A la Une 20/07/2007 à 23h32

Rwanda : deux suspects de génocide arrêtés en France

David Servenay | Ex-Rue89

Jamais une procédure judiciaire n’aura été aussi longue et opaque. A la hauteur des enjeux et du brouillard qui enveloppe les relations franco-rwandaises, plus que de la personnalité des suspects. Mais voici que la justice française se réveille.

Un mois après avoir reçu des mandats d’arrêt internationaux (voir documents) émis par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) visant le père Wenceslas Munyeshyaka et le préfet Laurent Bucyibaruta, les deux hommes ont été arrêtés vendredi matin à leurs domiciles respectifs : Gisors en Normandie et Saint-André-les-Vergers, près de Troyes (Aube). Ils devraient rapidement être transférés vers la prison de la Santé à Paris, où les procédures rwandaises sont regroupées dans les cabinets des juges d’instruction Fabienne Pous et Michèle Ganascia.

Douze ans après les premiers actes d’instruction pour le cas Munyeshyaka, voici que la justice aborde la dernière ligne droite vers de probables procès de génocidaires rwandais. Une première en France, là où la Belgique a jugé ses premiers suspects de génocide –des religieuses– il y a plus de six ans. Pour bien comprendre la portée de ce basculement, il faut revenir sur la politique française vis-à-vis des filières rwandaises. Une impunité organisée et fortement dénoncée par des ONG comme la FIDH ou Survie.

Exfiltration du gouvernement génocidaire

Sans remonter à l’exfiltration, dès le 9 avril 1994, de la famille de l’ancien Président Habyarimana, Paris a toujours montré la plus grande mansuétude pour les responsables du génocide qui fit un million de morts en trois mois. Ainsi, le 17 juillet 1994, le détachement sud de l’opération Turquoise laissait s’échapper le président du gouvernement intérimaire rwandais (GIR), Théodore Sindikubwabo, et son ministre des Affaires étrangères, Jérôme Bicamumpaka, escortés par une centaine de soldats de la tristement célèbre Garde présidentielle (GP).

Faute de directives de Paris, diront plus tard les officiers responsables de l’opération « militaro-humanitaire ». Oubliant au passage les obligations légales des troupes sous mandat de l’ONU, dont le rôle est aussi de faire respecter les principes de la justice internationale.

Guérilla judiciaire

Plus tard, la justice française, en particulier les magistrats du parquet, s’illustreront à invalider la procédure Munyeshyaka, finalement validée, puis à la mener à une telle vitesse que la France sera condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme. Visiblement, personne n’était pressé de voir des génocidaires présumés répondre de leurs crimes devant une cour d’assises.

Il y a tout juste un an, l’actuel procureur général de Paris, à l’époque directeur de cabinet du garde des Sceaux, s’engageait à répondre au devoir de coopération initié par le TPIR. Comme le montre la lettre (voir document) de Laurent Le Mesle, il confirmait « l’accord des autorités judiciaires françaises pour se saisir des faits objets des procédures suivies par le TPIR » contre ces deux hommes. C’était le 19 juillet 2006. Encore une année de tranquillité gagnée.

Vers des procès-vérité sur le rôle de la France au Rwanda ?

Pendant toutes ces années, l’homme d’église et l’ancien haut fonctionnaire rwandais ont pu dormir en liberté. Dans une relative prospérité, l’un jouissant de la protection des réseaux catholiques, l’autre de la bienveillance manifestée par les autorités françaises.

Mieux : un autre de ces présumés génocidaires, Isaac Kamali, s’est vu accorder la nationalité française en 2002, alors que son nom figure dans la liste des suspects établie par Kigali ! Jusqu’à ce qu’il soit renvoyé par les services de l’immigration américaine, car il fait l’objet d’une demande de mandat d’arrêt relayée par Interpol. Il est sous écrou extraditionnel depuis le 7 juillet.

Dans cette bataille acharnée, les historiens diront peut-être un jour que la principale victime fut la vérité. Car si le profil du prêtre et du préfet ne fait pas d’eux des cerveaux du génocide, ils présentent le cas de deux serviteurs exemplaires. L’un par un enthousiasme criminel au bord de la folie (voir le texte de Benjamin Sehene), l’autre par son rôle d’organisateur des tueries dans la préfecture de Gikongoro. On oublie trop souvent que le génocide rwandais fut d’abord et avant tout une formidable machine politico-administrative à tuer les « ennemis intérieurs ».

En se penchant sur le cas Bucyibaruta, l’opinion découvrira un fonctionnaire zélé, également chef du comité préfectoral des Interahamwe (« ceux qui travaillent ensemble »), les milices armées du génocide. Un homme qui appliqua à la lettre les directives du ministre de l’Intérieur et du Premier ministre prônant l’armement des populations et la formation idéologique des plus jeunes pour ne pas laisser échapper le moindre « cancrelat ». Comprenez les Tutsi et leurs alliés politiques.

Si jamais ces deux hommes se retrouvent un jour face à une cour d’assises française ou un tribunal rwandais, gageons qu’un bon avocat saurait habilement exploiter les ambiguïtés et faillites de la politique africaine du Président François Mitterrand et de son Premier ministre Edouard Balladur. Des procès-vérité seraient alors peut-être l’ultime moyen d’éclairer enfin le vrai rôle joué par la France au Rwanda.



