Explicateur 27/06/2008 à 14h23

Implants chez les sourds : quand va-t-on s'entendre ?

Ophélie Neiman | Miss GlouGlou

Avancée technologique révolutionnaire ou « torture » ? L’implant cochléaire suscite des craintes chez certaines personnes sourdes.

Infosignalée par
un internaute

Un enfant avec un implant cochléaire (Claudia Daut/Reuters).

C’est un internaute qui nous a posé la question, en nous livrant son témoignage :

« Je suis devenu sourd profond bilatéral : une chute dans un escalier et trois semaines de coma en 2003. Je suis un miraculé. J’ai été implanté à Clermont-Ferrand avec un implant cochléaire et ça marche. Ma démarche est de savoir pourquoi les associations du langage des signes montrent autant de ferveur contre cette avancée technologique qui va révolutionner le domaine dans les dix ans à venir. »

Le débat n’est hélas pas nouveau. Dès 1993, des tracts circulent, très violents :

« La France ferme les yeux devant cette pratique de torture légale. »
« Stop à la vivisection humaine ! “
‘Les implants œuvrent pour la purification ethnique.’

Comment cette intervention médicale peut-elle être vécue comme une avancée technologique révolutionnaire par les uns, et comme une pratique de torture par les autres ? Le débat sur l’implant cochléaire est très sensible et semble soulever des traumatismes plus profonds. Evoquer cet implant va bien au-delà de l’acte médical strict car cela touche à la perception même de la surdité et sa place dans la société.

Mais qu’est-ce qu’un implant cochléaire ? En quoi est-il différent d’une simple prothèse auditive ?



Schéma de l’implant dans l’oreille/Cisic

Explication par le docteur Claude Fugain, qui implante des sourds de naissance ou des devenus sourds, depuis 1975 :


Si l’implant cochléaire fait débat, c’est qu’il est souvent installé chez des enfants très jeunes, de moins de cinq ans. ‘Opération forcée sans libre-arbitre’ diront les uns, ‘nécessité médicale’ répondront les autres. Chez les personnes devenues sourdes à la suite d’un accident, le débat n’existe pas : quelqu’un qui a perdu l’ouïe souhaite la retrouver, et ne considèrera jamais l’implant comme un ennemi. D’autant que le processus d’adaptation est plus facile :


L’implant perçu comme une menace

Support idéal, le Net est le lieu privilégié des discussions autour de l’implant cochléaire. Partout, des forums ou des sites fleurissent, livrant des témoignages et des réactions à fleur de peau, où l’émotion est omniprésente.

Ainsi le site consacré à la petite Mathilde, implantée toute jeune, montre une vidéo de la première fois qu’elle entend. Le site du Centre d’information sur la surdité et l’implant cochléaire regorge également de témoignages, comme celui de Stéphane qui a perdu peu à peu l’ouïe avant d’être implanté à 35 ans, ou celui de Mèryam, implantée à 11 ans.

Tous montrent les difficultés d’une telle opération et les joies qui en découlent. On trouve, enfin, ce très beau débat, suite à la question sur l’implant d’une maman désemparée.

A l’inverse, les forums dénonçant l’implant sont également très présents : sur ce forum d’Aufeminin.com, on trouve des posts intitulés : ‘Je suis contre l’implant cochléaire’, ‘Implant grrr ! De même, sur un site algérien annonçant des poses d’implants, presque toutes les réactions évoquent le danger’ de l’appareil, l’absence de ‘respect éthique’, la position de ‘cobaye’ des enfants. Sur Sourds.net, on trouve ce forum : ‘Pour ceux qui sont contre les implants, aidez-moi.’

Manque d’information ? Pour certains sans doute, qui pensent que l’implant est installé dans le cerveau et qu’il est douloureux. Peur ? Très certainement. Peur de voir la communauté sourde diminuer et disparaître, et avec elle la langue des signes. L’implant est alors perçu comme une menace. Mais surtout, c’est la perception du sourd qui est en cause. Il est clairement désigné comme handicapé.

L’appartenance à une communauté très spéciale

En effet, une phrase revient très souvent dans les témoignages de sourds congénitaux opposés à ce type d’implants, qu’ils voient comme une volonté de ‘réparer la surdité, comme si c’était une maladie’. Ainsi une lettre de 2007 adressée aux médias explique :

‘Nous rappelons que la surdité n’est pas une maladie et que les personnes sourdes ne sont pas des cobayes.’

Une autre phrase est très présente dans les mêmes types de texte :

‘Ce n’est pas nous qui sommes handicapés. C’est la société qui nous handicape.’

Et d’évoquer la ‘culture des sourds’, si belle et si riche. Car pour ceux qui n’ont jamais entendu, encore plus dans les familles où l’on est sourd de génération en génération, la surdité est souvent vécue comme l’appartenance à une communauté très spéciale.

Devenir un sourd qui entend

Pour autant, acquérir un implant signifie-t-il forcément tourner le dos à la communauté sourde ? Non, affirme Claude Fugain, pour qui, au contraire, un sourd trouve là le moyen de rejoindre le monde des entendants. Il reste sourd mais il entend également. Et vit dans les deux mondes.


Encore faut-il que la langue des signes soit davantage enseignée. Ou plutôt que l’enseignement soit davantage dispensé en langue des signes. C’est la revendication de cinq sourds qui ont observé une grève de la faim de quelques jours au début du mois. Chez les sourds, le taux d’illettrisme frôle les 90%.

