20/06/2008 à 12h52

Internet : la loi sur le piratage expliquée aux nuls (1/2)


Présenté mercredi au Conseil des ministres, le projet de loi contre le piratage suscite réactions passionnées et interrogations.

La version finale du projet de loi « Création et Internet » (loi Hadopi ou loi Olivennes) a été présentée mercredi au Conseil des ministres par Christine Albanel, en charge de la culture et de la communication. Cette loi Hadopi (pour Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) prévoit notamment une « riposte graduée » contre le piratage des œuvres sur Internet (celui qui télécharge illégalement des œuvres recevra des avertissements avant d’être sanctionné). Une idée qui a soulevé des réactions passionnées sur Internet en général et sur Rue89 en particulier. Le blogueur « Versac » (Nicolas Vanbremeersch) a accepté d’expliquer à nos lecteurs les plus nuls en la matière, c’est-à-dire vous et moi, les enjeux de ce débat. En trois points.


1

La dématérialisation des œuvres augure-t-elle une révolution irréversible ?

Il nous faut revenir un peu en amont. Que se passe-t-il ? Une révolution comme nous n’en avons jamais connue, dans le domaine de la création, qui est simple à comprendre : la dématérialisation de l’œuvre et la capacité infinie de copier. Je m’excuse par avance auprès des habitués de ces problématiques, mais il semble qu’elles ne passent pas toujours très bien.

Cette révolution remet en cause de manière profonde tout l’écosystème de la création. Par écosystème, il faut ici comprendre plus que « des emplois » ou « du chiffre d’affaires », mais se dire qu’il s’agit d’équilibres et de la manière dont apparaît et se concrétise la valeur créée. Les trois données de cette révolution sont connues des acteurs qui s’y intéressent, mais, semble-t-il, pas de nombreux autres. Y revenir est nécessaire avant d’aborder ce qu’est ce projet de loi.

Avant, c’était simple (ou presque) : une œuvre était caractérisée par un support unique, non reproductible par l’utilisateur de celle-ci. Cela a permis pendant des centaines d’années, du livre à la musique en passant par les images enregistrées, le développement d’un modèle efficace et robuste. Ce modèle est simple : la valeur culturelle créée se transforme en valeur économique au moment unique de la vente du support (le CD, la cassette, la VHS, le DVD…). Un bien culturel est un bien privé (il m’appartient quand je l’ai acheté). Toute l’économie de l’industrie du divertissement s’est créée sur la base de ce point unique de matérialisation de la valeur de l’œuvre.

Maintenant, une création devient un support dématérialisé, soit un bien non rival et non excluable. Ces deux termes techniques signifient des choses simples. Si je copie ton fichier de la dernière chanson de Mylène Farmer, je ne t’en prive pas (non rival). Pour le non excluable, c’est assez simple. Cela veut dire que personne ne peut, a priori, être exclu de la jouissance de ce bien : tout le monde peut y avoir librement accès, facilement.

2

Comment faire payer directement un bien public librement accessible à tous, de manière obligatoire ?

Quand un bien est non rival et non excluable, cela devient un bien public. Par exemple, une route. Tout le monde peut l’emprunter, et, sauf congestion, cela n’empêche personne de l’emprunter. Autre exemple, la télévision. Quand je regarde une émission, cela n’en prive personne et tout le monde y a accès.

Un bien public peut être facturé. Il l’est souvent de manière plus ou moins indirecte. On met des péages (pour limiter la rivalité), on crée une redevance, on met de la publicité. Mais personne n’a trouvé le moyen de faire payer directement un bien public librement accessible à tous, de manière obligatoire.

La création d’œuvres de l’esprit devient un bien public par la force des choses. Les fichiers sont copiables, à peu près librement accessibles, dématérialisés qu’ils sont. Copier un disque ne prive personne et tout le monde y a accès.

Voilà la révolution. La fondation de l’industrie du divertissement disparait peu à peu. Le mécanisme du droit d’auteur se disperse. Et tous les patrons de maisons de disques (qui sait ce que sera un disque dans cinq ans ?) se demandent comment sauver la baraque. Leur cauchemar ne s’arrête pas là.

3

Est-ce la fin du monopole des maisons de disques ?

L’autre dimension du cauchemar du patron du producteur de disques, c’est la nouvelle économie de l’attention qui se crée en ligne. Dans le même mouvement de dématérialisation, se crée une autre révolution : sur le Web, dans les réseaux sociaux, sur les blogs, partout, des millions de gens partagent leurs goûts, leurs envies, publient, partagent et échangent de manière publique. Ils remplissent des fonctions qui étaient jusqu’ici le monopole des maisons de disques et des médias : identifier, sélectionner, faire connaître des artistes. Sur le site Amazon, des tas de gens notent et commentent à l’infini les créations. Jusqu’à ce que le responsable des relations publiques d’Universal se demande à quoi il sert. Deuxième coup de massue : la désintermédiation, la fin du monopole de la maison de disques sur les phases amont de la production.

Cette révolution est profonde car elle inverse le modèle de l’attention. D’une économie fondée sur la rareté et le hit-parade (je produis 100 disques, dont un me rapportera de l’argent), on passe à une économie où un micro-groupe peut enfin avoir accès à une audience. C’est le modèle économique d’Amazon, fondé sur la vente de millions de références, qui lui rapportent la majorité de ses bénéfices. C’est l’inversion de la loi de Pareto (« 20 % des produits rapportent 80 % du chiffre d’affaires ») et du principe du hit-parade : il y a de la place pour les petits. On appelle souvent ça la « longue traine » : vive la cohorte de millions de contenus particuliers vendus à des millions de micro-cibles.

Ajoutez à cela la formidable démocratisation des moyens de production, et vous comprenez l’ampleur du malaise qui agace les sociétés dont le modèle économique est fondé sur ces éléments qui disparaissent, et, par extension, de ceux qui profitent aujourd’hui d’un système fondé sur la rareté et l’exclusivité.

Voilà l’ampleur de la révolution. Est-ce à dire que tout est foutu et que, faute de modèle économique (puisque l’ancien s’en va), la création va disparaitre ? Est-ce à dire que les artistes vont forcément mourir si l’on n’empêche pas les « téléchargements » ? Faut-il interdire l’Internet pour sauver Patricia Kaas ? Les réponses seront dans le prochain épisode.

► A Lire : la note de Terra Nova contre le projet « internet et création ».

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  • lrbabe
    lrbabe
    Etudiant à Lyon
    • Posté à 13h01 le 20/06/2008
    • Internaute 29338
      Etudiant à Lyon

    Excellente introduction, j’ai hâte de lire la suite !

