03/07/2008 à 00h21

L'histoire des Farc, de la révolution au trafic de drogue

Jean-Michel De Marchi | Journaliste

Tout a commencé par un meurtre. Celui de Jorge Eliécer Gaitán, assassiné le 9 avril 1948 à Bogota. Annoncé gagnant aux élections présidentielles de 1950, le chef du Parti libéral colombien enthousiasmait les plus pauvres par ses critiques des inégalités et de l’interventionnisme américain. Leur dernier espoir tué, les membres du Parti libéral se radicalisent. Le soulèvement des paysans (Violencia) qui réclamaient des réformes sera réprimé dans le sang par le pouvoir.

Sans candidat en face, le Parti conservateur gagne les élections de 1949 avec Laureano Gomez. Son parti, installé sur des bases catholiques, et le Parti libéral, composé d’une gauche radicale et d’une gauche plus libérale, se livrent alors une lutte sans merci.

Jusqu’en 1953, la guerre civile fera entre 150 000 et 300 000 victimes, essentiellement des paysans. Ceux-ci tentent de se défendre au sein de petits comités, composés de quelques dizaines d’hommes tout au plus : les premières guérillas sont nées. Un dénommé Manuel Marulanda, encore inconnu, est à la tête de l’une de ces milices d’autodéfense.

1964, quelques vieilles escopettes en guise d’équipements

Pendant des années, le pays baigne ce climat de terreur et de violences. Sans grands moyens, plusieurs groupuscules vivotent. Certains se constitueront par idéologie. Un homme, Jacobos Arenas, fédère quelques guérillas -dont celle de Marulanda- pour le compte du Parti communiste colombien. Il fonde alors la République de Marquetalia sur un bout de territoire. L’expérience est vite anéantie par l’armée, mais Manuel Marulanda récupère ce qu’il en reste en 1964 : les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) sont nées.

Les hommes qui composent le groupuscule sont de simples paysans armés de vieilles escopettes. Dispersés en quelques foyers, sans équipement ni expérience militaire, leur dangerosité est minime. Rapidement, l’armée capture d’ailleurs deux tiers des effectifs révolutionnaires. Le savoir-faire militaire viendra par la suite.

Progressivement, les groupes d’extrême-gauche voient apparaître un nouvel adversaire, avec les paramilitaires proches du pouvoir. Jusqu’en 1980, les Farc demeureront une entité relativement contrôlée. Le pouvoir ne prend d’ailleurs pas très au sérieux ces révolutionnaires.

1980, financés par la cocaïne et le kidnapping

Les années 80 marqueront un tournant avec le trafic de drogue et le début des enlèvements contre rançon. Est-ce compatible avec la lutte affichée contre les inégalités sociales ? Jean-Jacques Kourliandsky, spécialiste de l’Amérique latine à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) explique cette attitude :

« [Les Farc disent agir] au nom de la justice sociale et du principe selon lequel la fin justifie les moyens… Et puis, il ne faut pas oublier que Marulanda n’était pas un idéologue. C’était avant tout un militaire, il était donc très pragmatique. »

Les Farc se lancent donc dans le trafic de cocaïne. Sous la direction d’un Marulanda pragmatique et sans état-d’âme, ils s’associent avec les cartels. Les narcotrafiquants produisent la cocaïne sur les territoires dont les Farc ont le contrôle. En échange, ces derniers empochent une partie des bénéfices. L’argent afflue et change la donne, explique Daniel Pécaut, spécialiste de la Colombie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) :

« La Colombie est alors un carrefour de la drogue, les effectifs des Farc montent à 3 500 et une atmosphère de Far West s’installe. »

A partir des années 90, la guérilla s’implique et participe directement au trafic de drogue. Les enlèvements contre rançon et les impôts révolutionnaires imposés aux propriétaires et paysans se multiplient. La cocaïne devient la première source de financement des Farc.

Parallèlement, ils amplifient considérablement leurs actions violentes, ce qui a conduit l’Union européenne et les États-Unis à placer le groupe sur la liste des organisations terroristes en 2005.

A partir de 2002, les Farc reculent

La présidence d’Alvaro Uribe, élu en 2002 et réélu en 2006, marque un tournant dans les rapports avec les Farc. Sa politique ferme et offensive à l’égard du groupe révolutionnaire tranche avec celle de son prédécesseur Andrés Pastrana, dont le programme de paix de 1998 a été un échec. Le président Uribe a au contraire accentué la pression militaire et renforcé la collaboration avec Washington.

