a debattre 19/06/2008 à 19h02

Rejet des langues régionales : un « aplatissement » de la culture ?

Julien Martin | Ex-Rue89

Chacun des articles de la réforme des institutions aura décidément posé problème. Dernier en date : le Sénat s’est opposé mercredi à la volonté de l’Assemblée nationale de voir inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. Une cacophonie parlementaire commentée par le linguiste Alain Rey pour Rue89.

Le célèbre ancien chroniqueur de France Inter « pense que juridiquement le Sénat n’a pas tort » car « par définition, tout ce qui est régional et particulier ne fait pas partie de ce genre de déclaration ». Pour autant, « ce n’est pas parce qu’on ne met pas quelque chose dans la Constitution qu’il faut lutter contre » et il craint que ce soit le cas de quelques uns des sénateurs :

« Pourquoi ne pas y classer aussi les monuments historiques ? “

Des sénateurs qui, par 216 voix contre 103, ont donc adopté, ce mercredi en première lecture, un amendement supprimant la référence aux langues régionales dans le projet de loi constitutionnelle. Une large majorité d’origines partisanes diverses. Récemment exclu du PS, Michel Charasse a ouvert les hostilités :

‘J’ai été surpris, avec d’autres, de voir apparaître à l’Assemblée nationale un amendement tendant à classer les langues régionales au patrimoine de la France. Pourquoi ne pas y classer aussi les monuments historiques ou même la gastronomie, que certains verraient de surcroît au patrimoine de l’humanité ?

Michel Charasse ne pouvait qu’approuver les propos qui allaient suivre en séance publique. Peu importe qu’ils émanent d’un adversaire politique, en l’occurrence le sénateur UMP Adrien Gouteyron :

Le sujet est loin d’être anecdotique. Il est essentiel et je souscris pleinement à ce qui vient de se dire sur la Charte des langues régionales : maintenir cette phrase à l’article premier de notre Constitution signifierait que l’on veut conduire la France où elle ne veut pas aller. Si la France ratifiait cette Charte, il n’est pas de document interprétatif, quel qu’il soit, qui nous exonèrerait des obligations qu’elle emporte.’

Et c’est même contre les avis de la commission des Lois du Sénat et du gouvernement que cette opposition des sénateurs a remporté la seconde manche de ce qui pourrait se transformer en une longue bataille entre les deux chambres.

‘Des dispositions déclaratives placées là pour faire plaisir’

La première manche s’était jouée le 22 mai à l’Assemblée nationale, également en première lecture. Les députés avaient adopté à la quasi-unanimité un amendement soutenu par le gouvernement et déposé par Jean-Luc Warsmann (UMP), le président de la commission des Lois de la chambre basse.

Un amendement qui aurait modifié l’article premier de la Constitution comme suit :

‘La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. (...) Les langues régionales appartiennent à son patrimoine national.’

Comment expliquer cette nette mésentente parlementaire ? Alain Rey dit craindre ‘un désir un peu jacobin d’unifier en aplatissant’. Un conservatisme souvent reproché aux sénateurs par les députés ; les premiers rétorquant alors aux seconds que la réforme de la Constitution n’est pas faite pour ‘y introduire des dispositions déclaratives, placées là pour faire plaisir’ (Yves Détraigne, UC-UDF).

‘Un défi à la simple logique, un déni de la République’

L’intervention -chose rare- de l’Académie française entre les deux votes expliquent peut-être aussi le revirement des parlementaires. Dans une déclaration votée à l’unanimité de ses membres, l’institution chargée de définir la langue française a demandé le 12 juin ‘le retrait de ce texte dont les excellentes intentions peuvent et doivent s’exprimer ailleurs, mais qui n’a pas sa place dans la Constitution’ :

‘Les députés ont voté un texte dont les conséquences portent atteinte à l’identité nationale. (...) Il nous paraît que placer les langues régionales de France avant la langue de la République est un défi à la simple logique, un déni de la République, une confusion du principe constitutif de la Nation et de l’objet d’une politique.

Les conséquences du texte voté par l’Assemblée sont graves. Elles mettent en cause, notamment, l’accès égal de tous à l’Administration et à la Justice. L’Académie française, qui a reçu le mandat de veiller à la langue française dans son usage et son rayonnement, en appelle à la Représentation nationale.’