A lire :
Munyeshaka, le bourreau de Gisors
La tribune de l’écrivain rwandais Benjamin Sehene.

Modifié le 23/07/2007 à 14h45. La photo a été supprimée suite à une erreur dans la légende : le soldat français patrouillait à la frontière rwando-congolaise, mais côté congolais. Toutes nos excuses.

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  • Anonyme

    « Reporter à Radio France Internationale pendant onze ans (1996-2007), David Servenay est l’auteur de nombreuses enquêtes sur les relations entre la France et l’Afrique, le milieu pétrolier, les affaires de blanchiment et de trafic d’armes. Il anime une “ session enquête ” à l’Ecole supérieure de journalisme de Lille et a co-écrit avec Gabriel Périès, Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994), éditions La Découverte, 2007. »

    ... faut quand même pas se prendre pour de la m**** pour demander si un stagiaire a écrit l’article ...
    les chevilles enflées, ça se soigne : Lien

    • Anonyme

      Si comme vous je ne cautionne pas la manière dont est posée la question, il est quand même permis de s’interroger sur la qualité de l’information délivrée par cet article.

      Car force est de constater que sa lecture ne nous éclaire pas sur la question de la « guerilla judiciaire » qu’il prétend traiter alors qu’il survole le sujet sans vraiment le traiter.

      Les approximations ou erreurs qui émaillent l’article posent en fait la question de la compréhension des processus juridiques par son rédacteur. Celui-ci mélange confusément les poursuites engagées envers les suspects en France et la procédure d’extradition engagée suite au mandat d’arrêt international du TPIR.

      Certes le droit est un sujet souvent complexe, mais on aurait légitimement pu attendre d’un article qui débute par « Jamais une procédure judiciaire n’aura été aussi longue et opaque » (affirmation par ailleurs totalement gratuite) qu’il n’ajoute pas à la confusion ...

       
      • David Servenay
        David Servenay
        Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
        • Posté à 18h28 le 21/07/2007
        • Internaute 8946
          Ex-Rue89

        Reprenons de manière peut-être plus claire, puisque vous semblez ne pas avoir compris certains aspects juridiques de cet article.
        1/Les deux personnes arrêtées hier font l’objet de trois procédures judiciaires : la française, la rwandaise et celle du TPIR.
        2/La plus ancienne de ces procédures est celle initiée en France, dès 1995 pour Munyeshyaka et en 1999 pour Bucyibaruta. On peut donc dire que ces procédures sont « longues » (la France a même fait l’objet d’une condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme pour cette raison) et « opaques » parce que jamais le parquet (en clair les autorités politiques françaises dans un tel cas) n’a jamais pris la moindre initiative pour accélérer l’enquête ou la boucler. C’est même exactement le contraire, puisque les juges de la Cour d’appel de Nîmes ont invalidé la procédure, avant qu’elle ne reprenne.
        3/Enfin, le TPIR étant en fin de course (il doit juger ses derniers cas en 2008 et fermer en 2010), il est en train de transférer les cas non jugés aux pays avec lesquels il a passé des accords de coopération. C’est le cas de la France qui a accepté de s’occuper de ces deux messieurs, comme le montre le courrier de Laurent Le Mesle du 19 juillet 2006.

        Mais si vous avez des précisions juridiques ou autres à apporter, Courageux anonyme de 13h44, faites en profitez tous les lecteurs de Rue89, y compris le rédacteur de ce post qui en sera ravi.

      1 autres commentaires
    • Anonyme

      Oui Vidal on connait votre amour pour les hutus dépuis les années 60s !

    • mathieu-s
      • Posté à 18h09 le 21/07/2007
      • Internaute 11805

      C’est super, quand on propose un mauvais papier, d’avoir aussitôt des potes pour vous défendre par la présentation des point forts de votre cv.

      Ca évite d’argumenter et de démontrer.

       
      • manju35
        manju35 répond à mathieu-s
        • Posté à 18h14 le 21/07/2007
        • Internaute 8396

        prof. d’université du temps libre.. ? ..,, ?
        enfin tu donnes des leçons quoi,faut bien s’occuper...................

      1 autres commentaires
  • Anonyme

    merci à David Servenay pour la qualité de son article qui éclaire les néophytes dont je suis

  • manju35
    • Posté à 10h51 le 21/07/2007
    • Internaute 8396

    .............00h16 : l’heure du frustré...............

  • le fonctionnaire
    • Posté à 11h34 le 21/07/2007
    • Internaute 12627

    petit fonctionnaire de bas étage plutôt, faut quand même pas insulter une très belle plume. Voila qui mérite d’être signalé.
    Ce critiqueur sait-il écrire un article cohérent ? j’en doute.

  • Anonyme

    J’apprécie particulièrement que soient traités par Rue89, des sujets dont je ne connais rien.
    Quelqu’un pourrait-il préciser quel(s) intérêt(s) a(vaient) la France à se rendre complice de ces massacres et de l’impunité de ce ceux qui y ont grandement participé ?

    • Anonyme

      interet ou pas , pourquoi ne pas juger des gens reconnu coupable, de plus de genocide ?

    • Anonyme

      Je me pose la meme question. Je me sens honteuse pour mon pays.