Ce qui semble porter ses fruits ces dernières années : diminution des zones contrôlées par les Farc, élimination de hauts dirigeants, et surtout baisse du nombre de soldats. Daniel Pécaut (EHESS) évalue entre 8 000 et 10 000 l’effectif actuel des Farc, alors qu’ils étaient 19 000 au plus fort de leur pouvoir en 1999. Le nombre d’otages détenus serait selon lui d’environ 1 500.

Les kidnappings sont devenus une pratique systématique des Farc à partir de la fin des années 1990. La détention de personnalités politiques comme Ingrid Betancourt, estimées à quelques dizaines, a permis d’attirer l’attention de la communauté internationale sur le conflit colombien. (Voir la vidéo.)


Mais pour Jean-Jacques Kourliandsky (IRIS), les estimations que l’on entend ici ou là au sujet du nombre d’otages sont fantaisistes :

« Ce sont des chiffres qui ne reposent sur pas grand chose, l’Insee des otages colombiens n’existe pas… Tout juste peut-on avoir quelques tendances. »

Si les observateurs s’accordent pour évoquer un affaiblissement des Farc, rien n’indique un dénouement rapide. Ni pour la paix en Colombie ni pour les otages.

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  • jissé
    jissé
    Ingé retraité
    • Posté à 12h23 le 03/07/2008
    • Internaute 23393
      Ingé retraité

    Merci

    Juste un essai, il est devenu possible de vous commenter.
    Impossible jusqu’à maintenant depuis la parution.

    Article très intéressant.

    Jc

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER répond à jissé
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 16h11 le 03/07/2008
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      Oui, ce fut récemment le cas pour l’article sur Ben fermé aux commentaires.
      J’aurais tellement aimé écrire au sujet de cet artiste niçois
      qu’il était d’un commerce très efficace.

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à jissé
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 14h55 le 03/07/2008
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Désolé pour le désagrément, du à un petit souci technique.

  • Anonyme

    Bonjour, il manque l’ histoire de l’union patriotique, pardonnez moi mais cet article est très orienté pour ne pas dire plus. Tous les groupes, pouvoirs inclus, ont les mains dans la coke.
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    Lorsque la C.I.A et la D.E.A importe la poudre, personne n« en parle ?
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    Les plus jeunes d’entre vous ne connaissent pas les “ contrats iraniens” dans les années 80 ou la C.I.A fut pris la main dans la poudre ! cherchez oliver north
    L’ ancien directeur de la D.E.A le reconnais ici
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    Le journaliste garry Webb, a démonté tout le circuit et s’est suicidé de DEUX balles dans la tëte
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    A bientôt

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    • adaunis
      • Posté à 13h22 le 03/07/2008
      • Internaute 4255

      Merci monsieur de cet aparté, car je suis, à la lecture de cet essai, resté éberlué !
      Non les paramilitaires ne trafiquent pas, les membres du gouvernement d’Uribé ne trafiquent pas, les grands propriétaires terriens ne trafiquent pas !
      La CIA ne trafique pas !
      Mort de rire, et de honte quelque part !

      • Network 23
        Network 23 répond à adaunis
        identité perdue dans mes papiers (...)
        • Posté à 23h19 le 03/07/2008
        • Internaute 23367
          identité perdue dans mes papiers (...)

        Mais oui, d’ailleurs ça, ça n’existe pas :

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        Intéressant quand même d’apprendre que l’armée ait réussi a infiltré les FARC, au plus haut niveau . Certains membres des FARC sont donc des agents de l’Etat colombien ? Par nécessité de l’infiltration, ils ont du prouver aux FARC leur loyauté, c’est-à-dire en se mouillant - c’est la loi de l’infiltration.

        Si déjà on arrivait pas à distinguer les gentils des méchants, mais qu’on peut pas être sûr de distinguer un FARC d’un agent de l’Etat...

        et qu’en plus ça devient difficile de distinguer certains agents de l’Etat des paramilitaires, vu le nombre de politiciens du parti d’Uribe qui sont aujourd’hui en prison du fait de la parapolitique...

        que toute cette opération, qui a du prendre un bout de temps, aboutit alors que le chef du DAS, le service secret, a été poussé à la démission il y a déjà plus d’un an...

        on se dit qu’on y comprend pas grand chose, à ce qui se passe en Colombie...

