Tribune 20/07/2008 à 14h52

Les entreprises, oubliées du plan Internet du gouvernement

Olivier_Ezratty | Conseil en stratégies de l'innovation

Le président de la République a décidé de faire de la France une « grande puissance du numérique ». Le gouvernement s’est alors lancé dans une démarche participative pour créer un plan permettant d’atteindre cet objectif. Un premier plan constitué de 27 pistes, publié le 29 mai 2008 par le secrétariat à la Prospective et à l’Economie numérique d’Eric Besson, a été soumis au débat. Avec plus d’une centaine d’ateliers organisés plus ou moins spontanément dans toute la France et sur des thèmes très variés couvrant aussi bien la cybercriminalité, l’industrie du logiciel, le haut débit, que l’administration électronique, l’éducation ou la santé.

Mais autant dans ces ateliers que dans les 27 pistes proposées par le cabinet d’Eric Besson, le thème de l’entrepreneuriat et des start-ups high-tech a été étonnamment marginalisé. Les propositions sont très axées sur le marché intérieur français, les télécoms, les usages et les contenus. Pourtant, l’industrie des TIC est encore une industrie d’offre plus que de demande.

Le gouvernement se demande bien pourquoi nous n’avons pas d’entreprises type Google en France, pourquoi notre industrie des TIC représente une trop faible part de la richesse nationale et de son PIB, pourquoi nos industriels locaux n’atteignent pas la taille critique, sans même atteindre celle de Google, et pourquoi notre marché intérieur ne suffit pas à faire décoller nos start-ups et pourquoi il est si mou, particulièrement dans les entreprises.

C’est pourquoi j’ai coordonné la création d’un plan permettant de faire réussir nos PME innovantes françaises. Conçu avec le concours de plusieurs associations professionnelles (Cyber-Elles, l’Echangeur PME Paris, la CCIP, le Réseau Echangeur, l’IE-Club), ce plan propose six priorités et décline 29 propositions qui complètent les 27 pistes de l’équipe d’Eric Besson. D’abord publié sur mon blog, il a été complété par une vingtaine de contributeurs (entrepreneurs, investisseurs, enseignants, accompagnants).


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Miser sur les jeunes

Les grands acteurs de l’Internet et du logiciel américains ont été créés par des jeunes à peine sortis de l’université. Il faut accepter que les jeunes sont la clé de notre futur et qu’il faut leur faire plus confiance pour créer de la richesse : ils acceptent plus facilement le risque car ils ont peu d’obligations familiales, ils sont créatifs et anticonformistes, savent aller vite, et ont pris l’habitude des nouveaux modes de travail collaboratifs d’aujourd’hui. Ils ont bien entendu besoin d’accompagnement de personnes expérimentées mais celles-ci sont assez largement disponibles.

Le plan se propose de développer la sensibilisation à l’entrepreneuriat dès les collèges et lycées. Il propose d’augmenter le flux de créations d’entreprises dès la sortie de l’enseignement supérieur. Des mesures pratiques devraient faciliter la réalisation d’un stage sous la forme de création d’entreprise, son financement par des aides publiques, là où l’investissement privé n’intervient pas encore, et d’encourager les jeunes à intégrer des start-ups.


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Développer la culture du risque

La culture de l’entrepreneuriat commence là. Il nous faut développer une véritable culture du risque et de l’ambition en France et dans ce secteur, avec une plus grande exemplarité des élites et une communication plus soutenue.

Nous voulons un Google en France ? Pour ce faire, il faut des centaines de start-ups de l’Internet bien financées. Il faut accepter que la majorité ne réussiront pas et ne pas pénaliser systématiquement l’échec. Il faut aussi rêver un peu, avoir de l’ambition, et voir grand !


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Restructurer le financement de l’innovation

Ce financement est actuellement trop public –il représente environ un tiers du total dans les TIC– et donc pas assez privé ni assez élevé en masse au regard des Etats-Unis. De plus, les aides publiques sont très centrées sur la R&D alors que les lacunes de nos start-ups sont plus souvent situées dans le marketing, la vente et le développement international. Sans compter sa grande complexité et le financement disproportionné de grandes entreprises, peu efficaces structurellement dans la production d’innovations.

Le plan se propose de restructurer le financement de l’innovation en créant un vrai SBA (Small business act) à la française qui reprendrait les dispositions existantes aux Etats-Unis depuis 1958 qui créent une fiscalité très favorable à l’investissement privé dans le capital-risque, en consolidant les aides publiques, en simplifiant leur accès et en mettant au même niveau la R&D et le développement des ventes, du marketing et de l’international.


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S’extraire du seul marché français

Les TIC ont ceci de particulier qu’en général, le succès économique est grandissant avec le volume des ventes. Les économies d’échelle sont en effet très grandes dans ce secteur d’activité (logiciels, Internet, composants) car les coûts élevés de R&D sont amortis avec le volume et les coûts variables sont relativement faibles. Le marché des technologies de l’information est mondial et pour y réussir, il faut absolument s’extraire du marché français qui est à la fois trop petit (environ 3% du marché mondial) et trop timoré. Dans de nombreux secteurs, le marché américain est incontournable pour faire une percée à l’échelle mondiale.

Il nous faut donc accélérer le développement international des PME innovantes dans ce secteur. En intensifiant l’octroi des aides au développement international, en encourageant aussi chercheurs et ingénieurs à contribuer aux travaux de normalisation et de standardisation du secteur. Et au passage, un coup de pouce de plus sur les échanges internationaux et sur la formation et l’usage de l’anglais seraient du meilleur effet.


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Améliorer la chaîne alimentaire des start-ups

Bien au-delà du SBA à la française encourageant de manière timide la puissance publique à passer des commandes aux PME innovantes (intégré dans la Loi de modernisation de l’économie), il nous faut poursuivre les efforts de mise en réseau de ces dernières avec les grands groupes. Des approches sectorielles peuvent avoir un sens lorsque l’Etat peut les encourager : dans la santé, le tourisme, le haut débit, les contenus, comme dans l’administration électronique.

Tout ceci nécessite une dernière condition : la création d’un climat médiatique favorable à l’entrepreneuriat qui en met en évidence les valeurs positives tant humaines que pour l’économie du pays. C’est peut-être le défi le plus délicat à relever à l’heure des affaires portant sur la rémunération des dirigeants du CAC40 et d’un climat assez délétère autour de l’économique et des entreprises. Mais les pouvoirs politiques comme économiques de ce pays peuvent certainement prendre cela en main en développant une exemplarité inspiratrice pour le pays et notamment pour ses jeunes.

C’est qu’une question de volonté et d’ambition pour tirer le pays vers le haut.

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  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 15h49 le 20/07/2008
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    C’est un conseil en stratégie de l’innovation (ça ne s’invente pas) qui vante les vertus d’un toujours plus de la même chose qui pourrait peut-être - si on est assez naïfs pour le croire - ne pas produire plus des mêmes effets.
    Ben voyons !
    D’ailleurs il est tellement innovant qu’il a même adopté les tics langagiers du garçon de plage napolitain : « c’est qu’une question de... »

    • Jonas2
      Jonas2 répond à Jonas2
      Les mouches ne me trouveront (...)
      • Posté à 15h54 le 20/07/2008
      • Internaute 19359
        Les mouches ne me trouveront (...)

      Ah ! Mince. J’avais po vu. C’est stratégies avec un « S ». C’est qu’y en a plein des stratégies alors !

       
      • Olivier_Ezratty
        Olivier_Ezratty répond à Jonas2
        Auteur(e) de l'article Conseil en stratégies de l' (...)
        • Posté à 18h27 le 20/07/2008
        • Internaute 48093
          Conseil en stratégies de l' (...)

