TRIBUNE 20/07/2007 à 23h27

Rwanda : Munyeshyaka, le prêtre-bourreau de Gisors



L’abbé Wenceslas Munyeshyaka, ainsi que d’autres Rwandais tels que la veuve de feu le Président Habyarimana, Laurent Bucyibaruta, ancien préfet de Gikongoro dans le sud-ouest du Rwanda, ou encore Dominique Ntawukurirayo, recherchés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda et la justice rwandaise, continuent à vivre en France dans l’impunité et la tranquillité les plus totales.

Cet état de choses ne constitue-t-il pas une forme de complicité de la part des autorités françaises avec les génocideurs ? Plus d’un mois après la délivrance des deux mandats d’arrêt, la France vient seulement de passer à l’acte aujourd’hui à l’encontre de MM. Munyeshyaka et Bucibaruta, alors que ces derniers sont sous contrôle judiciaire. En effet, le 19 juillet 2006, le gouvernement français signalait –par courrier émanant du ministère de la Justice– son accord pour juger devant les tribunaux Munyeshyaka, Bucibaruta et Dominique Ntawukurirayo, sur la base du principe de compétence universelle de ses tribunaux.

Le cas Munyashyaka est le plus « étrange » . Tout le monde sait où se trouve le prêtre soupçonné, qui ne se cache même pas. Accusé d’avoir aidé à la sélection de Tutsi devant être tués et d’avoir violé des femmes contre la promesse de les sauver, il est visé à Paris par une instruction qui piétine depuis 1995. L’ecclésiastique va devoir répondre de génocide, viol, extermination et assassinat, constitutifs de crime contre l’humanité.

Depuis le 20 juin dernier, Hassan Jalla, procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), prie le gouvernement français de « bien vouloir le rechercher et l’arrêter » . La Cour européenne des droits de l’Homme a d’ailleurs condamné, le 8 juin 2004, l’Etat français pour sa lenteur à traiter les plaintes visant Munyashyaka. Cependant, l’évêché d’Evreux (Eure) estime pour sa part que le père Wenceslas Munyeshyaka, condamné à la prison à vie en novembre 2006 par le tribunal militaire rwandais qui l’a reconnu coupable d’avoir aidé au massacre des Tutsi en 1994, bénéficie toujours de la « présomption d’innocence » . C’est pourquoi le curé continue à exercer sans encombre dans la paroisse de Gisors (Eure).

Pourtant, Munyeshyaka reste une énigme. Sa mère était tutsi et son père inconnu. Au Rwanda, c’est la paternité qui détermine l’ethnie. Et si Munyeshyaka a choisi de s’identifier en tant que Hutu, c’est certainement par opportunisme ; il était bien sûr plus sûr et gratifiant d’être Hutu sous le régime raciste d’Habyarimana. En plus, le prêtre est doté de la physionomie qu’on attribue aux Hutu généralement.

Pendant le génocide, Munyeshyaka a conduit sa mère à l’hôtel des Milles Collines, un lieu en théorie protégé des milices génocidaires, où il l’a placée sous la protection de Paul Rusesabagina, l’ancien directeur de l’établissement et le héros du film « Hôtel Rwanda “ . Munyeshyaka aurait dit au directeur : ‘ Voilà, je te confie mon cafard à moi.’

Le père Wenceslas était d’abord simple vicaire de la paroisse de la Sainte Famille. Il en a été nommé responsable le 10 avril 1994, lorsque le précédent curé, le père Anaclet Mumvaneza, fut chassé par les miliciens Interahamwe pour leur avoir interdit l’accès de l’église. Le père Anaclet alla se dissimuler à son tour dans l’église Saint-Paul, toute proche. Les réfugiés tutsi cachés à la Sainte Famille furent tout de suite frappés par le changement de style de leur nouveau ‘ protecteur’ : vêtu d’un gilet pare-balles et armé d’un pistolet glissé dans sa ceinture, Munyeshyaka semblait au mieux avec les miliciens génocideurs.

Du 10 avril au 5 juillet 1994, le prêtre sera chargé du Centre d’éducation aux langues africaines (CELA) et du centre pastoral Saint-Paul du secteur de Rugenge, deux établissements de l’Église catholique relevant de la paroisse de la Sainte Famille de Kigali sur le plan administratif. Pour cette raison, par son statut de prêtre et son autorité dans l’église dont il était responsable, le père Wenceslas Munyeshyaka était chargé de la sécurité et du bien-être des personnes réfugiées dans la paroisse de la Sainte Famille.

Pourtant, il entretenait des rapports avec les autorités administratives, les responsables militaires et les chefs politiques ,ceux-là mêmes qui organisaient le génocide, tels que le colonel Tharcisse Renzaho, préfet de Kigali-ville, Odette Nyirabagenzi, conseillère du secteur de Rugenge, Angeline Mukandutiye, inspectrice de l’enseignement, et le colonel Yusuf Munyakazi, officier de l’armée rwandaise (condamné à mort pour génocide), ainsi que d’autres membres de l’armée rwandaise, des gendarmes, des gardes présidentiels et des miliciens interahamwe, à la paroisse de la Sainte Famille, au CELA et au centre pastoral Saint-Paul de Kigali du 8 avril au 5 juillet 1994.

Le père Wenceslas Munyeshyaka a usé de son pouvoir pour commettre les crimes dont il est accusé. Il est l’exemple même de ces dizaines de ‘ moines soldats’ rwandais à la solde de la communauté des Pères blancs et de l’Internationale démocrate chrétienne (IDC), à l’instar de ceux qui, dans les dictatures d’Amérique latine, agissaient pour le compte de l’organisation intégriste La Cité catholique. Marie-Monique Robin l’explique fort bien dans son livre ‘ Escadrons de la mort, l’école française’ (éd. La Découverte, 2004).

La société missionnaire des Pères blancs, fondée à la Maison Carrée (Algérie) en 1868 par le cardinal Lavigerie (1825-1892), archevêque d’Alger, s’est distinguée dès sa création par ses travaux en ethnographie sur le continent africain (Maghreb et Afrique noire). D’où l’intérêt des Pères blancs pour le Rwanda, où il se sont installés avant même l’arrivée sur le terrain des militaires allemands, après le partage de Berlin de la fin du XIXe siècle. Le Vatican et la France redoutaient une emprise des protestants allemands sur les populations. Ces missionnaires ont donc une excellente connaissance du Rwanda et y exercent une forte influence, aujourd’hui encore.