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  • A déménagé le 24-1
    • Posté à 15h00 le 27/06/2008
    • Internaute 38989

    Du moment que chaque individu (ou chaque famille) reste libre de son choix, nous ne pouvons que respecter l’avis de chacun.

    • ART MONIKA
      • Posté à 13h23 le 28/06/2008
      • Internaute 10855

      Bel article, tout en nuances, comme la plupart des commentaires.

      Il faut rappeler l’histoire du langage signé, qui a longtemps été interdit en France, car on obligeait les sourds à oraliser, alors qu’ils ne s’entendaient pas eux-mêmes. Ceux qui ont subi ces traitements « normalisants » très contraignants refusent aujourd’hui tout ce qui assimile surdité à handicap. Certains souhaitent même avoir des enfants sourds plutôt qu’entendants.

      Pourtant, l’absence ou le dysfonctionnement de l’audition peut avoir des conséquences néfastes sur le développement langagier et cognitif de l’enfant, sauf si on communique très tôt avec lui par le langage signé.

      Donc, on peut penser qu’une solution « sage » serait d’offrir aux enfants sourds la possibilité d’entendre, tout en leur enseignant le langage signé. Cela pourrait être un enrichissement et non un appauvrissement.

      Pour les adultes, le choix relève d’eux... mais aussi de leur entourage. Pourquoi dans le fond se priver d’un canal sensoriel qui permet de communiquer ? Si on peut avoir l’oreille et les mains, on ne perd pas son identité pour autant.

    • Albedo
      • Posté à 17h38 le 28/06/2008
      • Internaute 7121

      Pas vraiment. On parle d’enfants très jeunes, et on parle d’un procédé qui, s’il n’est pas appliqué, condamne définitivement l’enfant à la surdité (Cf interview).

      Donc ce n’est pas à la famille, amha, que doit être laissé le choix, mais à l’enfant. Et la seule façon pour que plus tard il ait ce choix est de l’opérer.

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à A déménagé le 24-1
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 21h39 le 29/06/2008
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      Je ne vois ici qu’un débat entre le progres et l’obscurantisme. S’il y a un risque médical grave,un juge devrait l’autoriser sur demsnde du tuteur de l’enfant. Sinon, le responsable de l’enfant devrait avoir l’obligation de la faire executer au plus tôt, au frais de l’État, bien sûr, des qu’elle est recommandée par deux médecins.

      Pierre JC Allard

      Lien

      • pierrejcallard
        pierrejcallard répond à pierrejcallard
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 21h42 le 29/06/2008
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        Correction du lien : Lien

        PJCA

      • Gudule
        Gudule répond à pierrejcallard
        • Posté à 16h29 le 01/07/2008
        • Internaute 9720

        « Sinon, le responsable de l’enfant devrait avoir l’obligation de la faire executer au plus tôt »

        Vous vivez dans 1984 et Big Brother est votre pote de maternelle en fait.

  • ClaireChar
    • Posté à 15h02 le 27/06/2008
    • Internaute 16497

    Je découvre pleiement ce débat et j’avoue que je tombe de haut.
    Jamais je n’avais imaginer que l’on puisse considérer la suridté autrement quune maladie et jamais je n’avais imaginé que la communité des sourds considéraient leur langage comme un appart culturel et leur communauté comme une communauté à part entière un peu comme les musulmans ou les catholiques.
    Alosr forcément je suis entendante et nai jamais été confronté à a quetsion de la surdité de près ou de loin donc vraiment j’attéris mais effectivement pour une personne non sourde je ne comprends pas qu’on puisse vouloir rester sourde quand on a la possibilité médicale de l’être beaucoup moins si ce n’est plus du tout.
    je suis contente d’avoir pu réaliser cela via rue 89 même si je continue quand même de considérer que ça reste une maladie certes sans doute pas la pire mais ça me paraît plus sympa d’entendre quand même mais bon..

    • pablico
      pablico répond à ClaireChar
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 16h21 le 27/06/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      @clairechar
      « Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. »

    • Olaïve
      Olaïve répond à ClaireChar
      • Posté à 01h48 le 28/06/2008
      • Internaute 8980

      Peut-être devriez vous lire « le cri de la mouette » d’Emmanuelle Laborit pour comprendre ce que vivaient les sourds à l« époque où il fallait absolument faire oraliser tous ces petits “malades” comme vous dites.
      Vous êtes l’archétype de l’entendant que les sourds détestent. “ça me paraît plus sympa d’entendre quand même mais bon..”, que cette remarque est conne... D’une part, on n’entend pas avec un implant comme avec une cochlée qui fonctionne, d’autre part le taux d’échec de l’implant cochléaire est très important.
      Que feriez vous si vous étiez parent d’un sourd profond de 1 an ? Prendriez vous la responsabilité de lui faire ouvrir la boîte cranienne parce que ça vous “paraît plus sympa d’entendre quand même mais bon..” ? 0u chercheriez vous d’autres solutions ? Elles existent, la LSF qui dans le cadre d’un enseignement bilingue permet d’apprendre à lire et à écrire.