    • David Servenay
      David Servenay
      Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
      • Posté à 10h07 le 21/07/2007
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      En dehors d’un intérêt stratégique (ne pas laisser enfoncer le pré carré francophone par une force anglophone, la rebéllion du Front patriotique rwandais de Paul Kagame) auquel tenait particulièrement François Mitterrand, il n’y avait pas au Rwanda de pétrole, de ressources minières et/ou stratégique quelconque.
      Cet argument a souvent été repris par les anciens collaborateurs du président, en particulier Hubert Védrine à l’époque secrétaire général de l’Elysée, pour justifier l’engagement de Paris au côté du régime Habyarimana.
      En ce qui concerne la protection constante que Paris a offert aux génocidaires depuis 13 ans, c’est aussi une manière de taire les différents aspects de la coopération franco-rwandaise d’avant le génocide, dont les Rwandais savent tout, naturellement. D’ailleurs, lors de la dernière phase de son procès, le colonel Bagosora (considéré comme le cerveau du génocide) a fait citer des officiers français, histoire de rappeler que la République était avant 1994 très proche des extrémistes.
      Nous aurons l’occasion de revenir sur le sujet qui, vous l’aurez compris, est dense et complexe.

      • mathieu-s
        • Posté à 17h58 le 21/07/2007
        • Internaute 11805

        Vous écrivez :

        « On oublie trop souvent que le génocide rwandais fut d’abord et avant tout une formidable machine politico-administrative à tuer les “ennemis intérieurs”.

        “On” oublie... c’est donc que “on” savait ». Qui est ce « on » ?
        Cette thèse de la « machine politico-administrative » mériterait d’être un peu démontrée plutôt que rapportée à la compétence d’un « on » inexistant qui serait en train de l’oublier...

        Vous écrivez aussi :

        « le colonel Bagosora (considéré comme le cerveau du génocide) »

        « Considéré » par qui ?

        Ce ne sont que deux exemples de votre mode d’expression...
        Vous vous posez comme quelqu’un qui « sait » une vérité, appuyé par l’évidence d’un consensus opaque, non identifié.
        Vous n’avez pas besoin de prouver ou d’argumenter ce que vous dites, puisque le « on » anonyme auquel vous êtes adossé est, lui, entièrement convaincu de vos repères et références ;

        Alors... il me semble que votre façon de vous exprimer affaiblit beaucoup la cause que vous dites défendre.

        La tragédie Rwandaise mérite certainement mieux que vos effets.

         
        • David Servenay
          David Servenay répond à mathieu-s
          Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
          • Posté à 18h47 le 21/07/2007
          • Internaute 8946
            Ex-Rue89

          Il se trouve, mathieu-s, que j’ai passé trois ans à enquêter sur l’implication de la France dans le génocide rwandais. En particulier sur la manière dont les Rwandais ont intégré à leur appareil d’Etat la doctrine dite de la « guerre révolutionnaire ». Et tout cela a été synthétisé dans un livre de 400 pages dont un internaute a eu la gentillesse de rappeler que je suis le co-auteur avec Gabriel Périès, lui aussi professeur des universités.
          Alors, oui, je le confesse, je crois (un peu) savoir ce qui s’est passé au Rwanda dans les années 90 en matière de « machine politico-administrative ». Nous en avons rapporté de multiples preuves dans la longue démonstration de notre livre.
          Quand j’écris (considéré comme le cerveau du génocide), je fais référence à la jurisprudence du TPIR qui a clairement établi le rôle joué par cet éminent professionnel. Mais aussi aux pages noircies dans son agenda de 1993, où le colonel montre qu’il prépare, un an avant les massacres, un terrible appareil de mort.
          Enfin, je suis d’accord avec vous, l’emploi du « on » n’est pas des plus heureux dans un article. Mais, vous l’ignorez peut-être, il faut aller vite lorsque l’on (les journalistes) se livre à ce genre d’exercice. Alors, si cette faute de goût constitue à vos yeux l’intérêt de cette modeste contribution, plongez-vous dans les très bons livres indiqués dans les commentaires suivants.
          Bonne journée.

          • Anonyme répond à David Servenay

            Votre papier résume de très bonne manière les événements survenus au Rwanda et pose avec pertinence le rôle pour le moins trouble joué par la France dans cette tragédie. Cependant, une précision s’impose au sujet du colonel Bagosora, dont j’ai couvert une partie du procès pour plusieurs médias européens. La qualification de « cerveau » n’est pas une jurisprudence du TPIR mais le terme retenu par l’accusation pour désigner celui qu’elle considère comme le meneur du génocide. Hormis le fait que la première chambre du TPIR n’a pas encore rendu son jugement dans le procès dit « militaire 1 » dans lequel comparaît Bagosora, il serait étonnant que le tribunal retienne le qualificatif « cerveau », terme peu juridique.
            Fabien Grasser

        • Anonyme répond à mathieu-s

          C’est de l’information...et forcément le « mode d’expression » diffère sensiblement de celui dont on fait usage lorsqu’on rédige un mémoire ou un article pour une publication scientifique et/ou spécialisée ! ! !
          Imaginez la place que prendrait dans votre Journal Quotidien, la Bibliographie sur laquelle s’appuyerait chacun des articles publiés...
          Un journaliste est libre de s’exprimer comme il l’entend, sa démarche et ses objectifs ne sont pas les mêmes que ceux d’un chercheur.