A moins que le gouvernement ne parvienne à aboutir à un accord entre les deux chambres, nul doute que le bras de fer entre députés et sénateurs ne fait que commencer. Il reste une lecture dans chaque hémicycle... et beaucoup d’inquiétude pour l’exécutif, qui voit chaque jour s’amoindrir les chances de cette réforme de la Constitution d’être votée par le Congrès au mois de juillet.

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  • ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)
    ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)
    cadre(guidon)retraité
    • Posté à 20h34 le 19/06/2008
    • Internaute 44317
      cadre(guidon)retraité

    Que nos dorlotant sénateurs écrivent d’abord dans la constitution un article que tous les petits français
    doivent parler et écrire correctement français à la
    sortie de l’école primaire !

    On verra aprés pour les langues locales ! ! ! !

    Que le DARCOS ne réduise pas le nombre d« enseignant
    ça serait plus utiles que ces “conneries’ sur les
    langues locales !

  • Kereven
    • Posté à 22h42 le 19/06/2008
    • Internaute 29900

    Les écoles Diwan c’est en gros 5000 élèves par an sur 6 millions de bretons (intra et extra Bretagne). Le breton en 60 ans a perdu 3.5 millions de locuteurs. Je suis breton de Paris, je souhaite parler breton, non pas pour remplacer le français qui est la langue de la république et ma langue, mais pour simplement comprendre la culture à laquelle je souscris. Or, pour adultes à paris il n’y a qu’un cour d’une heure et demi par semaine, ce qui fait que ne pouvant le suivre car il tombe mal pour moi, je ne peux apprendre cette langue. Je ne connais aucun breton qui veuille remplacer le français, je ne connais que des personnes appréciant une culture multimillénaire et qui veulent comprendre les écrits, les chants. En refusant de permettre l’apprentissage facultatif d’une langue déjà morte, on assassine près de 2000 ans de culture. On peut s’y opposer, mais jamais le breton ne sera une langue pouvant faire concurrence au français. Quel est donc l’intérêt de l’assassiner définitivement en lui interdisant le droit d’exister ? Dans ce cas, il faut abandonner le français au motif que l’anglais est la langue internationnale.

  • garric
    garric
    auvergnat
    • Posté à 23h03 le 19/06/2008
    • Internaute 44652
      auvergnat

    Beau tissu d’âneries ce que je lis sur ce forum, plein d’ignorance et de préjugés.

    « changer la constitution selon des influences passagères », « phénomène Bienvenue chez les Ch’tis »

    C’est mal connaître le travail long et difficile des défenseurs des langues régionales. L’inscription des langues dites « régionales » dans la Constitution est le résultat de 50 années de travail associatif et politique. En 2007, 20000 personnes avaient manifesté à Béziers, surtout des jeunes, pour la défense de l’Occitan. Les députés ne sont pas des abrutis. Ils ont senti que cette question correspondait à une attente de la société, bien avant le succès des Ch’tis...

    « Il faut apprendre à bien parler le Français d’abord »

    Toutes les études linguistiques démontrent que les enfants locuteurs en langue régionale parlent un bien meilleur français et apprendront plus facilement les langues étrangères que les enfants qui sont élevés dans le monolinguisme français traditionnel. En rejetant les langues régionales, les Français se condamnent à être les handicapés linguistiques qu’ils sont.

    « Les langues régionales c’est des patois, c’est pour les vieux »

    Vision totalement dépassée. Ces langues se sont normalisées et ouvertes et sont aujourd’hui des langues modernes de culture et de communication, sauf pour les ignorants.

    « Parler une langue régionale c’est se replier »

    Pas plus que de parler danois, hongrois, javanais ou français. Toutes les langues produisent leur quota d’abrutis.

    • Goldored
      Goldored répond à garric
      • Posté à 10h02 le 20/06/2008
      • Internaute 25741

      Cherchez voir l’historique du lobby des langues régionales : la FUEV (Föderalistische Union Europäischer Volksgruppen), en français U.F.C.E., Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes.
      Vous pouvez vous appuyer notamment sur ce site pour ce faire : Lien.

      Cette poussée lobbyiste n’a pas une vocation scientifique, culturelle ou de défense d’un patrimoine linguistique. Elle répond à de vieilles revendications et stratégies d’extrême droite - et pas des moindres courants de l’extrême droite puisqu’il s’agit du courant nazi puis néonazi...

      Reste, je veux bien l’admettre, qu’il faudrait quelques mesures de protection de ces langues. Mais l’inscription dans la constitution n’en est pas une ; en revanche, ce serait vraiment un point d’appui fort pour les fachos...