        Oui, il y a « des stratégies », pas « une stratégie ». Elles dépendent du contexte, de la boite, de son marché, de son ambition.

        • Jonas2
          Jonas2 répond à Olivier_Ezratty
          Les mouches ne me trouveront (...)
          • Posté à 18h42 le 20/07/2008
          • Internaute 19359
            Les mouches ne me trouveront (...)

          Votre remarque trouve sa confirmation dans le stratagème savoureux (excusez-moi, j’ai du mal à écrire stratégie dans ce cas précis) qu’on découvre un peu plus loin sous votre plume alerte : « @ tous ... vous êtes les bienvenus pour faire des propositions relativement à l’objectif du plan. »

          Vous ne manquez pas d’air. Vous êtes consultant et vendez donc à ce titre vos idées. Pourquoi voudriez-vous que nous, nous le fassions gracieusement ?

          • Olivier_Ezratty
            Olivier_Ezratty répond à Jonas2
            Auteur(e) de l'article Conseil en stratégies de l' (...)
            • Posté à 21h07 le 20/07/2008
            • Internaute 48093
              Conseil en stratégies de l' (...)

            Jonas,

            Il ne s’agit nullement d’un stratagème. Ce plan ne fait pas partie de mes activités professionnelles classiques. Je travaille en général pour des startups. Ici, c’est pour faire avancer le pays en général et je ne suis pas payé par le gouvernement pour réfléchir à la question !

            Allez sur mon blog et vous constaterez que je partage pas mal d’informations avec mes lecteurs et sans leur demander quelque rémunération que ce soit. Ce n’est pas la manière de procéder de la plupart des consultants, j’en conviens.

            Mais c’est un peu comme tous ceux qui ont des activités associatives, non rémunérées. Dans mon cas de figure, la partie associative et/ou non rémunérée tourne autour de sujets assez voisins de mes activités professionnelles. C’est assez courant dans le milieu de l’entrepreneuriat.

      3 autres commentaires
  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 16h52 le 20/07/2008
    • Internaute 14145
      journaleux - blogueur

    @ Thierry,

    si tu vas sur le site de l’UMP, tu verras que des propositions y sont d’ailleurs appliquées. Je suis en train de préparer un sujet là-dessus. il y a même un bouton « agit’prop » comme au bon vieux temps.

    c’est NKM qui en a la charge.

    car, malgré les 370 000 adhérents affichés au 31/12/2007, il y en a tout au plus 200 000 à jour de leurs cotisations, contre les 200 à 270 000 du convent du 30 juin, où le motodidacte de Nice a été intronisé.

    je te mets cent francs dans le cochon.

    Fabien
    Lien

  • personne
    • Posté à 15h18 le 20/07/2008
    • Internaute 21725

    Militer pour une nouvelle bulle Internet, au moins ça a le mérite d’être original. le 4) me parait un peu hors sujet tellement il est daté, quel gros site français n’a pas de versions internationales de nos jours ?

    Ce qui me gène moi c’est l’absence du 0) ne pas mettre en place une législation liberticide, fermé, lourde. Aujourd’hui une entreprise qui tenterait de mettre en place un service de VoD financé par la pub et dont la distribution se ferrait par Bittorrent serait a priori condamné parce que « le p2p c’est satan », des lois comme le Dadvsi et celles à venir, condamnent d’avance des technologies non pas pour ce qu’elles sont, mais ce pour quoi elles pourraient servir.

    On ne peut pas demander aux gens d’avoir une culture du risque que la loi vous interdit.

  • yapadebug
    • Posté à 15h24 le 20/07/2008
    • Internaute 840

    ouais ben essayez donc, comme moi, d’aller voir une banque en France pour lui demander un financement pour monter une start-up, et on en reparlera...

    Les banques françaises perdent des milliards en jouant à la roulette sur les marchés financiers, mais pas question de risquer 5000 euros dans une entreprise innovante. Pour ça il faut aller aux USA.

    Et après on s’étonne du retard de la France... Mais c’est pas étonnant, on a les banquiers les plus cons du monde !

  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 15h39 le 20/07/2008
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    Morceaux choisis et arrangés sauce mauvais esprit :

    Miser sur les jeunes, genre Bolloré, Bouygues, Dassault, Lagardère...
    Développer la culture du risque, rêver un peu, avoir de l’ambition, et voir grand ! En confiant le bisness aux héritiers.
    Restructurer le financement de l’innovation en créant une fiscalité très favorable [...] en consolidant les aides publiques
    S’extraire du seul marché français à la fois trop petit et trop timoré en intensifiant l’octroi des aides au développement international
    Améliorer la chaîne alimentaire des start-ups au-delà du SBA à la française encourageant de manière timide la puissance publique à passer des commandes aux PME innovantes. Des approches sectorielles peuvent avoir un sens lorsque l’Etat peut les encourager.
    Créer un climat médiatique favorable à l’entrepreneuriat qui en met en évidence les valeurs positives tant humaines que pour l’économie du pays en développant une exemplarité inspiratrice pour le pays et notamment pour ses jeunes.
    « C’est qu’une question de volonté et d’ambition pour tirer le pays vers le haut ».
    Et ben moi je dis que ce n’est pas qu’une façon de parler. C’est fou ce que l’État pourrait faire s’il avait assez de fonctionnaires.

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 20h15 le 20/07/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    on a entendu, ré entendu, ce genre de discours pleins d’espoirs de de bonne volonté. ressassé tant et tant.... c’est toujours le même, il suffit juste de changer le sujet.
    et après ....une petite souris nait, accouchée par la montagne de promesses, et de rêves..
    cela lasse à force, surtout quand la souris est mort-né.

  • jcs03
    jcs03
    PME LILLE 59
    • Posté à 16h25 le 20/07/2008
    • Internaute 31790
      PME LILLE 59

    Aurions nous droit a une auto promotion de la part de l’auteur ! ! la grande nation numérique n’aurait elle point vue que le TGV a déjà quitté le quai ?
    Nous bénéficierons de moultes plans ( « un premier plan » dans l’article ! ! , puis un second, puis un....)
    et ensuite ..... NADA, Un Google à la Française ? basé lui aussi dans un paradis fiscal, ou est la retombée sur le plan national, ormis son financement par nos impôts
    sans doute trop terre à terre, je n’ai pas du comprendre dans ma campagne. Mon Banquier je le connais, il est sans doute indentique au votre, dès que l’on parle investissement, la seule prise de risque est de notre coté ( cautions, maître mot avant signature ...)
    Un petit patron, pas là d’être coté en bourse lui...

  • yapadebug
    • Posté à 16h36 le 20/07/2008
    • Internaute 840

    Si au lieu de faire des cadeaux aux millionnaires, on avait mis 15 milliards de prêts pour la création d’entreprises, internet ou autres, peut-être que le chomage et la sacro-sainte croissance s’en seraient mieux portés. De prêts, hein, pas de dons !

  • el Chiquito
    el Chiquito
    en promenade
    • Posté à 16h46 le 20/07/2008
    • Internaute 45214
      en promenade

    En fait, l’injonction présidentielle (une de plus) c’est : il faut faire comme les américains, mais à la française ! où est la nouveauté ? encore une réforme qui n’en est pas une, encore un moyen d’occuper l’espace médiatique.

  • sinclair
    • Posté à 16h57 le 20/07/2008
    • Internaute 2580

    Pas compris grand chose à cet article (peut etre l’age ?). J’ai ressenti cet article comme un exercice de langue de bois de niveau député. Les cinq points sont du type l’eau mouille.

    Les 27 pistes tiennent un peu de cela c’est une suite de choses qui s’imposent a l’utilisateur et dont d’autres qui mériteraient une reflexion sur la place des libertés individuelles dans l’application.