        3 autres commentaires
    • zorbeck
      • Posté à 10h17 le 21/07/2007
      • Internaute 9110

      C’est une excellente question.
      Il faut se rendre à l’évidence, le Rwanda n’est pas l’Irak. Au delà du fait que Mitterrand était parait-il en très bon termes avec le dictateur hutu (dont l’assassinat a déclenché le massacre), je ne vois pas d’intérêts vitaux en jeu pour la France, si ce n’est juste celui de maintenir ou d’étendre la Francafrique (les Tutsis sont plutôt anglophones).
      Probablement une question de pur prestige donc. Juste pour assurer le rayonnement de la France en Afrique au nez des anglo-saxons. Une revanche à Fachoda en quelque sorte...

      • Anonyme répond à zorbeck

        Merci à tous pour vos réponses et pour ces précisions dont j’avais grandement besoin, pour mieux saisir la situation de la France vis à vis du Rwanda.

  • Anonyme

    M. Servenay vous pourriez poursuivre utilement votre article en rapprochant les personnes citées sur la liste des genocidaires (et celle d’interpol), puis croiser à un moteur de recherche et comme par hasard découvrir que bon nombre de génocidaires ont pignon sur rue dans notre magnifique pays des droits de l’homme.

    • David Servenay
      David Servenay
      Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
      • Posté à 10h12 le 21/07/2007
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      Vous avez tout à fait raison, mais on ne peut pas tout dire sur cette question dans un article.
      Et puis la France n’est pas le seul hâvre des anciens génocidaires. A Bruxelles, comme à Nairobi ou à Kigali, vous trouvez aujourd’hui de nombreux anciens responsables politiques, économiques ou militaires qui ont joué un rôle dans le génocide.
      Je dis aussi Kigali, car depuis trois ans, le pouvoir a entamé une politique de réconciliation qui consiste à rallier d’anciens responsables (surtout militaires) pour assurer la tranquillité du pays.

      • Anonyme répond à David Servenay

        Un peu partout dans le monde, de fait, les génocidaires coulent des jours paisibles ! N’est-ce qu’une coïncidence que la France commence à bouger maintenant ? Bruguière ne devrait-il pas se retirer (en Thailande, par exemple) avec Chirac et quelques autres ? ( Lien )
        Oui, dans un bref article, il est impensable de résumer cette affaire : dommage que vous ne l’ayez pas émaillé de références, vous qui êtes bien placé pour savoir que l’opinion publique française est en majorité ignorante de l’implication de la France, voire prête à la dénier.

  • Anonyme

    A Quand meme ! C’est pas trop tot !

  • Anonyme

    Dans une démocratie digne, le gouvernement français de l’époque aurait à rendre des compte mais malheureusement on a laissé aux parlementaires de faire une enquête et une commission qui n’a abouti à rien. Il est connu qu’en France, le parlement n’est qu’une chambre d’enregistrement et donc ce type des problèmes de type Rwanda sans le même ampleur se répéteront.
    La montée du « banditisme » industriel au Soudan, des milices au Nigeria et sûrement dans les pays d’Afrique Centrale (Cameroun, Conga) sont des phénomènes que les gouvernement occidentaux devraient prendre au sérieux car les revenus de l’exploitation de la forêt, du pétrole et gaz naturel, ne servant pas au développement des régions (localités) où ils extraits, poussent les populations locales à se constituer en milice dont la discrimination ethnique est la base. Le Nigéria en ce moment voient des rapts d’occidentaux se multiplier dans la région de Port-Harcourt grâce à l’exploitation par des « bandes armées “, de la misère des populations de cette region qui produit le pétrole de très bonne qualité convoité et utilisé depuis des décennies par les compagnies anglaises, américaines et dans la moindre mesure françaises. Les mêmes phénomènes commencent à apparaître en Afrique centrale et cela n’ira qu’en s’accentuant et le manque d’éducation de ses populations les amène a se retourner directement conte l’ethnie au pouvoir. La nouvelle ‘radio des milles collines’ c’est l’opulence qu’affiche les exploitants des ressources naturelles.

    • David Servenay
      David Servenay
      Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
      • Posté à 10h28 le 21/07/2007
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      Votre commentaire, CA de 8h15, me semble un peu hatif.
      La mission d’information parlementaire de 1998 (pas commission qui a des pouvoirs d’enquête plus important) n’a pas « abouti à rien ». Elle a rendu un rapport de plus de mille pages (avec les annexes) qui est une mine d’informations pour ceux qui se donnent la peine de le lire. Très utile pour tous les chercheurs, journalistes ou citoyens qui veulent comprendre ce qui s’est passé au Rwanda.
      Evidemment, ses conclusions, présentées par Paul Quilès lors de la remise du rapport à la presse, sont discutables. Mais la plupart des parlementaires qui ont participé à ce travail -notamment Bernard Cazeneuve- l’ont fait avec beaucoup de sérieux.
      Aujourd’hui, certains l’ont d’ailleurs proposé, ce travail mériterait une suite, car on connaît désormais de nombreux détails et de nouvelles archives qui rendent caduc ce rapport.
      A lire sur le site de l’Assemblée nationale :
      Lien

  • Anonyme

    pour la France, en effet, il semble qu’il y’a eu une ingérence de la France qui a laissée faire ce massacre de Masse. Les collaborateurs de ce massacre, un prêtre défroqué soit disant violeur et qui préchait jusqu’à avant hier en France en toute quiétude depuis 10 ans et un ancien prefet « pousse au crime » sont enfin mis en examen.

