La révolution orange qui menace les Jeux olympiques de Pékin

(De Pékin) Les autorités chinoises peuvent-elles interdire la couleur orange ? La question peut faire sourire, elle n’a pourtant rien d’une plaisanterie depuis qu’un mouvement, parti du Danemark, a décidé d’arborer cette couleur en signe de protestation contre le régime de Pékin. Encore faut-il que le message franchisse les portes du stade en août.
A voir la série d’interdits récemment publiée par le comité organisateur des JO, la partie s’annonce serrée pour les militants des droits de l’homme. Parmi les choses bannies des stades, les banderoles, T-shirts ou insignes comportant des publicités ou des références à la religion, à la politique, à l’armée, ou aux droits de l’homme. Serrée donc, mais pas forcément impossible.
C’est du moins le pari qu’a fait un mouvement né à l’automne dernier au Danemark, baptisé « Couleur Orange ». Celui-ci repose sur un principe « simple » et « raffiné », énoncé sur son site thecolororange.net :
« Utiliser l’orange pour signaler quelque chose qui ne va pas […]. Même le fait d’éplucher une orange pendant des moments bien choisis peut marquer l’action. »
Derrière ce choix inspiré de la révolution des moines birmans à l’automne dernier, un visage bien connu des autorités chinoises : le sculpteur danois Jens Galschiot. Auteur de la « Colonne de la honte », bâtie en 1997 à l’université de Hong Kong pour commémorer le massacre de Tiananmen, l’homme ne dispose plus depuis du droit d’entrée sur le territoire chinois.
Chasse à l’orange
Peu importe, celui-ci a décidé de se saisir des Jeux pour essaimer son message. L’artiste raconte :
« On n’a pas reçu de soutien de la part des politiques, ceux qui sont contre ont choisi de boycotter la cérémonie, mais on compte aujourd’hui environ quarante petits comités Orange un peu partout dans le monde. Un journaliste de la CNN portait même un signe orange lors du passage de la flamme à Londres. »
Mais si l’initiative ne passe pas inaperçue, c’est aussi le cas du côté des autorités chinoises. En mars dernier, à Athènes, dix activistes Orange étaient interceptés avant même d’avoir pu approcher la flamme. Même chose un mois plus tard, lorsque Jens Galschiot et deux autres membres, venus à Hong Kong pour repeindre en orange la fameuse colonne, étaient remis dans un avion dès leur arrivée à l’aéroport.
Réponse le 8 août
D’où cette question fatidique à deux semaines des Jeux : le gouvernement chinois peut-il interdire la couleur orange ? Le règlement du Bocog s’appliquant à l’entrée des stades stipule bien, noir sur blanc, l’interdiction stricte des
« groupes de personnes portant des uniformes avec des motifs, des combinaisons de couleur ou des inscriptions commerciales similaires ou identiques. »
Difficile toutefois d’imaginer que les autorités chinoises se permettent d’interdire une couleur non associée à une revendication politique. C’est pourquoi Jens préfère répondre par la négative :
« Si vous avez un drapeau du Tibet, un insigne politique, tout le monde fait immédiatement l’association. Mais là, il s’agit juste d’une couleur. Même les grands sponsors comme Reebok ou Adidas ont de l’orange ! C’est d’ailleurs pour ça qu’on a fait cette campagne : ils ne peuvent rien faire contre. Et s’ils osaient, ce serait comme se tirer une balle dans le pied. Ils enverraient un mauvais signal en montrant jusqu’où ils sont capables d’aller. »
Reste qu’à défaut des gradins, le mouvement trouvera toujours une répercussion sur les podiums en raison de la tenue orange choisie par la Chine pour ses médaillés olympiques. Qui sait, « peut-être qu’il y a quelqu’un qui nous soutient au sein du gouvernement chinois ! “ conclut le sculpteur.
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On peut aussi se mettre un nez de clown orange sur le nez et s’afficher sur le net, cela aurait autant d’effet...
Bon, je vais quand même commettre un petit résumé politique que j’avais tapé auparavant.
Face à des images fortes on essaie d’en aposer d’autres, car il s’agit d’apparence et de face toujours quand on traite avec la Chine. Ne pas leur faire perdre la leur, leçon numéro un, mais si c’est pour perdre la sienne. Les images symboliques un amusement pour les censeurs, ne l’oublions pas, ou bien un jeu d’enfants. Enfin cela doit faire travailler pas mal de monde en ce moment, avec ce blog ils ont toutes les clefs en main pour la parade, l’évaluation des dégats... Là cela ne va pas casser trois pattes à un canard même à l’orange.