    • Lemmy_Nothor
      Lemmy_Nothor
      - Gone fishing !
      • Posté à 14h26 le 03/07/2008
      • Internaute 12434
        - Gone fishing !

      Très bien le petit film de Gary Webb. Mais ce n’est pas la première fois que la CIA est impliquée dans le traffic de drogue. Les Black Panthers et tout le mouvement qui les supportait fut aussi fauché par des tonnes d’heroine qui furent distribuéés dans les ghettos noirs du milieu des années soixantes. Le procès n’est evidemment pas encore commencé, et je ne vois pas quand il le sera.
      Il faut aussi savoir que la CIA possède la plus grosse flotte d’avions au monde.
      Mais lel traffic se pratique de tous les cotés, Ho Chi Minh achetait les armes du VietCong a des dealers d’armes Belges, qui étaient payés avec de l’opium.

      C’est du reste la principale raison derrière l’interdiction de toutes ces drogues, elles finacent trop de coups fourrés, et ce de tout les bords.

      • Anonyme répond à Lemmy_Nothor

        Bonjour, en effet ,la drogue est un trés vieux business. les guerres de l’opium ont fait la fortunes de l’empire britannique ( ainsi que le pillage des matieres premiéres ). La prohibition fait monter les prix et les bénéfices sont réinvestis dans les prisons privées ou les prisonniers ( consommateurs de drogues pour la plupart ) bossent pour 30 cents de l’heure.Sacré business ! ! GOD veur dire « Gold, OIL, DRUGs “ and in god we trust : -)

    • Avril
      • Posté à 14h48 le 03/07/2008
      • Internaute 24503

      J’en suis estomaqué ! comment justifier un tel oubli ?

      1.
      En 1984, il est permis aux militants de gauche de se présenter aux élections sous l’étiquette Union Patriotique. Mais de 1985 à 1994, 4000 UPistes sont assassinés, dont les candidats aux présidentielles Jaime Pardo Leal (1987) et Bernardo Jaramillo Ossa (1990), ainsi que des parlementaires.

      Des gens reprennent le maquis. A partir de là, il n’est plus possible de s’entendre entre FARC et pouvoir de droite.

      2.
      La cour suprême de Colombie (donc pas de dangereux gauchistes) vient de condamner 60 parlementaires, dont 80 % d’alliés du président Uribe, pour leurs liens avec des milices paramilitaires d’extrême droite, intimement associées au trafic de cocaïne.

      Lien

      Nous recherchons TOUTE la vérité.

      • vient de déménager 25 oct
        • Posté à 21h31 le 03/07/2008
        • Internaute 23692

        ... rien qu’un peu de vérité vraie ce serait déjà pas mal du tout

      • mister yozo
        mister yozo répond à Avril
        Happy Gipsy Hippy
        • Posté à 19h19 le 04/07/2008
        • Internaute 25827
          Happy Gipsy Hippy

        Merci pour la piqure de rappel.
        Cet oublie de l’article m’a aussi beaucoup choqué. Surtout après la suite inoubliable d’émissions de Daniel Mermet :
        Lien

    • Yann Guégan
      Yann Guégan
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 15h00 le 03/07/2008
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Je ne comprends pas bien votre véhémence. L’auteur de l’article n’a pas écrit que les Farc étaient derrière la totalité du trafic de drogue en Colombie, ou bien nié l’existence de groupes paramilitaires d’extrême droite ou de politiques corrompus. Il s’agissait simplement de retracer l’évolution des Farc depuis leur création.

      • adaunis
        adaunis répond à Yann Guégan
        • Posté à 15h35 le 03/07/2008
        • Internaute 4255

        « nié l’existence de groupes paramilitaires d’extrême droite ou de politiques corrompus ».
        Yann, s’il vous plait, soyons sérieux ! Je dois être très myope, auquel cas je vais consulter auprès de Guillemette !
        J’ai beau lire et relire, où votre étudiant journaliste évoque t-il les « politiques corrompus », et pour équilibrer son article pour le rendre crédible , évoque t-il les exactions actuelles des groupes paramilitaires ?
        Je suis prêt à faire mon mea-culpa !