    Il semble que la France soit maintenant prete à accepter le proces de ses erreurs au Rwanda couvertes apr tout les ministres et gouvernements jusqu’à ce jour.

    Lien

    • Anonyme

      oui il faut esperer que cela continue afin que la France reconnaisse ses tort.
      cela nous grandirai

  • Anonyme

    j’aime beaucoup ceux qui regardent dans le rétroviseur en oubliant qu’aujourd’hui des massacres ont lieu en Palestine, Irak, Afghanistan.

    quant à ce lieu commun « Dans cette bataille acharnée, les historiens diront peut-être un jour que la principale victime fut la vérité » il a tellement été rabaché qu’il devient risible, d’autant que des lois imposent aux historiens de ne pas aborder toutes les questions que l’Histoire pose.

    Qui a intérêt à impliquer la France au maximum dans cettte période Rwandaise ? Quiroule pour qui ?

    • manju35
      • Posté à 10h55 le 21/07/2007
      • Internaute 8396

      même,si cela te fais mal au niveau du minaret..
      n’oublie pas le Darfour...........

      • Anonyme répond à manju35

        Ça ne me fait pas mal, ce n’était que quelques exemples auxquels il faut rajouter, Darfour, Colombie, Mauritanie, les Tamouls, les Hmongs, et on en oublie tellement il y en a !

         
        • manju35
          • Posté à 15h02 le 21/07/2007
          • Internaute 8396

          merci,mais qq intégristes musulmans et anti-sémites(dont Manu2005),viennent souvent sur ce site déverser leur haine,des blancs,des juifs,des africains non-musulmans...etc....

          • Anonyme répond à manju35

            tu sais que tu es à la limite du racisme le plus crasse avec ton « même si ça te fais mal au minaret » ? c’est léger comme du JM LePen. gaffe manju35 tu craques un peu trop ces temps-ci. alors prend des vacances et arrêtes de nous les raper avec ta parano.

        2 autres commentaires
    • Anonyme

      Il faudrait commencer à réfléchir un peu aux mots qu’on utilise !

      Même si un massacre, selon son contexte, peut tout à fait entrer dans la catégorie des crimes contre l’humanité, cela n’en fait pas pour autant un génocide.

      Le génocide rwandais n’est pas juste un massacre. L’objectif avait la particularité d’éradiquer de la surface de la planète un peuple tout entier, jusqu’à son simple souvenir. Ce point particulier fait des Génocides une catégorie particulière des crimes contre l’humanité qu’on ne peut pas réduire à de simples massacres.

      La question de l’ampleur n’est également à mettre de côté. Jamais dans l’histoire de l’humanité, on n’a tué plus vite qu’au Rwanda en 1994. Même les camps d’extermination nazis n’ont pas atteint un telle rendement.

      Alors, même si je suis particulièrement sensible à ce qui se passe en Palestine, en Irak ou en Afghanistan (Vous qui semblez soucieux de parler des crimes dont on ne parle pas souvent (la palestine, personne n’en parle, évidement...), vous auriez pu ajouter le Congo-Brazzaville en 1998, où Sassou N’Guesso (ami de Chirac, Sarko et Bolloré) en fait exterminer dans les 100 000 civils issus de populations soupçonnées de sympathie pour l’un de ses opposants)
      il est inacceptable d’oser une seconde faire ce genre de comparaison disproportionnée.

      Personne n’a décidé de faire disparaître les Irakiens de la surface du globe. De même, la situation des palestiniens, pour insupportable qu’elle soit, n’est pas celle d’une population livrée à l’extermination par dizaine de milliers à la machette dans des stades de foot.

      Je n’ai encore jamais entendu parler de montagnes de dizaines de milliers de cadavres de palestiniens ou d’Afghans.

      On peut évidement parler des massacres de Sabra et Chatila, on de certains massacres perpétrés contre des civils palestiniens au cours des différentes guerres Israelo-Arabes, qui rentrent bien dans la catégorie des crimes contre l’humanité. Mais même dans ce cas, le but n’était pas d’éliminer l’ensemble du peuple palestinien de la surface du globe (même si je suis conscient que certains fachos de par le monde aient pu avoir ce projet).

      J’ai beaucoup de respect pour la soufrance de ces peuples et je suis conscient de la nécessaire aide que le droit international pourrait et devrait leur apporter. Mais raconter n’importe quoi de cette façon ne leur rend pas service. Cela décrédibilise le discours qui devrait permettre de construire une vraie justice internationale.

      Et ce qui me dégoute le plus, c’est ce discours fourre tout où l’on mélange tous les niveaux de barbarie et où on parle de ce qu’il y a dans l’oeil du voisin pour ne pas examiner ce qu’on a dans le sien.