      “je n’avais imaginé que la communité des sourds considéraient leur langage comme un appart culturel et leur communauté comme une communauté à part entière un peu comme les musulmans ou les catholiques.”
      C’est parce que vous manquez d’imagination... De plus votre comparaison avec des communautés religieuses est bien peu pertinente. Celle que je vais effectuer le serait sans doute aussi peu pour un sourd, mais il me semble qu’on est plus proche des langues régionales qui ont été interdites et que certaines communautés (les basques, les bretons, les gascons...) ont préservées malgré l’oppression car elles faisaient partie de leur identité.
      Un sourd qui utilise la LANGUE (merci de préférer ce terme à langage) des signes peut s’exprimer d’une manière infiniment riche, ce que vous ne semblez même pas soupçonner...

      Allez voir un spectacle de l’IVT (troupe de comédiens sourds dont fait partie Emmanuelle Laborit) si vous en avez l’occasion. Vous verrez, c’est très beau.
      Et la prochaine fois que vous croiserez des sourds non implantés en train de signer, ne les plaignez pas parce qu’ils n’entendent pas : ils s’en foutent royalement. Par contre vous pourrez les plaindre parce que la société, des gens comme vous que j’imagine pourtant tolérants, ne comprend rien à leur culture et ne fait pas grand chose pour les aider à s’assumer comme ils le souhaitent : comme ils sont, ni réparés, ni handicapés.

      • Ophélie Neiman
        Ophélie Neiman répond à Olaïve
        Auteur(e) de l'article Miss GlouGlou
        • Posté à 16h17 le 28/06/2008
        • Internaute 25
          Miss GlouGlou

        Petite précision tout de même : on n’ouvre pas la boîte crânienne quand fixe un implant ; il est installé sous la peau contre l’os.

         
        • Lamer
          Lamer répond à Ophélie Neiman
          Sourd de chez Sourd
          • Posté à 19h35 le 28/06/2008
          • Internaute 45324
            Sourd de chez Sourd

          En effet, il n’y a pas de trépanation, l’implant est placé sous la peau certes mais on est toutefois obligé de faire un trou derrière l’oreille pour faire passer les électrodes avec risques d’infection (méningite) à la clé.

          Ce risque est bien sûr pris en compte ( antibiotiques et vaccin )

        • Gudule
          Gudule répond à Ophélie Neiman
          • Posté à 21h47 le 28/06/2008
          • Internaute 9720

          L’implant est en plusieurs parties. La tige qui porte les électrodes est placée dans la cochlée, élément de l’oreille interne avec le vestibule siège de l’équilibre.
          On décolle l’oreille et on agrandit le trou de l’os mastoïde.
          Sur une radio, l’implant se voit en transparence au niveau des fosses nasales. Donc très loin dans le crâne. A l’intérieur de la tête.
          Ce qui est sous la peau, c’est l’aimant destiné à l’antenne extérieure.
          Celle-ci est reliée à un boîtier (environ 20x20 cm)porté en général à la ceinture.
          Connaissez-vous le sujet dont vous parlez ?

        2 autres commentaires
      • Albedo
        Albedo répond à Olaïve
        • Posté à 17h49 le 28/06/2008
        • Internaute 7121

        Je me permets de répondre à votre question : EVIDEMMENT que je lui ferais mettre l’implant. Et j’aurais aussi à coeur qu’il apprenne la langue des signes dans le cas où, plus tard, pour une raison ou une autre, l’implant ne donnerait pas satisfaction.

        Est-ce que vous vous voyez, dans 20 ans, dire à votre enfant, alors que les implants seront probablement bien meilleurs qu’aujourd’hui : « Ecoute mon chéri, c’est vrai qu’avec ma décision ton cerveau n’a pas pu évoluer pour intégrer l’audition et que les super implants qu’on fait aujourd’hui te sont parfaitement inutiles. A l’époque j’aurais pu préserver ta capacité future de choisir, en adulte, mais je ne l’ai pas fait. Mais tu es vraiment sûr de vouloir écouter de la musique ou voir un film non sous-titré ? Notre merveilleuse culture ne te suffit-elle pas ? » C’est la différence entre penser à soi (garder un enfant qui nous ressemble, avec qui on pourra communiquer de la façon la plus simple pour nous, avoir peur de perdre le cocon protecteur d’une communauté) et penser à l’enfant.

        Au delà de ça, les phrases choc genre « ouvrir le crane » sont d’une mauvaise foi étonnante. Les piercings aussi on les implante entre la peau et le crane.

         
        • Gudule
          Gudule répond à Albedo
          • Posté à 22h03 le 28/06/2008
          • Internaute 9720

          Les « professionnels » de la surdité sont les premiers à user de cette mauvaise foi, quand il ne s’agit pas de mensonge éhonté.
          « Surtout pas de signe ou il ne parlera pas » : c’est faux et c’est ce qu’on dit aux parents.
          Surtout, un implant rapporte des sous, beaucoup.
          Il naîtra toujours des sourds, on ne peut génétiquement prévoir leur naissance.
          Donc l’implant est un marché juteux, inépuisable.

          Pour la partie sous la peau, c’est l’aimant. Les électrodes sont dans la tête. Et très profond en plus, je l’ai découvert en voyant une radio crânienne.

          • Ophélie Neiman
            Ophélie Neiman répond à Gudule
            Auteur(e) de l'article Miss GlouGlou
            • Posté à 10h47 le 30/06/2008
            • Internaute 25
              Miss GlouGlou

            Les implants sont intégralement payés par la Sécurité sociale ; les médecins hospitaliers ne touchent pas un sou de l’appareil (ils sont payés pour l’acte médical uniquement).
            Quant aux électrodes, elle vont dans la cochlée, là où elles sont utiles, et nulle part ailleurs. Peut-être avez vous vu une radio de profil ou de 3/4, ce qui vous a donné cette impression.