Entre le 10 avril et 30 juin 1994, Munyeshyaka a violé plus de cinq femmes tutsi à l’intérieur du presbytère de la paroisse de la Sainte Famille. Il exigeait de ses victimes des faveurs sexuelles en échange de sa protection. Celles qui refusaient ses avances étaient livrées aux milices extrémistes hutu. Il a aidé et encouragé le colonel Tharcisse Renzaho, des Interahamwe et des militaires à identifier et à enlever environ quarante hommes et garçons tutsi dont il avait eu la liste en vue d’une évacuation par des Casques bleus de la Minuar, en sachant parfaitement que ces gens seraient assassinés. Ces Tutsi ont été emmenés à bord d’autobus et de camionnettes pour être exécutés.

Le 14 juin 1994, le prêtre a aidé et encouragé des militaires et des Interahamwe à rechercher et à identifier soixante civils tutsi qui avaient trouvé refuge au centre pastoral Saint-Paul. Depuis le 13 septembre 2001, les tribunaux auprès desquels des plaintes ont été déposées ont été dessaisis au profit du tribunal de grande instance de Paris, dans la mesure où le juge d’instruction parisien de l’époque avait déjà été saisi, depuis 1999, d’une information ouverte contre l’abbé Wenceslas Munyeshyaka.

Plusieurs juges se sont succédé. Sont actuellement en charge de ce dossier à Paris Mme Pous, doyenne des juges d’instruction parisiens, et Mme Ganascia. Espérons qu’on les laissera faire leur travail jusqu’au bout.

Le site de Benjamin Sehene.

A lire :
Deux suspects de génocide
arrêtés en France

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  • Anonyme

    Les dignitaires nazis étaient si sensibles, qu’ils
    pleuraient en écoutant du Mozart.

    Gisors, l’Eure,l’église, la France , le monde, l’univers les regrettent.

  • Anonyme

    Les dignitaires nazis étaient si sensibles, qu’ils
    pleuraient en écoutant du Mozart.

    Gisors, l’Eure,l’église, la France , le monde, l’univers les regrettent.

    • paulo3
      • Posté à 23h09 le 22/07/2007
      • Internaute 12923

      les dignitaires nazis étaient coupables, il n’ y a pas de doute, ca fait une différence.
      Au sujet de Wenceslas, tolerez que le doute existe encore jusqu’au procès. s’il est coupable ses paroissiens le condamneront eux aussi et même davantage que les juges.
      Mais si vous voyez une preuve de sa culpabilité dans l’acte d’accusation moi je n’y vois qu’une possible manipulation. n’oubliez pas les témoignages en sa faveur.
      Qu’on le juge et on verra bien. mais jusque là il est présumé innocent. le sens de mon message était aussi de dire qu’il était inutile de l’enfermer, jusqu’au procès, il ne se serait pas enfui.

       
      • Charles Mouloud
        Charles Mouloud répond à paulo3
        Bras gauche de la Vénus de (...)
        • Posté à 07h48 le 23/07/2007
        • Internaute 12542
          Bras gauche de la Vénus de (...)

        Je reste sidéré par votre obstination à vouloir défendre l’indéfendable !

        Cet homme n’est pas présumé innocent ! ! ! !

        Il a été condamné par un Tribunal Pénal International !

        C’est un assassin de la pire espèce ,violeur et génocidaire,qui a profité de son influence pour se livré à des horreurs !

        Vous utilisez la mm argumentation que les pires négationnistes ,et ainsi vous cautionnez intellectuellement un criminel de guerre !

        Dormez bien !

        • paulo3
          paulo3 répond à Charles Mouloud
          • Posté à 08h54 le 30/07/2007
          • Internaute 12923

          « c’est un assassin de la pire espèce “
          où avez vous lu cela ?
          il a été condamné par un tribunal militaire rwandais si cela suffit pour vous convaincre alors le débat est inutile ...Dreyfus était coupable pour vous alors.
          il est vrai qu’il est inculpé par le tribunal international
          et en tant qu’inculpé, il a donc la présomption d’innocence.
          ce Tribunal international délégera sa compétence à un tribunal français - du moins nous l’espérons -
          et s’il est reconnu coupable par ce Tribunal alors avec vous je le reconnaitrai coupable.

          • Anonyme répond à paulo3

            LE FAIT D’ETRE JUGE PAR LE TPIR N’IMPLIQUE PAS FORCEMMENT QUE L’ON SOIT CONDAMNE (IL Y A EU AUSSI DES ACQUITTEMENTS)
            SI CE MONSIEUR N’A RIEN A CE REPROCHER IL EST DE SON DEVOIR D’ALLER A ARUSHA EN TANZANIE POUR EXPLIQUER CE QUI S’EST PASSE REELLEMENT DEVANT LE TPIR.

        • Anonyme répond à Charles Mouloud

          Mon cher Mouloud, pardonnez-moi mais votre agressivité n’a d’égal que votre ignorance. La Comdamnation à vie du père Wenceslas a été prononcé par un tribunal militaire rwandais à une période où la France par l’intermédiaire du juge Bruguière lançais un mandat d’arrêt international contre 9 des proches de Paul Kagame pour crime et responsabilité directe dans l’assassinat du pdt Habyarimana + le pdt Burundais + les pilotes français et d’autres personnes se trouvant dans l’avion pulvérisé par des missiles. Posez-vous la question si la justice est rendue équitablement dans le Rwanda d’aujourd’hui. Posez-vous des questions sur les « usines à fabriquer de faux témoignages ». Vous en aurez un aperçu en allant lire le communiqué de l’Observatoire de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) en date du 22 août 2007 au sujet d’un de ses membres : Mr Byoma, condamné à 19 ans d’emprisonnement récemment pour des motifs imaginaires par un président de siège Gacaca lui même poursuivi pour viols par l’association de Mr Byoma. Dès qu’on devient génant au Rwanda on devient génocidaire même 13 ans après la fin officielle du génocide mais ne vous y tromper pas le génocide continu au Rwanda et encore plus au Congo (où l’on parle de 4 millions de morts cumulés). Quant au mandat internationnal lancé contre le père Munyeshyaka par le Tribunal Pénal International (que vous évoquez), le chef d’accusation de meurtre ne tiens pas et vous pouvez vous même le vérifier en lisant le mandat d’arrêt sur internet et toujours sur internet entendre le témoignage de la mère des 3 enfants assassinés qui reconnait elle même que ce sont les miliciens qui les ont tués. Le père Wenceslas n’aurait pas apporté protection à sa dernière fille. Ce sera à la justice (française j’espère) de déterminer la vérité dans tout ça... En ayant bien sûr un sentiment de dégoût et d’émotion pour ce qu’a vécu cette femme (Mme Rose Rwanga). Lorsqu’on rédige des mandats dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner qu’on émette des réserves sur le reste de son travail. Je vous conseille à ce sujet un très bon article de Mr François Moulin (en reportage non officiel à Arusha)intitulé : LE GRAND CIRQUE D’ARUSHA et paru dans VALEURS ACTUELLES le 10 août 2007 (visible sur internet) ça vous incitera peut-être à un peu plus de réserves avant de condamner quelqu’un surtout lorsqu’on a un apercu du fonctionnement de la justice dans ces pays. De toute façon le père Wenceslas est poursuivi en France qui a compétence universelle à le juger sur son territoire. Ce que réclame le père W.M. depuis toujours tout en clamant son innocence. Dans son affaire il existe trop de témoignages contradictoires à charge et à décharge pour que nous, simples citoyens le condamnions avant la fin de l’instruction souhaitable le plus vite possible pour lui et ses détracteurs. ALORS OUI A LA PRESOMPTION D’INNOCENCE
          Bonne lecture et bonne continuation.

