Sur le terrain 26/07/2008 à 18h18

Quotidien sur les chantiers : un sociologue clandestin témoigne

Lise Barcellini | Journaliste

Ethnicisation des tâches, précarité, transgression des règles : la réalité crue du BTP racontée par un chercheur « infiltré ».





Maçons à Bruxelles (Philippe Lopparelli).

Pendant douze mois, Nicolas Jounin a mené une double vie : intérimaire du bâtiment le jour, sociologue la nuit. Sans qualification, il sera tour à tour manœuvre (tout en bas de l’échelle sociale), aide-coffreur et ferrailleur.

Hiérarchisation des tâches, entre classe et race


Jacquette de ’Chantier interdit au public’ (DR).

Il commence son enquête sans véritable hypothèse de départ, mais avec une piste de réflexion : « articuler les relations inter-ethniques aux relations de travail ».

Au-delà de ce qu’il appelle « l’humour ethnicisant » , il constate une construction ethnicisée des postes :

« A chaque origine on assigne une place et on présume un comportement. »

Les Africains subsahariens sont manœuvres, les Maghrébins ferrailleurs ou coffreurs, les Portugais chefs d’équipe, les « Blancs » (nés en France, de nationalité française et parlant sans accent) sont tout en haut de la pyramide.

Illustration troublante : lors d’une pause déjeuner, des manœuvres chassent deux ouvriers qualifiés blancs venus s’attabler à leurs côtés. Pourtant, un gardien, que les convives ne connaissent pas, et qui lui aussi est noir, est accueilli à bras ouverts. Le chercheur s’interroge :

« Faut-il l’interpréter comme une recherche d’un entre soi-ethnique, ou plutôt racial (le gardien n’est pas malien) ? Non, si l’on se souvient que c’est moi qui rapporte la scène, que je suis blanc, et que, bien qu’ayant intrigué les autres manœuvres au début, ma présence dans ce vestiaire n’a jamais été remise en cause dès qu’on a su mon niveau de qualification. Il s’agit donc plutôt d’un entre-soi hiérarchique, qui ne prend forme que parce que, en amont, les logiques du bâtiment ont conduit à confondre origine et poste. »

Sous-traitance et intérim : « l’externalisation des illégalités »

Thèse centrale du livre : le recours à la sous-traitance et à l’intérim constitue le pivot de l’organisation des chantiers. Pour faire des économies, les entreprises font appel aux sous-traitants. Lesquels, pour être plus compétitifs, ont recours à l’intérim (cette « fourniture non temporaire mais durable d’une main d’œuvre précaire »).

Jusque-là, rien de très nouveau. Mais le sociologue démontre que ces employeurs intermédiaires jouent un autre rôle : ils permettent aux entreprises de transgresser les règles (sans-papiers, licenciements, sécurité) sans être responsables : c’est « externalisation des illégalités “.

Cette grille de lecture permet au sociologue de donner un nouvel éclairage à plusieurs dossiers chauds du BTP. Notamment les sans-papiers :

‘Dans le ferraillage, les agences d’intérim endossent un rôle de fourniture de sans-papiers. Par conséquent, les utilisateurs n’ont pas à se soucier de qui ils utilisent. Même si elles voulaient veiller à ne pas utiliser de sans-papiers sur leurs chantiers, les entreprises de ferraillage ne le pourraient peut-être pas. En tout cas, pas dans le cadre décentralisé de gestion des intérimaires qu’elles ont institué. Ce sont les chefs de chantier qui s’occupent de commander et de renvoyer les intérimaires, au jour le jour. L’intérim n’est rentable qu’à ce prix, celui d’une gestion au plus juste et au plus court que seul un cadre présent sur le chantier peut assurer. Or ces chefs acceptent difficilement qu’on exige d’eux de contrôler les papiers de leurs ouvriers.’

Le chercheur décrit la précarité non pas seulement comme une ‘instabilité’, mais aussi comme une ‘incertitude’, clé de la docilité des intérimaires. Certains travaillent depuis plusieurs années pour la même boîte de sous-traitance ou la même agence d’intérim avec, en permanence, la crainte d’être viré du jour au lendemain.

