revue de web 19/06/2008 à 13h29

CNRS : la fronde des chercheurs provoque le report de la réforme

Mathias Destal | Etudiant

Les chercheurs et universitaires hostiles à la découpe du CNRS en instituts se sont regroupés devant le siège parisien de l’organisme et en ont bloqué la tenue du conseil d’administration. Catherine Bréchignac, présidente du centre national de recherche, va recevoir une délégation de chercheurs dans l’après-midi pour discuter le plan de réforme.

Depuis mercredi 11 juin circule une pétition, déjà signée par plus de deux cents médaillés du Centre national de la recherche scientifique, de l’INRA ou de l’INSERM, et rejoints par une centaine d’autres.

La fin des sciences sociales et de la biologie ?

Ils entendent protester contre les réformes portées par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, devant s’appliquer au CNRS :

« Nous, enseignants-chercheurs, chercheurs ou ingénieurs des universités ou des organismes de recherche, sommes fiers de faire de la recherche (…) Pourtant, nous sommes inquiets. »

Les points qui fâchent : la réorganisation du CNRS en « instituts nationaux » et par disciplines ; un nouveau système de financement, avec des budgets affectés par instituts ; une relance poussée des partenariats avec le privée.

Les manifestants craignaient que les responsables du CNRS ne votent un texte « qui, à terme, signifierait le démantèlement de cet organisme en instituts indépendants où il n’y aurait plus, ni sciences sociales et humaines ni biologie) ».

D’après le collectif Sauvons la recherche, « ce texte confirme que la direction du CNRS accepte la demande ministérielle de découper le centre en instituts nationaux, en laissant volontairement de côté certains secteurs ».

Depuis sa création en 1939, le CNRS accusé d’immobilisme et de gaspillage

Des spécialistes évoquent la question sur leurs blogs. Des positions sans équivoque. D’abord, petite piqûre de rappel dispensée par Damien Besson, étudiant en biologie à l’université d’Angers, sur la situation du centre de recherche :

« Le CNRS, c’est l’incarnation de la science française, l’interdisciplinarité, près d’un quart du budget de la recherche publique, 30 000 salariés, 1250 laboratoires, et l’organisme européen qui publie le plus. Depuis sa création (1939), les mêmes critiques se font entendre : immobilisme, gaspillage, incapacité à collaborer avec l’industrie. »

L’annonce de la division du CNRS en huit instituts fait craindre aux chercheurs la perte de leur indépendance face au politique. Valérie Pecresse, pour qui la modernisation est inévitable, cherche à rassurer :

« Le CNRS reste entier, il a le même périmètre, les personnels gardent le même statut, mais il doit être plus ouvert. »

La communauté des chercheurs demeure méfiante. Dans son blog, Stéphane Mazouffre, réagit en toute bonne foi :

« Au départ, l’idée est relativement bien accueillie par l’ensemble de la communauté scientifique française qui sent bien que le modèle sur lequel elle repose est mal adapté aux réalités du XXI siècle. [Mais] comme à son habitude, le gouvernement ne va prendre en compte aucune des recommandations et propositions faites par les experts mandatés et va piloter, sans donner d’explications, une réforme certes silencieuse, mais capitale pour l’avenir. »

Le blog L’Université, la recherche évoque l’existence d’un sigle curieux : NMP. Il s’agit du « nouveau management public », un « courant de réforme venu des pays anglo-saxons qui vise à gérer les services publics comme des entreprises sans que l’on se pose vraiment la question de la pertinence de la transposition de ces techniques du monde de l’entreprise à celui des laboratoires et des universités ».

En clair, toujours d’après ce site, « une pression est mise sur les chercheurs pour ’rendre des comptes’ (…). Aujourd’hui l’Etat veut un droit de regard sur la recherche parce qu’il la finance et parce qu’elle joue un rôle majeur dans l’économie. »

Le pilotage par les pouvoirs publics aura l’effet inverse de celui qu’il prétend obtenir

Sur Sauvons l’Université, on lit ainsi :

« Le pilotage de la recherche voulu par les pouvoirs publics et imposé aux scientifiques aura l’effet inverse de celui qu’il prétend obtenir. Ses contraintes et ses modalités de fonctionnement vont conduire la recherche scientifique à respecter des normes et des usages qui créent structurellement du conformisme scientifique et à terme la stérilisation de la créativité. »

Sur le blog qui héberge la pétition, Patrick Heuret, botaniste à l’INRA, apporte un témoignage lié à sa propre expérience :

« J’adhère particulièrement au fait que la recherche avance avant tout par coopération et non par compétition. Il est important de défendre ces valeurs et de ne pas céder à la peur d’être jugé négativement parce qu’on sort du moule ; c’est la diversité des caractères et des compétences qui est la richesse de notre métier (et des relation humaines en général). »

Pour autant, la contestation ne fait pas bloc. Hervé Le Crosnier, maître de conférences en informatique en est la preuve :

« Le regroupement en instituts verticaux et thématiques, proposé par le gouvernement, est peut-être une solution à ce qu’il faut bien admettre comme étant une situation dramatique pour la recherche. Situation qui ne date pas du gouvernement actuel, ni même du précédent, mais renvoie à la faiblesse constitutive de l’investissement de la France dans la recherche, en terme de budget comme en terme d’image publique et cela par delà les partis et tendances qui on pu gouverner depuis trente ans. »

Selon la direction du CNRS, un nouveau conseil d’administration devrait se tenir dans les vingt jours pour avaliser la réforme.

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  • Sylap
    Sylap
    Citoyen
    • Posté à 13h57 le 19/06/2008
    • Internaute 40810
      Citoyen

    Faudrait juste dire aux gouvernants que « réforme » ne signifie pas :
    morcellement
    suppression
    éclatement
    pillage
    destruction
    ... et autres joyeusetés.