    L’ennui est que l’on prend les TIC en fait on aurait du dire NTIC (plus precis) qui ne sont qu’une partie des STI je pense comme une fin en soi alors qu’il ne sont qu’un moyen. Donc ce moyen est considéré comme objet principal d’étude (qui s’auto suffit par son modernisme) alors qu’il faudrait plutôt dégager en ce qui concerne l’état les buts souhaitable a atteindre. Là est sa place

    Pour le reste c’est la pratique l’expérience sur le terrain qui s’impose comme pour beaucoup de moyens nouveau et ce depuis l’invention du feu.

    Ainsi la reflexion devrait plutôt se tourner vers un encadrement. Voir ce qui se passe en bio technologie par exemple ce n’est pas envisager ce qui risque de se passer ( c’est déjà en train d’arriver)mais plutôt les dangers qui se présentent dans l’immédiat pour les espèces dont l’homme. Dans le cas d’internet qui n’est que la partie émergée de l’iceberg c’est des libertés dont il s’agit.

  • Olivier_Ezratty
    Olivier_Ezratty
    Auteur(e) de l'article Conseil en stratégies de l' (...)
    • Posté à 17h25 le 20/07/2008
    • Internaute 48093
      Conseil en stratégies de l' (...)

    On voit à lire vos réactions que vous êtes assez fâchés avec l’économie et l’entreprise ! Que vous n’avez pas plus confiance en la puissance publique pour faire avancer les choses. Un peu à l’image de cette France qui se défie de tout.

    On parle ici d’un enjeu industriel pour le pays qu’il pourrait être intéressant de creuser tout de même ! Plutôt que de le moquer par invective.

    @Thierry Reboud : faire évoluer la culture du risque n’est effectivement pas évidente quand les élites ne sont pas exemplaires. Cela commence ici et des actes symboliques seraient du meilleur effet pour générer un entrainement. Sinon, avez-vous consulté le plan en détail et pas seulement l’article qui le résume ? Le plan cherche justement à éviter les « il faut » en proposant un certain nombre de mesures concrètes. Et il a été préparé de manière participative en intégrant de nombreuses contributions. Vos idées pour faire avancer le schmillblick sont les bienvenues !

    @Jonas2 : les « tics langagiers » sont peut-être destinés à leur lectorat (dans la sphère publique...) :).

    @personne : non, il ne s’agit pas d’un appel à une nouvelle bulle Internet (on est en plein dans la bulle du web 2.0) mais des TICs en général. Cela comprend des marchés aussi divers que les composants, le logiciel, les applications verticales (santé, éducation, tourisme), la mobilité, etc. Il y a toujours des bulles dans les marchés innovants.

    @yapadebug : oui, le financement privé de l’innovation est plutôt mal en point en France. Mais là où il fonctionne, comme aux USA, c’est aussi du fait d’une politique fiscale adaptée. Quand en France on loue le Small Business Act pour sa composante « achat public dans les PME », on oublie souvent ses autres composantes d’incitations fiscales au financement du capital d’amorçage. On peut faire des progrès en France pour faire évoluer la structure de notre capitalisme. Soyons un peu optimistes. D’accord avec vous sur le commentaire concernant le paquet fiscal, tout du moins pour certaines de ses mesures. La réduction des droits de mutation (donations et succession) a coûté quelques milliards, qui effectivement auraient mieux été investis ailleurs, plus orientés vers le futur (universités, fiscalité de l’investissement dans l’innovation, etc).

    @jcs3 : un Google à la française dans un paradis fiscal ? Voilà encore du défaitisme. Il est clair que l’on n’est pas prêt d’avoir une société de la taille de Google en France. D’ailleurs, quand on parle de créer un « Google en France », il ne s’agit pas d’imiter Google dans son domaine mais de créer de grandes entreprises des TICs sur de nouveaux marchés porteurs. Au moins peut-on ambitionner de voir émerger quelques acteurs de taille critique (quelques centaines de millions d’Euros de CA, voire milliards) dans les TICs.

    @el chiquito : c’est effectivement le risque que le « plan numérique » demandé par Sarkozy comporte. Sarkozy a lancé une ambition un peu en l’air, mais elle semble peu suivie d’effet. C’est un peu ce que je dénonce dans le plan, c’est ce qui l’a motivé. L’approche actuelle du gouvernement est trop tournée vers notre petit marché intérieur et manque d’ambition d’un point de vue industriel.

    @sinclair : l’effet eau mouillée est lié à l’exercice de synthèse pas forcément évident de l’analyse de nos déficiences et des propositions qui suivent. lisez le plan et on discutons-en ensuite.

    @ tous ... vous êtes les bienvenus pour faire des propositions relativement à l’objectif du plan.

    • Lohiel
      Lohiel répond à Olivier_Ezratty
      http://twitter.com/Lohiel
      • Posté à 18h14 le 20/07/2008
      • Internaute 38391
        http://twitter.com/Lohiel

      tiens revoilà le grand portnawak à la langue de bois

      j’ai créé des entreprises, monsieur, dans le secteur du rédactionnel et de la culture

      en 1980, ça marchait... bien bien bien !

      en 2000, ça marchait encore un peu, mais déjà dur dur les journées... et pourtant c’était pas dans le délire de la bulle, auquel j’ai jamais cru... non, il y avait un marché, mondial ce coup-ci avec Internet, des clients (nombreux, satisfaits) et des « produits » bien pensés

      mais de nos jours avec tous les bâtons qu’on met dans les roues à ceux qui voudraient s’en sortir comme ça... le poids de charges conjugué à l’appauvrissement de la clientèle (eh oui ! - donc baisse obligatoire des tarifs pratiqués)... tout cela donne qu’il faudrait bosser 28h par jour, WE compris, pour tirer un smic ET éviter les menaces de l’URSAFF et autres goules à l’affut...

      c’est plus un goût du risque, qu’il faut, mon bon monsieur, mais un masochisme avéré et un fort instinct suicidaire... pour créer une entreprise en sarkozye.

      • Olivier_Ezratty
        Olivier_Ezratty répond à Lohiel
        Auteur(e) de l'article Conseil en stratégies de l' (...)
        • Posté à 18h35 le 20/07/2008
        • Internaute 48093
          Conseil en stratégies de l' (...)

        C’est malheureusement ce que l’on entend partout maintenant. Que pour réussir, « les bons » n’ont qu’à s’expatrier dans la Silicon Valley. Et que ceux qui restent en France seront « petits » à jamais.

        Mais est-ce vraiment une fatalité ? Ne peut-on pas renverser ’pas à pas’ la vapeur ?

         
        • haiker
          haiker répond à Olivier_Ezratty
          • Posté à 01h43 le 22/07/2008
          • Internaute 29253

          Pour cela il faudrait déjà briser une spécificité bien française : l’imense majorité des ingénieurs en informatique formés dans ce pays sont gâchés dans des postes de consultant en SSII où on leur demande de faire et refaire ce qu’ils savent déjà faire pour un salaire plus bas comparé à tous les autres métiers d’engineering et ce jusqu’à ce qu’ils soient vidés de toute envie de bosser dans ces conditions et 1) rejoignent une entreprise cliente pour des conditions de travail meilleures ou 2) partent à l’étranger où leurs compétences seront appréciées beaucoup plus raisonnablement.

        1 autres commentaires
    • thierry reboud
      • Posté à 18h20 le 20/07/2008
      • Internaute 20923

      @Thierry Reboud : faire évoluer la culture du risque n’est effectivement pas évidente quand les élites ne sont pas exemplaires. Cela commence ici et des actes symboliques seraient du meilleur effet pour générer un entrainement. Sinon, avez-vous consulté le plan en détail et pas seulement l’article qui le résume ? Le plan cherche justement à éviter les « il faut » en proposant un certain nombre de mesures concrètes. Et il a été préparé de manière participative en intégrant de nombreuses contributions. Vos idées pour faire avancer le schmillblick sont les bienvenues !