       
      • profgryzzli
        profgryzzli répond à Goldored
        Jeune
        • Posté à 13h20 le 20/06/2008
        • Internaute 42621
          Jeune

        Rattacher aussi facilement une volonté de conservation des langues à des partis à tendances « nazies », c’est se montrer d’une idiotie sans pareille.

        Lobby peut être, après tout, mais ils ont surement une importance beaucoup moins forte que des personnes qui souhaiterait simplement la reconnaissance des langues régionales, symbolisée par leur rattachement à la constitution. Sans pour autant les rendre obligatoire. Où est le danger ?

        Dans la même logique des choses, apprendre une langue étrangère correspondrait à une volonté internationaliste rattachée au communisme, donc toute personne parlant deux langues est communiste.
        Dans le genre amalgame foireux, merci Goldored.

        • Goldored
          Goldored répond à profgryzzli
          • Posté à 17h37 le 20/06/2008
          • Internaute 25741

          Vous voudrez bien, avant de m’insulter, ce qui est souvent le travers de ceux qui manquent cruellement d’arguments viables, vous renseigner sur l’histoire de cette vieille revendication régionaliste et notamment sur la FUEV.
          Par ailleurs, je ne comprends rien à votre syllogisme et ne voit nullement en quoi il se rattache à mon propos.

          Mais je veux bien croire que vous êtes un spécialiste ès amalgame foireux...

      • Albert Fulor
        Albert Fulor répond à Goldored
        • Posté à 10h28 le 23/06/2008
        • Internaute 25568

        Si les Etats avaient pris en charge ces langues, si elles avaient été enseignées, si les éditeurs « nationaux » avaient édité leur littératures, si les médias nationaux avaient diffusé des programmes dans ces langues ; leurs défenseurs auraient eu le choix de leurs soutiens et n’auraient certainement pas cédé à l’appel de la raclure nauséabonde.
        Pourquoi dans les journaux français ne parle t-on jamais des langues régionales qu’à la rubrique « politique » et non pas à la rubrique « culture » ? ? ?

      3 autres commentaires
  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 21h10 le 19/06/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    C’est vraiment un tissus de bêtises.
    Il n’y a plus que quelques vieux qui parlent encore correctement et je n’en suis pas sur, car c’est un langage familial ,donc de petit niveau avec très peu de mots(pas d’école autre que française). Les plus jeunes parlent leur langue, mais d’une façon apprise et pas naturelle.
    La preuve j’arrive à comprendre le provençal ( que je n’ai jamais appris) parlé dans les émissions régionales, quand les jeunes locuteurs parlent.
    ils mettent des mots provençaux sur un phrasé français.
    Il ne doit plus y avoir les expressions idiomatiques d’antan.
    Leur langue est le français.
    Pourquoi ne pas défendre aussi d’apprendre ou de parler anglais, espagnol, italien, arabe etc ? ? ?
    les sénateurs sont gâteux ! et n’ont plus aucune connaissance du terrain. Ou pire ! ils manquent totalement de curiosité.
    Comment peut-on légiférer, et prendre des décisions sans curiosité ?

    • ziedjo
      ziedjo répond à pablico
      graphiste
      • Posté à 09h09 le 20/06/2008
      • Internaute 44446
        graphiste

      C’est sûr, beaucoup de langues régionales se sont perdues. Je suis originaire de charente-maritime, et notre patois s’est transformé comme tu dis pour la provence. Mais n’oublions pas qu’il reste des langues occitanes telles que le Limousin ou celtes comme le breton qui sont, elles, encore complètes. Ça serait vraiment dommage de les perdre, culturellement parlant.

  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 19h50 le 19/06/2008
    • Internaute 16256

    Vaste débat. J’entends les arguments pour, notamment les langues amérindiennes ou de l’océan indien. Je rejette les arguments pro-patoisants.
    Une langue en France qui nous rassemble tous où que nous soyons, le français.
    Chez soi, entre amis, on parle le patois qu’on veut si on veut se faire plaisir.
    De là à le faire reconnaître comme langue régionale et à se le voir imposé à terme au niveau européen et puis ensuite au niveau national et administratif, faudrait ptet pas pousser le bouchon trop loin.

