Tribune 27/07/2008 à 19h04

Sarkozy, Guaino et l'Afrique : où est la rupture ?

David Servenay | Ex-Rue89

Henri Guaino est une plume orgueilleuse. Un an après le très controversé discours de Dakar de Nicolas Sarkozy, voici que le conseiller spécial du président de la République justifie dans Le Monde ces mots prononcés en juillet 2007 dans un amphithéâtre devant un parterre d’étudiants sénégalais.

Visiblement, il n’a pas digéré l’accusation de « racisme » formulée plus tard par Bernard-Henri Lévy, en pleine promotion de son livre. On le comprend. Mais, à trop vouloir donner des leçons, on attire les moralistes.

Personne n’a sérieusement songé à taxer Henri Guaino de raciste patenté

Passons sur la discussion de salon, Hegel, Senghor, Lévi-Strauss, Mounier et Braudel. Là où Henri Guaino se trompe, c’est que personne n’a sérieusement songé à le taxer de raciste patenté. La (re-)lecture du discours de Dakar, fort bien tourné, en apportera d’ailleurs une confirmation à ceux qui doutent. Pourquoi Henri Guaino, le « gaulliste social », le concepteur de la « fracture sociale » de 1995, le laudateur de Jaurès et de Blum en 2007, serait devenu subitement un partisan des infâmes théories de Gobineau ? Henri Guaino fait mieux, il nous invite à discuter son point de vue :

« Toute l’Afrique n’a pas rejeté le discours de Dakar. Encore faut-il le lire avec un peu de bonne foi. On peut en discuter sans mépris, sans insultes. Est-ce trop demander ? Et si nous n’en sommes pas capables, à quoi ressemblera demain notre démocratie ? “

D’accord, alors relisons. Voici la citation complète du passage incriminé, qui ne s’arrête pas à la première phrase retenue dans Le Monde :

‘Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.

Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.

Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance.

Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.’

A chacun de juger, mais aujourd’hui encore, pour qui vit l’Afrique au quotidien, la description est anachronique. Tous les jours, l’Afrique et les Africains inventent la modernité. Regardez un peu ce qu’en pensent les Chinois, qu’Henri Guaino n’a pas pris la peine de citer à Dakar.

La suite relève surtout du cliché : l’Africain est un ‘paysan’, le continent est déchiré par ‘les guerres sanglantes’, mais il a heureusement un ‘imaginaire merveilleux’ et une ‘sagesse ancestrale’. Jusqu’à l’apogée sur la colonisation, les ‘routes’, les ‘ponts’, l’Européen qui ‘féconde les terres vierges’, qui pouvait être ‘méchant’ ou ‘bon’. Quel mouvement dialectique ! Mais la réalité, où est-elle ? Cinq raisons de douter de la ‘politique des réalités’

Si cette question se pose aujourd’hui, c’est précisément parce qu’un an après ce discours de Dakar appelant à une ‘politique des réalités’, il est temps de dresser un état des lieux de la ‘rupture’ tant vantée du printemps 2007.

D’abord, contrairement à ce qu’avance Henri Guaino, la presse africaine a immédiatement mal reçu ce message. Qu’on relise donc les éditos de la presse sénégalaise. Ou encore les analyses des Africanistes qui, avec un peu de recul en février 2008 à l’occasion du voyage en Afrique du Sud, regardaient Dakar avec la même méfiance. Pourquoi ? J’y vois au moins cinq raisons réalistes : ► La nucléarisation incontrôlée du continent. L’histoire est connue entre l’ex-madame Sarkozy et les infirmières bulgares, la France a vendu une centrale nucléaire au colonel Khadafi dans des conditions encore troubles.

Le maintien d’une politique de défense incohérente. Depuis l’affaire tchadienne, où Paris soutient à bout de bras un président fatigué mais jugé irremplaçable, Nicolas Sarkozy n’a pas encore réalisé la promesse de révision des accords de défense annoncée au Cap.

L’allégeance aux circuits de corruption internationaux. Comment considérer autrement le limogeage brutal du secrétaire d’Etat à la Coopération, Jean-Marie Bockel, qui avait osé critiquer le sage Omar Bongo, recordman toutes catégories de la longévité présidentielle (quarante ans au pouvoir) et des placements patrimoniaux ? ► La faiblesse chronique des crédits de la coopération. L’aide publique au développement (APD) pour 2008 n’atteint toujours pas l’objectif intermédiaire de 0,5% du Revenu national brut pour 2010 ; tandis que seul 1% de cette aide transite par les ONG, contre 8,5% au Royaume Uni et 11% en Allemagne ; sur ce sujet, la France est le pays européen le plus mal classé de l’OCDE.

L’oubli des engagements particuliers. En entrant en fonction, le président Sarkozy a pris soin de multiplier les gestes symboliques en recevant Elisabeth Borrel, Osange Silou-Kieffer... Depuis, qu’a-t-il fait de plus que son prédecesseur ? Pire, serait-on tenter de répondre, car le temps fait son oeuvre.

Faut-il donner raison à ceux qui disent que Nicolas Sarkozy ne s’intéresse pas à la politique étrangère et encore moins à l’Afrique ? Que le ‘développement partagé’, les ‘projets communs’, la ‘stratégie commune dans la mondialisation’ et la ‘politique d’immigration négociée ensemble’ resteront lettre morte ? Un doute sur la sincérité de l’engagement africain d’Henri Guaino

Pourtant, les dirigeants africains n’ont pas été avares en compliment sur la démarche présentée lors d’un discours qualifié de ‘révolutionnaire’ par le président ivoirien Laurent Gbagbo. Je veux parler du discours du Cap, en février 2008 devant le parlement sud-africain, bien plus novateur que celui de Dakar. Mais Henri Guaino a-t-il écrit ce texte ? Il serait l’oeuvre d’une plume plus discrète. Pourtant, là encore, la rupture est infiniment lente.

Enfin, on peut avoir un doute sur la connaissance du terrain africain et sur la sincérité de l’engagement d’Henri Guaino. En relisant le discours de Dakar, une phrase m’a sauté aux yeux (mea culpa, elle avait échappé à la première lecture), car elle reprend les pires antiennes de l’ère Mitterrand-Pasqua-Balladur. Je veux parler de cette allusion au Rwanda, glissée au détour de ce passage consacré à la responsabilité de la France dans l’histoire africaine :

‘La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n’est pas responsable des génocides. Elle n’est pas responsable des dictateurs. Elle n’est pas responsable du fanatisme. Elle n’est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n’est pas responsable des gaspillages et de la pollution.’

Fort bien. Mais pourquoi parler ‘des génocides’ ? Quels sont-ils ces ‘génocides’ ? En existe-t-il d’autres que celui qui se déroula du 7 avril à la fin de l’année 1994 dans les collines rwandaises, ainsi que le définit le texte de reconnaissance officielle de l’ONU ? Je n’en vois pas.

En revanche, je sais que la confusion est savamment entretenue depuis la conférence de presse finale de François Mitterrand au sommet franco-africain de Biarritz, en novembre 1994. Le président français avait, le premier, joué de l’ambiguïté, accusant les forces du FPR (Front patriotique rwandais) de commettre, eux aussi, le pire contre les vrais génocidaires que l’armée française protégeait dans les forêts du Kivu.

Depuis, Hubert Védrine, Dominique de Villepin et d’autres ont publiquement repris l’expression. J’ai aussi noté que nos relations avec Kigali n’ont pas vraiment évolué depuis un an. Alors, de quelle ‘rupture’ parle-t-on ? Dernier détail : lorsqu’Henri Guaino parle ‘d’Eurafrique’, comme d’un horizon d’espoir à la nouvelle politique française, il ne fait que reprendre une expression utilisée par... Pierre Messmer, en 1959, lors d’une conférence devant les stagiaires de l’Ecole supérieure de guerre. Une trace de gaullisme dans la rupture, sans doute...

