Au collège Monod, la réussite ne passe pas par les notes
A Vitry-sur-Seine, en banlieue parisienne, le collège Gustave-Monod se distingue par « ses idées qui marchent » . Dans la cour du collège, des espaces verts, et, comme point de vue, l’horizon. Etudier en dehors des tours d’immeubles est sans doute un « plus » pour ces élèves d’une « zone sensible » . Mais, surtout, la jeune équipe professorale utilise une méthode alternative d’enseignement et d’évaluation.
L’idée est venue d’un jeune professeur de mathématiques, Carlos Lechevallier, qui souhaitait à la fois permettre à ses élèves de réussir et obtenir leur confiance. En interrogeant les élèves, il s’est rendu compte que la méthode d’évaluation traditionnelle provoquait un découragement et un blocage.
L’organisation classique veut que le contrôle porte sur le chapitre qui vient d’être étudié. Cela ne permet pas un retour sur les notions non assimilées par l’élève. De plus, les progrès ne sont pas valorisés. L’idée a alors été de remettre en cause le système d’évaluation et l’organisation au sein de la classe. Le projet dure depuis sept ans, concerne aujourd’hui six professeurs de maths, entre 18 et 26 élèves par classe.
Le professeur a donc découpé le programme en notions à assimiler, appelées « Brikamaths » . Il n’y a pas de barème lors des évaluations, mais un code pour dire à l’élève s’il a parfaitement maîtrisé, ou s’il doit travailler d’urgence. Il n’y a pas non plus de notes sur les copies. Seuls les professeurs gardent une notation.
Bien évidemment, cela demande un travail régulier de la part des enseignants. Pour ceux qui rejoignent l’équipe, la première année est déroutante, car cela remet en cause les méthodes acquises. Si les professeurs ne suivent pas les progrès de leurs élèves régulièrement, ils perdent le fil, et la méthode n’a plus aucun sens.
Les enseignants doivent aussi tenir compte du rythme d’avancement de la classe. Concrètement, elle est séparée en deux groupes. Après un cours en classe entière, on fait une évaluation. Les élèves ayant compris vont au fond s’entraîner sur des exercices. Les autres, plus lents, restent devant et revoient les notions avec le professeur. Auparavant, quatre heures par semaine étaient consacrées à la classe entière, et une heure au soutien des élèves les plus en difficulté. Le rapport a été inversé : une heure de cours pour les plus rapides qui, le reste du temps, travaillent sur les exercices du livre, ou sur les « livrets d’entraînement » mis au point par les professeurs.
Pour le moment, les résultats sont plutôt positifs, le climat dans les classes apaisé. Cela est dû à la fin des notes sanctions : un climat de confiance, même fragile, est instauré. La plupart des élèves sont vraiment très satisfaits, comme Siham, 15 ans, en classe de 3e : « J’ai progressé grâce à cette méthode. Le fait de bosser régulièrement m’a motivée. Le système de notes est encourageant. Le but est d’arriver au fond, c’est valorisant. Mais au moins nous sommes encadrés. Quand on ne comprend pas, on nous explique. Le brevet est appréhendé plus sereinement. En plus, avec les corrigés associés au livret d’entraînement, ça permet de revenir. Les cours sont à notre rythme. »
Ludivine, 14 ans, en 3e, fait sa première année au collège Monod. « Dans les autres collèges, si on n’a pas compris une notion, on ne revient pas dessus. Ici, j’ai fait des progrès. J’ai pu rattraper mes lacunes, quitte à bosser deux fois plus. On est motivés parce qu’on sait que derrière il y aura du résultat. » Ceux de devant sont ainsi motivés pour s’améliorer et au fond, on déclare : « On a plus d’autonomie, on s’ennuie moins qu’en revoyant des choses qu’on a déjà vues. »
Les professeurs sont eux-mêmes surpris du résultat. Les élèves ont compris qu’ils devaient travailler régulièrement s’ils souhaitaient réussir. Certains demandent même du travail supplémentaire pour combler leurs lacunes. Ils ont pris confiance en eux. Les résultats du classement du collège dans le département montrent qu’il ne cesse de grimper dans le haut du tableau. Pour Carlos Lechevallier, l’idéal serait d’étendre cette méthode à tout le collège et à différentes disciplines. Les jeunes professeurs sont convertis, et, pour le proviseur, « l’accent est mis sur le dialogue, par un énorme travail en amont de l’ensemble de l’équipe pédagogique » . Le dialogue, l’adaptation, la régularité… autant de qualités exigées par la méthode « évaluer autrement » . Les élèves et leurs professeurs sauront-ils « réussir autrement » ? Tout semble indiquer qu’ils sont en bonne voie…