    • Beryl
      Beryl répond à Sylap
      • Posté à 14h28 le 19/06/2008
      • Internaute 25737

      Sarkozy est un petit casseur. Ses réformes à lui sont autant de couacs inutiles. Sauf pour ratisser de la thune et combler sa dette d’Etat (dont les libations de Rachida Dati et ses rallonges-coktail du budget de sa représentation « ministerielle ».

      Ce type est un accident national.

      L’opposition est un cadavres qui attend la décomposition de celui de son frère ennemi en oligarchie.

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 13h58 le 19/06/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Report prévisible depuis l’annonce que Sauvons la Recherche, notamment, allait « occuper » les couloirs menant à la salle de réunion du Conseil d’Administration du CNRS (confirmation sur France Inter ce matin).

    Reste à savoir si le CA va, sous la pression de la ministre, essayer de passer en force en juillet, tout comme Darcos l’a fait face aux profs...

    Dans l’affirmative, on peut s’attendre à un exode massif des chercheurs sous d’autres horizons. Leurs travaux profiteront à d’autres.

    La grande déglingue voulue par Sarkozy ne fait que commencer. Ce qui m’étonne dans tout ça, c’est que les syndicats (divisés sur la question de la représentativité) et nous-mêmes, simples citoyens, n’ayons pas encore trouvé la parade. Nous nous faisons « cueillir » les uns après les autres comme des bécasses.

    A ce point de vue, le collectif Sauvons la Recherche n’est pas exempt de reproches – depuis deux ans, il décline les offres d’aide et de renfort proposés de l’extérieur, préférant l’approche « corporatiste ».

    Si chacun fait de même, nous sommes foutus, c’est couru d’avance, d’autant que nous entrons en période de vacances peu propice aux mobilisations.

    Il nous faudrait quelque chose comme des Etats Généraux de la République défendant des cahiers de doléances, d’où qu’ils viennent. Mais est-ce réalisable si chacune des parties concernées (TV publique, profs, chercheurs, retraités en puissance, etc.) accepte le cadre de « négociations » imposé par le gouvernement ?

    • adaunis
      adaunis répond à Jaycib
      • Posté à 14h39 le 19/06/2008
      • Internaute 4255

      Je pense que vous avez, (tu viens) d’écrire le commentaire le plus intelligent et clair que j’ai lu sur ce site depuis...
      Même Mathusalem ne s’en souvient pas !
      Merci, très humblement de cet apport !
      Tu as même eu l’intelligence de ne pas appeler à un « Grenelle » quelconque pour faire mode.
      Encore merci, même si probablement je ne serais pas d’accord sur d’autres sujets !

    • ART MONIKA
      ART MONIKA répond à Jaycib
      • Posté à 16h38 le 19/06/2008
      • Internaute 10855

      Une critique en nuance est nécessaire !

      « Nous nous faisons “cueillir” les uns après les autres comme des bécasses » dit avec raison jaycib. La réforme du CNRS était depuis longtemps préparée en amont par la création de l’ANR, dispensant les moyens à sa guise, l’AERES évaluant les enseignements et les laboratoires à sa guise, et la LRU donnant des pouvoirs accrus aux présidents d’Université et préparant des lendemains qui déchantent. Le dispositif étant en place, il n’y a plus qu’à le ratifier. Pécresse et Sarkozy vont s’y atteler avec d’autant plus de hargne que l’enjeu est de réduire le nombre de fonctionnaires et de soumettre la recherche au diktat du politique.

      Cela dit, permettez à la chercheuse CNRS en psychologie que je suis d’être un peu agacée par l’argument « quelle horreur, on veut nous faire faire de la recherche appliquée, on veut que nous abandonnions la recherche fondamentale ». Laissez-moi rire tristement. Depuis des années, un certain nombre de mes collègues ont fait des brillantes carrières en produisant paraît-il des recherches « fondamentales » du type : prouver qu’on lit plus vite des mots fréquents que des mots rares, ou qu’on reconnaît mieux des visages familiers qu’inconnus... Ces grands chercheurs « fondamentalistes » prennent des modèles, élaborent des hypothèses (qu’ils appellent des « prédictions »), fabriquent des paradigmes et vont tester des patients atteints de diverses pathologies pour « valider leurs prédictions ». Des patients, ils n’en ont cure, alors « l’application » ne leur en parlez pas. C’est comme la « clinique », mais quelle horreur !

      Alors, que le CNRS balaie aussi un peu devant sa porte tout seul et cesse de se congratuler. Car l’autre avec son Karcher va tout ratiboiser.

      • Network 23
        Network 23 répond à ART MONIKA
        identité perdue dans mes papiers (...)
        • Posté à 23h19 le 19/06/2008
        • Internaute 23367
          identité perdue dans mes papiers (...)

        Agacée, pourquoi pas ?

        Il n’en demeure pas moins que l’argument visant à défendre la recherche fondamental est... fondamental (sic).

        Difficile de prévoir les effets de cette recherche-là, qu’ils soient économiques ou culturels. Je viens de lire un résumé des positions de Heisenberg dans La nature dans la physique contemporaine . Il semblerait qu’il considère que toute « révolution scientifique » (dont la mécanique quantique) procède d’un changement de rapport au monde.

        Une telle révolution, dit-il, est « symptôme des changements de base de notre existence, changements qui se manifestent simultanément en beaucoup de points, que ce soit dans des modifications de notre genre de vie et de nos habitudes de pensée, ou dans des catastrophes extérieures, guerres ou révolutions ».

        Cela pour dire que les savoirs sont liés ensemble. Qui aurait pu prévoir que de l’intérêt farfelu pour la formation des nuages d’un côté, et de l’intérêt ésotérique pour la topologie de l’autre, la célèbre théorie du chaos ferait l’objet de tant de thèses aujourd’hui ?

        Allez, un triste exemple : qui aurait cru que le management, celui dont on veut nous imposer une « nouvelle » version (cf. à ce sujet l’article de Annie Vinockur - que vs avez sûrement déjà lu, mais je m’adresse à tou-te-s, sur la loi LRU et le « nouveau management public » Lien),
        se serait servi des mathématiques quantiques ?

