08/04/2007 à 12h08

Drogues : les plus dangereuses sont-elles les plus combattues ?

Arnaud Aubron | Les Inrocks (et ex-Rue89)

Classement du Lancet

Et si l’alcool était plus dangereux que les amphétamines ? Le tabac que le cannabis ? Lorsque Lionel Jospin déclare, lors de la campagne de 2002, qu’un pétard chez soi est moins dangereux que de l’alcool avant de prendre sa voiture, il enfonce une portière ouverte pour l’immense majorités des fumeurs. Pourtant, l’affirmation fait alors débat et semble choquer l’opinion. C’est l’un des paradoxes de l’image que la plupart des gens se font des drogues : le statut légal ou non influe largement sur la perception de la dangerosité du produit.
C’est à cette distorsion que s’est attaqué un panel de chercheurs britanniques, qui a proposé le 24 mars dans The Lancet, une nouvelle classification des drogues (y compris légales) en fonction de leur dangerosité globale (voir tableau ci-dessus, les classes A, B et C correspondant au degré d’interdit). Bien évidemment, à l’arrivée le statut légal ne correspond pas du tout à la dangerosité. Si l’héroïne arrive « en tête », tabac et alcool sont dans la première moitié en termes de dangers, le cannabis onzième et l’ecstasy 18e. Des résultats d’autant plus crédibles qu’ils sont en tous points semblables à ceux de l’équipe française du Pr Bernard Roques. Dans son rapport sur La dangerosité des drogues publié en 1998, elle classait déjà l’alcool parmi les psychotropes les plus dangereux. Tout celà devrait fort logiquement amener à s’interroger sur le régime légal des psychotropes des deux côtés de la Manche.
En ce qui concerne la France, presque dix ans après le rapport Roques, rien n’a bougé.

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  • Anonyme

    perso j’ai eu des problemes de dépendance psycho plus fortes avec le cannabis alors qu’avec les taz juste des sales descentes
    mais je fumais du shit tous les jours, alors que prendre des tazs tous les jours empeche d’avoir une vie « sociale » un taf ,assurer les demarches d’aide(rmi caf...)
    mais un gars qui se perchent au tata ou au lsd la semaine il est malo, tu peux rien assurer ds ces conditions a part taper la cheman et picoler quand t’as pas de prods la misere
    le cannabis laisse les possibilités de vivre « normalement »

  • Anonyme

    la question de la dangerosité des drogues est un vrai casse tête (ouaf !) :
    de quoi parle-t-on lorsqu’on comparedes toxicités ?
    1-la toxicité en aigu ? le risque d’overdose mortelle existe avec beaucoup de drogues pourtant statistiquement cela fait moins de morts que le tabac
    2-Le potentiel de dépendance ? à ce jeu là ce sont l’héroïne et le tabac qui sortent en haut de liste
    3 le nombre de décès par an ? ce sont les plus répandues qui seront les pires (alcool tabac)
    4 le risque de troubles psychiques séveres ? les dysleptiques (xtc, lsd .....) le cannabis (eh oui ) et bien sur l’alcool et les stimulants (cocaine, amphétamines) sont alors a regarder avec méfiance
    5 les risques liés au mode de consommation ? alors toutes les injectables ou injectées sont très loin
    devant, mais le shit coupé au cirage, perles de verre, huile de vidanges ou excréments d’animaux est pas mal non plus
    IL faut avoir 16 normalement pour pouvoir acheter de l’alcool et 18 pour en consommer dans un lieu public, les autres drogues échappent à tout encadrement protégeant un peu les organismes jeunes et plus vulnérables.
    La question qui fache : a qui profitent ces classements ? l’histoire du subutex, superbe cadeau fait à l’industrie pharmaceutique ou du néocodion dont 90% des ventes sont détournées de l’usage, doit elle se répéter ? le jour ou l’on liberalise le marché de l’héroîne les multinationales seront la : le marché est porteur

  • catherined
    • Posté à 14h38 le 07/06/2007
    • Internaute 9596

    Il faudrait peut être un jour *aussi* prendre en compte la dangerosité sociale des drogues. Conduire bourré est plus dangereux pour les autres que conduire la clope au bec, on peut assurer au travail sous coke et pas sous GHB, il y a moins de morts dans les rassemblements populaires (les fêtes, quoi) où les participants fument du cannabis que dans celles où ils boivent de l’alcool, etc.

    • Mégane
      Mégane répond à catherined
      • Posté à 16h03 le 08/07/2007
      • Internaute 1266

      La dangerosité sociale avait été prise en compte en 1998 dans le rapport Roques.

      Pour rappel : elle était « très forte » pour l’héroïne et la cocaïne, « forte » pour l’alcool, « faible » pour le MDMA (avec tout de même un point d’interrogation) ainsi que pour les benzodiazépines (valium, lexomil et autres petites merveilles) et le cannabis. Pas de dangerosité sociale concernant le tabac, excepté les risques de cancer.

      Ceci dit, ta définition de dangerosité sociale est assez différente de celle du rapport :
      « La dangerosité sociale tient compte des comportements qui peuvent engendrer des conduites très agressives et incontrôlées induites par le produit ou des désordres variés pour se procurer celui-ci et des risques pour le consommateur ou autrui. »

  • toktomi
    • Posté à 01h07 le 17/07/2007
    • Internaute 9821

    et dr sarko nous fait une rupture de prescription ?

    Pas facile de sevrer qq millions d électeurs
    (1 sacré paquet en fait,rien que le tabac et l alcool)

    Cette réforme là y en a bzoin.

    flicage du tabac et flicage de l alcool.
    Intégriste moi ? ouai sur les trucs dangereux.

    la drogue c est k une question de dose...