    • lefuret69
      • Posté à 10h24 le 20/06/2008
      • Internaute 44667
        retraité

      Ne craignez vous pas qu’un jour, compte tenu de la demande de certaines régions d’établir les documents administratifs en deux langues, en Français et Breton, en Français et Occitan en Français et Corse etc., etc.. Les agents municipaux désirant muter dans une autre région ne se voient opposé le fait qu’ils ne parlent pas l’Alsacien, l’auvergnat, le créole ou le Chti. L’enfer est pavé de bonnes intentions

    • lefuret69
      • Posté à 10h24 le 20/06/2008
      • Internaute 44667
        retraité

      Ne craignez vous pas qu’un jour, compte tenu de la demande de certaines régions d’établir les documents administratifs en deux langues, en Français et Breton, en Français et Occitan en Français et Corse etc., etc.. Les agents municipaux désirant muter dans une autre région ne se voient opposé le fait qu’ils ne parlent pas l’Alsacien, l’auvergnat, le créole ou le Chti. L’enfer est pavé de bonnes intentions

      • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
        • Posté à 11h36 le 20/06/2008
        • Internaute 16256

        C’est le cas par exemple dans le Val d’Aoste il faut parler, et écrire le français dans les administrations. Du coup, ça écrême pas mal.
        Dans un autre genre, un salarié du privé a du mal à se faire accepter dans les PME/PMI du terroir s’il vient de la région parisienne et s’il n’a aucune attache locale. Le patois n’est pas en cause, mais quand même, quelque part si vous n’êtes pas auvergnat, breton ou savoyarde, vous passez mal, ou pas du tout.

  • Thierry Catrou
    • Posté à 19h51 le 19/06/2008
    • Internaute 16623

    Est-ce possible ? Doit-on encore justifier de la République, d’une République une et indivisible, pour interdire aux expressions régionales, aux langues mais à travers elles aux cultures qu’elles portent d’exister ? Paradoxalement ce combat me paraît d’arrière-garde, un rien désuet. La culture est définitivement plurielle aussi bien dans ces formes artistiques ou plus strictement culturelles que dans cette reconnaissance des autres au sens le plus large. Si même les décisions du Sénat étaient entendues elles appartiennent au passé et je ne doute pas qu’elles disparaîtront au plus vite. Le plus vite sera le mieux, il serait heureux que l’on puisse passer à autre chose !

    • Goldored
      • Posté à 10h03 le 20/06/2008
      • Internaute 25741

      Qui interdit les expressions dans une langue régionale ?

      • Albert Fulor
        Albert Fulor répond à Goldored
        • Posté à 12h55 le 20/06/2008
        • Internaute 25568

        L’expression en langues régionale n’est pas interdite. Cependant les ouvertures de classes bilingues quand il y a une demande suffisante sont régulièrement refusées. Pour obtenir des finacements, l’article de la constitution spécifiant que le français est la langue de la république est régulièrement invoqué dans ces situations.
        Les obstacles administratifs sont énormes, en contradiction avec les bonnes intentions affichées par les politiques.

         
        • Goldored
          Goldored répond à Albert Fulor
          • Posté à 17h41 le 20/06/2008
          • Internaute 25741

          La République doit-elle financer toutes les lubies régionalistes sous couvert de développement d’une - souvent pseudo - culture ?
          Si les gens veulent apprendre le breton - je le suis, breton, et aurait aimé l’apprendre, bien que je vienne d’un pays ou le gallo dominait(que les bretonnants méprisent bien souvent, par ailleurs...) - qu’ils se le financent sans demander autre chose qu’une vague subvention d’appoint.
          Je n’ai jamais compris pourquoi l’Etat finançait les école privée, cependant (sauf bien sûr, car je ne suis pas tout à fait naïf, que j’avais bien compris qu’il s’agissait de financer l’église et de la soutenir en contournant la loi de 1905...).

          • Albert Fulor
            Albert Fulor répond à Goldored
            • Posté à 10h42 le 23/06/2008
            • Internaute 25568

            L’Etat et la collectivité finance aussi les stades de foot (leurs accès, la sécurité), où évoluent des équipes privatisées, à l’intérieur et à la sortie desquels on assiste à de très nombreuses violences à caractères raciste et chauviniste. C’est beaucoup d’argent dépensé pour une « pseudo-culture ». Celui-ci ne serait-il pas mieux utilisé auprès des associations sportives afin que les jeunes fassent de l’exercice et se préviennent de l’obésité qui menace leur génération ?
            Les associations sportives, comme les associations culturelles ne peuvent s’auto-financer, même en faisant appel au bénévolat et au risque de sous-payer leurs permanents. En revanche, elles démontrent que dans nombre de localités elles sont des lieux de convivialité et d’intégration.