  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 13h02 le 20/06/2008
    • Internaute 16256

    Ils sont tous dans un combat d’arrière-garde.
    A présent les blogueurs sont la nouvelle cible, trop dangereux le bloging s’apparenterait à du lobbying. Par contre le lobbying actif à l’assemblée lui n’est pas dangereux.

    • DBL8
      • Posté à 13h14 le 20/06/2008
      • Internaute 19562
        Retraité

      De plus, n’y a t-il pas déjà des taxes sur les supports pour compenser la copie ?
      Faire des taxes aux profits de sociétés privés... là c’est fort.
      Le pire, est qu’ils sont capable de vouloir ses taxes pour toutes l’Europe.

      • versac
        versac répond à DBL8
        Auteur(e) de l'article
        • Posté à 13h56 le 20/06/2008
        • Internaute 12505

        De plus, n’y a t-il pas déjà des taxes sur les supports pour compenser la copie ?

        > oui, mais uniquement la « copie privée ». Ces taxes, à ma connaissance,ne viennent pas contrebalancer la baisse de Ca de l’industrie du disque et l’absence d’offre attractive en ligne, pour les artistes.
        Par ailleurs, elles sont fondées sur des supports et des usages qui n’ont pas grand chose à voir avec les artistes (CD-ROms, disques durs).

         
        • personne
          personne répond à versac
          • Posté à 14h12 le 20/06/2008
          • Internaute 21725

          Oui mais non, d’où le clash actuel entre industriels et sociétés de droits d’auteurs : La rémunération ne porte que sur le droit à la copie privée, mais jusqu’à présent le montant était calculé sur l’usage global (légal et illégale) des médias.

        • BeRewt
          BeRewt répond à versac
          Informaticien
          • Posté à 14h21 le 20/06/2008
          • Internaute 44696
            Informaticien

          Il me semble malheureusement que le calcul de la taxe prend en compte le pi8ratage, ce qui est d’ailleurs reproché par la commission d’Albis par l’UFC-QueChoisir et la CLCV, qui ont d’ailleurs saisi le conseil d’état à ce sujet : Lien

        • Thi0u
          Thi0u répond à versac
          Couillu
          • Posté à 14h56 le 20/06/2008
          • Internaute 24428
            Couillu

          Sisi la taxe sur les support est censé aussi compenser le téléchargement illégal, j’en suis quasi certain, maintenant faudrait que j’retrouve la source : c

          En Espagne récemment (fin 2007/début 2008) ils ont imposé (ou voté ?) une taxe sur les supports pour compenser le piratage.

          Moi je me demande ce que va faire la France face au parlement Européen qui lui n’est pas d’accord avec la riposte gradué en autre.

          Sinon voilà le site de partage du ministre de la culture (tout les fichiers sont légaux puisque c’est le ministère hein ; p) ; Lien.

        • Gallifrey
          Gallifrey répond à versac
          Ecrivain
          • Posté à 14h49 le 20/06/2008
          • Internaute 8709
            Ecrivain

          Taxe copie privée. Ca pourrait être drôle. Ceux qui télécharge des Go par jours achetent les dvd sur le net, moins cher, et sans taxe. Ceux qui payent les taxes ne sont pas responsables du téléchargement.
          Ensuite, faire payer un taxe pour un droit, la copie privée, c’est un peu fort. Surtout que la copie privée est reduite depuis la precedente loi censé supprimer le piratage.
          Je pense que ceux chargés de voter les lois, de les ecrire, ne connaissent rien aux problemes. La loi hadopi n’est pas encore voté qu’elle est deja inéfficace contre les pirate expérimenté.

        • Luk
          Luk répond à versac
          • Posté à 14h54 le 20/06/2008
          • Internaute 13394

          Il me semble que, comme dans le cas des pêcheurs, on essaie de faire survivre à tort un modèle économique en fin de vie. Les pêcheurs doivent faire face à la fois à la disparition des ressources en poisson et au prix du pétrole. Il est impossible qu’ils gardent tous leur job.

          Idem pour les majors du disque : ils ne contrôlent plus la reproduction des oeuvres et ne contrôlent plus la médiatisation des oeuvres. Pourtant, les artistes sont encore capables de gagner de l’argent avec ça. L’exemple typique est Radiohead, mais un autre bon exemple pourrait être les groupes confidentiels : il y a une pléthore incroyable de groupes qui ne vivent pas de leur musique mais qui produisent énormément.

          Il n’y a aucune raison que l’offre culturelle pâtisse de la « libération » de la musique.

          Certes, les artistes fabriqués par les majors vont se retrouver au chômage à moins de travailler sérieusement et de se construire des vraies bases de fans, mais c’est un peu leur boulot.

          Et finalement, le téléchargement ne remplacera jamais l’objet. Les artworks accompagnant les albums, les vinyles, les t-shirts, restent des produits sur lesquels les anciennes règles fonctionnent encore, et se vendront encore mieux pour tout un tas d’artistes qui auraient joyeusement été ignoré par les majors.

          En conclusion, il faut conserver intact la liberté offerte par internet et concurrencer le téléchargement « illégal » par de meilleures offres.

          • Adéménagé le 3 janvier 2011
            Adéménagé le 3 janvier 2011 répond à Luk
            menuisier
            • Posté à 15h36 le 20/06/2008
            • Internaute 29846
              menuisier

            Il y a un autre facteur qui, pour moi est déterminant, c’est la qualité des fichiers à disposition :

            Le MP3 est atroce, c’est comme regarder une toile à travers un tulle, déjà le passage du vynil fut douloureux, mais là c’est pas possible.

            L’encodage des vidéos (films) est au mieux médiocre, et en tous cas impassable sur un diffuseur autre qu’un petit écran.
            J’ai essayé il y a quelque temps de trouver « The Keep », un M Mann bloqué pour des raisons de droits. Le résultat était atroce, j’ai pas tenu deux minutes.

            C’est pour ça que je ne télécharge rien.

            • solstice
              • Posté à 16h44 le 20/06/2008
              • Internaute 38451
                pigiste

              Mais mon bon Noé, depuis le déluge, nos enfants ont évolué (si on peut dire) : à force d’écouter des MP3 (sur leur Ipod), ils ont les tympans chalumés par des manip visant, si j’ai bien compris à « tasser » le son, ce qui aurait des effets dévastateurs sur le noble organe.
              Les baladeurs de mon temps, c’était de la gnognote à côté !
              Donc les MP3 et autres ont de beaux jours devant eux : nos ados tiennent largement plus de deux... heures.

              • Gallifrey
                Gallifrey répond à solstice
                Ecrivain
                • Posté à 01h43 le 21/06/2008
                • Internaute 8709
                  Ecrivain

                Il faut vraiment ne rien connaitre à l’encodage pour affirmer ce genre de chose.
                Premier point, il n’existe pas que le MP3, mais une foule de format tous differents.
                Le AIFF, le AAC, le WAV, etc. Et ces formats peuvent être encodé en 128 KBPS, ou en 256 KBPS, ce qui change le poid du fichier, mais egalement sa qualité.
                C’est dans l’ere du numérique que l’on arrive a reproduire des sons tres fins.