        Lien

        Il s’agit surtout, pour l’Etat, d’exercer un droit de regard sur l’Université et les recherches en cours, alors que, comme le précisait la présidente de Harvard, l’enseignement & la recherche se nourrit de la liberté.

        Pour la droite « décomplexée », c’est en plus couper l’herbe sous le pied à un soi-disant « repère de gauchistes » : la France applique le programme de la Commission trilatérale (rapport sur la crise de la démocratie de 1975) avec... 30 ans de retard.

    • tybert
      tybert répond à Jaycib
      mariée
      • Posté à 19h58 le 19/06/2008
      • Internaute 25115
        mariée

      Et surtout si chacun continue à manifester et à protester séparement dans son coin.On est déja agonisant mais là on est mort. A moins que le modéle thatcherien ne plaise finalement aux Français.. Allez savoir.....

  • pierrejcallard
    pierrejcallard
    http://www.nouvellesociete.org
    • Posté à 13h59 le 19/06/2008
    • Internaute 3366
      http://www.nouvellesociete.org

    Le chercheur doit avoir la liberte de l’initiative, mais ne peut en demander le financement pas l’État que si sa recherche s’inscrit dans les objectifs que définit un consensus social. Aucune société n’a les moyens d’en faire plus et c’est à l’État de définir les priorités selon les voeux de la collectivité.

    Cette procédure est nécessaire. Si elle ne donne pas les résultats souhaités, ce n’est pas la procédure qu’il faut contester, mais la façon dont s’en acquittent ceux qui sont chargés de l’appliquer

    Pierre JC Allard

    Lien

    • gsourima
      • Posté à 14h52 le 19/06/2008
      • Internaute 23224

      « Le chercheur doit avoir la liberte de l’initiative, mais ne peut en demander le financement pas l’État que si sa recherche s’inscrit dans les objectifs que définit un consensus social. »

      Mon cher voisin, permettez-moi d’inscrire dans cette tambouille pixellique mon désaccord avec votre pensée. Les « objectifs que définit un consensus social » ne prenne pas (ou tellement peu) en compte la recherche fondamentale (dont les applications ne verront leur application que peut-être dans 50 ans), ni les sciences humaines et sociales, tant négligées.

      Le « consensus social » a la vue bien trop courte malheureusement. Les projets qui obtiennent des financement actuellement (via l’ANR par exemple) sont ceux dont on sait qu’ils auront des applications concretes à court terme.

      • mikolaj1971
        mikolaj1971 répond à gsourima
        • Posté à 17h09 le 19/06/2008
        • Internaute 8896

        Bien dit...

        « Le chercheur doit avoir la liberte de l’initiative, mais ne peut en demander le financement pas l’État que si sa recherche s’inscrit dans les objectifs que définit un consensus social. »

        Un consensus social sur les travaux David Hilbert, ceux de David Ruelle ou de Pierre-Gilles de Gennes ?
        Et puis quoi, encore ?
        Il n’y a déjà pas de consensus au Vatican sur le Purgatoire ou l’homosexualité...

         
        • pierrejcallard
          pierrejcallard répond à mikolaj1971
          http://www.nouvellesociete.org
          • Posté à 21h51 le 20/06/2008
          • Internaute 3366
            http://www.nouvellesociete.org

          @ Mikolaj1971 : Nous allons inéluctablement vers une société plus démocratique où la population sera consultée sur une foule de décision qui aujourd’hui sont abamdonnées aux technocrates. Le « Plan général de recherche scientifique » doit être l’un de ces sujets de consultation, Pourquoi ne pas lire le lien et commenter sur le fond de la question ?

          Pierre JC Allard

        1 autres commentaires
      • pierrejcallard
        pierrejcallard répond à gsourima
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 21h44 le 20/06/2008
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        @ gsourima : Chomsky a explique pouquoi il est impossible d’exprimer une pensée le moindrement intéresante dans un clip de 20 secondes. On ne peut pas non plus le faire dnas les quelques lignes auxquelles la bienséance impose de limiter une intervention sur un blogue.

        C’est pour ça qu’on renvoie par un lien à une texe plus long et plus instructif quand on croit qu’un sujet mérite d’être commenté. Je vous invite à lire le texte auquel pointe le lien que j’ai mis et, si vous estimez qu’il vaut qu’on en discute, je répondrai avec plaisir à toutes vos objections.

        Pierre JC Allard

    • YAJ
      YAJ répond à pierrejcallard
      enseignante retraitée, non (...)
      • Posté à 14h54 le 19/06/2008
      • Expert 3231
        enseignante retraitée, non (...)

      Qu’appelez-vous « la collectivité » ? Est-ce celle formée par les sarkozistes bien « briefée » par le Président ? Si oui on va à la casse car ils ne comprennent rien à la Recherche.

      Le CNRS on veut le supprimer comme tout ce qui est issu du conseil national de la Résistance.

      • pierrejcallard
        pierrejcallard répond à YAJ
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 21h59 le 20/06/2008
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        @ YAJ : La collectivité, c’est l’ensemble des Français adultes se prononçant sur un « Plan général de recherche scientifique » qui leur est annuellement proposé. En plus du lien indiqué à mon premier commentaire, vous pouvez mieux comprendre le process en voyant par analogie, au lien ci-dessous, comment serait traité le budget de la santé.

        Lien

        Pierre JC Allard

  • mobydick
    mobydick
    en migration
    • Posté à 14h11 le 19/06/2008
    • Internaute 38416
      en migration

    l’avis de herve le crosnier - maitre de conférences - est sans doute utile.
    celui d’albert fert - prix nobel de physique - ne l’est pas moins :

    Lien

    il insiste notamment sur le fait que « C’est à la communauté scientifique, de par son expertise, de définir sa politique scientifique en tenant compte des priorités gouvernementales » - et non au gouvernement d’imposer son programme.
    il detaille en particulier les dangers qu’il y a a vouloir copier à la va-vite le systeme anglosaxon sans se donner les moyens de le faire.

    peut on dire, sur la foi d’un simple avis, que la contestation ne fait pas bloc qd une forte mobilisation a lieu partout en france contre la reforme ?