        2 autres commentaires
  • I.P
    I.P
    Flat4
    • Posté à 20h12 le 19/06/2008
    • Internaute 25391
      Flat4

    Comment on dit « couac » en breton ?

    • lefuret69
      lefuret69 répond à I.P
      retraité
      • Posté à 10h27 le 20/06/2008
      • Internaute 44667
        retraité

      ça se dit PPDA

  • Triquoise
    Triquoise
    rouge de honte
    • Posté à 20h18 le 19/06/2008
    • Internaute 34143
      rouge de honte

    Qu’elles soient inscrites dans la Constitution ou non, les langues régionales évolueront, vivront ou mourront de la même manière.

    Z’ont pas autre chose à faire nos zélés élus, que de bricoler la Constitution avec des sujets secondaires ?

    Je me demande parfois (mais pas souvent) quelle a pu être la manière d’appréhender le texte de la Constitution par ses fondateurs.
    J’imagine qu’outre la légitime terreur d’y inscrire une connerie, ils devaient être obsédés par l’idée d’être synthétique sur l’essentiel pour la collectivité. On en est loin, aujourd’hui, à la lecture de cet article.

    Quitte à tripoter quelque chose, je préfèrerais que ça soit dans leur propre constitution : ils pourraient faire des découvertes.

    • ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)
      ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit) répond à Triquoise
      cadre(guidon)retraité
      • Posté à 20h26 le 19/06/2008
      • Internaute 44317
        cadre(guidon)retraité

      débat trés important et vital pour les français !

      comnent traduit-on « baisse de pouvoir d’achat »

      -en breton
      -en alsacien ( dépend du Haut-Rhin ou Bas-Rhin
      -en chti
      -en provençal
      -en corse
      -.... pardon pour les autres langues régionales

      nb : la traduction de « petit nain malfaisant » dans
      ces langues locales m’intéresserait également

      UNE LANGUE NE S’USE QUE LORSQUE L’ON NE S’EN SERT PAS !
      Pas besoin de constitution !

      • Triquoise
        • Posté à 20h32 le 19/06/2008
        • Internaute 34143
          rouge de honte

        Traduction littérale unique : « j’ai voté comme un con »

         
        • ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)
          ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit) répond à Triquoise
          cadre(guidon)retraité
          • Posté à 22h00 le 19/06/2008
          • Internaute 44317
            cadre(guidon)retraité

          a Triquoise :

          merci pour la traduction,mais c’est la traduction en
          français ,pas dans une langue régionale

          merci quand même

        1 autres commentaires
      • solstice
        • Posté à 22h02 le 19/06/2008
        • Internaute 38451
          pigiste

        Pace e salute ! (patchésaloutt)
        En Corse, on ne dit pas « bye » ou « salut » on dit littéralement « paix et salut »...

        Effectivement, les langues régionales sont une partie de la mosaïque française. Le reconnaître permettrait de s’ouvrir à une mosaïque élargie.

        Je doute que ce soit ce qui sous-tende le débat et, certes, il y a certainement des débats plus importants que celui-là...

         
        • Bardamu
          Bardamu répond à solstice
          difficile
          • Posté à 09h12 le 20/06/2008
          • Internaute 25491
            difficile

          Pace e salute ne signifie pas « paix et salut » en corse, mais « paix et santé ».

          Et on n’emploie cette locution que dans les grandes occasions (fêtes, etc.), pas dans le langage courant, où on dit seulement « salute ».

          • Prolo du livre
            Prolo du livre répond à Bardamu
            • Posté à 12h44 le 20/06/2008
            • Internaute 12784

            Ou à l’apéro...

          • solstice
            solstice répond à Bardamu
            pigiste
            • Posté à 15h35 le 20/06/2008
            • Internaute 38451
              pigiste

            Oh l’erreur, voilà ce qui arrive quand on ne se relit pas... Il me semble par contre qu’il est plus employé que cela, ou alors c’est une fête quand on rentre au village !

        3 autres commentaires
      • JULIA34
        • Posté à 09h35 le 20/06/2008
        • Internaute 35101

        traduction de « petit nain malfaisant » : en patois occitan « me lou faï mestre ». (je ne suis pas sure de l’orthographe mais l’idée y est).

         1 autres commentaires
  • Leprivilégié
    Leprivilégié
    Nous sommes tous le connard de (...)
    • Posté à 20h28 le 19/06/2008
    • Internaute 20644
      Nous sommes tous le connard de (...)

