Le Vélib » n'évite pas les premiers déraillements
Inauguré dimanche à Paris, le système de vélos en libre-service n’est pas si simple à apprivoiser.
Dimanche après-midi, place de l’Hôtel-de-Ville de Paris. Le nouveau système de vélos en libre-service Vélib’ est lancé depuis quelques heures. Et certains essayent depuis autant de temps d’emprunter enfin leur premier deux-roues. Jour d’inauguration oblige, les couacs sont inévitables.
L’ambition de la mairie de Paris est grande. Dès le jour de lancement, 750 stations proposent 10 648 vélos. Un nombre qui devrait être doublé d’ici à la fin 2007. L’objectif est d’espacer chaque station de 300 mètres maximum. Coût de la location : 5 euros par semaine ou 29 euros par an, les tarifs augmentant si l’on dépasse la demi-heure d’utilisation.
En attendant les premiers coups de pédale, il faut apprendre à dompter les bornes des stations. Cartes bleues qui ne passent pas, pannes passagères du système, règles de fonctionnement à appréhender... les premiers bugs n’empêchent pas l’optimisme et la satisfaction des Parisiens. Des Parisiens curieux et pressés de rouler sur les 370 kilomètres de pistes cyclables de la capitale. Pour répondre à toutes les interrogations, des accompagnateurs s’activent dans nombre de stations.
A côté de ces interrogations naissent également les critiques. Inspiré d’exemples étrangers (Copenhague, Vienne) et français (Lyon, Rennes) qui rencontrent un certain succès, Vélib’ ne fait pourtant pas l’unanimité. « On ne va pas arriver au travail trempé par la pluie ou par la sueur », s’inquiète un inconditionnel du métro, qui lorgne méfiant les grosses machines grises.
Surtout, c’est la dangerosité des vélos en ville qui est mise en avant par les détracteurs du système. Critique que réfute la porte-parole des Verts de Paris, Florence Lamblin, pour qui au contraire plus il y aura de cyclistes et plus les automobilistes devront les respecter :
A lire :
Lancement du service Vélib : le vélo à volonté dans Paris
Reportage de Maria Mancilla lors de la présentation du système.
A lire :
Le mode d’emploi
officiel du Vélib’
► Modifié le 15/07/2007 à 18h47 : une lectrice nous a fait remarquer que ce n’était pas 29 euros par mois, mais par an. C’est corrigé !
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Les journalistes, des sites internet aux grands quotidiens, ont vraisemblablement décidé de ne pas accorder leur grâce à cette initiative. Informations erronées voire, sans médire le moins du monde, falsifiées, analyse bidon sur les risques pour les libertés des usagers - trop bien, moi, Big-Brother, je détiens une banque de donnée fastidieuse sur les trajets quotidiens de milliers d’individus, je vais pouvoir comme le coyote placer des pièges sur leurs chemins -, pages web à l’affut comme rue89 des moindres problèmes que pourrait rencontrer l’opération lors de son lancement... En dépit de l’intérêt des administrés, et du sérieux de leurs élus, qui ont bien calibré leur affaire, tant dans le fond du projet, que, je l’avoue, dans sa forme qui s’annonce comme une démonstration de puissance et un démarrage brutal de la campagne des municipales de 2008, le microcosme journalistique a donc décrété l’impertinence et l’inconséquence du projet... Partisans de l’opposition parisienne ? Les gratte-papiers, jusque-là insoupçonnablement, mordus de tuning automobile ? Gueule de bois perpétuelle pour des esprits nerveux, toujours emportés, trop souvent trop vite embrigadés, ou, comme ici, parfois sèchement pessimistes et toujours sceptiques comme des adolescents qui se croient de ce fait plus intéressants ?
Je ne regrette pour ma part que le manque d’ambition ou de moyens mis en oeuvre : il va falloir à coup sûr plus de stations et plus de deux roues pour ne pas se retrouver ici, dans l’empressement d’un matin de boulot, sans borne pour se garer, là, haletant après avoir dévalé ses escaliers, sans vélo pour rattraper le retard pris par l’insouciance et l’empressement du mode de vie urbain...




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