Addendum, le 29/07/08, à 13h00 : Nous avons corrigé l’article, suite à ce message :

‘Dans cet article, fort intéressant, il est dit qu’au début de son mandat, le président a fait des gestes symboliques en recevant certaines familles de victimes ; et l’article cite la famille Ben Barka. Précisément, la seule famille de victime qui n’a pas été reçue par le président est la famille de Mehdi Ben Barka. Meilleures salutations, Bachir Ben Barka-Fils aîné de Mehdi Ben Barka.’

Avec nos excuses à la famille Ben Barka.

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  • ysengrimus
    • Posté à 03h54 le 28/07/2008
    • Internaute 12674

    Quand ils ne contrôlent même pas 50% de leurs finances nationales, on est certainement dans le « pas assez »...

    Lien

    Paul Laurendeau

    • vieux grincheux
      vieux grincheux répond à ysengrimus
      libre penseur
      • Posté à 07h43 le 28/07/2008
      • Internaute 9926
        libre penseur

      Notre « civilisation », qui est entrée dans l’ Histoire, l’ a tellement marquée que la planète est en train de nous le rappeler...puisque desormais,ce n’ est pas nous qui fonçons dans le mur mais le mur qui nous fonce dessus.

      On visionnera avec intérêt cette vidéo, et on la diffusera au plus grand nombre afin de ne pas dire qu’ on ne savait pas...
      Lien

      merci à Tv bruits, qui fonctionne avec de petits moyens, alors si vous avez de la thune qui dort, vous savez où vous pouvez l’ utiliser (LOL ! ! !) et entrer dans l’ Histoire qui s’ écrit.

      Merci à Utopimages....

      Votre dévoué Vieux Grincheux

       
      • clomani14
        clomani14 répond à vieux grincheux
        Paris
        • Posté à 08h28 le 28/07/2008
        • Internaute 24164
          Paris

        Vieux Grincheux, j’ai vu cette vidéo récemment et cela m’a fait beaucoup de bien.
        Une fois qu’on l’a vue, qu’on a lu le livre sur la stratégie du choc de Naomi Klein, eh bien on trouve ce qu’écrit M. Guaino pathétique.
        L’Afrique est pillée par le monde occidental depuis des lustres, et me paraît beaucoup plus vivante et alerte que nous, pauvres Européens ancrés sur nos certitudes ethnocentristes, incapables de repenser le monde différemment. Quant à l’histoire, si les Africains n’avaient pas été niés parce qu’exploités par les colonisateurs, on connaîtrait d’autres grands hommes hormis Nelson Mandela.
        Honte à M. Guaino... que le grand cric le croque... et qu’on le mette dans une grosse marmite bouillante, avec plein de méchants Africains en train de le faire suer (je parle du terme culinaire bien sûr). ; o))

        • A déménagé le 8-10 2
          • Posté à 08h46 le 29/07/2008
          • Internaute 41917
            nc

          Les Africains sont peut-être méchants et cannibales, mais ils ont du goût.

          Jamais ils ne pourraient manger une telle carne.

      • kinsa
        kinsa répond à vieux grincheux
        • Posté à 13h31 le 28/07/2008
        • Internaute 45241

        Une autre vidéo, sur le silence criard des oubliés de l’Histoire, le point de vue des damnés des colonies .
        « Si l’argent, d’après Augier, vient au monde avec une tache naturelle de sang sur la joue, le capital naît dégouttant de sang et de boue des pieds à la tête. »
        Karl Marx - Le Capital (1867)

        CASEY - Dans nos histoires

      3 autres commentaires
    • Beryl
      Beryl répond à ysengrimus
      • Posté à 15h44 le 28/07/2008
      • Internaute 25737

      Extrait de « La raison dans l’Histoire », par Hegel :

      « Pour tout le temps dans lequel il nous est donné d’observer l’homme africain, nous le voyons dans l’état de sauvagerie et de barbarie, et aujourd’hui encore, il est resté tel. Le Nègre représente l’homme naturel dans toute sa barbarie et son absence de discipline.

      La référence à Hegel pour situer le discours de Dakar, de Guaino et Sarkozy, n’est pas une causerie de salon, comme le dit l’auteur de l’article. Sans doute n’a-t’il pas lu “La raison dans l’Histoire” (1820/3l) de l’auteur de la Phenoménologie de l’Esprit. Il est pourtant instructif de faire ressortir du Discours de Dakar (rédigé par Gaino), des analogies évidentes trahissant une reprise délibérée des thèses de l’inventeur du concept de l’Esprit objectif. Voici quelques extraits, fort éclairants sur l’européanisme récurrent d’une certaine pensée française, illustrée par Henri Gaino.

      Dans “La raison dans l’Histoire” au chapitre IV- Par.3/a, pp245/269-Ed10/18L’Afrique », Les passages ci-dessous sont à comparer à ceux du discours de Dakar, en ce qui concerne le rapport des Africains à l’Histoire ; à croire que Henri Gaino a effectué, au moins sur le fond, un copié/collé du texte de Hegel, dont il a repris peu ou prou la vision du philosophe de l’Idéalisme, sur l’Afrique et les Africains :

      (Je rajoute ma 1ère citation) « Pour tout le temps dans lequel il nous est donné d’observer l’homme africain, nous le voyons dans l’état de sauvagerie et de barbarie, et aujourd’hui encore, il est resté tel. Le Nègre représente l’homme naturel dans toute sa barbarie et son absence de discipline. »

      (...........)

      « La forme générale du caractère africain (....) est difficile à comprendre, car il diffère complètement de notre monde culturel : il a en soi quelque chose d’entièrement étranger à notre conscience. »

      (......)

      Les Africains (...) ne sont pas encore parvenus à cette reconnaissance de l’universel. Leur nature est le repliement sur soi.

      (..........)

      Dans son unité indifférenciée et concentrée, l’Africain n’en est pas encore arrivé entre lui, l’individu singulier, et son universalité essentielle. »

      (..........)

      « Nous trouvons ainsi en Afrique, ce qu’on a appelé
      l’ é t a t d’ i n n o ce n c e, l’unité de l’homme avec Dieu et avec la nature. C’est en effet l’état d’inconscience de soi (.....) Le “paradeisos” est un parc habité par des animaux, dans lequel l’homme vivait lui aussi dans l’état animal et était aussi innocent, ce que précisemment l’homme ne doit pas être. “

      (..........)

      ‘ Ce qui est limité à une vie naturelle, n’a pas pour soi-même le pouvoir d’aller ao-delà de son existence.’

      (........)

      ‘ l’Afrique n’a donc pas, à proprement parler, une histoire. Là-dessus, nous laissons l’Afrique pour n’en plus faire mention par la suite...’

      (.....)

      Ce que nous comprenons, en somme, sous le nom d’Afrique, c’est un monde a n h i s t o r i q u e non développé, entièrement prisonnier de l’esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l’histoire universelle.”

      (Débat révélateur. Henri Guaino représente ici une conception européaniste ignorant parfaitement les thèses contemporaines de la philosophie de l’Histoire ; par exemple, le renversement de la thèse hégélienne dans les travaux de Michel Foucault et sa récusation quasi radicale de l’histoire comme sens (absolu) de la destinée humaine.)

      - Extraits du discours de Dakar, qui ne laissent aucun doute sur l’archaïsme de “l’idée blanche” (formule d’Edgar Morin), près de deux siècles après l’école Hégélienne (moule de la pensée européenne de la période des totalitarismes et du racialisme occidentaux) :

      (..........)

      “ Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.”

      (........)

      “ Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.”

      (......)

      “ Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance.”

      “ Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.”

      “ Le problème de l’Afrique et permettez à un ami de l’Afrique de le dire, il est là. Le défi de l’Afrique, c’est d’entrer davantage dans l’histoire.”

      “ Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance.”

      “ Le problème de l’Afrique, c’est de rester fidèle à elle-même sans rester immobile.”

      “Le problème de l’Afrique, c’est que trop souvent elle juge le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire.”

      “ Le défi de l’Afrique, c’est d’apprendre à regarder son accession à l’universel. non comme un reniement de ce qu’elle est mais comme un accomplissement.”

      (......)

      “ La faiblesse de l’Afrique qui a connu sur son sol tant de civilisations brillantes, ce fut longtemps de ne pas participer assez à ce grand métissage.”