                Je me souviens des K7 audio, dont le son était merdique, au bout de plusieurs écoute, le son etait achuré et deterioré. Cela n’arrive pas avec le numérique.

                Quant aux fims, ils s’agit encore une fois d’encodage. Un appareil photo 1 Megapixel fera de mauvaise photo, un 8 megapixel fera des poster.

                Ce n’est pas le format qui peut etre mis en cause, mais ’lutilisation.

            • glaurent
              glaurent répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
              ingénieur info
              • Posté à 18h34 le 20/06/2008
              • Internaute 1516
                ingénieur info

              A moins d’avoir un excellent matériel et l’oreille très affûtée, vous ne ferez jamais la différence entre un mp3 correctement encodé (i.e. pas trop compressé) et le CD d’origine. J’ajoute au passage que les audiophiles sont un groupe assez naïf et qui n’a pas tout compris au numérique, comme le montre entre autres le cable ethernet à $500 de Denon
              Lien

              ou le récent blind test entre un Monster Cable et un... cintre déplié (verdict : c’est pareil).

              Par contre la musique actuelle est effectivement beaucoup trop compressée :

              Lien
              Lien

              et n’a plus aucune dynamique.

              • Adéménagé le 3 janvier 2011
                • Posté à 22h39 le 20/06/2008
                • Internaute 29846
                  menuisier

                C’est sûr « pas trop compressé » on fait pas la différence, de même pareil, c’est presque semblable...

                Je n’ai vraiment pas du matériel haut de gamme, mais la différence je la fais, de même qu’entre un vynil et un CD, la « vibration » n’est pas la même, le MP3 n’a aucune profondeur, le plus souvent les basses sont excessives et les médiums peu précis. Ce sont les aigus qui charpentent sur fond sourd.

                Bon, ça ne me dérange pas, hein, mais c’est odieux

                • glaurent
                  glaurent répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
                  ingénieur info
                  • Posté à 00h24 le 21/06/2008
                  • Internaute 1516
                    ingénieur info

                  C’est sûr « pas trop compressé » on fait pas la différence, de même pareil, c’est presque semblable...

                  Disons 192Kbits/VBR. Vous êtes à un peu plus d’1Mo par minute de musique, ce qui reste très largement mieux que le wav original, et ça devrait satisfaire la plupart des oreilles, même exigeantes.

                  Je n’ai vraiment pas du matériel haut de gamme, mais la différence je la fais

                  A moins que vous n’utilisiez un lecteur mp3 de salon, vous faites la différence entre le composant qui converti le signal numérique en analogique de votre platine CD et son petit frère dans votre lecteur mp3. Rien de plus.

        11 autres commentaires
    • pablico
      pablico répond à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 14h39 le 20/06/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      le pouvoir bonaparto-gaulliste aime, et doit tout contrôler. (voir les manœuvres d’encerclement de l’audiovisuel et de la presse, en ce moment)

      Internet , fait désordre dans le paysage.
      Alors, on met en place des outils, des lois en se cachant derrière des droits d’auteurs, de moralité, piratage, etc etc.

      Internet est un Mai 68 permanent, un lieu où les idées s’agitent ! ! inadmissible.

      Les idées ne doivent être agitées que par des intellectuels patentés, des journaux, des télés, des radios si possible contrôlés.
      Question :
      Comment faire pression sur les idées sorties du ’chapeau internet’ ? ?
      réponse :
      on est en train de voir l’encerclement se mettre en place.
      épilogue paranoïaque :
      on finira par considérer les agitateurs d’idées sur la toile comme de vilains terroristes, qui en veulent à la moralité et à la paix sociale.

    • screugneugneux
      • Posté à 13h32 le 20/06/2008
      • Internaute 43534
        râleur-NRV

      c’est la LIBERTE qui est et a toujours été une cible......

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 13h32 le 20/06/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    ON S’EN FOUT !

    La loi sur le piratage informatique, ON S’EN FOUT !

    La loi sur le piratage informatique = ultimes convulsions d’un vieux monde accroché à quelques avantages en train de voler en éclat dans un système économique, basé sur l’argent-roi, au bord de l’implosion.

    La loi sur le piratage informatique = lutte du pot de terre contre le pot de fer, ou en plus explicite, lutte des compagnies de diligences contre l’arrivée du chemin de fer.

    Il y a aujourd’hui des dizaines et des dizaines de millions d’internautes qui ÉCHANGENT (je dis bien « échangent », pas « piratent ») des fichiers. Rachida Dati a tout intérêt à rouvrir dare-dare les tribunaux qu’elle vient de fermer. Ils ne seront pas de trop pour les dizaines et les dizaines de millions de procès à venir. [Rires.]

    Les droits des auteurs ? Rappelons que la Loi sur les droits d’auteurs ne date que du 11 mars 1957. Avant, il y avait pourtant déjà des « auteurs ».

    La SNCF, Air France, les impôts, tous les sites de vente en ligne (à commencer par la FNAC) auront de graves soucis à se faire quand des dizaines et des dizaines de millions de consommateurs potentiels se verront privés de liaison internet pour passer leurs commandes. [Rires.]

    La loi sur le piratage informatique = un petit pet ridicule et aigrelet dans l’océan de nos éclats de rire... [Rires incompressibles.]

    • screugneugneux
      screugneugneux répond à Le Yéti
      râleur-NRV
      • Posté à 13h33 le 20/06/2008
      • Internaute 43534
        râleur-NRV

      Abo-minable Yeti,
      très très bien dit, pertinent, marrant et tellement vrai ! !

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à Le Yéti
      yetiblog.org
      • Posté à 13h38 le 20/06/2008
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      Ah j’oubliais : excellent article de Versac.

      • versac
        versac répond à Le Yéti
        Auteur(e) de l'article
        • Posté à 14h11 le 20/06/2008
        • Internaute 12505

        merci !

        Vous anticipez un tout petit peu sur la suite de mon article, c’est assez énervant, mais c’est la loi du billet feuilleton. Je reviendrai sur le « on s’en fout ».

        Ceci-dit, non, on ne s’en fout pas complètement, de la loi en question. D’abord parce qu’elle mobilise beaucoup d’énergie, notamment de nos élus et gouvernants. Et puis parce qu’elle comporte des choses qui peuvent être un chouia emmerdantes.

