
    Lien

  • fde
    fde
    technicien
    • Posté à 13h48 le 05/08/2008
    • Internaute 49800
      technicien

    Sans amoindrir la contribution fondamentale de cet Homme, j’aimerais qu’on se souvienne également des autres témoins du régime carcéral communiste.

    Je pense par exemple à V.Chalamov : « Récits de la Kolyma »

  • anamaywong
    • Posté à 13h58 le 05/08/2008
    • Internaute 2868

    Je vous le donne en mille : hier soir sur Arte (ma télé préférée) dans le journal de la culture un sujet fort bienvenu sur Soljenitsyne. Nous avons donc eu droit a l’innénarable BHL (un peu frippé, il faut bien le dire) et son éloge grandiloquant ,sur ce maitre de l’écriture, ce défenseur de la liberté !
    N’était-ce pas ce même BHL qui lui avait fait un « procés » en antisémisme ?

  • AG
    AG
    • Posté à 15h19 le 05/08/2008
    • Internaute 21022

    Dommage que ce soit l’occasion de déballer un anti communisme primaire très en vogue aujourd’hui pensez donc ,faut bien se trouver des ennemis et véhiculer que hors du marché point de salut !
    compterons nous un jour les victimes du capitalisme sauvage pour les mettre en comparaison ?
    cela étant cet anticommunisme délirant actuel oblitère ses qualités littéraires pour ne le rendre que victime du goulag et c’est regrettable.

  • Polydamas
    • Posté à 15h52 le 05/08/2008
    • Internaute 29788

    Hallucinant, les commentaires ici sont hallucinants. Je crois rêver, on lit des gauchistes qui préfèrent rappeler les autres dénonciateurs du goulag soviétique. Mais faut-il rappeler à tous ces ralentis du bulbe que les communistes accusaient d’extrémisme et de nazisme, tous ceux qui osaient s’élever contre eu, et qu’ils avaient réussi à les faire taire ? Faut-il rappeler le climat de terreur que faisaient régner les communistes ? Et vous avez maintenant le toupet de dire qu’il y en a eu d’autres ? Vous vous foutez de la gueule de qui ?

    Ce que je vois, moi, c’est que personne ne revient sur le fait que dès les années 20, on savait beaucoup de choses, grâce notamment aux émigrés, mais qu’on a refusé de les écouter parce qu’ils étaient soi-disant d’extrême-droites. Il a fallu qu’un témoin en revienne, avec cette oeuvre monumentale, devant laquelle il était impossible de détourner les yeux, pour que les pays occidentaux comprennent que la droite avait raison.

    D’autant que je ne vois pas trop où seraient les zones d’ombre de Soljénitsyne. Allons donc, être nationaliste, être fier de son pays, prôner un retour aux valeurs morales serait susceptible d’être condamnable ? Et puis quoi encore ?

    Enfin, sur la distinction entre stalinisme et communisme, Soljenitsyne y avait déjà répondu : « Le stalinisme n’a existé ni en théorie ni en pratique : on ne peut parler ni de phénomène stalinien, ni d’époque stalinienne, ces concepts ont été fabriqués après 1956 par la pensée occidentale de gauche pour garder les idéaux communistes. » (Grasset, 1980, p. 46-47) Soljenitsyne, « L’erreur de l’occident »

    Je crois que c’est clarissime.

    • alexandre.legland
      • Posté à 16h50 le 05/08/2008
      • Internaute 41282

      Oh oui ! encore encore ! la sainte colère ! le nationalisme ! mmmmh ! Fier de son pays ! oui oui ! retour aux valeurs morales ! Ah ! la vache tout y est !
      Anthologie du discours réactionnaire, morceau choisi.
      C’est délicieux. ça ne prend pas une ride, ça fera toujours rire. Vous savez que Pétain est mort ? On ne vous l’a pas caché quand même ? Donc ce n’est que de la nostalgie voilà tout. Alors toi aussi : t’es vieux, t’es moche, t’es mort.

      • Polydamas
        • Posté à 17h17 le 05/08/2008
        • Internaute 29788

        Mais bien sûr, t’es mignon.

        Oui, je sais que Pétain est mort, et alors ? Pétain serait-il le seul et unique représentant du nationalisme ? Marrant à quel point dès qu’on parle de nationalisme, ça y est c’est Pétain qui revient.

        Mais Pétain était un gentil produit de la IIIe république, il n’était pas un nationaliste fervent, ni d’une quelconque d’extreme droite.

        Bon, cela dit, je remarque que tu n’as pas le bon goût de répondre sur le fonds à mon propos. Ce qui prouve bien que tu n’as rien à dire.

         
        • alexandre.legland
          • Posté à 17h37 le 05/08/2008
          • Internaute 41282

          Mais vous n’avez pas de propos, vous ne faites que des citations de Soldjenitsyne, ou des citations pétainiste, faites un effort. D’ici là je vais donc vous répondre par une citation « d’après Audiard » que je vais suivre en la circonstance vis à vis de vous :
          « Il ne faut pas discuter avec les imbéciles, on ne fait que les instruire »

          • Polydamas
            • Posté à 17h42 le 05/08/2008
            • Internaute 29788

            Citation pétainiste ? Où cela ? Je serais curieux de voir où est ce que j’ai pu le citer. A entendre ce qui vous sert d’argumentation, Soljenitsyne ne serait finalement rien de plus qu’un nazi qui se serait battu contre le communisme par simple haine entre régimes totalitaires. Looooooooooooool....

