tribune 03/07/2008 à 19h16

Ingrid Betancourt : une victoire sur le temps

Michel Eltchaninoff | Journaliste


Si l’otage des Farc est revenue, semble-t-il, debout, physiquement et moralement, de six ans de détention dans les pires conditions, c’est qu’elle a su dompter le temps. Ses geôliers lui ont imposé un temps d’inaction, de souffrances et d’incertitudes. Elle l’a transformé en temps vivable et même porteur d’espoir. Comment y est-elle parvenue ? La lettre qu’elle a envoyée à sa mère, diffusée en décembre 2007, ainsi que ses premières déclarations, nous aident à le comprendre. Le thème du temps y revient de manière quasi-obsessionnelle.

Le temps dérobé

L’expérience du temps qu’elle a eue dans la jungle colombienne constitue une coupure radicale par rapport au temps habituel. Ce qui est traditionnellement réservé aux vacances, sur un mode joyeux, est devenu ici le cauchemar d’une vacance absolue, « un gaspillage lugubre du temps ». Les trois grandes dimensions, naturelle, sociale et intime du temps, ont été atteintes durant sa captivité.

Le temps de la nature, l’éternel recommencement de l’aube et de la nuit, Ingrid Betancourt l’a vécu de la pire des façons. Ignorante de la date de sa libération, incertaine quant à l’issue même de sa captivité, elle a souffert plus que quiconque du retour monotone des jours et des nuits. Soumise aux chaleurs et aux froidures de la jungle, elle s’est, semble-t-il, mise à détester la nature. Dans sa lettre, elle raconte qu’elle qui aimait tant nager, ne supporte plus se baigner dans le fleuve durant sa captivité.

Le temps social lui est interdit. Soumise à la possibilité de déplacements imprévus, interdite de toute action, même de la lecture d’autres ouvrages que la Bible, Ingrid Betancourt ne connaît ni la stabilité, ni le rythme social.

Le temps de la conscience est lui aussi atteint. La captive, pour ne pas sombrer dans « l’oubli, le néant et le désespoir », n’expérimente le présent que sur le mode de la mort : « Ici, [nous] vivons comme des morts. » Seuls les souvenirs passés et l’espoir d’une libération future occupent la conscience de la prisonnière.

Le temps reconquis

Le tour de force d’Ingrid Betancourt a consisté à se réapproprier, de manière originale, le temps qu’on lui avait dérobé.

Au temps de la nature, répétitif et inhumain, elle a superposé toute une série de rituels. L’un des passages les plus émouvants de sa lettre raconte qu’elle célèbre le mieux possible le jour anniversaire de ses enfants. Elle « leur chante le Happy Birthday », demande la permission à ses geôliers de préparer un gâteau. Si on lui apporte une soupe de riz ou de haricot, elle se « figure que c’est un gâteau ». Le temps a besoin de repères matériels. Plus vitaux encore que ce rituel solitaire, les messages de ses proches l’ouvrent véritablement sur le temps humain. Entendre sa mère chaque matin, apparemment, la sauve. Si elle réclame dans sa lettre « trois messages hebdomadaires » de ses enfants, c’est pour superposer au temps de la nature un rythme qui à la fois lui permet de ponctuer l’écoulement du temps et de communiquer avec ceux qu’elle aime.

Quant au temps social, elle le métamorphose en l’ancrant dans le temps du progrès individuel, politique et historique. Au lieu d’avoir une image de ses enfants figée au moment où elle les a vus la dernière fois, elle imagine leur progression —les études de Mélanie, le devenir-homme de Lorenzo… Ainsi, Ingrid Betancourt réussit à ne plus voir le temps comme une répétition mécanique et absurde ou une détérioration des esprits et des corps, mais au contraire comme ce qui permet une évolution positive. Elle parvient même à justifier la durée du temps : si sa détention est si longue, c’est que la maturation est nécessaire. Les gens, elle le dit clairement dans sa lettre, ont besoin de temps pour comprendre le calvaire qu’elle est en train de vivre : « Seul le temps peut ouvrir les consciences et élever les esprits », écrit-elle dans une formule qui donne la clé de sa victoire sur le temps.