         
        • DBL8
          DBL8 répond à versac
          Retraité
          • Posté à 19h37 le 20/06/2008
          • Internaute 19562
            Retraité

          Il est sûr qu’elle doit mobiliser de l’énergie qui serait sûrement mieux employée et utile ailleurs !
          Nos « élus et gouvernants » n’ont donc rien d’autre de plus important à faire ?
          Utiliser des fonds de l’état pour des sociétés privés… vous dites magouilles ?
          Non, vous, vous êtes bien élevé, moi… je me moque de l’impression que je donne !
          La copie privée ? Il y a plein d’utilisateurs d’informatiques qui ne sont pas contents du tout de payer des taxes pour enregistrer leurs données de sauvegardes. Et laisser 10 % (maxi) aux musiciens, auteurs, chanteurs, etc. … c’est, comme on dit actuellement, pas top !
          Les choses emmerdantes s’ajouteront sur la pile, mais comme elle est très élevée elle risque de basculer.

        • XavXav
          XavXav répond à versac
          • Posté à 03h26 le 21/06/2008
          • Internaute 28444

          essayez de vous renseigner aussi sur la loi qui vient de passer en suède : elle autoriserait le fichage de toutes les IP des ordis qui effectuent des connections via la Suède.

          Je pense que sous prétexte de lutte contre la pédophilie ou le terrorisme, ça a des chances d’être la prochaine étape du contrôle d’internet.

          Ne vous leurrez pas : internet facilite les échanges grâce au numérique, mais le numérique facilite aussi le contrôle : des programmes de contrôle automatique des fichiers échangés, ça existe !

        2 autres commentaires
    • petit pain
      petit pain répond à Le Yéti
      • Posté à 14h02 le 20/06/2008
      • Internaute 24918

      .

      « Il y a aujourd’hui des dizaines et des dizaines de millions d’internautes qui ÉCHANGENT (je dis bien “échangent”, pas “piratent”) des fichiers. »

      Moi j’dis « partage »

      .

      • mat-34
        mat-34 répond à petit pain
        • Posté à 16h42 le 20/06/2008
        • Internaute 39569

        Ce que je comprend, c’est que vous partagez avec plaisir ce qui ne vous appartient pas, mais est-ce que vos biens personnels sont aussi à partager ?
        Parce que ça, ça serait vraiment révolutionnaire...

        Comment appelez-vous un type, qui, juste pour le prestige, n’a pas d’autres but dans la vie que d’être le 1er au monde à mettre en ligne, un film sur lequel des centaines de personnes ont travaillé, en détournant un master ou en volant un exemplaire interne, avant sa sortie au cinéma officielle ?
        Et donc vous arrivez à vous convaincre que les dizaines de millions d’internautes qui vont se « partager » ce film, sont de parfaits innocents et que cela n’aura aucune incidence sur la création, bien au contraire ?

        Tant qu’il reste encore quelques cons pour aller au cinéma ou acheter un film, vous aurez encore des films gratos à « partager », mais y’aura bien un moment ou ces cons vont commencer à devenir rares...

        Votre route, même si elle n’a pas de péage, il a bien fallu que des cons travaillent et payent des impôts pour qu’elle soit construite ou ne serait-ce qu’entretenue.

        Le train a remplacé la dilligence ? Oui, c’est vrai, mais il me semble pas que les voyages soient devenus gratuits. C’est vrai aussi qu’on peut toujours monter sans billet, vous expliquerez au contrôleur que vous ne faisiez que « partager » le voyage mdr...
        D’ailleurs, pourquoi ne pas imaginer un monde meilleur, des pov’cons qui bossent pour poser des rails, fabriquer des trains,et les conduire, pas de nazis de contrôleurs(cette grave entrave à la liberté de « partager » les voyages), et donc pleins d’innocents voyageurs qui « partagent » gratuitement leur voyage.
        Le seul hic, c’est qu’on va les trouver où les pov’cons qui payent, ça va être chaud pour trouver encore des trains.

        Votre mythe de la gratuité, dans le meilleur des cas, vous le paierez en buvant du Coca-cola® et en achetant les produits dont la pub envahit la toile.

        Je me demande si c’est pas le Coca qui commence à vous niquer les neurones, faites gaffe !

        Bon, j’espère vous avoir pas trop coupé l’appétit, je vous laisse continuer de dl à donf en croyant faire la révolution, pendant ce temps, la World Company continue de se gaver et franchement, je crois qu’elle s’inquiète pas...

         
        • timmy
          timmy répond à mat-34
          (écrivain public)
          • Posté à 16h58 le 20/06/2008
          • Internaute 24456
            (écrivain public)

          Alors que l’offre de films à la demande, de chaines spécialisées, de possiblités légales ou illégales de téléchargement croit de jours en jours, on a jamais autant vu de gens dans les salles de cinéma en France.

          Et c’est pareil pour la musique, alors que télécharger des morceaux (gratuitement ou non) n’a jamais été aussi simple, les salles de concert publient des chiffres de fréquentation record.

          Alors peut être qu’un jour les gens arreteront d’aller au cinéma ou dans les salles de concert, mais pour l’instant je range ça avec une vieille idée qui disait que la voiture rendrait les gens obèses à force de ne plus se servir de leurs jambes.

          Le jour ou ça arrivera (si ça arrive), ils accepteront la licence globale, et basta.

          • mat-34
            mat-34 répond à timmy
            • Posté à 18h11 le 20/06/2008
            • Internaute 39569

            Dans vos rêves !

            « Les premières estimations du marché espagnol indiquent une baisse de -3,9 %, alors que le nombre d’entrées a diminué de -5,9 % en France et de -8,2 % en Allemagne. »

            2007 par rapport à 2006 (Lien)

            A la fin de cette année, quand les chiffres seront publiés, vous en reparlerez et tiens, juste pour rire, imaginez que Bienvenue chez les ch’tis soit pas sorti en 2008 et refaites les calculs.

            C’est ce qu’on appelle l’arbre qui cache la forêt...

            Le cinéma Français résiste un peu mieux parce qu’on trouve pas les films plusieurs mois ou semaines avant leur sortie salle.
            On peut pas en dire autant du cinéma US, ça doit être de la faute à Bush et de la guerre en Irak, surement pas parce que les films US sont toujours au hit-parade des téléchargements illégaux, souvent bien avant leur sortie...

        • petit pain
          petit pain répond à mat-34
          • Posté à 19h01 le 20/06/2008
          • Internaute 24918

          .

          Bonsoir Mat’,

          Je ne bois pas de Coca. Il faut 9 litres d’eau potable pour confectionner un litre de coca. Considérant la valeur vraie de ce bien de l’Humanité mon plaisir de boire n’enrichit pas ceux que j’abhorre.

          Oui, il m’arrive parfois de partager ce qui ne m’appartient pas. De l’espace, de l’eau, du son ou des images aussi, mais probablement pas ceux qui vous évoquez.