        2 autres commentaires
  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h05 le 05/08/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Je connaissais pas ce gars, mais il avait l’air d’être un drôle d’oiseau, aussi complexe et étrange que son époque.

    Au moins aujourd’hui il n’existe plus d’endroits où l’on entasse et torture les gens, on ne se bat plus à l’autre bout du monde pour d’obscures raisons idéologiques, les civils ne craignent plus être la cible de ces raisons idéologiques, les nations ne s’oppose plus bloc contre bloc, les gens ne sont plus persécutés pour avoir des idées non conformes à la pensée d’état.

    Comme le disais si bien Orwell dans 1984 (en citation approximative), la démocratie c’est « tu ne dois pas », le totalitarisme c’est « tu dois », la doublepensée c’est « tu es ».

  • genissel dominique
    genissel dominique
    femme au foyer
    • Posté à 18h42 le 05/08/2008
    • Internaute 49829
      femme au foyer

    A.Soljenitsyne est un écrivain incontournable et« monumental » par l’étendue de sa production. On peut tout à fait déplorer certaines de ses prises de position mais on ne peut pas faire l’impasse sur son oeuvre littéraire qui en effet rejoint la russophilie de ses grands compatriotes. Pour l’édification des lecteurs, je recommande également l’écrivain et journaliste Vassili Grossman qui a su à travers son chef d’oeuvre Vie et Destin retraduire le stalinisme, les camps allemands et russes et est mort sans avoir eu la satisfaction de voir édité son livre.
    Lisons, lisons, il en restera toujours quelque chose.

  • Pneumatique
    Pneumatique
    Gonflé à bloc !
    • Posté à 19h49 le 05/08/2008
    • Internaute 47528
      Gonflé à bloc !

    Cet auteur était, sans conteste, l’un des derniers dissidents de l’époque soviétique, encore en vie.

    Avec lui, c’est une page d’Histoire qui se tourne définitivement ( l’URSS ), mais, malheureusement pas de l’Histoire tout court.

    En Chine, au Thibet, en Tunisie, et ailleurs... Il y a toujours des dissidents... Et probablement en Russie, encore aussi ( Quels médias nous ont réellement parlé d’Anna Politovskaïa, quand elle était encore en vie ?)

    Auront-ils le même impact aujourd’hui, à l’heure du « médiatiquement correct » et de l’auto-censure ?

  • BayeFall
    BayeFall
    prof
    • Posté à 01h02 le 06/08/2008
    • Internaute 48952
      prof

    On peut comprendre que son séjour dans les camps ne l’ait pas poussé à chanter les louanges du stalinisme, mais quel crédit politique peut-on accorder à un homme qui a osé dire « en Espagne, on respire » en revenant d’un séjour dans les terres du Caudillo ? Un grand auteur ? Le régime soviétique s’est effondré : qui lit encore Soljenitsyne (à part les russes qui n’en ratent pas une et pensent massivement que leur grand homme actuel est l’ancien patron du KGB) ?

  • nigo
    • Posté à 04h45 le 06/08/2008
    • Internaute 19609

    c’est fou quand meme ,les camps par ci, les camps par la,et du temps des tsar n’y avait il pas de camps ? pourquoi se focaliser uniquement sur une période donnée ?

    parcequ’on vous l’a donnée,de vous meme jamais vous ne vous ferez une opinion(pas en lisant rue 89,mais en étudiant l’HISTOIRE celle des archives pas celle des medias ou celle des vendus,en admettant que tous les media ne le soient pas) ,

    avalez c’est du prémaché !

    il a servi les interet etasuniens(et franquiste) ,et on en a fait une idole

    pleurez sa mort
    pauvres demeurés

  • nigo
    • Posté à 04h54 le 06/08/2008
    • Internaute 19609

    des camps par ci des camps par la ,qui se souvient des camps de l’époque des tsars ?

    pourquoi se focaliser sur une période donnée ?

    parcequ’on vous la donne,

    AVALEZ ,c’est du pré-maché

    qui peut ici donner la part de prisonnier de droit commun dans les camps par rapport aux prisonniers politiques,le tout par rapport a la popoulation totale ?

    S a servi des interets particuliers(etasuniens,franquistes),tout comme rue 89

    pleurez sa mort ,il n’ira pas au paradis

  • velvet
    velvet
    citoyen
    • Posté à 11h32 le 06/08/2008
    • Internaute 42870
      citoyen

    un ecrivain d’extreme droite en moins... on ne va pas pleurer.

  • parousnik
    • Posté à 20h00 le 07/08/2008
    • Internaute 18991

    Les tsars et leurs cours coutaient cher aux Russes qui mourraient de faim par milliers... même en 1861 l’abolition du servage a été une arnaque...mais nous regardons ce qui c’est passé en Russie que par le bout de la lorgnette que la propagande des médias ultra capitaliste nous vend... alors méfions nous...car tout n’est pas vrai...

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