    • helios33
      helios33 répond à mobydick
      • Posté à 14h23 le 19/06/2008
      • Internaute 33580

      En fait il peut y avoir les deux, une partie de la politique scientifique définie par la communauté scientifique, et une autre par le gouvernement. La politique gaulliste était comme ça.

      • ragondine
        ragondine répond à helios33
        du poitou
        • Posté à 15h47 le 19/06/2008
        • Internaute 10036
          du poitou

        Mais non la politique gaulliste n’était pas comme ça . Depuis sa création le CNRS le monde entier nous l’envie (demandez aux anglo-saxons dans quelles conditions ils travaillent ? : la précarité des contrats, la course aux publications pour griller les concurrents . Le vol même souvenez vous de l’affaire Gallo/ Montagner sur la découverte du virus du SIDA très courant comme procédé. Et même la multiplication des recherches bidons pour se procurer des financements.
        Il faut réformer Certes mais pas détruire ce qui a fait l’excellence française : la recherche fondamentale au CNRS .
        Laissez les chercheurs eux-mêmes collaborer avec l’industrie ils le font mais laissez aussi la recherche fondamentale prospérer c’est ça notre avenir. Pas de recherches fondamentales pas d’avancées scientifiques.

         
        • helios33
          helios33 répond à ragondine
          • Posté à 16h06 le 19/06/2008
          • Internaute 33580

          Du temps de De Gaulle et jusqu’à la fin du règne de Mitterand il y avait une très importante recherche liée à la Défense, qui allait même jusqu’à la recherche fondamentale, et cette recherche était évidemment pilotée par le gouvernement qui définissait précisément les objectifs. Il y avait bien sûr à coté de cela la recherche civile avec le CNRS. J’ai travaillé dans les deux.

          • Network 23
            Network 23 répond à helios33
            identité perdue dans mes papiers (...)
            • Posté à 23h24 le 19/06/2008
            • Internaute 23367
              identité perdue dans mes papiers (...)

            Piloter et définir précisément les objectifs de la recherche fondamentale, voilà bien un objectif qu’aucun gouvernement au monde n’a la capacité d’atteindre.

            Le complexe industrialo-militaire finance, aux USA, en très large partie la recherche fondamentale - mais ce n’est certes pas en s’incrustant chez les savants pour leur dire sur quoi doit porter leurs recherches.

            Chez nous, on a décidé, avec la loi Pécresse, d’introduire des « personnalités extérieures » (du style PDG, pharmaciens, etc.) au CA des facs avec pouvoir de nomination des profs... ça s’appelle de l’incompétence pure et simple !

        2 autres commentaires
    • Mathias Destal
      Mathias Destal répond à mobydick
      Auteur(e) de l'article Etudiant
      • Posté à 16h04 le 19/06/2008
      • Internaute 37916
        Etudiant

      Mobydick, les opinions divergentes existent. C’est pourquoi l’expression : « ne fait pas bloc ». Mais oui, il aurait peut-être fallu préciser que ces opinions sont rares et peu lisibles sur la toile, sans toutefois les occulter.

      • mobydick
        mobydick répond à Mathias Destal
        en migration
        • Posté à 16h35 le 19/06/2008
        • Internaute 38416
          en migration

        les opinions divergentes existent ss aucun doute - mais dire que ’pour autant, la contestation ne fait pas bloc’ et présenter une opinion divergente pour 2 convergentes ne rétablit pas la proportion réelle de ces opinions divergentes par rapport aux opinions convergentes.

        aujourd’hui comme rarement depuis TRES longtemps, il y a un consensus quasi général sur le coté absolument néfaste de la réforme en cours - dénoncée non seulement par les syndicats, mais aussi par les chercheurs (ce qui est plus rare) dont les plus prestigieux et - fait rarissime - par les instances elles-mêmes, par exemple les comités nationaux (qui généralement gardent un silence pudique dans ces situations).

        c’est comme pour le réchauffement climatique : alors qu’il y a un consensus quasi général des scientifiques, faut il offrir sur un plateau une tribune médiatique à des pitres comme allègre ss pretexte du droit aux « opinions divergentes » ? le traitement médiatique se DOIT de respecter la proportion réelle des avis - c’est une question d’éthique.

         
        • Network 23
          Network 23 répond à mobydick
          identité perdue dans mes papiers (...)
          • Posté à 10h47 le 20/06/2008
          • Internaute 23367
            identité perdue dans mes papiers (...)

          A titre d’info, le communiqué du PS :

          Paris, jeudi 19 juin 2008

          Communiqué d’Yves DURAND,
          Secrétaire national à la Recherche et à l’Enseignement supérieur et d’Alain CLAEYS, Responsable national à la Recherche

          Démantèlement du CNRS : l’excellence française en danger.

          Depuis 2002, la part de la recherche dans le PIB a sensiblement chuté, plaçant la France en quatorzième position mondiale . Notre retard est
          considérable en matière d’enseignement supérieur. À l’exception de la rénovation de quelques bâtiments universitaires, le budget 2008, en trompe l’œil, ne fait qu’accentuer le retard. Aucun emploi n’est créé
          dans l’enseignement supérieur et dans la recherche d’ici 2012, aggravant ainsi la précarité des jeunes scientifiques et favorisant leur départ pour l’étranger, faute de perspectives et de reconnaissance.

          Après le Pacte pour la recherche de 2006 qui confiait le financement des équipes et l’évaluation des laboratoires à l’ANR et l’AERES, entièrement nommées et donc placées sous la dépendance étroite du ministère, le vote de la LRU en 2007 à la hussarde et sans concertation, donnait au gouvernement la possibilité de franchir une nouvelle étape dans le démantèlement des organismes de recherche.