    Cette idée de voir inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution viendrait de la mode « Chti » ?
    Encore une preuve que nos soi-disant élites réagissent à l’instinctif.

    Un habitant du 6-2

    • Kereven
      Kereven répond à Leprivilégié
      • Posté à 22h51 le 19/06/2008
      • Internaute 29900

      Cela vient de 70 ans de combat en bretagne, en Corse, au pays Basque, dans les DOM TOM. Le Ch’ti est un patois pas une langue. le flamand est une langue. Neanmoins en supprimant l’accès aux langues et à certains patois (qui sont une déformation du français) on supprime aussi la variété du français. Le français est composé en majorité de latin, de grec, de gaulois (auquel appartient le breton), de franc et de germanismes. Supprimer les langues régionales, c’est oublier une partie de l’origine du français. A terme c’est la langue française qui trinque. Certains mots ou expressions finissent pas ne plus être compris, faute de références.

      • Goldored
        Goldored répond à Kereven
        • Posté à 10h09 le 20/06/2008
        • Internaute 25741

        C’est 70 ans de combats nationalistes.
        Personne ne « supprime l’accès » aux langues dites régionales. La République a vocation à permettre à chacun de comprendre ses droits et ses obligations inscrits dans la loi. Et elle a jugé sans doute avec raison qu’une langue commune était le moyen le plus efficace de garantir cet accès au droit (revendication des députés du Club des Bretons qui devint... le Club des Jacobins ! .
        Rien n’empêche plus - contrairement à ce qui fut fait dans le passé par des politiciens qui n’étaient jacobins que de nom mais de vrais tyrans « impérialistes » - de s’exprimer,d’éditer, d’enseigner dans des langues dites régionales.

      • Gotch
        Gotch répond à Kereven
        • Posté à 15h40 le 20/06/2008
        • Internaute 15306

        Il me semble avoir vu sur un forum belge que justement le flamand n’est pas une langue, mais un patois non fixé dont certaines particularités changent avec les communes où on le parle.

        Pour le reste, il est certain que les patois et dialectes apportaient un plus à la culture française, en filigrane. De moins en moins de personnes les parlent encore, d’une façon générale. Elles étaient la langue naturelle qu’on apprenait à l’oreille étant gamin à la campagne : avec la généralisation des crèches, écoles maternelles, etc... cet apprentissage automatique n’existera plus. Combien de jeunes enfants actuels comprendront, une fois adultes, les patois et même les langues régionales « assises » comme le basque ?

      • Compte supprimé le 4 janvier 3
        • Posté à 21h42 le 21/06/2008
        • Internaute 41144

        « Le Ch’ti est un patois pas une langue. »

        Le Ch’ti est un dialecte (ou un patois si vous voulez être insultant) de la langue d’oïl exactement comme le limousin ou le provençal sont des dialectes (ou des patois) de la langue d’oc. Quant au corse, comme tous les dialectes français (et italiens et espagnols), ce n’est qu’une déformation du latin vulgaire. Et le breton (quel « breton », d’ailleurs ?) n’est qu’un patois celtique.

        Qui êtes-vous donc pour décider de ce qui est une « langue » et de ce qui ne serait qu’un « patois » ?

        « Supprimer les langues régionales, c’est oublier une partie de l’origine du français. »

        Encore une fois, personne n’a supprimé l’accès aux « langues » : des milliers de collégiens et de lycéens les apprennent aux frais de la République pour avoir des points supplémentaires au bac. L’ennui, c’est que dans les classes d’« occitan » on ne sait jamais lequel choisir, car il n’y a pas un occitan mais des milliers (presque autant que de villages en Occitanie), on ne parle (parlait) pas le même occitan à Limoges, à Toulouse et à Aix-en-Provence. C’est pareil dans toutes les régions.

        Pour connaître l’origine du français, ce ne sont pas les langues régionales qu’il faut apprendre mais le latin et le grec ancien, qui sont aussi l’origine de la plupart des langues régionales.

        « A terme c’est la langue française qui trinque. »

        La langue française ne « trinque » absolument pas, elle évolue, comme toutes les langues doivent le faire sous peine de mourir.

        « Certains mots ou expressions finissent pas ne plus être compris, faute de références. »

        Donc il faudrait apprendre TOUTES les langues régionales pour avoir ces « références » ? Car si vous n’apprenez pas le dialecte germanique qu’est l’alsacien vous ne comprendrez pas les mots ou expressions nécessitant une référence germanique pour ce faire...