          Tout ne relève pas du commerce, dans l’Art notamment.

          Vous semblez présumer que tout coutumier du téléchargement est avide. Vous vous trompez. Avec le téléchargement il existe de fait un élan de partage jusqu’à présent réservé aux « élites », qui par ailleurs diffusaient ce que bon leur semblaient.

          Concrètement, et dans le domaine du cinéma, j’ai dans mes fichiers en partage le film Bled Number One... Vous n’imaginez pas le nombre de personnes qui peuvent voir cette oeuvre car quelques-uns d’entre nous la mettent libre d’accès. Mon écran contrôle l’indique. Idem pour les films du Groupe Medvekine, par exemple.
          Je ne cherche pas à me cacher derrière une brindille et je vous assure que je ne vois là nulle piraterie, cela même si les Editions Montparnasse auraient édité cela en dvd.

          Pour le son : Je me passionne pour le reggae, un genre qui ne se limite pas aux rayons de grandes surfaces. La pratique du téléchargement m’offre d’explorer cet univers dans des proportions que mon pouvoir d’achat ne peut suivre. J’ai accès à des oeuvres anciennes, gratuitement, autant qu’à des productions de l’année. Néanmoins je paye ma part aux artistes, j’achète. J’achète moins que je n’écoute mais je dépense... et je partage.

          Comme vous le constatez vous ne m’avez pas coupé l’appétit. Vous n’avez pas le talent d’un député moraliste.

          Une chose encore, si la toile est envahie par la pub allez au cinéma et évitez les salles de consommation.

          Si dans votre coin du monde vous n’avez d’autre choix qu’un multiplex, téléchargez un bon John Cassavetes et invitez des ami-es pour une soirée olives et petits radis.

          hop !

          .

          • skejendi
            skejendi répond à petit pain
            • Posté à 20h26 le 20/06/2008
            • Internaute 36927

            « tout ne relève pas du commerce », oui d’autant plus quand on n’a pas de thunes... Ils veulent qu’on achète ? ils n’ont qu’à nous payer décemment avant ! ça s’appelle la redistribution de la richesse. Bientôt on ira en prison parce qu’on ne consomme pas, on marche sur la tête ! ! !

          • Victor Kaplan
            Victor Kaplan répond à petit pain
            enseignant
            • Posté à 22h37 le 20/06/2008
            • Expert 4445
              enseignant

            « Tout ne relève pas du commerce, dans l’Art notamment »
            La phrase de trop, parce que si quelque chose relève bien du businees, c’est bien l’art...

          • mat-34
            mat-34 répond à petit pain
            • Posté à 03h07 le 21/06/2008
            • Internaute 39569

            Je ne connais pas les films que vous êtes si fier de « partager ».
            Je ne doute pas que ce soit, néanmoins, des chef-d’oeuvres authentiques.
            Je veux bien croire qu’en faisant cela vous ne causez pas beaucoup de tort au système et même que vous contribuez à une bonne action culturelle sauf que vous le faites sans l’accord des auteurs ou ayant-droits.
            Je n’imagine pas, c’est vrai, combien d’heureux vous faites en offrant si généreusement ce qui ne vous appartient pas, mais je suis sûr que c’est infime par rapport au nombre de téléchargements illégaux d’un Harry Potter ou d’un Spiderman.
            Même si les recettes de ces films paraissent encore très confortables, c’est forcément un manque à gagner, donc moins d’impôts sur les sociétés, sur les dividendes, moins de tva et moins d’argent pour produire des films moins commerciaux et donner une chance à des auteurs que vous êtes susceptibles d’aimer.

            Je ne suis pas député, ni moraliste et je ne prétend pas avoir de talent particulier, ni d’intérêt d’ailleurs à vous convaincre.
            Je ne suis qu’un pov’con de Rmiste, victime entre autres du p2p, qui se contente de donner un point de vue, certes minoritaire, mais réfléchi.
            J’estime avoir payé suffisamment cher pour être autorisé à le donner.
            Je me suis résigné d’avoir tout perdu, je peux même comprendre le fait qu’on télécharge tant mais ce qui m’exaspère ce sont tous ces discours hypocrites, cette mauvaise foi généralisée.

            Merci pour vos bons conseils, mais je ne télécharge pas.
            Malgré mes très faibles revenus, j’emmène mes 2 jeunes enfants voir un grand spectacle au cinéma, 2 ou 3 fois dans l’année.
            Le reste du temps, si je veux voir un bon film, je fais un tour à la médiathèque (5 €/an) ou au distributeur vidéo du coin (2 € pour 6 heures)tant qu’il est encore en service.
            Conserver l’internet représente un sacrifice, mais je ne renonce pas à cette fabuleuse ouverture sur le monde et la connaissance.
            Quel dommage que pour tant de jeunes, ça ne serve qu’à dl ou presque.

            Enfin, je vous avouerais franchement, ma vraie préoccupation c’est plutôt de nourrir mes enfants, et payer le loyer.
            Grâce à l’assistanat et à l’aide alimentaire, je n’ai pas encore eu besoin de voler pour le faire, mais au moins j’aurais des circonstances atténuantes.

            • petit pain
              petit pain répond à mat-34
              • Posté à 10h09 le 21/06/2008
              • Internaute 24918

              .

              Bonjour Mat’,

              Vous vous faites du mal. Et semblez tourner le dos à bien des plaisirs.

              Grimpez sur la mule et régalez-vous. Tapez à coups de pioche dans la caverne et « offrez » à vos enfants ce qu’ils ne verront plus sur une toile. Téléchargez « le roi et l’oiseau », « Gandahar », « le chateau ambulant » ou encore un bon fichier du « Livre de la jungle ».
              Ne vous privez pas des films de Raymond Depardon. Découvrez l’oeuvre de Lucas Belvaud (« Cavale » est excellent). Changez votre télé pour une vidéothèque de qualité et dépensez votre misère chez un libraire.

              Branchez-vous sur Inter de 15 à 16h00 et pour le reste jouez-vous en famille du Brian Jonestown Massacre, du Papet-J, un bon vieux The Feelies et découvrez ce monument qu’est « Heart of the Congos » (vous pourrez l’écouter en « son vinyle », encodé par un amateur).

              Nourrissez vos enfants du meilleur et payez-vous le dernier Lavilliers en édition limitée, pour le son et l’objet.

              Soyez sûr que vous ne participerez pas à la destruction des solidarités. La question de l’impôt participatif des sociétés est ailleurs.

              Déplacez votre point de vue et ouvrez-vous d’infinis horizons.

              Du sacrifice faites jouissance.

              Bref, vous semblez porter, comme d’autres une croix, une grande moralité. N’en abusez plus. Sortez du ridicule.