          Le Parti socialiste considère que les difficultés de la recherche et de l’enseignement supérieur relèvent d’abord d’un problème de moyens. Il demande que les établissements, organismes de recherche et universités, disposent de possibilités humaines et financières pour
          mener une véritable politique scientifique.

          Il ne cesse de rappeler son attachement, aux principes d’une politique de la Recherche, fondée sur :

          - le respect de l’autonomie du champ scientifique par rapport au pouvoir ;
          - le rôle éminent de la recherche fondamentale pour avancer sur les
          grands enjeux stratégiques sociétaux, sociaux et environnementaux ;
          - les coopérations étroites entre universités et grandes écoles, ainsi que des partenariats plus équilibrés entre universités et organismes
          de recherche au plan national et territorial.

          Le Parti socialiste n’est pas opposé au concept « d’Institut national », mais il ne saurait accepter que celui-ci conduise à la transformation du CNRS en Instituts verticaux, dont, le potentiel
          humain, les crédits, le directeur, voire les thèmes de recherche, seraient déterminés par le ministère. En cherchant à déstabiliser un opérateur majeur de recherche nationale et pluridisciplinaire, le
          gouvernement place les laboratoires entre les mains du pouvoir politique.

          Le Parti socialiste apporte son soutien aux scientifiques, aux organisations syndicales, aux associations et à toute la communauté scientifique mobilisée . Il souhaite l’ouverture d’un grand débat sur les enjeux de la recherche, respectant la place et le rôle des chercheurs dans la société, et la diversité de la recherche fondamentale. D’ailleurs l’annulation in extremis du conseil d’administration du CNRS confirme l’ampleur du malaise.

        1 autres commentaires
  • babushconnexion
    • Posté à 14h48 le 19/06/2008
    • Internaute 39690

    Une tres bonne reforme, degraissons vite ce mauvais mammouth.

    • Autre raleur
      • Posté à 15h39 le 19/06/2008
      • Internaute 39310

      Vous aurez du mal à nous faire croire que vous connaissez le sujet avec cette remarque !

    • marie 75
      • Posté à 15h59 le 19/06/2008
      • Internaute 3563

      ami de l’UMP, bjr !
      Un pays sans recherche fondamentale est un pays qui meurt.

      • babushconnexion
        • Posté à 17h20 le 19/06/2008
        • Internaute 39690

        un pays qui subventionne tout et n’importe quoi sans exigence de performance et de resultat (y compris a long terme) est un pays qui meurt.

         
        • Autre raleur
          • Posté à 21h21 le 19/06/2008
          • Internaute 39310

          De quel pays parlez-vous ! ?

        • Network 23
          Network 23 répond à babushconnexion
          identité perdue dans mes papiers (...)
          • Posté à 23h27 le 19/06/2008
          • Internaute 23367
            identité perdue dans mes papiers (...)

          Vous avez l’air d’en connaître un rayon, vous, sur la recherche en France ! « Subventionner tout & n’importe quoi » ? !

          Commencez par lire la presse, dont R89, ça sera déjà pas mal :

          entre 1999 et 2004, le nombre de doctorants a baissé en France de 6%, alors qu’il augmentait dans le même temps en moyenne de 20% en Europe. Comment expliquer cet écart ? Rien d’étonnant si l’on regarde de près comment sont traités les jeunes chercheurs de l’Hexagone.

          Une précarisation accrue

          Les quelques travaux ou rapports qui existent sur la question évoquent tous la précarisation des jeunes chercheurs : nombre limité de financements et complexité labyrinthique des bourses se conjuguent pour rendre les conditions matérielles des jeunes chercheurs particulièrement difficiles.

          Lien

        2 autres commentaires
  • Mr. Useless
    Mr. Useless
    observateur désabusé
    • Posté à 15h00 le 19/06/2008
    • Internaute 8481
      observateur désabusé

    Comment voulez-vous que je trouve des alternatives au pétrole si je suis condamné à faire financer mes recherches par total ?

  • marie 75
    • Posté à 15h26 le 19/06/2008
    • Internaute 3563

    communiqué de sauvons la recherche :

    Comme nous vous l’avons déjà annoncé, les derniers projets du gouvernement
    nous ont conduits à appeler au blocage du Conseil d’Administration du CNRS,
    qui devrait se tenir jeudi 19, ainsi qu’à des actions dans de nombreuses
    villes. D’ores-et-déjà, nous pouvons percevoir une mobilisation croissante
    partout en France, où de nombreuses Assemblées Générales se sont tenues et
    ont eu une forte participation ; parallèlement, les visites de Valérie
    Pécresse ont été perturbées, des motions ont été votées dans beaucoup
    d’établissements, des centaines de médaillés du CNRS ont signé un texte
    marquant leur forte inquiétude, et le Conseil Scientifique du CNRS a refusé
    à deux reprises de voter le texte qui lui était présenté.

    Jeudi, nous pouvons, nous devons faire reculer le gouvernement, en affichant
    un
    front uni pour une autre politique de recherche et d’enseignement supérieur,
    qui nécessite le refus du projet actuel de réforme du CNRS.

    Vous trouverez sur notre site plusieurs articles relatifs à cette mobilisation
    importante, à laquelle nous espérons que vous contribuerez.
    - Les actions menées le 19 (recopiées ci-dessous) :
    Lien

    - les motions votées dans les laboratoires, universités, sociétés savantes
    etc. : Lien

    - des propositions d’actions pour contribuer à la mobilisation :
    Lien

    - l’affiche et la bande son de l’appel du 19 juin :
    Lien

    - les raisons de ces actions :
    Lien

    - voir aussi le site des médaillés :
    Lien

    En comptant sur votre participation active !