  • Sacha25
    • Posté à 20h32 le 19/06/2008
    • Internaute 24877

    En fait, il est trop tot pour savoir si les langues régionales feront de l’ombre à la langue française ou si c’est le prix à payer pour faire le deuil de ces langues dans de bonnes conditions

    Dans la même série, ceci ne permettrait-il pas de faire évoluer la langue française vers un charabia qui deviendra, éventuellement la langue européenne. Peu probable, mais on peut rêver

    • solstice
      solstice répond à Sacha25
      pigiste
      • Posté à 22h05 le 19/06/2008
      • Internaute 38451
        pigiste

      Vous voulez parler de l’espéranto, sans doute : cela ne marchera jamais et je pense que c’est un bien.
      Faire un effort pour comprendre l’autre et enrichir sa propre expression, c’est moins réducteur que de parler franchouillard en buvant du soda ricain.

      • Albert Fulor
        Albert Fulor répond à solstice
        • Posté à 11h03 le 23/06/2008
        • Internaute 25568

        Jusque dans les années trente du XXe, l’esperanto jouissait d’une très grande considération et avait suivi une forte progression. C’est en 1936 (je crois) que la Perse demanda auprès de la SDN que les comptes-rendus le soient en esperanto.
        N’est-ce pas une bonne idée que dans une organisation internationale on utilise une langue commune, qui permet un égal accès aux lois et aux textes et limite les étapes de traduction et de sur-traduction ? N’est-ce pas ce qu’on veut préserver en France ?
        Et bien non. La France opposa son veto et interdit même l’enseignement de l’esperanto dans ses écoles, de peur de perdre le prestige international dont elle jouissait. Ce fut une occasion perdue imputable au nationalisme français. Aujourd’hui l’Europe se peine faute de langue commune et dépense des sommes folles en traductions.
        Pour ce qui est de l’esperato, des fantasmes courants, des préjugées, etc... l’esperanto n’a pas vocation à devenir une langue maternelle, ni à remplacer aucune langue. Elle est un outil de communication, d’appoint. Elle est relativement simple, régulière et rapide à apprendre.

    • Gotch
      Gotch répond à Sacha25
      • Posté à 17h16 le 20/06/2008
      • Internaute 15306

      Elle est déjà en train d’évoluer. La mutation de l’orthographe aux forceps d’il y a une dizaine d’années maintenant a transformé une écriture aux mots logiques par rapport à leur origine. Prenons le cas de « a priori ». Maintenant il s’écrit, paraît-il, « à priori », ce qui ne veut plus rien dire. Quant aux mots dont la différence avec des homonymes se situait au niveau de l’accent circonflexe, la suppression de celui-ci va certainement causer des malentendus malgré le contexte de la phrase.

      • Sacha25
        Sacha25 répond à Gotch
        • Posté à 22h30 le 20/06/2008
        • Internaute 24877

        C’est bien ça

        Le risque est de voir l’académie, sous réserve de protéger la langue, risque d’en faire un bunker défensif qui la verra disparaitre sans laisser de traces (au profit de l’impérialisme américain ? chinois ?)

        L’espéranto ? Quelqu’un sait-il encore que ça existe ?

        Laissons les gens inventer la langue dont ils ont besoin et et harmonisons dans un simple but de compréhension mutuelle et non dans un but humanitaire ou politique

  • Alexander Doria
    Alexander Doria
    wikipédien…
    • Posté à 20h35 le 19/06/2008
    • Internaute 42699
      wikipédien…

    La vue des sénateurs des langues régionales est par trop négative. Certes, elles ne sont, dans la plupart des cas, que de simples patois sans littérature. Mais il existe des langues dites régionales qui, sans équivaloir en richesse le français, ont su néanmoins développé une littérature dont la valeur peut être fort riche. Le cas du provençal est peut-être le plus éclatant. L’institution du « félibrige », au XIXème siècle, est ainsi parvenu à élever ce qui n’était tenu que pour un patois, au rang de langue européenne, avec son panthéon d’œuvre de première qualité, à l’instar du Miréio (en francilien Mireille) de Frédéric Mistral. Quoique compréhensible par un français, le provençal se caractérise en effet par ses règles poétiques propres basée sur un élément inconnu du français : l’accent. Plus marqué qu’en italien et en anglais, ce dernier rapproche la poésie provençale de la poésie allemande et grecque. D’où d’ailleurs l’attachement de nombre d’écrivains allemands (Hölderlin, Heidegger) pour la Provence vue comme une survivance de la Grèce.