Mais les sociétés ont également besoin de temps pour s’améliorer. Evoquant la France et les Etats-Unis, elle explique que les grandes œuvres humaines et politiques prennent du temps : « L’histoire a ses temps propres de maturation. » En articulant le temps individuel et le temps collectif, elle paraît ainsi donner un sens politique à sa privation de liberté et à sa libération. Son destin propre, marqué par l’attente, doit dans son esprit se confondre avec celui de la Colombie, qui a attendu pour atteindre une liberté et une prospérité que son peuple mérite.

Enfin, le temps de sa conscience, écartelé entre les souvenirs et les espoirs, s’est mué en temps de la « transcendance » —terme présent au début de sa lettre. Seule la présence d’un Autre éloigné lui a permis de supporter le présent : transcendance divine d’une part (la lecture de la Bible et la prière l’ont apparemment aidé à tenir), transcendance des « siens », éloignés mais se rendant présents par leurs messages et leurs lettres, soutien des sociétés civiles enfin. L’écartèlement dont était victime sa conscience du temps a été transmuée en ouverture sur des transcendances. Ingrid Betancourt esquisse ici un rapprochement original entre mysticisme et communication. C’est pourquoi elle a célébré sa libération, comme une « victoire des moyens de communication ».

Si la franco-colombienne a pu rester humaine et réapparaître aussi triomphante après plus de six ans de calvaire, c’est qu’elle a eu la force de ritualiser le temps, de le regarder comme un facteur de progrès politique, et d’établir des communications avec l’ailleurs pour supporter son présent. Mais l’histoire d’Ingrid Betancourt est loin d’être terminée. Désormais, cette expérience personnelle va continuer à se décliner sous une forme politique.

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  • deathinjune
    deathinjune
    Professeur
    • Posté à 22h04 le 03/07/2008
    • Expert 44331
      Professeur

    Apparemment seulement...

    • Jaycib
      Jaycib répond à deathinjune
      Désagrégé de l'Université
      • Posté à 15h26 le 04/07/2008
      • Internaute 37053
        Désagrégé de l'Université

      Il faudrait m’expliquer votre pensée, DeathInJune ! En 1980, il existait déjà un « marché » social de l’hémodialyse depuis un certain nombre d’années (+/- 10 ans), au moins aux USA où j’étais installé à l’époque. De même, en 1986, date de ma première greffe rénale à New York, ce « marché » existait, à cette différence que la demande était déjà très supérieure à l’offre, tout comme aujourd’hui encore, notamment en France.

      Pour être honnête, s’il y a eu transcendance (et je ne suis pas certain de comprendre ce terme dans ce contexte particulier), elle est intervenue très en amont, à l’âge de 10 ans, alors que je ne me posais aucune question « grave » concernant mon avenir. Ma mère, mon grand-père et mes collatéraux m’avaient déjà inculqué la notion que nous devions tout à l’Autre en général. Nous n’étions pas des monades isolées gravitant dans l’espace, nous participions d’un élan solidaire commun.

      Et je ne suis pas sûr qu’il n’en ait pas été de même pour Ingrid Bétancourt (toutes proportions gardées !), chez qui la « pente » transcendante existait déjà bien avant son engagement en politique, en tout cas si j’en crois les déclarations qu’elle même a faites depuis sa libération. A mes yeux, l’enfermement et la torture physique et morale qu’elle a subis n’ont constitué en fait qu’un motif d’approfondissement constant de cette « éthique de l’Autre », avec l’aide complémentaire de sa foi chrétienne. Qu’il y ait eu des seuils tout le long de cet approfondissement ne contredit pas la notion d’un « continuum » intérieur.

      Signé : MissedDeathInMarch !

  • marie 75
    • Posté à 20h11 le 03/07/2008
    • Internaute 3563

    Germaine Tillon avait résisté au camp de concentration.

  • léo solo
    • Posté à 20h49 le 03/07/2008
    • Internaute 2483

    Ceci n’est pas une fable.