      Cette dernière saillie prouve au moins que Henri Guaino ignore ou feint d’ignorer que nous sommes tous, de par le monde, les lointains arrière-petits-enfants de Lucie, la “jeune” éthiopienne, vieille de 3 millions d’années, et que ce sont nos chers Homo Erectus qui essaimèrent la planète, à raison de 50 kms par génération ; et que ce sont donc des Africains “pas assez entrés dans l’Histoire” qui ont pourtant présidé à la naissance de l’humanité, au gré de métissages ancestraux et créateurs de civilisations.

      Hegel ne pouvait pas le savoir.

      (Par ailleurs, ce qui est aussi à déplorer, ce n’est pas la culture lacunaire ou dogmatique etc. de la personne Henri Guaino, mais que des élucubrations d’un autre âge aient été dites par le président de la République française, au nom des Français...)

       
      • Ndjocka
        Ndjocka répond à Beryl
        irrégulier
        • Posté à 00h25 le 29/07/2008
        • Internaute 24567
          irrégulier

        C’est effarant, Beryl, mais merci beaucoup.

      • vieux grincheux
        vieux grincheux répond à Beryl
        libre penseur
        • Posté à 07h56 le 29/07/2008
        • Internaute 9926
          libre penseur

        j’ adhere total à cette analyse, et si nous poussons un peu plus loin sur les pré-supposés qui ont permis à Hegel cette demonstration, nous nous apercevons que la vision du monde platonicienne et aristotelicienne qui est la notre et qui nous est inculquée par l’ education, pourrait bien ne pas être la seule qui rende compte d’ une coherence et d’ une logique de l’ Universel..

        c’est celle qui a été développée et validée en supposant que l’ humain est sujet, la nature etant objet. L’ humain etant sommé d’ asservir la nature à son compte...

        Or, les « decouvertes » de la mecanique quantique viennent remettre en question cette magnifique description du monde, cette classification, par le fait que deux ondes/particules puissent être en relation malgré leur « éloignement » de plusieurs millions de kms..cf l’ experience d’ Alain Aspet sur l’ intrication..
        Le débat, du moins, a-t-il été lancé par O Costa de Beauregard sur l’ existence d’une « causalité rétrograde » qui infirmerait alors, le fondement linéaire du concept même d’ Histoire...

        Les tenants de la causalité relativiste objecteront qu’ au niveau macroscopique et newtonien (2eme Loi de la Thermodynamique), les propriétés quantiques du monde de l’ infiniment petit ne se verifient pas, c’est oublier un peu vite que le macrocosme est composé d’ atomes, protons, neutrons, hadrons, quarks, etc...

        De plus, la dichotomie esprit /matiere, qui nous conduit à exprimer leurs relations en termes de domination de l’ un sur l’ autre ne serait-elle pas aussi un leurre.. ?

        Et si nos perceptions, acculturées par des années de gavage pavlovien, notamment les perceptions situées dans les plages, dite spirituelles, si ces peceptions n’ étaient rien d’ autre que de hautes frequences décodées par d’ autres organes que les 5 sens qui fondent la base du materialisme...

        Diantre ! plus d’ affrontement entre spiritualistes et materialistes, renvoyés dos à dos vers leurs megalomanies et desirs de pouvoir ! ! !

        Il n’ est pas dans mon propos d’ affirmer ou d’ infirmer une assertion, mais de douter fortement du bien fondé des « valeurs » de cette « civilisation » au regard des souffrances infligées quotidiennement, non par une fatalité qui n’ est plus de saison, mais bien par l’ humain,dans sa volonté de domination, bourreau de l’ Autre, son frère...

        En cela, les religions portent une responsabilité qu’ il faudra bien nommer devant le tribunal des dieux de la progression....comment , en effet, accepter ces millions de morts au nom de dieux d’ amour... ? ? ?

        Les scientistes devront egalement nous expliquer, et avec eux les goinfres et leurs valets de Guaino, comment ils echapperont au jugement de CRIMINELS CONTRE L HUMANITE...

        Votre dévoué Vieux Grincheux

      2 autres commentaires
  • brigadoon
    brigadoon
    ouf ! ! !
    • Posté à 08h53 le 29/07/2008
    • Internaute 40481
      ouf ! ! !

    Ce qui est terrible c’est l’inculture de Gaino et de ce gouvernement : « L’homme africain » c’est quoi ? Du Sud au Nord, d’Est en Ouest, au fil de l’Histoire et dans les diverses cultures africaine il y aurait qu’un type d’homme (et de femme) ? Je pense que la misère intellectuelle est enfin au pouvoir en république française et que ce discours est insultant celui d’un maître pour son esclave fraîchement affranchi ! Quant au sens de l’histoire, les mythes/histoire moderne en Afrique et à la sagesse des anciens, cette tentative anthropologique de Gaino d’expliquer par la tradition le sous développement africain est d’un grotesque qui ferait peur à un étudiant de 1ère année d’anthropologie. L’Afrique n’a cessé d’être dans l’Histoire depuis les débuts de l’humanité, l’histoire n’est simplement pas vu de la même façon si on est du côté du manche ou de la cognée, si on est blanc colon ou noir esclave, si on est prolo ou patron... C’est l’histoire des grands hommes versus celle du petit peuple... Avant de dire des sottises Gaino ferait bien de s’imprégner de l’Histoire des annales, de l’anthropologie culturelle et de notre africaniste célèbre G.Balandier ou plus simplement tourner 7 fois sa langue dans sa bouche (ou celle de quelqu’un d’autre.

  • rapatapoulos
    • Posté à 20h17 le 27/07/2008
    • Internaute 45791

    Si ce texte est pour parler de l’ Afrique il est insuffisant, si c’est pour parler de Henri Gaino, il est superflu, comme ces mots que je viens de rédiger.

    • Weatherboy
      Weatherboy répond à rapatapoulos
      v2=notes articles en moins...
      • Posté à 20h23 le 27/07/2008
      • Internaute 38063
        v2=notes articles en moins...

      Sans doutes, mais tant que certains n’auront pas compris, comme Le Monde par exemple, que ce sont les mots de Guaino sur l’Afrique qui sont superflus, celà restera nécessaire

  • Weatherboy
    Weatherboy
    v2=notes articles en moins...
    • Posté à 20h21 le 27/07/2008
    • Internaute 38063
      v2=notes articles en moins...

    Comme pablico, je recopie ici le commentaire que j’avais initialement posté suite à le brève indiquant la sortie de l’article du Monde. Très bon article de Rue89 sur le sujet au passage

    Toute l’Afrique n’a pas rejeté le discours de Dakar ?
    Evidemment, tant que l’Afrique n’a pas rejeté les Bongo, N’Guesso et autres pantins articulés, il serait même curieux qu’il en soit autrement. Et doit-on donc en tirer une conclusion ?

    Je trouve d’une incroyable hypocrisie -néanmoins habituelle concernant le journal Le Monde et l’Afrique- que ce journal donne encore une fois la parole à ce Guaino, individu abreuvé de lectures et d’une mentalité digne du XIXème siècle, alors même que celui-ci avait accordé une place minimaliste à la critique du livre y répondant :
    Lien
    Contre le discours de Dakar
    Lien
    Un travail issu d’un collectif 23 intellectuels africain déconstruisant ce discours.

    D’un certain côté certains diront : tant mieux, tant la critique du Monde sur ce sujet était ridicule et fortement décriée.
    Mais ce qui est plus grave, c’est plutot que ce même journal ai refusé un droit de réponse à l’attaque qu’il avait lancé, en passant cette réponse sous silence :

    Lien
    05/03/2008

    Alors qu’attendent donc encore certains d’un seul petit individu comme Guaino ? Qu’ils sont incapable d’attendre d’un collectif d’intellectuels africain ?
    Est-on censé voir là l’avis d’un esprit « éclairé », d’un « intellectuel », entre une tribune de Finkilekraut et un éditorial de B.-H. Lévy sans doute ?
    Certains en sont donc t-ils encore à cette époque où c’est ce Blanc mythique qui fait l’ethnographie des autres peuples de cette Terre et non l’inverse ?
    Désolé pour eux mais il serait peut-être le temps de prendre le chemin radicalement inverse, en écoutant peut-être avant tout ce que les africains ont à dire de l’Afrique, et peut-être même de l’Europe.