      Non, je n’ai pas lu le plan dans son entier. Pas plus d’ailleurs que je ne me suis laissé aller à commenter le plan dans son entier.
      J’ai lu la synthèse que vous avez faite ici, et je n’ai pas commenté autre chose que cette synthèse. Je me dis, benoîtement, qu’elle doit tout de même vous convenir puisque vous avez eu (je présume) toute latitude pour l’écrire.
      La confiance en la puissance publique ? Mais qui s’est acharné à la détruire depuis des années ? La vulgate néo-libérale (en peau de lapin, si vous voulez mon avis) du MEDEF relayée par la droite parlementaire ! Comprenez donc que je m’étonne qu’un chantre de l’entreprise (c’est votre droit et je n’en conteste même pas la pertinence) nous serve un texte dans lequel je lis (peut-être à tort, mais vous n’avez pas répondu sur ce point) quelque chose qui ressemble à faire passer la sébile pour les pauvres entrepreneurs nécessiteux... eh bien ça m’énerve, que voulez-vous !

      Cela dit, je vous remercie, primo, d’avoir lu mon commentaire et, secundo, d’y avoir répondu. (J’aurais d’ailleurs peut-être dû commencer par là...)

      • Olivier_Ezratty
        Olivier_Ezratty répond à thierry reboud
        Auteur(e) de l'article Conseil en stratégies de l' (...)
        • Posté à 18h47 le 20/07/2008
        • Internaute 48093
          Conseil en stratégies de l' (...)

        Thierry,

        Mon propos n’est pas de subventionner à tout crin les « pauvres entrepreneurs nécessiteux » (il ne me semble pas l’avoir écrit sous quelque forme que ce soit), mais précisément :

        - De structurer différemment les aides publiques, trop morcelées, trop complexes et trop orientées sur le soutien à la R&D qui n’est pas le principal point faible des startups de notre pays.

        - De créer les conditions, notamment fiscales, permettant d’augmenter le financement privé des startups dans les phases où il est déficient (précisément : dans l’amorçage entre 300K€ et 1m€, et dans le capital development après 5m€). C’est une condition pour faire passer les startups de l’état de TPE à celui de PME.

        - Au passage, de favoriser l’actionariat salarié (BSA, etc) notamment pour encourager les jeunes à intégrer ces startups. Histoire de mieux partager les « fruits de la réussite ». Cela existe ailleurs, et même dans (trop peu de) boites françaises. Les entrepreneurs ne sont pas assez « partageurs » avec leurs salariés. Certains accusent la complexité du système (qui est réelle), mais il y a aussi un état d’esprit à changer.

        Cordialement,

         
        • thierry reboud
          • Posté à 20h01 le 20/07/2008
          • Internaute 20923

          Non, j’avais bien compris que votre propos n’était pas de, il s’agissait juste d’une figure de style.

          Néanmoins...

          Premièrement, structurer les aides publiques de telle ou telle manière, pourquoi pas. Mais, à ce compte, j’entends que soient également structurées les retombées (fiscales, sociales ou économiques) que nous pouvons attendre de ces entreprises subventionnées.

          Deuxièmement, créer les conditions, notamment fiscales, c’est (selon moi) une autre manière de parler de subventions. Pourquoi, en effet, ne pas favoriser l’investissement capitaliste dans les entreprises ? Mais alors pourquoi ne pas favoriser les retombées fiscales de ces investissements qui auront été favorisés ?

          Troisièmement, je suis extrêmement réservé d’une manière générale sur l’actionnariat salarié. Il suffit de regarder comment va la société contemporaine, notamment dans son aspect économico-social, pour constater que les intérêts des salariés ne coïncident que rarement avec ceux des actionnaires. Un actionnaire salarié, selon moi, risque beaucoup d’être celui qui se suicidera pour que son entreprise devienne florissante.
          Singulièrement dans le domaine du numérique (rappelez-vous les premières start-up de la bulle), on a trop vu de salariés se faire littéralement escroquer (même si, je vous l’accorde, on a aussi vu quelques petits malins s’en mettre plein les poches). Je ne suis pour autant pas très convaincu (et, apparemment, vous non plus) que ces pratiques aient en quoi que ce soit favorisé l’éclosion d’une industrie numérique performante selon les critères habituellement retenus.

          Quant à votre conclusion appelant à changer d’état d’esprit, je la partage. Je ne suis cependant pas très sûr que nous soyons d’accord sur la direction qu’il faudrait donner à ce changement d’état d’esprit.
          Mais, pour le coup, c’est une tout autre question.

          • Olivier_Ezratty
            Olivier_Ezratty répond à thierry reboud
            Auteur(e) de l'article Conseil en stratégies de l' (...)
            • Posté à 21h21 le 20/07/2008
            • Internaute 48093
              Conseil en stratégies de l' (...)

            Thierry,

            Les retombées devraient être de la création de richesse pour le pays, des emplois, et un apport à la balance commerciale du pays si possible. Après, la fiscalité « en retour » des entreprise étant proportionnelle à leur taille et à leur profit, plus on créé d’entreprises moyennes, plus le pays en bénéficie. Faut-il alors les surtaxer ? Je n’irai pas jusque là...

            Il faut aussi noter que les aides à l’innovation sont souvent des prêts (remboursables, surtout en cas de réussite de l’entreprise...) et plus rarement des subventions. Les avantages fiscaux (pas d’impôt sur les sociétés les premières années, charges sociales, etc) sont assez génériques aux PME et pas spécifiques à celles du secteur des TICs.

            Il y a un cas particulier, le Crédit Impôt Recherche, qui est une subvention déguisée à la R&D, mais qui dans la pratique profite surtout aux grandes entreprises profitables. Le bien fondé du CIR n’est pas évident, surtout celui de la loi de finance 2008 qui l’a déplafonné. Son coût est élevé et il aurait mieux fallu le dépenser dans les PME que dans les grandes entreprises. Là dessus, l’Etat n’est pas toujours impatial. Nombreux sont ses décideurs qui veulent favoriser les grandes entreprises, au détriment implicite des PMEs.

            Pour l’actionnariat salarié, bien entendu, il y a des travers. Mais là, je ne parle pas d’investissement en actions réalisé par les salariés (un peu comme chez Enron...), mais d’avoir une part de la rémunération sous forme d’actions. Le risque est faible pour le salarié. Le retour pour eux dépend de la croissance de l’entreprise. Ces pratiques ont eu un impact dans les TICs, mais surtout aux USA. C’est un moyen de recruter sans avoir une masse salariale trop lourde au démarrage. Et c’est très motivant pour les salariés que de se voir associés à la réussite de leur entreprise. Mais je vous concède que cela requiert quelques conditions, comme un management motivant et avec une certaine éthique.

            • thierry reboud
              • Posté à 23h20 le 20/07/2008
              • Internaute 20923

              Je reconnais bien dans votre introduction la théorie du ruissellement qui veut que la richesse créée se diffuse de proche en proche dans toutes les couches de la société. L’enrichissement considérable des uns favoriserait l’enrichissement moindre des autres, et c’est la société dans son ensemble qui de la sorte trouverait un point d’équilibre optimal.
              Arrêtez-moi si je me trompe, mais il me semble bien qu’il s’agit là de la doxa libérale. Une sorte de réincarnation tardive de la main invisible en quelque sorte.
              Sauf que, dans le monde salarié où je vis, ça ne se passe pas tout à fait comme ça. Dans le monde salarié où je vis, ça ruisselle à peine (et même en-deçà de l’indice des prix à la consommation) pour les gens que je fréquente. Et pourtant, de la richesse, il s’en est créé en 20 ans !
              Dans le monde où je vis, l’écart des revenus disponibles s’est considérablement accru depuis 20 ans, la spéculation rapporte plus que la rente, la rente plus que le capital, et le capital plus que le travail.
              Pour tout vous dire, je ne suis pas plus enthousiaste que ça à l’idée que nous allions plus loin dans cette voie et je ne détesterais pas que la puissance publique se préoccupe aussi un peu de redistribution. Ce qui implique, non pas de surtaxer les entreprises, mais plus simplement de les imposer et d’en finir avec cette escroquerie que sont les allègements de charges (puisque les charges allégées, ce sont les salariés qui en payent le prix).