Le risque corporel plutôt que celui de perdre son emploi

Autre trouvaille : si les règles de sécurité ne sont pas respectées, c’est parce que les ouvriers intérimaires sont pris entre deux exigences contradictoires (les prescriptions de sécurité et la cadence imposée). Ils en viennent à frauder les règles de sécurité dans le dos de leur chef :

Pour les intérimaires, la précarité de l’emploi incite à prendre des risques qu’ils éviteraient autrement : se trouve mis en balance un risque contre un autre, le risque corporel contre le risque de perdre son emploi.”

Plus troublant encore : ne pas suivre les règles de sécurité devient une forme de résistance. Bemba, ouvrier intérimaire :

“Tu vois, s’il y a un inspecteur qui vient, ils donnent des masques à tout le monde. Moi, l’autre jour, j’ai refusé de prendre le masque. J’ai dit : ’Moi non, je prends pas. Parce que l’autre jour, j’en ai demandé et vous m’avez dit qu’il y avait plus de masques’.” (Voir la vidéo)



Conclusion du chercheur :

“Illégalement et par le biais des agences d’intérim, les entreprises du bâtiment ont déjà fait en sorte de pouvoir se séparer à tout moment de leurs salariés, du moins de certains d’entre eux. (…) Laboratoire semi-clandestin des nouvelles relations de travail, le bâtiment révèle certaines de ses implications. (…) Les agences d’intérim du bâtiment [ont] anticipé sur le CPE et le CPE, en ne faisant signer de contrat qu’en fin de mission afin de pouvoir renvoyer leurs salariés du jour au lendemain.”

Français sur un chantier, “ on est pris soit pour un chef soit pour un con”

Pour sa thèse, le jeune chercheur aurait pu se contenter de mener des entretiens avec les différents acteurs du BTP. Il a préféré s’impliquer, découvrir la pénibilité et les dangers des métiers du bâtiment, pour en comprendre les mécanismes. Un moyen pour lui d’être au plus près de la réalité :

“Une fois sur le chantier, l’on en vient à comprendre et éprouver des choses inimaginables auparavant. Cependant, on ne peut pas avoir la prétention de ressentir et décrire les émotions, le vécu subjectif ‘ du’ travailleur en bâtiment (qui lui-même n’existe pas).”

Outre la contradiction entre la posture du sociologue et celle de l’ouvrier, le chercheur est confronté à une difficulté supplémentaire : il est “blanc” et de nationalité française. (Voir la vidéo)



“ Le livre est lu sur les chantiers”

Etonnamment, depuis la sortie du livre, Nicolas Jounin n’a eu que peu de retours de la profession, mais tous plutôt positifs. “Parce que les gens s’y retrouvent”, dit-il. Sans doute aussi parce que “ceux à qui le livre a déplu ne le [lui] disent pas”. (Voir la vidéo)



 ? Chantier interdit au public : enquête parmi les travailleurs du bâtiment par Nicolas Jounin - 274 p., 23€.

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  • pierrejcallard
    pierrejcallard
    http://www.nouvellesociete.org
    • Posté à 23h21 le 26/07/2008
    • Internaute 3366
      http://www.nouvellesociete.org

    On traite mal nos travailleurs immigré. Est-ce qu’on peut en faire le constat sans être assimilé à un partisan de l’immigration sauvage ?

    Pierre JC Allard

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    • manju35
      manju35 répond à pierrejcallard
      • Posté à 14h37 le 27/07/2008
      • Internaute 8396

      Petit lexique pour travailleurs....

      « Des un temps pourri » : période de travail chômée,sur les chantiers en raison d’une météo à ne pas mettre un pékin dehors...

      « Le SKOUBIKO » : marteau-piqueur à l’usage du travailleur d’Afrique du Nord.

  • mao-tse-toung-
    mao-tse-toung-
    grand démocrate réformateur
    • Posté à 23h24 le 26/07/2008
    • Internaute 41681
      grand démocrate réformateur

    « pour arriver à construire soit-disant pas cher. »
    Qui tire les prix vers le bas, l’acheteur lambda, vous, moi et tous les autres qui ne peuvent pas se payer du haut de gamme et qui tirent sur les prix .
    Il ne faut pas être hypocrites .

    • virginie78
      virginie78 répond à mao-tse-toung-
      Éteignez votre TV et apprenez à (...)
      • Posté à 23h36 le 26/07/2008
      • Internaute 25883
        Éteignez votre TV et apprenez à (...)