      Certaines des personnes qui ont ce discous, au fond d’eux même, n’en n’ont rien battre des Palestiens ou des Irakiens, ou de la Justice Internationale. Ce qui les intéresse, c’est de pouvoir critiquer l’ennemi anglo-saxon, américain ou Israélien. Alors, on se focalise sur les victimes de leurs crimes dont on prétend être solidaire et on minimise les crimes commis par notre pays. Cette exploitation du malheur des autres pour satisfaire son égo et sa nostalgie de l’empire colonial français perdu au profit des deux blocs de la guerre froide et proprement gerbante et très en vogue dans les milieux d’extrème-droite. Du côté de certains membres de la gauche tiers-mondiste, dont je pense quand même faire partie, c’est les nostalgique de la lutte contre les méchants capitalistes qui oublient les crimes du camps d’en face pour cracher sur les Anglo-saxons.

      C’est tout le résultat du génie de De Gaulle qui a réussi à faire croire à son anti-américanisme pour ménager la nostalgie de grande puissance coloniale de la France, tout en assurant le rôle de rempart anti-communiste en Afrique (cf le massacre au napalm par l’armée française de 200 000 opposants syndicalistes au Cameroun en 1962).

      Alors ne me parlez pas de rétroviseur. Ces crimes n’ont pas 15 ans. De nombreuses victimes attendent toujours justice.
      Comment voulez vous qu’un monde incapable de rendre justice aux victimes d’un génocide de 12 ans d’age puisse un jour rendre justice aux Palestiniens, aux Irakiens ou aux Afghans ?

    • Anonyme

      Qui à intérêt à impliquer la France dans cette période ?

      Mais la France s’est impliquée elle-même.

      Demandez aux responsables aux pouvoir à l’époque quel intérêt la France avait à soutenir à bout de bras jusqu’après le génocide un gouvernement exterminateur.

      Je suis sûr que Balladur, Juppé, Védrine n’attendent plus qu’on leur demande pour enfin soulager leur conscience.

      Plus sérieusement, ne pensez vous pas que les rescapés du génocide et les familles des victimes auraient intérêt à cette justice.

      Ne pensez vous pas que nous, Français, nous y aurions aussi intérêt ? ou pensez vous qu’il vaut mieux continuer à accueillir des génocidaires au moment ou l’on expulse de simples migrants victimes de la misère que la France (et les autres) imposent à leurs pays ? Pensez vous que cela nous rend crédible pour ensuite faire la leçon (que d’ailleurs on ne fait pas) aux russes (tchetchénie) ou aux américains (c’est marrant, on leur fait déja un peu plus la leçon à eux). Les pays scandinaves, qui ne sont pas impliqués dans ces rivalités de celui qui pisse le plus loin, n’ont pas à jouer à ces jeux de ping pong idiots. Lisez donc les bouquins d’Eva Joly !

      Ne pensez vous pas que les peuples dont vous parlez auraient intérêt à l’extension de la jurisprudence internationale sur la question des crimes contre l’humanité ? Pourquoi jouer ce jeu débile de l’opposition entre les Palestiniens ou les Irakiens, et les Tutsis Rwandais ?

      Ne pensez vous pas que les soldats de l’armée Française (en particulier ceux des échelons inférieurs), pour une bonne part largement manipulés dans cette affaire par leur hiérarchie et par la présidence de la république, auraient intérêt à pouvoir enfin voir leur honneur lavé en chatiant ceux du sommet qui savaient ? Pour moi, l’affaire Rwandaise est pour la France l’affaire Dreyfus du 20ieme siècle.

      Pour vous parapharaser : qui a intérêt à opposer un crime à un autre, si ce n’est le criminel qui veut se disculper ? Qui roule pour qui ?

  • Anonyme

    Il était temps que la justice française se reveille. Car ça fait plusieurs années que la Belgique traque le génocideurs rwandais chez elle...

  • Anonyme

    Tout cela n’est que gesticulation !
    Les gouvernements belge et français de l’époque ont une grande responsabilité sur ce génocide mais cela est sans conséquence. On a jamais un gouvernement occidental prendre des fortes sanctions contre ses administrations (armée ou diplomates) à la suite de comportement répréhensible. Les gens s’en foutent alors ne faite que cela ait une utilité quelconque. Vous des millions d’anglais étaient contre la guerre en Irak, ils ont revotés Blair. La commandement de l’armée américaine en Irak n’a pas été puni suite à Abul Grail. Balladur préside en ce moment une grande commission sur les institutions alors que certains parlementaires ont des doutes par rapport à sa réaction et celui de son équipe gouvernemental lors du génocide.
    Il faut bien que Matra, Dassault, Sagem etc ... Sogerma vivent ....

  • Anonyme

    Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la participation de la France au Rwanda, je recommande vivement la lecture de deux livres (ce ne sont pas les seuls) mais ils donnent un aperçu de cette affaire assez éloquente.

    Il s’agit de :

    « Une saison de machettes » de Jean Hatzfeld
    et
     » L’inavouable » de Patrick de Saint-Exupéry.

    Les émissions de Daniel Mermet où nous croisons le parcours d’une fillette nommée Valentine sont excellentes et toujours consultables sur le site las-bas.org.

    Merci pour votre article, c’est bien pour tout citoyen de savoir quelles sont les « représentations » de la France en dehors de l’Europe...

    hycare

     ;

    • Anonyme

      on peut ajouter
      « j’ai serré la main du diable »
      du general canadien romeo dallaire chef des caques bleus durant le genocide ! !

