Rage against the machine : la révolution est de retour
Mardi 4 juin, au lendemain de l’annonce de la candidature du démocrate Barack Obama à la prochaine élection présidentielle américaine, Rage Against The Machine a investi la scène de Bercy au son des derniers échos de « L’Internationale », en VO russe. Avec un drapeau noir frappé de l’étoile rouge zapatiste pour tout décor, le collectif multiethnique de Los Angeles a asséné pendant une heure et quart ses hymnes radicaux avec une intensité et une cohésion époustouflantes.
En dépit de quelques problèmes de sono et de la relative brièveté d’un set par ailleurs exempt de nouvelles chansons, les mines extatiques des 18 000 spectateurs quittant l’endroit à regret disaient toutes la même chose : Rage est de retour. Enfin.
Des rebelles signés par Sony : « Prêcher les convertis ne nous intéresse pas. »
Huit ans ont passé depuis le dernier concert français du groupe, dissous après une décennie d’activisme et de musique également forcenés. Dix ans à militer bruyamment sur toutes les scènes du monde, distribuer à diverses associations les gains de tournées entières, jouer à poil pour que MTV ne puisse pas diffuser les images de la prestation (Zénith de Paris, 1993), glapir des appels à l’insurrection, et ainsi de suite.
En contrat depuis ses débuts avec la multinationale Sony, RATM a toujours assuré avoir le contrôle artistique de sa musique, et répété maintes fois son leitmotiv :
« Prêcher les convertis ne nous intéresse pas. Jouer dans des squats anars, OK, mais pouvoir faire passer un message révolutionnaire à grande échelle, c’est mieux. »
Ils auraient, dit-on, refusé des fortunes pour se reformer, mais depuis l’an dernier, les quatre membres de RATM balancent de nouveau sur scène les stances brutales qui ont fait leur gloire. « Notre répertoire colle parfaitement à l’époque », rétorquent-ils à ceux qui les accusent de titiller la fibre nostalgique.
Ils attirent en effet autant les jeunes « newbies » qui ne les ont jamais vus auparavant que les fans largement trentenaires. Et pour ceux que le rock à visées sociales et politiques insupporte, RATM reste l’un des plus grands groupes live actuellement en activité.
« Ces types pourraient aisément tuer ! “, s’effraie un internaute
Charpenté autour de sa section rythmique infernale, drivé par le flow de l’imprécateur rapper Zack De La Rocha, RATM mélange toujours comme personne hip hop et metal, funk et punk-rock, et parvient même désormais, grâce aux envolées psychédéliques de son incroyable guitariste Tom Morello, à évoquer fugitivement les mythiques groupes des grands festivals des années 60, Woodstock et autres, que son public n’a vus qu’en DVD. Sauf que RATM est loin du ‘peace and love’ des années baba.
Pour preuve, la mise en scène du groupe, lors de l’intro de ‘Bombtrack’, au festival Pinkpop, à Landgraaf (Pays-Bas), le 1er juin. (Voir la vidéo.)
Dès le premier concert de reformation de son groupe au festival Coachella, en avril 2007, De La Rocha a remis le couvert en arpentant la scène :
‘D’après un de nos potes (Noam Chomsky), si les présidents américains avaient eu droit au même traitement que celui qui a été appliqué aux nazis après la deuxième guerre mondiale (...), ils auraient tous été exécutés, du premier au dernier. Comme tout criminel de guerre devrait l’être.’
‘Ces types pourraient aisément tuer ! , s’effrayait récemment un internaute égaré sur le site officiel du groupe. Oui, mais pas toi’, rétorquait un fan paraphrasant les paroles de ‘Bullet in Your Head’ : ‘T’as pris une balle dans la tête, t’es déjà mort.’
Les vivants seront avisés de se précipiter au prochain concert français de RATM le 20 août dans le cadre du festival Rock en Seine. Ensuite, le groupe repart aux Etats-Unis où, se murmure-t-il, il mijoterait ‘un gros coup’ au moment des élections.
Un nouvel album ? L’an dernier, Tom Morello répondait par la négative. A présent, il se refuse à tout commentaire. Quoiqu’il en soit, RATM est redevenu le groupe le plus vital du moment, à observer attentivement dans les prochains mois.
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J’y étais bande de modafukaz !
je venais de Chambéry, part le train, rempli de fan en « pèlerinage », voir LE groupe de Rock de nos années. Personne n’était là par hasard, tous on a fait la queue le même jour à la même heure, pour des places qui se sont vendu en un 1/4 d’heure, titillés par un buzz discret.
Esprit bon enfant pendant l’attente (des holas et des avions en papiers...) malgré un Saul Williams décevant (son pourri).
Et après, expulsion en chœurs de 18 000 personnes de toutes nos rancœurs, frustrations, déceptions d’un monde moderne qui ne tourne pas très rond. Et franchement tout pacifiste que je suis, crier de temps en temps « turn off the radio » bullet in your head » I won’t do what you tell me mother fucker » et bien putain ça fait du bien et d’autant plus à 18 000 ! ! !
Seul bémol, une heure et quart, c’est vraiment court, et franchement c’est aussi le comble : un groupe marxiste qui nous fait le minimum syndical....




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