            • Gudule
              Gudule répond à Ophélie Neiman
              • Posté à 11h27 le 30/06/2008
              • Internaute 9720

              Les implants rapportent de l’argent à ceux qui les vendent, je ne dis pas que c’est dans la poche des médecins hospitaliers. Ces 26 000 euros par implants, ils vont bien quelque part non ?
              Je connais certains audioprothésistes qui associés à certains médecins de CAMSP n’hésitent aider les parents à « choisir », pour le bien de l’enfant sans aucun doute.
              La radio que j’avais vue, c’était de face.
              Ni de profil, ni de 3/4, de face avec les deux fosses nasales ce qui m’a permis effectivement de constater que les 22 électrodes sont installées très profondément dans la tête.
              Ce qu’indique d’ailleurs parfaitement le dessin inclu dans votre article.
              Les électrodes vont en effet là où elles doivent aller, c’est à dire dans la cochlée qui est dans la tête. Et pas sous la peau comme vous le disiez un peu plus haut. Ca c’est l’aimant.
              Pavillon, conduit auditif, tympan : oreille externe
              Marteau, enclum, étrier : oreille moyenne
              Vestibule et cochlée : oreille interne.
              Là on est au contact du nerf auditif donc très près du cerveau qui occupe tout de même pas mal de place dans la boîte crânienne (sauf pour ceux qui ont un pois chiche).
              Donc la cochlée étant dans la tête, l’implant étant dans la cochlée...vous me suivez ?

              • Ophélie Neiman
                Ophélie Neiman répond à Gudule
                Auteur(e) de l'article Miss GlouGlou
                • Posté à 14h34 le 30/06/2008
                • Internaute 25
                  Miss GlouGlou

                Je vous suis !
                Vous avez raison sur toute l’explication de la position des électrodes. Mais quant à moi, je ne considère pas que la cochlée soit située « très profondément dans la tête ». D’où notre divergence. C’est tout. :)

                • Gudule
                  Gudule répond à Ophélie Neiman
                  • Posté à 14h32 le 01/07/2008
                  • Internaute 9720

                  Ben, elle est où alors ? ? ? ?
                  Parce que les fosses nasales, c’est à peu près le milieu de la tête, comme le nez.

        5 autres commentaires
      • Pioupiou33
        Pioupiou33 répond à Olaïve
        Devenue sourde, implantée (...)
        • Posté à 21h29 le 29/06/2008
        • Internaute 45463
          Devenue sourde, implantée (...)

        ...« Par contre vous pourrez les plaindre parce que la société, des gens comme vous que j’imagine pourtant tolérants, ne comprend rien à leur culture et ne fait pas grand chose pour les aider à s’assumer comme ils le souhaitent : comme ils sont, ni réparés, ni handicapés »

        Je me permets juste de faire remarquer que les sourds que je connais ne sont pas prêts à se laisser aider et je le regrette profondément ! Oui, ils ont tellement envie de vivre leur vie de sourds gestuels, de rester entre eux sans avoir à faire des efforts pour communiquer avec les entendants, qu’il est quasiment impossible d’avoir une relation avec eux, même si on est le mieux intentionné du monde !

        Dans le cadre associatif, j’ai tout fait pour défendre les intérêts de tous les déficients auditifs, car nous avons des intérêts communs du fait que nous coexistons dans cette même société, peut-être bien malgré nous. Nous sommes confrontés aux mêmes difficultés de communication dans certaines situations (notamment lorsqu’il faut passer un appel d’urgence chez les pompiers, pour demander un médecin, etc.). Alors là, on ne peut pas dire qu’on n’est pas handicapé, non ?

        Je sais, je sais, on va me répondre que c’est le monde qui handicape les sourds et non l’inverse ! Mais sauf rêver d’une planète sourds, nous vivons pour le moment tous réunis sur la planète terre et il faut bien s’en accomoder avec ce que nous y trouvons, notamment le téléphone inaccessible aux sourds... et les devenus sourds qui ne sont pas implantés et qui ne peuvent pas téléphoner, même avec l’implant.

        Pour ma part, je téléphone à nouveau et je peux vous dire que c’est vraiment plus simple que ce que j’ai vécu lorsque je n’étais pas encore implantée !

        Alors voilà, j’attends toujours un peu d’ouverture de la part des sourds pour pouvoir mieux les connaître et pourquoi pas aussi apprendre la LSF, peu à peu, avec eux !

         
        • Gudule
          Gudule répond à Pioupiou33
          • Posté à 09h13 le 30/06/2008
          • Internaute 9720

          « Je me permets juste de faire remarquer que les sourds que je connais ne sont pas prêts à se laisser aider(...) »

           ? ? ? ? ?

          1) ils n’en n’ont peut-être pas besoin, tout simplement.
          2) ils souhaitent se débrouiller comme des grands, 2e hypothèse

          « (...)je le regrette profondément ! “

          l’aide, c’est pour qui déjà ? ?

          ‘(...)sans avoir à faire des efforts pour communiquer avec les entendants’

          Merci d’aider à la propagation d’idées reçues sur le sectarisme des sourds.
          Devenir sourd doit être très dur à vivre, je n’en doute pas une seconde.
          Mais vous n’avez pas le droit d’augurer sur les efforts que peuvent faire les personne nées sourdes pour communiquer parce que vous ne connaissez pas leur vie.
          Les sourds ont tout autant envie de communiquer que n’importe quel être humain. Ils sont normaux.
          Arrêtez d’en parler comme des bêtes de foire, merci.