    Mais il est vrai que, comme l’écrivait Anne Mathieu à propos des écrits de Sartre sur la guerre d’Algérie, sur ce terrain là : « Il n’est pas certain que ces mots soient plus faciles à entendre aujourd’hui qu’en 1962. »
    Lien
    Et effectivement à une époque où il est encore difficile pour certains de lire les écrits de Sartre, voire mieux de Fanon sur la décolonisation, quoi de surprenant que certains aient encore besoin de nos jours de se pencher aux oreilles d’un Guaino en se couvrant les yeux.

  • Anonyme

    « Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. “

    C’est une définition du bonheur , pour moi.

    Bien avant que l’argent ne vienne tt gacher .

  • TonyMo
    TonyMo
    hummm
    • Posté à 21h33 le 27/07/2008
    • Internaute 22269
      hummm

    Guaino s’adresse-t-il au père de Barack Obama ?
    Guaino connait-t-il tous les royaumes d’Afrique et que lui en déplaise l’Égypte c’est l’Afrique. Akhénaton ne ressemble pas physiquement pas à Guaino.

    Mais j’espère que ses paroles toucherons l’orgueil des dictateurs Africains qui ont plus pensé à leur compte en banque qu’à leur peuple. Maintenant c’est la Chine qui pille le continent...

    I’av a Dream qu’un jour AREVA construit une école d’ingénieur au Niger. Les jeunes Touaregs vont pouvoir apprendre à extraire eux-mêmes leur uranium dans un respect écologique.

  • zecky
    • Posté à 21h39 le 27/07/2008
    • Internaute 3976

    « La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. » (C’est la technique Sarkozy, on retrouve ces explosions de portes ouvertes à plusieurs reprises-pédophile, fraudeurs)) on ne peut pas nier ! Mais dire ceci ne veut pas dire qu’elle n’en ait aucune. Il est évident que la colonisation n’est pas l’origine de tous les maux de ce continent. Elles sont plurifactorielles, imputables aux Africains( en particulier les dictateurs ), aux conséquences de la colonisation ( perturbations socio-économique et frontalières) de la décolonisation ( soutenir un dictateur permet visiblement de sauver 5 ou 6 Français, comme lui vendre des mirages rapporte des euros ) mais aussi et surtout des politiques contemporaines qui ont suivies. Elles ressemblent plus à de la colonisation par intérim, Taylor, Mugabe, Bocassa (comme Bouteflika « Mr Urnes bourrées, ETC)...niant les libertés de leur peuple mais en affirmant le faire pour leur bien ! Le tout, bien sur, en honorant les contrat d’exploitations des ressources ! Les entreprises auront peut être un jour à rendre des comptes : verser des aides n’est pas tout, encore faut-il vouloir s’assurer de savoir QUI elles aident ?
    Dernière remarque : si ce n’est pas du racisme c’est un manque de nuances assimilable à de la bétise. Pour nuancer pourquoi pas les deux ?

    • skalpa
      skalpa répond à zecky
      actif et militant ?
      • Posté à 10h40 le 28/07/2008
      • Internaute 7181
        actif et militant ?

      Et si la rupture venait de là ?

      Lien

  • dideix-
    • Posté à 22h24 le 27/07/2008
    • Internaute 16182

    nous sommes tous africain a la base c’est le berceau de l’humanitée mais notre soit disant civilisation a devalisée toutes les richesses du continent ,a propagée des croyances qui n’etait pas les leurs ,a toujours considerée l’homme noir comme un etre inferieur, je suis ecoeuré quand j’entend ces politiques se mastuber de joie sur l’immigration ,honte a nous ,a ceux qui nous gouvernent, c’est inhumain de parler de quota quand on parle de souffrance humaine tous gouvernements confondus trouvent des milliards pour faire des guerres mais pour nourrir ou proteger l’humain ils renaclent,SARKO comme les autres ont la mort de centaines de gens sur les mains du a leurs arrogances colonialiste

  • trashtest
    • Posté à 22h31 le 27/07/2008
    • Internaute 24170

    Quel contre-feu Guaino essaye-t’il d’allumer ?
    Les « moralistes » devraient se poser la question...

  • BobLaMouche
    BobLaMouche
    subversion+construction= (...)
    • Posté à 22h46 le 27/07/2008
    • Internaute 29754
      subversion+construction= (...)

    Effectivement, le texte d’Henri Guaino n’est pas raciste. En revanche, il est très certainement anti-primitif (ce qui est peut-être pire à mon sens). Le concept d’histoire, ou plutôt d’historicisme, est fondamentalement issu de la Modernité. Ainsi ces propos sont complètement en adéquation avec la culture dont la France institutionnelle se réclame à corps et à cris comme héritière, à savoir celle des Lumières. Cette culture, par sa nature même, est destinée à s’étendre universellement.

    À ce titre, il est tout à fait significatif que l’auteur de l’article regrette amèrement que l’aide au développement soit toujours réduite à une portion congrue. Car c’est bien le développement (*) (officiel, ou occulte via la corruption, la « Françafrique », etc.) qui vient déraciner le paysan « sans histoire » pour le jeter dans les méandres de l’économie mondialisé. Son univers est tranformé par une cause extérieure, son imaginaire est colonisé.

    D’où un certain paradoxe : le texte de Dakar est dénoncé de toutes parts, bien souvent par des personnes qui sont par ailleurs tout à fait d’accord avec sur le fond !

    (*) Gilbert Rist définit ainsi : « le développement est constitué d’un ensemble de pratiques parfois contradictoires en apparence qui, pour assurer la reproduction sociale obligent à transformer et à détruire, de façon généralisée, le milieu naturel et les rapports sociaux en vue d’une production croissante de marchandises destinées, à travers l’échange, à la demande solvable »

    • Ndjocka
      Ndjocka répond à BobLaMouche
      irrégulier
      • Posté à 00h35 le 28/07/2008
      • Internaute 24567
        irrégulier

      Cher Bob, pardon, mais je ne comprends pas bien votre propos. Je passe sur l’effrayant « Anti-primitif ». « Le concept d’histoire, ou plutôt d’historicisme, est fondamentalement issu de la Modernité. » Suggérez-vous que ce que vous nommez « historicisme » ne fait en rien partie intégrante de la, ou plutôt des cultures africaines ? Que c’est un hasard si les noms de fondateurs tels Soundjata Keita (à la tête d’un immense empire au XIIIe siècle), par exemple, Aho Houegbadja et tant d’autres, sont parvenus jusqu’à nous par la seule voie orale ? Un hasard, et non la volonté d’historiens du cru, témoins et chantres, présents depuis toujours en Afrique ?

      @David Severnay
      Le texte de M. Guaino est désolant d’inculture, merci à vous de le souligner. Mais vous décidez que personne ne peut le considérer comme raciste. Ah non ? Beaucoup, pourtant, n’ont pas trouvé d’autres qualificatifs ! Puis-je vous demander ce que vous considérez comme raciste et comme ne l’étant pas ? Parce que, sauf si vous me démentez, catégoriser des personnes en fonction de leur appartenance ethnique, les considérer du haut de son propre complexe de supériorité, ça existe et ça porte un nom, me semble-t-il..

      • BobLaMouche
        BobLaMouche répond à Ndjocka
        subversion+construction= (...)
        • Posté à 09h49 le 28/07/2008
        • Internaute 29754
          subversion+construction= (...)

        Chez les peuples primitifs, il n’y a généralement pas de notion d’histoire en tant que vécu : la société est et a toujours été, immuable. Tout changement, mutation, nouveau contexte est rapidement absorbé dans l’imaginaire collectif comme s’il avait été là depuis toujours. Ce qui n’empêche pas que d’un point de vue extérieur, il y ait des changements tout à fait visibles. Mais ils ne sont pas rattachés à un vécu (en tant que changement) et une conscience de la part de ceux qui les vivent. Bien sûr, les grands mythes, récits religieux, hauts faits gerriers, etc. qui sortent de ce cadre. Mais on ne peut pas vraiment parler d’histoire en tant qu’étude et conscience de la population de sa propre évolution.