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A ce niveau consternant de démagogie, révélateur de ces gens qui n’ont jamais fait la classe de leur vie et qui pérorent sur ce qu’ils ne connaissent pas, il me reste à citer les Fatals Picards, comme ça, tout sera dit :
Paroles La Sécurité De L’Emploi Fatals Picards (Les)
Artiste : Fatals Picards (Les)
Chanson : La Sécurité De L’Emploi
Ils sont marrants cette année
C’est difficile de deviner dès la rentrée
Lequel se fera arrêter pour les scoots qu’il aura piqué
Lequel sera incarcéré pour avoir trop dealé
Moi en bon prof, chuis préparé
Un peu de maths et de français, du Kick-boxing du Karaté
Tant pis pour la géographie ce qu’ils connaissent de l’Italie
C’est juste vaguement les spaghetti et Rocco Sifredi
Le programme de cette année
En français faudrait arriver à lire tout un livre en entier
Mais même Dan Brown et Marc Lévy y a plus d’cent mots d’vocabulaire
On sera toujours à lire la préface même après l’hiver
Et mon voisin en me voyant me dira
« Bandes de fainéants, alors vous êtes déjà rentré, vous savez pas c’que c’est d’bosser, avec vos semaines de 20h, vous bossez bien moins qu’un facteur, et dire que je paye pour vos congés, et pis vous êtes même pas bronzé ! »
Vite les copies à corriger, 2/3 Prozac, 8 cafés,
Mais j’l’entends quand même dire d’en bas
« Et j’compte même pas la sécurité d’l’emploi ».
C’lui aux lunettes, c’est mon surdoué
Il sait écrire son nom sans fautes, il sait compter, wow !
Bah, c’est pas mal pour un 3ème, il faut savoir s’en contenter
C’est clair qu’un intello pareil, il va se faire racketter
35 élèves, cette année,
J’leur ai d’mandé c’qu’ils voulaient faire comme métier
J’ai 10 Zidane, 15 Amel Bent et 9 Bouba,
Un original qui veut faire vigile et avocat.
Il a dû voir chez Courbet
Que c’était pas mal d’être avocat si jamais t’allais en prison.
Ils croient tous qu’ils auront leur brevet en regardant l’Île de la Tentation
Merci pour tout ce que fait pour eux la télévision.
Et mon voisin, le même qu’hier, me dira :
« Bande de fonctionnaires, alors vous êtes déjà rentré, vous savez pas ce que c’est de bosser, avec vos semaines de 20 heures, vous bossez moins qu’un contrôleur, et dire que je paie pour mon gamin, il a redoublé son CE1 »
Vite les bulletins à remplir, 2/3 Prozac, et 8 kirs,
Mais j’l’entends quand même dire d’en bas
« Et j’compte même pas la sécurité d’l’emploi ».
Les directives du ministère
Nous imposent d’faire des réunions plus régulières
On en fait même pour planifier les prochaines réunions
Ou pour décider de c’qu’on peut donner sans risques comme sanctions
Car fini les notes, de temps en temps
Faut juste leur envoyer des sms d’encouragement
L’évaluation c’est pas toi qui la fais, eux y’t’disent si t’es cool.
J’préfère quand même qu’ils me donnent des notes plutôt que des coups de boule
Impossible de les faire redoubler
Les pauvres chéris faut surtout pas les perturber
Les programmes faut les simplifier y a trop d’leçons ça les assomme
Ils ont même proposé de donner le bac avec la prochaine Playstation
Et mon voisin, vous l’connaissez, me dira
« Bande de surpayés, vous foutez rien de la journée, vous devez pas être fatigué, avec vos s’maines de 20 heures, vous bossez bien moins qu’un chômeur, et pis pas d’chef et pas d’rend’ment, c’est pas pour c’que vous faites vraiment »
Vite les parents à rencontrer, 2/3 Prozac, 8 Grand Marnier
Et vu leur investissement, l’année prochaine ira pas en s’arrangeant
Faudra p’t’être songer à les adopter
Venir le matin, le soir les coucher
Et p’t’être dormir à leur place pour qu’ils restent éveillés en classe
La prof de gym n’est pas venue, s’est faite agresser dans la rue, mais bon ils l’avaient avertie, ils veulent pas d’sport avant midi, ils peuvent d’jà pas fumer en classe, et ça déjà c’est dégueulasse,
Entre chaque cours une bière et un joint, c’est quand même pas de gros besoins...
Cette fois-ci c’est décidé, mes gosses iront dans le privé, j’ai beau r’garder à deux fois, j’la vois pas tant qu’ça, la sécurité d’l’emploi.




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