Gisèle Halimi : le « procès en sorcellerie » fait à Siné par Val
L’avocate Gisèle Halimi, qui a participé à la création de Charlie Hebdo, a publié une lettre ouverte à Philippe Val, le directeur du journal, dans laquelle elle réagit au renvoi du dessinateur Siné, en assurant qu’« un procès pour antisémitisme n’aurait aucune chance d’aboutir ».
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« Siné n’est pas ce qu’il est convenu d’appeler un ami. Sa misogynie volontairement primaire nous a tenus éloignés l’un de l’autre, malgré quelques causes communes essentielles (anticolonialisme, antiracisme, etc.).
La direction de Charlie Hebdo vient de le licencier brutalement. Motif allégué : propos antisémites. A la lecture attentive de ses quelques lignes, je suis en mesure d’affirmer -en spécialiste du droit de la presse- qu’il ne s’agit que d’un prétexte ; un procès pour antisémitisme n’aurait guère de chances d’aboutir.
Cette opération participe donc des procès en sorcellerie qui se multiplient aujourd’hui pour maintenir une psychose du juif persécuté.
Charlie Hebdo s’est toujours posé en champion de la liberté d’expression.
Rappelez-vous le tonitruant procès mis en scène, filmé, supermédiatisé des caricatures de Mahomet. Aujourd’hui il porte à cette liberté un coup terrible en tentant de museler Siné-le-libertaire.
J’ai participé en son temps avec Cavanna et d’autres, à la création de Charlie Hebdo. Cette aventure superbe risque de s’achever dans la honte.
J’ai bénéficié jusqu’à présent d’un service de presse du journal. Arrêtez.
Je ne veux plus vous entendre ni vous lire. »
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On tombe dans l’hystérie. Toute intolérance est condamnable, toute façon de briser la liberté d’expression l’est également.
Le droit de railler n’est pas le droit de condamner. Souvent, les railleurs ont au moins en partie raison.




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