         
        • Yann Guégan
          Yann Guégan répond à adaunis
          Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
          • Posté à 15h42 le 03/07/2008
            éditeur
          • Journaliste 1836
            Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

          C’est un article sur les Farc, pas sur la Colombie, le trafic de drogue ou la CIA ou la corruption en Amérique latine... Il arrive qu’on fasse des papiers sur les indépendantistes basques sans citer les autonomistes bretons ou les extrêmistes chevénementistes !

          J’ajoute que les liens proposés par les internautes en fin d’article permettent de compléter utilement cet article en évoquant d’autres aspects de la réalité colombienne. Mais tout ça ne remet pas en cause le travail mené par Jean-MIchel.

          • adaunis
            adaunis répond à Yann Guégan
            • Posté à 16h18 le 03/07/2008
            • Internaute 4255

            Ok Sieur Guégan !
            Loin de moi l’idée de remettre en cause le travail de votre « poulain », et j’enregistre l’explication, sachant que j’aurai aimé une autre façon de mettre en perspective son sujet, chose qu’il fera peut être d’ailleurs sous peu.
            Alors mes excuses « virtuelles » au jeune homme !

          • jac le rat
            jac le rat répond à Yann Guégan
            aventurier
            • Posté à 16h44 le 03/07/2008
            • Internaute 29819
              aventurier

            On ne peut parler de las FARC sans évoquer suffisamment
            le contexte colombien !

          • Claude PELLETIER
            Claude PELLETIER répond à Yann Guégan
            Retraité dans son jardin
            • Posté à 17h29 le 03/07/2008
            • Internaute 10710
              Retraité dans son jardin

            L’article est assez long et donne des repères un peu oubliés pour comprendre la naissance de cette guérilla. Paradoxalement, quand on sent chez un auteur la volonté d’aller assez loin dans les explications, le reproche de ne pas aller assez loin lui revient dessus comme un boomerang. Paradoxe …

            Cette guerre civile, comme enkystée, par sa pérennité, au cœur d’une forêt vierge, avec la permanence (sur des décennies) des assassinats de démocrates et de syndicalistes et l’emploi du kidnapping à grande échelle … éveille à la fois la curiosité et l’incompréhension. Les explications ne peuvent être trop simples.

            Elle est née sur un terreau de contradictions sociales liées aux relations conflictuelles entre paysannerie pauvre et grands propriétaires —situation qu’il faudrait souvent resituer—, et l’existence de groupes armés (les paramilitaires et les FARC) est grandement liée (difficile d’évoquer les uns sans les autres), le tout dans le contexte du trafic de la drogue et des enjeux de la géopolitique US.

        4 autres commentaires
  • parousnik
    • Posté à 12h54 le 03/07/2008
    • Internaute 18991

    Si les farc combattaient a la manière US il n’y aurait que des assassinés et des otages innocents torturés juste pour que les médias serviles appuient les théories et les mensonges dictés par Washington avec des images... Les otages de gantanamo et des prisons discrètes éparpillées ici et la mérite toute notre attention pour que ces otages soient libérés et indemnisés par les ploutocraties terroristes anglo-saxonne...

  • Tyb
    Tyb
    (par ici, par là)
    • Posté à 12h54 le 03/07/2008
    • Internaute 24914
      (par ici, par là)

    Je me suis pincé à la lecture de cet article...

    En gros quelqu’un qui ne connaitrait pas la situation en déduirait que les FARC sont responsables de tous les maux récents de la Colombie et le gouvernement blanc comme neige.

    Assez ’hilarant’ quand par ailleurs on a déjà entendu parlé des liens entre les narco trafiquants et la famille Uribe.

    Mais bon je suppose que ce point n’est pas abordé parce que ça allait trop à l’encontre de l’orientation de l’article. C’est bon vous êtes prêt pour entrer à la rédaction d’un JT national

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER répond à Tyb
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 13h39 le 03/07/2008
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      Il y a de par le monde de gros sacs de nœuds. En Colombie, difficile de démêler les protagonistes. L’article laisse une place vide, celle des paramilitaires, des grands propriétaires terriens. Ce qui pourrait-être considéré comme du parti-pris si on veut expliquer ce tumulte de violences.