        • Lamer
          Lamer répond à Pioupiou33
          Sourd de chez Sourd
          • Posté à 10h53 le 01/07/2008
          • Internaute 45324
            Sourd de chez Sourd

          Savez vous que la MACIF, La MAAF proposent des no SMS, les autres assurances suivront, concurrence oblige.

          Pour quoi pas ailleurs ?

          « se laisser aider », ne pensez vous pas que les Sourds voient cela comme de l’assistance ?

          Par le passé, l’aide en fait se réduit à une forme d’infantilisation. Même encore maintenant.

          Implanter les Sourds, c’est leur rendre la vie plus facile, vous croyez ?

          Appeler le 18 et entendre « gtsrfejnhgst gtsfervbn njueysbxbzh nbzefgftev ,nbxgetdjo , snxvtezvds, nxyet “ ça va aider ?

          A propos de la planète Terre, c’est quoi l’accomodation ? Il y a des guerres partout, des morts partout, Israël et Palestine n’arrivent à rien avec de nombreux morts à la clé.

          Pas le cas chez le Sourd.

          Du respect, c’est tout ce qu’on demande.

        2 autres commentaires
  • Susanna
    Susanna
    Individu
    • Posté à 15h06 le 27/06/2008
    • Internaute 10099
      Individu

    J’ai mis longtemps à comprendre ce que ce rejet violent signifiait.
    On peut d’abord prendre en compte l’aspect souvent obtus de la proposition médicale. Les médecins se posent la question du fonctionnel ou de « la qualité de vie » dans des termes souvent basiques, sans nécessairement se soucier de justifications (sans rentrer dans les détails, j’ai vécu la situation et tout ce que je peux en dire, c’est qu’elle laisse souvent avec le sentiment rétrospectif de ne pas avoir fait un choix vraiment éclairé).
    Mais le plus dérangeant dans l’affaire de l’implant est que les débats suscités semblent tourner autour d’une « identité » du sourd. Les guillemets ont leur importance tant cette notion s’infiltre aujourd’hui un peu partout. « L’identité », éventuellement en tant que minorité, c’est d’abord une importation en contrebande du modèle américain, dans lequel l’appartenance à une communauté est la norme (là-bas, mieux vaut appartenir à une obscure secte que de se dire incroyant). C’est aussi, tout simplement, un moyen d’exister, une forme de foi. Au-delà-des sourds, la question de l’appartenance est partout autour de nous, sous des formes diverses - mais l’hystérie n’est jamais loin. Ce qui est navrant, c’est qu’elle amène, presque inévitablement, à se définir « contre »...

    • Lohiel
      Lohiel répond à Susanna
      http://twitter.com/Lohiel
      • Posté à 16h34 le 27/06/2008
      • Internaute 38391
        http://twitter.com/Lohiel

      si on leur avait pas interdit la langues des signes pendant longtemps (et toute langue est la base organisatrice d’une culture spécifique) et essayé à toute force de les obliger à parler (par imitation labiale, sans entendre) + lecture sur les lèvres pour la compréhension, ce qui était très pénible pour eux et ressenti comme une oppression intenable... ils n’en seraient sans doute pas là.

      Lien

      • Gudule
        Gudule répond à Lohiel
        • Posté à 19h16 le 27/06/2008
        • Internaute 9720

        Merci Lohiel, ô combien merci, nous sommes si minoritaires...

         
        • Lohiel
          Lohiel répond à Gudule
          http://twitter.com/Lohiel
          • Posté à 23h16 le 27/06/2008
          • Internaute 38391
            http://twitter.com/Lohiel

          de rien, j’ai lu une fois le journal d’un sourd à qui on avait fait subir ça adolescent, alors qu’auparavant il était bien, à l’aise, utilisant la langue des signes - et c’était à pleurer

          les mots « torture morale » n’étaient pas trop fort

          • Albedo
            Albedo répond à Lohiel
            • Posté à 17h51 le 28/06/2008
            • Internaute 7121

            Quel rapport en permettre l’audition et le développement naturel de la parole et la lecture sur les lèvres + la vocalisation sans audition associée ?

            • Lamer
              Lamer répond à Albedo
              Sourd de chez Sourd
              • Posté à 19h42 le 28/06/2008
              • Internaute 45324
                Sourd de chez Sourd

              Développement naturel de la parole chez le Sourd ?

              Il s’agit d’un énorme travail s’étalant sur plusieurs années.

              La lecture sur les lèvres est un mythe, je l’ai dit plus haut.

        3 autres commentaires
    • Gudule
      Gudule répond à Susanna
      • Posté à 21h51 le 27/06/2008
      • Internaute 9720

      C’est en effet une réaction épidermique. Cela dit nous appartenons tous à une communauté, assez restreinte. Regardons autour de nous et nos carnets d’adresses : est-ce si diversifié ?
      Néanmoins, les guillemets sont inutiles : l’identité sourde, bien que minoritaire, existe. Elle est tout aussi réelle qu’une identité basque, marseillaise, parisienne, ...
      L’identité est une affaire entre soi et soi. L’Amérique n’a rien à voir avec ça.
      Un sourd français se sentira plus proche d’un autre sourd, quel que soit sa culture que d’un entendant francophone. Encore une fois, ce n’est pas pour aller contre l’autre mais pour pouvoir exister soi-même.