    ––––––––––––––––––––––-
    Liste des rendez-vous. La page à jour est ici :
    Lien

    - Paris : Rendez-vous à 8h30 pour bloquer le CA du CNRS, devant le siège du
    CNRS 3 Rue Michel-Ange 75016 Paris M° Michel-Ange-Auteuil

    - Bordeaux : Rassemblement à 8h30 devant la Délégation régionale Aquitaine
    du CNRS, esplanade des Arts et Métiers (station tram Arts et Métiers,). A 11
    heures, nous simulerons la mort du CNRS en nous allongeant dans tous les
    couloirs et espaces de la délégation régionale, en présence de la presse.
    Pour ce simulacre de « mort », nous proposons que tout un chacun vienne
    habillé uniquement en deux couleurs, noir et blanc. Merci de votre soutien en
    ce sens. Notre initiative se terminera vers 14h, suite à un « pique-nique de
    lutte » devant la Délégation à partir de midi

    - Lille : Manifestation départ 2 rue des canonniers (Lille, métro
    Lille-Flandres), à partir de 8h30

    - Lyon : Le 19 à Lyon SLR et l’intersyndicale ESR appellent à un
    rassemblement le Jeudi 19 juin à 15h30 devant le Palais des Congrès au 50,
    quai Charles de Gaulle, à l’occasion de la visite par Mme Pécresse du Salon
    de l’Entreprenneur.

    - Marseille : Jeudi matin à 7h30 blocage de l’ensemble du campus GLM,
    départ en manif à 11h et AG des personnels devant la bibliothèque de
    l’ALCAZAR où l’on rendra compte de ce qui s’est passé le matin à
    Michel-Ange. Blocage symbolique du tramway pendant 10 minutes. Distribution de
    5000 tracts à la population. A noter qu’un blocage spécifique du bâtiment
    de la délégation régionale aura lieu mercredi matin. Forte participation
    attendue pour les 2 blocages.

    - Montpellier : Barrage filtrant sur le campus CNRS à partir de 8h puis
    rassemblement et occupation de la délégation régionale à partir de 10h.

    - Nantes : Rassemblement à 11h place du Commerce, puis de 12h à 14h
    « pique-nique de l’appel du 19 juin », place Royale. Certains Nantais iront sur
    Rennes devant la délégation régionale CNRS pour 10h30.

    - Nice : Manifestation à la DR20 de Sophia-Antipolis jeudi à partir de 8h.

    - Orléans : Rassemblement devant la délégation régionale du CNRS (3E avenue
    de la Recherche scientifique) à 11 h 30 puis Place du Martroi pour une
    opération « Recherche morte »

    - Poitiers : Rendez vous à 12h30 pour une conférence de presse à la MSHS et
    à 17h30 devant la Préfecture pour un grand rassemblement.

    - Rennes : 10h30 : rassemblement devant la Direction Régionale du CNRS 12h
    Pique-Nique place de la Mairie avec Pyramide de thèses, articles, preprints...

    - Strasbourg : Manifestation à partir de 9h30 devant la délégation Alsace à
    Cronenbourg avec RV à partir de 8h15 pour distribution de tracts, puis AG des
    personnels à 10h30 sur le campus du CNRS

    - Toulouse : Rendez-vous à la délégation régionale à 8h45 puis blocage à
    partir de 9h00. Puis rassemblement place du Capitole à partir de 12h00 :
    pique-nique, distribution de tracts pour sensibiliser l’opinion publique,
    présentation de posters sur les réformes en cours dans l’enseignement
    supérieur et la recherche. Action symbolique sur la mort du CNRS et de la
    recherche fondamentale

  • ragondine
    ragondine
    du poitou
    • Posté à 15h56 le 19/06/2008
    • Internaute 10036
      du poitou

    Plus ça va, plus les recherches sont pilotées par le haut . Les chercheurs passent leur temps à remplir des dossiers pour des appels offres, à faire des projets qui ne seront pas financés pour la plupart à perdre leur temps et leur énergie dans des rapports qui ne seront pas lus . Et ce qu’on nous propose c’est d’amplifier ce fonctionnement.
    Le gouvernement n’est pas qualifié pour piloter la recherche. Regardez la nullité que nous avons élu président et c’est ça qui veut piloter la recherche.....

  • Prolo du livre
    • Posté à 16h17 le 19/06/2008
    • Internaute 12784

    S’cusez mais...

    Un truc qui me chiffonne : Le point principal des reproches est le non-transfert des savoirs vers le privé.
    Mais...

    Si les entreprise bénéficiaient de ces transfert, l’état paierait donc pour que ces entreprises fassent du bénéfice. Soit c’est de la subventions, alors qu’on le dise ; soit c’est du détournement d’argent public...

    Ha. S’cusez, c’est un gouvernement libéral, capitaliste ! Remarquez que le p.s. ne ferait pas mieux...

    • ragondine
      ragondine répond à Prolo du livre
      du poitou
      • Posté à 16h25 le 19/06/2008
      • Internaute 10036
        du poitou

      je ne comprend pas ce que vous voulez dire . Le CNRS dépose aussi des brevets qui sont utilisables par le privé... et rapportent ainsi . Que signifie non transfert pour la recherche puisqu’elle est publique et que ses résultats sont publiés ? ? ? ?

      • Prolo du livre
        • Posté à 16h31 le 19/06/2008
        • Internaute 12784

        Un brevet est aussi une marque de propriété.

        Comment se passent ces transferts ? Le c.n.r.s. a-t-il des revenus sur ces brevets ?

        Pourquoi, en gros, demander à un établissement public de transférer des savoir-faire, au bénéfice d’entreprises, si en plus, celles-ci n’ont pas financé ces recherches ?

        Les financent-elles ?

        Pourquoi devrait-on avoir cette obligation de rendre rentable la recherche, encore plus si c’est au bénéfice d’entreprise ?

        Donc deux points à éclaircir :
        - Le privé paie pour ces connaissances ?
        - Comment s’effectue ces transferts ?

         
        • jck
          jck répond à Prolo du livre
          • Posté à 18h24 le 19/06/2008
          • Internaute 27688

          ici la liste des différents modes de collaboration privé-cnrs (14 modes)
          Lien

          bien sûr que le CNRS a des revenus sur les brevets ça serait tout de même le comble !