          • Anonyme

            IL N’EST PAS QUESTION DE CONDAMNER QUELQU’UN D’AVANCE MAIS IL FAUT ADMETTRE QUE LA LENTEUR DE LA JUSTICE FRANCAISE EST PLUTOT SUSPECTE (ON EST BEAUCOUP MOINS REGARDER POUR EXPULSER MANU MILITARI DE PAUVRES GENS QUI N’ONT QU’UN SEUL TORT ....CELUI DE DE TROUVER SANS PAPIERS SUR NOTRE TERRITOIRE)
            DE PLUS JE VOUS FAIS REMARQUER QUE LE TPIR EST UNE EMANATION FRANCAISE CONTRE L’AVIS DES AMERICAINS SOUS CONTROLE DE L’ONU

      • Anonyme répond à paulo3

        Je suis tout à fait d’accord avec vous, et pour connaître un peu Wenceslas je dirais que jusqu’au bout je croirai à son innocence. J’y croirai, je l’espère et en tout cas je crois en la justice divine, là haut on connait la vérité. En attendant il doit passer devant la nôtre de justice et d’avance, j’en suis malade.

        • Anonyme

          Moi aussi j’espère en la « Justice Divine ». S’il est reconnu coupable, j’en suis comme vous malade à l’avance. Que fera le curé de la paroisse ? Quitter Gisors, pour ses prises de position trop sectaires.c’est ce qui aura de mieux à faire. Patientons.

          • Anonyme

            IL FAUT ESPERER QU’IL SOIT JUGE UN JOUR MAIS JE CROIS QU’IL VA FALLOIR UN PEU FAIRE LE MENAGE AU DIOCESE D’EVREUX ; .....AVEC L’AFFAIRE VADEBONCOEUR CA COMMENCE A FAIRE BEAUCOUP ! !

      • LAVOIX
        LAVOIX répond à paulo3
        • Posté à 14h27 le 05/10/2007
        • Internaute 17996

        pourquoi se serait il enfui ? Où voulez vous qu’il aille ? De plus le controle judiciaire n’était pas très contraignant puisqu’il exercait encore son activité normalement et il lui arrivait quelquefois de se déplacer à l’étranger ! !

      9 autres commentaires
  • Anonyme

    C’est une blague ? ou alors ce qui s’est passé au Rwanda ne compte pas pour vous ?

  • Anonyme

    c’est ce qui s’appelle le syndrome de Stockholm

    mais rassurez-vous avec une bonne cellule psychologique ça se soigne

    • Anonyme

      oui c’est cela le syndrome de Stockholm. Nous avons dû accepter de travailler avec lui ; nous avons été pris en otages par le Diocèse d’Evreux.L’évêque de l’époque n’avait qu’à le garder auprès de lui et ne pas l’imposer sur les Andelys et Gisors. Ceux qui ne l’ont pas accepté ont quitté la paroisse. Eux ils ont eu le courage.
      Auijourd’hui c’est à eux que je pense. Le curé sera blanchi (enfin difficilement !) l’égise va y pourvoir ! Pensons à tous ceux à qui il a donné les sacrements regligieux quelle valeur ont ces sacrements ? Après Gallot, Vadeboncoeur et Wenceslas. Nous dans l’Eure nous voilà encore à la Une.

       1 autres commentaires
  • Anonyme

    pauvre église aveugle dès qu’il s’agit de mettre en cause un des siens

    • Anonyme

      Oui l’EGLISE va le défendre et pour cela donnera l’argent qu’il faudra ! Mais l’argent de qui ?
      Alors avant de donner pour les quêtes réfléchis bien

  • sabaudia
    • Posté à 10h02 le 21/07/2007
    • Internaute 8229

    c’est sans doute de l’humour noir, mais fanchement ça ne fait pas rire

  • Anonyme

    Laissons travailler la justice des hommes, n’est-ce pas !

    • Anonyme

      oui mais à condition de ne pas attendre encore 13 ans ! !

    • Anonyme

      oui mais à condition qu’elle se mette en place un jour !