    Un jour, lors d’un colloque c’est un poète incontournable qui, interrogé sur le concept temps, eut cette réponse philosophique en délivrant l’adresse suivante

    Simon Cussonet
    au clos
    chez Duvillage
    Tussorel
    Eure

  • vol19
    • Posté à 22h14 le 03/07/2008
    • Internaute 13492

    Voilà une intéressante question. Comment se structure le temps, la conscience des personnes isolées en milieu hostile... ?
    Geneviève Antonioz De Gaulle l’a d’ailleurs très bien illustré dans « la traversée de la nuit ». La structuration du temps est indispensable, définir des cadres temporels répétitifs qui ancrent les émotions, facilitent la régulation de l’angoisse. Inventer un Autre avec qui échanger. Qu’on le veuille ou non, chacun appartient toujours à des groupes, même s’il s’agit de géoliers ou d’autres prisonniers, de voisins, même hostiles, ou absents, ils sont là quand même, même avec un minimum d’échanges verbaux, toujours différent d’une solitude absolue. La conflictualité peut être une manière de se construire, de s’ancrer dans un autre espace/temps/ lien. L’Autre est forcément présent, il peut être dans la création, l’étude de vieux livres, dans un travail de réflexion sur l’écoulement du temps et de l’histoire (quelquechose qui dépasse notre condition), l’observation de la nature, des programmes de radio. Ainsi, les investissements vers des « Autres » peuvent changer dans le temps ou être multiples. Cette régularité d’espace/ temps/activité/liens, de « dispositifs » permet d’éviter de basculer dans l’angoisse insupportable.
    D’autres précedents, une sexagénaire Hongroise Edith Bone expliqua très bien dans un essai « sept ans de cachot » comment elle survécu dans les années 50 au secret dans un trou souterrain. « Son seul compagnon, son esprit », extraordinaire récit sur comment elle le mobilisa dans ces conditions, créa des outils dans l’obscurité. Peu à peu la cruauté de ses géoliers céda face à sa dignité, et elle obtint peu à peu davantage d’espace de liberté, au bout de deux ans le droit de lire, l’accès à la bibliothèque... Jusqu’à ce que le temps historique changea sa condition. Donc, il est possible de tenir avec un Autre... l’envie d’apprendre, de résister, sans Tiers extérieur, mais le Tiers en soi. L’interaction avec un média complexifie la situation, crée une dépendance, un soutient mais peut fragiliser aussi, peut donner le sentiment d’agir sur l’extérieur.
    Toutefois, difficile de rentrer indemme, rien ne peut être comme avant... après avoir vécu et cotoyé de manière intime, longtemps, subjectivement ou réellement, l’angoisse, la mort, les limites de l’humanité. Il y aura toujours quelquechose d’impossible à dire, à échanger avec quelqu’un qui ne l’a pas vécu... forcément un décalage avec autrui, une solitude supplémentaire à porter, une lucidité prudente voire méfiante, malgré un masque communicatif plus libéré (l’expérience du rien à perdre).
    En tout cas,les premières images nous montrent Ingrid Bettencourt, qui jouit d’un charisme lumineux exceptionnel, d’une grande aisance et abilité communicationnelle, de mots justes qui l’amèneront sans doute à porter le lourd costume d’icône.

    • marie 75
      marie 75 répond à vol19
      • Posté à 11h23 le 04/07/2008
      • Internaute 3563

      tb bouquin de Geneviève De Gaulle : ne pas oublier de rajouter que le personnel du camp savait qui elle était...
      Moins de pseudo-analyse, plus d’info ...
      Kauffmann a glissé dans une déprim myitico-qqchose qui l’a conduit au divorce. Demandez à sa femme : elle est toubib ! ! !

      NB : Communicationnelle ... joli néologisme ! ! ! !
      Et Betancourt n’est pas Bettencourt ! ! !

  • Michel Eltchaninoff
    Michel Eltchaninoff
    Auteur(e) de l'article Journaliste
    • Posté à 22h23 le 03/07/2008
    • Journaliste 46423
      Journaliste

    Ce qui semble intéressant dans le cas d’Ingrid Betancourt, c’est précisément cette alliance inédite de la transcendance (l’élan vers l’Autre divin) et de la communication — le rapport aux lointains vivants. Ceci donnera peut-être lieu à une politique — dont d’autres pourront s’inspirer. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une nouvelle manière d’être otage.

    • ART MONIKA
      • Posté à 23h18 le 03/07/2008
      • Internaute 10855

      Suite à son enfermement, Jean-Paul Kaufmann avait basculé d’une vie un peu mondaine(plutôt hédoniste) à une foi proche du mysticisme.

      Donc, il n’est pas certain que l’expérience d’Ingrid Bétancourt soit une « nouvelle » façon d’être otage, mais plutôt l’une des stratégies possibles de résistance contre l’oppression, mises en jeu par d’autres avant elle.