              Je vous souhaite un excellent week-end.

              Lien

              Enfin, je vous invite à acheter le cd « pensées dansantes » du Bhale Bacce Crew, une auto-production de qualité.
              Extrait : Lien

              .

              • mat-34
                mat-34 répond à petit pain
                • Posté à 16h37 le 21/06/2008
                • Internaute 39569

                Bonjour,

                La vie est plus simple quand on est bouffi de certitudes et qu’on sait naturellement, sans risque d’erreur, ce qui est bon et beau...

                J’avais un vidéo-clubs avec près de 6000 k7 et plus de 4000 dvd, pour ma vidéothèque personnelle de qualité, j’ai pas eu besoin d’attendre vos avis définitifs et encore moins le divx.

                En matière de ridicule, vous semblez un expert, je suis moins convaincu en matière d’infinis horizons.

                Pour finir cette discussion, Je vous laisse imaginez ce que, ma grande moralité et moi-même, vous engage à faire de vos conseils et de votre condescendance.

                PS : par honnêteté, je me dois, toutefois, de vous remercier pour le dernier lien de votre message. On sera au moins d’accord sur ce point, ça mérite d’être encouragé par un achat (si je le trouve) et non pas par un dl gratos (ça j’ai trouvé de suite).

                • petit pain
                  petit pain répond à mat-34
                  • Posté à 17h26 le 21/06/2008
                  • Internaute 24918

                  .

                  Tiens, un point de vente :

                  Lien

                  Ne faites pas tant de manière et soulagez-vous d’une culpabilité mal placée, sachez que le Bhale Bacce Crew a mis en ligne sa petite chanson bien avant de mettre en vente ce second album.

                  La version que vous avez pu écouter est celle de l’album.
                  La version originelle a été mis en ligne par les artistes en janvier 2007, en pleine campagne.
                  Pour l’album et pour coller au triomphe électoral de Sarkozy, le texte a été modifié .
                  Faites-vous plaisir, la voici :

                  Lien

                  .

            • skejendi
              skejendi répond à mat-34
              • Posté à 09h54 le 22/06/2008
              • Internaute 36927

              loin de moi l’idée de juger votre démarche (la résignation est quelque chose de dur à vivre) mais sachez aussi qu’il y a plein d’oeuvres qu’on ne trouve nulle part en vente ou en location. Des oeuvres de qualité que nos chères maison d’édition ne daignent pas ou plus publier car, voilà, elles ont décidé que ce n’était pas intéressant. Mais au bout d’un moment, c’est vraiment pénible que d’autres décident à notre place. Cette censure qui nivelle par le bas, moi ça me fatigue vraiment. Alors de grâce, laissez les internautes s’approprier un nouvel outil qui nous redonne une liberté qui s’érode jour après jour.

          • LienRag
            LienRag répond à petit pain
            • Posté à 14h37 le 24/06/2008
            • Internaute 34767

            L’inconsistance des arguments de Mat ne justifie pas pour autant l’intégralité de la position contraire...
            Je me suis posé la question à propos de l’oeuvre de Rabah-Ameur Zaïmeche ; non pas Bled Number One mais Wesh Wesh, et non pas télécharger mais tout simplement ripper un DVD emprunté.
            Autant il est probable qu’effectivement cet homme soit un artiste, qui souhaite que son oeuvre soit vue par un large public, plutôt qu’un mercanti qui se préoccupe essentiellement de ce que tous ses spectateurs aient payé leur dû ; autant il reste que ce film lui appartient, et qu’il ne lui a pas rapporté énormément...
            Ce que je vois comme solution est de lui signaler, si un jour je le rencontre (les jeunes cinéastes comme lui tournent souvent dans les salles pour des projections-débat), que j’ai gravé son DVD, et lui demander combien il veut pour sa peine (en plus c’est un arabe, donc on pourra marchander...).
            Mais c’est un compromis que je passe avec ma conscience, pas une règle que je pourrais me permettre de généraliser.

            Il n’y a pas, pour l’instant, de modèle économique remplaçant celui de la piraterie institutionnelle que défend Mat, celui où les détenteurs de droits s’accaparent l’ensemble des revenus de la création culturelle et en redistribuent quelques miettes aux auteurs.

            Certes, les différentes pistes d’expérimentation, comme ce que tentent Radiohead ou Jamando, valent mieux que l’immobilisme et la crispation sur un modèle qui n’a effectivement plus de légitimité, mais il reste que ces ballons d’essais peuvent être plus facilement médiatisés que généralisés, et ne constituent donc pas pour l’instant un contre-modèle fonctionnel.

        • Le Yéti
          Le Yéti répond à mat-34
          yetiblog.org
          • Posté à 20h01 le 20/06/2008
          • Internaute 6095
            yetiblog.org

          @ Mat-34

          Les auteurs et les artistes n’ont rien à voir avec la loi anti-piratage. La loi anti-piratage n’est pas faite pour eux, mais pour les seules multinationales du son et de l’image.

          Les seuls auteurs qui se réclament ouvertement de cette loi paient tous l’impôt sur la grande fortune. La plupart des autres auteurs et artistes, on les appelle des intermittents du spectacle. Que je sache, on a guère vu les multinationales en question, ni leurs écuries d’artistes multimillionnaires, ni les législateurs voler au secours des artistes intermittents quand leur statut se trouva menacer.

          Les multinationales du son ou de l’image n’ont strictement rien à foutre des artistes dès lors qu’ils ne sont pas ou plus assez rentables (Nougaro en sait quelque chose, lui qui fut viré sans ménagement par sa première maison de disque quand son étoile commerciale eut pâli).

          Alors par pitié, cessez de détourner l’attention sur ces malheureux artistes pour défendre cette loi ridicule et rétrograde.

          • mat-34
            mat-34 répond à Le Yéti
            • Posté à 01h29 le 21/06/2008
            • Internaute 39569

            Par pitié, cessez d’essayer de faire croire que vous défendez une cause noble, les petits auteurs ou les intermittents du spectacle, ou même que vous menez un combat contre les majors et les milliardaires du secteur, alors que vous ne défendez que votre cause et votre petit confort.
            Vous ne me ferez pas croire une seconde qu’en ce domaine, autre chose vous intéresse si ce n’est la jouissance de consommer gratuitement, sans limite et surtout sans entrave. Tout le reste n’est que littérature et arguments spécieux.

            Je me fous encore plus que vous du sort des milliardaires de l’audio-visuel, ce n’est pas eux que vous menacez, la plupart d’entre eux sont à l’abri pour plusieurs générations.
            Bien sûr que les revenus de ces stars, comme ceux des grands patrons de ces multinationales, sont colossaux et extrêmement choquant, mais ni plus ni moins que ceux des stars de la tv, de la haute finance ou de la world company. C’est ça le monde capitaliste dans lequel vous vivez.