              Que des entreprises bénéficient de prêts, je n’ai pas mon mot à dire. En revanche, quand ces prêts viennent de l’état, je coince un peu plus.
              On nous a seriné pendant des années que l’état n’avait rien à faire dans la banque. Cette culture du risque que vous désirez tant nous inculquer, avez-vous songé à en faire profiter d’abord les banquiers ? Après tout, il me semble que c’est leur métier, non ?

              Quant à ce que vous dites de l’actionnariat salarié, je dois dire que vous justifiez toutes mes craintes. Je vous cite : C’est un moyen de recruter sans avoir une masse salariale trop lourde au démarrage.
              Où donc voyez-vous que le risque est faible pour le salarié ? Il n’est faible que si l’entreprise rencontre le succès.
              Mais si elle échoue ? Le salarié n’est pas entrepreneur, que je sache, et je ne connais aucun entrepreneur qui souhaite qu’il en aille autrement. Pourquoi voulez-vous que le salarié prenne à son compte les risques qui reviennent par nature à l’entrepreneur ? Dans le cas où elle échoue, le travail du salarié n’aura pas été rémunéré à son juste prix, voilà ce que je vois.

              Enfin, pour ce qui est de l’éthique dans l’entreprise, je ne partage pas non plus votre enthousiasme. Tout le monde, entrepreneurs en tête, s’accorde à reconnaître qu’une entreprise a des intérêts. L’éthique pour l’entreprise, c’est du même tonneau que les droits de l’homme pour un gouvernement : d’accord à condition que ça ne coûte rien.

              • Olivier_Ezratty
                Olivier_Ezratty répond à thierry reboud
                Auteur(e) de l'article Conseil en stratégies de l' (...)
                • Posté à 08h41 le 21/07/2008
                • Internaute 48093
                  Conseil en stratégies de l' (...)

                Un plan qui aide les startups est en effet facilement catalogué de néolibéral. On réoriente les aides ? Néolibéral. On revoit la fiscalité pour encourager les investissements privés ? Néolibéral. On veut favoriser l’actionariat salarié. Neolibéral. On rappelle que la France n’est pas isolée dans ce monde, qu’elle doit faire face avec ses forces et faiblesses à la concurrence du reste du monde sans rester les bras croisés ? Néolibéral.

                La redistribution ? La France est l’un des pays du monde où elle opère le plus, même si elle n’est pas toujours équitable (notamment pour les classes moyennes).

                Les allègements de charges ? Oui, il y a un leurre dans le système. Au sens où l’on aide artificiellement les emplois faiblement qualifiés, alors qu’il faudrait plutôt (ou aussi...) tirer l’emploi vers le haut en favorisant l’émergence d’emplois qualifiés. D’où l’intérêt d’avoir plus de « PME de croissance » dans les secteurs de pointe.

                Pour les salaires des jeunes dans les startups, le risque est faible pour le salarié si son salaire est décent. Mais il y a une pratique bien connue qui ne renvoie pas du tout l’ascenseur aux jeunes : l’appel à des stagiaires pour compenser le manque de moyens. Une startup bien financée (on reboucle...) y fait moins appel ! Il est frappant d’entendre nombre d’entrepreneurs se plaindre du manque de flexibilité du travail, de la peur d’embaucher du fait du coût du licenciement. Et de les voir demander des modifications qui font penser au CNE et au CPE. Que l’on a peut-être eu le tors d’enterrer dans les emplois hautement qualifiés.

                Côté éthique de l’entreprise, je partage votre méfiance. Le « capitalisme », les « grands patrons », les « grandes fortunes », les « banquiers » ne sont pas exemplaires dans ce pays, et en général. Pourtant, changer la donne dépend beaucoup d’eux, d’une évolution de leurs comportements. Je n’ai pas la recette miracle, mais une part de la solution est chez eux, et elle dépend d’un petit nombre de personnes.

                Mais au fait, il y a-t-il un pays de référence idéal et existant d’un point de vue à la fois politique, social et économique ?

                • thierry reboud
                  • Posté à 10h10 le 21/07/2008
                  • Internaute 20923

                  Là, j’ai un peu l’impression que vous faites semblant de ne pas comprendre ! Le plan n’est sans doute pas néo-libéral, mais sa finalité (le fameux ruissellement) l’est bel et bien. (Et du reste, je me demande même si le néo n’est pas de trop...)
                  Et justement c’est bien le point qui me gêne : si la finalité est libérale, il serait cohérent que le plan le soit aussi et en appelle un peu moins à une solidarité dont (compte tenu de la mode actuelle) je me demande si elle sera payée de retour.

                  Pour le reste, votre analyse n’est évidemment pas irrecevable. Elle s’inscrit dans un cadre et dans une évolution qui ne me satisfont pas et dont (semble-t-il) vous vous accommodez ou, du moins, que vous choisissez d’accompagner plutôt que de les changer. C’est un choix respectable, mais ça n’est pas le mien.

                  Sur votre question de conclusion (le pays de référence) : non, évidemment non. Mais la question serait plutôt de savoir dans quelle direction nous souhaitons aller. Il paraît manifeste que nous n’avons pas la même perspective.

        • haiker
          haiker répond à Olivier_Ezratty
          • Posté à 02h24 le 22/07/2008
          • Internaute 29253

          Au « passage » ? ? ?
          Pourquoi au contraire ne pas commencer par là ?

          Une piste jamais évoquée de plus juste rémunération apte à inciter des compétences à rester en France serait de reverser des droits d’auteur au créateur d’un logiciel, à l’instar d’autres secteurs ou l’auteur de l’oeuvre, et non pas uniquement son propriétaire légal, possède des droits dessus.

          Pourquoi un logiciel mal écrit qui sera peu déployé dans une entreprise cliente avant d’être abandonné serait rémunéré au même niveau à son auteur qu’un très bon déployé massivement ? Au sens droit d’auteur, c’est une abérration.

          Au sens méritocratique, c’est encourager le vite-fait-mal-fait. Pour aider l’innovation, il faudrait encourager plus le savoir faire, la qualité, la solution innovante qui dure dans un secteur où tout ce qui ne convient pas parfaitement est encore plus vite remplacé par autre chose (pas forcément meilleure, d’ailleurs) que dans nul autre secteur.

          En gros, récompenser les auteurs, et pas uniquement les « majors » pour lequels ils ont dû signés, faute de trouver la ch’tite société indépendante qu’ils cherchent en nombre, trop souvent à l’étranger.

        6 autres commentaires
    • sinclair
      • Posté à 21h24 le 20/07/2008
      • Internaute 2580

      L’eau qui mouille était parce que finalement je suis un gentil. Mais votre article a comme des regrets de la fin de la bulle internet. Peut être voudriez vous la revoir gonfler ?

      L’analyse de nos déficiences et des propositions et la synthèse que vous en faites a reçu le maximum d’attention dont je suis capable (limitée c’est vrai) en vain

      Mais sachez que tout ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et que si vous êtes si incompris c’est que vous avez soit un problème de capacité pédagogique tiens ça me rappelle des choses soit vous ne maitrisez pas bien le sujet soit vous vendez votre marchandise avec des arguments très partiaux.