      Tous les récits de la vie concentrationnaire (déportation, enlèvements...) montrent qu’il existe des modes de résilience différents. Ingrid Bétancourt est très médiatisée et donc son expérience est objet de multiples communications et analyses. Mais ce qu’elle a vécu l’a été par d’autres avant elle.

      Cela n’enlève rien ni à l’horreur de sa condition d’otage, ni à ses qualités de résistance, mais remet simplement son expérience dans la lignée d’autres, que nous ne devons pas oublier.

    • marie 75
      • Posté à 10h06 le 04/07/2008
      • Internaute 3563

      c’est beau comme du Ratzinger !
      Encore !

      Lire plutôt l’article de mediapart qui raconte l’histoire de la désinformation ....
      Grand Uribe, priez pour vous !
      Petit Sarkozy, récupérez !

    • léo solo
      • Posté à 13h49 le 04/07/2008
      • Internaute 2483

      Faites aussi confiance aux leçons que chacun peut tirer de son histoire personnelle.
      Ainsi
      tel enfant de prisonnier de guerre
      et de déportée ( 5 ans de captivité)
      peut avoir des savoirs transmis (et à transmettre)

      Excusez, mais une phrase comme « Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une nouvelle manière d’être otage. » porte en elle ses propres limites.

      Relire les lettres de prison d’Hikmet, Gramci ...
      et l’ Espèce humaine d’Antelme pourrait vous éviter éventuellement d’écrire vos histoires drôles à côté de la plaque.

  • vol19
    • Posté à 22h48 le 03/07/2008
    • Internaute 13492

    Est-ce très différent d’une tendance déjà relevée par les sémiologues à savoir une confiscation par les politiques du discours et du symbolique du religieux, ex « monter sur la montagne (SR) » etc... ?
    Quant à la reclusion (féminine d’ailleurs)comme médiateur ce n’est pas nouveau dans le monde catholique.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 23h49 le 03/07/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    On s’en fout complètement .
    C’est le démantèlement des 35 h , qui nous préoccupe .
    Il y a beaucoup, beaucoup plus de salariés français otages (dont beaucoup avec des enfants)qui vont avoir des problemes de « résilience » que d’ otages ou d’ex otages des FARCS

    Lien
    es-sont-elles-definitivement-enterrees

    Et au fait , le fameux « syndrome de stockolm » ? Il a disparu , celui la .
    Il n’est plus a la mode .

    • miresa
      miresa répond à Numerosix
      • Posté à 06h00 le 04/07/2008
      • Internaute 23506

      oui , on s’en fout
      Il y a eu des milliers de personnes françaises prisonnières pendant 5 ans durant la dernière guerre mondiale.
      Il y a aujourd’hui des milliers de personnes pauvres.
      Et pour cette dame qui n’est qu’à moitié française , les journalistes , emboitant le pas à notre cher Président et à sa Carla qui a ’fait la marche blanche « font tout un fromage.
      Demain , cette dame va refaire de la politique , ils auront encore du grain à moudre, nos journaleux en mal de copie ! ! !

      • marie 75
        marie 75 répond à miresa
        • Posté à 10h47 le 04/07/2008
        • Internaute 3563

        « Le journal titre en deuil la Putain des frontières
        La fleur fane au fusil et meurt sous un drapeau
        Et les téléscripteurs nous mènent en bateau
        Miserere Seigneur du fond de nos galères »

        (Léo Ferré - Psaume 151)

         
        • léo solo
          léo solo répond à marie 75
          • Posté à 17h01 le 04/07/2008
          • Internaute 2483

          De Léo Ferré aussi

          « Elles tournent,
          elles tournent
          les rotatives
          Et l’encre se déloque à la gueule des gens
          et leur fait des souvenirs ancrés »

        1 autres commentaires
  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 00h10 le 04/07/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Guy Lux -Allez-y, posez votre question, Monsieur !

    Sixième candidat - Est-ce qu’on peut pousser le Sirulnik ?

    Guy Lux - Oui, à quoi pensez vous, Monsieur ?

