Pourquoi il fallait diffuser la vidéo « off » de Sarkozy sur France 3
Lundi soir, Rue89 a publié une vidéo montrant Nicolas Sarkozy juste avant son interview dans le 19/20 de France 3. Pendant quelques minutes, micros ouverts, on le voit au naturel. Il se choque qu’un technicien ne le salue pas, jugeant son attitude inadmissible, et à propos de l’importance des « manifestants » en France, prévient : « Ça va changer ! “ ; il tutoie le directeur de l’information, Paul Nahon, et le journaliste politique, Gérard Leclerc ; il interroge ce dernier : ‘T’es resté combien de temps au placard ? Le président semble énervé.
Augustin Scalbert, qui était en reportage sur place, a entendu ces propos avant la prise d’antenne, et s’est arrangé pour obtenir la vidéo. Au moment où nous l’avons mise en ligne, nous ne nous doutions pas du déferlement de visites qu’elle susciterait.
Cette vidéo fait évidemment polémique. La direction de France3 a diligenté une enquête interne pour déterminer qui est l’auteur de la fuite’. Un blogueur talentueux et de renom, Laurent Goaguen, s’est fendu d’une notre très critique :
‘J’ai un peu honte pour la rédaction de Rue89 de laisser passer ce truc un peu dégueulasse, acquis dans des circonstances douteuses et qui n’apporte aucune information.’
Dégueulasse ? Bigre ! Aucune information ? Nous croyons au contraire que cette vidéo est très riche en informations, tant sur le président de la République, sur ses rapports avec les médias que sur l’ambiance au sein de France Télévisions...
Le Président demande à aborder le sujet de Carcassonne, et Paul Nahon, directeur de l’information, acquiesce immédiatement : est-ce une non-information ? Le Président lance à un journaliste sur le point de l’interviewer, Gérard Leclerc : ‘T’es resté combien de temps au placard ? , au risque de le déstabiliser. Est-ce une non-information ? Il montre au passage son pouvoir sur la télé, en déclarant à la cantonade : J’avais protesté quand on l’avait mis au placard !
Dans cette séquence, Nicolas Sarkozy est dans l’exercice de ses fonctions : sa vie privée n’est pas en cause. C’est un vieux routier de la télé, il sait que les caméras de la régie tournent, comme toujours quelques minutes avant et après l’émission ; il connait parfaitement le risque de fuite de ces images.
Il n’y a donc aucune raison sérieuse pour lesquelles nous aurions dû cacher ces informations au public.
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Nightfall, quietly it crept and (...)
Nightfall, quietly it crept and (...)
Bonne idée ça, voila un slogan tout trouvé pour le service public : « Crevez, mais en silence »
Parce que le service public n’aurait pas le droit de manifester son désaccord ? Les magistrats, les médecins et infirmiers, les policiers, les militaires, les journalistes, les agents de l’ANPE, fermez vos gueules ! Vous êtes un objet de l’Etat.
Je ne dois pas avoir la même conception du travail que vous, mais je considère que l’on peut contester les décisions de son employeur, et montrer son plein désaccord ce même en plein service. A dire vrai, si dans un job on m’imposait soudain une pourriture comme patron (qui, de surcroît, se serait à lui-même ocroyer ce poste plus ou moins officieux de grand décideur), je ne le saluerai certainement pas.
Et vous demandez la neutralité du service public tout en considérant « normal » que ce service public se voit dicter ses pensées par l’Etat et Sarko en particulier ? Vous avez de la suite dans les idées, vous.




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