    D’autres patois se distinguent également, mais dans une moindre mesure : le breton qui, sous l’égide de quelques ouvrages liturgiques, a subit curieusement l’influence de l’hébreu, le bourguignon (dialecte presque disparu, mais qui nous a légué néanmoins des « Noëls Bourguignons » que le critique littéraire Thibaudet évaluait grandement), et puis le basque, qui est aussi peu compréhensible à des esprits français que le chinois, vu qu’il ne s’agit pas d’une langue indo-européenne

    Dans tous les cas, il me semble qu’au lieu de statuer sur les langues régionales en général, l’assemblée aurait mieux fait de ne mentionner que quelques langues régionales de première importance (le provençal, le breton et le basque). Ce projet aurait eu moins de chance d’être rejeté par le sénat, et aurait été plus constructif.

    • jyeden
      jyeden répond à Alexander Doria
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 20h41 le 19/06/2008
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      tu pourrais tout de meme faire une différence entre langues, dialectes et patois
      le breton est une langue (avec quatre dialectes)
      le basque est une langue
      l’alsacien est un dialecte (en fait deux)
      le provençal est un patois
      l’occitan est une multitude de patois est en fait une autre façon de parler le français
      la catalan est un dialecte
      et il y a encore quelques parlé qui hesite entre dialecte et patois
      va dire à un Alsacien ou à un Breton qui parle le patois et tu vas voir comme tu seras accueillis

      • ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)
        ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit) répond à jyeden
        cadre(guidon)retraité
        • Posté à 22h06 le 19/06/2008
        • Internaute 44317
          cadre(guidon)retraité

        a jyeden

        Merci pour les précisions mais quelles sont les differences entre langues,dialectes et patois

        Dans la constitution, il s’agissait de langues régionales : qu’est qu’ une langue régionale ( un dialecte
        ou un patois ou une langue)

         
        • solstice
          • Posté à 22h17 le 19/06/2008
          • Internaute 38451
            pigiste

          Je ne suis pas sûre mais je pense qu’un patois, c’est un vocabulaire et des expressions particulières dans une grammaire nationale.

          Exemple chez les cht’is : « remonte t’marrone » veut dire « remonte ta culotte »... Imagé et fleuri mais pas de règles grammaticales complexes.

          La langue, régionale ou non, a une codification plus complexe : le basque est la seule langue non-indoeuropéenne (avec le finnois ?) et cette langue est complexe et très riche puisqu’elle englobe aussi un mode de société. Les noms de familles basques sont souvent composé de « Etche... » (Etcheverry etc.) parce que « etche », c’est la maison et que la famille est descendante d’une « maison » plus que d’une parenté classique. D’où ces énormes maisons où chaque génération a son étage ou son aile...

          Le corse est une sorte de bas-latin, avec des déclinaisons : on le comprend encore facilement à notre génération mais le parler, c’est autre chose. Je suis corse et vis « sur le continent ». J’habiterais en Corse, j’aurais proposé à mes enfants d’étudier le corse en lieu et place du latin, comme un enrichissement.

          Chacun de ces patois et chacune de ces langues est une vraie richesse, une ouverture sur une culture et pas un enfermement dans un passéïsme étriqué. Cela dit, de là à légiférer...

          • hagalma
            hagalma répond à solstice
            • Posté à 22h57 le 19/06/2008
            • Internaute 8451

            Merci pour ce cours...de langue.

          • Compte supprimé le 4 janvier 3
            • Posté à 23h00 le 19/06/2008
            • Internaute 41144

            Pour un linguiste, il n’y a pas de différence entre langue, patois et dialecte. Une langue n’est qu’un patois (ou dialecte) qui a réussi (comme on peut dire qu’une religion n’est qu’une secte qui a réussi). Le français, c’est le patois (ou dialecte) de l’Île-de-France. S’il y a mille an Toulouse était devenue la capitale de la France au lieu de Paris, le « français » serait un des dialectes occitans.

            Un dialecte et un patois c’est en gros la même chose, sauf que « patois » est connoté très péjorativement.

            Donc toutes les langues sont belles et intéressantes, tous les dialectes (et patoix) sont beaux et intéressants. Tous font effectivement partie de notre patrimoine, mais à mon avis ce n’est pas une raison pour les inscrire dans la constitution qui n’est pas faite pour ça. Cette inscription pourrait rapidement causer des problèmes.

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