          • Prolo du livre
            Prolo du livre répond à jck
            • Posté à 10h02 le 20/06/2008
            • Internaute 12784

            Donc l’argument de non-transfert est une foutaise...
            Comme quoi la casse du c.n.r.s. n’est qu’une question d’idéologie.

            Merci du lien.

            • Network 23
              Network 23 répond à Prolo du livre
              identité perdue dans mes papiers (...)
              • Posté à 11h05 le 20/06/2008
              • Internaute 23367
                identité perdue dans mes papiers (...)

              Evidemment que l’argument du non-transfert est une foutaise. A ce sujet, voir ce que dit Daniel Steinmetz dans le documentaire de Thomas Lacoste (à la 10e minute) :

              Lienenvoyé par Lien

        3 autres commentaires
  • demade
    • Posté à 16h34 le 19/06/2008
    • Internaute 742

    Rectification de quelques inexactitudes qui se sont malencontreusement logées dans cet article :
    - la délégation (syndicats + SLR + SLU) a été reçue ce matin même par Catherine Bréchignac (présidente et non pas directrice du CNRS). Cette rencontre n’a permis aucune avancée.
    - la pétition des médaillés du CNRS regroupe non pas 200 mais 400 médaillés (soit 40% du total des médaillés), et de nouveaux se rajoutent chaque jour.
    - le titre « depuis 1939, le CNRS accusé d’immobilisme et de gaspillage », est une vaste blague : si le CNRS a été créé, c’était pour pallier aux déficiences des universités en matière de recherche, déficiences qui ont persisté par la suite en raison notamment du sous-financement chronique des universités. Et ce qui valait au moment de la création du CNRS vaut toujours aujourd’hui : 80% des Français estiment aujourd’hui que le CNRS apporte énormément à la recherche, d’après un sondage de 2006, et 98% lui font confiance (Lien).

    • mobydick
      mobydick répond à demade
      en migration
      • Posté à 16h46 le 19/06/2008
      • Internaute 38416
        en migration

      de même, à la phrase :
      ’Selon la direction du CNRS, un nouveau conseil d’administration devrait se tenir dans les vingt jours pour avaliser la réforme.’
      on pourrait ajouter :
      une nouvelle manifestation de blocage du CA sera organisée pour contrer l’adoption en force d’une réforme que la quasi totalité des chercheurs (et une fraction importante des instances du CNRS - dont les comités nationaux) refusent.

    • Mathias Destal
      Mathias Destal répond à demade
      Auteur(e) de l'article Etudiant
      • Posté à 16h58 le 19/06/2008
      • Internaute 37916
        Etudiant

      « signée par plus de deux cents médaillés (...) rejoints par une centaine d’autres » ;
      Les chiffres indiqués n’étaient donc pas absolus ni totalement arrêtés.

      Autrement, merci pour les renseignements supplémentaires que vous apportez.

    • babushconnexion
      babushconnexion répond à demade
      • Posté à 17h37 le 19/06/2008
      • Internaute 39690

      ah ben si 80% des francais l’estiment et lui font confiance, on est sur que ca marche bien.

  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 16h41 le 19/06/2008
    • Internaute 24237
      prof. en province

    Le gouvernement, comme à son habitude réforme pour la réforme sans se préoccuper réellement de la qualité des solutions imposées....et ne tient surtout pas compte des avis des commissions d’experts qu’il a lui même créées, sauf dans le cas où ces avis vont dans le « bon » sens !

    Pour ce qui concerne une recherche selon des objectifs parfaitement encadrés et définis à l’avance, c’est une solution stérile à terme. Si toutes les grandes découvertes d’autrefois avaient été réalisées « à la demande », il n’en resterait pas beaucoup aujourd’hui. La recherche n’est pas un coût mais un investissement dont la durée d’amortissement est aléatoire et incompatible avec la « recherche » du profit maximal et immédiat.

  • Albufera
    Albufera
    Observateur.
    • Posté à 16h59 le 19/06/2008
    • Internaute 29241
      Observateur.

    Le CNRS paie sous forme de réforme radicale un fonctionnement peu lisible et un entêtement à vouloir fonctionner entre-soi : son corporatisme est devenu insupportable. L’ indépendance du chercheur est une belle chose. Mais il suffit par exemple de s’ intéresser au processus de recrutement endogame pour que cette belle indépendance éclate sous les coups de la cooptation : le recrutement ne repose pas uniquement sur les compétences mais se fait en vue de constituer un système quasi-féodal de dépendances charger d’ assurer le carriérisme ambiant. Bien souvent, les postes ouverts sont d’ avance pourvus, les entretiens de recrutement de candidats se déroulant pour la forme. Comment alors ne pas avoir le sentiment qu’ il faut mettre un bon coup de pied dans la fourmilière pour avoir une chance de faire changer un système qui -depuis 1936- a eu le temps de prendre de mauvaises habitudes ? L’ excès semble nécessaire surtout quand la seule proposition de ceux qui « résistent » se résume au statu quo et à des demandes de financements supplémentaires. Il faut également établir une distinction entre sciences dures et sciences humaines : le chercheur nous est toujours présenté en blouse blanche dans son laboratoire cherchant à combattre le cancer. La recherche, c’ est aussi une cohorte de personnes qui écrivent sur des sujets qui suscitent moins la sympathie de nous autres Margot que l’ on cherche à faire pleurer dans les chaumières...

    • Autre raleur
      Autre raleur répond à Albufera
      • Posté à 17h21 le 19/06/2008
      • Internaute 39310

      Sur le début de votre message : oui, il y a des choses à changer, la plupart des gens sont d’accord là-dessus. Ce n’est pas pour cela que cette réforme est une bonne réforme.

      Vous parlez par exemple des problèmes de recrutement. Je ne connais pas bien la situation au cnrs, un peu mieux celle à l’université (je serai donc un peu hors sujet). Comment croyez-vous que l’augmentation des pouvoirs locaux (dans chaque université) va permettre de résoudre les problèmes de recrutements ou de promotions locaux davantages justifiés par du copinage que par des compétences ?