        Ce que je veux dire, c’est que Guaino n’a pas forcément tort dans sa description quand il dit que « l’homme africain » (les femmes ? Assume-t-il un public machiste ?) vit une histoire cyclique et non linéaire, car l’histoire linéaire est typiquement un concept moderne (sauf peut-être exceptions, je ne suis pas expert en la matière). Bien sûr ce n’est pas tout noir tout blanc, il y a actuellement de grandes disparités (en Afrique comme sur d’autres continents). Les cultures primitives tendent à disparaître, d’où son expression « pas assez », qui est ici un jugement de valeur, aux conséquences à mon avis inadmissibles vu la position politique qu’occupe celui qui rend ce texte public.

        Rentrer dans l’histoire (linéaire) présuppose donc que l’on abandonne ses mythes et ses représentations de la nature, devenus incompatibles avec la Modernité. Fondamentalement, vouloir faire rentrer ainsi des gens dans l’histoire, c’est nier l’aspect vital et essentiel de leur culture. Faire disparaître des cultures (les relégant au mieux à des vestiges que l’on exhibe dans des livres ou des musées) est pour moi une intention criminelle.

        Après on peut toujours se demander si l’anti-primitivisme doit être considéré comme du racisme ou comme une forme de mépris fondé sur des bases différentes, transversales. J’aurais tendance à penser qu’il s’agit du deuxième cas, mais pour moi cette question est secondaire (cependant je comprends que ça puisse intéresser les tribunaux).

        EDIT (addition) :

        Pour dire les choses plus simplement, le discours de Guaino relève du positivisme dur (au sens : forcé). Or, plutôt que de critiquer cette idéologie et son application tout azimut, il semble que les contestataires du texte haussent la voix pour dire que c’est injuste, les Africains étant déjà « positivisés », ou que cette « positivation » ne va pas assez vite à leur goût.

         
        • Ndjocka
          Ndjocka répond à BobLaMouche
          irrégulier
          • Posté à 23h49 le 28/07/2008
          • Internaute 24567
            irrégulier

          Décidément, je ne vous suis pas.
          M. Guaino, par la voix de son mentor, discourant à Dakar, capitale d’un état souverain, s’adressait-il à un peuple primitif ? ?
          Mais de quoi parlez-vous, enfin ?

          • BobLaMouche
            BobLaMouche répond à Ndjocka
            subversion+construction= (...)
            • Posté à 02h31 le 29/07/2008
            • Internaute 29754
              subversion+construction= (...)

            Je vais tenter de reformuler une nouvelle fois.

            Si vous vous placez sur un point de vue extérieur à l’humanité, atemporel, alors effectivement tout à une « histoire ». La question ne se pose même pas.

            Mais prendre cet position est un choix délibéré et peu intuitif, sauf pour les modernes que nous sommes, parce que la tournure d’esprit nécessaire à cette acrobatie fait partie de notre culture.

            Pour d’autres cultures en revanche, et cela se retrouve chez les peuples dits primitifs, prendre un tel point de vue extérieur n’a aucun sens, et conséquamment la notion d’histoire aussi.

            Je crois que c’est sous cet éclairage qu’il faut interpréter les propos de Guaino. En tous cas, ça m’apparaît ainsi de manière très claire. L’extrait comparé de « La raison dans l’Histoire » d’Hegel par Beryl (quelques messages plus haut) est tout à fait révélateur de la logique philosophique empruntée par Guaino, et me conforte dans ma lecture. Je ne pense pas qu’il affirme que les africains n’ai jamais fait partie de l’histoire. Ce serait indubitablement faux, ne serait-ce que par l’esclavagisme et la colonisation. Il veut dire que qui n’a pas de conscience historique n’a pas d’histoire et donc pas d’avenir, ce qui est autrement différent. Il leur reproche donc leur tournure d’esprit : pas suffisamment modernistes, c’est-à-dire guidés par le progrès et tendant vers une direction (celle prise par l’histoire). Bref de ne pas envisager les choses sous l’angle : aujourd’hui est mieux qu’hier, et demain sera encore mieux.

            En se mettant à sa place (de dominant), on comprend sa rationalité : l’esprit moderne est un préalable indispensable au déploiement de l’économie, de la politique et de la technoscience, elles mêmes instruments de domination. Guaino est d’ailleurs parfaitement explicite sur le sujet de l’économie un peu plus loin dans son texte.

            En dernier lieu, je voudrais clarifier le fait que je prétend aucunement que l’Afrique est primitive et ce de manière uniforme. Mais il y a des composantes, des résidus, en marge de ou hybridés avec le modernisme apporté par la colonisation. Ces résidus sont manifestement gênants pour les plans de M. Guaino. Son discours ne s’adresse évidemment pas à des primitifs, mais aux « missionnaires » qui iront convertir les récalcitrants.

        2 autres commentaires
      • David Servenay
        David Servenay répond à Ndjocka
        Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
        • Posté à 10h28 le 28/07/2008
        • Internaute 8946
          Ex-Rue89

        Parce que, sauf si vous me démentez, catégoriser des personnes en fonction de leur appartenance ethnique, les considérer du haut de son propre complexe de supériorité, ça existe et ça porte un nom, me semble-t-il..

        Ndjocka, je suis assez d’accord avec votre définition d’une vision raciale de l’histoire. Mais justement, ce n’est pas ce que je lis dans le discours d’Henri Guaino, qui insiste à de nombreuses reprises sur le principe d’égalité dans la relation entre l’Europe et l’Afrique, idem sur la notion de fraternité.

        Je ne vois pas dans ce discours de référence à une catégorisation « ethnique », à un « complexe de supériorité » assumé comme tel. C’est plutôt, à mon sens, la manifestation d’une grande méconnaissance de l’Afrique en général et des Africains en particulier.

        Maintenant, rien ne vous interdit de faire la démonstration du « racisme » d’Henri Guaino...

         
        • destribat
          destribat répond à David Servenay
          anti-corruption
          • Posté à 11h43 le 28/07/2008
          • Internaute 18954
            anti-corruption

          Mais il me semble bien qu’une des principales cause du raciste c’est justement l’ignorance.

          • BobLaMouche
            BobLaMouche répond à destribat
            subversion+construction= (...)
            • Posté à 12h00 le 28/07/2008
            • Internaute 29754
              subversion+construction= (...)

            Non, c’est la volonté de domination qui est la « cause » du racisme. Je rappelle d’ailleurs que la théorie sur les races a connu un succès significatif auprès des scientifiques dans la première moitié du XXème siècle, pour être finalement discréditée un peu plus tard.

            • destribat
              destribat répond à BobLaMouche
              anti-corruption
              • Posté à 12h10 le 28/07/2008
              • Internaute 18954
                anti-corruption

              Attention, j’ai bien dit une des causes.

              • BobLaMouche
                BobLaMouche répond à destribat
                subversion+construction= (...)
                • Posté à 12h46 le 28/07/2008
                • Internaute 29754
                  subversion+construction= (...)

                principales

            • kinsa
              kinsa répond à BobLaMouche
              • Posté à 14h09 le 28/07/2008
              • Internaute 45241

              Bien évidemment ce n’est pas l’ignorance la cause du racisme mais bien la volonté de domination. Et l’origine de cette volonté de dominer vient de l’exploitation de l’homme par l’homme. Le racisme n’est qu’un prétexte pour justifier, et « rendre vertueux », naturel, et donc nécessaire ce qui ne l’est pas en réalité. La légitimation du crime par les nations colonisatrices a permis l’expansion du capitalisme et l’enrichissement de celles-ci par l’exploitation d’autres peuples. Aucun homme ne peut être en dehors de l’histoire, que certains ( classe bourgeoise) décident de dire qu’il existe des hommes sans histoire est une tentative de faire oublier aux nouvelles générations la réalité de l’hisoire pour poursuivre l’exploitation.
              « L’histoire est la véritable histoire naturelle de l’homme. »
              Karl Marx - Contribution à la critique d’économie politique (1859)

              « C’est en Afrique, à la fin du siècle dernier, que l’impérialisme fit son entrée sur la scène mondiale. Voici venu le temps de l’expansion comme but politique suprême, de la race comme fondement du corps politqiue, de la bureaucratie comme principe de domination. Aucune considération éthique n’est autorisée à entraver la progression de la domination blanche - française, britannique ou allemande - et déjà , l’usage impitoyable de la terreur. (...) Mépris de la loi, justification de l’illégalité, éclatement des partis et des structures politiques : l’Europe travaille avec acharnement à l’avènement du système totalitaire. » Hannah Arendt - L’impérialisme II, les origines du totalitarisme - 1951.