    • Liesel Schiffer
      Liesel Schiffer
      Ecrivain
      • Posté à 13h58 le 21/07/2007
      • Internaute 12931
        Ecrivain

      ... peut-être plus clairs, plus « didactiques » :
      - « Rwanda, le génocide », Gérard Prunier, Dagorno
      - « le Piège ethnique », Benjamin Sehene, Dagorno
      - « Rwanda, les médias du génocide », Jean-Pierre Chrétien, Karthala
      - « Histoire du Rwanda de la préhistoire à nos jours », Bernard Lugan, Bartillat

      • Anonyme répond à Liesel Schiffer

        Heu, en ce qui concerne Bernard Lugan, il faut quand même ajouter qu’il s’agit d’un des principaux partisant de la théorie racialiste pour explique le génocide rwandais. Ainsi, dans plusieurs de ses écrits, il expose toute un délire raciste pour expliquer les différences fondamentales entre l’éthnie Tutsie et l’ethnie Hutu.

        Il y a un commentaire sur Lugan dans cet article de Nicolas Bancel :

        Lien

        En voici un extrait

        « Pour exemple et parce qu’il [Lugan] constitue une sorte de synthèse, j’ai choisi d’analyser un article qui a été publié bien avant le génocide, en 1988, dans la revue Spectacle du Monde. Cet article s’intitule “ Tutsi et Hutu : drame atavique ” et est signé Bernard Lugan. Cet article résume à lui seul tous les stéréotypes de l’interprétation ethniste appliquée au Rwanda. Prenant comme point de référence les massacres d’août 1988 au Burundi, l’auteur les analyses en ces termes : “ Tutsi et Hutu vivent sur le même sol du Rwanda et du Burundi. Ils parlent la même langue, mais tout les séparent. Leurs différences sont raciales. D’où un drame permanent qui ne s’est pas apaisé avec le temps [...]. Une fois encore, l’Afrique apporte la tragique confirmation de ses déterminismes ethniques [...]. L’auteur poursuit ‘ Au simple coup d’œil, il est aisé de distinguer les Tutsi par leur taille élevée, leur crâne allongé, leur port altier et parfois arrogant, leurs traits non-négroïdes. Ils savent se montrer distants, fiers, maîtres de leurs sentiments. Leur autorité naturelle et leur habileté leur ont permis de s’imposer à la masse Hutu, au terme d’un long processus que les ethnologues et les historiens du Rwanda et du Burundi ont longuement étudié. ’
        Extraordinaire continuité entre le discours de l’anthropologie raciale de la fin du XIXe siècle et cette description des ‘ déterminismes ethniques ’, des ‘ différences raciales ’ entre Tutsi et Hutu ! A leurs principes, le même mécanisme mental : une essentialisation de la ‘ race ’, aux fondements des structures sociales comme des oppositions politiques. La biologisation du social, impossible en Europe après la politique nazie et la catastrophe de l’holocauste, est encore utilisée en Afrique comme un paradigme par quelques ‘ chercheurs ’ et, nous le verrons, certains journalistes. Le cas est ici extrême, puisque Bernard Lugan, rejeté par la quasi-totalité des africanistes, représente le courant le plus radical de la pensée racialiste (4). C’est le prêt à penser raciste, qui doit ‘ expliquer ’ tous les conflits interafricains actuels par le déterminisme de la race. Inutile de dire que des chercheurs ont, depuis longtemps, fait litière de cette ‘ explication ’ (5). L’essentialisation des différences ethniques est un processus politique, dont la genèse est coloniale (6).”

         
        • Dussardier
          • Posté à 19h49 le 24/08/2007
          • Internaute 15209

          Cet article, publié dans une revue non scientifique et très marquée à droite, est tout à fait indigne des travaux de Bernard Lugan. Ce qu’il écrit dans ses livres (« Rwanda, le génocide, l’Église et la démocratie », éd. du Rocher, 2004 ; « François Mitterrand, l’armée française et le Rwanda », éd. du Rocher, 2005 ; « Rwanda : contre-enquête sur le génocide », éd. Privat, 2007) est bien plus intéressant.
          Sur le fond, M. Lugan ne biologise pas le social, il constate qu’il existe des groupes de population présentant des morphotypes. Direz-vous qu’un Éthiopien ressemble à un Lapon ? Ces différences physiques ne rendent ni plus idiot, ni plus intelligent, ni quoi que ce soit d’autre, mais elles existent. Et ces différences sont souvent instrumentalisées, par exemple au Rwanda et au Burundi. M. Lugan ne dit pas autre chose.

        1 autres commentaires
      • Anonyme répond à Liesel Schiffer

        Méfiez-vous de l’instrumentalisation du « Génocide » par le pouvoir totalitaire en place aujourd’hui à Kigali. N’oubliez pas que l’armée patriotique rwandaise (APR) qui a gagné la guerre nous a aussi rendu aussi orphelins de la même sorte que les Interahamwes du MRND en 1994 et même après. Nous qui sommes d’origine mixte (Hutu et Tutsi) on sait très bien que ce conflit est de nature purement politique et que chaque occasion est bonne à prendre pour tuer le maximum d’opposants et se maintenir durablement au pouvoir ceci est valable aussi bien pour l’ex président Habyarimana que l’actuel Kagame.
        D’autres livres à lire :
        - Noirs fureurs, Blancs menteurs de Pierre Péan
        - Les secrets de la Justice Internationale de Charles Onana
        - Les secrets du génocide rwandais : enquête sur les mystères d’un président, Bondy, Éditions Minsi, 2001.