            Ce que, par contre la majorité d’entre vous, semble incapable de concevoir, tant votre vision est étroite, c’est que derrière quelques milliers de dirigeants de multinationales, leurs milliers d’actionnaires et quelques milliers de stars, ce sont des millions de gens, qui font des centaines de métiers divers, qui travaillent et vivent des miettes du gâteau.

            C’est surtout une partie de ces emplois à tous les niveaux de la chaine que vous mettez en péril, l’énorme majorité de ceux que vous sacrifiez sans vergogne au nom de votre droit au plaisir à moindre cout, n’ont ni jet privé, ni Mercédès.

            Dans ma ville en 2005, il y avait 6 vidéo-clubs et 4 magasins de jeux-vidéo, aujourd’hui 3 vidéo-clubs à l’agonie qui vivent peut-être leur dernière année et plus aucun magasin de jeux. Ca ne représente que 20 à 30 personnes qui pourront se recycler dans le bâtiment, mais ce n’est que la partie immergée de l’iceberg. En amont, ce sont des grossistes qui mettent la clé sous la porte, des manutentionnaires, des secrétaires, des chauffeurs livreurs etc... Plus des fournisseurs divers de ces grossistes qui pour certains, n’ayant pas été réglé, peuvent se trouver en difficulté et licencier aussi.
            Heureusement, y’a plein d’embauche en Roumanie ou en Afrique pour les plate-formes de hot-line des FAI, c’est pas perdu pour tout le monde.

            Vous supportez mal la frustration ?
            Vous trouvez ce monde injuste ?
            Moi aussi.
            Si vous croyez sincèrement le changer et lutter contre « le système » que vous critiquez, confortablement et anonymement installé derrière votre pc en téléchargeant musiques, vidéo et jeux, alors c’est vraiment foutu, y’a plus d’espoir.

            • Le Yéti
              Le Yéti répond à mat-34
              yetiblog.org
              • Posté à 07h52 le 21/06/2008
              • Internaute 6095
                yetiblog.org

              « Dans ma ville en 2005, il y avait 6 vidéo-clubs et 4 magasins de jeux-vidéo, aujourd’hui 3 vidéo-clubs à l’agonie qui vivent. »

              Dans le service où je travaille, nous étions vingt-cinq il y a une douzaine d’années, nous sommes treize aujourd’hui. Et pourtant nul téléchargement dans ce secteur, et pourtant, toujours, des profits exceptionnels.

              Dans ma ville de quand j’étais petit, il y avait aussi des marchandes de quatre saisons au quatre coins des rues, des poinçonneurs dans le métro, un chef de quai sur chaque quai... Le temps passe, vous voyez.

              « C’est surtout une partie de ces emplois à tous les niveaux de la chaine que vous mettez en péril »

              C’est dingue, ce système économique où le but n’est plus de produire le mieux possible les biens et les services nécessaires à satisfaire les besoins de la population. Mais de stupidement « sauver des emplois », même inutiles, pour fabriquer des engins totalement nuisibles (des armes, des 4x4, des milliers de sortes de téléphones différents...), produire du fric et du fric pour des poches qui sont déjà tellement pleines qu’elles n’en n’ont plus le moindre besoin sauf à l’enterrer dans les coffres-forts des paradis fiscaux. Dingue et tellement con !

              « confortablement et anonymement installé derrière votre pc »

              Qu’en savez-vous, monsieur le suffisant ? Qu’est-ce qui vous permet cette arrogance et cette morgue ?

              • mat-34
                mat-34 répond à Le Yéti
                • Posté à 15h45 le 21/06/2008
                • Internaute 39569

                Il suffit de parcourir ces commentaires pour constater de quel côté se trouvent l’arrogance et la suffisance.

                Qui a dit que les téléchargements étaient la cause de tous les maux ?
                Par contre, vu les déchainements qui se manifestent à chaque fois qu’on en critique le principe ou qu’une menace se profile pour en limiter les excès, on se rend compte qu’il s’agit d’un intérêt hautement supérieur.
                Ce que, moi je dis, c’est qu’il y a des causes plus vitales et plus urgentes, qu’il y a en ce monde tant de problèmes plus importants et que télécharger sans limite, sans contrainte et sans vouloir payer n’est que la satisfaction d’un plaisir, mais en rien un besoin, ce n’est qu’une maigre consolation à d’énormes frustrations. Ces dernières étant par contre bien compréhensibles.

                « stupidement “sauver des emplois”, même inutiles, »
                Merci pour eux, c’est drôle, je ne peux pas m’empêcher de vous imaginer, quitter votre clavier pour aller expliquer votre subtile vision de notre système économique aux pécheurs ou aux agriculteurs, sans oublier les employés d’usines qui ferment pour cause de délocalisation.

                Ce qui est dingue et tellement con, c’est :

                - que tout le monde peut crever, pourvu qu’on vous laisse dl tout ce que vous voulez.

                - le mépris qui se dégage de vos propos.

                - comment vous définissez un emploi utile ou pas et comment on élimine les inutiles.

                - faire un rapport ENTRE la prise en compte d’aspects économiques et humains au sujet de la destruction d’emplois pour cause de comportements irresponsables et égoïstes ET la fabrication et le commerce des armes ou des 4x4.

                Pour les « poches qui sont déjà tellement pleines qu’elles n’en n’ont plus le moindre besoin sauf à l’enterrer dans les coffres-forts des paradis fiscaux », je suis à 100 % d’accord avec vous pour considérer cela comme insupportable et inacceptable, mais sur le fond du problème, cela n’a aucun rapport.

                Par contre, sachez que mon emploi comme des milliers d’autres n’ont en aucun cas été sauvés, on a crevé et on crève encore la gueule ouverte dans l’indifférence générale, non pas par une impérieuse nécessité ou un intérêt supérieur de l’humanité, mais simplement pour que vous ayez accès sans limite et sans casquer à des loisirs audio-visuels.
                Il est vrai que les sacrifiés des filières audio-vidéo ne bloquent pas les routes, ni ne brûlent de pneus dans la rue...

                « confortablement et anonymement installé derrière votre pc »

                Si vous vous sentez visé, ça doit pas être pour rien,
                Ce que j’en sais ?
                Je n’ai pas pour habitude de faire des généralisations simplistes, cependant, depuis plusieurs années que je suis au coeur du problème, je ne vous ai pas attendu pour en avoir une bonne vision d’ensemble.