        • A déménagé le 8-10 2
          • Posté à 12h59 le 28/07/2008
          • Internaute 41917
            nc

          David, et si cela prouvait que Guaino est un adepte du gloubiboulguisme, religion qui consiste à dire tout et son contraire ?

          Relisez un peu les déclarations si souvent contradictoires de sa marionnette de l’Elysée...

          (Au fait, pourquoi NS n’est-il pas allé défoncer le commissariat du keuf violeur de femme en GAV ? Exiger la démission des divers étages hiérarchiques du pointeur ? De sa ministre ? Ah oui, c’est vrai, ça il y pense. Et ça seulement.

        • Weatherboy
          Weatherboy répond à David Servenay
          v2=notes articles en moins...
          • Posté à 13h51 le 28/07/2008
          • Internaute 38063
            v2=notes articles en moins...

          Oui, le texte de Guaino est sordidement raciste. Non seulement il l’est, mais il l’est bien plus que ce qu’on a pu entendre de la bouche même du Front National par exemple, qui a défaut de l’exprimer, partage certainement profondément ce genre d’idéologie. Fait nouveau et inversion étonnante, car comme le disais Fabius la différence entre la droite et l’extrême droite fut au contraire généralement souvent réduite à celle entre « la pensée et la parole ».
          Mais peut-être ce discours a t-il quelque part comme bienfait, de mettre à plat ce genre de pensée, de l’extérioriser pour pouvoir la disséquer.

          En cela, ne pas le voir et prendre la peine d’utiliser des guillemets relève d’un aveuglement qui me semble assez grave, quand à l’incompréhension des mécanismes du racisme.

          Première chose, le racisme ne relève absolument pas d’une « ignorance ». Le racisme fonctionne sur des catégorisation précises, auxquels sont accolés des stéréotypes tout aussi précis. En particulier, ceux que relèvent de la définition du « Noir », de l’ « Arabe » ou du « Juif » sont parfaitement identifiables et se retrouvent dans la quasi-totalité de la littérature du XIX et début XX siècle d’Hegel à Jules Verne. Cette catégorisation peut donc s’apprendre et s’enseigner, et ainsi se perfectionner dans cette connaissance à force de les cotoyer. Elle relève plus d’une croyance mystique que d’une ignorance.

          On a par exemple montré qu’aucun des stéréotypes racistes ne se retrouve avant la Renaissance (voir les Grecs et l’estime qu’ils portaient aux Ethiopiens [éthymologiquement en grec : visages brulés]) par exemple. Il a fallu et il faut toujours la force de la propagande massive pour véhiculer ces stéréotypes, et ils n’apparaissent pas sans cette connaissance. Et c’est la maîtrise de cette « connaissance » et des catégorisation qui lui sont attachés qui fondent les bases du racisme, non une plate ignorance née du vide. Car ce sont à travers elles qu’est ensuite interpreté le réel. Et non le réel et le vécu qui fonde les idées, et c’est en cela que celui-ci se rapproche d’une mystique.

          Seconde chose, il ne relève pas plus d’une « domination » et il est très curieux de chercher à faire croire que le racisme ne né qu’à partir de la hiérarchisation. On sait parfaitement très bien que la quasi-totalité des énoncés racistes ne font au contraire jamais référence à une telle hiérarchie. Par exemple : on sait très bien que les propos du genre « l’Africain est polygame », « le Noir est voleur », « le Juif est riche » sont des énoncés racistes. Dire qu’ils ne sont pas « parce qu’ils en hiérarchisent » pas relève de l’affabulation.

          Comme je l’avais déjà dis par ailleurs, à propos de l’utilisation du mot race par Joffrin : la hiérarchisation n’est simplement que le classement d’objets. Et ce n’est pas ce classements qui fonde les objets mais bien la conception de catégories elle même. Ici par exemple, cette seule petite phrase sur « l’Homme Africain » fait effectivement de ce texte un texte platement raciste. Ca rc’est bien la SEULE croyance en ce concept qui suffit à faire de certains individus de simples objets, à les réduire à une rôle standardisé et donc stéréotypés, hors de toute singularité, on dira d’existence.

          On pourra ainsi dire : l’Homme Africain est voleur, pauvre, polygame, ou au contraire, riche, bon danseur, bon amant, ce qui en soit ne change rien. Et on voit très bien que s’il s’était agit de l’Homme Arabe, Juif ou Européen (quel valeur ai-je donc en commun avec un sarkozy qu’il partage avec des roms italiens ?), cette expression aurait sans doute été plus frappante.
          Car c’est bien là où cette seule croyance marque intrinséquement ses penchants essentialistes, et je dirais ici donc (avec Todorov) platement raciste.

          Todorov avait résumé tout celà d’une citation très simple au sujet de « l’Arabe » par exemple :

          « Le concept est la première arme dans la soumission d’autrui -car il le transforme en objet (alors que le sujet ne se réduit pas au concept) : délimiter un objet comme “ l’Orient ” ou “ l’Arabe ” est déjà un acte de violence. Ce geste est si lourd de signification qu’il neutralise en fait la valeur du prédicat qu’on ajoutera : “ l’Arabe est paresseux ” est un énoncé raciste, mais “ l’Arabe est travailleur ” l’est presque tout autant »
          Tzvetan Todorov, préface à L’Orientalisme, d’Edward W. Said (1980)

          Il serait peut-être temps de comprendre que l’existence précède l’essence comme dirait un autre.
          Mais,certes pour cela, encore faudrait-il que M. Guaino entre un peu plus dans le XXème siècle.

          • BobLaMouche
            BobLaMouche répond à Weatherboy
            subversion+construction= (...)
            • Posté à 14h33 le 28/07/2008
            • Internaute 29754
              subversion+construction= (...)

            Ce que vous dites est juste, mais j’ai l’impression que ce que vous définissez est ce qu’on pourrait appeler de manière plus large l’amalgame par catégorisation hâtive. Parler par exemple des « Français » en général qui sont ceci ou qui font cela tombe dans le même type d’abus, dont les médias lourds sont coutumiers.

            • Weatherboy
              Weatherboy répond à BobLaMouche
              v2=notes articles en moins...
              • Posté à 17h45 le 28/07/2008
              • Internaute 38063
                v2=notes articles en moins...

              Oui, et rajoutons que le racisme, comme le colonialisme, est un manichéisme, et qu’il créé de lui-même toujours deux camps. Fanon avait par exemple montré dans « Les damnés de la Terre », que la première tentative de lutte contre le racisme est d’abord une forme de manichéisme inversé (par exemple : Le Français est l’ennemi, le Francais est fourbe, etc.), mais que celui-ci ne mène à rien car il reste dans la révolte -il se détruit lui-même au contact de ces Noirs plus blanc que les Blanc, ou de ces Blanc plus noirs que les Noirs- et non dans la prise de conscience révolutionnaire, à savoir : se sont les catégories elles-mêmes qui doivent sauter. Ce qu’il avait détruit de sa formule : « le Noir n’existe pas. Pas plus que le Blanc ».

              Et puis si on suit les situationnistes, ce ne sont pas seulement ces catégorisations qui sont à supprimer, mais tous les rôles qu’on fait apprendre et qu’on essaye de faire jouer à un individu pour l’y réduire : l’Occidental, le Français, mais aussi le chrétien, le musulman, le juif, le commercial, le médecin, la femme (et les rôles qu’on lui a imposé), …
              Sachant que de nombreux cas maladifs (le nationalisme par exemple) naissent chez ces gens qui finissent par s’identifier à ces rôles.