        Vamoss

  • Anonyme

    « Les gouvernements belge et français de l’époque ont une grande responsabilité sur ce génocide »

    Pourriez vous me dire en quoi ? merci

    • zorbeck
      • Posté à 15h14 le 21/07/2007
      • Internaute 9110

      Parce qu’ils étaient parfaitement au courant de ce qui se passait à l’époque et qu’ils ont préféré jouer les autruches en continuant à soutenir le régime en place, couvrant hypocritement le tout par un souhait de non ingérence...

      • Anonyme répond à zorbeck

        à l’epoque, c’est à dire à la veille du génocide (1994), le Ruanda était un pays en guerre contre une guerilla (FPR) soutenu par son voisin l’Ouganda. le Ruanda n’avait il pas changé sa constitution(1991) pour aller vers le multipartisme ? prévu (avec le FPR) aux accords d’Arusha (1993) l’organisation du retour des exilés Tutsi et leur intégration politique et militaire ?
        quel pays à l’époque n’était pas sur la même position que la France ? Qui croire ?

        merci de vos lumières.

         
        • Anonyme

          Qui a planifié le génocide des Tutsi ?

          Le gouvernement Rwandais dirigé par Habyarimana et son partit le Hutu Power.

          Les documents déclassifiés récement et publiés par Le Monde (dans un bel élan d’hypocrisie, il faut bien le dire, puisque Le monde savait tout cela depuis longtemps et a longtemps bataillé contre ce qu’il présente aujourd’hui comme un scoop) montrent avec une grande clarté le double jeu de la France, qui d’un côté déclare se positionner pour une solution d’appaisement et qui de l’autre côté milite pour une radicalisation et donne tous les moyens à un camps pour écraser l’autre.

          • Dussardier
            • Posté à 19h44 le 24/08/2007
            • Internaute 15209

            1° Le génocide des Rwandais tutsis n’a pas été planifié. Le TPIR s’est maladivement attaché à défendre cette thèse, et n’a pourtant recueilli aucune espèce de preuve, en plus de douze ans de travail. De toute façon, ceux qui prétendent que Juvénal Habyarimana a planifié le génocide sont totalement illogique, vu qu’ils affirment, dans le même temps, que les auteurs de l’attentat du 6 avril 1994 sont des ethno-nationalistes hutus...

            2° Les commentaires des documents par Piotr Smolar, journaliste non spécialiste de l’Afrique (je dirai même ignare) étaient déjà tendancieux, les vôtres sont carrément malhonnêtes.

            3° Si la France avait souhaité que le président Habyarimana écrase la France, M. Kagamé ne serait aujourd’hui qu’un officier ougandais. C’est la France qui a remis le FPR dans le jeu, hélas ! C’est la France qui monnayé chichement son soutien militaire (sauf pendant l’offensive de février 1993).

        2 autres commentaires
    • Anonyme

      Sans rentrer dans des explications hypothétiques des intérêts français et autres psychanalyse du complexe de Fachoda, on constate (entre autres) :

      Que le soutient militaires français au régime extrémiste Hutu reste stable entre 90 et 93, malgré les rapports de l’ONU sur les massacres réguliers (et préparatoires) de populations Tutsi.

      Que des conseillers militaires français forment dans cette période les Forces Armées Rwandaises qui encadreront le génocide. Durant cette période les FAR passent de 5 000 à 50 000 hommes.

      Que des conseillers militaires français sont au côté du gouvernement génocidaire PENDANT le génocide.

      Qu’une délégation du gouvernement génocidaire (comprenant son ministre des affaires étrangères) est reçue par Mitterant et Juppé le 27 avril (les massacres sont en cours depuis le 7 et Mitterant est au courant).

      A lire :

      « La nuit Rwandaise » de Jean-Paul Gouteux et la revue annuelle du même nom par un collectif de rédacteurs.

      • Dussardier
        • Posté à 19h33 le 24/08/2007
        • Internaute 15209

        — Il n’y avait pas de « régime extrémiste hutu ». Le régime de Juvénal Habyarimana est devenu multipartite dès 1991, et l’opposition a pris la direction du gouvernement l’année suivante.

        — Il n’y a pas eu de rapport de l’ONU sur des « massacres préparatoires ». Il y a eu, en revanche, une grotesque commission d’ONG, en janvier 1993, dont le rapport, bâclé, a servi de prétexte au FPR pour lancer une brutale offensive, le mois suivant, au cours de laquelle ses troupes ad hoc ont assassiné 40 000 civils désarmés.

        — Certains officiers des FAR ont eu un comportement abject pendant le génocide des Rwandais tutsis, mais d’autres n’ont rien eu à voir là-dedans. Incriminer les FAR en tant que telles n’a donc pas de sens.

        — Les conseillers militaires français encore présents après le retrait de la fin 1993 (présents au titre de l’accord de 1975) ont été évacués par l’opération Amaryllis, en avril 1994.

        — Qualifier de « génocidaire » la délégation reçue en France le 27 est une assertion dénuée de fondement.

  • Anonyme

    deux clients de plus pour maitre Vergès

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