      Merci d’avoir rappelé les centaines de milliers de morts, ces paysans tués dans le début des années cinquante, épisode qui constitue le socle fondateur d’une situation de guerre civile qui s’est enkystée.

      Dans cette présentation, on aurait pu entendre une autre chose étonnante : il ne doit pas y avoir bcp de pays de par le monde où un quart des parlementaires sont poursuivis par la justice pour leurs liens avec les organisations paramilitaires à caractère fasciste (*).

      Une belle bouillabaisse de violences où les Farc n’ont qu’une part. Si les Farc devaient disparaître, cela ne règlerait pas les violences sociales de cette région du monde, les assassinats et cette forme de violence fort prisée localement qu’est le kidnapping.

      –-
      (*) Comme le mot « fasciste » est souvent employé à tort et à travers, je précise.
      Il ne doit pas s’appliquer à des formations politiques ultra-réactionnaires mais à des organisations qui poursuivent une politique d’élimination et d’extermination politique de leurs opposants.

      • jac le rat
        jac le rat répond à Claude PELLETIER
        aventurier
        • Posté à 13h49 le 03/07/2008
        • Internaute 29819
          aventurier

        Excellent, Claude PELLETIER et autres...

        J’ajoute : QUI sont les grands criminels en Colombie ? ! ! !

        Uribe se tape le beau rôle, aujourd’hui, avec l’affaire
        Bettancourt...

        Reste à expliquer au Monde la vraie situation.
        Assassinats, disparitions, exodes de populations...

        PAR QUI ? ? ?

    • freestyler
      freestyler répond à Tyb
      • Posté à 14h06 le 03/07/2008
      • Internaute 32860

      D’autant plus qu’environ 70 % des homicides ces 30 dernières années en Colombie sont imputés aux paramilitaires et non aux Farc er concernent des progressiste de gauche comme des députés, des syndicalistes, des juges (instruisant des affaires bien pourries sur la parapolitique) et le plus souvent des meurtres gratuits pour asservir les populations rurales en quête de plus de justice sociale.

      La mauvaise fois n’étouffe vraiment pas l’auteur de cet article.

      Les Farc sont loin d’être seul à produire de la coke et l’exporter, de plus vous ne dite rien à propos des collusions de nombreux députés du même bord que le président Uribe avec des groupes paramilitaires et les puissances économiques locales et internationales (grands propriétaires terriens, industriels, multinationales).

      Que je sache un otage est par défition en vie ce qui n’est pas le cas des dizaines de millier de victimes des paramilitaires en Colombie qui sont 6 pieds sous terre et dont presque tout le monde se fout à commencer par vous les journalistes par votre silence. C’est bien plus excitant de blablater sur les off de sarko sur france 3.

  • marie 75
    • Posté à 13h45 le 03/07/2008
    • Internaute 3563

    Et les tenants d’Uribe... rien à voir avec la drogue ?
    Pas si clair, jeune homme !

  • Ludovic64
    Ludovic64
    démocrate = espèce en voie d' (...)
    • Posté à 13h49 le 03/07/2008
    • Internaute 44599
      démocrate = espèce en voie d' (...)

    Il manque tout de même un passage important dans cet article.

    J’ai lu dans le Monde diplomatique que dans les années 80 une « amnistie » avait eu lieu pour que les FARC puissent « réintégrer » le corps social colombien : résultat les para-militaires adverses en ont assassiné près de 3 000 en toute impunité ...Une bonne partie des survivants ont donc repris le maquis...

    Je m’étonne que cet épisode ne soit pas mentionné dans l’historique des FARC présenté dans votre article.

  • Prolo du livre
    • Posté à 13h55 le 03/07/2008
    • Internaute 12784

    Pour en revenir à la culture de la coca, à l’exploitation et au trafic de la cocaïne.

    Quels sont les sources, et donc les preuves, de l’implication des FARC dans le commerce de la cocaïne ?

    Pour Uribe, nous en avons, ses liens en tant que maire de Medellin avec les cartels. Alors, si cette affirmation est aussi solide que celle des ordinateurs de Reyes...

    Voir Le Monde diplomatique de ce mois-ci, notamment l’article sur les FARC, la cia et l’informatique...

  • Alexad
    • Posté à 14h27 le 03/07/2008
    • Internaute 8145

    Je vous assure que ce n’est pas de drogue, mais cette lecture me procure comme un « manque » ! ! ...