Bref j’avais quand même envie de laisser cela :
Intéressant la symbolique du feu orange où les voitures sont sensés s’arrêter uniquement en occident. Ici on accélère. On peut s’attendre à un effet inverse...
Je suis étonné que cela ne soit pas noté ici, ou bien j’ai mal lu, mais l’orange a déjà été utilisé dans quelques pays de l’ex URSS, certains limitrophes de la Chine aussi en forme d’évolution ou de révolution post communiste.
A Taiwan, vous savez cette petite île de l’autre côté du détroit de Formose..., (le drapeau twais actuel est bleu blanc rouge et aussi dans la liste des bannis dans sa conception) où n’existe quasiment que le bleu (pro-Chine) et le vert (pro-indépendance), la couleur orange a aussi été utilisée par un troisième parti, le People First Party qui se trouve être en fait très pro-réunification ou très bleu... N’ayant rien d’artiste ou d’anti-chinois. Le PFP autrefois majoritaire a disparu très vite faute de place et d’efficacité, cela revenait à une scission au sein des bleus. Le Taiwan Solidarité Union, un parti minoritaire se rattachant aux verts et encore plus indépendantistes qu’eux, pour compliquer les choses arborent l’orange et le bleu clair... Ils inclueraient volontiers le nom de Taiwan à un drapeau national. Il y a juste un an et demi (voir posts de Piere à cette période, automne 2006) il y a eu une « révolution rouge » locale (quasi orange aussi car ralié majoritairement par ce même parti disparu et les bleus, anti-Chen, anti-vert, anti-tout court et soi-disant pas communiste ou ouvertement pro-Chine, car il s’agissait d’un mouvement local). Officiellement il n’y a pas de parti communiste à Taiwan, sinon quelques partisans éparpillés.
L’ignorance de la politique locale en Asie laissent la place à bien des rêves dans les esprits des artistes occidentaux. C’est gentil quand même...
L’ambiguïté et ce qui est intéressant avec les couleurs c’est que chacun y met ce qu’il veut. Le rouge est partout présent en Chine et dans sa culture sans référence aucune au PC, c’est l’histoire de l’œuf et de la poule. Couleur de la prospérité, de la vitalité, de l’abondance. L’orange c’est juste un rouge atténué, cela ne peut pas faire de mal. Une couleur de petite vie ou petite mort... Les Chinois dans les couleurs aiment les couleurs tranchées, dite primaires dans la théorie des couleurs car elles composent les secondaires, le vert (bleu + jaune), l’orange (jaune+rouge, les Qing et les communistes réunis, c’est pourquoi Taiwan l’aime tant...), le violet (bleu +rouge), le marron (jaune +vert)...
Le vert a une symbolique a part aussi bien ambiguë, masculine pour certains, religieuse pour d’autres, écolo-platement enfin... Le vert n’est pas banni à Pékin, il y a même beaucoup d’espace verts même si pollués...
Pourquoi pas le bordeaux, aucun artiste français n’y a pensé ?
Il y a aussi des bouddhistes qui portent du bordeaux, du marron, etc. Le jaune, pour le Falun Gong ou l’empereur au choix. Les références sont vastes.
Moi, le orange, cela me fait pensé aux mandarines, donc au nouvel an chinois. Cela reste très proche de la culture mainstream en Chine. A Pékin où toutes les couleurs se détériorent à cause de la pollution, personne n’y prêtera attention. La compagnie Orange de telecom présente à HK risque de protester, je ne vois pas comment ils pourraient adapter leur nom pour cet événementiel, ou bien c’est leur faire une pub gratuite.
« Vous avez un abonnement Orange, appelez tous en même temps en Chine (ça va vous coutez bonbons “oranges” biensûr) et bloquer le réseau de communication chinois », mouais, pourquoi pas ?
C’est sûrement une tentative qui restera éphémère. Le silence est d’or et l’or est aussi un dérivé du jaune alors. Les Chinois sauront appliquer ce principe à n’en pas douter vis à vis d’un mouvement artistique.
Question subsidiaire, est-ce que Warhol a fait un Mao orange, sans doute ?
Autre référence à l’orange : la dioxine, l’agent orange, la guerre du Viet-nam, pas évident d’en mettre à toute les sauces. Et Hellsea le rappelle, c’est sûrement une couleur très polluante à moins de s’en tenir à des composants naturels et fades. Pourquoi pas revenir au noir et au système des triades du post précédent. Le Danemark ne va pas refaire la révolte des Boxeurs en 2008, si ?
Un été Hoh(hot) en couleurs, je le disais à Pierre avec la couleur noire et le post sur les Mongols. Bonne nuit étoilée !




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