  • Anonyme

    Monsieur SEHENE,

    Je respecte votre opinion au nom de la liberté d’expression. Néanmoins, l’intitulé de votre article : « Munyeshyaka, le prêtre bourreau de Gisors » cingle comme une condamnation. Les mandats internationaux lancés par le TPIR ont été jugés irrecevables au nom d’une présomption d’innocence non respectée et la détention des deux ressortissants Rwandais jugée arbitraire.
    A ce titre, il me semble hasardeux voire orienté de votre part, d’accrocher les clics des internautes par une telle vindicte linguistique.
    Evidemment l’acte d’accusation (à condition de faire l’effort d’aller le chercher sur internet) support des mandats internationaux, est terrifiant et je comprends qu’à Gisors ou ailleurs on puisse être abasourdi.
    Au delà, si on creuse un peu, vraiment sans trop d’efforts, le chef d’accusation de meurtre sur les enfants de Mme Rose Rwanga me laisse perplexe. Je ne trouve pas les mots pour exprimer mon dégoût pour les auteurs de ces crimes et pourtant Mme Rwanga elle-même, accuse les miliciens « interhamwés » de ces meurtres. non seulement devant un juge d’instruction français mais de surcroît devant une caméra de télévision (visible sur internet) où cette femme en détresse raconte les conditions dans lesquelles sa dernière fille, Hyacinthe, a été assassinée sous ses yeux... PAR DES MILICIENS... Elle reprocherait au père W.M. de ne pas l’avoir protégée ? Il lui aurait dit, deux jours après le meurtre : C’est la faute de ton armée (sous entendu le FPR de Mr KAGAME, actuel président du RWANDA) ? QUE D’INTERROGATIONS ! ! ! D’ailleurs, Mr J.F. DUPAQUIER, directeur de l’hebdomadaire : L’ECHO REGIONNAL DU VAL D’OISE qui se plait à faire parler Mme RWANGA dans ses colonnes du 1er août dernier abonde dans ce sens en publiant les propos de cette femme qui n’accuse en rien le père W.M. de meurtre. Mr Dupaquier par ailleurs à la tête de l’ASSOCIATION MEMORIAL INTENATIONAL pour le Rwanda qui milite pour l’arrestation des génocidaires de 1994 réfugiés en France avec un petit faible pour Wenceslas. (ce qu’il se garde bien de préciser à ses lecteurs, pensez donc : journaliste et militant laisse peu de place à l’objectivité ? Cà fait mauvais genre dans l’opinion, non ?)
    N’importe qui, dis-je, peut voir ces images sur internet et ce malgré que le reportage d’ensemble ne soit pas vraiment faviorable à l’abbé Wenceslas sans pour autant le condamner par avance... Et bien moi ça m’interpelle. Je me dis : comment ? le TPIR reprend ce chef d’accusation de meurtre sur les enfants de Mme RWANGA, contre W.M. ? Un Tribunal Pénal International qui ne prend pas en considèration de telles contradictions, ça métonne voire déconcerte et je me dis qu’une chose pareille issue d’un tribunal français, entrainerait immédiatement un déferlement de critiques, de quolibets en tous genres avec au final sans nul doute, des sanctions de la Chancellerie. Alors évidemment l’extrème sensibilité du sujet génère des pressions énormes soit par des associations soit par KIGALI. Les intérêts voire l’honneur des gouvernements français et rwandais se croisent et s’entrechoquent. On parle ici et là de procès politique ! Des mandats d’arrêts internationaux lancés par le juge Bruguière contre 9 proches du Pdt KAGAME pour leur responsabilité présumée dans l’assassinat de l’ex-président du Rwanda, Mr HABYARIMANA dont l’avion piloté par 2 français a été désintégré par un missile, de nuit, à l’approche de Kigali, entrainant la mort de l’ensemble de ses occuppants y compris celle du président du Burundi (dont on ne parle jamais d’ailleurs). Assassinats considérés comme le déclencheur du génocide qui suivit.
    Alors, le juge Bruguière serait-il l’instrument d’un Etat Français désireux de « prendre la main » sur un Etat Rwandais accusant la France d’avoir une responsabilité dans le génocide ? Ou bien le bras destiné à trouver les coupables d’assassinats de 2 Français sacrifiés sur l’autel d’une politique de reconquête des Tutsis exilés et déterminés à reprendre le pouvoir dans leur pays ?
    Moi, je pense au peuple rwandais, brisé, démoli par la folie des hommes, les mains porteuses de machette et arme à feu et qui s’en servent mais aussi à ceux qui savaient et n’ont rien faits... Les Nations, les Nations Unies comme ils disent... Pour une fois le Droit d’ngérence aurait pu s’exprimer sans que cela me choque...
    Evidemment nous, Français ignorants (moi y compris), sommes tentés de crier haro sur le premier génocidaire présumé venu. Et bien moi, j’ai décidé de poser mes valises de haine et d’ouvrir les yeux. Je me dis que cette affaire n’est pas si simple. J’ai la chance de pouvoir rencontrer des Rwandais Tutsis et Hutus (dont certains sont mes amis) réfugiés en France. C’est certainement pour cela que je m’intéresse à ce sujet si sensible, le cas du père Wenceslas l’est tout autant. Je n’ai vu nulle part, rappelé sur ce site (ni sur le votre d’ailleurs) que la paroisse de la Sainte-Famille, au plus fort des massacres a accueilli 15 000 à 18 000 personnes confinées sur un territoire restreint... Des femmes, des hommes, des enfants, des vieillards, Tutsis et Hutus modérés qu’il fallait nourrir et soigner au quotidien. Imaginez la population de Gisors (12500 habitants) et les villages limitrophes, concentrée sur un territoire ramené à l’église de Gisors, son parvis, son presbytère, l’école Jacques Prévert (à côté) et l’école-collège Jeanne D’Arc (précisions pour les internautes gisorsiens), l’ensemble sous la responsabilité d’une dizaine de prêtres dont l’abbé Wenceslas, se répartissant les tâches... On est loin d’une paroisse ordinaire... Je parlerai plutôt d’un camp de réfugiés cernés par des hordes de vengeurs endoctrinés prêts à tout et au pire comme on a du mal à se l’imaginer dans notre vieille Europe d’aujourd’hui. Nul ne peut ignorer les attaques dont fait l’objet l’Eglise dans ce pays avec pressions et meurtres avérés et ce bien après le génocide. Tout ce petit monde semble se noyer dans les règlements de compte avec le but inavoué de protéger ses prérogatives, ses pouvoirs aussi minimes soient-ils. Ah les haines anti- coloniales sont tenaces !
    Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, je ne dis pas que l’abbé Wenceslas est innocent mais jusqu’à ce que l’affaire soit jugée, il n’est pas coupable.(ce qui pour vous ne semble pas avoir d’importance). En tant que républicain convaincu, admirateur des défenseurs de Dreyfus et plus récemment des innocents d’Outreau, je vous invite à respecter LA PRESOMPTION D’INNOCENCE et si je puis me permettre, à consacrer votre énergie et votre intelligence au service de la Réconciliation du Peuple Rwandais.
    Avec mon cordial respect.