    • el Chiquito
      el Chiquito répond à Olivier_Ezratty
      en promenade
      • Posté à 10h39 le 21/07/2008
      • Internaute 45214
        en promenade

      Y a-t-il des projets au niveau de l’Europe ? il me semble que c’est plutôt à ce niveau que devraient se prendre les initiatives.

  • kdb
    kdb
    • Posté à 17h27 le 20/07/2008
    • Internaute 29729

    les plans internet du GOUVERNEMENT ? perso ? ... comme pas mal je m’en FOU ! ! ! ! la tentative du gouvernement est simplement de s’infiltrer dans le WEB pour le contrôler ! ! !
    pour preuve Bollorer a tâter le terrain en faisant une proposition d’D’ACHAT a FREE ! ! manque de bol FREE a REFUSE !

  • kdb
    kdb
    • Posté à 17h38 le 20/07/2008
    • Internaute 29729

    *un Google à la française dans un paradis fiscal ? Voilà encore du défaitisme. Il est clair que l’on n’est pas prêt d’avoir une société de la taille de Google en France. D’ailleurs, quand on parle de créer un « Google en France », il ne s’agit pas d’imiter Google*
    *******
    Ben tien le commique du gouvernement trop lourd ! (avec comme ca un on filtrage a la francaise) et la collecte IP directement sur le bureau du nain
    trop drole :)

  • nana pas l'air
    nana pas l'air
    chef d'entreprise
    • Posté à 18h00 le 20/07/2008
    • Internaute 47045
      chef d'entreprise

    la culture du risque ?
    Ce n’est certainement pas à gauche que vous la trouverez ils aiment trop leur petite sécurité .
    Et puis quand je lis le commentaire du dessus ou tout de suite cela donne une vision de super communiste nous sommes en droit finalement de se demander qui r^ve réellement d’une telle utilisation !

    • France_d_en_Bas
      France_d_en_Bas répond à nana pas l'air
      Chercheur de Bon Sens
      • Posté à 18h18 le 20/07/2008
      • Expert 25762
        Chercheur de Bon Sens

      Il suffit de demander aux copains de Sarkosy, les Boloré, Lagardère, Bouygues,.. s’ils crachent sur les subventions directes ou déguisées..

      Chef d’entreprise comique, il faut arrêter au lieu de dire n’importe quoi. Des subventions, je n’en demande pas.. ce n’est pas que je n’ai pas essayé, par exemple en tentant par 2 fois le concours sur les entreprises innovantes ! Intéressant, on n’y perd largement plus que ce qu’on y gagne (en temps, en énergie donc en ressources financières)...

      Maintenant, mon équipe et moi faisons notre chemin sans rien demander ! C’est beaucoup plus efficace !

      Ma seule requête.. c’est que quand les salaires sont difficiles à sortir, qu’on nous allège temporairement les charges au lieu de nous placer un couteau sous la gorge ! Cela serait simple et permettrait d’assurer la pérennité de milliers de petites et moyennes entreprises... Bien sûr, beaucoup trop communiste !

      Au fait, le patron, j’espère que vous travaillez à l’export car sinon -une fois la paupérisation bien en place- les débouchés seront plutôt limités ; il suffit de se promener dans les villes pour voir de plus en plus de magasins fermés ! Ce pourrait être un signe..

      Allez, je vais continuer à bosser !

      • nana pas l'air
        nana pas l'air répond à France_d_en_Bas
        chef d'entreprise
        • Posté à 22h05 le 21/07/2008
        • Internaute 47045
          chef d'entreprise

        entièrement d’accord avec toi france d’en bas dont je fais partie les charges sont trop importantes et les subventions difficiles à obtenir ou avec des contraintes parfois insurmontables
        mais à l’arrivée de mittérand + 20% d’un coup d’augmentation des charges et pour les subventions un fonctionnariat plus éfficace dans la gestion des dossiers ne serait pas inutile

    • el Chiquito
      el Chiquito répond à nana pas l'air
      en promenade
      • Posté à 10h51 le 21/07/2008
      • Internaute 45214
        en promenade

      @nana pas l’air
      C’est votre vision de la gauche et de la droite :
      - la gauche : un tas de parasytes archaïques qui ne pensent qu’à leur protection et à la conservation de leurs petits avantages, qui veulent surtout que rien ne change
      - la droite courageuse, entreprenante, qui a le gout du risque, qui est moderne, qui bouscule les lignes ...

      Si c’est cela alors on peut dire que la révolution conservatrice marque des points, et je n’en serais pas étonné.

      • nana pas l'air
        nana pas l'air répond à el Chiquito
        chef d'entreprise
        • Posté à 17h12 le 21/07/2008
        • Internaute 47045
          chef d'entreprise

        tu enlèves parasite et c’est effectivement ma vision de la gauche qui est justifiée puisque celle ci n’a jamais cherché à prouver le contraire .C’est effectivement l’image qu’elle dégage celle qui ne rêve qu’à « bouffer du patron “

  • Olivier_Ezratty
    Olivier_Ezratty
    Auteur(e) de l'article Conseil en stratégies de l' (...)
    • Posté à 18h26 le 20/07/2008
    • Internaute 48093
      Conseil en stratégies de l' (...)

    Cf page 4 de la contribution de Delanoe au congrès du PS :

    « Le problème numéro 1 de la France est celui de la compétitivité internationale des entreprises en raison de la faiblesse de la spécialisation industrielle et de l’insuffisante présence des PME sur les marchés mondiaux. La France est très présente dans certains secteurs d’activités au travers de quelques grandes entreprises. Mais c’est l’ensemble de l’industrie qui est aux prises avec la concurrence des pays émergents et nos emplois ne peuvent reposer sur quelques secteurs seulement. La réponse n’est pas dans le protectionnisme mais dans l’innovation et la recherche qui doivent irriguer plus largement l’ensemble du tissu économique pour conquérir des créneaux à forte valeur ajoutée. C’est par les petites et moyennes entreprises, plus que par celles du CAC 40, que la France retrouvera le dynamisme de sa croissance et c’est par le soutien de l’Etat et des collectivités qu’elles se développeront. » (Lien).

    L’enjeu industriel me semble en tout cas bien compris à droite comme à gauche !

    Sur le CAC 40, le plan des 29 propositions ne dit pas autre chose : les aides favorisent trop les grandes entreprises (en général, et en particulier dans le secteur des TICs). La focalisation des efforts publics sur les jeunes et sur les TPE/PME dans les TICs vise à renouveler le tissu économique qui est ankylosé. Et ce n’est pas vraiment la politique actuelle du gouvernement...

    • thierry reboud
      • Posté à 18h34 le 20/07/2008
      • Internaute 20923

      Allez, juste pour le plaisir de vous asticoter...

      Cf page 4 de la contribution de Delanoe au congrès du PS [....] L’enjeu industriel me semble en tout cas bien compris à droite comme à gauche !

      Je corrige : l’enjeu industriel me semble en tout cas bien compris à droite comme à droite.

      (Je suis resté gamin, que voulez-vous...)

  • Olivier_Ezratty
    Olivier_Ezratty
    Auteur(e) de l'article Conseil en stratégies de l' (...)
    • Posté à 18h49 le 20/07/2008
    • Internaute 48093
      Conseil en stratégies de l' (...)

    En politique aussi, tout est relatif... :)

    • Jonas2
      Jonas2 répond à Olivier_Ezratty
      Les mouches ne me trouveront (...)
      • Posté à 18h56 le 20/07/2008
      • Internaute 19359
        Les mouches ne me trouveront (...)

      Ce qui devrait nous inciter à plus de précaution dans les références : -)

  • Humain
    • Posté à 19h08 le 20/07/2008
    • Internaute 21387

    L’enjeu industriel ?

    La droite s’en moque bien...