      Ne vous imaginez surtout pas que dans le « haut-de-gamme, il n’y ait pas d’exploitation !
      Les jeunes filles séquestrées dans le 15ème comme exclave, c’est bien dans les milieux nantis, les p’tes vendeuses multi-linguistes payées le SMIC, avec des horaires de fou, c’est bien sur les Champs Elysées !

      De toute façon, avec le nouveau marché de l’emploi, via la sous-traitance à outrance, les intérimaires, forcément, quand vous achetez un produit industrialisé, vous exploitez quelqun dans des conditions réprouvables.

      Quand un immeuble quelque soit sa gamme, se construit dans Paris, je vous défis d’être capable d’identifier de manière exaustive, les personnes qui ont participé de près ou de loin à cette constructions, les entreprises qui ont trempé, le montage financier, les dirigeants et enfin le proprio final !
      Ceci pour échaper aux assurances obligatoires, aux cotisations diverses et variées, aux taxes, aux impots, pour pouvoir entuber Paul, rouler Jacques dans la farine et voler Pierre.

      Là, non seulement il ne faut pas être hypocrite, mais pas naïf aussi !

       
      • PB2N
        PB2N répond à virginie78
        • Posté à 08h12 le 27/07/2008
        • Internaute 41146

        Vous avez tout à fait raison.

        C’est ainsi que l’on pointe du doigt le trou de la sécu, que l’on dé-rembourse les médicaments et que l’on augmente les cotisations.

        Toute entreprise qui gagne de l’argent sur les clandestins gagne deux fois. La première en les sous payant sachant qu’ils n’iront pas se plaindre et la seconde en évitant toutes les cotisations diverses.

        Et ces grosses sociétés sont des « sponsors » de députés et autres hommes et femmes politiques. Ils ont la construction, une partie des médias, des télécommunications et tout ce qu’ils ont pu acheter « légalement » avec leur argent si bien gagné !

        On glisse vers le système mafieux !

        • vieux grincheux
          vieux grincheux répond à PB2N
          libre penseur
          • Posté à 09h00 le 28/07/2008
          • Internaute 9926
            libre penseur

          on n’y glisse pas ,PB2N, on y est et depuis un bon moment

          Votre dévoué Vieux Grincheux

      • Anonyme répond à virginie78

        Où l’on comprend que la Princesse de Clèves n’a rien à faire en ce monde !

        Résistez, lisez Mme de La Fayette :

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        • FabiendeMénilmontant
          FabiendeMénilmontant
          journaleux - blogueur
          • Posté à 20h58 le 27/07/2008
          • Internaute 14145
            journaleux - blogueur

          laquelle princesse ? celle qui vient de devenir française ?

          • Anonyme répond à FabiendeMénilmontant

            Il n’y en a qu’une, voyons !

            • FabiendeMénilmontant
              FabiendeMénilmontant
              journaleux - blogueur
              • Posté à 22h51 le 27/07/2008
              • Internaute 14145
                journaleux - blogueur

              Donc la demi-soeur de l’actrice-cinéaste qui déclare voir Marina Petrella ?

              • Anonyme répond à FabiendeMénilmontant

                Tu veux dire, parce que l’autre, la seule, la vraie, l’unique, a tendance à lui faire de l’ombre ?

      7 autres commentaires
  • cooboolt-
    cooboolt-
    DISPARU
    • Posté à 18h50 le 26/07/2008
    • Internaute 36892
      DISPARU

    C’est avec les larmes aux yeux que je dit merci à cet homme dont l’intelligence le différencie de moi. Qui se souviendra ? Et ce qu’il a fait servira t-il à quelque chose ? Depuis des sicles cela ne change pas...

    • el Chiquito
      el Chiquito répond à cooboolt-
      en promenade
      • Posté à 11h54 le 27/07/2008
      • Internaute 45214
        en promenade

      C’est grace a des gens comme lui qu’on peut connaître ce qui se passe, et ce sont les outils scientifiques utilisés par le sociologue qui lui donne toute sa crédibilité. Bien sûr que cela sert à quelque chose, combien parmi ceux qui réagissent ici connaissaient cette vérité ? Même si on n’a l’impression que les choses ne changent pas, grace a de telle enquêtes on sait contre quoi on lutte.

      • mechante langue
        • Posté à 12h21 le 27/07/2008
        • Internaute 28480

        « C’est grace a des gens comme lui qu’on peut connaître ce qui se passe, et ce sont les outils scientifiques utilisés par le sociologue qui lui donne toute sa crédibilité. “

        C’est une blague j’espére . Je ne sais pas de quel milieu social vous sortez ?