  • toktomi
    • Posté à 03h03 le 21/07/2007
    • Internaute 9821

    on lui a donné un cours de cathéchisme en france ? dur probleme du maitien de la tradition...

    pour o dssu court er rageux : je sais ,c pa rigolo

  • Anonyme

    Benoit XVI a-t-il fait des déclarations au sujet de ce « prêtre » ?

    • David Servenay
      David Servenay
      Ex-Rue89
      • Posté à 10h38 le 21/07/2007
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      Pas à ma connaissance.
      Le Vatican a toujours eu une attitude ambiguë sur le Rwanda. D’un côté, il fut la première institution à parler de « génocide » (dès le 27 avril 1994) pour qualifier ce qui se passait alors dans le pays. De l’autre, il n’a jamais poussé à une franche explication publique sur le rôle joué par le clergé (haut et bas) rwandais pendant les massacres. Une question qui empoisonne d’ailleurs toujours les prêtres rwandais, dont certains ont aussi fait preuve d’un grand courage face aux tueurs.

    • Anonyme

      Le silence du Vatican depuis 13 ans en dit assez, non ?

  • Anonyme

    L’église est génée aux entournures, j’entendais hier un porte parole sur france culture qui n’arrivait pas à placer un raisonnement cohérent à ce sujet.
    C’ets déplorable que l’église cache toujours les puissants assassins.

    Lien

    • Anonyme

      oui il semble qu’elle ressemble à l’armée :

      la grande muette.

  • Anonyme

    Le plus grave c’est que malgré tout ça, cet homme continuait à dire la messe pendant 13 ans, et jusqu’a dimanche dernier.

  • Anonyme

    Je suppose que ce saint homme a obtenu son statut de réfugié auprès de l’Ofpra ou de la CRR .

    Organismes connus pour leur indépendance et leur impartialité.

    Il se doit donc de bénéficier de la protection de la France , comme tous les citoyens.

    Que Mr Hortefeux ,Mme Rada ,Mme Data ,Mme Boutin et l’épiscopat protègent cet émissaire du Christ ! !

    On l’accuse de viols , pas de pédophilie ? ! ? !
    Relativisons les choses.

    Quant à Paulo 3 ,le pseudo papal,est bien choisi pour chanter les louanges d’un criminel de guerre.

    Mais il semblerait que se soit une tradition durable chez les dévots et les églises.(Touvier n’avait t’il pas trouvé refuge auprès de l’épiscopat français ?)

    Bon , je vais vomir un peu !
    Bonobo35

  • Liesel Schiffer
    Liesel Schiffer
    Ecrivain
    • Posté à 12h39 le 21/07/2007
    • Internaute 12931
      Ecrivain

    Munyeshyaka ou l’aveuglement volontaire ( ?) de l’Eglise catholique

    Désespérante est la lecture du commentaire des paroissiens de Gisors en faveur de Wenceslas Munyeshyaka, qui fut, ces derniers temps, à la tête de leur église. Désespérante mais probablement sincère. En France et dans cette paroisse en particulier, l’ecclésiastique a certainement été un excellent prêtre, comme la plupart de ces Africains appelés depuis quelques années en renfort pour venir remplacer les vocations mourantes de la vieille Europe. Mais justement, l’Eglise catholique devrait réfléchir un peu avant d’agir et sortir du réflexe que je crois imprégné de néo-colonialisme, qui consiste à recruter à tour de bras dans ces viviers du tiers-monde démunis en tout, des candidats plus préoccupés – et on peut le comprendre – d’assurer l’avenir de leur famille et d’accéder à un statut prestigieux que de vraiment vivre un sacerdoce. Oui, en Afrique aujourd’hui et probablement dans tous les continents les plus pauvres, la fonction de prêtre, comme ce fut le cas longtemps jadis dans le monde riche, constitue avant tout un levier social. Si l’on a pas d’argent ni de réseau, en dehos du séminaire, point de Salut, c’est le cas de le dire, ni même souvent d’études possibles ! Les choses changent, heureusement, mais trop lentement encore. Il suffit d’aller sur place pour constater, ce que ne semble pas vouloir beaucoup creuser l’Eglise – peur , lâcheté, angoisse de la pénurie de candidats ? – la distorsion entre le statut officiel d’un prêtre avec tout ce que comporte les exigences de la morale chrétienne, et la réalité du terrain (sur la vie sexuelle des prêtres et religieuses, notamment). En Europe, bien sûr, ces phénomènes existent, mais ils sont plus rares car en général, ceux qui s’engagent dans une vie ecclésiastique, en nombre toujours décroissant, sont poussés par une réelle vocation, le statut de prêtre en lui-même étant plutôt décrié et la morale chrétienne rejetée.
    Je ne suis pas en train de dire, bien sûr, que tous les religieux originaires du tiers-monde sont de vils exploiteurs préoccupés uniquement de leur propre promotion, la plupart sont des gens honnêtes et sans aucun doute de talent. Mais il me semble important de rappeler cette différence de « recrutement » d’un continent à l’autre ; l’Eglise devrait s’en préoccuper avec plus de vigilance, elle éviterait ainsi de se retrouver avec des cas tels que celui de l’abbé Wenceslas.
    Le triste cas de Munyeshaka n’est pas encore réglé, attendons l’action de la justice. Quant à l’argument des Girsorsiens, consistant à dire qu’un « bon » prêtre ne peut avoir été un bourreau, il est bien innocent. Volonté de se refaire une « virginité » loin du lieu de ses exactions présumées ? Sincère remord ? Simple poursuite d’une carrière religieuse accomplie avec zèle, hors des frontières de son pays natal ? Schizophrénie réparatrice d’un présumé bourreau ? Toutes les hypothèses sont possibles et seul Wenceslas Munyeshyaka a la réponse, qu’il donnera peut-être au tribunal, en fonction de sa conscience, s’il en conserve une, ce que je lui souhaite.
    Le crime de viol, le crime de génocide sont déjà suffisamment épouvantables en eux-mêmes, mais songer qu’ils peuvent avoir été exercés par un prêtre utilisant son poids social et moral pour manipuler plus facilement les victimes, est particulièrement ignoble. Les paroissiens de Gisors devraient y réfléchir et accepter déjà de l’ENVISAGER seulement. Sont-ils assez innocents, je le répète, pour croire que, parce qu’on organise de jolies messes de mariage et que l’on prône l’amour, on est un homme bon ? Imaginent-ils vraiment que les victimes survivantes, qui sont plusieurs, iraient s’amuser à accuser un homme innocent ? Mais dans quel but ? Il faut à ces paroissiens de Gisors sortir de cette pulsion affective, elle aussi imprégnée de néo-colonialisme, qui suppose qu’un « bon prêtre noir converti, si gentil, si attentionné avec tout le monde », ne puisse avoir ou avoir eu de mauvaises intentions et actions… Un peu comme dans « Tintin au Congo », où les Noirs sont alternativement très méchants ou très en gentils, en fonction de leur docilité vis-à-vis de l’homme blanc. Difficile, avec ce genre de vision de l’Autre, de l’envisager tout simplement comme un humain normal, et éventuellement mauvais, calculateur, machiavélique, comptant sur cette forme d’innocence, cette étrange aveuglement appuyé sur une fausse morale (chrétienne ? je n’espère pas !), qui, on le voit ici, peut pousser à des prises de positions dangereuses.
    Je souhaite que l’affaire soit éclaircie, les victimes comprises et aidées à poursuivre une destinée déjà tellement abîmée, Munyesnaka en clair avec sa conscience, les paroissiens de Gisors revenus à la raison ce qui, je crois, n’exclut pas le pardon pour les Chrétiens, et l’Humanité, débarrassée à jamais de toute envie de génocide. Mais là, j’en suis consciente et triste, je ne fais que rêver…