              Si les média sont en causes à ce sujet, c’est aussi sans doutes qu’ils se basent sur des sciences sociales qui ont parfois cette facheuse tendance, bien scientifique au demeurant. Le scientifique des sciences dures, sait, lui, qu’il ne travaille jamais sur le réel mais sur des modèles. Pour les sciences sociales la tentation semble grande de confondre les deux. Bakounine avait donné cet exemple avec la dissection d’un rat : donnez un rat à un scientifique, il le dissèquera, classera, saura vous dire jusqu’au moindre détail de son anatomie, mais que saura t-il vous dire de ce qui a fait ce rat spécifique, c’est-à-dire sa vie ? Absolument rien !

              Vouloir enfermer la vie dans de petites cases, un des pires crimes de la science contre l’Homme et sa liberté d’être, sans doutes

          • Beryl
            Beryl répond à Weatherboy
            • Posté à 19h23 le 29/07/2008
            • Internaute 25737

            A propos de la catégorisation qu’implique « l’homme africain », il n’est pas sûr qu’on puisse la définir en soi comme raciste. Caqr tout dépend aussi du locuteur. le racisme qui suinte de l’ « homme africain » selon Henri Guaino (et ceux qui, sur le fond, sont imprégnés de l’idéologie racialiste du XIXème sècle) particpe de cette catégorisation ethnocentriste dont l’européanisme est le siège.

            Cela dit, Aimé Césaire a utilisé cette expression dans son discours de......Dakar, sur la culture, lors du 1er festival des Arts Nègres. Simplement, lorsqu’on écoute ce discours-là, et à la différence des imageries racistes, blanches/européennes, il assigne à « l’homme africain », la place que lui, Césaire, s’est toujours assigné, celle du « Nègre je suis, Nègre je resterai ». Je veux dire que si, à la place de « Homme africain », il avait utilisé le mot Nègre, il ne pouvait y avoir chez l’inventeur de la négritude aucune espèce d’ambiguïté.

            Erreur en de ça de la ligne de couleur, vérité au-delà.

          • Ndjocka
            Ndjocka répond à Weatherboy
            irrégulier
            • Posté à 22h37 le 29/07/2008
            • Internaute 24567
              irrégulier

            Merci, Weatherboy, pour ce commentaire fourni et bienvenu. Je vous cite et souligne à nouveau, à l’aimable attention de M. Severnay : « cette seule petite phrase sur “ l’Homme Africain ” fait effectivement de ce texte un texte platement raciste.. Ca me semble, en effet, une évidence.

            Je continue pourtant de penser que l’ignorance (et son pendant, la peur) engendre aussi un racisme inepte, basé sur rien et largement partagé, mais qui ne dément pas pour autant celui, pensé et sciemment entretenu, que vous décrivez.

        • vol19
          vol19 répond à David Servenay
          • Posté à 18h38 le 28/07/2008
          • Internaute 13492

          Le discours ne peut être qualifié de raciste car il étend habilement les traits comportementaux au continent tout en précisant la diversité des cultures. Il souffle le chaud et le froid avec d’habiles césures : « Thèse X, mais il est vrai que jadis -> antithèse » : Forme de discours qui a été étudié et qui vise à créer de la confusion.

          Le discours est surtout nettement paternaliste, dominateur, il y a un coté -je sais tout sur vous-, ou l’autre n’a pas d’espace. Discours ethnocentique (mise implicite en avant de ses valeurs), d’inspiration colonialiste... qui révèle des traits infantiles « vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance »..., impuissants à l’autre africain. L’autre n’est pas un « adulte » mais en « enfant rebelle » irresponsable voire clairement masochiste que l’on fait l’honneur de bien aimer bien quand même.
          Il révèle tout de même aussi le rapport très ambigue de la Sarkozie à la fragilité humaine, de même pour la part obscure propre à chacun au point ou se demande si le rédacteur ne parle pas de ses conflits internes.
          De sacrés pirouettes dans sa démonstration, des transactions de redéfinition : par exemple il se sort de la reconnaissance de la souffrance des affricains par une généralisation du problème et une confusion de sens : « cette souffrance de l’homme noir, c’est la souffrance de tous les hommes »...Oui, la souffrance est une destinée humaine, alors tout se vaut... Plus tard, de justesse, on échappe : « au coupable, mais pas responsable ». Le développement sur la « quête de pureté » est très maladroit, on se demande à qui il fait vraiment référence...

          A noter, le département « outils pédagogiques » de la Harvard Business School diffuse des études de cas, dont l’un depuis près de trente ans destinés à la formation des futurs expatriés de multinationales, précisement sur les effets délétères dans les entretiens managériaux de ces comparaisons de cvilisations et des effets psychosociaux qu’ils induisent.

          En étant optimiste dans vingt ans, la réflexion parviendra peut-être aux politiques en France.

          Ce texte est décourageant...

        • Ndjocka
          Ndjocka répond à David Servenay
          irrégulier
          • Posté à 00h23 le 29/07/2008
          • Internaute 24567
            irrégulier

          Vous tenez à être indulgent, c’est tout à votre honneur. Mais je ne crois pas que le racisme de M. Guaino, ou de son discours, si vous préférez, soit à mettre entre guillemets. Merci de ne pas me l’interdire, mais je n’ai ni votre éloquence, ni votre esprit de synthèse, et ne me hasarderai donc pas dans la tentative d’une démonstration. Hormis ceci, en un mot : Guaino vous dit en substance : « ils ne sont pas comme nous ». Voilà ce qui est raciste. Car, et je sais qu’à vous, je ne l’apprends pas, « ils » sont comme nous. Et « ils » sont comme vous. Et « ils » SONT dans l’Histoire. Que M. Guaino le veuille ou non.

          Quand vous le croiserez, dites-lui de ma part qu’à Lagos (capitale du Nigéria) des centaines de milliers de gens ne savent rien du paysan africain. Dites-lui qu’on naît et grandit, à Kinshasa, entouré de béton et dans un air pollué. Dites-lui qu’à Yaoundé, des gens en sont à prôner un retour à la ruralité, c’est dire ! Dites-lui enfin, car il a dû adorer le personnage, que Tarzan se balançait au bout d’une lianne, pas les Africains.

          Mais qu’il continue tranquillement de délirer, pendant que les Africains entreprennent de se tourner vers d’autres partenaires, tout aussi venaux, mais moins stupides. Qu’il continue, lui et ses troupes, et on verra qui se trouvera ballot, sous peu, au bout du quai.

          Non, Boblamouche, non, Kinsa, et oui, Destribat, la première explication au racisme est bien l’ignorance. Il suffit, pour s’en convaincre, de se promener dans notre belle France pour constater qu’on trouve le plus de racistes au km carré là ou il y a le moins d’étrangers. Mélangeons-nous et il n’y paraîtra plus ! ..

        • Ndjocka
          Ndjocka répond à David Servenay
          irrégulier
          • Posté à 00h24 le 29/07/2008
          • Internaute 24567
            irrégulier

          Vous tenez à être indulgent, c’est tout à votre honneur. Mais je ne crois pas que le racisme de M. Guaino, ou de son discours, si vous préférez, soit à mettre entre guillemets. Merci de ne pas me l’interdire, mais je n’ai ni votre éloquence, ni votre esprit de synthèse, et ne me hasarderai donc pas dans la tentative d’une démonstration. Hormis ceci, en un mot : Guaino vous dit en substance : « ils ne sont pas comme nous ». Voilà ce qui est raciste. Car, et je sais qu’à vous, je ne l’apprends pas, « ils » sont comme nous. Et « ils » sont comme vous. Et « ils » SONT dans l’Histoire. Que M. Guaino le veuille ou non.

          Quand vous le croiserez, dites-lui de ma part qu’à Lagos (capitale du Nigéria) des centaines de milliers de gens ne savent rien du paysan africain. Dites-lui qu’on naît et grandit, à Kinshasa, entouré de béton et dans un air pollué. Dites-lui qu’à Yaoundé, des gens en sont à prôner un retour à la ruralité, c’est dire ! Dites-lui enfin, car il a dû adorer le personnage, que Tarzan se balançait au bout d’une lianne, pas les Africains.