    Sixième candidat - A rien . C’était juste pour faire avancer le Sirulnik ( ta mère)

  • Un compte supprime
    • Posté à 04h20 le 04/07/2008
    • Internaute 21837
      nc

    Pas le TEMPS de lire ce charabia. Je savais ce qu’etait devenue la politique ces dernieres annees, mais j’avais un peu decroche de la philosophie... je ne regrette pas.

  • marie 75
    • Posté à 10h58 le 04/07/2008
    • Internaute 3563

    sa libération est un « miracle de la Vierge ».

    (..) tribune de geneve

    Ingrid Betancourt sera reçue la semaine prochaine par le pape « Je n’ai pas encore de date fixée mais le Vatican a confirmé ma rencontre avec le souverain Pontife », a-t-elle déclaré . Mme Betancourt a précisé que c’est sa soeur Astrid, mariée à un haut diplomate français, qui l’a informée de cette invitation du Vatican. « C’est un rendez-vous que l’on ne peut pas manquer », a estimé l’ex-otage qui a passé plus de six ans prisonnière des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). A cette occasion, Ingrid Betancourt, une fervente catholique, a estimé que sa libération est un « miracle de la Vierge ».

    Voilà donc pourquoi, Ingrid ne passera pas en « cellule enquête » : les voies du seigneur sont impénétrables !

    ____________________
    Lire tout de même le papier de mediapart, publié Ici sur Ingrid en direct sur Fce Info...
    Zavez dit Manip de l’info ? ? ? ?
    –––––––––––––-
    on est conent qu’elle soit libre, mais il ne faudrait pas qu’elle s’entraîne trop au « mensonge d’état » ». Mauvais pour son âme ! Comme la gourmandise !

  • vol19
    • Posté à 11h46 le 04/07/2008
    • Internaute 13492

    « Une nouvelle manière d’être otage » ? nous dit l’auteur de l’article. Est-ce vraiment une nouvelle manière ?

    Le problème, c’est aussi le référentiel, où est le sujet otage ? Qui sont les acteurs ? Les enjeux ? Et puis on pourrait introduire une réflexion qui circule en ce moment : « systèmes ouverts », systèmes fermés ? » Le théatre se situe t-il dans un système ouvert ou fermé ?

    Numérosix évoque « le syndrome de Stockolm », (un transfert affectif sur ses géoliers) et « médiapart » révèle que l’histoire semblerait beaucoup plus complexe que le récit qui en a été fait pour le moment.

    L’arbre cache t-il la forêt comme semble le signifier Numérosix ? Les salariés, précaires, mal logés, tous otages du système ? avec leur consentement ? Tout de même, plus de « degré de libertés » qu’être attaché et isolé toute une journée, mais tout de même aussi, bien coincés socialement pour beaucoup en ce moment, bien plus que cette liberté de l’homo economicus dont on nous illusionne voudrait nous le faire croire... alors que faire ?

    L’histoire d’Ingrid Bettencourt a résonné à la part d’enferment de chacun, quant à sa libération, elle questionne forcément notre propre liberté par rapport à notre système... tant que celà ne devienne pas une liberté par procuration.

    Peu ont évoqué les inversions de symbôles. Les tee shirts du Che, symbôles du géoliers. L’armée régulière, la CIA au service du « bien » de la liberté. Les inversions de signifiant, c’est toujours intéressant. Ce message, il n’est probablement pas anodin ?

  • supprimé à la demande du riverain 23 mars
    • Posté à 16h08 le 04/07/2008
    • Internaute 26946
      x

    Concernant la gestion du temps je vous conseille de lire :

    « Le joueur d’échecs » de Stefan Zweig

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 17h24 le 04/07/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Y A-T-IL EU DENONCIATION DU CONTRAT MORAL
    ENTRE RUE89 ET SES RIVERAINS ?

    Au moment de composer ce post, je constate que Les Chats, riveraine de Rue89 depuis décembre 2007, a remplacé une bonne partie de ses messages récents par la mention « Supprimé pour désinscription ». Cette suppression fait suite à de courts échanges entre nous hier (03/07/08), au cours desquels nous nous sommes mutuellement informés de notre déception après l’apparente liquidation de la rubrique VOIR PLUS (Mes commentaires) dans le Profil utilisateur des riverains de la Rue. Si Les Chats s’est déjà désinscrite, je le déplore, car il reste encore à éclaircir la position exacte des dirigeants de Rue89 avant de prendre toute décision irrévocable, mais je ne saurais pour autant me dissocier du geste qu’elle semble avoir entrepris.