    • Anonyme répond à Liesel Schiffer

      Mais que fait cet homme chez nous ? On expulse si facilement les sans-papiers pourquoi pas un coupable de génocide ? Absurde !

    • Anonyme répond à Liesel Schiffer

      Ton commentaire est valable ! Mais avions-nous le choix ? As-tu déjà assisté à ses cérémonies ? chaque dimanche nous avions droit à une séance de KT. C’était ou tu pratiques ou tu reste chez toi.
      Penssez simplement à NOUS ;

      • Bonobo35
        • Posté à 12h08 le 22/07/2007
        • Internaute 4205

        Vous n’aviez pas le CHOIX ? ! ? ! ! ! ! ! ! !

        Comment osez vous tenir de tels propos ?

        Le libre arbitre vous connaissez ?

        La décence devrait vous conduire ,au minimun à reconnaitre que l’on vous a trompé,sinon à vous taire ! ! ! ! !

        Nous ne savions pas que le prêcheur était un assassin ,condamné à la prison à vie au Rwanda , ses hosties étaient tellement bonnes !

        Si toutefois vous autres dévots aveuglés par vos croyances et autres superstitions monothéistes,votre évéché, lui devait Savoir....

        Ne jouez pas les « malgré nous » !
        Allez vous demander des comptes à votre évèque ?

        Sans doute préfèrez vous la justice divine à celles des profanes.

        Allumez un cierge et dormez en paix !

        L’église a longtemps « ignorée » les crimes nazis , l’histoire se répète .

        Quelle est la frontière entre l’ignorance ,votre prétendue absence de choix et la complicité passive ?

      • Liesel Schiffer
        Liesel Schiffer
        Ecrivain
        • Posté à 12h36 le 22/07/2007
        • Internaute 12931
          Ecrivain

        On pense à vous, je crois qu’on l’a dit et on peut comprendre votre méprise du début, mais pas sur le long terme. Au fil du temps, vous ne pouviez plus ne pas vous interroger et chercher la vérité au sujet de quelqu’un susceptible de « gouverner vos âmes ». Ou alors sinon, vous êtes à la merci de n’importe quel charlatan et de toutes les sectes. Certaines victimes sont même venues sur place interpeller Wenceslas qui s’est montré bien violent et bien fermé, pour un ecclésiastique, un « personnage exquis, la douceur et la gentillesse en personne » (voir la première intervention dans ce forum) . Cette double attitude, pour le moins étrange, aurait du vous mettre la puce à l’oreille.
        Je comprends la réaction scandalisée de Bonobo. Et vous, y compris dans votre positionnement d’aujourd’hui, pensez-vous aux victimes rwandaises ? Celles qui ont probablement péri à cause de Wenceslas, mais aussi toutes les autres, réfugiées dans des église où elles croyaient échapper à leurs bourreaux et qui partageaient pour la plupart les mêmes croyances que vous ? Le premier intervenant qui parlait au nom des paroissiens de Gisors, quand il écrit au sujet de Munyeshyaka : « C’est un bonheur de le rencontrer et de voir son visage s’illuminer lorsqu’il vous reconnait et vous salue », pense-t-il une seconde à la réaction à cette lecture, des survivantes qui auraient été violées par Munyeshyaka et qui ont du voir, elles aussi, dans des circonstances moins sereines, c’est le moins qu’on puisse dire, le visage du prêtre s’illuminer en les approchant ? Il faut faire preuve d’un peu d’imagination parfois et sortir des clichés doucereux.
        J’espère au moins que les paroissiens feront leur propre mea culpa après le procès et qu’ils exigeront la même chose, de manière publique de l’Eglise catholique.

      • Anonyme

        aux andelys ils s’en sont bien débarrassés

    • Anonyme répond à Liesel Schiffer

      « je ne suis pas en train de dire, bien sûr, que tous les religieux originaires du tiers-monde sont de vils exploiteurs préoccupés uniquement de leur propre promotion »

       : ben si quand même un peu beaucoup.

      « Sont-ils assez innocents, je le répète, pour croire que, parce qu’on organise de jolies messes de mariage et que l’on prône l’amour, on est un homme bon ? »

      = oui absolument comme votre frère, votre père, votre mère le seraient à vos yeux même s’ils étaient accusés de tels crimes et que vous les saviez innocents.

      « Imaginent-ils vraiment que les victimes survivantes, qui sont plusieurs, iraient s’amuser à accuser un homme innocent ? Mais dans quel but »

      = dans quel but, mais SVP les motivations de faire un faux témoignages sont tellement nombreux et variés que je ne le ferai pas, mais un peu d’imagination.
      d’ailleurs l’une de ses principales accusatrice, une fois réfugiée à en Angleterre s’est rétractée - à ma connaissance.

      « il faut à ces paroissiens de Gisors sortir de cette pulsion affective, elle aussi imprégnée de néo-colonialisme, qui suppose qu’un “bon prêtre noir converti, si gentil, si attentionné avec tout le monde”, ne puisse avoir ou avoir eu de mauvaises intentions et actions… »

      = Vous ne l’avez pas connu donc vous ne pouvez vous mettre à la place des paroissiens. d’ailleurs je ne me considère pas comme un paroissien car je ne suis pas du tout pratiquant. j’ai connu Wenceslas dans sa mission dans l’exercice de ma profession et un peu dans la vie privée et la vie locale.