                PS : Dans la ville de moi (45 000 ha), y’a plein de marchand de 4 saisons (2 dans mon quartier), 3 marchés par semaine plus des halles (ouvertes tous les matins) et c’est très bien. J’ai pas besoin d’aller à Carrouf pour mes fruits et légumes.
                Pas de métro, mais à Montpellier y’a le tram, pas de poinçonneurs, mais plein de contrôleurs (par groupe de 4-5), c’est chiant, mais sinon personne paierait le partage des voyages.

                • Redab
                  Redab répond à mat-34
                  Genève
                  • Posté à 21h24 le 21/06/2008
                  • Internaute 15769
                    Genève

                  mat-34

                  la transformation économique est un pot de fer ; celle qui nous préoccupe ici prend beaucoup de personnes au dépourvu, des plus riches aux plus démunis, car le modèle économique vole en éclat.

                  cette transformation demande de revenir à l’essentiel, dans ce cas précis, celle de la création artitistique. personne ne pourra s’opposer au copier-coller ou au téléchargement durablement, sans transformer toute une nation dans un camp, isolée des autres.

                  ces nouveaux modes économiques ouvrent des emplois qualifiés ou non, dans une autre ambiance.

                  mais il est vrai que les pouvoirs publics ne se sont pas préparés à cette transformation et n’ont pas préparé la nation et l’Etat à cette transfromation profonde.

                  le pouvoir actuel essaie simplement par son projet de loi de se détourner des difficultés et de faire croire qu’il les a affrontées.
                  justement c’est là où il y aura encore plus de dégâts « collatéraux“comme vous les dénoncez à juste titre.

                  • mat-34
                    mat-34 répond à Redab
                    • Posté à 00h52 le 22/06/2008
                    • Internaute 39569

                    Je suis bien d’accord avec votre analyse.
                    Dommage que face au pouvoir actuel, aucune proposition sérieuse et raisonnable ne soit apparue.
                    On ne pouvait pas imaginer qu’une loi satisfaisante soit mise en place par un pouvoir, déjà autiste en soi, qui n’avait face à lui, que des interlocuteurs de mauvaise foi et naïfs qui pensaient pouvoir tenir une position indéfendable.
                    Le problème, c’est que tout le monde va en payer le prix : taxes de toutes sortes et de bons prétextes pour reprendre un contrôle minimum sur le net.

              • skejendi
                skejendi répond à Le Yéti
                • Posté à 10h13 le 22/06/2008
                • Internaute 36927

                entièrement d’accord avec vous le Yéti, nous sommes en plein changement de paradigme au sens épistémologique du terme. Le système économique est en train de changer et « l’élite » financière de ce monde (aidées par les politiques bien entendu) s’accroche désespérément à son fric et refuse toute cette création qui vient du peuple ou autrement dit de toutes ces personnes qui, elles, veulent avancer vers d’autres horizons. Effectivement « le temps passe » et moi, je refuse de me figer, de me scléroser dans des diktats de m....

            • haiker
              haiker répond à mat-34
              • Posté à 18h48 le 26/06/2008
              • Internaute 29253

              Une grande partie des emplois à tous les niveaux de la chaine classique, matérielle, sont en péril depuis longtemps, téléchargement illégal ou pas.

              La dématérialisation supprime l’essentiel des emplois dans l’industrie de reproduction matérielle (CD, DVD). L’énorme réseau social qu’est Internet réduit fortement l’efficacité du marketing classique, où là aussi des emplois sont désormais inutiles.

              Les offres légales de téléchargement ne maintiendront pas non plus ces emplois, chacun le sait et c’est être hypocrite de le faire croire, c’est être malhonnête intellectuellement d’en rendre responsable le piratage.

              C’est comme vouloir rendre responsable la disparition des labos de développement de pellicules photos les vendeurs d’imprimantes couleurs : la photo numérique toute seule a rendu inutile le développement, et donc les emplois qui en dépendaient.

              La seule responsable, c’est la révolution technologique. Celle-ci crée beaucoup d’emplois, mais des nouveaux, ailleurs. Au moment où on nous bassine en permanence, ce gouvernement en particulier, que le changement est obligatoire, qu’il faut s’y adapter ou mourir, je trouve les excuses données par la vieille industrie de culture de masse pour refuser de changer particulièrement imbécile : la révolution numérique change obligatoirement son métier, et donc son modèle économique, ses emplois. D’autres emplois, d’autres modèles économiques existent, y compris celui de la licence globale, mais camper sur un modèle économique rivé à la production matérielle de biens ne la sauvera pas.

              L’ère où l’on produisait des biens culturels sur support matériel à la chaine dans des usines et ou on devait faire de la promotion soit-même pour les vendre est REVOLUE, caduque, inutile. Des emplois disparaissent, d’autres apparaissent. C’est dur pour les personnes, mais c’est pareil dans tous les secteurs d’activité un jour ou l’autre, une mutation débarque. Ici elle est technologique, parfois c’est économique, politique ou écologique, souvent un mélange.
              Le changement étant inévitable. Nos dirigeants qui n’hésitent jamais à secouer notre conservatisme quand il s’agit de nous rendre plus flexible donc - croient-ils - plus productifs, devraient pouvoir le voir eux aussi quand le leur est sous leurs yeux !

              Je refuse donc de m’apitoyer sur ce secteur plus que sur tout autre. Que je sache, on a jamais vu les dirigeants de ces majors et ces artistes venir soutenir les ouvriers en grève contre la fermeture d’industries qui n’ont su s’adapter à temps aux nouvelles demandes, à la nouvelle concurrence, etc.

              Qu’ils s’adaptent. Qu’ils fassent pour eux ce qu’ils demandent en permanence aux autres de faire. Et surtout qu’ils arrêtent de se mentir, de croire que sans piratage leur business serait toujours aussi florissant. Leçon n°1 sur la courbe d’un produit : elle redescend toujours.

    • skejendi
      skejendi répond à Le Yéti
      • Posté à 20h17 le 20/06/2008
      • Internaute 36927

      voilà une vision intéressante, qui redonne le moral, merci

    • Weatherboy
      Weatherboy répond à Le Yéti
      v2=notes articles en moins...
      • Posté à 01h20 le 21/06/2008
      • Internaute 38063
        v2=notes articles en moins...

      La SNCF, Air France, les impôts, tous les sites de vente en ligne (à commencer par la FNAC) auront de graves soucis à se faire quand des dizaines et des dizaines de millions de consommateurs potentiels se verront privés de liaison internet pour passer leurs commandes. [Rires.]

      Tout simplement excellent, tout comme Chavez qui menace de couper les ravitaillment en pétrole de l’Europe en réponse à la directive de la HONTE, mettez celà en gras, en gros, en majuscule et mettez leur bien sous le nez, les libertés celà fait bien longtemps qu’ils s’en tapent (allez demandez aux sans-papiers, ’vous expliqueront), ca par contre c’est le seul langage qu’ils comprennent.

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