      Sur la fin de votre message : si je comprend bien (mais je n’en suis vraiment pas sur), il ne faudrait faire des recherches que sur ce qui vous intéresse ou qui intéresse une bonne partie des Français... Comment voyez-vous les choses concrètement ?

      • Albufera
        Albufera répond à Autre raleur
        Observateur.
        • Posté à 19h32 le 19/06/2008
        • Internaute 29241
          Observateur.

        Excusez-moi ! Je ne dis pas que tout objet de recherche doit intéresser les français : je dis que lorsqu’ on parle de recherche dans les médias, on met en avant les blouses blanches qui attirent la sympathie puisqu’ on a l’ impression qu’ elles vont nous sauver du cancer (pour faire court) ou trouver un substitut au pétrole et nous sauvez de la cata. Et qu’ il existe un autre bataillon de chercheurs beaucoup moins présentables et sexy -en histoire par exemple - parce qu’ ils vont nous sauver de rien du tout. M’ étant intéressé au réformisme administratif lorsque j’ ai fait Sciences-po, je me suis rendu compte que chaque administration se verrouillait de l’ intérieur en développant un corporatisme plus ou moins fort en se servant de la cooptation comme intrument (tout étudiant a lu la « société bloquée » toujours d’ actualité. Bourdieu s’ est-il penché sur le Cnrs ?). Et que de ce point de vue, le Cnrs est particulièrement gratiné et -donc- qu’ on aboutit à un « réformisme violent » de pouvoir par retour de boomrang. Voilà.

         
        • Network 23
          Network 23 répond à Albufera
          identité perdue dans mes papiers (...)
          • Posté à 23h33 le 19/06/2008
          • Internaute 23367
            identité perdue dans mes papiers (...)

          Comme quoi le « corporatisme » serait la cause du « réformisme violent » ? J’espère que c’est pas Sciences-Po qui vous enseigne l’existence prétendue d’un tel mode de causalité...

        1 autres commentaires
    • mobydick
      mobydick répond à Albufera
      en migration
      • Posté à 17h50 le 19/06/2008
      • Internaute 38416
        en migration

      @ albufera-observateur (de quoi ? ? pas de la recherche visiblement)

      voila typiquement l’avis de quelqu’un qui ne connait rien a la situation. le recrutement cnrs (contrairement a celui des universités) n’est absolument pas joue d’avance - il s’agit d’un concours national avec 200+ candidats pour 5 places ds chacune des sections du comite national. ce qui fait que les jeunes chercheurs recrutes sont tous tres bons. le recrutement est fait surtout en fonction des compétences !

      pour avoir l’avis de quelqu’un de compétent, demandons a albert fert prix nobel ou aux 400+ medailles qui ont signe la petition - qui ont surement une experience plus extensive et documentee qu’albufera-observateur, ainsi qu’une competence qu’on ne peut pas mettre en doute. cette réforme qui s’annonce, c’est precisement le fruit de personnes comme albufera-observateur, cette sarko-band qui pretend tout savoir sur un sujet sans rien connaitre et qui se ridiculise chaque jour un peu plus, pas exemple en incluant au programme des ecoliers un contenu qui est deja enseigne (l’histoire de l’esclavage).

      • Albufera
        Albufera répond à mobydick
        Observateur.
        • Posté à 18h57 le 19/06/2008
        • Internaute 29241
          Observateur.

        Vous avez raison : en l’ espèce, je ne suis pas observateur mais utilisateur -si je peux hasarder cette expression- , ayant fait durant deux ans un petit tour très instructif au CERAT, unité du Cnrs. Si vous m’ aviez bien lu, je ne mets pas en doute la compétence des gens recrutés mais les prises de pouvoir dans un système qui fonctionne à la cooptation et qui chasse tout ce qui vient de l’ extérieur : cette unité ne fonctionnait qu’ avec des gens en grande majorité issus du même établissement qui se débrouillaient -en l’ espèce- pour débarquer tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un juriste : à qui allez vous faire croire au hasard de leur recrutement sur une discipline -les sciences politiques- qui sont enseignées sur l’ ensemble du territoire national ?

         
        • TARPON
          TARPON répond à Albufera
          • Posté à 19h06 le 19/06/2008
          • Internaute 27263

          Vous decrivez parfaitement ce qu’est devenu le CNRS .ON ’arrive meme pas à retrouver certains chercheurs evanouis dans la nature mais..assez vivants pour depenser leurs salaires ,un beau foutoir.

        • Erka
          Erka répond à Albufera
          • Posté à 20h39 le 19/06/2008
          • Internaute 5196

          Ce n’est pas ce que vous ecrivez :
          « Mais il suffit par exemple de s’ intéresser au processus de recrutement endogame pour que cette belle indépendance éclate sous les coups de la cooptation : le recrutement ne repose pas uniquement sur les compétences mais se fait en vue de constituer un système quasi-féodal de dépendances charger d’ assurer le carriérisme ambiant. Bien souvent, les postes ouverts sont d’ avance pourvus, les entretiens de recrutement de candidats se déroulant pour la forme. »

          C’est entierement faux. Visiblement vous basez vos commentaires generaux sur une experience personnelle qui visiblement ne vous a pas satisfait, mais ce n’est pas une raison pour ecrire strictement n’importe quoi.
          Je n’ai jamais eu aucune informations de postes pourvus d’avance au CNRS (par contre, l’INSERM ou le CEA, c’est un peu plus opaque). Et si c’etait de la cooptation je ne vois pas comment 30% d’étrangers pourraient etre recrutes chaque annee...

          Par ailleurs, le CNRS a decroche un record des consequentes bourses Européennes EURYI pour ses jeunes chercheurs. Faudra egalement m’expliquer comment un tel organisme consiste en un desastre « calque sur le systeme stalinien », comme apparemment une brochette de militants UMP est charge de repeter sur tous les forums francophones (chapeau au site du Monde a ce sujet).

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