        ‘Bien sûr que cela sert à quelque chose, combien parmi ceux qui réagissent ici connaissaient cette vérité ?’

        Vous parlez des bourgeois ?

         
        • cooboolt-
          cooboolt- répond à mechante langue
          DISPARU
          • Posté à 13h20 le 27/07/2008
          • Internaute 36892
            DISPARU

          Alors, a-t-on le choix ?
          Soit on communique et on fait comprendre aux bourgeois.
          Soit on les extermine.
          Mais n’oublions pas ce proverbe chinois ; quant on commence à se battre (en faisant la guerre), il est déjà trop tard.
          Personnellement, je ne tiens pas à tout détruire pour tout reconstruire.
          Je me sentirais bien seul, face à une tache bien trop grande et dans un monstrueux bordel.
          Et puis ceux qui s’en sentent capable me font peur... dsl !

        1 autres commentaires
  • Citoyenne_lambda
    • Posté à 18h52 le 26/07/2008
    • Internaute 35943

    C’est quasiment l’expérience du journaliste Günter Wallraff relatée dans « Tête de turc » en 1986.
    Toujours nécessaire de dénoncer largement ces pratiques d’un autre âge et qui perdurent, qui perdurent...

    • otto didakt
      otto didakt répond à Citoyenne_lambda
      citoyen en colère
      • Posté à 20h11 le 26/07/2008
      • Internaute 19852
        citoyen en colère

      excellent document que « Tête de turc »

      aujourd’hui, tout a changé,
      mais en pire !

    • mioumiou
      • Posté à 20h15 le 26/07/2008
      • Internaute 34943

      C’est exactement à ça que j’ai pensé ! Oui terriblement efficace et révélateur ce livre ...

    • Ferdinand.Bardamu
      • Posté à 20h59 le 26/07/2008
      • Internaute 2975

      Moi cela me fait penser au magasine « Actuel », aujourd’hui disparu, qui faisait ce genre d’enquête. Une fois un blanc s’était grimé en noir, pour « sentir » de « l’intérieur » la ségrégation, puis avait écrit un article bilan. Il n’y a plus de journaux comme cela. On peut également penser à « Le peuple de ténèbres » de Jack London, pour lequel il avait passé plusieurs mois dans les bas-fonds du Londres du début du XXeme siècle, exactement dans les mêmes conditions qu’un « vrai » pauvre.
      Et pour être tout à fait complet, au début des années 80, j’ai vu une émission TV (la TV a bien changé) en deux parties au cours desquelles un entrepreneur (patron de PME) avait décidé de vivre pendant 15 jours comme un SDF (phénomène naissant à l’époque, répétant celui des homeless US déjà en vigueur là bas depuis 15-20 ans), avec 15F en poche.
      A la première émission l’entrepreneur disait que les SDF étaient des fainéants qui ne voulaient rien faire. A la deuxième émission (à la fin de son expérience donc) il pleurait.....

      • Utilisateur désinscrit 2
        • Posté à 22h44 le 26/07/2008
        • Internaute 19086
          nc

        Ou encore, concernant les personnes SDF, « Les naufragés » de Patrick Declerck. Bouleversant. Au final, c’est en côtoyant au plus près leur sujet d’étude, en s’y plongeant totalement que les sociologues, ethnologues font le meilleur boulot. Sans doute parce qu’ils y mettent leurs tripes et leur coeur !

      • Lise Barcellini
        Lise Barcellini répond à Ferdinand.Bardamu
        Auteur(e) de l'article Journaliste
        • Posté à 16h32 le 27/07/2008
        • Journaliste 18428
          Journaliste

        Ferdinand.Bardamu,
        Si vous aimez ce genre d’enquête, effectuée par « infiltration », je vous recommande l’ouvrage « Bilal, sur la route des clandestins », de Fabrizio Gatti, sorti en avril. C’est un journaliste italien qui se glisse dans la peau d’un immigré clandestin du Sénégal à l’Italie. Un récit qui sonne terriblement vrai.