  • clive
    • Posté à 14h56 le 03/07/2008
    • Internaute 27908

    Comme ses hélicos,
    Uribe repeint en blanc.

  • Lechat
    Lechat
    esprit critique
    • Posté à 15h03 le 03/07/2008
    • Internaute 23925
      esprit critique

    URIBE n’est pas un saint mais ce qui est certain c’est que c’est LUI QUI A FAIT LIBERER LES OTAGES

    ARTICLE INTERESSANT
    La libération d’Ingrid Betancourt par l’armée d’Uribe sonne le glas des FARC

    Lien

    • Lechat
      Lechat répond à Lechat
      esprit critique
      • Posté à 07h55 le 04/07/2008
      • Internaute 23925
        esprit critique

      SUR LE BLOG DE JACQUES THOMET

      ALFONSA CANO avait donne l’ordre de supprimer INGRID BETANCOURT dans un guet appens avec l’armée
      Lien

      Eduardo Mackenzie : « La libération de Betancourt confirme le déclin des FARC »
      LEMONDE.FR | 03.07.08 | 19h47 • Mis à jour le 03.07.08 | 20h54

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  • Picospin
    Picospin
    Prof émérite (Paris12 et St- (...)
    • Posté à 15h06 le 03/07/2008
    • Internaute 42865
      Prof émérite (Paris12 et St- (...)

    Difficile de se retrouver dans ce labyrinthe à multiples entrées et sorties pour qui n’a pas des relations affinées et fiables avec les gens qui savent. Mais qui sait ? Comment repérer les réseaux intelligents qui soient capables de montrer les chemins, les connections, les articulations entre le politique, le trafic, les influences financières et diplomatiques ? Ces questions sont difficiles à démêler et à décrypter surtout quand on songe aux extensions de ces activités hors de frontières de l’Amérique du sud et même au-delà. Pour se convaincre de cette réalité, il n’y a qu’à observer l’agitation diplomatique autour des FARC, de Uribe, du Vatican, de Bush et même maintenant de Villepin, sinon de Delanoe et autres dirigeants socialistes. Ingrid Betancourt a eu bien de la chance dans son malheur d’avoir été si bien entourée par des enfants éloignés mais communicants, des politiques et des associations mobilisées qui veillaient sur elle entre son pays, comme elle nomme la Colombie, et la France à laquelle « elle doit tant » du fait de la présence permanente de Sarkozy qui « a pris les affaires en main » depuis fort longtemps. Des fils difficiles à démêler...Heureusement que Ingrid non sauvée des eaux mais de la cocaïne ne s’appelle pas Ariane ! ! !

    • ragondine
      ragondine répond à Picospin
      du poitou
      • Posté à 15h44 le 03/07/2008
      • Internaute 10036
        du poitou

      « il n’y a qu’à observer l’agitation diplomatique autour des FARC, de Uribe, du Vatican, de Bush et même maintenant de Villepin, » vous avez tout faux monsieur picospin Bush ne s’est pas trop préoccupé de ses otages par contre laissez à ingrid Betancour le soin de reconnaitre ses vrais amis qui se sont préoccupé d’elle dés le début et dans la discrétion et non pas le cirque inopérant de Sarko qui a le culot de se faire passer pour son sauveur.
      je trouve excellent qu’elle remercie Villepin le meilleur ennemi de Sarko qui ne rève que de se faire mousser.

  • gbbq
    gbbq
    Travailleur
    • Posté à 18h49 le 03/07/2008
    • Internaute 46418
      Travailleur

    Et à tous, c’est le moment de (re)lire Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez :
    une fresque étourdissante éclairant les origines de la « violencia » colombienne...

  • Impots-utiles.com
    Impots-utiles.com
    http://www.impots-utiles.com
    • Posté à 19h28 le 03/07/2008
    • Internaute 35603
      http://www.impots-utiles.com

    N’oublions pas qu’une autre franco-colombienne, Aïda Duvaltier, otage elle aussi des Farc peu avant Bétancourt et âgée de près de 67 ans, est morte dans l’indifférence générale.
    Seulement, elle ne connaissait pas de Villepin, elle n’avait aucune prétention politique et sa famille n’était pas influente...
    comme c’est beau la politique ...