    Les Chats, comme moi, a écrit un courriel à Rue89 pour demander des explications. Aucune réponse n’ayant été fournie, et aucune information concernant un changement de la politique fondamentale de Rue89 n’ayant été annoncée par la direction, il y a lieu de se demander si la conclusion à laquelle Les Chats en est arrivée ne s’impose pas à nous tous :

    1) Rue89 a d’abord fait l’annonce de l’entrée de nouveaux actionnaires dans son capital, apparemment avec la transparence que nous avions espérée. Aucune donnée relative à un changement de politique éditoriale n’a alors été communiquée.

    2) On a ensuite pu constater une modification de la pratique publicitaire du site, notamment à l’occasion de la réclame pour Bouygues Telecom empêchant l’accès direct au contenu journalistique de Rue89. Un(e) autre riverain(e) a fait état de difficultés de connexion imputables à une publicité de GDF.

    3) Tandis que, à l’image de multiples riverains, nous nous précipitions pour signaler notre soutien à la Rue suite (a) à la vidéo « off » de Nicolas Sarkozy prise à l’occasion de sa récente intervention sur France 3 et à la décision de cette dernière de demander ses sources à Rue89 ainsi que l’élimination pure et simple de la vidéo incriminée, faute de quoi une action en justice serait engagée contre la Rue, la disparition de la rubrique VOIR PLUS n’en est que plus frappante, la séquence précise des événements restant à déterminer.

    Pour Les Chats, il faut déduire de ce qui précède que l’entrée des nouveaux actionnaires coïncide non seulement avec l’évanouissement inexpliqué de VOIR PLUS, mais aussi avec une réorientation de fait de la pratique de Rue89 en matière de publicité (voir ci-dessus). La disparition de la rubrique VOIR PLUS serait la conséquence d’un échange de « bons procédés » : « on » laisse davantage de place à la pub, « on » réduit la place des interventions sur le forum (précédemment mémorisées et conservées par le site), et, de ce fait, « on » détruit ce qui constituait l’essentiel de la force innovante de Rue89 par rapport à l’immense majorité des autres forums d’échange entre auteurs et internautes/commentateurs : constitution d’une artère de communication où les divers intervenants peuvent s’exprimer sans limite, création d’un système de « voisins » au sein duquel chacun peut identifier les personnes dont il/elle se sent le plus proche et prendre contact avec elles avec une grande facilité, etc.

    J’avais naïvement cru, pour ma part, qu’un simple problème technique de « capacité de mémoire » était à l’origine de la « réorganisation » du Profil par le vide et de la disparition de la rubrique VOIR PLUS. Ne m’étant pas encore choisi un réseau de voisins, je n’avais pas mesuré la magnitude du bouleversement qui s’est apparemment produit.

    Au vu de ce qui précède et de l’absence totale de réaction de Rue89 à ce jour, il y a lieu de se demander si la direction du site n’a pas en fait renoncé à son projet éditorial de base, qui consistait jusqu’ici à associer les riverains à ses orientations et prises de décision. S’il existe un cas de force majeure justifiant les modifications introduites, qu’« on » nous en fasse part avec tous les détails nécessaires, faute de quoi nous ne pourrons que constater que le CONTRAT MORAL passé entre Rue89 et ses riverains a été rompu, au risque de banaliser le site, et, à terme (plus court que long…), d’abandonner purement et simplement son pari initial, pourtant maintes fois réaffirmé, notamment dans un récent article du monde.fr signé Pascal Riché.

  • léo solo
    • Posté à 11h11 le 05/07/2008
    • Internaute 2483

    Ah

    j’oubliais

    « un long chemin vers la liberte »

    nelson mandela

    une ancienne manière d’être otage :

    Commencés en 1974 au pénitencier de Robben Island, ces souvenirs furent achevés par Nelson Mandela après sa libération, en 1990, à l’issue de vingt-sept années de détention. Rarement une destinée individuelle se sera aussi étroitement confondue avec le combat d’un peuple et le devenir d’une nation.

  • zorglub
    zorglub
    insulaire en exil
    • Posté à 19h12 le 06/07/2008
    • Internaute 3665
      insulaire en exil

    Ingrid Betancourt aura la légion d’honneur pour son action en Colombie...