         1 autres commentaires
      • zénon denon 84
        • Posté à 10h05 le 28/07/2008
        • Internaute 30028
          Bonne

        BEN ,c’est vrai cela ,
        Rien ne change ,sous le soleil de satan !
        RIEN NE CHANGE,
        Jusqu’au jour ou...
        Petite lueur devient grande,
        d’un coup, comme ça
        sans savoir pourquoi
        à ce moment T .
        Pourtant ,tout est la
        Pour qu’un (une) un peu
        meilleur que les autres ,
        tout les autres : suiveurs ,
        s’arrete une seconde
        et PPPSSCCHIITT ! ! !
        c’est parti...
        Le basculement se produit
        Comment dirait mon voisin ,
        Simplement ,
        Le moment était venu .
        C’est aussi « con “que cela !
        TOUT ARRIVE .
        En attendant le malheur des uns
        fait la richesse des autres (moins nombreux )
        O combien !

  • PB2N
    • Posté à 18h53 le 26/07/2008
    • Internaute 41146

    Excellent article. Merci.

    J’ai entendu dire que les agences d’intérim utilisées par les BTP sont des filiales de ces groupes. Quelqu’un peut-il confirmer ?

    Pour avoir a intervenir sur des chantiers d’opérations immobilières, je me suis trouvé un jour présent quelques heures avant la visite des grands patrons de Paris. Tout ce qui était en bois était repeint en rouge et blanc (couleurs du groupe de l’époque, fin années 80) et un balai de camions de gravillons venaient faire les allées permettant la visite. Autant dire que tout était bien rangé, nettoyé, ... Bref, autre chose que la vie courante d’un chantier.
    Il serait bon de temps en temps que l’on voit la vraie réalité comme celle décrite par l’auteur de cet article. J’apprécie aussi beaucoup les reportages de caméras cachées (type « branches de lunettes) en espérant que les journalistes donne la vérité sans la déformer.

    • TARPON
      TARPON répond à PB2N
      • Posté à 19h42 le 26/07/2008
      • Internaute 27263

      non,mais une societe de travaux publics peut soutenir la plus grosse partie de l’activité d’une societe d’interim ,societe qui peut deposer son bilan des la fin du chantier et se reconstruire aupres d’un autre chantier.les controles ne sont jamais faciles ,c’est pour cela que les controleurs du travail n’oublient jamais de mettre un casques.
      Blanc et rouge ? je ne vois pas ...

    • PIT LE CHIEN
      PIT LE CHIEN répond à PB2N
      Wouaooouh!
      • Posté à 14h13 le 27/07/2008
      • Internaute 25924
        Wouaooouh!

      ADEC INTERIM
      Chantier en cours rue de Rivoli.

      VOir mon post plus bas . Merci.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 18h56 le 26/07/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    Très intéressant et respirant le vrai.

    • zorbeck
      zorbeck répond à Pierrrrre
      • Posté à 13h14 le 27/07/2008
      • Internaute 9110

      Tout à fait d’accord.

      Et je m’étonne qu’on ait « nazé » votre commentaire.

    • vintage
      vintage répond à Pierrrrre
      • Posté à 14h46 le 27/07/2008
      • Internaute 7477

      d’accord également.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 19h04 le 26/07/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    En fait, le sociologue a fait le boulot qu’un journaliste d’investigation devrait faire. Il paraît que Patrick de Carolis aurait l’intention de demander à ses journalistes de faire ce genre de boulot quand il n’y aura plus de pub après 20h.... Quand à la sous-traitance, elle n’est pas que dans le bâtiment...elle existe aussi pour l’entretien des centrales nucléaires en France. Je comprends pourquoi, Sarko se dépêche d’en vendre un maximum, même dans des pays dangereux, comme ça il y en aura bien une qui pètera avant celles se trouvant sur les 20 sites français... ! !

    Lien

    • el Chiquito
      el Chiquito répond à Phil2922
      en promenade
      • Posté à 11h58 le 27/07/2008
      • Internaute 45214
        en promenade

      Non ! ! ! ! le sociologue fait un travail scientifique, dans ce cas il est très bien fait. Le journaliste fait de l’info, même s’il peut faire de l’investigation, mais il ne met généralement pas en eouvre les outils du sociologue, par manque de temps, et ce n’est pas sa formation ni son métier.
      La sous traitance n’existe pas que dans la maintenance des centrales nucléaires, mais partout, dans les postes, à la SNCF, dans la construction automobile...partout ! ! ! Elle permet de transferer les risques aux entreprises sous traitantes, tous les types de risques.