  • richelieu94
    • Posté à 15h21 le 27/06/2008
    • Internaute 32156

    Heinnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ? Quoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ?

  • marabbeh
    marabbeh
    au comptoir du café du commerce
    • Posté à 15h24 le 27/06/2008
    • Internaute 20412
      au comptoir du café du commerce

    Il est notoire que les sourds ne se considèrent pas comme des handicapés et forment une communauté à part. En fait, autrefois, on les considérait comme des handicapés, voire des débiles. Maintenant ils semblent complètement décomplexés. Evidemment, à part la possibilité de lire sur les lèvres, ils sont complètement isolés des non-sourds, qui eux sont incapables de comprendre le langage des signes. D’où cette impression d’appartenir à un monde à part. Donc l’enseignement de ce langage (que je trouve très beau et que j’aimerais apprendre) aux non-sourds, permettrait de les désenclaver.

    • birde
      birde répond à marabbeh
      ( )
      • Posté à 17h04 le 27/06/2008
      • Internaute 45305
        ( )

      Il existe une alternative : la langue française parlée complétée « LPC »,qui permet grâce à l’apprentissage du codage, de comrpendre la langue française. La langue des signes prend diverses formes et les entendants ne la connaissent pas forcément. La LPC est un moyen de s’intégrer à la société et ne plus être tenu à l’écart comme une personne handicapée et inadaptée.

      • Gudule
        Gudule répond à birde
        • Posté à 19h18 le 27/06/2008
        • Internaute 9720

        Le LPC est un code et non une langue.
        L’apprentissage en est complexe pour l’enfant sourd qui ne le comprend pas immédiatement. Contrairement à la LSF qui est immédiate et directe.

    • Thi0u
      Thi0u répond à marabbeh
      Couillu
      • Posté à 18h34 le 27/06/2008
      • Internaute 24428
        Couillu

      Le communotarisme c’est dangereux..

      • Lamer
        Lamer répond à Thi0u
        Sourd de chez Sourd
        • Posté à 23h11 le 28/06/2008
        • Internaute 45324
          Sourd de chez Sourd

        En quoi le communAUtarisme chez le Sourd est il dangereux ?

        Vous avez eu des problèmes avec les Sourds en particulier ?

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 15h34 le 27/06/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    c’est Chirac qui va être content... ! !

    Lien

  • A déménagé le 24-1
    • Posté à 15h40 le 27/06/2008
    • Internaute 38989

    Le problème est que l’implantation paraît plus facile que l’apprentissage d’un nouveau langage (du point de vue des non-sourds). Je suis pourtant d’accord, la langue des ignes est une belle langue. Malheureusement, beaucoup de non-sourds ne s’y intéressent guère... De là à l’apprendre, le chemin est beaucoup plus long que celui qui mène à l’implantation. Beaucoup préfèrent les raccourcis, même sans les connaîtrent enièrement...

    • Tyb
      Tyb répond à A déménagé le 24-1
      (par ici, par là)
      • Posté à 15h51 le 27/06/2008
      • Internaute 24914
        (par ici, par là)

      mouais... enfin rien n’empêche un sourd de se faire implanter, juste pour entendre, et de continuer à parler la langue des signes que je sache...

      et de là à dire que « la surdité n’est pas une maladie » ou un handicap là je dois avouer que j’en reste abasourdi.

      maintenant le thème identitaire reste surprenant et assez intéressant dans ce contexte, c’est vrai que pour un non-sourd, c’est peu évident mais la surdité associé au langage des signes constitue sans doute une identité forte.

      bon, c’est tout de même une sacrée révolution technologique, d’ailleurs j’aimerais bien savoir où en est la recherche pour le même système concernant la vue, il y a 4 - 5 ans certains aveugles arrivaient à voir des lettres avec des électrodes implantées dans le cerveau est ce que tout ça a évolué depuis ?

      • Tyb
        Tyb répond à Tyb
        (par ici, par là)
        • Posté à 16h12 le 27/06/2008
        • Internaute 24914
          (par ici, par là)

        Réponse à moi-même : ça avance !
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    • Lamer
      Lamer répond à A déménagé le 24-1
      Sourd de chez Sourd
      • Posté à 22h50 le 27/06/2008
      • Internaute 45324
        Sourd de chez Sourd

      La LSF est une belle langue oui merci.

      Mais c’est avant tout une langue tout court.

      Des gens viennent s’initier à l’apprentissage parce que c’est beau....

      Seulement pour ça ?

      Pourquoi pas ?

      Mais c’est pour eux mêmes.

      • pikasso02
        pikasso02 répond à Lamer
        • Posté à 10h34 le 28/06/2008
        • Internaute 10134

