Pour beaucoup de riverains, « le PS a un bel avenir derrière lui »

A lire les réactions, le PS sera bientôt confronté à un désert d’avenir. Ainis, pour philcgtbollore, délégué syndical :
‘Le PS est sans leader, sans programme plus grave encore sans philosophie politique. Alors pourquoi s’étonner de la montée de l’audience de l’extrême gauche ?
Beaucoup reprochent aux socialistes de se contenter de gérer l’économie de marché. Comme karIM qui écrit :
Peut on faire confiance aux socialistes pour orienter la société vers plus d’égalité ? La réponse est clairement non aux regards des inégalités d’aujourd’hui. (…) Depuis 1983, ils ont surtout accompagné la folie capitaliste.’
‘Trouver un Jaurès pour redonner au PS une idéologie de gauche’
Le ‘coming out’ du parti socialiste concernant son positionnement social démocrate nourrit aussi les interrogations. Où en est le PS ? r_ v se ‘demande pourquoi le PS ne veut plus être de gauche ! J’ai l’impression que le PS (qui n’a aujourd’hui de socialiste que le nom, si l’on regarde la définition du socialisme) veut se défaire de son image de parti de gauche.’
On sent aussi dans les commentaires un brin de nostalgie. Ce que résume Ehim : ‘Le Parti socialiste a un bel avenir derrière lui.’ Alors certains invoquent la figure de Jaurès, comme karIM et philcgtbollore. Pour ce dernier :
‘Il est urgent de retrouver un Jaurès pour redonner au PS une idéologie de gauche, de vraie gauche, et enfin retourner vers les plus pauvres, reprendre le dialogue avec les exclus du système capitaliste qui semble si bien plaire aux bobs du bureau politique du PS.’
Quelques téméraires tentent bien de défendre le PS, à l’image de cam14 :
‘Oui, allez, le PS est nul. Mais les électeurs de gauche, ils sont pas nuls, hein ? En 2002, il leur fallait quoi, après la CMU les 35 heures, la baisse du chômage, le pacs, les emplois jeunes, la suppression de la vignette, la Tipp flottante, la suppression du droit de bail sur les loyers, la sécu équilibrée, la baisse des déficits... ? Il leur fallait quoi encore, à tous ceux qui sont partis à la pêche ce jour là ou qui ont voté ailleurs ? A vouloir le grand soir et toujours plus, nous voilà avec quinze ans de droite. Facile de dire après que le PS est nul. Bien sûr, aucune responsabilité des électeurs de gauche, ce sont des irresponsables.’
‘Le PS est en ébullition, les militants ne restent pas immobiles’
Si, au niveau national, les éléphants en prennent pour leur grade, les commentaires sont plus indulgents pour les élus locaux. Dragon 29 :
‘Le PS actuellement est en ébullition (je suis militant), je peux vous assurer que sur le terrain les militants ne restent pas immobiles, au niveau des sections et des fédérations idem, mais là où ça pêche c’est au niveau de la direction nationale (…) Mon espoir ? Que le congrès se passe au mieux, qu’il en sorte une ou un premier secrétaire rassembleur pour préparer les échéances des européennes et de 2012.’
Loliv attend lui aussi beaucoup du congrès mais pour des raisons radicalement différentes : ‘Sans être un partisan du pire, je n’espère qu’une chose : que le parti explose au congrès. On pourrait alors voir apparaître une nécessaire reconstruction. Espérer une renaissance. Retrouver de l’espoir dans la politique.’
Pour Jaycib ‘le problème est que nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre le(s) résultat(s) du congrès de novembre : c’est en ce moment même que nous prenons une branlée.’
‘Besancenot, le seul à utiliser les mots ’partage des richesses’’
Alors, un certain nombre de riverains détournent leurs regards du PS. ‘Le PS actuel, écrit Gotch, n’est pas l’avenir de la gauche, il n’a tout simplement pas d’avenir lui-même. C’est plus à gauche qu’il faudra chercher et trouver le sursaut salvateur.’
Le Nouveau parti anticaptaliste (NPA) d’Olivier Besancennot suscite l’intérêt de certains riverains. Jacqou y croit :
‘En Mai 68, j’ai eu un espoir avec le PSU, mais j’ai vite déchanté.Aujourd’hui, je place cet espoir dans le NPA avec le sympathique facteur (pendant la campagne présidentielle, c’est le seul que j’ai entendu employer les mots ’partage des richesses’) et aussi dans le mouvement ’Tous ensemble en même temps’ qui semble se développer sur la Toile’.
► A lire aussi : Cher Parti socialiste, peux-tu être l’avenir de la gauche ?
- 10493 visites
- 213 réactions













11








Désagrégé de l'Université
Désagrégé de l'Université
« Quand on entend Strauss-Kahn invoquer la social-démocratie pour justifier la glissade au centre... »
Mais, Thierry, la « glissade au centre », ça ne date pas d’hier ! Cf. Guy Mollet, chef de la SFIO (qui comptait encore bon nombre d’ouvriers dans ses rangs), qui a gouverné avec le MRP chrétien-démocrate et une pléthore de petites formations difficilement classables (RGR = Edgar Faure, si je ne m’abuse (correction souhaitée si je me plante) ; Parti Radical = Edouard Herriot ; UDSR = Mitterrand). On a donc tout oublié de la IVème République ?
Idem pour le PSU, qui a été le parti de la gauche « révolutionnaire » non-PCF, mais aussi de... Pierre Mendès-France et de Michel Rocard.
Ramener le PS à ses fondamentaux ? Ah oui, lesquels ? Ceux du programme commun de la gauche qui a permis de porter Mitterrand au pouvoir en 81, mais qui ont été reniés dès la première alerte en 83 (avec Fabius aux commandes) ?
Autant dire qui on est vraiment. L’un des gros problèmes du PS est cette ambiguïté foncière, qui consiste d’une part à revendiquer une identité « de gauche » nationalisante et nivellante des inégalités sociales, et de l’autre à s’adapter aux circonstances, quitte à paraître le parti de toutes les « trahisons ».
L’émancipation sociale et la redistribution sont l’objectif de toutes les social-démocraties dignes de ce nom (SPD, PSOE, par ex.), mais elles au moins ne craignent pas dire qui elles sont.
A mon sens, le problème de fond du PS est l’hypocrisie, laquelle met beaucoup de leaders du parti mal à l’aise. C’est une spécifité qui le paralyse depuis longtemps. J’espère qu’un clarification judicieuse interviendra sur ce point, mais sans trop y croire.




Partager