          Mais qu’il continue tranquillement de délirer, pendant que les Africains entreprennent de se tourner vers d’autres partenaires, tout aussi venaux, mais moins stupides. Qu’il continue, lui et ses troupes, et on verra qui se trouvera ballot, sous peu, au bout du quai.

          Non, Boblamouche, non, Kinsa, et oui, Destribat, la première explication au racisme est bien l’ignorance. Il suffit, pour s’en convaincre, de se promener dans notre belle France pour constater qu’on trouve le plus de racistes au km carré là ou il y a le moins d’étrangers. Mélangeons-nous et il n’y paraîtra plus ! ..

          • Ndjocka
            Ndjocka répond à Ndjocka
            irrégulier
            • Posté à 00h27 le 29/07/2008
            • Internaute 24567
              irrégulier

            Pardon pour le doublon..
            je m’adresse à moi-même un naze ! ..

          • mechante langue
            • Posté à 19h58 le 30/07/2008
            • Internaute 28480

            « Non, Boblamouche, non, Kinsa, et oui, Destribat, la première explication au racisme est bien l’ignorance. Il suffit, pour s’en convaincre, de se promener dans notre belle France pour constater qu’on trouve le plus de racistes au km carré là ou il y a le moins d’étrangers. Mélangeons-nous et il n’y paraîtra plus ! ..
             »

            Ah bon !
            Alors il faudra nous expliquer pourquoi le FN fait ses meilleurs score dans les banlieues et les couronnes des grandes villes ou il y a le plus d’immigrés , et les plus bas dans l’ouest ou il y a la moins d’immigrés.

        19 autres commentaires
  • LeSultanDeBruni
    • Posté à 22h59 le 27/07/2008
    • Internaute 32613
      .

    Jean-Luc Raharimanana, un auteur malgache célèbre pour ses travaux sur la période coloniale française, avait écrit une lettre ouverte, co-signée par plusieurs auteurs et bloggers africains, en réponse au discours de Dakar et à son message pour l’ Afrique et les Africains :

    Lien

    (à lire sans modération)

    Extraits :
    « Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’Europe s’est partagé notre continent. Nous étions au cœur de l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde. Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne, je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la nature. Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître... »

    • kinsa
      kinsa répond à LeSultanDeBruni
      • Posté à 13h02 le 28/07/2008
      • Internaute 45241

      Exactement , merci pour ce lien . ici autre extrait suite du texte,
      « Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections — connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises — le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf.
      Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ? (...) »

  • A déménagé le 8-10 2
    • Posté à 00h46 le 28/07/2008
    • Internaute 41917
      nc

    Se tromper, Henri Guaino ? Monsieur fait partie de ces gens (et il y en a un paquet dans la blogoboule, sauf qu’eux ne sont pas au pourvoir) que s’ils ont décidé que la terre est cubique, elle a intérêt à être cubique.

    Ce qui m’a frappé dans les passages rapportés ici, c’est le recours systématique à un vocabulaire totalisant, qui exclut la nuance, la complexité :

    L’« homme africain » n’est que paysan, il « ne connaît que ». Son univers est celui où « la nature commande tout ». Il est « immobile » dans « un ordre immuable ». Et ce portrait à la serpe se termine sur deux fois « jamais ». Fermez le ban, et renvoyez l’homme africain à sa brousse !

    Et la suite est aussi mimine :

    « La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres (…). Elle n’est pas responsable des génocides. Elle n’est pas responsable des dictateurs. Elle n’est pas responsable du fanatisme. Elle n’est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n’est pas responsable des gaspillages et de la pollution. »

    Ben tiens. A pu la colonisation, repartie par enchantement du soir au matin dans les fourgons des envahisseurs occidentaux sans plus laisser de traces que les merles de cerises dans mon cerisier. Rien sur les liens entre les pouvoirs locaux et les anciens patrons, Bongo connais pas, Bolloré n’est qu’une marque de papier tabac et Falcone un modèle ancien de moto ritale nettement plus fiable que le marchand de pétoires aux Angolais, me dit mon frère qui en restaure une. Ne lui donnez pas un Guaino (sorte de cyclo bruyant et juste bon à frimer), il est capable de le mettre à la ferraille.

  • fulop1950
    • Posté à 00h46 le 28/07/2008
    • Internaute 3564

    il est des mots, me semble-t-il, qui reportent a l’exposition coloniale, ou presque, le regard ne semble pas avoir beaucoup evolué
    pauvre Afrique qui n’a pas la chance d’avoir porté la bonne « Civilisation »

  • tlhote
    • Posté à 01h49 le 28/07/2008
    • Internaute 27126

    Depuis, Hubert Védrine, Dominique de Villepin et d’autres ont publiquement repris l’expression. J’ai aussi noté que nos relations avec Kigali n’ont pas vraiment évolué depuis un an. Alors, de quelle « rupture » parle-t-on ?

    Quelle rupture ? le libre cours donné à la justice francaise et salué par les organisations suivates : CPCR. Collectif des parties civiles pour le Rwanda, FIDH. Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme, LDH. Ligue des droits de l’Homme et du citoyen, Survie, le 21 février 2008
    Lien : Lien

    C’est dommage que, malgré cela, les relations soient restées en froid avec Kigali, mais enfin, Sarkozy ne peut pas interrompre le dossier d’un juge francais (Jean Louis Bruguière) pour faire plaisir au maître actuel du Rwanda.
    Il faut que tout le monde reconnaisse sa responsabilité. La France l’a reconnue par déclaration de Sarkozy, maintenant aux autorités Rwandaises d’aider le juge francais pour que lumière soit faite sur l’assassinat de l’ancien président rwandais qui a servi de déclencheur au génocide. Mais manifestement, elles ne sont pas pressées.
    Dites nous pourquoi ? Que craignent-elles ?

    Et contrairement à ce que vous racontez :

    Le Rwanda n’est pas le seul génocide :
    En tout cas ce n’est pas l’avis du TPI qui a lancé un mandat d’arrêt international contre le président Soudanais pour génocide.

    Et sur l’Eurafrique :
    Grace à Sarko plus de sommet France-Afrique, désormais le dialogue se fait de continent à continent, par des sommets UE-Afrique.

    Ca vous emm..., vous ne voulez pas le reconnaitre, c’est votre affaire.
    Mais arrêtez de vous la raconter avec des sottises demi-vraies, encore un bel enfumage politique international « made in Rue89. »

    Je donne une étoile pour l’audace de la tentative d’enfumage du lecteur, 0 pour les mensonges.

    • David Servenay
      David Servenay répond à tlhote
      Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
      • Posté à 10h09 le 28/07/2008
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      Vous allez un peu vite en besogne, Tlhote, et vous versez ainsi dans l’anachronisme.

      Effectivement, le procureur de la CPI a annoncé vouloir lancer une procédure contre le président soudanais, mais c’est en juillet 2008, pas en juillet 2007.

      A ce jour, le Darfour n’est pas officiellement considéré comme un génocide.

      Sur l’Eurafrique, vous devriez vous plonger dans les concepts des années 60 où il faisait florès. Pas grand chose de neuf sous le soleil, non ?

      Enfin, ça ne me dérange pas que l’aide passe désormais principalement par le multilatéral européen. L’enjeu est plutôt de savoir s’il y a du contenu politique derrière : que faire avec Bongo ? Avec Mugabe ? Quel type d’aide favoriser ? Et là, les réponses sont aussi très multilatérales.

  • johnGalt
    johnGalt
    libre penseur
    • Posté à 04h21 le 28/07/2008
    • Internaute 44458
      libre penseur

    Ce que M. Guaino se permet face aux Africains, aurait-il aussi le courage de le faire aux Chinois ?

    « L’homme Chinois n’est pas assez entre dans la democratie. Il a toujours venere ses despotes comme des dieux mandates du ciel, etc... »

    S’il n’a pas ce courage, c’est un hypocrite condescendant.

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