    Lien

  • vient de déménager 25 oct
    • Posté à 21h27 le 03/07/2008
    • Internaute 23692

    L’information triste avance pas à pas... Elle annonce sans doute la nouvelle aire.
    Il faudra avoir l’esprit sacrément fort pour y résister.

  • b.alarue189
    b.alarue189
    lectrice de rue89
    • Posté à 12h35 le 04/07/2008
    • Internaute 46500
      lectrice de rue89

    Un petit tour par là : Lien, et les idées se remettent en place.

  • l'eponge
    l'eponge
    musicien
    • Posté à 16h27 le 04/07/2008
    • Internaute 46545
      musicien

    Bonjour et merci à tous pour tous vos commentaires qui nuance quelque peu un article qui aurait pu ( dû ?) l’être un peu plus.
    J’approuve l’initiative de rue89, créer un tel site qui se libère des contraintes des médias « traditionnels » pour transmettre une information qui se veut la plus proche de la vérité ne peut être qu’une bonne chose.
    Dans ce contexte, l’article présent me semble un peu juste.
    Comme l’ont rappelés plusieurs internautes ds ce forum, la situation en Colombie (qui est intimement liée à celle des farc, évoquer l’un sans l’autre est un non sens...) est des plus complexes. Or la libération d’IB conduit aujourd’hui les médias et donc l’opinion publique a envisager le problème comme tel « armée + uribé = gentils ; farc = très très méchants. C’est évidement très limite. Or ce que l’on attend de votre site c’est une info mesurée qui prend le temps d’évoquer la complexité des situations et qui évite les prises de positions (dominantes de surcroit)...

    Et surtout la réaction de Yann Guégan me parait très limite notamment quand il évoque, je cite “ les extrémistes chevenementistes”. Bon s’agit-il de faits ou d’un partis pris ? J’ai ma petite idée la dessus mais très cher claude, la déontologie journalistique n’est elle pas censée s’appuyer avant tout sur un principe de neutralité...
    a bon entendeur merci

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 18h46 le 04/07/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Y A-T-IL EU DENONCIATION DU CONTRAT MORAL
    ENTRE RUE89 ET SES RIVERAINS ?

    (Post retiré suite à la réponse de Yann Guégan donnée sur une autre page.)

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 00h24 le 05/07/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Mention assez bien pour cet article. Il manque l’épisode de l’élimination physique des membre de l’UP. En se servant des mêmes moyens que « l’ennemi », en séquestrant des individus pour en faire des marchandises, les FARC ne représentent en rien un mouvement révolutionnaire mais une bande de maffieux maquignons de la pire espèce, presque aussi mauvaise, cette espèce, que ceux qui sont au pouvoir en Colombie, et ailleurs. Certes ils ont représenté un temps tout une fraction de la population colombienne exploitée et meurtrie. Mais on ne combat pas des voleurs en devenant un voleur. On ne peut vaincre les crapules en agissant comme une crapule.Ce serait changer de crapulerie mais on y serait toujours. Cette critique des armes est en train de se faire en Amérique Latine. Et saluons au passage l’EZLN du Mexique.

  • sopadeajo
    sopadeajo
     ?
    • Posté à 04h44 le 08/07/2008
    • Internaute 46874
       ?

    Heureusement que vous vous affirmez comme canard de gauche, je n´ose penser ce que ce serait si vous vous affirmiez de droite !

    J´ai lu Le Figaro , et c´est moind déguellasse.

    L´accusation de traffic de drogue ou de banditisme (Sandino au Nicaragua était traité de bandido par Somoza, mais le FSLN : Front Sandiniste de Libération National triompha, et réussit à sortir les amerloques du Nicaragua. Daniel Ortega, le président actuel était le chef du FSLN moderne) a toujours été l´argumentaire de l´extrême droite fasciste latinoamericaine et de son majeur soutien : la CIA.

    Il est impardonnable qu´un journal de gauche reprenne allégrement la vieille rangaine des fascistes, des salauds.

    Et le Che Guevara, un héroinomane ? ? ? ?

    CohnnBendit, un forcenné du kif ?

    Robespierre et Marat des cocainomanes ? ? ?

    Honte à vous, qui mentez sur des gens de gauche, honte à vous qui n´êtes pas de gauche ! ! !