      « Je souhaite que l’affaire soit éclaircie, les victimes comprises et aidées à poursuivre une destinée déjà tellement abîmée, Munyesnaka en clair avec sa conscience, “

      = entièrement d’accord avec vous mais pas forcément en trouvant de faux coupables

      ‘les paroissiens de Gisors revenus à la raison ce qui, je crois, n’exclut pas le pardon pour les Chrétiens, et l’Humanité, débarrassée à jamais de toute envie de génocide. Mais là, j’en suis consciente et triste, je ne fais que rêver…’

      = non ce n’est pas un rêve en tout cas je le partage avec vous.

  • Anonyme

    je ne connais pas le passé de wenceslas mais je le connais maintenant et il me parait difficile de croire à ces accusations ! ! ! de plus ses accusateurs utilisent des façons illégales pour avoir des preuves qui sont montées de toutes pièces ! ! ! des gens sont payés pour jouer le rôle de survivants de ce terrible massacre... Alors avant de juger il faut pouvoir avoir entendu les 2 partis... sur ce bon commerage à tous !

    • Anonyme

      Si tu le connais tu as dû apprécier les cérémonies religieuses et tous les messages qu’il a essayé de nous faire passer du genre : tu aimeras ton prochain comme toi-même et que dire de son comportement dans la vie de tous les jours !

      • Anonyme

        « “que dire de son comportement dans la vie de tous les jours !” »

        que signifie cette phrase
        ayez le courage d’aller au fond de votre pensée.

      • Anonyme

        cela n’efface en rien le passé ! !

    • Anonyme

      Des preuves montées de toutes pièces avec les crânes des victimes du Rwanda...
      Dans la même série, les camps de concentration sont des baraquements en bois construits pour faire accuser les nazis à tort....
      Mon cher courageux anonyme 20h55, votre aveuglement n’a pas de limite. Vous êtes bien la preuve que la religion est la source de tous les maux.

  • Liesel Schiffer
    Liesel Schiffer
    Ecrivain
    • Posté à 10h14 le 22/07/2007
    • Internaute 12931
      Ecrivain

    Le phénomène est malheureusement inévitable dès que l’on aborde le sujet du génocide des Tutsis du Rwanda de 94, lors de conférences ou sur le Net : les négationnistes pointent leurs mufles malfaisants pour faire de la désinformation !
    Les propos tenus dans le précédent message de 20H55, y ressemblent fort. Outre que celui qui s’exprime montre son absence de crédibilité en affirmant deux faits contradictoires : 1) il dit ne pas connaître l’histoire de Munyeshyaka et 2) il prétend que « ses accusateurs utilisent des façons illégales pour avoir des preuves qui sont montées de toutes pièces », il use aussi de l’argument particulièrement ignoble que « des gens sont payés pour jouer le rôle de survivants ». D’une part, comment donc cette personne non informée est-elle informée de cela ? Des détails seraient les bienvenus... De plus certes, très peu de Tutsis « de l’intérieur » ont survécu au génocide et la plupart des femmes sont touchées par le sida pour avoir été violées par leurs agresseurs malades, mais il reste encore des témoins qu’on n’a pas besoin de payer pour dire l’horreur qu’ils ont vécus, n’en déplaisent aux Interhamwe (les miliciens génocidaires) et à leurs amis. L’intervenant de 20H55 parle également de « massacre » et non de génocide, vocabulaire négationniste par excellente. On imagine, après cette entrée, suivre un prochain message avec l’éternel, vicieux et fallacieux thème du « double génocide » (le mensonge selon lequel des Tutsis auraient tués des Hutus !). Tout cela sent le travail de propagande des négationnistes à plein nez et c’est fort nauséabond.
    La liberté d’expression est importante mais il faut veiller à bloquer cette désinformation odieuse et mensongère. Le temps fait déjà suffisament son oeuvre avec la mort des victimes survivantes et l’oubli « naturel » de la mémoire humaine. C’est Primo Levi, je crois qui, à la fin de sa vie, se sentait de plus en plus miné à l’idée qu’un jour, il n’y ait plus personne de vivant pour témoigner de la Shoah, réduite à un seul fait historique. Et si on ne l’écrit pas très vite, l’Histoire peut-être remaniée de mille manières.
    Au fait, puisque la France semble enfin vouloir mettre de la bonne volonté à laisser la justice faire son travail, qu’en est-il du sort d’Agathe Habyarimana, la veuve de l’ex-président de la République Rwandaise, celui qui, de 1973 à 1994, a contribué à développer le régime raciste de son prédécesseur ? Toujours tapie dans son fief de Courcouronnes ou envolée vers un refuge plus clément après le refus de l’Ofpra de lui donner asile encore sur le territoire français ? Peut-être David Servenay a-t-il des informations à ce sujet ?