    A l’heure où l’on cherche à nous faire croire que le résultat économique est calqué sur celui du CAC40 !

    L’important est l’industrie, certes, mais le problème est que le gouvernement s’en moque.

    Les industriels ont besoins de rien, sinon qu’on les laisse (tout en étant conforme au code du travail) faire leur boulot.

    Point n’est besoin de subventions aliénantes.

    Une société industrielle est là pourquoi ?
    Pour faire du fric, ou pour « créer » des emplois ?

    Sachons que pour une PME « créer » un emploi est la conséquence du fonctionnement de la boite, pas son objectif.

    C’est comme cela ! !

    Quand on aura compris que le CAC40 n’est pas un indicateur économique mais un simple thermomêtre financier, nous aurons fait un grand pas en avant.

    Les Allemands et même les Italiens, (qui ont eux-aussi leur thermomêtre) l’ont compris.

    Pourquoi pas nous ?

  • barbara44
    barbara44
    rédactrice
    • Posté à 19h25 le 20/07/2008
    • Internaute 35678
      rédactrice

    Bon, c’est un manifeste écrit par un membre du Sarko Big Band ?

    Personnellement, je me demande plutôt pourquoi on ne développe pas au-dessus de notre planète un réseau de satellites internet,et dans les ordinateurs portables des antennes ou capteurs intégrés pour s’y connecter, à la manière intéressante, mais trop « locale » du wi-fi ?

    Ceci donnerait effectivement les mêmes chances d’accès à internet à tous ...Techniquement c’est possible, cela existe déjà, mais l’abonnement est réservé à des gens disposant de revenus plus que confortables. Pourquoi ne démocratise-t-on jamais ce genre de chose ?

    Y’en a marre dela guéguerre des fournisseurs d’accès, d’autant que le dégroupage n’arrivera jamais en zones rurales. La diffusion TV est donc également concernée.

    Qu’on paye une redevance, c’est normal, mais quelle part doit aller à l’entreprise créatrice de service et quelle taxe, en %, serait la redevance d’Etat. Pas plus de 5 %, en tous cas.

    Ce que je constate, c’est que le développement d’internet ne va pas vers plus performant, mais sur comment nous saoûler de pub jusqu’à plus soif, au point qu’on quitte sa recherche par dégoût...

    • Madiran
      Madiran répond à barbara44
      (Business Analyst)
      • Posté à 20h06 le 20/07/2008
      • Internaute 16911
        (Business Analyst)

      Ha bon ! !
      Payer une redevance est normal ?

      Pourquoi ?

      Faut-il payer aussi pour Carrefour, ou pour France 2 ! !

      On vous inculque que payer est normal. Ben voyons !

      Mais on vous dit aussi que le privé est mieux, plus libéral etc...

      Si on est cohérent : en quoi une redevance est-elle normale ?

      Pour la sécu certainement, mais on nomme ceci un service public.

      Mais pour la TV surement pas !
      Mais on nomme ceci quand même un service public, alors que c’est un service d’état !

  • vol19
    • Posté à 19h58 le 20/07/2008
    • Internaute 13492

    Une thèse rémanente dans les échanges « il faut un tissus de PME »... manque de pot « il faut », un tissus de PME, çà ne se décrète pas...

    Il y a vingt cinq ans, en comparaison à l’Allemagne, on faisait déjà les mêmes constats. Peu de grandes PME en France, manque de fonds propres, manque de culture industrielle spécialisée. Pour avoir corrigé des rapports de stages d’étudiants pendant dix ans dans ma jeunesse... il est bien aisé de confirmer ce que l’on dit depuis longtemps... ce qui rejoint les thèses de Max Webber d’ailleurs. En Allemagne, Suisse, nombreuses sont les PME très pointues sur la technique, dans le secteur des biens industriels et médicaux qui se vendent bien, connus dans le monde entier car sur des marchés de niches et avec une image de « made in » sérieuse. En France, pour des raisons qui tiennent, à la centralisation, l’urbanisme, l’éducation, le rapport au capital, nous n’avons pas ce tissus industriel et économique. Le capitalisme Français fût pour une large part, un capitalisme d’Etat... manque de pôt on a tout vendu... reste une myriade de PME qui survivent et qui n’ont pas de « stratégie » pour la plupart et n’en auraont jamais et qui sont certaines sur des marchés cycliques.
    Les PMEs high tech, il y en a pas beaucoup, quand elles ne se font pas racheter par des LBOs, des entreprises américaines qui piquent les brevets,le fichier client et après ferment la boîte... De toute façon, entreprendre en France, il faut être maso, joueur ou requin. Le problème ce n’est pas avec une mesure que vous résolverez le problème, c’est un ensemble de dimensions tissées ensemble : urbanisme, formation, régulations, mentalités...

    Les PMEs internet lancées par des très jeunes...il y a eu de grandes déconvenues dans les années 2000, manager une équipe, celà demande un tout petit peu de maturité que l’on pas forcément en sortant de l’école... surtout avec les comportements bordelines actuels.

    Désolé mais le développement d’un grand tissus de PME hight tech en France est probablement plié, à quelques exceptions...çà ne compensera jamais, à moins d’un miracle l’emploi et la puissance économique (tout comme les emplois à la personne) des grandes entreprises publiques des années 70/80, que nous n’avons plus... le problème est profond et çà ne s’est pas arrangé les dernières dizaines d’années...
    « Il faut re-apprendre à oser » discours d’un conférencier de l’institut de l’entreprise, qui date de quand ? quelques jours ? Non ! entendu çà en juin 1987...L’innovation...

    • Olivier_Ezratty
      Olivier_Ezratty répond à vol19
      Auteur(e) de l'article Conseil en stratégies de l' (...)
      • Posté à 08h08 le 21/07/2008
      • Internaute 48093
        Conseil en stratégies de l' (...)

      D’accord avec une grande partie de cette analyse. Pour changer la donne, il faudrait modifier énormément de paramètres et simultanément (structure de l’enseignement supérieur, fiscalité, ... et état d’esprit). On en est effectivement loin. Les français de l’étranger (est-ce votre cas ?) considèrent souvent qu’il n’y a rien à faire et que c’est plié, que le pays ne changera jamais. Les politiques font ou de la comm, ou du court terme, ou les deux. Comment donc sortir de cette déprime ?

      • vol19
        vol19 répond à Olivier_Ezratty
        • Posté à 15h53 le 21/07/2008
        • Internaute 13492

        Non, je ne suis pas un Français de l’étranger.. mais bien un étranger à ce monde actuel. Dans ma première jeunesse, ce qui m’ influencé, j’ai fréquenté les milieux prospective-innovation, bien qu’il ne s’agisse pas de mon domaine principal. Pendant vingt ans en temps qu’enseignant, chercheur et petit entrepreneur, j’ai bien observé à des niveaux très divers les problèmes qui se posent, de plus ai animé des modules sur l’innovation dans de sgrandes écoles et instituts. Vers 2000/2001 en dehors de la bulle internet à laquelle, je n’ai pas cru, j’ai vu des choses bouger dans des endroits différents et patatras, tout s’est dégonflé et tout est reparti en arrière. Les structures se sont rigidifiées, chacun se protège, la confiance dans les organisations est a son niveau le plus bas.

