Jack Lang : « Il faut supprimer le poste de Premier ministre »
Dans un entretien accordé mardi à Rue89, l’ancien ministre socialiste expose sa vision de la réforme des institutions.
« Après avoir longuement réfléchi, ma réponse est oui. » Jack Lang a annoncé lundi sur TF1 qu’il acceptait de participer à la commission de réflexion sur la réforme des institutions mise en place par Nicolas Sarkozy. Une commission installée mercredi et qui devra rendre ses conclusions avant le 1er novembre.
Partisan de longue date d’un « régime présidentiel à la française », Jack Lang rêve aujourd’hui d’aller encore plus loin que les pistes de réforme avancées par le nouveau chef de l’Etat. C’est une présidentialisation à l’américaine qu’il propose, en se disant favorable à l’abolition du poste de Premier ministre :
« Un président de la République fort doit être contrebalancé par un Parlement puissant. » L’ancien ministre socialiste n’a de cesse de répéter ce qu’il considère être la question fondamentale. Exit notamment l’article 49-3 de la Constitution (permettant de passer outre les débats parlementaires), de même que le droit de dissolution de l’Assemblée nationale détenu par le président de la République :
C’est donc dans une commission présidée par l’ancien Premier ministre Edouard Balladur que Jack Lang va tenter de faire passer ses idées, qu’il estime minoritaires. Mais à regarder la liste de ses membres, il semble qu’il ne soit pas le seul à souhaiter une présidentialisation du régime français :
Tout juste démissionnaire des instances dirigeantes du Parti socialiste, Jack Lang ne veut pas croire que le PS s’opposera à une réforme tendant à renforcer les pouvoirs du Parlement. Réforme qui devra recueillir les voix socialistes, puisque la majorité des trois cinquièmes est requise au Congrès pour qu’elle soit adoptée :
Photo : Jack Lang mardi dans son bureau parisien (Audrey Cerdan/Rue89)
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La 6ème république si chère à Arnaud Montebourg, la voilà !
Mais je ne suis pas certain que ce soit celle qu’il appellait de ses voeux.
Cette évolution était inscrite dans le passage du septennat au quinquénnat. Et Sarkozy l’assume parfaitement et sans hypocrisie, comme ce fut le cas du quinquennat de Chirac.
Ce qui rend bien entendu redondant le premier ministre comme chef de gouvernement qui dirige la politique gouvernementale.
Mais il faut alors sortir de cette ambiguité institutionnelle où tous les pouvoirs sont concentrés législativement et executivement dans les mains d’un seul homme. C’est malsain et antidémocratique.
Donner un vrai pouvoir executif au président, oui, mais de vrais contre-pouvoirs aux parlements. Pouvoir de contrôle, pouvoir de proposition, et véritable indépendance vis à vis de l’éxécutif.
Car pour l’instant Sarkozy a le meilleur des deux mondes il me semble.
Donner un veritable existence à l’oposition est une illusion,car l’opposition, minoritaire par nature, n’a pas le pouvoir de voter des lois ni de s’opposer à une loi.
Le chantier est passionant.




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