L'Europe et l'immigration : le choix populiste de la répression
En langage bruxellois il s’agit de la « directive retour », mais en langage ONG, c’est la « directive de la honte ». De quoi s’agit-il ? Le parlement européen a approuvé mercredi, sans le moindre amendement, le consensus auquel étaient déjà arrivés les gouvernements des 27 pays de l’Union européenne concernant les conditions du retour dans leur pays des immigrants illégaux.
La clause la plus controversée fixe à dix-huit mois maximum la période pendant laquelle un étranger peut être enfermé dans un Centre de rétention avant d’être expulsé. Certes, cela ne se produirait que dans des situations extrêmes, mais ces centres sont déjà critiqués pour être des zones grises du droit ; Ils risquent de devenir des culs de sac humanitaires pour les hommes, les femmes et même les enfants les plus désespérés du monde. C’est indigne d’un continent qui continue de se vouloir le phare des droits de l’homme.
Une partie de la polémique est artificielle, en tout cas en France, puisque le gouvernement s’est engagé à ne pas s’aligner sur cette directive dans la mesure où la France a des délais de rétention inférieurs au maximum désormais autorisé.
Mais c’est le symbole d’une dérive sécuritaire touchant désormais une Europe qui se vit comme une citadelle assiégée par la misère du monde. Un fantasme loin de la réalité, même si le nombre de sans-papiers a augmenté au cours de la dernière décennie.
La facilité avec laquelle la directive a été adoptée au Parlement européen a surpris, illustrant à quel point le sujet est devenu trop sensible. La gauche européenne a ainsi étalé ses divisions (les socialistes espagnols et allemands ont voté pour, les Britanniques se sont abstenus, les autres contre). Les principales critiques sont finalement venues de la société civile, ou d’hommes politiques qui n’ont pas peur de l’impopularité, à l’image de Jacques Delors et de Michel Rocard.
Dans le Monde, l’ancien Président de la Commission et l’ex-premier ministre avaient appelé les eurodéputés à refuser de voter le texte. Ils qualifiaient la durée de rétention d’ »outrancière », et déploraient que le volet répressif soit fixé avant même que les 27 aient pu débattre de l’intégration des étrangers.
Oui. Nicolas Sarkozy en a fait une des priorités de la présidence française de l’Europe, avec la négociation d’un « Pacte européen » sur l’immigration. Le gouvernement promeut l’idée que l’Europe a rejoint la politique française en la matière, notamment en refusant les régularisations massives.
Il est apparent que l’Europe avance beaucoup plus vite sur les mesures répressives que sur l’intégration d’une immigration extracommunautaire dont chacun sait pourtant, dans les cercles dirigeants, que ce continent vieillissant aura besoin d’y recourir dans l’avenir. Mais on se rend plus facilement populaire, en ces temps incertains, en promettant de bouter l’étranger dehors qu’en tenant un discours plus modeste, plus réaliste, plus humain.
Pierre Haski
? Edito diffusé jeudi 19 juin sur Europe1. Retrouvez l’édito de Pierre Haski tous les mardi et jeudi à 7h42 sur Europe1, et en podcast en cliquant ici.
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etudiant
etudiant
On peut au moins constater que sur les sujets les plus populiste, réactionnaire et dangereux, l’Europe est capable de se mettre d’accord.
On leur demande une Europe social pour éviter le dumping fiscal et social et on nous répond que ce n’est pas possible, trop de différence entre les pays d’après eux.
On leur demande une Europe de la défense pour diminuer les coup et on nous répond que ce n’est pas possible, chacun veut garder le monopole sur son soldat (de plomb ?).
On leur demande la démocratie, on nous répond que c’est trop populiste, la démocratie mais pourquoi faire ? On est là pour vous appliquer de la vaseline avant l’entubage chèrs citoyens d’en bas.
Trop de négociation, de compromis, de refus et peut être trop de nationalisme, nous dit-on, empêche ces projets ?
Pourtant il y a un sujet qui fédère les peuples européen. Le foot ? La paix ? La volonté d’aider les pays pauvres ? L’environnement ? ...
NON ! ! !
Non, le projet qui fédère c’est la chasse(a court ?)à l’immigré. Pour ce sujet, l’Europe est unanime, pas besoin de voter ils sont d’accord. On est prêt à tous pour les mettre dehors : enfreindre les droits de l’Homme, faire les pires amalgame entre immigrés et violence, entre immigrés et vols de richesses.
Pas de réponse des eurodéputés, ni des députés tout cours, la réponse vient de la Bolivie ou le président condamne cette initiative par une lettre que je trouve pleine de bon sens. Cette lettre dont personne ne parle dans les médias.
Alors mes chères amis riverain, je suis triste de l’orientation de l’Europe qui nous mène aux heures sombre de notre histoire. « L’Homme est un loup pour l’Homme »...c’est tellement vrai.
Je suis découragé devant cette Europe qui se sépare des peuples, qui prône le communautarisme, le repli sur soi.
Je ne sais pas si ce sentiment est partagé par certain d’entre vous, mais il m’apparaît de plus en plus clairement devant les événements que l’Europe meurt. Je suis un Européen et j’aime pourtant cette idée d’union.
Mais je me demande si la sortie de cette union ne serait pas salvatrice. Elle nous permettrait de retrouver notre liberté et de promouvoir un nouveau projet plus généreux. On assisterait à une traversée du désert mais les autres peuples nous rejoindrons progressivement. J’en suis certain.




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