        Le problème des médias, c’est qu’ils ne peuvent apporter des idées nouvelles qui produisent des ondes de choc chez les entendants. Renseignez-vous autour de vous, auprès de personnes qui font notre histoire, des gens de théâtre, des littéraires, ceux qui parlent et considèrent la parole comme venant de « Dieu ». (« Le verbe s’est fait chair ».), vous serez surpris de les entendre vous dire que la langue des signes n’est pas un langage. Pour eux le langage ne peut passer que par la parole, par le son. La pensée ne peut naître que de la parole. Pour eux, la LSF (Langue des signes française)est un métalangage. Comme si la LSF provenait des mots. Les sourds pensent par signes, comme les dessinateurs et les peintres gestuels. Le signe gestuel est en relation directe avec le cerveau ! Tant que dans les médias, la LSF ne sera pas reconnue comme langage à part entière, vous pourrez continuer ce genre de discussion sur Rue89 ou ailleurs, ça ne servira à rien. A RIEN ! Ce n’est pas parce que l’Abbé de l’Epée parlait, que l’éducation, pardon ! l’intérêt qu’il porta à deux sourdes, aurait influencé la langue des signes des fillettes sourdes. Quand osera-ton dire à ces gens qui prennent la LSF comme un substitut du langage oral, qu’ils se trompent. La communication par signes avec un sourd ou un oralisant initié comme moi à la LSF, est une véritable communication. Nous nous disons tout. Avec les mots, la communication est différente. Moins vraie pour moi. Peut-être parce que les sens physiques ne sont plus là à l’action. La vie est courte pour l’homme. Pour la LSF qui est à sa naissance, elle vivra longtemps. Bonjour à l’académie de la LSF.

         
        • pikasso02
          pikasso02 répond à pikasso02
          • Posté à 10h44 le 28/06/2008
          • Internaute 10134

          La thèse que j’ai menée sur les peintres et Picasso est directement rattachée à la langue des signes. La langue des signes m’a permis de comprendre certaines données, non visibles sans la pratique du geste. Si vous souhaitez en savoir plus

          Lien

        1 autres commentaires
    • Gudule
      • Posté à 22h10 le 28/06/2008
      • Internaute 9720

      Effectivement cela demande des efforts de la part des parents. L’implant est supporté uniquement par la personne sourde. En gros on demande à des personnes que l’on tient à considérer comme handicapées de remédier elles-mêmes à cela sans que ça nous bouscule trop.

  • Vincent.Guillot
    • Posté à 16h07 le 27/06/2008
    • Internaute 26182

    Bonjour à touTEs,

    Dans mes cours, mes intervention publiques au sujet des personnes nées dans un corps qui n’est ni mâle ni femelle (intersexes), je cite toujours la culture des sourds et le débat (déjà ancien) sur les implants cochléaires. Bien sûr, dans le cas d’un devenant sourd, quelque soit son choix, il n’y a pas de questionnement à avoir. Par contre, tant dans le cas de l’assignation hormono médicale des intersexes (fabrication d’un pseudo vagin dans la petite enfance quelque soit le devenir du corps et/ ou de l’identité sexuelle) ou dans les cas surdité, il se pose un questionnement éthique. La loi sur le consentement éclairé du malade (dite loi Kouchner 2000) prévoit pour les enfants le consentement éclairé des adultes ayant l ’enfant à charge (parent ou tuteurs). Or qu’en est-il d’un choix par des tiers qui engage l’enfant pour sa vie durant ? Le fait est que bien souvent il s’agit d’une loterie qui impliquera parfois un mal être à vie en plus des traumatismes liés à la médicalisation d’un corps sain. Ces deux pratiques sont en fait uniques dans notre société moderne puisqu’il s’agit non pas d’urgences médicales mais bel et bien d’urgences sociales. Ces enfants sont en fait normalisés pour être conforme à la société (deux et deux sexes seulement) ou parce que nous sommes dans l’incapacité d’intégrer les différences au quotidien (LSF dès la maternelle pour tous par exemple). Travaillant au quotidien avec des médecins, des chercheurs, des étudiants, je constate qu’il est extrêmement difficile de faire entendre que tant l’intersexualité que la surdité ne sont pas des pathologies, mais bien des variantes normales de la vie et que l’on peut se construire solidement et être épanoui en étant différent, alors que l’hyper médicalisation de nos corps ne permet de se construire que sur un étayage bancale, se construire en tant que handicapé, que sous humain, comme si il nous manquait quelque chose alors qu’il n’en est rien. En effet nous vous semblerons diminuéEs mais du fait de notre différence, lorsqu’elle est vécue comme une richesse (ce que la médecine entrave la plupart du temps en nous considérant comme des sujets médicalisable), nous développeront d’autres qualités, notre propre culture. C’est à ce titre (et non au sens du communautarisme nord américain) que nous parlons de culture des sourds ou d’identité intersexe.
    Il est symptomatique que cet article traitant des sourds donne la parole aux médecins comme si les sourds n’étaient pas en capacité de parler d’eux même, démontrant par la forme même de l’article qu’ils ne sont pas considéré comme entendable, comme adultes, confinés à perpétuité dans un statut de mineur (ou majeur incapable).

    Cordialement.

    • Albedo
      Albedo répond à Vincent.Guillot
      • Posté à 17h58 le 28/06/2008
      • Internaute 7121

      Le parallèle ne m’apparait pas correct. Dans le cas de personnes intersexes on peut ne pas intervenir et les choix (faits alors par la personne elle-même et non ses parents) restent possibles par la suite. Dans le cas d’un bébé sourd congénital, afin de laisser le choix il faut justement intervenir, après il est trop tard.

      • Gudule
        Gudule répond à Albedo
        • Posté à 12h29 le 30/06/2008
        • Internaute 9720

        Albedo, la plupart de vos interventions portent à croire qu’il faut attendre de la charrue qu’elle tire les boeufs.
        Désolée, mais ça ne marche pas.