    • Anonyme répond à Liesel Schiffer

      La liberté d’expression est importante mais il faut veiller à bloquer cette désinformation odieuse et mensongère... Entièrement d’accord avec toi !
      Vous vous rappelez les résistants de la dernière heure qui une fois les allemands partis défilèrent dans les rues pour faire la chasse aux traîtres et tondre les femmes qui avaient le tord de ne pas avoir coucher avec eux. Ceux qui donnaient des leçons de démocratie et de droits de l’homme, mais qui menaçaient et insultaient à la première petite objection. Eh bien, les revoilà !
      Leur propagande est grossière. Au début, on a envie de mettre ça sur le coup de l’émotion. Mais la seule émotion qu’ils connaissent est la haine.
      En 1994, un grand nombre de personnes découvrent les hutus et les tutsis. Des milices hutus se sont lancés dans une vaste entreprise d’extermination des populations tutsis : l’ONU parle du génocide rwandais.
      Si ces notions ethniques sont approuvées et même revendiquées par une bonne partie de leurs membres, qu’elles peuvent expliquer beaucoup de choses, il apparaît comme une évidence que les mettre constamment en avant ne peut qu’envenimer la situation. Etant entendu que même si il est occulté par l’héritage de l’ethnie du père, le métissage a fait son oeuvre.
      C’est là que les idiots utiles font preuves d’une abjection digne de la Radio des milles collines. Car tous leurs propagandistes usent et abusent de la même grille : les hutus sont des méchants et les tutsis sont des gentils. 13 ans après le génocide (dans un pays où l’espérance de vie est inférieur à 50 ans, ça compte plus que dans un pays où elle est supérieure à 80) , la diabolisation des hutus est toujours de mise. Or cette ethnie représente plus de 80 % des rwandais. Et on a à peu près 40% des rwandais qui n’étaient pas nés en 1994.
      Après la première guerre mondiale, on a trouvé la solution pour soulager les victimes : « faire payer les boches ». La vengeance apparaissait légitime, on s’est complu dedans. Et les enfants des victimes devinrent à leur tour des victimes. Alors après la deuxième guerre mondiale, le couteau était dans la plaie... mais on ne l’a pas retourné.
      La position française en 1994 a été largement critiquée sur toute la planète... et puis les choses ont évoluées.
      Sauf en France, ou une poignée d’irréductibles assènent toujours la même intox afin de conserver leur fond de commerce.
      Tout le monde reconnaît que le régime s’est durci en 1990. Au mois d’octobre, Le Front Patriotique Rwandais lance une attaque depuis l’Ouganda. Il est composé d’une forte majorité de tutsis. La plupart sont nés ou ont grandi dans des camps de réfugiés après les pogroms anti-tutsis faisant suite à l’indépendance du Rwanda en 1960 (il y avait alors moins de 3 millions d’habitants contre plus de 6 en 1990) et souhaitent revenir. A sa tête, il y a l’ancien numéro 2 de l’armée ougandaise. Tué lors de l’attaque, il est remplacé par l’ancien chef du renseignement militaire de l’Ouganda, l’actuel président rwandais qui revient précipitamment de Fort Leavenworth, grande école militaire américaine. Le Rwanda n’ayant pas de ressources minières, il n’a pas non plus de véritable armée. Ce sont des troupes françaises qui repoussent l’assaut du FPR.
      On a donc une dictature francophone s’appuyant sur l’ethnie majoritaire qui est menacé d’être renversé par des militaires anglophone ayant fait leur carrière en ouganda (renversement d’Imin Dada, de Milton Obote) appuyant sur l’ethnie minoritaire.
      Les idiots utiles ne comprennent pas que Mitterrand s’oppose à ce coup d’état. Il balaie ça en évoquant le complexe de Fachoda.
      On peut rappeler qu’au Burundi, le faux jumeau du Rwanda, il y avait depuis la décolonisation une dictature tutsie. En 1993, des élections sont organisées. Un hutu gagne. Mais il s’attaque au monopole tutsi sur l’armée et est assassiné. Nombreux massacres. Son successeur sera tué en compagnie d’Habyarimana.
      Si la légitimité du retour de ces réfugiées n’est pas contestée et est même approuvée par la France qui reconnaît la supériorité militaire du FPR (accords d’Arusha suivi du départ des contingents français fin 1993), elle craint une déstabilisation de la région.
      La tragédie rwandaise atteint son apothéose quand une grande partie de hutus, craignant une dictature militaire tutsie, style Burundi, considérèrent la très grande partie de sa population tutsie comme des otages pouvant faire infléchir l’attaque du FPR avant de les massacrer. Personne ne nie ce génocide. Par contre plus grand monde ne croit en l’innocence de Kagame, le chef du RPR. Sauf nos idiots utiles qui partent du principe que les tutsis sont tous des victimes, Kagame est un tutsi donc une victime. Rappelons que le génocide a duré 3 mois, mais qu’avant la fin du premier, le FPR a demandé le retrait de l’ONU le considérant déjà terminé. Que si on nous a rebattu les oreilles des armes livrés par la France, il est dur de trouver une ligne sur celles livrées au RPR qui a balayé une armée rwandaise 4 fois plus nombreuse. Que cette même armée du FPR a envahi le Zaïre devenu République Démocratique du Congo (un pays assez vaste…) pour y placer Kabila et qu’elle occupe toujours de nombreuses mines à l’Est, qu’elle s’est même permis de sérieux accrochages avec son alliée ougandais. Elle peut même se permettre d’envoyer des troupes onusiennes au Soudan.
      Il y a eu 4 millions de mort en RDC, mais pour les idiots utiles, ils ne faudrait pas en parler car il n’y a pas eu génocide.
      Ils ne s’étendront pas non plus sur le président rwandais arrivé en 1994. Certains le présentèrent comme le hutu de service du FPR à l’époque. Tollé des idiots utiles. Il fut forcé de démissionner et condamné à 15 ans de prison. Les idiots utiles trouvèrent la peine lourde, mais ne le déclarèrent pas vraiment innocent, notant un passé suspect. Paul Kagame lui succéda, remportant les élections avec 95 %.
      Le ministère de l’intérieur de 1994, lui aussi hutu, s’enfui mais fut assassiné par un commando.
      L’antenne de la ligue des droits de l’homme du Rwanda fut fermé en 95 (rapport amnesty) pour divisionnisme, négationnisme et compagnie.
      Toutes les associations humanitaires dénoncent le régime de Kagame. Les anglo-saxons commencent à le trouver bien encombrant (il suffit de lire son interview sur la BBC l’année dernière, de voir son accueil par des réfugiés congolais aux USA).
      Et en France, on manifeste…. pour ne pas qu’on l’interroge sur son éventuelle implication dans l’attentât ayant tué les présidents rwandais et burundais. Il y avait, il est vrai que des français et des hutus dans l’avion.
      La racisme anti-hutu n’est sûrement pas la solution au racisme anti-tutsi.
      Non à la désinformation et oui à la réconciliation.

  • Anonyme

    que dire des paroissiens qui ont dû l’accepter ! Pourquoi l’évêque ne l’a t-il pas garder auprès de lui ? Quelle est la valeur des sacrements qu’il à pu donner ? Nous ne savons pas TOUT

    • Anonyme

      Eh,vous n’avez qu’à lire sur le génocide des Tutsies du Rwanda.

      • Anonyme

        Il parâit qu’il avait tuer pour défendre sa famille,jamais il n’a été question de viols.
        Nous avons fait confiance à notre Evêque de l’époque le père David, et au curé le père Morin.
        Il est vrai que nous aurions pu nous tenir informés.

    • Anonyme

      ses sacrements valent autant que ceux de l’abbé VADEBONCOEUR ! ! quel diocèse ! !

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