    • Lise Barcellini
      Lise Barcellini répond à Phil2922
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 16h37 le 27/07/2008
      • Journaliste 18428
        Journaliste

      Phil2922,
      Tout à fait d’accord avec vous : le journalisme d’investigation est trop peu représenté pour ne pas se priver de parler des enquêtes qui existent :
      je vous recommande donc vivement (comme je viens de l’indiquer à Ferdinand.Bardamu) la lecture de « Bilal, sur la route des clandestins » de Fabrizio Gatti. Un journaliste italien (et non un sociologue) qui se glisse dans la peau d’un immigré africain, et fait avec eux le trajet du Sénégal à l’Italie. A mettre dans toutes les mains !

  • hagalma
    • Posté à 19h09 le 26/07/2008
    • Internaute 8451

    L’étonnant est que le livre semble avoir été bien accueilli par la profession. Se reconnaître dans une narration, une écriture, est-ce pour elle l’occasion de faire tomber des murs trop épais, de briser une chape de plomb ?
    Je pense à un immeuble qui a été construit dans un quartier, immeuble cossu sur un territoire au mètre carré mirobolant. Je revois les ouvriers montant dans les camionnettes après la journée de travail. Devait pas y avoir beaucoup de français. Des gens payés probablement au lance-pierre, main-d’oeuvre très bon marché de la spéculation...
    Merci pour ce reportage

  • Utilisateur désinscrit 2
    • Posté à 19h28 le 26/07/2008
    • Internaute 19086
      nc

    Les métiers du bâtiment sont sans doute les plus pénibles quant aux conditions de travail. Facile de faire pression, de créer de la précarité face à des personnes qui n’ont pas d’autre choix. Si ce corps de métier comporte en majorité des travailleurs immigrés, parfois en situation irrégulière, la manipulation est encore plus aisée. Qui rêve de se briser physiquement par tous les temps sur un chantier ? Depuis le siècle dernier, ces corvées ont été refilées aux immigrés. Un jour, il faudra penser à les en remercier.

    • mechante langue
      • Posté à 12h31 le 27/07/2008
      • Internaute 28480

      Sauf que les grandes compagnies de construction n’ont aucun probléme pour trouver des maçons autochtones , tout comme les municipalités pour les éboueurs .
      Quand les postes de travail sont correctement renumérés il n’y a aucun probléme de recrutement .
      Et on fait appal a l’immigration , non pas pour faire faire des taches que les méchants français (de souche ou d’origine immigrés ) ne veulent pas faire mais pour ne pas a avoir a payer pour ces emplois des salaires corrects en fonction de la dureté des taches .

      • Utilisateur désinscrit 2
        • Posté à 13h02 le 27/07/2008
        • Internaute 19086
          nc

        « Sauf que les grandes compagnies de construction n’ont aucun probléme pour trouver des maçons autochtones “

        Ha bon ? Je croyais que le BTP était le secteur qui avait le plus de difficultés à recruter, grandes compagnies ou pas d’ailleurs.

        ‘Et on fait appal a l’immigration , non pas pour faire faire des taches que les méchants français (de souche ou d’origine immigrés ) ne veulent pas faire mais pour ne pas a avoir a payer pour ces emplois des salaires corrects en fonction de la dureté des taches .’

        Nous sommes d’accord, c’est purement et simplement de l’exploitation. La rémunération n’est pas à la hauteur du labeur.
        ‘les méchants français’... ? ? ? Pas besoin d’être méchant pour ne pas vouloir faire un boulot de dingue pour peanut’s... C’est surtout une question de choix, que l’on a ou pas.

         
        • mechante langue
          • Posté à 15h13 le 27/07/2008
          • Internaute 28480

          « Ha bon ? Je croyais que le BTP était le secteur qui avait le plus de difficultés à recruter, grandes compagnies ou pas d’ailleurs. »

          Je peux vous assurez que quand Bouyghes embauche il y a 10 candidats par poste de maçon proposé .
          Idem pour tous les postes d’éboueurs proposé par des municipalités .
          Quand vous donnez un salaire correct , une bonne mutuelle une bonne convention collective... vous n’avez aucun prob de recrutement .
          Ce n’est pas parce que les français ne veulent pas faire ces métiers qu’on embauche des immigrés , mais on embauche des immigrés parce qu’on ne veut pas embaucher des gens aux conditions demandées par les français

        1 autres commentaires
  • Mobile
    • Posté à 19h43 le 26/07/2008
    • Internaute 27554

    @ PB2N. Cherchez le ∆.