        La confiance, l’envie de faire ensemble, bref la pulsion de vie est nécessaire dans l’innovation, au contraire le système bascule davantage du côté de la pulsion de mort, du cynisme, de la rigidité,des corporations, des jeux des statuts, de la défiance.
        Que faire ? Nombreux incubateurs se sont trouvés en difficultés, ces années. Peut-être dans des zones accessibles géographiquement, ni trop excentrées tisser des incubateurs avec des centres de recherche, enseignement avec un véritable cadre de soutient et des moyens à long terme, une animation du dispositif intelligente et vivante avec des moyens, (j’ai vu des personnes très impliquées beaucoup se fatiguer)également soutenus par des acteurs motivés dans les institutions partenaires (ce qui est loin d’être évident) et ce qui suppose une reconnaissance institutionnelle. Je le répète le lien social au travail est malade en France. Prendre des risques, dans cette société violente nécessite en contrepartie des « protections ». Il est impossible de gérer de la précarité de partout pour quelqu’un, surtout en ce moment.
        Pour ma part, je crois plutôt à des formules de « coopératives »,il y a une part d’utopie, mais quand un groupe de personnes dans des relations plutôt égalitaires est bien coordonné, régulé, des synergies sont naturellement possibles plutôt que l’entrepreneur seul dans son coin, d’autant plus qu’il est difficile d’être à la fois créatif et gestionnaire. Je pense aussi qu’un financement hors marché financier donne un sens sur le plan éthique. Je souhaite encore essayer d’espérer que le développement d’une économie sociale ccopérative peut améliorer les relations pathologiques au travail aujourd’hui. Ce que j’ai vu en vingt ans ne me mêne pas à l’optimisme, des moments on a l’impression que çà repart et un ans ou deux après le soufflé se dégonfle et au final...Bon, il y a toujours des nouveaux acteurs qui émergent, çà tourne un temps et laisse l’opportunité de rebondir sur autrechose. Mais çà laisse la triste impression d’un énorme gachis, sans doute le prix pour maintenir un certain ordre social qui lui ne change pas beaucoup. Bonne chance.

         
        • haiker
          haiker répond à vol19
          • Posté à 03h11 le 22/07/2008
          • Internaute 29253

          Je partage totalement ce sentiment de pulsion de mort.
          Notre pays est vieillissant, et cela rejailli sur sa confiance en l’avenir. Ce vieillissement ne devrait être que temporaire, compte tenu de la bonne natalité depuis des années. Mais à condition de retenir cette jeunesse dans le pays. Hors on fait tout le contraire : on précarise encore plus son entrée dans la vie active, on lui promet plus de travail pour maintenir des niveaux retraites dont eux-même ne bénéficieront jamais, on juge mature le jeune de 16 ans récidiviste mais immature l’autre qui lui se comporte bien, on le condamne à de la prison pour outrage ou vol alors que l’exemple d’en haut (casse’toi’pov’con, 138000 euros pour une coupe de chmp’) reste impuni, on le contraint à accepter des baisses de salaires conséquentes au bout de 4 mois sans emploi, on le traite de fainéant, de sous-employé (pas compté pour les élections de CE).

          Cette France a peur de vieillir, de mourrir mais, chose assez inédite venant d’une génération de ba/papy-boomers, peur de ses jeunes.
          Le hic, c’est que ces jeunes n’ont - eux - pas peur de bouger, y compris en quittant le pays. Et ils sont de plus en plus nombreux.

          Je suis moi aussi sceptique que l’actuel modèle économique et social soit capable de redonner cette confiance (le fameux choc de confiance, mais le bon !). Bien contraire, car ce que l’on nous propose c’est le modèle de Tatcher, de Reagan, celui du passé, pas l’avenir.

          Et je vois moi aussi, comme vous, un autre modèle, très fortement coopératif, tenter d’émerger, ça et là. C’est vrai de réseaux économiques alternatifs. Concernant Internet, et dans l’univers de la création logiciel, le développement open source collaboratif font figure de pionners. Ou de unieme utopies, va savoir.

          Pourtant, je reste optimiste et je n’imagine pas que ce réseau bouillonnant ne génère pas à l’avenir des modèles d’économie numérique chanboulants tout. A commencer par les frontières des nations. Le monde numérique est dématérialisé, les frontières sont quasi sans effet sur lui, je vois mal comment ni pourquoi les nouveaux modèles économique qu’il engendrera intégrerait la moindre notion de nation, et donc de croissance « nationale ». Le patriotisme numérique est encore plus faible que « l’analgique »...

          • vol19
            vol19 répond à haiker
            • Posté à 20h37 le 22/07/2008
            • Internaute 13492

            Je me pique de répondre.Vous soulevez une question intéressante...le numérique boulerverse t-il fondamentalement les frontières au point d’interroger les frontières nationales voir même la notion de croissance ou d’économie nationale ?

            La Chine montre que l’Etat peut encore contrôler, du moins pour le moment...

            Le mythe de l’homme nomade, postmoderne, qui s’engendre lui-même et se connecte selon ses choix à des réseaux divers et variés, le temps que celà lui plaît. Séduisant sur le papier, hélàs, çà ne fonctionne pas vraiment comme çà. Dans toutes les sociétés, les individus sont le produit d’une longue histoire familiale. L’environnement local, la culture est toujours un peu imprégné dans la cellule familiale, de même comment celle-ci réagit à la grande histoire. C’est à dire que nous portons, outre la langue, l’éducation, les rapports sociaux, les guerres, les cycles économiques, les idéologies, les usages, des élements parfois très implicites qui nous ont été transmis par nos parents et grands-parents, dont chacun fait plus ou moins un droit d’inventaire jamias fini, quand il se construit. Il n’empêche que c’est présent et que celà influe, pour une part, sur notre manière de reprendre ce que nous vivons... même si par ailleurs des habitus de consommation mondiaux se développent. L’un ne remplace jamais complètement l’autre, les deux coexistent. C’est pourquoi l’Etat-nation et l’ordre des Lumières qui ont un peu plus de deux siècles sont certes en crise, mais il n’est pas sûr que celà disparaîtra aussi simplement. La langue est un « territoire mental », d’autant plus que des acteurs ont intérêt à maintenir cet espace, au fond pour beaucoup celà fonctionne comme un espace d’échange de base même si celui-ci est plus ou moins satisfaisant.
            Ceci pour illustrer que je ne crois pas trop qu’une économie numérique mondiale se substiturait à une économie dite « nationale »...sauf pour une petite fraction de population, à chacun ses poupées russes.

        2 autres commentaires
  • Chaussette ventriloque
    • Posté à 20h18 le 20/07/2008
    • Internaute 24758

    Mouais, je pense que la 1) devrait être :
    1) Arrêter de vouloir taxer le net pour une télé inintéressante*, vieillissante et non-libre (et ce ne sont pas le pauvre médiateur et les rares appels à témoin qui me feront changer d’avis).

    * oui, il y a des émissions intéressantes (Journal de la santé, les maternelles,..) mais les journaux d« infos » servent la soupe et le samedi soir c’est Patrick Sébastien : -/

    2) Laisser tomber la loi « internet et création » (la loi Olivennes) et effacer DADVSI, qui sont deux freins à la création et au partage d’information.

    3) Se calmer sur les « chartes de confiance » passer dans le dos du public entre le gouvernement et les fai.

    4) Arrêter d’encourager les oligopoles (cf la difficulté d’entrée de Free à la 3G).

    5) Mettre enfin en place de vrais cours d’informatique à partir du collège (à discuter, plus tôt, plus tard,.. peu importe, mais l’informatique touche maintenant suffisamment de secteurs pour qu’on l’intègre sérieusement à l’école*)

    *au cours de ma scolarité, j’ai passé moins de 10h sur ordinateur,
    à la fac j’ai eu un « vrai » cours d’info (2heures/semaine), où on apprenait à utiliser Word (oh un logiciel propriétaire).
    Et la dernière fois que les élèves (de 6e-5e) ont eu une conférence sur l’informatique,c’était pour leur expliquer que télécharger c’est mal et qu’ils iront en prison si ils le font.

    Oui, pour sûr notre gouvernement (et le précédent, mais Sarko était déjà largement aux commandes) est prêt à passer à l’ère numérique.

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