  • mugitusqueboum
    mugitusqueboum
    étudiante en tout
    • Posté à 16h13 le 27/06/2008
    • Internaute 45295
      étudiante en tout

    Bonjour,

    Je suis sourde sévère-profonde, résistant pour l’instant aux avances de l’implant. Je suis oraliste (c’est à dire je parle et ma langue maternelle est le français), et je ne fais pas la langue des signes.
    Dans ce débat ce n’est pas noir et blanc.
    Les réactions virulentes (à différentes échelles) de certains sourds signants sont parfaitement logiques. Ils utilisent la langue des signes et non pas le français. Pour eux oraliser n’a pas de sens. Donc à quoi cela sert d’entendre ? Mais cela implique qu’ils communiquent avec leurs pairs qui signent eux aussi. Donc un sourd d’implanté de plus leur fait penser que cela fera un sourd signant de moins.
    Mais je pense que cette peur est irraisonnnée. Implanté ou pas, appareillé ou pas, on reste sourd, et ce n’est pas parce qu’on prend la voie de l’oralisme que l’on ne va pas signer. Je le redis, ce n’est pas noir/ blanc. Les sourds oralistes ont eux aussi des questionnement identitaires, et ils n’est pas rare qu’ils apprennent la langue des signes, que ça soit pour communiquer avec les sourds signants, pour se donner une image plus forte de la surdité, etc.
    Car la surdité est un handicap qui ne se voit pas, qui se voit d’autant moins qu’on oralise (puisqu’on utilise la même langue que les entendants).
    Je pense que l’implant ne doit pas être appliqué à tous les nourrissons sourds. C’est là la dérive sur laquelle il faut s’inquiéter et agir. Mais si on implante aussi jeune, c’est pour que l’enfant puisse acquérir la langue française. Car l’apprentissage de la langue est un processus intégré à une période spécifique du développement de l’enfant.
    Et aussi...je félicite la journaliste d’avoir porté un regard précis sur ce débat complexe, mais je ne félicite pas certains auteurs de commentaires qui ont fait complètement l’inverse...quand on ne vit pas quelque chose, on ne peut pas savoir ce que c’est, donc c’est avec prudence qu’il faut avancer ses idées... (mode « moralisation = off »).
    à bon entendeur salut !
    anne-laure W.

    • Gudule
      Gudule répond à mugitusqueboum
      • Posté à 19h24 le 27/06/2008
      • Internaute 9720

      je suis d’accord, on ne doit pas implanter aussi jeune, un enfant peut choisir plus tard, quand il est en âge de comprendre.

      Par ailleurs, la LSF n’est aucunement n frein à l’apprentissage du français, bien au contraire.
      Tous les linguistes s’accordent à dire que pour acquérir une langue seconde, une première (maternelle ou naturelle) est indispensable.
      Or, les implants n’étant pas toujours efficace (on ne nous montre que l’élite en exemple), c’est prendre un pari pour le moins risqué quant à l’acquisition du langage.

      Pour un enfant né sourd profond, un implant n’est pas la première solution à envisager. Et c’est aussi nier sa réalité de sourd, parce que quand il dort, hein, il l’a pas sur la tête. Ni sous la douche, à la plage...

    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à mugitusqueboum
      → → → → → → → le marché autant (...)
      • Posté à 19h30 le 27/06/2008
      • Internaute 23078
        → → → → → → → le marché autant (...)

      « .... Mais si on implante aussi jeune, c’est pour que l’enfant puisse acquérir la langue française.... »

      ==>il n’y a pas que cela,
      L’intelligence de l’enfant se construit par des liens qu’il va pouvoir tisser entre évènements venant de sources différentes :
      Le mouvementdu visage, des lèvres, et la parole qu’il entend.
      La chaise qu’il voit bouger, et la chaise qu’il entend.
      Sophie la girafe qui couine quand on l’étrangle,

      Il me semble qu’un enfant sourd doit être coupé de cette possibilité d’établir des liens :
      Parmi les 5 sens, la vue et l’ouïe apparaissent essentiels, même pour appréhender les 3 autres sens.. je vois ce que je touche, ce que je goutte, ce que je sens , mais aussi surtout j’entends ce que je vois.
      Ce qui m’amène à pouvoir deviner, voir, quelque chose que j’ai simplement entendue, sans la voir de mes yeux.

      Permettre à l’enfant de ne pas passer à coté de cette construction intellectuelle m’apparait salutaire.

      Mais probablement l’enfant sourd passe-t-il par d’autres mécanismes compensateurs ?

    • Emma Indoril
      Emma Indoril répond à mugitusqueboum
      Nérévarine
      • Posté à 21h11 le 27/06/2008
      • Internaute 29462
        Nérévarine

      Concernant l’implantation des nourrissons, il conviendrait (peut être) de se mettre à la place de parents entendant donnant naissance à un enfant sourd...

      Pour avoir vécu cela dans mon entourage, je peux avouer que ce n’est pas une mince affaire.
      Bien sur, il y a des possibilités autres que l’implant, et effectivement, l’apprentissage de la Langue des signes en est une... Mais mettez vous a la place de parents, et surtout ne les blâmez pas. Comme le dit Mugitusqueboum, ce n’est pas noir/blanc, et les parents souffrent aussi, de culpabilité.

  • mugitusqueboum
    mugitusqueboum
    étudiante en tout
    • Posté à 16h26 le 27/06/2008
    • Internaute 45295
      étudiante en tout

    Pourquoi vouloir imposer aux français d’apprendre la Langue des Signes ? Et pourquoi les entendants auraient-ils envie d’apprendre une langue d’une minorité ? il serait alors plus intelligent et efficace qu’on apprenne l’arabe (la langue la plus parlée en France après le français).

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