  • actimem
    • Posté à 19h44 le 26/07/2008
    • Internaute 26918

    Cela se passe en France et non en Chine !

    Merci au sociologue explorateur qui a le grand mérite de dénoncer ce que tout le monde sait mais surtout de le faire au nez des journalistes qui ne vont que là où c’est permis( !) et que là où les lobbies leur disent d’aller.

    On ne peut pas se cacher derrière son doigt trop longtemps. Nous somme tous complices dans cet esclavagisme new-age.

    Alors où sont les belles âmes ? silence radio

  • Leprivilégié
    Leprivilégié
    Nous sommes tous le connard de (...)
    • Posté à 20h03 le 26/07/2008
    • Internaute 20644
      Nous sommes tous le connard de (...)

    Déjà en 1998, quant à la construction du Stade de France, le Canard enchaîné d’alors relatait des faits similaires.
    Mais c’est pas grave, La France a gagné.....
    C’est le principal ! Non ?
    et un et deux et trois ...reculs du social dans l’eden libéral

  • layote
    • Posté à 20h15 le 26/07/2008
    • Internaute 17790

    Merci à vous.Beau travail.Belle étude.La réhabilitation du travail si cher à notre président en prend un sacré coup.

  • laplote
    laplote
    hello
    • Posté à 20h32 le 26/07/2008
    • Internaute 44613
      hello

    Bravo...

  • yapadebug
    • Posté à 20h38 le 26/07/2008
    • Internaute 840

    Très bon article.
    Et une fois que la sans-papiers a construit votre appartement, Hortefeux l’expulse.
    Ca se passe comme ça, chez Sarkozy...

    • mao-tse-toung-
      mao-tse-toung- répond à yapadebug
      grand démocrate réformateur
      • Posté à 23h32 le 26/07/2008
      • Internaute 41681
        grand démocrate réformateur

      « Et une fois que la sans-papiers a construit votre appartement, Hortefeux l’expulse. »

      Le clandestin, je ne vais pas le plaindre, il est sur le teritoire en situation illégale, c’est son choix ! ! !

      IL fait ce boulot, personne ne l’y oblige, c’est son choix .

      Si ça ne lui convient pas il rentre chez lui, et au lieu de construire le pays des esclavagiste , il construit SON pays, ça c’est le vrai courage, mais il préfère fuir ...

      Et, là, je ne vais pas le plaindre, il l’a voulu, il l’a, grand bien lui fasse .

      • yapadebug
        • Posté à 11h15 le 27/07/2008
        • Internaute 840

        AH oui, pourquoi plaindre un type qui a le choix entre crever de faim et venir faire l’esclave en France...
        Moi c’est vous que je plains...

      • Compté supprimé 2
        Compté supprimé 2 répond à mao-tse-toung-
        Compte supprimé 2
        • Posté à 13h45 le 27/07/2008
        • Internaute 40413
          Compte supprimé 2

        monsieur, vous seriez en train de mourrire de faim quel choix auriez vous ?
        celui de survivre en faisant le sales besognes.
        Ils ne viennent pas de leur plein gré vider les poubelles à Paris (cf PIERRE PERRET).

        Le vrai courage Monsieur c’est d’essayer de ne pas mourrire de faim .
        Leurs pays : mais d’autres les exploitent (la chine , la france les etats unis ).
        S’ils viennent ici c’est qu’aucune autres solution n’est possible sinon ils resteraient dans un pays où ils ont leurs attaches.

        Je vous colle un an en Afrique, seul, sans pognon vous faites quoi ?
        vous etes né du bon coté : gardez vos leçons pour vous !

    • Augustus-
      Augustus- répond à yapadebug
      Globe-trotteur en quête de (...)
      • Posté à 07h47 le 27/07/2008
      • Internaute 11613
        Globe-trotteur en quête de (...)

      Attendez, y’a encore ma terrasse et un petit muret...

  • Francesco1976
    • Posté à 20h46 le 26/07/2008
    • Internaute 25428

    Bonjour à tous.

    Je suis responsable de programme chez un promoteur indépendant et ce poste me donne le statut de « client » chez ces nombreuses entreprises qui travaillent « à mon service ».
    Je trouve cet article intéressante même si j’ai quelques objections à formuler :

    Concernant le contrôle que peuvent réaliser les promoteurs sur la sous-traitance seules une attestation sur l’honneur du sous traitant atteste qu’il n’emploi pas de main d’œuvre illégale...
    Nous n’avons pas le pouvoir (contrairement à la police) de demander les papiers des ouvriers travaillant sur les chantiers.(et je dois dire que me substituer à Sarko ne m’enchante guère)

    D’autre part sur le sujet de la sécurité j’ai une petite objection : nous mandatons (comme le demande la loi) des coordonnateurs de l’hygiène, de la santé et de la sécurité (CSPS)
    Ces CSPS convoquent sur les chantiers des CISSCT (assemblées spécifique sur les problème de sécurité pour les chantiers) ou un membre de l’encadrement (chef de chantier) ET un représentant du personnel est présent.
    Le rôle du CSPS est de faire passer la sécurité sur un chantier AVANT toutes considération de délais et/ou de coûts.Alors bien sûr le chantier est une affaire d’hommes (et de femmes je vous rassure).
    certains font très bien leur travaille d’autre sont beaucoup plus « influençables » par leur client (et oui se sont les maître d’ouvrage qui finance les missions des CSPS comme le demande la loi)
    Personnellement je suis très attentif à la sécurité sur mes chantiers mais je suppose que cette préoccupation n’anime pas l’ensemble des décideurs...

    Enfin je confirme que les tâches sont pénibles et que les vocations dans ce métier se raréfient.
    Peu de Français s’engagent sur cette voie et ce depuis longtemps.

    Pour finir Je trouve effectivement scandaleux qu’une entreprise est recours à la même personne pendant X années via l’intérim sans pour autant l’embaucher mais c’est la loi et ce n’est pas notre gouvernement qui risque de la changée sur ce point.Cela pourrait s’appeler sur travail dissimulé.

    nota pour pablico et marina : les métiers manuels ne sont pas de l’esclavage...c’est un travail rude et difficile mais pleins de bonne vibes et de réalisations concrète qui donne une certaine fierté à tous les participants à l’acte de construire.

    Je précise que je ne suis pas un ingénieur sorti tout frais moulu d’une haute école mais que je suis passé par tous les stades d’une chantier : manœuvre, conducteur de travaux, chargé d’affaire, responsable de programme...aussi bien chez des entreprises,maîtres d’œuvre,investisseurs que des promoteurs.

    Je vais bien entendu acheter ce livre et le lire avec intérêt.

    • hagalma
      hagalma répond à Francesco1976
      • Posté à 12h11 le 27/07/2008
      • Internaute 8451

      Merci de votre intervention. Je réagis sur : « Peu de Français s’engagent sur cette voie et ce depuis longtemps ». Que pensez-vous du fait que le système scolaire n’encourage guère cette voie, perçue plutôt comme une des voies assurées...de l’échec dans les études ?
      Toutefois, je connais beaucoup de jeunes travaillant dans le BTP. Plusieurs sont français. Beaucoup y ont trouvé un salut après une errance sociale débutée à l’adolescence. Quelques uns s’appuie sur leur expérience pour tenter l’aventure de la libre-entreprise (« fonder une boîte »).
      Mais ce qu’il y a de sûr, c’est que la dimension travail intérimaire fausse pas mal les choses. Les salaires y sont meilleures (les jeunes en échec scolaire sont très sensibles à ce point) que dans le cadre d’un CDD ou d’un CDI ; mais l’intérim entretient la précarisation...

    • Lise Barcellini
      Lise Barcellini répond à Francesco1976
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 14h25 le 27/07/2008
      • Journaliste 18428
        Journaliste

      Bonjour Francesco1976,
      Merci pour votre témoignage et ces précisions sur votre métier.
      La question de la sécurité sur les chantiers est complexe, et je n’avais pas la place de détailler davantage les contradictions mises au jour par Nicolas Jounin. Il note par exemple, témoignages à l’appui, que les ouvriers ne voient pas les contrôleurs comme des « sauveurs », bien au contraire :
      « Ce qui frappe, c’est l’union qui prévaut entre ouvriers et cadres dans la tentative de masquer toutes les carences en matière de sécurité.“(p.176)
      Il explique un peu plus loin : ‘Ce sont indissociablement l’équipement et l’organisation du travail qui créent l’insécurité -indissocialblement, car il faudrait plus de temps donc modifier l’organisation du travail pour ajuster le matériel (par exemple, pour la pose des poutres, ajouter des garde-corps et les enlever ensuite.)’
      Cordialement.

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